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    Les choses bougent un peu partout, et plus vite qu’on ne l’imagine. Cette semaine a été très riche. Il y a évidemment la guerre civile en Ukraine, mais également le triste sort du PS français et aussi les résultats des élections partielles en Allemagne dans la Saxe.

     

    Elections en Allemagne

     

    Les réunions de l’AfD en Allemagne font le plein

    En Saxe les conservateurs de la CDU sont  arrivés en tête avec 39% des voix. Mais le plus intéressant n’est pas là. Le SPD qui a choisi comme notre PS de suivre une voix social-libérale – je ne sais pas pourquoi on accole encore le mot de social à ces pratiques régressives sur le plan social et économique – n’arrive qu’à la troisième position avec seulement 12% des voix. Le vieux parti social-démocrate qui fut un des fers de lance en Europe de l’évolution sociale positive, est aujourd’hui largement devancé par Die Linke qui avec près de 19% devient une force crédible. Die Linke a conservé un point de vue de gauche, tandis que le SPD de reniement en reniement est en train de disparaître puisqu’il n’est plus une force d’alternance. Certes comme le CDU ne peut gouverner tout seul, il n’a pas la majorité, ils serviront de force d’appoint, à l’image de vagues centristes. Dans le même temps les écologistes sont laminés et le parti libéral aussi.

    Mais le plus intéressant pour nous réside dans la percée d’un parti anti-euro, Alternative für Deutschland (AfD) qui réalise près de 10% des suffrages, soit presqu’autant que le SPD. Car en Allemagne aussi l’euro ne fait pas que des adeptes. Certes l’AfD est surtout un parti de droite qui voudrait bien sortir de l’euro parce qu’il juge que celui coûte trop cher aux petits retraités allemands. Mais sa montée en puissance confirme à tout le moins que le fédéralisme tant souhaité par certains est une mission impossible à réaliser dans un tel contexte de méfiance où justement pour aller dans ce sens il faudrait que l’Allemagne contribue pour environ 8% de son PIB en termes de transferts financiers vers les autres pays d’Europe.

     

    La guerre en Ukraine

     

    La situation est sur le fil du rasoir, surtout depuis que l’armée ukrainienne régulière subit revers sur revers. Il y a quinze jours, Kiev fanfaronnait en assurant que la chute de Donetsk n’était qu’une question de jours, même pas de semaines. Il faut déchanter. Poutine a poussé l’ironie jusqu’à proposer un corridor humanitaire pour évacuer les soldats ukrainiens en déroute. Les séparatistes pro-russes regagnent du terrain tous les jours. Les Américains avance que cela est dû à l’aide de la Russie qui fournirait aussi bien du matériel que des soldats, le chiffre d’un millier a été avancé. En mettant en avant l’aide de la Russie, le but des Occidentaux est de délégitimer les séparatistes. L’argument n’est pas très bon, parce qu’il y a déjà de nombreux Américains en Ukraine, mercenaires et instructeurs, et les séparatistes russes ont capturé ces jours derniers environ 300 mercenaires polonais.

    Comme il semble que l’administration Obama ne veut pas s’avancer vers un conflit armé avec la Russie – conflit qui serait assurément désastreux pour tout le monde – les Européens ont essayé de monter au créneau à la demande de Obama pour imaginer des nouvelles sanctions qui plomberaient l’économie russe et qui pousseraient ainsi les Russes à se révolter contre Poutine. Mais le seul résultat de cette concertation entre dirigeants européens a été de montrer les dissensions qui régnaient  entre eux quoique Hollande nous ait assuré qu’ils parlaient bien d’une seule voix. En réalité, la France qui veut encore vendre son matériel de guerre à la Russie,  l’Allemagne, mais aussi l’Italie, traînent les pieds, entre autres raisons parce que si les sanctions sont coûteuses pour les Russes, elles le sont aussi pour ceux qui commercent avec eux. Donc ils ont décidé d’étudier la question et de menacer Poutine en le sommant de se retirer d’Ukraine sans délais.

