• Acte XXXII, les gilets jaunes ne baissent pas les bras, mobilisation en hausse

     Acte XXXII, les gilets jaunes ne baissent pas les bras, mobilisation en hausse 

    A Paris 

    Et donc nous entamons le huitième mois de mobilisation des gilets jaunes. Non les gilets jaunes ne sont pas morts, même s’ils sont moins nombreux dans les manifestations. Pour ce 32ème acte, il y avait d’abord un retour sur les ronds-points et sur les péages dans toute la France, les blocages se sont comptés par centaines. Les revendications sont toujours les mêmes, le pouvoir d’achat des petites gens, retraités et smicards, la casse du service public, les protestations contre la répression, et bien sûr pour le départ du président fou de l’Elysée. Macron joue le pourrissement et dans le genre salopard au service de l’oligarchie il en rajoute tous les jours un peu plus. Il a beau se donner des airs d’ouverture en donnant la main et la décoration de la légion d’honneur à Elton John, c’est un fieffé réactionnaire. Il ne suffit pas de flatter le lobby homosexuel pour faire oublier la casse du droit du travail avec particulièrement ces jours-ci la réforme des allocations chômage qui n’a pas d’autre but que de rendre la vie encore plus difficile aux précaires. Ce gouvernement ignoble dans tous les sens du terme s’attaque toujours aux plus faibles. La millionnaire Pénicaud, laide comme un cul de singe nous dit qu’il faut stimuler le chômeur[1]. L’idée stupide de ces gens stupides n’est pas nouvelle, elle date du XIXème siècle, elle suppose que les chômeurs sont des chômeurs volontaires ou des fainéants si vous voulez, et donc qu’ils se prélassent au chômage sur le compte de la société. Cette approche est crapuleuse : d’abord parce qu’il n’a jamais été démontré qu’il y avait un lien entre allocations chômage et chômeurs, ensuite parce qu’au moins la moitié des chômeurs ne touchent pas d’allocations. Keynes au moment de la crise des années trente avait démontré que la thèse du chômage volontaire ne tenait pas debout. Il y a de cela 80 ans. Alors pourquoi cela revient-il maintenant ? Ces fakes news macroniennes ont pour but de masquer que la réforme du chômage outre qu’elle permet de faire des économies, aidera sur le long terme à nettoyer les statistiques. L’oligarchie accélère dans le genre fumier, après Luc Ferry qui voulait voir l’armée tirer sur les gilets jaunes, voici Christophe Barbier, domestique stipendié de la caste dominante qui fait semblant d’être aussi journaliste, voire d’avoir des opinions. L’idiot trouve que la réforme crapuleuse de Macron ne va pas assez loin : « elle n’est pas assez violente » ose-t-il dire[2]. Cette posture de mouche du coche est en fait assez répandue chez les éditocrates : ils sont les instruments de propagande du modèle économique libéral qui s’accommode fort bien de l’absence de démocratie. Car la réforme des allocations chômage n’a pas été négociée, elle est imposée. Même le très conciliant Laurent Berger a fait part de son indignation, les syndicats sont considérés comme quantité négligeable[3]. Et d’un certain point de vue le gouvernement n’a pas tort. Ils n’ont aucun plan d’action, ils n’ont pas le début du commencement d’une idée pour contrecarrer les ignobles mesures prises par Macron et son gouvernement de lobbyistes. Martinez est aux abonnés absents depuis que les milices de Castaner l’ont attaqué lors du défile du 1er mai. Heureusement il nous reste les gilets jaunes. 

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    A Avignon les gilets jaunes interviennent au péage autoroutier 

    Les gilets jaunes s’organisent tout en respectant leur diversité et sans se construire comme un parti traditionnel. Donc ce samedi 22 juin, plusieurs personnalités des gilets jaunes connues, ont publié un communiqué de presse que je recopie à la fin de ce post pour définir quelques grandes lignes d’action sur le long terme. Comme on le voit à la lecture de ce communiqué, ils revendiquent clairement une transformation du système économique et social dans lequel nous sommes englués, insistant sur la question des biens publics, avec l’idée de faire capoter la privatisation d’ADP, et sur les questions écologiques. Ils se définissent comme apartisans et asyndicalistes, donc au-dessus des partis et des syndicats. C’est une manière de dire à la fois qu’ils acceptent avec eux tout le monde sans leur demander des comptes sur leur affiliation antérieure, mais également de dire que ces partis et ces syndicats ne sont plus dans le coup : nous venons encore de le voir avec la question des allocations chômages, alors que la gestion de celle-ci relève du paritarisme, le gouvernement contourne ce paritarisme, crachant ouvertement sur les syndicats. Au fond les gilets jaunes se rendent compte que les anciennes formes de mobilisations sont totalement obsolètes, incapables de faire face à l’offensive générale de l’oligarchie contre les pauvres. Ce communiqué n’est qu’un exemple de ce qui se passe dans toute la France. Les réunions sont nombreuses de partout, et de nouvelles initiatives se préparent qui ne prendront pas forcément la forme de l’occupation des ronds-points et des manifestations hebdomadaires.

