• Echec des rassemblements contre l’antisémitisme

     Echec des rassemblements contre l’antisémitisme 

    Manifestation à Paris

    Les manifestations contre l’antisémitisme qui devaient avoir lieu un peu partout en France le 19 février sont un échec. Nous n’avons guère de chiffres, mais il est clair que ces rassemblements pourtant annoncés comme œcuméniques n’ont pas obtenus le succès espéré, et cela malgré la participation d’un certain nombre de gilets jaunes. A Paris la foule pouvait faire un peu illusion, mais pas trop longtemps, et seulement parce que les partis et les élus avaient mis le paquet sur la Place de la République. Nous n’avons pas encore de chiffres, mais les cortèges étaient assez peu fournis. Il serait stupide évidemment d’attribuer cet échec à une pseudo montée de l’antisémitisme en France qui comme nous l’avons montré avant-hier est très relatif[1].

    Les raisons de cet échec doivent être recherchées principalement dans cette volonté d’instrumentaliser des chiffres – on parlait d’une montée de 74% des actes antisémites – au profit d’une politique. Dans cette affaire, les partis on fait bloc pour exclure de cette manifestation aussi bien le Rassemblement National que la France Insoumise, les deux principaux partis d’opposition, le reste n’existant plus. Ces deux partis qui rassemblaient aux dernières élections présidentielles plus de 40 % des voix, devaient forcément y figurer, sous peine de présenter cette manifestation comme une volonté partisane de manipulation. Marine Le Pen rendra hommage à Ilan Halimi à Bagneux[2], et Mélenchon après avoir hésité se rendre à cette manifestation. Défiler avec la canaille LREM était en effet quelque chose de décoiffant, sachant que ce parti soutien la politique fascisante de Macron. Insulter Finkielkraut serait-il plus grave que d’éborgner ou d’amputer des manifestants ? Mais à travers cette volonté il y avait un autre parti qui était clairement ciblé, celui des gilets jaunes, surtout depuis l’agression verbale qui avait visé Alain Finkielkraut. Ce dernier avait d’ailleurs minimisé l’importance de cette affaire, à l’inverse de l’ignoble BHL qui s’entêtait toujours à identifier les gilets jaunes à d’affreux antisémites, fascistes pour tout dire. Les Français sont donc tout naturellement restés très à l’écart de ces rassemblements. On avait compris que Macron qui se voit parfois en Machiavel, cherchait à se servir de cela pour diviser le mouvement des gilets jaunes. Il a fait savoir – comme tous ces prédécesseurs – qu’il était déterminé à agir. Sachant qu’il était plutôt vu comme un soutien de l’islam en France, il s’est empressé de se rendre au Mémorial de la Shoah pour y dire des banalités[3]. Le CRIF par la voix de Francis Kalifa, son président de plus en plus contesté par les Juifs de France eux-mêmes, a tenté d’une manière stupide de se faire remarquer en venant indirectement au secours de Macron. « Le droit de manifester est constitutionnel, mais il faut trouver le moyen de les faire cesser, en tout cas de les canaliser. » a –t-il dit à la manière d’un idiot de village tendant de faire un amalgame des plus douteurs entre gilets jaunes et antisémitisme[4]. Cet angle d’attaque est très mauvais, et on a vu dans les rassemblements d’hier que de nombreux juifs, comme Alain Finkielkraut d’ailleurs, se réclamaient à la fois des gilets jaunes et de la lutte contre l’antisémitisme.

