• Acte XXXIII des samedis des gilets jaunes, les vacances arrivent

     Acte XXXIII des samedis des gilets jaunes, les vacances arrivent 

    A Toulouse 

    Malgré la canicule, malgré le boycott des médias à leur égard et les départs en vacances, il y avait encore entre 10 000 et 20 000 gilets qui manifestaient dans toute la France, tandis que le ministère de l’intérieur, habitué à mentir, donnait lui le chiffre de 5 769, vous admirerez au passage le 69 final, bientôt pour faire plus précis Castaner-le-menteur nous détaillera ça à deux décimales[1]. J’ai eu du mal à trouver des informations sur l’acte XXXIII, le sujet étant carrément absent des sites des médias de grande audience. Vu les juger qu’ils traitent par ailleurs, on ne peut pas croire à autre chose qu’à une politique délibéré d’étouffoir. La faible mobilisation de l’acte XXXIII n’a tout de même pas empêché la police de déclencher des incidents dès le début des rassemblements comme à Rennes par exemple où la milice de Castaner n’aimait pas la banderole des gilets jaunes. Si on suit l’histoire récente du comportement des forces de l’ordre, il est clair que celles-ci ont pris la sinistre habitude de cogner sur tout ce qui bouge, dans l’indifférence assez générale des médias : la semaine dernière c’était la fête de la musique qui voyait à Nantes des policiers pousser des jeunes gens à se jeter dans la Loire, un jeune qui apparemment ne savait pas nager à disparu[2], avant les gilets jaunes, c’était les zadistes qui en avaient pris plein la gueule, c’est le cas de le dire[3]. Le pouvoir dit « socialiste » à abuser de la répression, mais Macron atteint un tel niveau qu’on se demande maintenant : si la police est encore une police républicaine, ou encore si ce ne sont pas les policiers violents qui, livrés à eux-mêmes font la loi dans le pays. En même temps que la popularité de Macron reste très basse, malgré la mise en scène des médias aux ordres, la population française ne se fait plus aucune illusion sur le caractère peu démocratique de sa police[4]. 

    Acte XXXIII des samedis des gilets jaunes, les vacances arrivent 

    A Rennes les miliciens de Castaner n’aiment pas les banderoles des gilets jaunes 

    On se retrouve dans une situation où on comprend que la guerre sociale sera longue, mais si nous avons perdu une bataille, nous n’avons pas perdu la guerre, tandis que le pouvoir macronien est nu et a révélé sa vraie nature fascisante. Après plus de sept mois de lutte et les vacances qui arrivent, c’est bien difficile de maintenir la mobilisation. Nous n’avons pas les mêmes moyens matériels que le gouvernement, nous n’avons pratiquement aucun appui dans les partis, à part la France Insoumise, et dans les syndicats. Devant ce net essoufflement des délégués des gilets jaunes venus de toute la France se sont réunis ce week-end dernier à Montceau-les-Mines pour tenter de trouver des issues. Ils étaient plusieurs centaines. Les revendications restent les mêmes, et le mouvement refuse toujours des leaders. Peu d’idées nouvelle sont ressorties de cette rencontre, si ce n’est peut-être de commencer à s’impliquer dans des élections municipales. Mais cette piste nous semble assez bouchée, bien qu’à l’évidence les élections municipales n’aient pas la même allure   que les élections européennes, cette participation ne nous semble pas à la hauteur des exigences[5]. On a pris également conscience que ce ne serait pas si simple de réunir les 4,7 millions de signatures pour faire en sorte que le référendum sur la privatisation d’ADP ait lieu.  Le pouvoir ne dit rien, il se contente d’emmerder les citoyens pour les dissuader de signer, et on suppose que secrètement Macron prie pour qu’on n’arrive pas à 4,7 millions, dans le cas inverse il sera obligé d’agir par la voie parlementaire pour faire capoter le référendum. Plus personne ne croit à la privatisation d’ADP selon Le canard enchaîné du 26 juin, mais de réunir les 4,7 millions de signatures serait une manière de se remobiliser et une défaite symbolique lourde pour Macron et ses lobbyistes du gouvernement, et cela d’autant plus qu’elle se réaliserait par-dessus des clivages partisans, démontrant que la stupidité macronienne avait réussi à faire l’union des oppositions contre elle. 

    Acte XXXIII des samedis des gilets jaunes, les vacances arrivent 

    A Montceau les mines plusieurs centaines de gilets jaunes s’étaient réunis pour trouver des voies nouvelles pour la lutte 

    Nul ne peut dire quel sera l’avenir du mouvement. Les gilets jaunes qui sont restés mobilisés tout au long de ces sept mois, sont ceux qui aiment ça, c’est-à-dire qui trouvent de l’intérêt dans la fraternité des luttes, dans le défi lancé à un pouvoir despotique et ultra-conservateur. Ils aiment chanter et moquer la police, mais aussi réfléchir à ce qu’on pourrait faire pour changer une société qui apparait de plus en plus pourrie. C’est en effet bien mieux que de regarder la télévision. Néanmoins, mêmes les plus déterminés aimeraient bien voir s’ouvrir devant eux des perspectives, des avancées. Bien que le résultat du mouvement soit extrêmement positif de quelque manière qu’on le regarde – il n’a que les gilets jaunes qui ont eu cette capacité à réfléchir sur la démocratie, je comprends bien qu’on le considère comme insuffisant. Pour moi il est clair que la lutte doit s’élargir. A l’heure actuelle et malgré l’approche des vacances, il y a un grand nombre de grèves, tant dans le secteur privé que dans le secteur public. Mais les syndicats ne font plus le boulot de les coordonner, ni même de les faire connaître.

    Acte XXXIII des samedis des gilets jaunes, les vacances arrivent 

    A Gisors des gilets jaunes manifestaient encore

    Tout ce que les gilets jaunes ont appris et construit ne peut pas être perdu, c’est un socle très solide sur lequel on peut bâtir sur le long terme. Pour l’instant les institutions se sont révélées très solides pour défendre le président-fou et lui permettre de continuer une politique en contradiction totale avec les aspirations des Français. Cette accalmie ne saurait durer très longtemps parce qu’aucun des problèmes n’est résolus. Les gilets jaunes sont en quelque sorte la synthèse de toutes les luttes sociales. Le vendredi 28 juin, on a vu à Paris la milice de Castaner réprimer méchamment une manifestation d’écologistes tout ce qu’il y a de plus pacifique[6]. C’était un pur abus de pouvoir, une jouissance sadique de ces brutes épaisses dont Macron a libéré les pulsions mauvaises. Les vidéos qui ont circulé sont édifiantes. Depuis l’arrivée de Macron à l’Elysée, les libertés publiques sont menacées comme jamais, pointant directement la faillite de lé démocratie parlementaire. Il faut remonter au Maréchal Pétain pour retrouver une équivalence. C’est sans doute là que les choses déraperont pour le pouvoir : les Français ne sont pas un peuple qui se soumet facilement, même si les lecteurs du Monde sont très contents de la répression politique. Ils réagiront, et comme les partis et les syndicats sont aux abonnés absents ou comme la France Insoumise piégés par leurs querelles internes, ils seront contraints de suivre une voie nouvelle, celle précisément ouverte par les gilets jaunes, celle de la démocratie directe. 

    Acte XXXIII des samedis des gilets jaunes, les vacances arrivent 

    A Nantes on a manifesté pour dénoncer les exactions de la police lors de la fête de la musique 

    Acte XXXIII des samedis des gilets jaunes, les vacances arrivent 

    Le vendredi 28 juin la milice de Castaner gazait des manifestants écologiques très pacifiques



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