• Combattre les inégalités, le rapport Piketty-Chancel

    Combattre les inégalités, le rapport Piketty-Chancel  

    Combattre les inégalités économiques est historiquement le programme de la gauche et la raison d’être du socialisme. C’est un sujet extrêmement sensible, notamment en France où on considère généralement que l’évolution historique doit permettre de diminuer les inégalités. Bien évidemment cela suppose de poser comme préalable que les inégalités ne sont pas naturelles et le résultat de la seule différence des talents individuels. Autrement dit, cela signifie que les inégalités de revenus sont d’abord une construction sociale. C’est aussi sur ce point précis que se situe la différence entre les économistes hétérodoxes et les économistes orthodoxes. 

    « Pourquoi y a-t-il des gens riches et des gens pauvres », sans se démonter, l’illustre professeur [Daniel Cohen] répond : « Si on avait posé la question il y a un siècle… la réponse aurait été simple, il y a des riches parce que les parents des riches étaient très riches… Aujourd’hui ce n’est plus exactement comme ça, les gens sont riches parce qu’ils gagnent beaucoup d’argent en travaillant »[1]

    Pour ces derniers, les lois naturelles du marché expriment justement le fait que ces inégalités sont parfaitement naturelles et le résultat du travail. Il est pourtant assez facile de montrer que ce postulat est complètement erroné :

     

    - d’une part parce que le poids de l’héritage s’est renforcé avec la baisse des droits de succession de partout dans le monde depuis une trentaine d’années, donc il est parfaitement odieux de dire comme Daniel Cohen que l’héritage compte moins ;

    - parce que de grosses fortunes se sont constituées par le biais des privatisations qui n’ont pu être réalisées avantageusement que par la corruption des Etats qui ont procédé à celles-ci, que ce soit en Russie, en France ou ailleurs ;

    - enfin parce qu’on sait bien que la hiérarchie des classes conditionne la reproduction sociale : un enfant d’une famille de la haute bourgeoisie a beaucoup plus de chance d’accéder à des hauts revenus qu’un enfant des classes pauvres. Non seulement parce que les enfants de la bourgeoisie peuvent accéder aux meilleures écoles, mais aussi parce qu’ils ont à leur portée un réseau de relations sociales qui fait qu’à niveau de diplôme égal un enfant de la bourgeoisie accède plus facilement à des bons emplois qu’un enfant de la classe ouvrière.

    Pour les économistes hétérodoxes, l’économie, fut-elle de marché ne peut pas fonctionner sans des institutions. Or ces institutions ne sont pas stables dans le temps. Elles dépendent d’un rapport de forces entre les classes sociales. Si celui-ci est favorable au capital, l’extraction de la plus-value sera facilitée, dans le cas contraire, elle sera plus difficile. Les institutions ce sont pour l’essentiel des lois qui déterminent ce qu’il est possible de faire en la matière : par exemple le montant des impôts sur le revenu ou sur le capital, de qu’il est interdit de produire ou d’importer, le droit du travail, bref le cadre dans lequel le marché peut exercer ses activités. C’est l’Etat qui va plus ou moins brider la rapacité de « l’homme aux écus » pour reprendre le vocabulaire de Marx[2]. 

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    Sondage Louis Harris pour l’Humanité-dimanche, avril 2015 

    Les organisations internationales comme l’OCDE ou le FMI ont commencé à mettre en évidence les conséquences néfastes de la montée des inégalités. Voici ce qu’écrivent par exemple Prakash Loungani et Jonathan D. Ostry : 

    En résumé, les travaux du FMI ont beaucoup apporté à l’étude des inégalités.

    • Concernant les causes, la conclusion selon laquelle les politiques économiques sont un facteur important d’inégalités signifie que les autorités peuvent prendre des mesures pour réduire les inégalités lorsqu’elles sont jugées excessives ;

    • S’agissant des conséquences, il apparaît que les inégalités ont un coût économique direct en termes de croissance moins durable ; les travaux sur les inégalités appartiennent donc à la mission principale du FMI ;

    • Pour ce qui est des remèdes, l’élaboration des politiques devrait tenir compte des effets sur la répartition des revenus. Cela est de plus en plus le cas dans les conseils que le FMI prodigue à ses membres.

