• Edwy Plenel, Pour les musulmans, La découverte, 2015

    Edwy Plenel, Pour les musulmans, La découverte, 2015 

    J’ai hésité avant d’écrire quelques lignes sur ce livre qui a connu un grand succès de librairie. En effet outre que cela va me valoir des injures de la part des islamo-gauchistes qui vont me dénoncer comme lepéniste camouflé, un troll si on veut, je trouve sa facture tellement médiocre – c’est bien pire que du Zemmour – que cela tombe des mains. Mais c’est l’ouvrage théorique de référence de l’islamo-gauchisme, celui qui va justifier toutes les dérives. Comment glisse-t-on de la révolution prolétarienne à la défense de la religion la plus rétrograde sans même en dénoncer les dérives sectaires ? Voilà qui est un tour de force !

    Edwy Plenel qui, à défaut d’être intelligent, est suffisamment rusé pour avoir une ouverture dans tous les médias possibles et imaginables, s’est donné comme mission saugrenue de défendre les musulmans. Il ne défend plus les Arabes contre le racisme, ce qui pourrait se comprendre, mais il est passé, comme ces curieux personnages d’Houellebecq, à une glorification d’une religion importée sur notre sol, une religion très souvent intolérante et au nom de laquelle il est fait presque quotidiennement des attentats. Bien moins pressé de défendre les chrétiens d’Orient qui sont assimilés à des croisés qui ont colonisé un espace musulman, il trouve donc très bien que cette religion s’installe et prenne ses aises pour modifier l’ensemble des relations sociales. Le discours de Plenel est pervers. Déjà dans ses prémices, il avance qu’aujourd’hui l’islamophobie aurait remplacé l’antisémitisme. C’est un montage qu’on connait bien : en effet si l’islamophobie a remplacé l’antisémitisme cela veut dire qu’il n’y a plus lieu de s’inquiéter de l’antisémitisme. Or comme je l’ai montré à l’aide de chiffre précis, et si on part des attentats,  l’antisémitisme est bien plus présent comparativement à la faible population juive en France que l’islamophobie[1]. Mais évidemment Plenel suppose que les Juifs appartiennent tous aux classes supérieures et donc qu’ils n’ont plus besoin d’être défendus au nom de la république.

      Edwy Plenel, Pour les musulmans, La découverte, 2015

    Le second angle sous lequel son discours se place est qu’il fabrique une identité entre Arabes et Musulmans, ce qui est déjà stupide en soi, puisqu’il n’y a pas que des Arabes qui soient musulmans et qu’il y a aussi des Arabes qui sont athées et qui ont bien du mal à développer leur point de vue dans leur pays d’origine ; mais il suppose aussi que les Arabes sont identiques aux classes pauvres et inférieures. Cela lui permet de faire complètement l’impasse sur le fait que le prosélytisme musulman radical est financé par les riches monarchies pétrolières qui se moquent complètement de la lutte des classes. Mais en tant qu’ancien trotskyste qui s’est toujours trompé en tout et sur tout avec une grande constance, Plenel essaie de justifier la religion comme compatible avec la lutte des classes. Il va donc tordre les citations de Marx pour montrer qu’au fond celui-ci n’était pas aussi religieux que cela, y rajouter quelques citations de Lénine et de Trotsky pour laisser entendre que finalement la religion ne serait pas incompatible avec la lutte des classes ! Il en arrivera même à citer les bondieuseries de Jaurès qui référait pourtant au catholicisme et non à l’Islam, pour justifier l’idée que la religion n’est pas réactionnaire, mais tout autant neutre, voire révolutionnaire[2]. Il glisse habilement sur le fait que le catholicisme, non seulement  a été mis au pas par la république dans ses extravagances à réglementer la vie civile, mais aussi sur le fait que le catholicisme est une partie décisive de l’histoire de la France ce que n’est pas l’Islam !

