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    L’Obs est-il un hebdomadaire d’information ?

     

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    Avant il y avait un hebdomadaire qui s’appelait France Observateur. Vaguement de gauche, il se fit remarquer par sa critique de la politique de la France en Algérie avant que celle-ci ne devienne indépendante. C’était un journal assez tiers-mondiste dans lequel Jean-Paul Sartre aimait bien à s’exprimer. Ce fut le véhicule pour le développement de ce qu’on a appelé par la suite la deuxième gauche et qui se caractérisait à la fois par une critique des régimes de type soviétique, et une référence plus ou moins timide à l’économie de marché. Son symbole était Pierre Mendès-France et son héraut Michel Rocard. Cette deuxième gauche ne voulait pas d’une alliance électorale avec le PCF, elle aurait préféré un pacte avec le « centre », tactique évidemment vouée à l’échec. En vérité la montée en puissance de ce média a accompagné celle de la classe moyenne et l’émergence de ce qu’on appelle les « news magazine ». Par la suite ce journal, devenu Le Nouvel Observateur, s’est modernisé et il s’est transformé en un hebdomadaire dont le formatage est à peu près le même que celui de  L’express, Le Point ou maintenant Marianne.

    Aujourd’hui, bien que son audience ce soit érodée, il reste le news magazine hexagonal le plus lu. Il a été le soutien naturel d’Hollande et de Valls, et accrédite l’idée que Macron serait un ministre de l’économie qui aurait des idées nouvelles. Plus récemment il a pris le nom imbécile de L’Obs, et aujourd’hui il commence même à critiquer le gouvernement et le président de la République. Il se pose avec beaucoup de retard la question de savoir si le PS est de droite ou non. Et pour répondre à cette curieuse question à laquelle tout le monde a déjà répondu, il va chercher Cambadélis. C’est un entretien assez drôle dans la mesure où on voit Cambadélis sans boussole avouer que oui, finalement, le PS n’est plus de gauche.  Mais sa réponse est assez sournoise, il suppose que si le PS n’est pas de gauche, c’est qu’il suit les évolutions de la société française. Celle-ci étant devenue de droite, il est presque naturel que le PS le devienne aussi.

    On remarquera que si le PS était en phase avec la droitisation des esprits français, il ne serait pas complètement dans la déconfiture électorale, et les sondages d’opinion seraient plus favorables au misérable Hollandreou qui stagne en dessous des 20% d’opinion positive. En effet les idées mises en œuvre par le P « S » aujourd’hui, sont celles qui ont été critiquées dans les urnes et qui font que chaque fois la « gauche » a perdu les élections et a laissé la place à la droite officielle, celle qui n’a pas honte de s’appeler ainsi. En effet le PS s’est peu à peu droitisé, avalisant l’idée que sur le plan économique il n’y avait pas d’alternative à une politique de droite : laisser s’accroitre les inégalités, privatiser – brader le bien public – autant qu’on le peut  et flexibiliser le marché du travail. 

    Valls et ses dépenses de loisir

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    Manuel Valls a fait la une des quotidiens pour avoir assisté à la finale de la Champions League entre la Juventus de Turin et le F.C. Barcelone à Berlin. En effet ce petit voyage d’agrément a coûté au contribuable une somme de 14 000 euros. Et cela dans un moment où le même Valls annonce que les ministères vont devoir se serrer la ceinture pour respecter les exigences de la Commission européenne en matière de rigueur budgétaire. Evidemment les explications embarrassées de Valls et du P « S », selon laquelle il aurait été à cette finale pour y rencontrer Michel Platini dans le cadre de l’organisation en 2016 du championnat européen des nations qui pratiquent le football, n’ont pas convaincu. Parce qu’en effet le lieu de déroulement d’une finale de Champions League n’est pas forcément l’idéal pour travailler. Alors qu’il demande aux ministres du travail, de l’éducation et de l’écologie de faire des économies et encore des économies, il démontre que lui est un premier ministre anti-austérité pour lui-même et ses enfants. Mais il a dit qu’il ne le ferait plus et qu’il s’engageait à rembourser 2500 euros représenteraient selon lui le coût de transport de ses deux bambins.

    Analyses à géométrie variables 

    Les libéraux nous racontent tous les jours que la concurrence pour le consommateur, que cela fait baisser les prix et donc augmente l’efficacité. C’est comme ça qu’on justifie les privatisations et même les monopoles. Et voilà que Stéphane Richard, multi-inculpé dans des affaires douteuses, dont avec Bernard Tapie, mais multi-adoubé par l’UMP et le PS, nous explique qu’en fait c’est très bon que les prix soient élevés pour les consommateurs que cela permet des marges qui évidemment permettent des investissements dans les secteurs d’avenir qui rendront le consommateur encore plus content de payer cher les services d’Orange. Il traite d’ailleurs au passage Niel l’emblématique patron de free d’incompétent, puisque c’est lui qui a allumé le feu et qui a provoqué finalement une baisse radicale des prix. En réalité il a brisé un oligopole qui avait été maintes et maintes fois condamné par la justice de notre pays pour ententes illégales.