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    A Château-Thierry les gilets jaunes se sont rassemblés devant la gendarmerie pour protester contre la répression 

    Le gouvernement macronien s’est fait remarquer tout le long de cette semaine. D’abord c’est Castaner par deux fois qui s’est retrouvé sur la sellette. Dans un numéro de cuistrerie qui frise d’extravagance, le voilà qu’il a affirmé contre toute évidence qu’il ne devait rien aux policiers qui ont fait de grasses heures supplémentaires pour casser du gilet jaune, il voulait dire qu’il n’avait pas l’intention de les payer[4]. Mais en fait le gouvernement doit sa survie depuis décembre à la hargne avec laquelle les policiers se sont acquittés de leur mission de maintien de l’ordre. Les policiers transformés pour l’occasion en miliciens sont mal récompensés de leur veulerie, mais Macron et la racaille du gouvernement n’ont même pas la reconnaissance du ventre. Du coup les syndicats de policiers qui comme Alliance ont soutenu à fond la politique répressive gouvernementale se retrouvent en porte à faux vis-à-vis de leurs adhérents qui croyaient pouvoir toucher le jackpot grâce à leur bassesse dans les manifestations. Cela risque de laisser des traces profondes. A l’avenir il n’est pas très sûr que l’ignoble dictature macronienne puisse compter sur la loyauté de ses milices. Mais Castaner a été mis en cause sur un autre point : selon la mairie de Paris, la délinquance est en hausse dans la capitale parce que le pouvoir dans sa lutte incessante contre le mouvement social ne se préoccupe plus de la sécurité des Français[5]. En effet il apparait que la police n’est plus républicaine, mais seulement le bras armé d’une politique économique et sociale favorable à l’oligarchie. 

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    A Villefranche-Limas les gilets jaunes bloquent les péages 

    La presse a mis les gilets jaunes à l’index, elle n’en parle plus, espérant qu’en n’en plus parlant, ils disparaissent. Mais ce samedi 22 juin, la mobilisation était en hausse, même Castaner-le-menteur a dû le reconnaitre. Selon le site de France police, il y avait 40 000 gilets jaunes dans toute la France[6]. Le mouvement est donc loin d’être fini. Macron aurait tort de croire qu’il est tiré d’affaire. La presse aux ordres racontait ces jours derniers que la cote de popularité de Macron était en forte hausse, c’est du moins le titre qu’elle donnait à ses commentaires[7]. Ça tient clairement du fake new. En effet en lisant le texte de la dépêche d’agence que tous les journaux recopiaient bêtement, on se rendait compte que sa cote était de 32%, et donc on aurait pu tout aussi bien titrer : près de 70% des Français désapprouve le comportement fascisant de Macron. Notez que Castaner n’est pas le seul à déconner dans ce gouvernement à croire que les ministres font un concours. Brune Poirson a tenté de virer en tête en défendant les saloperies du groupe Avril qui met des hublots pour accéder au ventre des vaches. La voilà justifiant cette ignominie peu conforme à l’idée d’une agriculture respectueuse de l’environnement et de la nature, en disant qu’en fait ce sont les besoins de la science. Comme si la science était une entité mystérieuse, une sorte de Moloch qui avait des besoins très particuliers auxquels il fallait sacrifier, le tout déballé derrière un sourire niais qu’on dirait copié sur les mimiques de Brigitte Macron[8]. Ce genre de déclaration frise l’idiotie, on se demande si elle est vraiment stupide ou si elle nous prend pour des imbéciles. Ce genre de déclaration participe du double langage gouvernemental : en paroles l’acte II du quinquennat Macron est un tournant social et écologique, dans les faits on continue à casser les droits des travailleurs, et de laisser faire l’industrie agro-alimentaire comme elle veut. Ça n’empêche que le gouvernement ne s’est pas gêné pour dénoncer le manque d’engagement des gilets jaunes du côté de l’écologie. Parier toujours sur l’imbécilité du peuple est quelque chose de risqué par les temps qui courent. 

