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     La grève à la SNCF

      

    Les cheminots ont manifesté devant l’Assemblée nationale

    La grève à la SNCF dure depuis plusieurs jours, avec tous les embarras que cela entraîne pour les populations. Le principal enjeu de cette grève est la question du démantèlement du service public. Menée par la CGT et SUD Rail qui représentent la majorité des cheminots, appuyée également par FO et First, elle revendique à la fois un retour au monopole public, une réunification de Réseau Ferré de France et de la SNCF dans une seule et unique entreprise, une amélioration des salaires, des embauches et que l’Etat abandonne sa dette sur la SNCF. Elle fait suite à la signature d’un accord entre des syndicats minoritaires, la CFDT (comme d’habitude) et l’UNSA et la direction, accord qui tente de ramener la  durée du travail à la SNCF à des horaires plus longs, à réorganiser le roulement. Bref de ramener la logique de la SNCF à une logique de « compétitivité ». Le conflit a déjà coûté plusieurs centaines de millions d’euros à l’entreprise. Ce chiffre est mis en avant par le président de la SNCF comme un argument décisif pour que les salariés prennent conscience de leurs responsabilités et reprennent le travail, mais aussi pour que l’opinion fasse pression sur les cheminots.

    Cette grève n’est pas populaire, essentiellement parce que cela gêne les voyageurs et qu’ils ne voient pas plus loin que le bout de leur fatigue. Valls et Hollande parient là-dessus, donc sur le pourrissement. Le second reprenant l’antienne selon laquelle il faut savoir terminer une grève, relayé par le syndicat jaune CFDT. La CFDT a atteint un tel niveau de collaboration que leurs délégués se font systématiquement agresser par le personnel gréviste. Ils en sont venus à demander la protection de l’Etat et de sa police !

    L’issue cependant ne fait aucun doute : les cheminots sont isolés et devront plier. Le gouvernement « socialiste » démontrant une fois de plus qu’il est dans une logique libérale de démantèlement du service public, à la fois pour faire plaisir à Bruxelles et probablement pour anticiper la privatisation prochaine de la SNCF : les superprofits de ces dernières années sont un peu partout à la recherche d’une possible valorisation. En attendant, ce conflit montre une combattivité très forte de ce qui reste de la classe ouvrière, creusant un peu plus la tombe du Parti Socialiste qui dévoile un peu plus tous les jours sa nature de classe.

    Dans le même temps le FN par la voix de Florian Philippot soutient les cheminots au nom de la défense du service public !! Cette prise de position explique évidemment que le FN est plus à gauche sur les questions économiques et sociales que le PS, et cela malgré les rodomontades de Jean-Marie Le Pen qui fait tout pour casser le travail de ceux qui voudraient rendre le FN respectable ! Si cela ne nous incite toujours pas à faire confiance au FN, cela démontre qu’il n’y a pas plus de raisons de sauver l’UMPS de son naufrage absolu.


    Les intermittents

     

    C’est un autre conflit dur qui oppose le malheureux gouvernement d’Hollande à une partie de la population qui est censée représenter la jeunesse et la culture. Deux thèmes traditionnels pour un gouvernement de gauche. Le conflit est latent depuis quelques années, on reproche au régime des intermittents que coûter cher en matière de couverture sociale et d’allocations chômage. La Cour des comptes évalue à 1 milliard le déficit de ce régime, et comme nous sommes dans une phase d’austérité qui va durer probablement jusqu’à la disparition de l’Etat providence, le gouvernement cherche à gratter quelque argent sur le dos de ces travailleurs précaires. Le mal vient une fois de plus de l’accord qui a été signé le 22 mars par le syndicat patronal la CFDT, FO et la CFTC. Cet accord n’a pas été signé par la CGT. Si le gouvernement semble vouloir l’épreuve de force, la CGT propose au contraire un compromis, notamment en faisant payer un peu plus les intermittents qui gagnent le plus.

    Le conflit est aigu et durera probablement jusqu’au 30 juin. En attendant les intermittents menacent de boycotter les festivals de l’été, festivals qui sont pourtant leur meilleur gagne-pain. Les commentaires sur cette question sont assez partagés, la droite analyse le régime des intermittents comme un régime beaucoup plus favorable que le régime général et demande donc son alignement. Quelques voix timides à gauche expliquent que ce régime d’exception vient du fait que dans l’univers du spectacle les contrats sont le plus souvent à durée déterminée et donc que le sort des intermittents est très précaire, qu’en outre les salaires sont relativement faibles. D’autres encore nous disent que sans ce régime spécial c’est la culture qui en mourra.

