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    TAFTA accélère 

     

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    Forts de leur victoire sans combat pour soumettre la rébellion en Grèce, les libéraux font le forcing pour que TAFTA ou le TTIP soit adopté le plus rapidement possible. Ce qui est intéressant dans la propagande libérale, c’est qu’on nous a vendu TAFTA en nous expliquant que c’était de la croissance en plus et donc des emplois en plus, un deal gagnant-gagnant pour les Etats-Unis et l’Union européenne. Aujourd’hui on a, sous la pression de l’information, réviser les avantages de TAFTA à la baisse. En effet toutes les études qui ont été publiées sur les effets de TAFTA montrent que quand les effets induits ne sont pas franchement négatifs sur la croissance et l’emploi, ils sont très faibles, insignifiants, et surtout plus favorables aux Etats-Unis qu’à l’Union européenne.

    Cecilia Malmström ne sait plus quoi inventer pour défendre ce traité maudit. Le seul argument qu’elle avance est que si on ne signe pas TAFTA rapidement ce sont  des normes plus défavorables pour les consommateurs qui vont l’emporter. Elle raconte par exemple que grâce à TAFTA les jouets seront plus sûrs pour les enfants. Il est cependant assez facile de lui rétorquer que des mesures protectionnistes pays par pays seraient suffisantes pour ce faire. Mais dans la rhétorique libérale – Malmström est une vieille libérale par bêtise ou par intérêt – il n’y a pas de salut en dehors de l’ouverture et du libre-échange. Bon ou mauvais, le libre-échange serait une sorte de sens de l’histoire qu’on ne saurait éviter au risque de punitions très lourdes. Malmström en bonne crapule libérale nous dit que certes le TAFTA est contesté, mais pas par la majorité silencieuse, autrement dit elle fait semblant d’avoir l’assentiment de la passivité des européens.

    On remarquera que son discours privilégie comme toujours le consommateur : c’est celui-ci qui aurait intérêt au libre-échange car cela fait baisser les prix. Ce discours qui frise la débilité fait comme si le consommateur n’était pas aussi parfois un travailleur et que la baisse des prix s’obtient d’abord par la baisse des salaires – directs ou indirects. Il est malheureux qu’on retourne peu à peu vers l’âge de pierre de la pensée économique : le slogan avant toute chose. On remarque aussi que la logique libérale est incohérente parce que d’un côté elle donne la primeur à la baisse des prix forcément issue de la concurrence accrue, et que d’un autre côté elle prétend lutter contre la déflation

    Cependant TAFTA rencontre des difficultés un peu partout, malgré le soutien quasi unanime des politiciens de profession. Non seulement l’opinion est très hostile à cet enfant qu’on lui fait dans le dos sans le consulter – Michel Sapin a déjà exclu que le peuple, cet imbécile, soit convié à ratifier TAFTA par référendum, il s’appuiera sur le parti unique UMPS – mais des lobbies très importants travaillent en Allemagne ou ailleurs à mettre des bâtons dans les roues de la machine libérale. La PAC pose problème comme on l’a vu ces jours derniers, mais justement TAFTA pourrait être avantageux car il permettrait de se débarrasser à la fois de la PAC qui coûte cher, et des paysans qui troublent l’ordre public.

    En quelque sorte le ministre de l’agriculture allemand, Christian Schmidt, a livré le fond de la pensée européiste : les agriculteurs français doivent s’interroger non pas sur la qualité de ce qu’ils produisent mais sur leur compétitivité. Autrement dit dans la bonne vieille logique des têtes carrées d’Outre-Rhin, il convient de s’adapter ou de disparaître. C’était me semble-t-il ce que disait Hitler pendant la dernière guerre, « les gros maigriront et les maigres périront »

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    Evidemment le chemin pour la canaille libérale est encore long. En effet d’une manière ou d’une autre il faudra arriver à un compromis Europe-Etats-Unis. Même si Merkel en bonne agent de l’Amérique sûre d’elle et dominatrice pousse dans ce sens, mais elle est à contre-courant de son opinion et de quelques lobbies qui voient d’un mauvais œil l’intrusion de l’Amérique sur leur chasse gardée de la zone euro où ils peuvent faire la loi. Et puis ensuite il faudra que chaque pays européens – les 28 – prenne le temps de ratifier le maudit traité. On n’est pas sorti de l’auberge. Malgré l’idée d’étouffer dans l’œuf toute contestation par exemple en évitant le référendum, il suffirait qu’un seul des pays membres de l’Union européenne ne réfute ce traité pour que celui-ci ne puisse être appliqué. La faiblesse des arguments avancés pour l’adopter est telle que toutes les surprises peuvent arriver, et plus le temps passe, plus l’opinion se rend compte de l’escroquerie qui se cache derrière ce traité, ce qui explique pourquoi les bureaucrates de l’Union européennes veulent accélérer le mouvement. 