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    A Marseille la mobilisation était en hausse nette 

    Les journalistes qui relaient sans état d’âme la parole gouvernementale font un sale boulot de chiens de garde. C’est en effet une des conséquences de ce qu’on appelle pudiquement la crise des gilets jaunes que d’avoir révélé le comportement plus que partial des médias en général. Dans son 32ème baromètre de confiance dans les médias, commandé par le journal La croix, on remarque un effondrement de cette confiance[9]. Seuls 24% des Français pensent que les médias sont indépendants, c’est la même proportion que ceux qui soutiennent encore Macron. Une telle méfiance signifie que les médias sont clairement identifiés comme un instrument de contrôle social et de propagande pour l’oligarchie, un élément du bloc bourgeois comme la police et comme le capital et la justice. La chaîne BFMTV qui a été très critiqué pour sa couverture partisane du mouvement des gilets jaunes tombe en dessous de 5% en termes d’indice de confiance[10]. Fake news pour fake news, on se tourne vers les informations diffusées par les réseaux sociaux, notamment en ce qui concerne les violences policières, voir en ce qui concerne les chiffres des manifestants du samedi. Sur les sites des grands journaux Le monde, L’Obs, Libération, etc. Il n’y avait aucune information sur les gilets jaunes, l’information se trouvait sur les sites des médias régionaux. C’est clairement une volonté de mettre l’éteignoir sur le mouvement social.  

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    A Toulouse les gilets jaunes étaient plusieurs milliers, ils s’en sont pris fort justement aux grandes marques, Zara, Primark, symboles de l’exploitation de la main d’œuvre du tiers-monde. Qui peut oser dire que les gilets jaunes n’ont pas de conscience de classe ? ils font ce que les bureaucraties syndicales frileuses n’osent plus faire depuis longtemps, s’attaquer à la marchandise. Leurs slogans étaient très anticapitalistes. A Toulouse comme à Metz la police a chargé violemment les manifestants. Mais ailleurs il y avait bien d’autres manifestations. Par exemple à Belfort 5 000 personnes se sont rassemblées pour dénoncer les pratiques de General Electrics qui avait, grâce à l’entremise de Macron racheté Alstom en promettant le maintien de l’emploi. Ils dénonçaient les licenciements bien sûr, mais aussi la désindustrialisation de la France[11]. A Marseille aussi il y avait une manifestation pour le logement, il s’agissait de dénoncer les turpitudes de Jean-Claude Gaudin et de son équipe d’affairistes. Le pouvoir et les bureaucraties syndicales auraient tort de considérer que ces manifestions sont distinctes de celles des gilets jaunes. 

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    Toulouse le 22 juin 2019

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  • Commentaires

    1
    Jean Paul B.
    Lundi 24 Juin à 18:07

    Bonjour,

    en lien un article sur les dernières révélations de Médiapart sur la répression policière violente (et injustifiée!) d'une manifestation des Gilets Jaunes à Nice et la tentative du Pouvoir d'étouffer cette histoire,comme dans une vulgaire dictature...

    https://francais.rt.com/france/63258-affaire-legay-gendarmes-service-nice-ce-jour-la-ont-refuse-ordres-commissaire

    2
    Mardi 25 Juin à 07:06

    Article très intéressant qui montre que les forces de l'ordre sont très divisées. Il semble que les gendarmes traînent un peu plus les pieds pour casser du gilet jaune. Mais le plus étonnant n'est peut-être pas là, mais dans le fait que les protestations sont pour le moins très molle, alors que le régime devient de plus en plus une dictature.. En 68 les journalistes étaient partis en guerre contre la répression, les syndicats aussi. Là, personne ne bronche, c'est très inquiétant

    3
    Jean Paul B.
    Mardi 25 Juin à 14:43

      En effet cette "mollesse" des organisations démocratiques (partis,syndicats,associations défendant les droits de l'Homme,etc.) dans la dénonciation des abus policiers et judiciaires contre des citoyens modestes qui, contrairement à ce que le Pouvoir veut faire croire,ne sont pas des émeutiers, m'inquiète de plus en plus.

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