    Ça c’est son morceau de bravoure si je puis dire : on voit bien ce qui fonde l’islamo-gauchisme, c’est cette capacité à transférer son indignation de la défense des pauvres et de la classe ouvrière à la défense d’une religion tout à fait obscurantiste qui serait stigmatisée et brimée. Il est d’ailleurs complètement à côté de la plaque – ou alors il ment ouvertement – lorsqu’il critique la gauche qui aurait un peu trop critiqué les religions en elles-mêmes : l’anticléricalisme ne lui plait pas. Plenel est sans doute de ceux qui va critiquer le catholicisme borné de Civitas, mais il se gardera bien de critiquer les Frères musulmans. En quelque sorte le catholicisme serait la mauvaise religion, celle des nantis, et l’Islam la bonne,  celle des pauvres.

    On l’a dit et redit ici plusieurs fois, ce qui pose problème n’est pas qu’il y ait des musulmans, mais qu’une frange de ces musulmans veut modifier les lois et les coutumes de l’Europe occidentale. Ils luttent aussi bien contre les menus des cantines, que contre les fêtes de la Noël, mais par contre veulent qu’on reconnaisse et respecte le Ramadan.

      Edwy Plenel, Pour les musulmans, La découverte, 2015

    Voici ce que le très malhonnête Plenel écrit :

    « De fait, l’obsessionnelle question du foulard est un voile jeté sur nos sensibilités, générosités et curiosités. Brandir la visibilité de ce morceau de tissu comme la question décisive pour notre espace public, c’est nous inviter à ne plus voir le reste, tout ce que cette focalisation occulte et masque, et au premier chef la question sociale, celle des quartiers populaires. La haine de la religion qu’exprime envers l’islam et ses pratiquants un laïcisme intolérant, infidèle à la laïcité originelle, est l’expression d’un déni social : d’un rejet des dominés et des opprimés tels qu’ils sont. »

    Dans ce passage il mélange tout et n’importe quoi. D’abord il suppose que les musulmans sont dominés et opprimés, mais où et par qui ? Attaquant sur la question du voile, il affirme indirectement que dans la communauté musulmane les femmes ne sont pas opprimées, elles ! Cette logorrhée réactionnaire suppose que les opprimés mâles puisqu’ils le sont en Occident ont finalement le droit d’opprimer leurs femmes ! Il ne nous fera pas croire que le port du voile est un choix librement consenti, comme il ne nous fera pas croire que la circoncision musulmane à l’âge de 8 ou 10 ans est aussi un choix librement consenti. Passons sur la façon très limitée que Plenel a de définir la laïcité. Il n’est pas certain qu’il en connaisse l’histoire. En tous les cas la laïcité est d’abord une séparation entre la religion et la vie civile, la séparation de l’Eglise et de l’Etat si on veut. Ce qui veut dire forcément que les lois de la République sont supérieures aux lois de la religion, mais aussi que la religion doit éviter le prosélytisme et l’ostentation. Alain Minc ne s’y est pas trompé qui a repris d’ailleurs l’idée qu’il fallait revenir sur la loi de 1905 qui sépare l’Etat et l’Eglise… au moins pour les musulmans[3] !

      Edwy Plenel, Pour les musulmans, La découverte, 2015

    On remarquera également que dans sa volonté de mettre en pièce les adversaires de l’islamo-gauchisme, il invoque une « laïcité originelle ». Comme si cela était une forme indépassable, naturelle et figée dans l’éternité ! Et donc ceux qui dénoncent l’envahissement de l’Islam dans la vie civile, ceux qui considèrent que la république n’est pas compatible avec le communautarisme, il les dénonce comme des sectaires. La défaite de l’extrême gauche est bien représentée par Plenel : le voilà s’attaquant à la laïcité, car pour lui la seule bonne forme de laïcité c’est celle qui n’entrave pas le développement du communautarisme. Il s’en va jusqu’à dire que l’Occident a défendu une forme de laïcité dévoyée en soutenant des dictateurs au Moyen-Orient ! L’Occident est toujours coupable, et les bons musulmans qui représentent la bonne religion jamais.