    Les menaces du FMI à propos de la Grèce

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    Nous avons signalé plusieurs fois ici les désaccords qui existent dans le camp libéral vis-à-vis de la Grèce. D’un côté il y a l’Eurogroupe – instance non élue mais qui a la particularité de n’avoir aucun statut officiel en fonction des traités européens – emmené par la crapule Dijsselbloem, il représente la voix de l’Allemagne. C’est son relais. Il a manœuvré pour obtenir une reddition humiliante de Tsipras qui ne s’en remettra pas. L’idée en arrière-plan est de faire régner l’ordre allemand au niveau de la zone euro et ainsi menacer indirectement les Français de sanctions terribles s’ils évitent de se ruiner en poursuivant une politique d’austérité qui fragilise leur économie. C’est donc une approche purement politique, même si les vagues de privatisations à attendre permettront sans doute à quelques privilégiés de faire de bonnes affaires.

    Et puis de l’autre côté il y a le FMI qui est si on veut la voix de l’Amérique. Non seulement ils sont maintenant convaincus que les politiques d’austérité ne mènent à rien – il leur en a fallu du temps pour retrouver les vieux résultats de Keynes – mais qu’elles sont mauvaises pour l’économie en général et donc pour l’économie américaine.

    Le FMI s’oppose à l’Eurogroupe – cette créature du docteur Schaüble – sur le fait que celui-ci pour mieux piller la Grèce ne se contente pas des réformes structurelles, mais en veut toujours plus. Il prétend ne pas alléger la dette grecque. Si le docteur fou de l’Allemagne n’accède pas aux désirs du FMI, celui-ci n’appuiera pas le plan de financement de la dette. Si cette menace était mise à exécution, la seule solution pour les Grecs serait de sortir de l’euro dans les pires conditions, considérant le temps perdu par la parenthèse Tsipras. Certains pensent que c’est le but réel de Schaüble. Selon cette hypothèse cela permettrait de resserrer la zone euro autour de la discipline allemande. C’est l’idée que promène Varoufakis au long de ses interviews. Mais je pense que cette idée est fausse parce que le Grexit comme on dit annoncerait peu ou prou la fin de l’euro, et donc par suite la fin de la domination allemande sur l’Europe. Toujours est-il que si le FMI refuse de participer au sauvetage de la Grèce, ce pays n’aura plus d’autre choix que de faire défaut. Mais dans ce cas les banques allemandes vont avoir à faire face à de lourdes pertes. Je rappelle que le volume financier en question pour aider les Grecs à financer le racket de la dette est évalué à 86 milliards d’euros, dont 36 pour le seul FMI. La plus grande confusion règne dans le camp libéral où plus personne ne semble maitriser quoi que ce soit.

    En attendant Tsipras est ramené au rang de clown « mémorandaire » par les Grecs eux-mêmes, et ceux-ci s’apprêtent après le congrès de septembre de Syriza à créer un nouveau parti de gauche qui cette fois, espérons-le, ne pourra plus reculer sur l’impérieuse nécessité de sortir de l’Union européenne pour contourner la question de la dette et celle de l’austérité. Et peut-être que cette fois la Grèce ira jusqu’au bout de la logique consistant à réclamer le remboursement des emprunts forcés de l’Allemagne en 1943, l’amnésique Tsipras ayant semble-t-il oublié de poser la question dans les dernières pirouettes précédant sa reddition.

    Comme on le voit le feuilleton grec ne prendra pas fin cet été, ni même cette année. La seule chose qui est terminée, c’est la carrière de Tsipras en tant qu’homme politique de gauche consécutivement à la trahison de ses électeurs.

     

    Liens 

    http://www.euractiv.fr/sections/commerce-industrie/malmstrom-le-ttip-peut-etre-conclu-sous-ladministration-obama-316658

    http://www.reporterre.net/Le-TAFTA-aurait-un-effet-nuisible

    http://www.marianne.net/les-agriculteurs-francais-doivent-plutot-s-interroger-leur-competitivite-100235772.html

     

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/07/31/grece-le-fmi-re-pose-ses-conditions_4705855_3234.html

    « La richesse rend conDe la crise grecque et de son irrésolution »
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