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    Gaza et les manifestations pro-palestiniennes

     

    S’il est un sujet qui divise, c’est bien la question palestinienne. La gauche ayant fait depuis la fin des années soixante de la défense des Palestiniens un marqueur. Même une large partie du PS est, malgré le virage à droite de Hollande, encore largement acquis à la cause palestinienne. En ce mois de juillet 2014, l’armée israélienne est entrée dans Gaza après avoir bombardé ce petit territoire. Il y a des morts, des enfants, des femmes. Et l’indignation empêche de mener une analyse claire. Or, il ne suffit pas de dénoncer la guerre pour que celle-ci cesse, ou encore pour la comprendre. Tout le monde est contre la guerre… au moins en paroles.

      

    Manifestation à Paris le 19 juillet 2014

    Pourquoi en est-on là aujourd’hui ? Tout est parti de l’assassinat de trois adolescents israéliens qui avaient été enlevés  le 12 juin dernier et assassinés par le Hamas. En représailles, un colon israélien n’a rien trouvé de mieux que d’assassiner un enfant palestinien. Il a été rapidement arrêté par la police israélienne et sera jugé pour ce crime imbécile. Mais cela a donné le prétexte au Hamas pour relancer ses tirs de roquettes sur Israël à partir de Gaza. L’enchainement des ripostes israéliennes à fait le reste.

    A ce stade on peut faire deux remarques :

    - la première est que le Hamas complètement en perte de vitesse a besoin de se redorer le blason en se présentant comme le seul parti qui lutte vraiment contre les Israéliens. On remarque d’ailleurs que la Cisjordanie ne se presse pas de venir au secours de Gaza, ni même les voisins égyptiens et jordaniens ;

    - la deuxième est que cela a permis d’importer ce douloureux conflit en France même où on a vu des débordements inquiétants, non seulement parce qu’ils testent la résistance de l’Etat par la violence, mais aussi parce que de vieux thèmes antisémites ressortent à nouveau, alors que les Français de confession israélite ne sont pas responsable de ce qui se passe au Moyen Orient.

     

     A Paris des manifestants brûlent le drapeau israélien 

    Certes on peut toujours critiquer la politique israélienne qui traîne les pieds pour faire avancer les négociations qui verraient l’émergence d’un véritable Etat palestinien, mais c’est une approche insuffisante. Par exemple, le 19 juillet 2014, Le monde faisait état de près de 300 morts dans des combats en Syrie entre l’Etat Islamique et les forces de l’ordre syriennes pour le contrôle de champs de pétrole. Mais personne pour s’indigner. La veille on apprenait par le même journal que les chrétiens fuyaient massivement Mossoul sous contrôle de l’Etat Islamique, après que celui-ci leur ait lancé un ultimatum, soit de se convertir, soit de payer un impôt supplémentaire, soit de partir.

    Voilà ce qu’écrit Le monde du 18 juillet 2014.

    « Le « calife » Abou Bakr Al-Bagdadi donne jusqu'à samedi aux chrétiens pour se décider et, s'ils refusent de se convertir ou de payer l'impôt, « quitter le territoire du califat islamique ». « Après cette date, il n'y aura plus entre eux et nous que le glaive », souligne le communiqué. »

    Bien sûr ceci n’excuse pas cela. Mais on peut s’étonner de l’indignation sélective à gauche. Il y a là un manque de discernement qui est assez inquiétant.

     

    Le Moyen Orient brûle

    La situation se dégrade très rapidement au Moyen Orient, non seulement dans les Territoires palestiniens, mais également en Irak et en Syrie. Se met en place un « califat » aussi appelé EIIL pour « Etat Islamique en Irak été au Levant » dans une grande partie de l’Irak.

      

    Des combattants du groupe appelé Etat islamique en Irak et au Levant paradent dans la ville de Tel Abyad en Syrie, en janvier 2014, près de la frontière avec la Turquie

    C’est pour l’instant une armée qui, depuis quelques mois, prend le contrôle de vastes territoires en Irak et en Syrie. Plusieurs questions se posent :

    - quelles capacités l’EIIL a de se transformer en un véritable Etat ?

    - qui a armé l’EILL ?

    La première question trouve une réponse assez simple pour l’instant l’EILL tente de mettre la main sur le maximum de ressources pétrolières pour pouvoir continuer son action. La réponse à la deuxième question est les Américains et le Qatar. Une fois encore on voit la politique étrangère inepte de l’Amérique, une politique à courte vue qui masque de plus en plus difficilement l’absence de stratégie de la présidence Obama.

    Chômage et modèle de croissance

     

    Le monde est en guerre, de l’Ukraine à la Syrie, de l’Irak à l’Afrique noire. Cependant, le modèle économique de l’Occident est de moins ne moins solide. Dans un article fort intéressant d’Acrimed, la collusion entre les médias (les journalistes) et le  MEDEF devient de plus en plus évidente. L’offensive porte depuis plusieurs années contre le travail en général et les travailleurs. Le but est de défaire le droit du travail et de faire baisser les salaires ou le coût du travail. Le patronat se sent fort et principalement depuis que les « socialistes » sont revenus au pouvoir. Le but est de dire que le droit du travail empêche l’embauche et donc n’est plus adapté pour lutter contre le chômage qui ne cesse de monter. Le MEDEF part en guerre aussi bien contre la durée du travail qu’il voudrait bien voir augmenter, que contre le salaire minimum qu’on a mis tant de temps à imposer.

