• Débat pour la présidentielle

     

    Débat pour la présidentielle

    Environ 10 millions de personnes ont suivi le débat en direct sur TFI le 20 mars. Seulement cinq des candidats avaient été invités au motif que les 6 autres ne passaient pas la barre des 10% dans les sondages. On peut se poser la question de la fiabilité des sondages, parce qu’il semble bien qu’en réalité Hamon ne passera pas au final la barre des 10%, et que Marine Le Pen serait très loin devant avec plus de 30% des suffrages. Et donc par contrecoup se demander si l’éviction des six autres était justifiée.

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    Il est très difficile de dire si le débat pour la campagne présidentielle aura ou non une incidence sur le résultat final. Il semble que pour les téléspectateurs les plus convaincants aient été Mélenchon et Marine Le Pen, Hamon était comme à son habitude inaudible et Macron et Fillon représentaient l’axe européiste et libéral dont les Français commencent à en avoir assez. Je passe sur le fait que Fillon nous a encore fait son numéro sur la nécessité de se serrer la ceinture parce que le pays est très endetté – tout le monde ne peut pas embaucher ses enfants sur des emplois fictifs, et vendre des promotions pour la Légion d’honneur.

    Mais si on revient sur le débat qui s’est amorcé sur la question européenne, on voit que celle-ci devient centrale. Marine Le Pen est partie d’un graphique très simple et incontestable, estampillé OCDE, que nous reproduisons ci-après : l’entrée en vigueur de l’euro a fait diverger les trajectoires économiques nationales et a plombé non seulement l’économie française, mais aussi celle de l’Espagne et de l’Italie. Il devenait évident que face à cela les arguments de Fillon ou de Macron pour défendre l’Union européenne et l’euro, arguant que la sortie de l’euro serait la dernière des calamités, avaient du mal à convaincre.

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    S’il est assez facile de voir que l’introduction de l’euro a été une calamité pour tout le monde, sauf pour l’Allemagne, il est bien plus difficile d’imaginer que sans l’euro cela pourrait être pire. Le sinistre Fillon a avancé sans preuve, évidemment, que la sortie de l’euro amènerait une inflation qui ruinerait les plus pauvres. Soit il ment, soit il ne sait pas, et dans les deux cas il est indigne de diriger notre pays. Ce qu’il ne dit pas justement c’est que la dette publique a été remboursée à la sortie de la guerre de deux manières :

    - de l’inflation ;

    - de la croissance.

    Et justement cela s’est fait sous l’impulsion du général De Gaulle. Une inflation soutenue et relativement modérée n’est jamais l’ennemie du pouvoir d’achat, c’est même le contraire. Le recul de la part des salaires dans la valeur ajoutée s’est réalisée d’abord par la lutte contre l’inflation. Or nous sommes aujourd’hui dans une crise de la demande ce qu’on ne veut pas admettre, et cela au niveau du monde entier :

    - cette crise est devenue évidente en 2008, mais elle a été préparée de longue date par le décrochage de la hausse des salaires par rapport à la hausse de la productivité. En effet, si la productivité du travail augmente plus vite que les salaires, cela gonfle les profits mais fusille la demande et les occasions d’investir dans le capital productif disparaissent.

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    - naturellement cette question de la demande est revenue dans le débat. D’un côté on avait l’axe Fillon-Macron qui continuait bêtement à défendre la théorie de l’offre, alors que celle-ci a fait ses preuves qu’elle ne marchait pas, et de l’autre, avec plus ou moins d’acuité, les trois autres candidats défendaient le pouvoir d’achat des salariés les plus modestes. 

    Conclusion 

    Si on reste sur le terrain de l’économie et du social, il y avait à l’évidence une convergence entre MLP et Mélenchon d’un côté, et Fillon et Macron de l’autre. En vérité ce clivage s’explique d’abord parce que Fillon et Macron qu’on le veuille ou non ont été membres des gouvernements qui ces dernières années ont démontré leur incompétence que ce soit pour la croissance et l’emploi ou que ce soit pour résorber les inégalités et œuvrer pour l’amélioration de l’environnement. Il ressort de cela que Fillon et Macron sont les candidats de la continuité et MLP et Mélenchon les candidats de la rupture. Le corps électoral va se prononcer dans quelques semaines sur cette question : la continuité c’est Macron ou Fillon, la rupture c’est MLP et Mélenchon. 

    « Des nouvelles politiques du monde entierCharles Bowden, Orchidée de sang, une histoire pas naturelle de l’Amérique, Armand Colin, 2013. »
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