• Coralie Delaume et David Cayla, Michalon, La fin de l’Union européenne, 2017

     Coralie Delaume et David Cayla, Michalon, La fin de l’Union européenne, 2017

    Il y a une certaine logique à voir arriver en ce début d’année 2017 plusieurs livres importants et critiques sur l’Union européenne, notamment 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe d'Olivier Delorme. On connaissait Coralie Delaume aussi bien pour son travail de journaliste free-lance que pour son très bon ouvrage, Europe, les Etats désunis, paru il y a trois ans maintenant chez Michalon. Ici elle s’est associé avec David Cayla pour muscler un peu l’analyse économique de ce naufrage définitif. Il est d’ailleurs assez facile de deviner qui a écrit quoi puisque les parties plus strictement économiques sont écrites plus sèchement, alors que Coralie Delaume se laisse aller à un style plus mordant et plus ironique. Cet ouvrage tombe à pic aussi puisque durant la longue campagne pour les présidentielle il sera forcément question de ce qu’on fera avec l’Union européenne. Pour moi il va de soi que si on continue de respecter les traités européens au nom d’un engagement passé, il n’est même pas besoin de changer de président et de voter pour une nouvelle majorité. A quelques détails près, rien ne pourra changer fondamentalement. On pourrait dire que l’alignement sur Bruxelles empêche la France d’avoir une véritable alternance et l’amène à avoir une politique unique qui consacre sa décomposition jour après jour, de Mitterrand à Chirac, de Chirac à Sarkozy ou de Sarkozy à Hollande. Le programme de François Fillon pour l’Europe brille par son vide : il n’y a aucune proposition concrète – son idée est que si l’Europe ne marche pas, et bien il en faut encore un petit peu plus, c’est aussi le même genre de baratin qu’on trouve chez Macron – et c’est sans doute pour cela qu’il est aussi en train de dévisser dans les sondages[1].  

    Coralie Delaume et David Cayla, Michalon, La fin de l’Union européenne, 2017

    Le but de cet ouvrage est de montrer que la construction européenne, le marché unique adossé à la monnaie unique ne fonctionne pas, et donc qu’elle ne peut que se défaire, qu’elle est même en train de se défaire sous nos yeux, même si comme un canard sans tête elle continue à courir sur son erre. Pour démontrer l’inanité de cette construction, nos deux auteurs auraient pu tout à fait écrire un ouvrage de 1000 ou 2000 pages, il y a de quoi faire avec cette bureaucratie informe. 

    La post-démocratie comme idéal européiste 

    Ils vont donc commencer par montrer que l’Union européenne ne peut pas s’amender et que les référendums qu’elle perd les uns derrière les autres et qui sont chaque fois comme des gifles la pousse à sortir de la démocratie. Jusqu’évidemment à ce qu’un pays, en l’occurrence le Royaume Uni choisisse d’en finir avec cette farce et d’en partir. Nous sommes rentrés d’ailleurs avec l’Union européenne et ses pratiques douteuses dans l’ère de la post-démocratie[2]. Tout cela montre que l’adhésion au projet européen n’existe quasiment plus. Et maintenant l 'Union européenne ne fonctionne plus que sur la peur : on voit par exemple qu’on menace les britanniques de terribles sanctions pour faire un exemple et punir leur conduite déviante[3].

    En matière de punition les Grecs en connaissent un rayon. Le long et excellent chapitre que les auteurs consacrent à la Grèce montre, non seulement que l’Europe sous domination allemande écrase ce petit pays, le dépouille, l’empêche de retrouver une santé normale, mais qu’en outre pour ce faire elle bafoue ses propres traités ! Le passage de la BCE à un rôle politique dans la gestion de la crise grecque est particulièrement parlant de ce point de vue. Bien entendu cela n’aurait pas pu se passer sans la complaisance, pour ne pas dire plus, de Tsipras qui a avalé les pires couleuvres et qui continue à en avaler encore. D’ailleurs l’épisode sinistre de l’écrasement de Tsipras par la canaille bruxelloise, Jeroen Dijsselbloem en tête qui se permet encore et encore d’ironiser, nous enseigne qu’avec  l’Eurogroupe ou la Commission européenne il n’y a rien à négocier, et donc qu’il faut se préparer à une sortie unilatérale ce que les malheureux Grecs n’ont pas fait malgré les promesses de Tsipras qui a bafoué en permanence le vote de ses électeurs et qui finira dans les poubelles de l’histoire. 