      Edwy Plenel, Pour les musulmans, La découverte, 2015

    Il va de soi que dans son pamphlet, il ne dit pas un seul mot contre le sectarisme de l’Islam radical. Et donc dans cette forme de soumission que Plenel a intégrée pour lui-même, le voilà qu’il nous fait la publicité pour défendre le droit à la différence des musulmans, et surtout le droit d’exhiber publiquement ces différences dans toutes les formes de la vie civile. Evidemment c’est dans ce cas aux autres de l’admettre et de s’adapter.

    On aimerait que Plenel soit aussi critique vis-à-vis des pays qui persécutent les chrétiens au Moyen Orient, jusqu’à les faire disparaitre physiquement, or s’il y a beau temps que les chrétiens ne persécutent plus les musulmans, l’inverse n’est pas vrai[4]. On ne le voit pas non plus s’indigner que les Juifs ont été chassé de tous les pays arabes, pour lui les musulmans sont les seules éternelles victimes de l’histoire coloniale : la seule forme de colonisation qu’il connait est celle de l’Occident, il n’imagine pas une minute que d’autres civilisations, d’autres cultures aient pu aussi avoir une démarche colonialiste. Mais Plenel en bon trotskyste considère les choses de manière asymétrique. Pour lui la colonisation des pays musulmans par l’Occident est une honte et un scandale, mais que les musulmans venus d’Afrique du nord ou du Moyen Orient colonisent l’Europe c’est « un enrichissement culturel » ! C’est le terme qu’il emploie d’ailleurs.

      Edwy Plenel, Pour les musulmans, La découverte, 2015

    La cuistrerie de Plenel va très loin, il écrit ceci : « Sous toutes les latitudes, le sort fait aux minorités dit l’état moral d’une société. Aussi ai-je écrit ce Pour les musulmans de France en ne doutant pas qu’ailleurs, dans des pays où la culture musulmane domine, d’autres Pour s’écriront, en défense d’autres minorités, chrétiennes, juives, agnostiques, animistes, sans religion, non croyantes, voire issues de l’islam lui-même, des sunnites prenant le parti des chiites, et inversement. » Faisant un parallèle honteux entre le libéralisme qu’on peut rencontrer en Occident et celui qui pourrait advenir dans les pays musulmans. Et donc qu’au fonds lui il défend en France une minorité opprimée, mais que s’il était un habitant du Qatar ou de l’Iran il défendrait les minorités, autrement dit les Juifs et les chrétiens. Mais il oublie juste une chose c’est que dans ces pays il n’y a pas de Juifs ou de chrétiens à défendre, ils ont tout simplement disparu !

     

    Au passage il glissera incidemment que les racines chrétiennes de la France sont une fable. Passons sur le fait de savoir si le christianisme a joué un rôle historique ou non dans la construction de la nation. Mais, si on sait décoder un peu le langage biscornu des islamo-gauchistes, on se rend compte alors que Plenel défend l’islam au nom de la mondialisation, comme Minc, comme bien d’autre, et que l’identité nationale n’existe pas pour lui. Au-delà du fait qu’il joue les lèche-culs obséquieux pour le compte de l’islam, il est d’abord un libéral. Edwy Plenel pourtant nous laissera sur notre faim. Il ne nous dira pas pourquoi il est le passe-partout de Tariq Ramadan, Frère musulman prosélyte, pourquoi il s’acharne à blanchir la réputation sulfureuse de cet islamiste rétrograde[5]. Est-ce au nom de la compréhension de l’autre ? Allons, nous ne sommes pas nés de la dernière averse !

     

     


    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/pierre-andre-taguieff-une-france-antijuive-cnrs-editions-2015-a126068950

    [2] Il avancera d’ailleurs que les régimes sans religion – Staline et Hitler selon lui – sont des régimes totalitaires, et qu’au fond un peu de religion ne peut pas faire de mal !

    [3] http://www.rtl.fr/actu/politique/alain-minc-il-faut-suspendre-la-loi-de-1905-7780124284

    [4] http://www.liberation.fr/planete/2014/07/30/persecutes-les-chretiens-d-orient-sont-ils-amenes-a-disparaitre_1072963

    [5] http://www.mondafrique.com/plenel-et-ramadan-lunion-sacree/

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