• Des nouvelles politiques du monde entier

     La manifestation de la France Insoumise 

    Des nouvelles politiques du monde entier 

    Il est assez facile de se rendre compte que le monde entier est devenu politiquement très instable et sans doute assez peu prévisible. Cela sous-entend que la conception de l’action politique va changer avec bien sûr un changement d’objectifs. Tout montre qu’il y a un retour de la nation comme instance de décision. Le rassemblement de la France insoumise du 18 mars 2017 montre une gauche qui n’hésite plus à s’affirmer patriote : les drapeaux tricolores sont brandis et on chante La Marseillaise sans honte, ne voulant plus que ces symboles fort de la République soient laissés au Front National. Evidemment cela va de pair avec le discours anti-européen de Mélenchon qui dénonce une Europe soumise d’abord aux intérêts du capitalisme allemand. Cette manifestation a été très suivie et semble indiquer que la candidature de Mélenchon sera un succès, disons au moins qu’il terminera premier candidat de gauche devant le triste candidat du Part « socialiste ». Ce positionnement est nouveau, mais cohérent avec la tendance mondiale qui est de sortir de la dictature du libre-échange et des mouvements de capitaux. 

    Elections en Hollande 

    Des nouvelles politiques du monde entier 

    Comme il était prévu, le grand perdant des élections aux Pays-Bas est le parti travailliste de l’arrogant Jeroen Dijsselbloem, le patron de l’Eurogroupe qui a conduit et organisé le pillage systématique de la Grèce pour le compte de Bruxelles et de l’Allemagne. Ce parti qui arrivait deuxième en 2012 avec près de 25% des voix, est rétrogradé à la septième place avec moins de 6% des suffrages et à peine 9 sièges dans la nouvelle assemblée[1]. Il semble donc que son sort à la tête de l’Eurogroupe soit scellé, ce qui ne nous attristera pas.

    L’intérêt que nous portons aux Pays Bas vient d’abord du fait que ce petit pays est un candidat potentiel sérieux pour la sortie de l’Union européenne et de l’euro, depuis plusieurs années plusieurs rapports ont été commandés pour envisager concrètement la sortie de l’euro[2]. Nous ferons deux remarques brèves concernant ces élections. La première est que malgré les fortes critiques contre l’Union européenne, les bataves n’ont pas voté en masse pour le parti d’extrême droite de Geert Wilder, même si celui-ci progresse encore un peu. Comme en France il y a un plafond de verre que l’extrême droite n’arrive pas à franchir. Mais justement le fait que le PVV progresse pourtant, notamment parce qu’il affiche une position très hostile à l’Islam, sans s’imposer vraiment va rendre la formation d’un gouvernement très difficile. On rentre dans une zone d’instabilité.

    La seconde remarque est que la déconfiture de l’arrogant Jeroen Dijsselbloem est le résultat de la dérive droitière des sociaux-démocrates européens. Il est en effet une sorte de Macron du point de vue de la politique libérale et européiste qu’il préconise, et comme Macron, il affiche une soumission sans faille à la domination allemande. Il est de ceux qui précèdent les demandes de Berlin sans attendre qu’elles soient formulées[3]. Il est probable que si Macron devenait président, il suivrait le même chemin de croix. 

    L’arrogance de Trump 

    Des nouvelles politiques du monde entier 

    Trump a reçu Angela Merkel à la Maison Blanche. Mais devant les photographes il s’est plu à l’humilier lorsque celle-ci lui a demandé plusieurs fois de lui serrer la main[4]. Il a refusé ostensiblement. C’est une façon de faire assez inédite et pour tout dire grossière. Je comprends bien qu’on n’aime pas la politique de l’Allemagne et même qu’on la combatte par exemple en dénonçant les excédents commerciaux de l’Allemagne, mais alors pourquoi recevoir Merkel à la Maison Blanche ?

    Cette position bouffonne n’a pas aucun sens, sauf à mettre en spectacle le splendide isolement des Etats-Unis dirigées par Trump. Cette comédie ne masque pas l’affaiblissement continu de l’Amérique dans tous les domaines. Mais c’est en même temps une sorte de déclaration de guerre non seulement à l’Allemagne, mais encore aux traités de libre-échange. Dans le même temps Trump exerce un chantage très fort sur l’Allemagne en réclamant des sommes que ce pays devrait aux Etats-Unis au titre du financement de l’OTAN[5] ! Merkel a déjà partiellement cédé à cette demande et assure que son pays va prendre en charge une plus grande partie des dépenses de l’OTAN en Europe. Sans doute vise-t-elle deux buts en même temps : éviter que le grand marché américain ne se ferme au moment où l’Allemagne doit faire face à une montée des critiques notamment en Europe à propos de ses énormes excédents[6], et également la possibilité de se réarmer et de devenir ainsi la première puissance aussi sur le plan militaire.

    Cette situation révèle les instabilités du moment en Occident, instabilités dues notamment à l’absence de résolution de la crise de 2008. Les Etats-Unis n’ont plus le leadership, et l’Allemagne ne peut pas l’obtenir, les réticences sont bien trop énormes, malgré l’allégeance de certains dirigeants politiques plutôt couards comme Emmanuel Macron par exemple.

    Quel que soit le degré de folie de Donald Trump, tout cela annonce une remise en question des politiques de libre-échange[7], non seulement aux Etats-Unis, c’est déjà fait, mais aussi dans le reste du monde. Or bien entendu, l’Union européenne fonctionne d’abord comme une zone de libre-échange et cela à l’insatisfaction de beaucoup de pays sauf de l’Allemagne. Remettre en question la doctrine du libre-échange selon laquelle le commerce international serait un jeu à somme positive (les échanges tirent la croissance), signifie de facto remettre en question l’existence même de l’Union européenne. Le commerce international est en réalité la continuation de la guerre par d’autres moyens[8], on s’en aperçoit aujourd’hui.

     

     


    [1] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/qui-pour-diriger-l-eurogroupe-664755.html

    [2] http://www.atlantico.fr/pepites/pays-bas-commandent-rapport-sortie-euro-2974761.html

    [3] Il est évidemment très apprécié de Wofgang Schaüble. http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/jeroen-dijsselbloem-le-zele-allie-de-wolfgang-schauble-recompense-492277.html

    [4] http://www.rtl.fr/actu/international/donald-trump-a-t-il-snobe-angela-merkel-video-7787716619

    [5] http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/03/18/depenses-militaires-m-trump-maintient-la-pression-sur-l-allemagne_5096863_3222.html

    [6] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/excedent-commercial-record-pour-l-allemagne-en-2016-637281.html

    [7] http://www.latribune.fr/economie/international/le-temps-du-libre-echange-bientot-revolu-665577.html

    [8] C’est Carl Von Clausewitz qui disait que la guerre était la continuation de la politique par d’autres moyens dans De la guerre, Editions de Minuit, 1955.

    « Pierre-Valentin Berthier, Chéri-Bonhomme, L’amitié par le livre, 1955.Débat pour la présidentielle »
    Partager via Gmail

    Tags Tags : , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :