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    De la grève des taxis

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    La grève des taxis contre UberPOP c’est bien plus qu’une simple grève. On a assisté à de véritables émeutes avant de parler de scènes de guerre civile qui serait exagéré. La révolte vient de la concurrence imposée aux chauffeurs de taxi. En effet l’arrivée d’UberPOP s’ajoute à la concurrence déjà rude des VTC. Le but est évidemment de faire baisser les prix en augmentant d’offre de taxis, éventuellement cela pourrait créer des emplois. Le problème est que jusqu’ici la profession était très réglementée et le nombre des licences s’octroyait au compte-goutte. Et donc certains chauffeurs de taxi payaient cette licence très cher, on donne des chiffres variant entre 50 000 et 200 000 euros selon les villes. Il s’ensuit qu’une concurrence exacerbée entre ceux qui payent très cher le droit de conduire un taxi et les systèmes alternatifs les conduit nécessairement à la ruine. Certains qui approchent de la retraite pensaient pouvoir revendre leur licence, comme c’était en usage, de façon à se faire un petit capital.

    La conséquence de cette transformation à marche forcée est que cela va entraîner une prolétarisation des chauffeurs de taxi qui sont encore très souvent des petits artisans, puisqu’il est impensable qu’Uber paye ses employés au-dessus du salaire minimum.

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    Le moins qu’on puisse dire est que le dossier a été particulièrement mal géré. Mais on suppose que ce sont des disciples de Jacques Attali qui en veut de longue date aux chauffeurs de taxi sans qu’on en comprenne bien la raison. Une fois de plus on remarque que la mise en place d’une concurrence féroce est plus que contre-productive. Certes il y a peu de chance pour que cette grève soit un mouvement populaire, les chauffeurs de taxi ont mauvaise réputation, ils sont très souvent « réactionnaires », individualistes et plutôt mal embouchés. Mais est-ce une raison pour les ruiner ?

    L’issu de ce conflit ne fait guère de doute, l’Etat mettra la main à la poche pour indemniser les chauffeurs ainsi lésé… après leur avoir envoyé les CRS. En attendant la mise en concurrence sauvage de ce secteur d’activité génère un coût financier et psychologique pour les usagers de la route. C’est une pièce de plus à verser au dossier des conséquences néfastes des habitudes que nous avons prises de nous déplacer pour tout ce qui est des gestes simples de la vie quotidienne. Il est urgent de ralentir ce mouvement et de viser à la fois à la lenteur et à l’organisation de la vie sociale sur des périmètres un peu plus étroits.

    Le malheureux François Hollande est intervenu cependant pour déclarer UberPOP illégal, évidemment en ajoutant que les violences des taxis étaient inadmissibles, mais sans ces violences et ces immenses embouteillages, il n’aurait pas eu l’idée d’avancer qu’il fallait dissoudre UberPOP. Quand l’âne est sorti on ferme la porte. Le plus probable est qu’UberPOP se civilisera un peu, mais qu’il continuera son chemin. 

    Encore le dossier grec

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    Ce dossier avance lentement, mais il avance. Les avis sont mitigés sur l’issue. J’ai depuis longtemps parié sur un compromis entre Tsipras et l’Eurogroupe. Compromis qui atténuerait un peu l’austérité, mais qui au fond laisserait les choses en l’Etat, en attendant un délitement plus clair de la zone euro pour cause de mauvais résultats économiques. Tsipras a fait des concessions importantes sur les retraites. Concessions qui commencent à lui valoir des critiques féroces de la gauche de son parti. Mais le FMI et l’Eurogroupe semblent vouloir toujours plus et surtout des réformes qui sur le plan politique ne changeraient finalement rien au plan initial. Tout le monde a souligné la raideur des « créanciers », notamment ils refusent de renégocier la dette pour l’alléger. Par exemple, alors que la doxa libérale vise à diminuer les impôts, le FMI demande de les alourdir, mais pas sur les riches, sur les pauvres, via une hausse de la TVA qui aurait alors seulement deux taux, un de 13% pour les biens de première nécessité, et l’autre de 23% pour le reste. C’est donc bien une visée politique qui est visée et non économique.

    Les véritables raisons de cet interminable marathon qui devrait s’achever d’une façon ou d’une autre dans quelques jours, sont difficiles à comprendre. D’une part on se demande bien pourquoi Tsipras ne veut pas franchir le pas d’un défaut qui engendrerait presqu’automatiquement une sortie de la zone euro. Mais d’un autre côté l’intransigeance manifeste des « créanciers » semble justement vouloir mettre la Grèce hors de l’euro, comme s’ils ne comprenaient pas qu’un Grexit, comme on dit, engendrerait plus de problèmes pour eux qu’il n’en résoudraient.

    Tsipras de son côté semble aussi vouloir se défausser sur un référendum sur la dernière mouture du plan d’aide proposé par les « créanciers » en demandant de voter non. L’opposition du sinistre Samaras voudrait que le référendum porte plutôt sur le maintien ou non de la Grèce dans la zone euro. Malgré ses difficultés, Tsipras reste encore assez populaire pour l’emporter. Autrement dit on reviendrait à la casse départ quand Papandreou avait proposé la même chose il y a quelques années, revenant ensuite en arrière sous la pression des chefs d’Etat de l’Union européenne. Cependant, les temps ont changé et les Grecs sont de plus en plus nombreux à penser que l’euro est la source de tous leurs malheurs et que finalement une sortie pourrait les amener à envisager l’avenir avec plus de sérénité. Seul Sapir semble penser maintenant que Tsipras joue correctement le jeu des négociations. L’avenir nous le dira, mais il me semble que l’option d’une sortie de l’euro aurait dû être envisagée sérieusement avant l’arrivée de Syriza au pouvoir. 

    L’Union européenne vient de reconduire les sanctions contre la Russie

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    C’est passé un peu inaperçu, mais l’Union européenne a, anticipant une mauvaise issue en Ukraine, renouvelé pour six mois les sanctions économiques contre la Russie. Je pensais qu’elles seraient rapportées. Evidemment dans la foulée les Russes ont prolongé leurs contre-sanctions vis-à-vis de l’Europe. S’il est clair que les sanctions économiques imaginées par Bruxelles et Washington n’ont aucune efficacité, on s’inquiète aussi du coût pour l’économie européenne de cette curieuse idée. Ce serait surtout l’Allemagne qui serait le plus touchée. Une étude envisage même qu’elle pourrait perdre jusqu’à 500 000 emplois et 1% de PIB. La France ce serait seulement une perte de 0,5% du PIB et 150 000 emplois. Devant cette perspective à la fois inefficace sur le plan politique est néfaste pour l’économie, certains envisagent, comme prélude à une guerre véritable à la Russie, un renforcement des armées européennes et la création d’une véritable armée de l’Union. Ceci nous paraît être une option sans avenir, entre autre parce que l’Europe qui montre tous les jours un peu plus sa désunion, est faite de pays qui ne sont pas prêts à se défaire de ce symbole de souveraineté hérité du passé. L’OTAN presse les pays de l’Union européenne de s’entendre sur cette question. Le président actuel de cette boutique, Donald Tusk pousse dans ce sens, mais on voit mal des pays comme la France – encore qu’avec Hollande rien ne peut plus nous étonner – et surtout l’Allemagne pourraient adhérer à cette idée lugubre.

     

    Liens 

    http://russeurope.hypotheses.org/3990 

    http://www.lesechos.fr/monde/europe/021149938375-crise-russe-leurope-pourrait-perdre-pres-de-100-milliards-deuros-1129980.php#xtor=CS1-1

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