• Ça ne marche pas ! Faisons encore plus de politique de l’offre !

    Les "collaborateurs" d'Hollande en train de rigoler avec leurs homologues allemands

    En plus d’être le président le plus détesté de toute l’histoire de la République, Hollande est aussi celui qui est le plus droitier. Ce que Sarkozy n’avait pas osé faire, Hollande, Macron et Valls le mettent en musique. La dernière imbécilité et un nouveau massacre de la condition salariale. Que propose-t-on ? Contre un soi-disant plan de relance de l’Allemagne de 20 milliards d’euros sur 4 ans, la France s’engage à geler les salaires pour les trois années qui viennent, à assouplir les 35 heures. Ce plan devrait être présenté cette semaine à Paris sous le regard sourcilleux de Sigmar Gabriel, ministre allemand. Ce plan soi-disant destiné à nous faire retrouver la croissance a été concocté par le bureaucrate bruxellois Jean Pisany-Ferry et l’allemand Henrik Ederlein. Gageons que jeudi on nous présentera cette vieille salade comme l’amitié retrouvée entre la France et l’Allemagne.

    Ce plan est plus que mauvais, il est désastreux. Evidemment c’est une énième mouture d’une relance du côté de l’offre. Donc, on va une nouvelle fois compresser le coût du travail, en espérant que cela nous permettra de trouver de nouveaux marchés, d’exporter plus. L’idée de geler les salaires est de viser bien entendu le SMIC. Cela fait plusieurs mois que la droite dure aussi bien que la droite molle, celle de Collomb, Macron, Valls et Rebsamen, nous prépare à cela. Comme je l’ai dit, et là on comprend que Pisany-Ferry, ancien ingénieur de Supélec, proche de DSK, n’a jamais vraiment étudié l’économie, quoi qu’il en dise : on ne règle pas une crise de la demande par une relance de l’offre. Les calculs de Goldmann & Sachs, cette boutique philanthropique, montrent qu’en réalité pour que la France retrouve de la compétitivité sur les marchés internationaux, dans un cadre mondialisé, il faudrait que le coût du travail baisse d’au moins 30% – 40 % serait mieux. On en est encore loin, mais on marche dans ce sens-là.

    Cela fait trente ans, depuis le ralliement inconsidéré de Mitterrand à l’Europe, qu’on fait de la politique de l’offre, qu’on brade les entreprises publiques, qu’on gèle les salaires, qu’on lamine la protection sociale, il est temps de s’apercevoir que c’est ce type de politique qui est à l’origine des désordres mondiaux. Parmi les voies préconisées par ces deux économistes il y a bien sûr un volet privatisations qui va au moins permettre à quelques copains de coquins de faire des affaires.

    Cependant la farce ne serait pas complète si on ne nous la vendait pas en nous assurant que l’Allemagne va faire des efforts : on avance même qu’elle investirait 20 milliards d’euros en quatre ans dans ses propres infrastructures qui en ont effectivement bien besoin. L’Allemagne s’apprête donc à relancer sa demande intérieure, mais en quoi cela peut-il avoir des effets sur l’économie française ? J’aimerais bien qu’on me le dise.

      

    Si vous lisez la dernière et très intéressante livraison de Books, vous y verrez que l’Allemagne a pris du retard dans tous les domaines, dans l’éducation, mais aussi dans l’entretien des infrastructures, dans l’éducation, dans la santé, comme dans l’investissement. Et vous y verrez aussi que le dernier trimestre, l’Allemagne a fait encore moins bien que la France en matière de croissance, c’est dire si ce modèle ne fonctionne pas. On voit donc le but de la manœuvre, en imposant une politique inepte de l’offre à la France, via les exigences de Bruxelles, l’Allemagne reste encore maitresse du jeu. Certains ont dénoncé ce concubinage honteux comme une nouvelle forme de collaboration.

     

    Sondages

    En même temps que ces très mauvaises nouvelles arrivaient, de nouveaux sondages étaient publiés. Les uns portant sur le niveau plancher de la popularité de Hollande – à croire qu’il n’y a plus que sa famille proche qui croie en lui – les autres portant sur les propositions du MEDEF. Massivement les Français rejettent les propositions de Gattaz en matière de déréglementation, comme en matière de fiscalité, et les Français trouvent que le pacte de confiance de Hollande ne développe pas de vraies contreparties en termes d’emplois et d’investissements. Il est facile de comprendre que Hollande rejoint Gattaz dans l’imaginaire populaire, comme quelqu’un de peu fiable qui trahit sa parole aussitôt qu’elle est donnée. C’est assez inédit pour un président dit de gauche d’être entraîné dans sa chute par le représentant de la frange dure du patronat. Le fait que le très déplaisant Gattaz soit désavoué par 8 français sur dix, montre à quel point la politique de Hollande qui apparaît comme étant le bras armé du MEDEF, est un échec aux yeux des Français.

    Mais il est probable qu’après jeudi, cette semaine donc, la cote de popularité d’Hollande et de Macron chutera encore un peu. Evidemment cette situation va mettre rapidement l’UMP dans l’embarras parce que manifestement Hollande lui a piqué l’intégralité de son programme, et qu’à part déconner sur le mariage pour tous cette droite repliée sur ses acquis n’a pas grand-chose à dire aux citoyens.

     

    Réactions

    Il va de soi qu’une telle offensive de la droite honteuse, est assez inédite, en tous les cas, elle demande une riposte un peu musclée des syndicats qui se la coulent un peu douce et qui a mon sens ne réagissent pas assez fermement. Je signale que dans les jours qui viennent, la CGT devrait finir par signer les accords sur les seuils sociaux qui verraient disparaître le seuil des 50 salariés nécessaires pour avoir des délégués du personnelles, contre la vague promesse que les syndicats obtiendront une sorte de représentation à l’échelon local pour compenser cette perte de démocratie dans l’entreprise. Autrement dit, le gouvernement octroiera quelques postes de bureaucrates aux syndicats dans des commissions locales en échange d’un laisser-passer pour la réforme. Il est évident que ce que le patronat et le gouvernement se permettent de produire comme réformes dites structurelles, c’est ce que l’absence de mouvement social digne de ce nom tolère. Certes je sais bien que par les temps qui courent la lutte sociale est des plus difficiles, mais il semble bien que si les syndicats – je ne parle pas des officines patronales comme la CFDT – ne se décident pas à agir, ils seront balayés du débat, et d’autres acteurs plus spontanés se chargeront de faire entendre la voix des déshérités qui se font martyriser jour après jour. 

     

    Liens

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20141123trib17ca5ac7a/assouplissement-des-35-heures-gel-des-salaires-le-plan-franco-allemand-pour-la-croissance.html

    http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141123.OBS5871/85-des-francais-mecontents-de-l-action-de-francois-hollande.html

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20141122tribad235c906/isf-pacte-de-responsabilite-gattaz-desavoue-par-les-francais.html

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  • Commentaires

    1
    Peretz
    Mardi 25 Novembre 2014 à 21:20
    Cela ne marche pas
    En poussant aussi loin le bouchon, Hollande et les autres allemands veulent boucler le système de façon à ne plus pouvoir revenir en arrière. Ce qui est faux selon la loi des systèmes. Le retournement sera obligatoire un jour, mais avec une brutalité extrême. Mon bouquin à paraître sera là pour le prouver.(Capitalisme, comment renverser la table)
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