    Lire aussi la récente déclaration du FMI sur l’intégration des inégalités dans les activités du FMI.[3]

     Combattre les inégalités, le rapport Piketty-Chancel 

    Une équipe de chercheurs, Thomas Piketty, Gabriel Zucman, Lucas Chancel, Emmanuel Saez et Facundo Alvaredo, vient de sortir un rapport qui fait grand bruit, mais qui pourtant s’inscrit maintenant dans la lignée d’un grand nombre de travaux qui pointent les inconvénients majeurs de cette montée radicale des inégalités. Tous les journaux en ont parlé, du Monde à Challenges, en passant par Libération. Ce rapport est accessible sur le site dédié suivant : http://wir2018.wid.world/, mais pour une version papier vous pouvez aussi l’acheter pour 25€. Il faut évidemment lire ce rapport et ne pas se contenter des raccourcis que la presse en donne. Sur le site on trouve deux versions, l’une en français qui est un résumé de 20 pages et l’autre en anglais qui est le rapport complet de 300 pages. Ce travail très important est dans la continuité des travaux de Piketty sur les inégalités et donc de son livre Le capital au XXIème siècle[4]. J’avais rendu compte de cet ouvrage pour en souligner l’intérêt mais pour aussi en pointer les limites[5]. Les remarques à propos du Rapport sur les inégalités mondiales 2018, suivront la même voie : si le travail de collecte et d’analyse est sérieux et solide, l’approche théorique est plutôt lacunaire et manque de colonne vertébrale. Or c’est bien des causes de la montée des inégalités que dépendent les solutions avancées, et comme toujours c’est sur ce point que Piketty pèche. 

    Les avancées du rapport 

    Tout d’abord le grand intérêt de ce rapport est de mettre en perspective le développement des inégalités dans le monde entier : ce n’est pas une spécificité des Etats-Unis, ou de l’Europe, c’est le monde entier qui est entrée dans cette spirale infernale qui entraine le système à sa perte. Il faut s’interroger sur la convergence d’un modèle qui fonctionne à l’inverse de ce qui avait été construit entre 1932 et 1975. Cette hausse continue de la part de la richesse prélevée année après année sur la production en général, alors que dans la période précédente cette part avait été stabilisée, voire même avait baissé, montre que nous ne sommes plus dans le même système. Il y a une véritable rupture. Evidemment cette rupture n’a pu être réalisée que parce que les règles du jeu ont été modifiées par le personnel politique qui est passé avec armes et bagages dans le camp du capital. Il a donc bien fallu que quelque chose se passe pour qu’on en arrive là. Le rapport ne fournit pas d’explication, mais nous on peut se rapporter à ce que disait Naomi Klein dans La stratégie du choc : les forces de l’argent on investit massivement le secteur de la culture au sens large du terme. Notamment les universités qui enseignent l’économie[6]. Ce sont en effet « ces intellectuels organiques », vendus au capital, qui ont été les vecteurs de cette transformation mentale. 

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    Le second intérêt est de monter que la montée des inégalités s’accompagne naturellement de l’abaissement du patrimoine public dans tous les pays du monde. Ce déséquilibre – ou se pillage si on veut – a été réalisé à coups de privatisations, le plus souvent à très bon compte pour les amis des hommes politiques qui renvoient ainsi l’ascenseur à ceux qui les ont aidés. Ce déclin continue du capital public prive l’Etat de ses moyens d’intervention dans tous les domaines, mais cela signifie aussi qu’on assiste à une privatisation rampante de l’Etat, il ne faut plus parler de recul de l’Etat, mais de privatisation de l’Etat[7], c’est-à-dire que tous les leviers de la puissance publique, passent peu à peu aux mains d’intérêts privés. L’endettement des Etats est aussi une arme redoutable pour déposséder les citoyens de ce qui est leur bien. La privatisation des monopoles naturels en est le résultat, que soit celui de la monnaie, de l’eau, de l’énergie ou des réseaux, cette privatisation contribue à l’accroissement des inégalités, c’est en effet sur ces monopoles que les profits sont les plus élevés, sur les réseaux autoroutiers, ou dans le secteur bancaire.

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    Le troisième point important est que si les inégalités de revenus ont augmenté de partout, et si elles convergent, on constate qu’elles ne sont pas de même intensité de partout. Le facteur culturel joue un rôle important. Ainsi, au Moyen-Orient elles sont très élevées parce que la religion islamique encourage et justifie ces inégalités. De même aux Etats-Unis, société multiculturelle, c’est la religion du profit qui justifie ces inégalités. Quand on voit le triste état des pays comme le Brésil ou l’Inde, où les inégalités sont très élevées, on comprend que les inégalités renforcent le caractère peu démocratique de ces pays. La Russie et la Chine s’en tirent mieux, non parce que ce sont des pays démocratiques, mais parce qu’ils sont partis dans la course aux inégalités, un peu plus tard, après avoir détruit les formes collectives de la propriété.