    Echec des rassemblements contre l’antisémitisme 

    Manifestation contre l’antisémitisme à Gérardmer 

    En dehors de cette manipulation, il y avait une autre question : à quoi servent concrètement les manifestations ? Cela fait en effet trente ans et plus qu’on manifeste contre l’antisémitisme, sans effet. Edouard Philippe, à la suite de Macron, a avancé qu’il allait faire une nouvelle loi, comme après chaque manifestation. Mais la question réside-t-elle dans l’insuffisance de l’arsenal législatif ? Il nous semble que non. Des lois nous en avons des quantités industrielles, et pourtant cela ne change pas grand-chose. Il faudrait peut-être commencer par pointer ce qui est aujourd’hui le terreau de l’antisémitisme en France. Contrairement à ce que les médias et les politicards tentent de faire croire, l’antisémitisme à la papa, façon extrême-droite Dieudonné-Soral, est aujourd’hui résiduel. Il existe bien sûr, mais il est une toute petite part de ce phénomène. Le gros de l’antisémitisme en France, soyons clairs, provient d’abord de l’islamisation du pays. Si notre pays est un de ceux qui en Europe concentre le plus d’actes antisémites, c’est parce que la population musulmane est très nombreuse. Les départements comme la Seine-Saint-Denis qui sont le plus islamisés sont aussi ceux d’où les juifs s’en vont en masse. C’est le nœud de l’affaire. Car aujourd’hui, le terreau sur lequel prospère l’antisémitisme est bien l’antisionisme, douteuse reconversion de l’antisémitisme à l’ancienne. Du reste quand Finkielkraut s’est fait injurier, c’est un islamiste qui s’en est chargé, en le traitant d’abord de sioniste. C’est évidemment là que les gauchistes ordinaires interviennent, en faisant de la cause palestinienne un des marqueurs essentiels de leur politique, ils dédouanent l’Islam de toute idée hégémonique et donc antisémite aussi, en espérant que cela leur amènera quelques troupes. Mais si les gilets jaunes à quelques exceptions près n’ont pas été marqués par la présence d’immigrés ou de descendants d’immigrés dans leur rang, il est difficile de croire qu’ils seraient gangrenés par une forme insidieuse d’antisémitisme.

    Echec des rassemblements contre l’antisémitisme 

    Manifestation contre l’antisémitisme à Angers 

    Comme nous le voyons ce qui est la cause principale de l’échec des manifestations du 19 février, c’est d’abord l’incapacité (ou le manque de volonté) des politiques d’identifier clairement le mal à l’origine de la persistance de l’antisémitisme en France. Comment peut on accorder quelque crédibilité à l’exécutif Macron-Philippe, quand on sait qu’il peine à remettre un peu d’ordre dans les quartiers islamisés de la périphérie de Paris, et qu’il préfère matraquer les gilets jaunes ? Comment peut-on croire que et étrange attelage va agir contre l’antisémitisme quand on sait que la justice va remettre en circulation des dizaines de terroristes arrivés en fin de peine, et que la France s’apprête à accueillir des dizaines de djihadistes de retour de Syrie et qui risquent la peine de mort dans ce pays pour les crimes qu’ils y ont commis, le chiffre de 130 est avancé[5]. Tant qu’on se contentera de défilés sans importance et d’allumer des bougies, les choses n’avanceront pas. Il faut s’attaquer au mal à la racine et parmi les choses qu’on peut faire, il faut renforcer la laïcité sans besoin de changer la loi. Déjà on pourrait donner un signal fort en fermant L’observatoire de la laïcité. Bref il faut faire exactement l’inverse de ce qu’ont proposé Sarkozy et maintenant Macron.



    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/l-antisemitisme-le-retour-a159202164

    [2] https://www.lci.fr/politique/marine-le-pen-rend-hommage-a-ilan-halimi-2113412.html

    [3] https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Contre-l-antisemitisme-Emmanuel-Macron-se-recueille-au-Memorial-de-la-Shoah-1606793

    [4] https://francais.rt.com/france/59268-antisemitisme-il-faut-faire-cesser-les-manifestations-des-gilets-jaunes-reclame-le-crif

    [5] http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2019/01/30/31001-20190130ARTFIG00108-avons-nous-vraiment-les-moyens-de-rapatrier-130-djihadistes-en-france.php

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