      

    La confusion dans l’analyse est constante. Pour bien comprendre le problème que pose les intermittents, il faut se souvenir qu’ils sont environ 250 000 à émarger à ce régime. Et si on ajoute les très occasionnels qui sont plus ou moins bénévoles, on se rend compte que le secteur de la culture fonctionne principalement comme un laboratoire de la précarité. Ils dessinent le futur de l’organisation du travail fondée sur une flexibilité maximum. Contrairement à ce qu’on pense les rémunérations dans le secteur de la culture sont relativement faibles. Alors pourquoi y  a-t-il autant de monde dans ce secteur ? Essentiellement parce que les hautes rémunérations de quelques-uns, assorties à l’image positive de ce secteur, attirent les candidats, et comme ailleurs le chômage sévi…

    Quoiqu’il en soit, le problème vient essentiellement du fait que les intermittents sont analysés comme une catégorie à part. en les dissociant du régime général, on rompt de fait la solidarité nécessaire entre les travailleurs pour ce qui concerne la couverture sociale.

    La culture est-elle en danger ? Ça c’est une autre question, parce que la culture qui circule dans les festivals est tout de même très particulière. C’est à la fois un produit marchand pour touristes qui ont du mal à s’occuper, et une manière de dépenser des subventions importantes, ce qui donne toujours du pouvoir aux bailleurs de fond. Malgré le monde que les festivals drainent, ce sont des manifestations le plus souvent réservées à l’élite, du moins à ce qui se prend pour telle. C’est le cas du festival d’Aix-en-Provence consacré à l’opéra : les places sont très chères, le public trié sur le volet n’est pas forcément très regardant sur la qualité, il se fit à ce que lui en dit Télérama…. Au mieux.  

     

    La guerre en Irak

     

    La politique internationale américaine est de moins en moins lisible. Elle va d’échec en échec, non seulement cela est  dû à l’héritage de George Bush, mais c’est aussi le résultat de l’indétermination de l’administration Obama. Cette année les déconvenues pour l’administration américaine sont nombreuses. L’évolution de la situation en Syrie n’est guère prévisible, sauf en ce qui concerne la grande quantité de morts qui va s’ensuivre. La situation en Ukraine n’est pas gaie non plus : en effet les pressions américaines et européennes ont abouti à la perte de la Crimée sans retour, et à une possible nouvelle partition du pays. Les sanctions économiques proposées par l’Europe et les USA sont seulement des effets de rhétorique pour ne pas perdre complètement la face. Il apparait clairement que les Etats-Unis n’ont pas les moyens de peser. Enfin il y a l’Irak. La dernière intervention en Irak était déjà catastrophique, tant sur le plan monétaire, que géostratégique, sans parler des dégâts humains engendrés. On s’aperçoit aujourd’hui que les Etats-Unis ont une fois de plus mal anticipé l’évolution de ce pays morcelé entre sunnites et chiites entre Irakiens et Kurdes. L’idée qu’on allait pouvoir en faire un pays « démocratique » à l’occidentale ne tenait pas debout, c’est pourtant celle-ci qu’on nous a vendue, à commencer par les « intellectuels » atlantistes à la Bernard Henry-Lévy. En éradiquant Saddam Hussein et son pouvoir, les Américains ont généré de l’instabilité : un peu la même que celle qui s’est déployée en Afghanistan.

    L’EIIL a ouvert un large front qui englobe aussi une partie de la Syrie. Mais ce n’est pas un mouvement uni, et les différents groupes qui le composent se font une guerre acharnée pour tenter de capter une partie de l’aide militaire occidentale en Syrie justement. Le paradoxe est que dans le même temps les Américains se proposent d’aider le gouvernement de Bagdad pour rétablir un semblant de calme. Ils ont envoyé la semaine dernière 300 conseillers militaires. En attendant les rebelles sont en train de mettre la main sur des ressources pétrolières importantes, ce qui va sans doute obliger les Etats-Unis à intervenir directement. En tous les cas l’année 2014 semble nous indiquer que nous allons à grands pas vers une multiplication des conflits militaires ruineux. N’est-ce pas là aussi la conséquence de la crise économique et morale de l’Occident ?