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    Le rapport butte sur la mondialisation qu’il ne comprend pas 

    L’insatisfaction de ce rapport tient d’abord au fait qu’il ne prend pas compte de la mondialisation, ou plutôt qu’il minimise l’importance de ce phénomène. Voici ce que dit Gabriel Zucman qui a participé à l’élaboration du rapport, dans une réponse à des internaute sur le site du Monde : 

    Gabriel Zucman : La mondialisation et l’explosion du commerce international ont sans doute joué un rôle dans la hausse des inégalités, mais sans doute secondaire. Ce qui compte bien plus, c’est l’évolution des politiques publiques — en particulier fiscales. Aux Etats-Unis, où les inégalités ont le plus augmenté, il y a eu une forte baisse de la progressivité du système fiscal, du pouvoir des syndicats, du salaire minimum ; l’accès à l’enseignement supérieur y est très inégalitaire. Les pays européens, qui sont tout autant que les Etats-Unis (voire même plus) exposés à la mondialisation, ont connu une augmentation bien moindre des inégalités, car les changements de politiques publiques y ont été moins extrêmes.

    C’est une erreur décisive et un aveuglement complet qui provient sans doute d’un blocage mental qui fait refuser aux économistes l’idée de récuser la mondialisation et ne la regarder que comme une sorte de phénomène naturel. Expliquons pourquoi. La mondialisation est en effet l’unification du marché mondial. Or cet outil puissant met en concurrence à la fois les travailleurs entre eux, ce qui mécaniquement fait baisser la part des salaires dans la valeur ajoutée, et c’est bien là que se trouve la mécanique de l’accroissement des inégalités de revenus. Ce mouvement permet principalement de faire baisser les salaires au nom de la sacro-sainte concurrence, et de faire exploser les profits. C’est ce qu’on voit dans le graphique ci-dessous qui résume le cas français, mais qui pourrait s’appliquer à tous les autres pays du monde. 

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    On ne peut pas dire d’un côté que la montée des inégalités est le résultat d’une modification du partage de la valeur ajoutée en faveur du capital, et de l’autre nier que la mondialisation joue un rôle décisif dans ce processus. La mondialisation ce sont concrètement des délocalisations, une grande modération salariale, des réformes continues du droit du travail toujours revisité à la baisse. Dans le graphique ci-dessous qui concerne la France, mais qui est semblable dans tous les pays développés, nous voyons que tandis que la productivité du travail continue d’augmenter, les salaires évoluent moins vite que celle-ci dans les pays développés. Ce qui veut dire que la mécanique qui fait que les inégalités augmente se trouve d’abord dans la capture des gains de productivité du travail par le capital. Il n’y a aucune raison théorique pour que le capital s’accapare la majeure partie des gains de productivité du travail En vérité ce mouvement est visible à partir du milieu des années soixante-dix. Ce sont les politiques d’austérité – suivant les bons vieux préceptes erronés de la théorie monétariste – qui ont provoqué manu militari ce renversement[8]. La spoliation a été organisée de façon violente, en s’appuyant à la fois sur la police et l’armée, sur les institutions internationales, mais aussi sur une armée d’économistes qui étaient payés pour fournir le discours adéquat à cette spoliation.

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    Pendant un temps des économistes semi-critiques comme Joseph Stiglitz, se sont appliqués à nous dire que si les salaires baissaient dans les pays développés, la mondialisation permettait tout de même de stimuler la croissance dans les pays en voie de développement. Mais cette idée est erronée. Comme le montre le graphique ci-dessous la Chine voit maintenant les salaires de ses ouvriers diminuer relativement. Cet effondrement de la part relative des salaires dans la valeur ajoutée, si elle permet l’émergence d’une classe importante de milliardaires, entraîne forcément le blocage de la croissance selon le bon vieux cercle vicieux selon lequel : 

    Les profits extravagants d’aujourd’hui font la folle spéculation de demain et les crises financières d’après-demain[9].

    Tout simplement parce que l’explosion des inégalités entraîne parallèlement la stagnation ou la baisse de la demande et donc dissuade les riches d’investir ailleurs que dans la spéculation.

