• Alternatives économiques, Les chiffres 2017, hors-série, octobre 2016

     Alternatives économiques, Les chiffres 2017, hors-série, octobre 2016

    C’est encore une autre vision de l’économie qui est donnée ici et qui vise un très large public. En effet on a très souvent besoin pour comprendre les débats actuels de mieux connaître une réalité complexe. Très ancré à gauche, mais relativement modérée, Alternatives économiques est le journal préféré des professeurs de lycée qui enseignent la discipline. Contrairement au Manuel d’économie critique publié par Le monde diplomatique, cette publication annuelle a une présentation moins théorique et peut-être un peu plus empirique de la discipline, en tous les cas plus sobre dans sa présentation. C’est une publication détestée par les milieux bien-pensants de l’économie universitaire et le patronat qui considère qu’elle nuit à la bonne compréhension des marchés et de leur logique subliminale qu’on ne peut comprendre qu’après avoir fait des années d’études longues et laborieuses… et encore ! Pour moi qui milite pour une approche plus simple  et plus accessible de l’économie, ce n’est pas un reproche que je leur ferais, bien au contraire, c’est ce qu’il y a de bien dans ce type de publication. Très souvent les cuistres qui parlent d’économie ne connaissant pas la moitié de ces données. En écrivant cela je pense à ces deux imbéciles Cahuc et Zylberberg qui défendent des politiques de lutte contre le chômage qui pourtant ont fait la preuve de leur impéritie, et qui voudraient bien que Alternatives économiques disparaisse.

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    Ici aussi il s’agit de découper en sujets et sous-sujets. C’est un exercice discutable parce que le système économique évidemment représente une forme de totalité qui ne se découpe pas et qui devrait s’approcher globalement à partir de ses ressorts fondamentaux. Peut-on en effet discuter d’un côté de la question environnementale sans discuter de la logique du profit ? Peut-on discuter de la montée des inégalités sociales sans remettre en cause la mondialisation et la construction européenne ?

    Les articles sont relativement brefs et visent à aller à l’essentiel. La démarche est d’abord de présenter des faits, donc des chiffres et des statistiques. A mon sens c’est le minimum que de connaître les chiffres et les données avant de raconter n’importe quoi sur une question. On va donc trouver des graphiques, des schémas, des tableaux, et le plus souvent le choix est de mettre ces données en perspective sur plusieurs années, voire sur plusieurs décennies pour tenter d’en montrer la logique. Cependant, ceux qui ont conçu ce hors-série laissent assez de place à la réflexion. Et donc pour ceux qui cherchent d’abord des données globales pour fixer un peu leur réflexion, ce travail sera toujours le bienvenu.

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    Des analyses assez brèves permettent le plus souvent de remettre en question la doxa dominante. C’est pertinent sur la question des inégalités, ou encore sur l’échec du CICE, ça l’est moins quand il s’agit de l’immigration et de la sécurité. Mais on sent que les auteurs n’osent pas aller très loin. Par exemple ils ne remettent jamais en question la construction européenne, or, il y a par ailleurs de nombreux points où elle a échoué lamentablement, notamment sur la gestion des migrants, ou sur l’harmonisation de la fiscalité. D’ailleurs on se demande bien sur quel point on pourrait s’appuyer pour montrer que l’Union européenne a réussi quelque chose. L’analyse de la montée du vote pour le FN est aussi analysée de façon comique. On conteste l’idée que le gonflement de ses électeurs provient du vote ouvrier, et donc on conteste que dans ces vases communicants la montée du FN est le résultat de la débandade des partis de gauche. Il est dit que c’est plutôt le résultat d’ouvriers qui se radicaliseraient à droite ! C’est stupide et laisse entendre que cette radicalisation serait autonome par rapport aux événements économiques qui hantent la France depuis 2008. Mais justement le fait qu’entre 2012 et 2015 l’étiage du FN ait doublé, repose bien sur la politique de dédiabolisation réussie qu’a menée Marine Le Pen assistée de Phillipot. C’est bien parce qu’au-delà de l’immigration le FN s’est emparé de l’idée d’une nation où l’Etat retrouverait sa souveraineté économique et politique, proposant même des hausses du salaire minimum que même le PCF n’ose pas, que ce parti séduit maintenant un tiers des électeurs.

     

     

    A condition de ne pas trop prendre au pied de la lettre les analyses des uns et des autres, c’est un travail très utile pour nous aider dans nos efforts d’analyse. Un des points positifs est de donner à la fin de chaque partie des sources et des pistes pour approfondir la question.

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