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    Les partis politiques sont en train de faire le ménage… plus ou moins bien. Les yeux sur les élections de 2017, ce sont l’UMP et le FN qui ont ouvert le bal. Pour les « socialistes » ce sera au printemps 2015, ce qui promet d’être assez rigolo aussi. L’UMP va peut-être changer de nom, c’est du moins ce que voudrait Sarkozy, le FN ne le fera pas, mais je crois que malgré le désir de Valls, il est au moins cohérent sur ce plan-là, le PS n’osera pas aller aussi loin dans le reniement.

     

    Sarkozy en chef de parti déjà usé

     

    Sarkozy que je trouve de plus en plus usé et fatigué, vient de prendre la tête de ce qu’il reste de l’UMP. Le monde qui est toujours anti-sarkozyste, on se demande bien pourquoi, se satisfait du fait qu’en faisant moins de 70% des votants des encartés à l’UMP. Ce journal postule que c’est bien la preuve que les Français n’en veulent pas. Mais en vérité ce n’est pas comme cela que ça marche. Si Sarkozy prend la tête de l’UMP, alors que la dignité d’un ex-président devrait lui interdire ce genre de petite magouille, c’est parce qu’il veut être le candidat de droite et évincer le triste Juppé de la course à la présidentielle.

    Il a toutes les chances d’y arriver. D’abord parce qu’en contrôlant l’UMP il contrôlera les primaires très facilement. Juppé fait la même erreur que Chirac et Villepin en leur temps. Laisser la machine à cet individu est évidemment une faute politique grave. Et bien entendu si Sarkozy est désigné par l’UMP comme leur candidat pour 2017, populaire ou non, il sera élu. En effet les socialistes sont totalement grillés, et avant de revenir sur le devant de la scène politique il leur faudra purger pendant au moins 10 ans la purge libérale hollandaise. Les calculs des sarkozystes pour 2017 sont les suivants : au premier tour leur candidat fait 20%, deuxième derrière Marine Le Pen à 30%, le candidat socialiste fait 15%. Au second tour il nous vend le rassemblement des Français pour faire barrage au fascisme et il est élu à 60%. Avec un taux d’abstention énorme, mais il s’en fout.

    Ce scénario est très probable. On y mettra cependant deux bémols. Le premier est évidemment que d’ici 2017 il risque d’être condamné et donc se retrouver dans une position d’inéligibilité. Le nombre de dossiers judiciaires est tellement élevé qu’il se pourrait bien qu’un arrive à son terme. Le second est que d’ici 2017 il y ait une explosion sociale qui rebatte les cartes et ouvre le système politique vers de nouvelles personnes et de nouvelles formes institutionnelles, même dans le cadre d’une démocratie bourgeoise.

     

    Le congrès du FN et son bordel ambiant

      

    Marine Le Pen a été réélue facilement comme présidente du FN à l’unanimité. Mais derrière cette élection se profilent des stratégies divergentes qui vont éloigner sans doute pour longtemps encore ce parti d’une participation à un gouvernement. En gros il y a la tendance Philippot, l’homme qui a tant fait pour dé-diaboliser le FN et lui donner une forme de respectabilité. Mais ce positionnement est clairement combattue par Marion Maréchal-Le Pen. Elle aurait plutôt tendance à vouloir cantonner le FN dans l’ancienne ligne dure de son grand-père, dérapages verbaux compris. Elle fait partie de ceux qui trouvent que Marine est un peu trop à gauche justement sous l’influence de Philippot. Et puis il y a une autre tendance qui est en train de gonfler, c’est celle qui est représentée par Nicolas Bay et qui ramène vers elle les déçus de l’UMP, mais qui veulent bien gouverner avec ce parti moribond. Marine Le Pen qui défend l’idée de « ni droite, ni gauche » dans un combat frontal contre l’Europe n’est pas majoritaire dans son partie du moins en ce qui concerne les idées qu’il faudrait mettre en œuvre. En effet la clientèle de base du FN n’est pas prête à entonner un discours anti-patronal et pro-salarié. Elle est largement encore imprégnée des idées libérales que défendait Jean-Marie Le Pen sur l’impôt confiscatoire et sur l’anti-syndicalisme militant. Ce mélange des genres fait que ce parti n’est pas prêt d’attirer les masses populaires, et donc par suite d’arriver au gouvernement. Rappelez-vous que le FN agit sur les populations comme un répulsif. Alors même que le PS et l’UMP sont discrédités, 75% des Français ne veulent pas du FN au gouvernement et ses divisions internes ne feront qu’aggraver les choses. Il est en effet assez curieux que des représentants du FN sont encore pris la main dans le sac en train de faire le salut nazi.

