• Comment l’Union européenne contribue à détruire l’environnement

     

    Parmi les nombreuses raisons qu’il y a de quitter l’Union européenne, c’est qu’elle est un fléau pour l’environnement. Du reste le programme de Macron et celui du premier ministre Philippe, avant tout lobbyiste de la filière du nucléaire, n’avancent aucune idée stimulante sur la question. Il l’ignore. 

    La logique de la dégradation de l’environnement  

    Comment l’Union européenne contribue à détruire l’environnement

    Le modèle de concurrence mis en place par l’Union européenne vise les économies de coût. Cette économie de coût repose sur deux paramètres :

    - la concentration du capital par élimination des entreprises les plus faibles ou les moins rentables ;

    - le corolaire de cette première proposition est que la concentration s’accompagne de et s’accélère grâce à l’abaissement des coûts de franchissement de l’espace.

    Il faut donc construire des infrastructures de transport toujours en plus grand nombre, mais aussi des éléments logistiques qui permettent de stocker et d’irriguer les marchés. Ces plateformes logistiques consomment de grandes quantités d’espace, souvent d’espace public. Mais il faut bien comprendre que ces plateformes ne peuvent pas exister si elles ne sont pas adossées à des infrastructures routières qu’il faut sans cesse développer, très souvent à l’aide de fonds publics. En vérité, même si la production n’augmente pas faute de demande, le simple effet de la concurrence engendre une augmentation de la pression des infrastructures de transport : cela revient à un transfert de ressources du secteur public vers le secteur public  

    Comment l’Union européenne contribue à détruire l’environnement

     

    La plateforme logistique Goodman à Marl (Allemagne) – 235 000 m2 

    Le mode de production et de circulation des marchandises suscité par le fonctionnement de l’Union européenne accroît l’artificialisation des sols. On a calculé que l’artificialisation des sols représente maintenant près de 10% de la superficie de la France, soit 5,1 millions d’hectares[1]. Cette raison suffit à elle seule à condamner l’Union européenne du point de vue de la défense de l’environnement. Mais ce n’est pas tout. L’accroissement des échanges sur la surface de l’Union européenne augmente automatiquement la pollution atmosphérique, à ce titre l’élargissement de l’Union européenne aux pays de l’Est anciennement communistes est une vraie tragédie pour l’environnement.  

    Comment l’Union européenne contribue à détruire l’environnement

     

    Comment l’Union européenne contribue à détruire l’environnement

     

    Accroissement des émissions de gaz à effet de serre dues aux transports dans l’Union européenne

    Evidemment plus les marchandises font de longs kilométrages, plus ces marchandises doivent être protégées contre la dégradation naturelle qui peut intervenir. Pour cette raison on leur enjoint des additifs d’origine chimiques dont certains sont très dangereux. De même les camions réfrigérés surconsomment des carburants. Donc pour résumer quand on transporte des marchandises, et plus encore des produits agricoles, non seulement on détruit de la terre agricole, on augmente la pollution atmosphérique, mais en outre on encourage la dégradation de la qualité des aliments. Cet ensemble de faits montre qu’on ne peut pas en même temps être écologiste et européiste si on est un peu sérieux. Ce sont des raisons de fonds, mais il y en a d’autres plus prosaïques, c’est la corruption de la Commission européenne. 

    L’Union européenne, une politique agricole destructrice 

    Les défenseurs de l’environnement considèrent à juste titre que l’agriculture intensive est un fléau pour l’environnement et la santé publique. Dès sa formation, la PAC a visé à soutenir une agriculture intensive au nom de la modernisation des techniques de production, avec l’idée en arrière-plan de faire du paysan un entrepreneur agricole. Le but était de produire des grandes quantités, non seulement pour subvenir à la sécurité alimentaire des Européens, mais aussi pour inonder les marchés extérieurs de produits peu onéreux. On en est arrivé à l’horreur des fermes industrielles de sinistre réputation. Non seulement les animaux sont maltraités au-delà de ce qu’on peut imaginer dans ces camps de concentrations, mais la qualité de leur viande est devenue dégueulasse et immangeable[2]. Car voyez-vous, selon la doctrine de base de l’Union européenne, il faut produire toujours plus et à un coût de plus en plus bas, pour raison de concurrence. On en arrive ainsi à mettre en concurrence les fermes allemandes et les fermes françaises. Comme les fermes allemandes sont depuis plus longtemps que chez nous industrialisées, on parle de fermes-usines (les animaux étant de nouveaux prolétaires), ils arrivent à concurrencer les producteurs français dans la production du lait et de la viande de cochon[3], poussant les paysans français à la ruine. Et donc amenant progressivement la France à abandonner son agriculture après son industrie, devenant ainsi dépendante de ses voisins pour son alimentation. On peut parler de vassalisation ou plus sûrement de disparition de la nation française programmée : les Français dans la nouvelle division internationale du travail européenne se livrant aux joies de la domesticité dans le secteur du tourisme. Cette orientation voulue vers l’agriculture intensive non seulement a poussé les paysans à surinvestir et à se trouver ensuite dans l’impossibilité de rembourser les emprunts, mais aussi à une dégradation continue des sols et de l’environnement : dans ce contexte, seules les grosses exploitations qui produisent de la merde peuvent survivre. 