    Le MEDEF se sent fort, et à l’aide de sondages plus ou moins bidons essaie de faire apparaître que les Français seraient ouverts à des réformes récessives. Mais cette vision est erronée et n’a pas d’avenir. En effet, si les salaires baissent, si le droit du travail est encore un peu plus rogné, on ne voit pas très bien comment la demande pourrait rester soutenue, et par suite comment l’embauche pourrait se réaliser, étant donné qu’il n’y a pas de travail en quantité suffisante. Les rares emplois qui se créent encore c’est essentiellement dans le commerce, mais on n’a jamais vu pour le coup que le commerce par lui-même crée des emplois en quantité suffisante. C’est la même idée fausse qui prétend que les échanges entraînent la croissance. Par ailleurs la désindustrialisation de la France et des pays développés continue. Le pire est cependant à venir. En effet, la numérisation de l’économie, de l’industrie avec la robotisation accélérée et des services, est en passe de détruire rapidement des emplois par millions dans le monde entier. Il est loin le temps où la baisse de l’emploi dans les secteurs industriels pouvait être compensée par une hausse accélérée dans les services. Ce sont des centaines de millions d’emplois qui vont disparaître à l’échelle de la planète.  Des chiffres ont été avancés dans l’industrie, 340 millions d’emplois sont concernés dans les toutes prochaines années. Comment imaginer une évolution positive ?

    En vérité la seule solution est de changer de modèle économique au moins dans trois sens :

    - d’abord il est clair que se dessine une baisse massive du temps de travail, l’évolution technologique le veut. Et du reste le chômage de masse est déjà un signe évident de cela ;

    - ensuite il est obligatoire – plus que souhaitable encore – de procéder à une redistribution de la valeur entre le travail et le capital : en continuant à laminer les salaires c’est le monde qui va à sa perte ;

    - enfin il est impératif de travailler autrement. En effet, le seul moyen qui apparaisse de créer des emplois est de viser la qualité. C’est déjà le cas dans l’agriculture. Ceux qui travaillent proprement – en préservant la qualité des sols et en produisant des productions qui n’empoisonnent pas les consommateurs, créent des emplois.

    Ce qui veut dire en clair qu’il faut casser le système actuel de production et de distribution, produire local et imposer des normes de qualité. C’est à une véritable révolution visant la socialisation des moyens de production qu’il faut se préparer. On voit que le socialisme au sens étymologique du terme, est tout à l’inverse de ce qui se fait dans l’Union européenne, ou encore avec le Traité Transatlantique dont les politiques apparaissent clairement comme des combats d’arrière-garde. Du même coup il faudra s’interroger aussi sur tous ces emplois qui se sont multipliés ces dernières années et qui ne servent strictement à rien.

     

    Liens

     

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/07/19/des-manifestants-pro-palestiniens-se-rassemblent-a-paris-malgre-l-interdiction_4460098_3224.html

    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/07/18/irak-l-etat-islamique-force-les-chretiens-a-fuir-mossoul_4459855_3218.html

    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/07/19/en-syrie-270-morts-dans-les-combats-qui-ont-permis-a-l-etat-islamique-de-prendre-un-champ-gazier-a-homs_4459880_3218.html

    http://www.slate.fr/story/88347/eiil-irak-syrie

    http://www.acrimed.org/article4400.html

    « Jean Pisani-Ferry, Quelle France dans dix ans ?, France Stratégie, juin 2014Où va la finance internationale ? »
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  • Commentaires

    1
    Lundi 21 Juillet 2014 à 11:05
    Actualités 4
    "C’est la même idée fausse qui prétend que les échanges entraînent la croissance." Je ne suis pas tout-à-fait d'accord. En économie dynamique,sur le long terme, si les marchés croissent,à condition que les salaires croissent également, les échanges créent de la croissance en liant les deux ensemble. Il est vrai que depuis 40 ans les salaires n'ont pas suivi. La faute aux syndicats qui ont été bernés par le patronat. Et ça continue.
    2
    Karl-Groucho D.
    Lundi 21 Juillet 2014 à 15:13
    Objectivité minimale
    Ne serait-il pas bon de vous informer un minimum avant de prétendre relayer de l’info ? De plus, vos omissions répétées ne servent qu’une des parties an cause, et c’est plus que gênant. Quid de l’ignoble manip du pouvoir Israëlien, parfaitement informé de la mort des trois jeunes gens et la cachant ? Quid de l’absence de la moindre mention des attaques du Betar (estrême-droite interdite partout en occident sauf en France) à la Roquette ? Etc. L’intitulé de ce blogue laisse attendre un autre comportement, même si « le faux est un moment du vrai. » Quand à brûler un drapeau, quelle erreur, oui, quand Il s’agit bien de TOUS les brûler ! « Quand les drapeaux sont déployés, toute l’intelligence est dans la trompette. » (Stefan Zweig) K.-G. D.
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