     

    Les patrons manifestent

     

    Les patrons osent tout : on leur donne la main ils demandent le bras. Comme de vulgaires ouvriers de l’ancien temps, ils ont manifesté lundi. Mais que réclament-ils ? Ils déconnent contre l’impôt confiscatoire, l’importance des charges sociales, les contrôles tatillons de l’inspection du travail, c’est tout juste s’ils ne pestent pas contre l’idée d’être obligés de payer un salaire à ces fainéants d’ouvriers. Evidemment on ne fera pas l’amalgame entre les grandes entreprises qui pour la plupart sont affiliées au MEDEF et les petites qui restent dans le giron de la CGPME. On sait que les premières ont des facilités dans leur fiscalité qui leur permet d’échapper à l’impôt. On rappellera juste que cela fait au moins vingt ans que les impôts sur les entreprises baissent en France, comme cela fait vingt ans que les charges sociales d’une manière ou d’une autre baissent, et que les impôts sur les hauts revenus baissent aussi. Comme on le sait la part des salaires dans la valeur ajoutée baisse depuis le début des années 80 en France, et contrairement à ce que raconte le patronat cette baisse n’a pas seulement profité à l’Etat.

    Comme le montre le graphique ci-dessus, on voit que la part des profits dans la valeur ajoutée a considérablement augmenté en France comme aux Etats-Unis. Jamais les patrons n’ont engrangé autant de bénéfices. Mais comme on l’a dit et répété, le théorème de Schmitt est faux : les profits d’aujourd’hui ne font pas les investissements de demain et les emplois d’après-demain. Les profits d’aujourd’hui font la spéculation de demain et la crise d’après-demain. Si le théorème de Schmitt est faux, on peut le remplacer par celui de Mariner Eccles, ancien gouverneur de la Réserve fédérale sous Roosevelt qui disait tout simplement : « trop de profit tue le profit ». C’est bien ce qui se passe aujourd’hui. La hausse des profits a tellement laminé la demande que de nombreuses petites entreprises sont maintenant au bord de la faillite. En vérité, malgré les cadeaux d’Hollande au patronat, les PME sont d’abord victimes de la politique de l’offre qui est une « horreur économique » aussi bien pour les salariés que pour les petits patrons. Elle pousse bien naturellement – darwinisme économique oblige – à la concentration du capital par le biais de la prolongation de la crise. Certes les travailleurs sont en surnombre, et le chômage montre que c’est une espèce en voie de disparition, mais si les travailleurs sont en surnombre, les chefs d’entreprise aussi ! Le seul mot d’ordre sérieux est « l’abolition du travail ».

     

    L’image qu’on voit ci-dessus suppose que les patrons seraient mieux à même de gérer l’Etat que les hommes politiques. Rien n’est moins sûr. C’est en effet parce que leurs boutiques étaient mal gérées, notamment dans le secteur de la banque que la crise de 2008 a explosé. Et que l’on sache, le PPP – partenariat public-privé qui applique les méthodes de gestion du privé au secteur public et qui permet aux entreprises d’empocher de forts profits – n’est pas une franche réussite, c’est même plutôt une gabegie. Derrière les gémissements un peu indécents du patronat se profile une sorte de désarroi : comment la cupidité qui est le moteur de la volonté d’entreprendre n’est-elle pas plus facile à satisfaire ?

    Un dernier point assez important, les entreprises qui souffrent sont d’abord celles qui sont exposées à la concurrence internationale. Mais c’est le résultat de l’engagement européen de la France et l’abandon d’une politique protectionniste.

     

    Liens

     

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/11/30/ump-pas-de-cheque-en-blanc-pour-sarkozy_4531676_823448.html

    http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141128.OBS6453/florian-philippot-1er-gars-de-la-marine-pas-des-militants.html

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/11/30/fn-la-discrete-ascension-de-nicolas-bay_4531678_823448.html

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/12/01/les-patrons-se-mobilisent-contre-une-politique-qui-etouffe-les-entreprises_4531809_3234.html

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/11/08/depuis-vingt-ans-la-france-diminue-les-charges-des-entreprises_1786486_823448.html

    « L’OCDE critique la politique de l’Union européenneRapport sur la corruption »
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