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    L’autre aspect de la mondialisation qui pèse sur les inégalités est l’immigration massive. Non seulement l’immigration massive amène sur le marché du travail des pays développés une main d’œuvre surabondante qui augmente le volant de main d’œuvre excédentaire qui pèse sur les salaires[10], mais elle accroit aussi l’hétérogénéité des populations. Or cette hétérogénéité ethnique bloque le développement d’un Etat-Providence, et donc l’augmentation des transferts sociaux en faveur des plus démunis. C’est ce qu’ont montré les travaux d’Alberto Alesina et Edward Glaeser et c’est qui explique pourquoi les Etats-Unis sont tendanciellement moins généreux avec leurs pauvres[11]. Il y a aux Etats-Unis une préférence pour un système d’entraide centré sur sa communauté. 

    Les solutions avancées et leur critique 

    Les solutions avancées par ce rapport sont impropres et insipides, elles ne nous plaisent pas, mais elles ressortent d’un mauvais diagnostic. Les auteurs sont partisans d’un impôt progressif sur le revenu. C’est en effet une excellente solution puisque les taux marginaux ont fortement baissé et que cette baisse a été compensé par une montée en puissance des impôts indirects qui sont d’abord des impôts sur les pauvres et les classes moyennes inférieures. Cette mesure intervenant après les prises de bénéfices, elle peut être appliquée tout de suite. Sauf que l’oligarchie n’est pas d’accord et qu’elle met en avant pour justifier son désaccord le fait que les systèmes fiscaux des différentes nations sont en concurrence, et donc que cette mesure ne peut être efficace que si on en revient à un contrôle effectif des mouvements de capitaux, autrement dit qu’on sort de la mondialisation. Dans un système relativement fermé, il serait même possible de mettre en place un impôt unique sur le capital comme le préconisaient Quesnay, Walras ou Maurice Allais. 

    Combattre les inégalités, le rapport Piketty-Chancel

    Le rapport suggère ensuite la création d’un registre mondial des titres financiers car cela permettrait de tracer l’évasion fiscale et donc de lutter contre. On sait en effet que l’évasion fiscale plombe les finances des Etats et par suite accroit les inégalités : plus on est riche plus on peut jouer sur les possibilités de l’évasion fiscale. Cette solution nous parait doublement compliquée : d’une part parce qu’on ne voit pas quelle agence, quelle bureaucratie ferait ce travail, sous quel contrôle ? Et d’autre part parce que cela ne s’attaquerait pas aux causes des inégalités, mais seulement à une partie de ses conséquences.

    La troisième piste nous parait encore plus à côté du sujet. Il s’agirait d’augmenter l’égalité des chances dans l’accès à l’éducation. C’est ce qu’on avance quand on ne sait pas quoi dire. La croissance est faible ? Augmentons l’accès au savoir ! les inégalités explosent ? Démocratisons l’école ! C’est de la paresse intellectuelle, on dirait du Macron dans le texte. C’est faux parce qu’on suppose comme il y a des inégalités évidentes de revenu entre les moins diplômés et les plus diplômés, alors si tout le monde était diplômé, tout le monde aurait le même salaire ! C’est confondre l’analyse micro-économique et l’analyse macro-économique, puisqu’il tombe sous le sens que l’économie ne pourrait pas créer suffisamment d’emplois pour cette masse de diplômés. Et d’ailleurs on voit bien aujourd’hui que les diplômes élevés se décottent aussi justement à cause de la loi de l’offre et de la demande. En outre il est évident que dans la quête d’un emploi bien rémunéré, à diplôme égal, c’est le réseau social qui est déterminant, et en particulier celui de la famille.

     

    A côté de ces timides résolutions qui sont bien faites pour ne fâcher personne, on peut en suggérer d’autres plus pertinentes et plus radicales :

    - d’abord sortir de la mondialisation et restaurer la puissance de l’Etat national sous un contrôle démocratique. Cela permettrait de mener à bien un contrôle des mouvements de capitaux et par suite une réforme fiscale de grande ampleur qui diminuerait radicalement l’impôt indirect et augmenterait l’impôt sur le revenu ;

    - ensuite nationaliser les monopoles naturels qui sont une source de captation de la valeur qui alimente les inégalités, on voit cela dans le domaine des réseaux, l’eau, l’énergie et les autoroutes, mais aussi dans le domaine de la monnaie, il faut renationaliser la Banque de France et le crédit ;

    - mettre en place une politique industrielle et agricole qui favorise les produits locaux et la préservation de l’environnement. Par exemple si l’agriculture passait intégralement en bio, on créerait entre 600 000 et 2 millions d’emplois en très peu de temps[12]. Et nous savons bien que le plein emploi est la meilleure arme pour lutter contre les inégalités.

