• De imbécillité en politique, l’exemple de Macron

     De imbécillité en politique, l’exemple de Macron

     

    Même les socialistes commencent à trouver que Macron en fait un peu trop dans le virage à droite, dans cette nouvelle manière d’être de gauche sans complexe. Passer en effet d'une pensée de gauche un peu molle et bobo à une pensée économique d'extrême droite demande de sacrées contorsions. Depuis que ce sinistre individu a été nommé par Hollande ministre de l’économie, un nouveau mot est apparu « macronade ».  On dit que ce serait Julien Dray qui aurait inventé ce néologisme.

    Des « socialistes » à Davos

    En tous les cas il a droit à des articles très élogieux dans Le Figaro qui raconte la journée formidable de Macron qui rencontre un tel, puis un tel, puis encore un tel. Mais Davos c’est le congrès annuel mondial du capitalisme ensauvagé qui fait semblant de penser. Du haut de cette plateforme le petit Macron a fait preuve d’une veulerie qui s’accompagne d’une méconnaissance élémentaire du sujet. En bon valet du capital, il reprend l’antienne de la compétitivité : selon le MEDEF et ses larbins, les 35 heures additionnées aux charges sociales seraient la cause de la mauvaise place de la France dans la course sinistre à la compétitivité. Nous donnons volontiers le graphique suivant à Macron qui a fait des études très incomplètes en économie : celui-ci exhibe la relation entre le niveau du PIB par tête évalué en ordonnée, et la durée hebdomadaire du travail mesurée en abscisse. Si donc la faiblesse des durées travaillées en France était la cause de son manque de dynamisme, on devrait avoir une relation positive : la durée du travail augmentant, le PIB  par tête augmenterait aussi. Or nous avons une relation nettement négative : le PIB par tête est d’autant plus élevé que la durée hebdomadaire du travail est faible.

    De imbécillité en politique, l’exemple de Macron 

    Dans le même mouvement Macron a avancé l’idée que les heures supplémentaires ne soient plus payées à un taux majoré. Cela le situe, comme son patron Hollande d’ailleurs, clairement à la droite de Sarkozy qui lui prétendait relancer le pouvoir d’achat des salariés en défiscalisant les heures supplémentaires qui auraient été toujours payées à un taux majoré. Le soit-disant objectif des mesures que voudraient voir prises Macron suppose que le but de l’économie est de faire remonter le taux de profit. D’où les jérémiades de Macron, employé d’un gouvernement de gauche, dirigé par un prédisent « socialiste » et un premier ministre « socialiste » qui s’il ne s’inquiète que peu de la santé des ouvriers et des chômeurs trouve le temps de s’inquiéter des malheureux entrepreneurs est si dure ! Même Sarkozy qui célébrait les travailleurs qui se lèvent tôt n’aurait pas osé de telles provocations.

    Instruisons Macron 

    Macron comme n’importe quel journaliste imbécile du Figaro croit savoir – on le lui aurait dit – que l’économie française souffre du manque d’un choc d’offre. Or l’économie mondiale ne souffre pas d’un manque d’offre, mais plutôt d’un manque de demande. La preuve ? Le prix du baril de pétrole a été divisé par 4 depuis deux ans. Macron apparemment ne sait pas que le partage de la valeur s’est réalisé nettement en faveur des entreprises depuis 40 ans. Comme le montre le graphique ci-dessous, on voit que la rémunération du travail stagne alors que la productivité du travail augmente : or si les deux courbes divergent c’est bien parce que – relativement à la productivité du travail – les salaires n’ont pas augmenté. Et évidemment si le salaires n’augmentent pas, il y a un défaut de demande et un affaiblissement des investissements. Pourquoi investir si en face il n’y a pas de demande ? Il semble que le moderne vieillard Macron se soit arrêté à la théorie économique classique, celle de Jean-Baptiste Say, qu’il n’ait jamais lu ni Marx, ni Keynes. 

