• Acte XXXI, les gilets jaunes prennent le maquis

     Acte 31, les gilets jaunes prennent le maquis 

    A Douai une marche nocturne à inauguré l’Acte 31, c’était vendredi 14 juin 

    Nous bouclons notre 7ème mois de lutte. Macron fait toujours semblant de ne rien entendre et de croire qu’il est tiré d’affaire. Mais son indolence ne suffit plus à colmater les brèches, car si les syndicats sont incapables de coordonner les luttes, les gilets jaunes le font maintenant à leur place. Ils sont donc partout, aux côtés des urgentistes, dans les luttes pour la préservation de l’environnement, et ils font du 1er mai un succès populaire au grand dam de la CGT elle-même qui est complètement dépassée. Les gilets jaunes sont maintenant un parti, la seule opposition véritable. Certes ils ne sont pas hiérarchisés par une bureaucratie stipendiée, ils n’ont pas de chef. Ils sont disséminés dans tous les coins et recoins de la société, mais ils forment un parti, en ce sens qu’ils ont pour but de renverser Macron et son gouvernement, mais aussi de changer les règles de fonctionnement de la société en profondeur. Même quand vous ne les voyez pas, ils sont encore là. Ce parti de l’ombre tient des réunions de partout en France, travaillant à rénover leur approche stratégique et tactique de la lutte contre la dictature macronienne. Cette semaine, Macron est reparti en guerre contre ce qu’il reste d’une information un peu libre. Et donc le voilà qu’il passe, via l’Union européenne, des accords avec les GAFA pour contrôler un peu plus l’information. Macron reçoit leurs dirigeants comme des princes arabes, leur déroulant le tapis rouge à nos frais[1]. On se souvient qu’il y a quelques mois l’Union européenne enterrait le projet d’une taxe sur ces entreprises[2]. Ce n’est pas sans intention. Comme en Chine les GAFA rendent de fiers services, ferment des tas de comptes, tentent de paralyser les réseaux. Mais ce n’est pas tout, Macron s’attaque au pluralisme de l’information. Déjà il a désigné les agences Sputnik et Russia Today, comme des officines de désinformation et les a exclues de ses conférences de presse[3]. Comme le rappelait Sputnik, Castaner et Macron sont des spécialistes des fake news et ne supportent pas la concurrence. L’exemple de l’hôpital de la Salpêtrière ou du tabassage de Geneviève Legay est encore dans toutes les mémoires. Mais cela ne suffit pas, des journalistes sont convoqués par la police qui est de plus en plus utilisée pour faire un travail de milicien. Les protestations commencent à se développer, timidement, mais elles avancent[4]. Taha Bouhafs, journaliste indépendant, a été arrêté pour « outrage et rébellion », ce sont les termes qu’on emploie quand on ne sait pas quoi dire[5]. Au mois d’avril c’était Gaspard Glanz qui couvrait une manifestation des gilets jaunes[6]. Dans les deux cas l’arrestation est non seulement injustifiée, mais des plus brutale. Bien entendu, les journalistes qui ne font pas de vagues ne sont pas embêtés. C’est donc bien d’une mise au pas des journalistes dont il s’agit. 

    Acte 31, les gilets jaunes prennent le maquis 

    A Toulouse les gilets jaunes étaient encore assez nombreux la police les a attaqués 

    Donc si on additionne les faits que voyons-nous ? D’abord des interdictions de manifester, nombreuses et hebdomadaires, ensuite un matraquage en règle de ceux qui le font tout de même. Malgré la tonne de vidéos et de photos qui montrent le contraire, il se trouve tout de même des malheureux pour nier l’évidence et tenter de plaire à leur maître, ainsi Brigitte Jullien, directrice de la police des polices, ne fait seulement qu’enquêter sur le comportement de la police, elle produit des fake news :  « Je réfute totalement le terme de violence policière», dit-elle[7]. Je passe sur les condamnations honteuses que prononce la justice à l’encontre des gilets jaunes sur des bases qui ne tiennent pas debout[8]. A tout cela s’ajoute la reprise en main brutale de l’information – Facebook, Tweeter et Instagram ont fermé de nombreux compte faisant circuler l’information des gilets jaunes – et donc nous voyons que la démocratie fout le camp complètement. C’est face à cette dictature en marche que les gilets jaunes font figure de résistants, et comme leurs prédécesseurs, ils doivent faire attention à la répression. Pour avoir décrocher un portrait ridicule du ridicule Macron, un militant de l’association de défense de l’environnement, Action non violente–Cop 21, a écopé d’une amende de 250 €[9]. Le juge du tribunal correctionnel qui balance cette condamnation honteuse, n’a honte de rien, il ne se rend pas compte qu’il réactive la vieille idée ténébreuse de « crime de lèse-majesté ». Il est vrai qu’il n’a pas suivi le réquisitoire de l’ignoble représentant du parquet qui réclamait entre 1000 et 2000 €. Au moment où soi-disant Macron opère un virage écologique, ça tombe assez mal. Qu’en pense Pascal Canfin ? Preuve que nous revenons complètement en arrière dans le mauvais sens du terme, un homme a été condamné à six mois de prison ferme pour avoir volé un sandwich et un jus d’orange[10]. Ce type de condamnation se multiplie. On se croirait revenu au temps des Misérables. 