    Comment l’Union européenne contribue à détruire l’environnement 

    Mais les turpitudes de la Commission européenne ne s’arrêtent pas à cette conduite criminelle, elles consistent aussi à empêcher le développement de l’agriculture biologique en diminuant les exigences en la matière, et en encourageant encore et toujours ce qu’on peut appeler le bio industriel. Comme toujours elle joue les multinationales contre les produits locaux. Par exemple, pour soi-disant développer la filière bio, on va distribuer un label moins exigeant qui fera que les produits bio pourront contenir des pesticides ou des OGM[4]. C’est là le résultat de l’intense lobbying de Phil Hogan le commissaire européen à l’agriculture, bien connu pour ses idées rétrogrades en matière d’environnement. On peut dire sans trop se tromper que la PAC a été le tombeau de l’agriculture française[5]. Evidemment comme l’Union européenne est très favorable au TAFTA et au CETA, toujours malgré l’opposition des populations, elle vise à aggraver les choses en mettant en concurrence les agriculteurs français avec les agriculteurs américains dont les exigences de qualité sanitaire sont encore plus basses que chez nous. 

    La Commission européenne au service des multinationales 

    C’est ce qui est le plus évident. La plupart des commissaires européennes finissent tous par aller pantoufler dans des grandes multinationales ou banques d’affaires. La liste est très longue :

    - Jean-Claude Juncker, l’actuel président de la Commission européenne, a été pris la main dans le sac. En tant que premier ministre du Luxembourg, il avait organisé la fraude fiscale de 340 firmes multinationales au détriment des autres pays membres[6] ;

    - José Manuel Barroso, ancien révolutionnaire tendance maoïste, et ancien président de la Commission européenne, a été recyclé chez Goldmann et Sachs, à un poste élevé et bien rémunéré ;

    - Viviane Reding qui a occupé plusieurs postes de commissaire a occupé et occupe toujours des postes de haut niveau dans plusieurs multinationales, les commissaires et les hauts fonctionnaires européens sont presque tous comme ça[7]. Mais s’ils sont ainsi faits, c’est bien parce que l’Union européenne le permet.

    Il y a quelques années Bernard Lecherbonnier avait publié un ouvrage intitulé Les lobbies à l'assaut de l'Europe[8]. Le titre n’était pas très bon, parce qu’en réalité l’Union européenne a été créée par des lobbies et donc pour eux[9]. 

    Comment l’Union européenne contribue à détruire l’environnement 

    La démonstration d’une Union européenne uniquement préoccupée de l’intérêt des multinationales vient d’être démontrée deux fois encore en quelques jours, et toujours dans le domaine de la protection de l’environnement. Tout d’abord, malgré des avis nombreux et variés, malgré la position du parlement européen, la Commission européenne vient de réautoriser le maïs de Monsanto – Monsanto qui a été racheté à Bayer rappelons-le, une multinationale allemande[10] - d’une façon très peu démocratique[11].

    La puissance de la firme Monsanto-Bayer au sein de la Commission européenne ne s’arrête pas à cette victoire éclatante. Malgré les études scientifiques qui tendent à montrer que le Round Up est un produit dangereux, la Commission européenne l’a réautorisé en 2016, et propose de prolonger cette autorisation de 10 ans encore[12]. Mais c’est une longue histoire que celle-là. En effet, alors que la Commission a réautorisé l’usage du Round up en 2016, elle a bricolé une petite étude un an après pour justifier sa position. Tous ceux qui se sont penchés sur cette étude savent qu’elle n’est pas sérieuse[13], mais si la Commission se livre à ce genre de crapulerie bien peu démocratique, c’est qu’elle y trouve son compte. Et la Commission européenne ce n’est pas seulement une entité grise et sans âme, elle est aussi faite d’hommes cupides et sans morale. Elle le fait contre l’opinion publique, et contre une large partie de la communauté scientifique.

    Ce n’est toujours pas fini. L’Union européenne a adopté le 4 juillet 2017, une reclassification des produits chimiques dangereux, laissant le champ libre aux perturbateurs endocriniens. Le monde qui pourtant soutient ouvertement Macron et le lobbyiste Philippe, a remarqué que la France depuis plus d’un an se battait aux côtés de la Suède et du Danemark, mais elle s’est alignée finalement, toute honte bue sur la position de l’Allemagne[14]. Ce revirement vient bien sûr du changement de gouvernement et de président, partisans d’un libéralisme outrancier et peu contraignant. Ça n’améliorera pas la cote de popularité du président qui, contrairement à ce que laisse entendre les médias est au plus bas après son discours soporifique devant le congrès[15]. Mais ce n’est pas une faute, l’Union européenne fonctionne pour le profit des multinationales, et Macron et Philippe sont leur relais en France. 

    Comment l’Union européenne contribue à détruire l’environnement 

    Je passe sur le fait que le parlement européen n’a aucune importance : impuissants, ils en sont à implorer que la Commission européenne légifère contre l’obsolescence programmée en matière industrielle[16] 

    Et Nicolas Hulot pendant ce temps ? 