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    Le réactionnaire Macron 

    Bref il est temps de considéré Macron pour ce qu’il est : c’est un pur produit de la réaction. Il ne se sent bien que dans ce qu’on a appelé la révolution conservatrice. Au mois de mars dernier, il avait il y a quelques mois avancé qu’il regrettait qu’en France nous n’ayons pas su prendre le train des réformes engagées par le couple infernal Reagan-Thatcher. Même Tony Blair n’aurait pas osé aller jusque-là ! Même Sarkozy ! Evidemment en sortant de telles énormités, il consolide cette idée selon laquelle il n’y a pas d’alternative. Et donc que droite et gauche sont fondées à faire la même politique économique. Mais en même temps comme les résultats de la politique de l’offre – entendez la mondialisation accélérée depuis le début des années quatre-vingts – sont très mauvais en matière de croissance et d’emplois de partout dans le monde et que la déréglementation financière a aggravé la crise, on voit bien que cette thèse ne tient pas debout. Depuis le début des années quatre-vingts, on est entré dans une zone de grande instabilité en même temps que se développait dans la monde la révolution conservatrice.

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    Mais Macron n’est pas seulement réactionnaire en ce qui concerne la conception de l’économe, il est aussi réactionnaire sur le plan politique. Dans un entretien à un obscur magazine, Le 1, il nous faisait part de sa vive émotion du fait qu’on ait coupé la tête d’un roi et qu’on ait osé en France faire une révolution. Il a     ressenti un vide émotionnel ce pauvre garçon. Manifestement il ne comprend pas, comme tous les réactionnaires de son acabit, que s’il y a une révolution qui amène des violences, c’est qu’il y a des raisons à cela. Il aurait pu prendre exemple sur Victor Hugo.  

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    Cohérence 

    Macron procède toujours de la même manière, il énonce une débilité qui va énerver le peuple : par exemple « La vie d’un entrepreneur est plus dure que celle d’un salarié ». Puis il revient en arrière pour dire qu’on l’a mal compris, qu’il aime aussi les salariés. En vérité le but avoué de l’hypocrite Macron, c’est d’éduquer les Français aux nouvelles idées de « la nouvelle gauche », une ode à la gloire de l’entreprise privée et du profit. Ne nous a-t-il pas dit « Il faut de jeunes Français qui aient envie d’être milliardaires » ? Cette entreprise de dressage à coups de provocations incessantes, vise à montrer que les anciennes idées de gauche – la solidarité nationales, la lutte pour un meilleur partage des revenus, la limitation de la propriété privée des moyens de production, et même la lutte pour une laïcité inclusive – ne sont pas du tout moderne et qu’il faut les abandonner. Mais cette offensive médiatique est en cohérence avec le programme libéral de l’Union européenne – ce n’est pas un hasard si Macron milite pour un ministre de l’économie européen – qui veut vider la politique de l’idée qu’il puisse y avoir des alternatives en matière de politique économique.

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    Certes ce programme va rapidement trouver ses limites dans le fait même que les résultats en matière de croissance et d’emploi sont très mauvais, ne peuvent être que mauvais et d’autant plus mauvais qu’on l’approfondira, et donc qu’il va nécessairement déchaîner contre lui des mouvements violents. Entre temps certains disent que Macron voudrait bien se présenter aux élections présidentielles. Mais sur quel programme ? Il a beau faire le malin, c’est lui qui – peut-être via Attali – est le guide spirituel de Hollande en matière de politique économique, il est donc associé de fait à l’échec de la politique de l’offre du président. Je rappelle pour mémoire qu’il était de ceux qui étaient hostile à l’éphémère impôt de 75% sur les revenus dépassant le million d’euros. Avec ou sans barbe, en taxi ou en autocar, rien ne sauvera Macron de finir aux poubelles de l’histoire !

     

    Liens 

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/01/22/20002-20160122ARTFIG00201-la-folle-journee-d-emmanuel-macron-a-davos.php 

    http://www.pierrealainmuet.fr/action-nationale/item/686-commission-d%E2%80%99enqu%C3%AAte-%C2%AB-les-35-heures,-un-pacte-de-responsabilit%C3%A9-qui-a-r%C3%A9ussi-%C2%BB-barbara-romagnan 

    http://www.regards.fr/web/article/emmanuel-macron-en-flagrant-delit

    http://www.lexpress.fr/actualite/politique/emmanuel-macron-il-nous-manque-un-roi_1697286.html

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  • Commentaires

    1
    miluz
    Lundi 1er Février 2016 à 22:14

    « Il faut de jeunes Français qui aient envie d’être milliardaires ». 

    Je peux lui donner l'exemple (et des preuves) d'un jeune français, dont le père milliardaire a pu, grâce à la justice, éviter de lui payer des études, après s'être servi de lui toute son enfance et son adolescence en le maintenant sous le seuil de pauvreté avec sa mère pour éviter de payer des impôts.

    Je suis sûre que ce garçon aura envie de ressembler à son père.

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