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    A Toulouse, les milices de Castaner ont attaqué un bar restaurant 

    Samedi 15 juin, le nombre de manifestants était encore un peu en baisse. Ils étaient encore 35000 selon le site du syndicat policier France police[11]. Ce grand menteur de Castaner nous fait dire qu’ils n’étaient plus que 7000 dans toute la France. Mais peu importe l’exactitude des chiffres, après tout, les premiers Résistants n’étaient pas plus nombreux, mêmes si beaucoup de Français voulaient en découdre avec l’occupant et ceux qui avaient trahi le pays. A Toulouse donc la police a chargé délibérément les manifestants qui étaient pacifiques et ne posaient aucun problème, dès le démarrage du cortège, la milice de Castaner a chargé jusque dans un bar, matraquant au passage les employés de l’endroit[12]. C’est la méthode qu’on emploie dans les dictatures d’Amérique du Sud quand des opposants posent trop de problèmes. A Douai également il y a eu de la casse. On trouvait encore des gilets jaunes un peu partout, à Grenoble, à Paris. A Paris la préfecture avait encore un peu plus compliqué la mobilisation en fermant des dizaines de rues aux manifestants[13]. Officiellement il n’est pas interdit de manifester, mais le nombre de rues où cela n’est pas autorisé, est en fait bien équivalent à une interdiction. Il est curieux que personne ne le souligne. En même temps, cette semaine le recueil de signatures a été lancé pour tenter de passer à un référendum sur la privatisation d’ADP. Les Français sont en colère contre ces privatisations tout azimut qui les dépouillent, qui en quelque sorte les expulse de la jouissance de leur bien collectif au profit des amis du petit président et de l’oligarchie. Ici ce sont les barrages, là l’électricité, ailleurs les autoroutes, sans que cela profit évidemment aux Français. En tous les cas on peut signer pour ce référendum, même si on sait que ce gouvernement de fourbes va tout faire pour le faire capoter[14]. Même si on ne veut pas voter, il est bon sur ce point particulier de faire capoter les entreprises mercantiles du trio Macron-Philippe-Le Maire. Notez que si ce référendum avance cahin-caha, c’est encore grâce à l’action des gilets jaunes. La route est longue cependant, il restera à passer le cap de l’examen du projet de loi sur ADP, si l’assemblée générale s’en empare, elle peut décider de le rejeter et mettre un terme au processus. Certes cela serait très mal vu de l’opinion, mais Macron n’a plus rien à perdre en termes de popularité[15]. 

    Acte 31, les gilets jaunes prennent le maquis 

    A Grenoble les gilets jaunes se mobilisent contre la privatisation des barrages 

    En même temps que les gilets jaunes font apparaitre le pouvoir macronien comme une dictature, ils ont renforcé leur armature intellectuelle. Ils se présentent maintenant comme les premiers garants du bien public et de ce qu’il reste des services publics en pleine dérive. Sur ces deux points, ils ont l’approbation de la grande majorité des Français qui se rendent bien compte qu’on est en train de vendre la France à la découpe. Même des politiciens comme Gilles Carrez ou le très confus Bruno Retailleau commence à s’en rendre compte. Le premier explique pourquoi il soutient le référendum sur ADP, mettant en garde le gouvernement qui va tout faire pour le saborder et continuer ses petites affaires de vente de la France à la découpe[16]. Le second dénonce maintenant l’abandon du consensus sur le modèle de la Sécurité sociale tel qu’il avait été mis en place dans l’immédiate après-guerre. C’est au fond une évolution supplémentaire de Macron vers le modèle américain, avec les conséquences que nous savons sur le développement des inégalités[17]. Le fait que deux hommes de droite s’emparent de ces sujets montre la voie pour les gilets jaunes qui doivent continuer à agréger les colères. 

    Acte 31, les gilets jaunes prennent le maquis 

    A Paris, ils étaient un peu moins nombreux que d’ordinaire, mais ils étaient présents



    [8] Éric Drouet a déjà été condamné à une forte amende en mars dernier, il a fait appel : https://www.lepoint.fr/justice/gilets-jaunes-eric-drouet-condamne-a-2-000-euros-d-amende-29-03-2019-2304591_2386.php, et il est en attente d’une autre condamnation pour des motifs très fumeux http://www.leparisien.fr/faits-divers/gilets-jaunes-quatre-mois-de-prison-avec-sursis-requis-contre-eric-drouet-05-06-2019-8086890.php

    « Le mouvement social aujourd’huiMacron est vraiment très fatigué et doit partir »
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  • Commentaires

    1
    Jean Paul B.
    Lundi 17 Juin à 14:13

    Bonjour,

    voici ci-dessous le lien permettant de soutenir la demande de référendum sur la privatisation d'ADP.

    https://www.referendum.interieur.gouv.fr/

     Signons et faisons signer notre entourage pour atteindre avant le 12 mars 2020 les 4.700.000 signatures nécessaires pour contrer les projets néfastes de Macron au profit encore une fois de ses potes milliardaires.

      Attention ayons bien conscience que si la société ADP est privatisée, alors avant 2022 viendra le tour des barrages EDF,de certaines portions de routes nationales,etc.

     Aux claviers citoyens pour empêcher Macron de vendre la Patrie à la découpe!!!

    2
    Lundi 17 Juin à 21:38

    Oui on commence seulement à faire campagne pour les signatures, moi même j'ai déjà signé, bien évidemment

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