    L’Europe et la polarisation industrielle 

    Coralie Delaume et David Cayla, Michalon, La fin de l’Union européenne, 2017 

    L’Europe est pour nos auteurs une Europe sous domination allemande. Et cela provient du fait que les mécanismes de son fonctionnement, par le marché et pour le marché, aboutit par la libre circulation des biens, des capitaux et des hommes, à concentrer les énergies sur l’Allemagne. C’est d’ailleurs la logique même de la concurrence que d’éliminer les productions les moins compétitives et donc de rendre inutiles la production industrielle des pays périphériques. Au cœur de l’Europe, l’Allemagne possède de multiples avantages : l’ancienneté de son industrie, son éducation, mais aussi sa position stratégique sur le continent entre l’Est et l’Ouest qui lui a permis de rafler la mise de l’effondrement des pays communistes. Nos deux auteurs pensent que ce sont avec les réformes Schröder ce qui a renforcé leur position industrielle. Ce passage est très intéressant aussi et explique bien des choses et suffit à expliquer que l’Europe n’a pas d’avenir, à moins évidemment de considérer que l’idée même de nation n’a pas d’avenir non plus.

    Il aurait été bon ici cependant de montrer comment l’euro a été une aubaine pour l’Allemagne pour asseoir sa prééminence. En effet l’euro a en quelque sorte permis une dévaluation du mark et une réévaluation du franc, figeant ensuite pour de longues années un taux de change déraisonnable pour notre pays. Dans le graphique ci-dessous, on voit clairement que ce ne sont pas les lois Schröder qui n’arrivent qu’en 2005, et qui ne rentreront en vigueur qu’en 2010, ni même le développement des investissements allemands à l’Est ou la réunification qui dopé l’économie allemande, mais bien l’euro qui booste les exportations allemandes dans toute l’Europe. Je rappelle évidemment que dans la théorie classique, la valeur doit s’ajuster par le jeu des réévaluations ou des dévaluations à la compétitivité des économies[4]. 

    Coralie Delaume et David Cayla, Michalon, La fin de l’Union européenne, 2017 

    Balance commerciale de la France et de l’Allemagne 

    Evidemment de telles évolutions équivalent dans la réalité à transférer des emplois de la France vers l’Allemagne. J’ai évalué ce mouvement à 20 000 emplois par an. Ce qui sur 15 ans fait tout de même 300 000 emplois, et probablement plus puisque ces transferts liés à un déficit de la balance commerciale se font d’abord dans le secteur industriel.

    Les auteurs insistent fort justement sur cette idée que seuls ne semblent pas avoir comprise les bureaucrates européens et les économistes à leur service : le commerce étant un jeu à somme nulle, les déficits commerciaux des uns seront les excédents commerciaux des autres[5]. L’Union européenne qui combat si facilement les déficits ne fait strictement rien pour entraver l’Allemagne dans la recherche d’excédents commerciaux toujours plus importants.

    Je fais remarquer que cette question de la polarisation de l’industrie dans une Europe sans frontière n’est pas nouvelle, elle est au cœur de la question du libre-échange. En 1770 l’abbé Galiani mettait en garde les physiocrates sur une ouverture incontrôlée des frontières en matière de commerce de blé. En effet, en prenant en compte les coûts de franchissement de l’espace, cela pouvait amener que la France manque de blés, alors même que ce pays en était le premier producteur, puisque le marché allemand devenait plus proche des régions agricoles françaises que les zones périphériques[6]. 