    Devant tant d’irrésolution, et sachant que les Américains vont être obligés de s’occuper de la question de l’Etat Islamique, Poutine en a profité pour avancer l’idée de la création d’un nouvel Etat à l’Est de l’Ukraine, avançant qu’il était de son devoir de sécuriser les populations russophones. La carte ci-dessus montre que l’Ukraine russophone englobe aussi Odessa. Mais gageons que dans un geste d’apaisement Poutine n’ira pas jusqu’à revendiquer cette ville. Il se contentera sans doute de Kharkiv et de la frontière du Dniepr.

    Ce qui veut dire que le scénario de la partition de l’Ukraine est maintenant bien engagé. C’est l’issue que je prévoie depuis pas mal de temps, et sur ce point je suis en complet désaccord avec Jacques Sapir qui envisageait il y a quelques jours encore une solution politique fédérale qui maintiendrait l’unité de l’Ukraine.

     

    Tragi-comédie au PS

     

    Après les provocations de Valls et de Hollande qui visaient à mettre les socialistes au pied du mur en liquidant tout ce qui pouvait bien ressembler à une posture de gauche au gouvernement et en nommant au poste sensible de l’économie un jeune blanc-bec ultra-libéral dont la modernité se limite à défaire un peu plus le code du travail et à allonger la durée du travail, on se demandait comment le PS allait réagir. Et bien on est servi. C’est tout simplement la guerre civile comme en Ukraine. S’il semble que la majorité des militants approuve les choix de Valls, cette majorité est très courte et incertaine. Presque la moitié du PS est au contraire hostile à Valls et à sa dérive droitière. Il fut d’ailleurs copieusement conspué à La Rochelle, aussi bien en arrivant qu’au moment de prononcer son discours. Les frondeurs comme on les appelle ont cependant trouvé des renforts de poids. D’abord la ministre de la justice Taubira, mais ensuite Martine Aubry elle-même qui s’est scandalisé de la reculade du gouvernement Valls sur la question des loyers, remettant en question la possibilité de les bloquer qui était contenue dans la loi Dufflot. Valls n’a pas résisté au lobby de l’immobilier qui est très puissant en France, ce qui explique que comparativement à l’Allemagne nos loyers, les prix de l’immobilier sont plus élevés de 40%.

    Valls arrivant à La Rochelle encadré de policies

    On peut dire que le PS est mort aujourd’hui. A moins d’un miracle qui ferait que Valls ou Hollande soit élu en 2017, on peut penser que ce parti va se diviser en deux. On peut imaginer que l’aile gauche rejoigne le Parti de gauche, créant une sorte de Die Linke à la française, et que l’aile droite s’en aille dériver vers l’extrême centre à la Bayrou ou à la Juppé avant que de disparaître définitivement. Bien entendu pour que la manœuvre réussisse, il faut des efforts importants, parce que dans cette nébuleuse de la gauche, c’est un peu comme dans l’armée mexicaine, deux généraux pour un soldat. Mais il faudrait aussi créer un nouveau parti qui s’appuie sur un programme ayant un minimum de cohérence. A mon avis cette cohérence peut se trouver autour de la question européenne, après tout Montebourg n’est pas un farouche défenseur de la mondialisation, ni même de l’euro.  

     

    Liens

     

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/08/31/allemagne-les-conservateurs-du-cdu-gardent-la-saxe_4479537_3214.

    http://russeurope.hypotheses.org/2710

    http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20140831.OBS7721/universite-du-ps-valls-n-a-pas-fait-danser-les-foules.html

    « La politique économique du gouvernementQu’est-ce qu'être socialiste ? »
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  • Commentaires

    1
    Lundi 1er Septembre 2014 à 18:57
    Actualité 5
    Malgré la refonte de notre constitution en 1962, avec le recours au bi-partisme comme remède à l'instabilité gouvernementale de la 4e, donner le plus de pouvoir possible à l'exécutif et au Président n'a rien amélioré , on se rend compte que la Ve est dans l'impasse.Comme l'a dit Mélenchon, c'est aux citoyens de reprendre la main. D'où ma proposition d'une 6 e république avec une constitution allant dans ce sens comme celle que j'ai concoctée sur le web : www.citoyenreferent.fr
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