    - enfin on pourrait dans un premier temps augmenter le SMIC. C’est un aspect que ne discute pas le rapport. Il est pourtant amplement démontré que les augmentations du salaire minimum contribuent à faire baisser les inégalités de revenus, d’une part parce qu’il empêche les salaires des moins qualifiés en dessous d’un certain seuil, et d’autre part parce que les conventions collectives sont très souvent indexées sur le salaire minimum, ce qui tire globalement les bas salaires vers le haut. En vérité bien que seulement 12% des salariés soient payés au SMIC, une hausse du SMIC concerne un pourcentage bien plus élevé[13]. Cette mesure est d’autant plus justifiée que les salaires ont lourdement dérivés par rapport aux gains de productivité du travail. 


    [1] Cité par Bernard Rothé et Gérard Mordillat dans Il n’y a pas d’alternative, trente ans de propagande économique, Le seuil, 2011.

    [2] C’est Marx qui a montré le premier d’une manière approfondi pourquoi le marché n’était pas une réalité naturelle. Avant lui d’autres économistes avaient énoncé ce phénomène, par exemple les mercantilistes français, ou James Steuart qui considéraient que l’économie devait se comprendre dans son changement, c’est-à-dire d’un point de vue historique. Ce sont les économistes anglais, et plus particulièrement Ricardo qui ont essayé de donner du corps à l’idée des lois naturelles en la matière.

    [3] http://www.imf.org/external/french/np/blog/2017/022217f.htm

    [4] Le seuil, 2013

    [5] http://in-girum-imus.blogg.org/thomas-piketty-le-capital-au-xxie-siecle-le-seuil-2013-a117198148

    [6] Actes Sud, 2007.

    [7] James Galbraith, L’Etat prédateur, Le seuil, 2009.

    [8] Il faut rappeler que cette grande modération a été imposé de force, de façon bien peu démocratique dans des pays comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne.

    [9] Ce qui est l’inverse du théorème de Schmit selon lequel les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain, et les emplois d’après-demain. L’histoire de ces quarante dernières années a montré que ce théorème était contrefactuel.

    [10] Pour Marx le système capitaliste ne peut se perpétuer qu’en s’élargissant, et pour cela il a besoin d’une main d’œuvre qu’il fait venir des campagnes ou de l’étranger pour faire remonter le taux de profit. Les auteurs du rapport ne semblent pas avoir lu cet auteur. Cf. Le capital, Livre III, in, Economie tome 2, La Pléiade, Gallimard, 1968, p. 1020.

    [11] Fighting poverty in the US and Europe, Oxford University Press, 2006. Alesina et Glaeser ont annoncé il y a plus de dix ans maintenant la fin du modèle français d’Etat-providence, justement au motif que la population immigrée est la première à en profiter et donc que les classes moyennes refusent cela, préférant voir le système détruit. C’est ce qui semble se passer avec l’élection de Macron.

    [12] https://reporterre.net/Chomage-On-peut-creer-600-000-emplois-dans-l-agriculture Dans cet article, les auteurs raisonnent en économie ouverte dans un cadre européen non réformé. Mais on peu facilement tripler ce chiffre si parallèlement on bannit des importations tout ce que nous pouvons produire nous même.

    [13] https://www.inegalites.fr/Salaries-au-Smic-portrait-d-une-France-populaire

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  • Commentaires

    1
    AUBERT
    Samedi 23 Décembre 2017 à 11:16

    Comme toujours très bon article, qui devrait être donnné à étudier aux étufdiants en Economie, pour au moins les faire réfléchir sur ce qu'est une analyse économique... Au delà les citoyens gavés d'informationns et d'analyses superficielles ("c'est la faute aux chômeurs, aux immigrés, aux fonctionnaires"), feraient bien de lire aussi.

    En ces temps de "conflit religieux" montnat "(islamaisme") le graphique qui montre que les pays les plus inégalitaires sont ceux qui ont une pratique religion d'Etat et fanatique me disent que le retour du discours religieux en France, n'est pas neutre. De tout temps le capitalisme préfère "la guerre des religions" à la "la lutte des classes".

     

    Fabrice

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