    La concurrence jusqu’à la mort 

    A partir du moment où l’Union européenne a fait de la concurrence libre et non faussée l’alpha et l’oméga de son existence, il ne faut pas s’étonner si celle-ci aboutit à un processus « non-coopératif ». Que ce soit sur le plan de la fiscalité ou celui du marché du travail, ses traités aboutissent à une régression complète sur tous les plans. Et d’abord sur le plan de la déflation salariale. Or cette déflation salariale si elle permet à quelques-uns d’engranger des millions ou de milliards tue à terme la croissance économique. C’est le retour du bâton de la fameuse théorie de l’offre[7].  Coralie Delaume et David Caya vont détailler le dumping fiscal et salarial, on y verra expliqué le rôle très particulier du Luxembourg qui, justement parce qu’il ne pouvait plus être un pays industriel – anciennement il avait une bonne position dans la sidérurgie – s’est transformé en paradis fiscal qui vit de la fraude généralisée des multinationales. Ils expliquent aussi de la même manière les pratiques de l’Irlande et son refus de faire payer des amendes à ceux qui ont triché. Le dumping salarial est du même tonneau, et le scandale des travailleurs détachés en Europe est emblématique de cette déconfiture. En effet la possibilité des travailleurs détachés engendre une opacité qui facilite la fraude à grande échelle. En France nous avons au moins 300 000 travailleurs détachés et ce nombre augmente tous les jours. Dans un pays où le taux de chômage est très élevé, il s’agit d’une double peine puisque ces travailleurs détachés ne financent pas de la même manière la protection sociale : ils ne rapportent rien aux caisses de l’URSSAF, et ils coûtent en ce sens qu’ils maintiennent une partie de la population au chômage. Nos deux auteurs citent le cas d’une entreprise bretonne qui est enregistrée à Chypre et qui emploie des travailleurs polonais ! On voit que dans ce cas singulier, le rôle de l’inspection du travail ne peut être qu’entravé.

     Coralie Delaume et David Cayla, Michalon, La fin de l’Union européenne, 2017 

    C’est en fait la mise en œuvre des principes de concurrence libre et non faussée qui condamne l’Union européenne à disparaitre. En effet, elle ne peut pas tenir ses promesses d’un espace protégé de croissance forte et de chômage faible. Cette absence de résultats économiques tout simple fait que les peuples européens se détachent les uns après les autres de ce cauchemar. On a beau faire de la pédagogie, le recul du sentiment pro-européen semble non seulement irréversible mais aussi très rapide. Tant le tableau ci-dessous, seule l’Allemagne qui est le pays qui en profite le plus, était  favorable à plus d’intégration. Mais c’était en 2013 ! Or depuis la crise des migrants a changé la donne, et le parti AfD est devenu puissant ancrant durablement le pays dans l’idée qu’on ne peut pas aller plus loin dans l’intégration européenne, à moins bien sûr de violer une fois de plus la volonté populaire et la plus élémentaire des formes de la démocratie.

     Coralie Delaume et David Cayla, Michalon, La fin de l’Union européenne, 2017 

    Des sondages plus récents du très sérieux Pew Research Center, montrent que la défiance vis-à-vis de l’Union européenne s’est encore aggravée. Notez que le sentiment anti-européen en France est encore pire qu’au Royaume Uni, ce qui veut dire assez clairement qu’un référendum sur cette question de l’appartenance ou non à l’Union européenne serait perdu dans les grandes largeurs. Il n’y a donc plus que le choix de gouverner contre le peuple et de ne plus lui demander son avis sur rien, étant donné que le peuple est con et ne comprend rien. D’ailleurs on y pense sérieusement. Jacques Attali, sentant probablement que le Brexit était acté, proposait récemment d’interdire aux peuples de sortir de l’Union européenne et donc de discuter de cette question ! Il prétend ainsi « sanctuariser » le progrès[8]. Evidemment si l’Europe était un progrès ça se saurait, et on n’aurait pas besoin de le justifier. L’Union européenne est donc condamnée selon ses principes mêmes à s’émanciper de la démocratie, il est probable que les Européens le lui pardonneraient si, en contrepartie, les résultats économiques étaient très bons ou simplement bons.  

