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    De la liberté d’expression encore

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    Certains me reprochent parfois de ne pas lire L’humanité. C’est faux. Je lis ce journal assez régulièrement et de temps en temps on y trouve des articles tout à fait pertinents dans les critiques sur le gouvernement et sur le détricotage du droit du travail notamment. Sauf évidemment que sa ligne éditoriale floue sur la question européenne ne me convient pas. Dans le numéro du 2 juin on y trouvera une interview croisée de deux écrivains arabes pour lesquels j’ai la plus grande admiration, Daoud et El Awsany, rappelons qu’une fatwa a été lancée contre Daoud en Algérie. Voilà deux écrivains qui représentent les anti-anti-Charlie si on peut dire, les anti-Todd. Dénonçant sans se lasser, mais avec beaucoup de difficulté la complaisance avec l’islamisme. Ils soulignent tous les deux la collusion des pouvoirs dictatoriaux dans les pays arabes et de la religion. Cela a conduit dans les deux pays à une guerre civile qui reste à l’état latent encore aujourd’hui. Evidemment ils pointent le rôle très néfaste dans cette comédie sinistre de l’Arabie Saoudite à laquelle Hollande aime bien vendre des Rafales, faisant semblant de croire que ce pays serait moins dangereux pour la paix du monde que la Russie. Les deux écrivains rappellent que le poids de la religion, sa forme politique si on veut, n’a pas toujours existé en Egypte ou en Algérie, que c’est même là un phénomène récent qui n’est pas enraciné dans une quelconque tradition. Du même coup ils en profitent pour dénoncer une nouvelle fois le mauvais sort fait aux femmes dans ces pays au nom de la religion. En tous les cas la lucidité de ces deux hommes tranche heureusement avec le confusionnisme intéressé des gauchistes et de Todd qui cachent leur ignorance derrière le concept creux du combat contre l’islamophobie. 

    Les avancées sur le dossier grec

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    Pour les observateurs qui suivent le dossier grec de près, par exemple Romaric Godin, Tsipras n’a pas cédé et au contraire ce sont les créanciers de l’Etat grec qui sont maintenant dans la position de le faire. En effet, ce sont eux qui maintenant en sont réduits à présenter des propositions de réforme acceptables pour les Grecs. Il semble que maintenant les « créanciers » soient divisés. D’un côté il y a l’Eurogroupe qui probablement sous la pression de l’Allemagne veut éviter le défaut de la Grèce et sa sortie de l’euro, parce que cette sortie entrainerait à terme la fin de la monnaie unique et démontrerait finalement la vacuité d’une politique économique européenne. Ils sont prêts à admettre que l’excédent primaire destiné à rembourser à terme la dette soit seulement de 1% cette année et de 1,5% l’an prochain. Ce qui équivaut d’une part à étaler de fait le remboursement de la dette, et d’autre part à laisser Tsipras mener une politique moins austéritaire que par le passé. Et d’un autre côté il y a le FMI. Cette boutique a engagé plus d’une trentaine de milliards en Grèce, et elle entend bien que les réformes austéritaires – baisse des pensions de retraites et des salaires – se poursuivent. Elle voudrait donc une reddition complète de la Grèce et elle pense y arriver en arguant que la Grèce n’osera pas franchir le pas du défaut. Je note entre parenthèses que les lignes ne sont pas aussi claires que cela car c’est tout de même le FMI qui a le premier dénoncé la ligne austéritaire de l’Union européenne. Il est à peu près certain qu’au sein du FMI les positions ne soient pas figées non plus et donc qu’il y a une possibilité d’accord finalement. En tous les cas pour l’instant le FMI ne veut pas céder car pour lui ce serait donner le mauvais exemple aux autres pays auprès de qui il est engagé et de qui il exige toujours plus de concessions aux réformes libérales.

    Donc on s’attend dans le mois de juin à ce qu’il y ait un accord qui ménage la susceptibilité des trois parties : l’Eurogroupe, le FMI et le gouvernement grec. Cet accord cependant ne pourra que faire des perdants. En effet si l’Eurogroupe et le FMI cèdent, ils montreront leur fragilité et donc qu’une forte pression politique peut être exercée sur eux. Hollande qui n’a rien essayé de négocier avec Merkel en mangera son chapeau, mais cela donnera des ailes aux partis comme Podemos en Espagne qui pensent qu’on peut faire plier la canaille de Bruxelles et même le FMI. Pour l’Eurogroupe et le FMI ce sera une défaite politique évidente. Mais pour la Grèce ce sera une défaite économique parce que sur le moyen terme, le maintien de la Grèce dans la zone euro non seulement entravera sa croissance, mais elle laissera ce pays sous la coupe de ses créanciers. En restant attachée à l’Union européenne, la Grèce se prive de la possibilité d’un développement économique autonome et donc de compter sur ses propres forces pour s’en sortir.

    Il semblerait que le scénario que j’ai déjà évoqué d’un délitement lent et morbide de l’euro et de l’Union européenne soit le plus probable, même s’il n’est pas certain. En attendant la fuite des capitaux continue en Grèce sous le regard bienveillant de la BCE qui est bien contente de gêner le nouveau gouvernement.   

    Liens 

    http://www.humanite.fr/kamel-daoud-et-alaa-el-aswany-deux-ecrivains-arabes-dialoguent-au-coeur-des-convulsions-du-monde

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-les-creanciers-abattent-leur-derniere-carte-480846.html

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/l-echec-des-negociations-avec-la-grece-serait-l-echec-de-l-union-europeenne-480543.html

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