    Comment l’Union européenne contribue à détruire l’environnement 

    Et bien sur tous ces sujets, Nicolas Hulot n’a rien à dire et ne dit rien, ni sur le Round up, ni sur les perturbateurs endocriniens, ni sur le maïs transgénique, et encore moins il cherche à s’opposer aux décisions de l’Allemagne et de la Commission européenne. Il n’a pas d’idée, mais alors pas la queue d’une. Tout cela manque un peu de virilité. Ministre de l’écologie, mais plutôt en fait ministre de l’image, il n’est là que pour parfaire la stratégie de communication de Macron et du lobbyiste Phillipe, nos deux Young leaders qui ont mis la main sur le pouvoir en France, mais qui voudraient bien faire croire qu’ils ont le souci de l’intérêt général. On savait qu’Hulot ne servirait à rien, mais on ne pensait pas que cela se verrait si vite, on pensait qu’il pourrait garder sa virginité au moins jusqu’à l’automne. Et puis non, patatras, Le canard enchaîné vient de révéler les dessous des petites combines de Hulot[17]. Il est à la tête d’un business juteux, il vend son image ici été là et obtient des revenus très élevés à partir de ses différentes sociétés et fondations. Il a vendu son image d’écologiste exigeant à des sponsors comme Veolia, EDF, et bien d’autres, et maintenant il la revend encore à Macron et Philippe nos deux duettistes à la tête du pays. En vérité les révélations du Canard enchaîné n’en sont pas vraiment[18]. Seuls les naïfs s’étonneront. Mais le Canard met des chiffres sur ces petites combines disgracieuses. Il va avoir du mal à s’en sortir. 

    Comment l’Union européenne contribue à détruire l’environnement 

    EDF a donné plus de 400 000 € à sa fondation. Or en tant que ministre de l’écologie, il va devoir trancher la question du réacteur de Flamanville : l’Autorité de la Sûreté Nucléaire considère que ce réacteur EPR a, malgré les anomalies décelées, la possibilité de fonctionner sans dommage pour l’environnement et les habitants qui se trouve dans son espace ; mais pour certains, il faut refaire la cuve, ce qui amènerait un surcoût extravagant pour un investissement qui a déjà coûté plus de 10 milliards d’euros – le coût final ayant été, comme d’habitude, démultiplié par rapport aux premiers devis[19]. On voit que Nicolas Hulot pourrait justement être débarqué du gouvernement pour des histoires de conflit d’intérêt.

    Tout ça pour dire qu’Hulot est déjà embarrassé par ses propres affaires et qu’il n’a donc pas trop le temps de s’intéresser aux magouilles de la Commission européenne.

     

     


    [1] https://www.planetoscope.com/sols/259-pertes-de-terres-arables-du-fait-de-l-urbanisation-en-france.html

    [2] http://www.humanite.fr/dans-lhorreur-des-fermes-usines-577456

    [3] https://reporterre.net/En-Allemagne-les-ferme-usines-deviennent-la-regle-malgre-une-rentabilite

    [4] https://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/le-nouveau-label-bio-europeen-pourrait-tolerer-la-presence-d-ogm-et-de-pesticides/

    [5] http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/05/13/31003-20140513ARTFIG00143-europeennes-le-coup-de-gueule-de-perico-legasse-contre-la-politique-agricole-commune.php

    [6] https://www.politis.fr/articles/2014/11/juncker-au-centre-dun-scandale-fiscal-impliquant-340-multinationales-28907/

    [7] http://www.humanite.fr/bruxelles-la-commission-serait-elle-un-nid-de-corruption-et-de-faineantise-616334

    [8] Albin Michel, 2007.

    [9] Voir sur ce thème l’irremplaçable, mais un peu ancien, Europe Inc : Comment les multinationales construisent l'Europe et l'économie mondiale, Agone, 2005, ou encore l’ouvrage de Raoul Marc Jennar, La trahison des élites, Fayard, 2004.

    [10] Pendant la   Seconde Guerre mondiale, Bayer avait été impliqué dans un trafic d’êtres humains : elle avait acheté des déportés pour qu’ils lui servent de cobayes. https://blogs.mediapart.fr/victorayoli/blog/301116/monsanto-bayer-quand-bayer-achetait-des-lots-de-femmes-auschwitz

    [12] https://www.actu-environnement.com/ae/news/commission-europeenne-proposition-prolongation-dix-ans-glyphosate-29018.php4

    [13] https://www.sciencesetavenir.fr/sante/roundup-de-monsanto-une-etude-europeenne-ecarte-le-risque-cancerogene-du-glyphosate_111330

    [15] http://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/les-discours-d-emmanuel-macron-et-d-edouard-philippe-n-ont-convaincu-qu-un-francais-sur-quatre_2269721.html

    [18] http://www.lefigaro.fr/politique/2011/02/17/01002-20110217ARTFIG00686-la-fondation-nicolas-hulot-sous-le-feu-des-critiques.php

    [19] https://blogs.mediapart.fr/benjamin-dessus/blog/170513/l-epr-une-rupture-inexplicable-du-cout-d-investissement

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