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    Ce « visionnaire » qui rappelle le côté fantaisiste de Tchuruk qui voulait fabriquer des usines virtuelles ou JMM le fumeux PDG de Vivendi. Comme eux il est probable qu’il va finir par couler sa boîte. En effet, il vient de se désengager de Dailymotion que tout le monde dit avoir un grand avenir pour se rapprocher de Netflix qui fait double emploi avec l’offre VOD d’Orange. Le manque de clarté de sa stratégie apparait assez évident. Mais il en a rajouté. D’abord en disant que s’il le pouvait il se désengagerait d’Israël où Orange possède des intérêts importants. Mais devant le tollé suscité par ses propos, il a fait machine arrière, disant qu’on l’avait mal compris et qu’il n’était pas question de boycotter Israël. Depuis il s’est rendu en visite dans ce pays pour se faire pardonner. Bref il ne nous étonnerait pas de voir ce « grand stratège » se faire finalement débarquer dans pas si longtemps que ça. 

    De la tragédie Grèce 

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    Pendant ce temps la tragédie grecque continue. Le dernier épisode est le retrait du FMI des négociations. C’est un changement de pied important. Le motif est que le gouvernement grec préfèrerait lutter contre la fraude fiscale que de faire baisser les pensions de retraite. Mais le FMI ne le veut pas. En réalité il y a deux FMI. D’un côté le FMI qui fait des études – la fameuse étude Blanchard sur les erreurs de calcul du multiplicateur - et qui constate que l’austérité c’est mauvais pour la croissance et que par suite les impôts ne rentrent plus et que la dette continue de croître. Et puis le FMI qui fait de la politique avec ses gros sabots et qui veut que Tsipras se suicide et suive le destin de Papandréou qui a coulé le PASOK. Celui-là veut au contraire que l’austérité ne porte que sur les riches, donc qu’on baisse les retraites qu’on n’augmente pas le salaire minimum et surtout qu’on augmente la TVA. La TVA est non seulement un impôt anti-social, puisqu’il est proportionnellement plus payé par les pauvres que par les riches, mais il est ouvertement handicapant pour la croissance. Si Tsipras suivait les élucubrations du FMI et de Schaüble, il coulerait un peu plus la Grèce et même son secteur touristique florissant. C’est déjà bien beau que Tsipras ait accepté l’austérité, on voudrait en plus qu’il finisse de ruiner les pauvres de son propre pays.

    Nous sommes donc à un tournant maintenant décisif. Le FMI quittant les négociations, cela voudrait dire que la porte est ouverte pour un défaut et une restructuration de la dette. Déjà la Grèce a annoncé qu’elle reculerait au moins les échéances. D’autres voix se sont fait entendre. La Finlande menace à nouveau de sortir de l’euro si on lui demande d’encaisser les pertes des prêts à la Grèce. Olli Rehn l’ancien commissaire européen bien connu pour ses discours sur le laxisme de la politique budgétaire française a retrouvé un emploi, il est devenu en effet ministre de l’économie de la Finlande.

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    Mais c’est aussi maintenant le tour de la Première ministre du Danemark en pleine déconfiture électorale qui après avoir prôné – on se demande bien pourquoi – l’entrée du Danemark dans l’euro, signale qu’elle proscrira toute politique visant à effacer les dettes de la Grèce.

    La charmante Helle Thorning-Schmidt qui a l'air de se parfumer avec un coûteux parfum, mène en ce moment un combat pour sa réélection à la tête du Parti social-démocrate danois. Or elle est en difficulté, il faut dire qu’elle a mené une politique d’austérité plutôt sauvage, et comme le PS en France son parti est menacé.

    Encore un peu de patience. J’ai parié pour ma part que Merkel va arranger les choses et donner satisfaction à Tsipras. Elle sait trop ce que l’Allemagne doit à l’euro. Si celui-ci disparaissait, progressivement avec une sortie de la Grèce de la zone, s’en serait fini des excédents commerciaux colossaux que l’Allemagne engrange sur le compte de ses partenaires. Il faudrait alors remettre les Allemands au travail, mais ce n’est pas simple avec de vieux rentiers.

     

     

    Juste un mot pour finir, Madame Lagarde, directrice du FMI, ne paie pas d’impôt sur le revenu. 

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