    Football

     

    La France a battu comme on le sait le Honduras 3-0 et la Suisse 5-2. C’est une bonne entrée en matière. Evidemment il y a tous les problèmes sociaux qui se bousculent au Brésil et que justement la Coupe du Monde a permis de mettre dans la lumière. On a vu aussi Michel Platini inciter les Brésiliens à taire leurs problèmes et à reprendre les luttes après la cérémonie de clôture du mondial. C’est bien dans la manière corrompue de la FIFA. Notez que très rapidement, après le mondial justement, il est probable que la corruption de la FIFA, entre autre le mondial de 2022 qui devrait se passer au Qatar, revienne sur le devant de la scène. Est-ce que cela sera suffisant pour mettre un semblant d’ordre dans l’univers du ballon rond ? Je ne le pense pas.  

     

    La France bat le Honduras 3-0 

    Pendant ce temps la France a bien commencé la compétition et montre un visage offensif très intéressant. Le Honduras fut considéré comme une formalité. Par contre on s’attendait à une résistance plus acharnée de la part des Suisses qui auraient pu encaisser une défaite encore plus sévère. A ce propos, le journal suisse Bilan avait la veille pronostiqué que la Suisse l’emporterait. Bilan est un journal « économique » entendez un journal patronal à la gloire du capital. Ce qui prouve que les journaux de ce type racontent toujours un peu n’importe quoi. L’argumentaire de Bilan se voulait un peu ironique, mais aussi sérieux puisqu’il reposait sur une analyse économique. Par exemple parmi les raisons invoquées pour anticiper une victoire de la Suisse, ils avançaient le salaire de l’entraîneur allemand Ottmar Hitzfeld qui avoisinerait les 3 millions de francs suisses, contre les maigres émoluments de Didier Deschamps, à peine 1,8 millions.  Evidemment ce prestigieux entraîneur allemand – il a entrainé le Bayern de Munich et le Borrussia Dortmund -  faisait une triste figure vendredi soir. D’autres arguments venaient étayer cette curieuse démonstration, notamment que le taux de croissance de la Suisse était de 2,1% cette année contre un maigre 0,5% en France. Si cela permet de souligner les énormes avantages qu’il y a pour une économie de ne pas être engagée dans l’euro, c’est tout de même mélanger un peu les genres.

    Les Français sont souvent présentés à eux-mêmes comme un peuple chauvin et peu ouvert aux autres. Pourtant la presse française se tient mieux sur ce point que la presse anglaise qui passe son temps à cracher sur notre pays, pour ne pas dire plus. Mais même la Suisse s’est révélée durant ce début de mondial bien plus chauvine que la France. Par exemple il y avait un titre marquant dans Le Matin : «  Plumez ce coq ! ». Certes ce n’était pas bien méchant, mais c’est comme si en France avant un match France-Allemagne Le monde titrait « Ecrasez le Boche ! ».

    La France bat la Suisse 5-2

    Profitons-en pour signaler la parution de l’ouvrage de Michéa qui rassemble ses chroniques sur le football. C’est une nécessité que de comprendre pourquoi le football, malgré ses pires dérives marchandes, est le sport le plus populaire de la planète. Le titre, Le plus beau but était une passe, met en avant l’importance du collectif par rapport à l’individuel, et explique sans doute la résurrection de l’équipe de France où, malgré tout on sent un collectif et un plaisir de jouer ensemble.


     

    Liens

     

    https://fr.news.yahoo.com/gr%C3%A8ve-sncf-pepy-temps-remettre-au-travail-114800033.html

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/06/18/florian-philippot-soutient-les-cheminots-en-greve_4440772_823448.html

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/13/irak-l-eiil-se-nourrit-de-la-guerre-en-syrie_4437690_3232.html#xtor=AL-32280515

    http://blogs.mediapart.fr/blog/greg-cl420/130614/nouvelle-guerre-en-irak

    http://www.bilan.ch/economie-plus-de-redaction/10-raisons-eco-suisse-va-battre-france

    « Maurizio Lazzarato, Gouverner par la dette, Les prairies ordinaires, 2014Actualités 2 »
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