    Coralie Delaume et David Cayla, Michalon, La fin de l’Union européenne, 2017

    Réformes de structure et droit du travail 

    La loi El Khomri peut être considérée comme le tombeau de la social-démocratie en France et en Europe. Elle a été mise en place par un gouvernement soi-disant de gauche, contre l’avis du peuple et même contre l’avis du parlement, il a fallu avoir recours au 49-3 pour la faire passer. Les manifestations ont été longues et fournies, comme chaque fois qu’un gouvernement s’en va massacrer la protection sociale, que ce soit le droit du travail, les retraites ou la Sécurité sociale. Et c’est pour avoir oublié cela que Hollande doit mettre un terme à sa carrière politique en renonçant à se présenter – ce qui est inédit sous la Vème République. Mélenchon vise juste lorsqu’il annonce que s’il est élu, il commencera par abroger cette loi scélérate. Dans leur ouvrage Coralie Delaume et David Cayla, essaie de relier cette loi fort justement à la fin de l’Union européenne.

     Coralie Delaume et David Cayla, Michalon, La fin de l’Union européenne, 2017 

    En effet, l’Union européenne étant faite pour le marché et par l’application des lois du marché, il est évident que son premier souci est de « libérer » ce qui entrave le « bon fonctionnement » de ce marché. Bien sûr si les bureaucrates européens étaient un peu plus intelligents ou un peu moins corrompus, ils sauraient qu’une telle politique n’a aucune chance d’obtenir des résultats en terme de croissance et d’emploi, parce que et principalement elle ruine la demande – on retrouve encore cette illusion de la théorie de l’offre. Cette démarche politique qui est inscrite dans les gènes de l’Union européenne est fausse sur le plan théorique – Malthus, Sismondi, puis Keynes l’ont démontré – mais elle est fausse aussi sur le plan pratique. C’est en effet la politique du chancelier Brüning qui a amené Hitler au pouvoir, Hitler qui était aussi un farouche européen convaincu comme on le sait[9] ! La loi El Khomri devance en quelque sorte les désidératas de Bruxelles et se calque sur ce que la BCE a exigé de l’Italie et de l’Espagne, avec le peu de succès que l’on sait. La flexibilisation du marché du travail n’apporte que la misère pour les travailleurs et rien d’autre. Si cela marchait, ce sont les pays où le droit du travail a disparu ou n’existe pas qui auraient des performances très élevés en matière de croissance et d’emploi. C’est exactement l’inverse, plus le droit du travail protège les travailleurs et plus le pays est prospère. Si ce que j’avance était faux, la Grèce et l’Espagne seraient aujourd’hui bien plus prospères que la Suède et le Danemark ! 

    Conclusion 

    C’est un très bon livre, très éclairant sur le bricolage peut solide finalement de cette construction européenne à laquelle les auteurs opposent un peu hâtivement une « Europe des projets ». Sur ce dernier point Jacques Sapir a marqué sa critique[10] car il suppose qu’on ne peut pas parler sérieusement d’une fin de l’Union européenne sans parler de ce qui pourrait effectivement la remplacer, la nature ayant horreur du vide. Je ne le rejoindrais pas sur ce point, étant donné que les propositions des deux auteurs sont assez vagues mais simplement là pour montrer qu’à l’inversement le communautarisme à la Delors entraîne bien au contraire le blocage. Je salue aussi ici l’analyse très fine de l’indépendance des boutiques les plus puissantes de l’Union européenne, à savoir la BCE, la Commission européenne et la CJUE. Elles se concoctent en effet des règlements « aux petits oignons », générant elles-mêmes un droit hors sol qui n’a aucune responsabilité et qui ne présente aucun recours possible. D’ailleurs la plus pernicieuse de ces trois boutiques est la CJUE (Cour de Justice de l’Union Européenne) qui est basé au Luxembourg. C’est elle qui impose de limiter le droit du travail, le droit de grève, voire de l’interdire purement et simplement comme elle l’a fait dans le cas des délocalisations. Elle ne tolère qu’un syndicalisme très limité. Il va de soi que les syndicalistes rien que parce que cette boutique existent devraient exiger la dissolution de l’Union européenne. Mais si la CJUE tranche toujours en faveur du patronat et des multinationales, est-ce par idéologie pure ? En fonction d’un préjugé théorique sur l’efficacité des marchés ? Je ne le pense pas. C’est le point que Coralie Delaume et David Cayla ne tranchent pas. Certes on comprend bien que les bureaucrates de ces trois puissances obscures qui font la pluie et le beau temps ont un intérêt à maintenir leur pouvoir et donc à continuer à imposer des contraintes mortifères. Le destin d’une bureaucratie est toujours de vouloir se reproduire.

     Coralie Delaume et David Cayla, Michalon, La fin de l’Union européenne, 2017

    Mais il ne faut pas sous-estimer deux choses : premièrement, c’est que l’Union européenne telle qu’elle fonctionne est une bonne affaire pour l’oligarchie des multinationales qui n’ont pas à s’en plaindre et ce qui explique d’ailleurs que la Commission européenne soit entièrement corrompue, les commissaires européens nourrissant abondamment la rubrique des pots de vins, des bandes et des prébendes[11] ; deuxièmement c’est que les traités européens qui ont servi de base à la formation d’un pouvoir supranational ont tous été sans exceptions concoctés dans des think tanks financés directement par des multinationales américaines comme européennes[12]. Ce qui suffit à montrer que l’Union européenne est un outil particulièrement puissant dans la transformation d’un monde sans frontière et sans Etat, juste régi par les règles de droit et les lois du marché.

    En tous les cas le message est clair, il faut en sortir au plus vite et ne pas tergiverser. Mais l’Union européenne est-elle en train de mourir pour autant ? Peut-être, il serait naïf de l’enterrer aussi vite même si ses résultats sont mauvais dans tous les domaines possibles et imaginables. Elle a une capacité de résistance étonnante, et aussi la patience de l’araignée pour attendre que ses plus virulents contradicteurs finissent par se lasser et par croire que cette construction baroque fait partie du paysage, existe comme une donnée naturelle, comme le vent et la pluie contre lesquels on ne peut rien. Ces gens-là ont beaucoup d’imagination pour détourner l’attention et se faire oublier au bon moment, surtout si un peu de croissance revient, si le chômage baisse un peu.

     



    [1] http://www.atlantico.fr/pepites/francois-fillon-en-baisse-dans-sondages-2927155.html

    [2] http://in-girum-imus.blogg.org/post-democratie-colin-crouch-diaphanes-2013-a117703596

    [3] Le monde qui est devenu un simple journal de propagande européiste, accroit la confusion, il tente de montrer qu’après la démission d’Ivan Rogers, ambassadeur auprès de l’Union européenne, Theresa May devrait renoncer au Brexit parce que trop long et trop compliqué  http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/01/05/theresa-may-le-brexit-et-les-vendeurs-d-illusions_5058321_3214.html, mais dans le même journal on trouve aussi des articles qui nous prouve que le Brexit n’a pas entamé comme promis le dynamisme de l’économie britannique, avec le spectaculaire aveu du gouverneur de la Banque d’Angleterre affirmant qu’il s’est trompé en prédisant la récession, http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/01/06/brexit-le-mea-culpa-de-l-economiste-de-la-banque-d-angleterre_5058897_3234.html. 

    [4] Cette approche est attribuée à William Petty (1623-1687) qui considérait que par le jeu des dévaluations ou des réévaluations, un pays ne pouvait pas avoir d’excédent ou de déficit sur le long terme. Cf. Joseph SchumpeterHistoire de l'analyse économique, t. I L'âge des fondateurs 1re éd. 1954, éd. française Gallimard 1983.

    [5] Contrairement aux idées reçues, les échanges ne tirent pas la croissance : depuis les années soixante-dix, l’ouverture (la mondialisation) s’accélère, alors que la croissance ralentit fortement et a abouti à la crise de 2008 dont nous ne sommes pas encore sorti. C’est une idée commune qu’avaient les mercantilistes au XVIIème et XVIIIème siècle, ce aussi ce qu’avaient compris aussi bien Marx que Keynes. Cf. René Teboul, Histoire de la pensée économique, tome 1, Librairie de l’Université, Aix-en-Provence.

    [6] Ferdinando Galiani, Dialogues sur le commerce des blés (1770), Fayard, 1984.

    [7] http://in-girum-imus.blogg.org/la-porte-entre-ouverte-des-presidentielles-de-2017-a127913586

    [8] http://blogs.lexpress.fr/attali/2016/06/20/sanctuariser-le-progres/

    [9] http://in-girum-imus.blogg.org/dix-citations-sur-l-europe-a117198068

    [10] http://russeurope.hypotheses.org/5577

    [11] http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/10/31/barroso-chez-goldman-sachs-le-comite-d-ethique-europeen-estime-qu-il-n-y-a-pas-d-infraction_5023231_3214.html. Il serait en effet anormal de critiquer Barroso qui va pantoufler chez Goldman & Sachs, boutique qu’il a si bien servie pendant les années où il se trouvait à la tête de la Commission européenne.

    [12] Voir par exemple l’excellent Belén Balanyá, Ann Doherty, Olivier Hoedeman, Adam Ma'anit, Erik Wesselius, Europe inc. comment les multinationales construisent l’Europe et l’économie mondiale, Agone, 2005, ouvrage un peu ancien, mais toujours très bon.

     

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  • Commentaires

    1
    David C
    Vendredi 13 Janvier à 12:26

    Bonjour, je découvre votre critique très pertinente de notre livre. Néanmoins j'ai un point de désaccord. Vous nous faites dire que ce sont les réformes Schröder qui ont permis le redressement de l'Allemagne. Or, nous écrivons exactement l'inverse p. 224: "Quant au redressement du pays après 2005 et comme l’explique Guillaume Duval, il ne doit pas grand-chose aux réformes Schröder. À vrai dire, il s’est même fait malgré elles."

    Notre analyse du succès industriel allemand est plus complexe. Il y a bien sûr l'héritage historique et l'emplacement géographique privilégié de l'Allemagne, mais de manière plus conjoncturelle, c'est à sa capacité de profiter de l'élargissement que l'Allemagne doit son renouveau économique à partir de 2005.

    Si l'Agenda 2010 de Schröder n'est pas la cause du rapide redressement de la fin des années 2000, il a néanmoins lancé la concurrence sociale en Europe en abaissant le coût du travail, notamment dans les services. C'est la logique de "l'Europe allemande" que nous dénonçons comme une course à la compétitivité vouée à l'échec.

    Mis à part ce détail, merci beaucoup pour votre travail de rencension.

    2
    Vendredi 13 Janvier à 16:02

    Nous sommes à quelques minimes détails près effectivement sur la même longueur d'onde. En fait je voulais plutôt insister sur le fait que l'euro a joué un rôle décisif dans le redressement de l'Allemagne. En effet tout s'est passé comme si la France avait réévaluer sa monnaie et l'Allemagne dévaluer la sienne. C'est quelque chose qui m'avait frappé au moment de la discussion du taux de change entre le franc et l'euro. C'est DSK semble t il qui a poussé pour que le franc soit une monnaie forte avant son entrée dans l'euro, avec l'idée qu'en choisissant cette voie, la France effectuerait forcément une montée en gamme de son industrie. C'est un point peu discuté, mais selon moi décisif, et aujourd'hui Sapir en convient. Selon moi on n'insiste pas assez non plus sur le fait qu'en restant dans un taux de change fixe entre la France et l'Allemagne, c'est comme si on transférait 20 000 emplois tous les ans chez nos voisins d'outre-Rhin. Une forme de STO quoi !

    Le petit billet sur votre ouvrage se sont des notes rapides et non pas une analyse trop pointilleuse. C'est surtout destiné à faire connaître votre travail que j'apprécie

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