• ACTE XV, mobilisation en hausse, des gilets jaunes inoxydables

    ACTE XV, mobilisation en hausse, des gilets jaunes inoxydables

    Belfort, mobilisation soutenue 

    Franchement je tire mon chapeau à tous les gilets jaunes qui font preuve d’un courage et d’une détermination sans faille pour tenir tête à Macron et à sa volonté de détruire la spécificité du modèle français pour nous aligner sur Bruxelles. Malgré les mensonges répétés de Castaner, il lui a bien fallu admettre que la mobilisation des gilets jaunes était en hausse sur toute la France pour la XVème acte : il donnait une hausse de 25%. C’est inédit dans l’histoire de la France un mouvement qui dure aussi longtemps, sauf pendant l’occupation quand il fallait résister. Et au fond c’est bien ce qui se passe aujourd’hui : nos gilets jaunes sont des résistants. Inoxydables ils résistent d’abord à la dictature néo-libérale dont Macron est le représentant pour Bruxelles, avec ses milices et sa justice instrumentalisée. Je pensais qu’aujourd’hui, avec les tonnes de haine et d’injures qui s’étaient abattues sur eux, les gilets jaunes marqueraient un peu le pas. Il n’en a rien été. Cette ténacité remarquable se déploie dans toute la France, pas une seule ville n’est épargnée par cette vague. Les médias n’arrêtent pas de leur cracher dessus : ils seraient antisémites, idiots, homophobes, néo-nazis et j’en passe. On a essayé de les entraîner vers des formes politiques, par exemple en prenant en charge le conflit israélo-palestinien, qu’ils réfutent. L’antisémitisme n’est pas leur problème, faire croire l’inverse, c’est tenter une diversion malheureuse.  Mais ils sont toujours aussi nombreux et ils sont toujours là. Ils prennent goût au combat, malgré les arrestations, les matraquages, les gazages. Le site France Police donnait 200 000 manifestants à 15 heures[1]. C’était probablement un peu plus cette fois. Certes le mouvement était très éclaté, une manifestation à Clermont-Ferrand, un pique-nique à Chambord, et pas moins de 5 manifestations à Paris, et puis les traditionnels défiles à Bordeaux, Toulouse et Marseille.

     ACTE XV, mobilisation en hausse, des gilets jaunes inoxydables

    Clermont-Ferrand 

    Qu’on soit pour ou contre les gilets jaunes, moi j’ai choisi mon camp, celui du progrès et des gilets jaunes, contre Macron et la régression, il faut que ce gouvernement soit d’une incompétence rare pour qu’aucune avancée en quatre mois n’ait pu être signalée. Je rappelle que le mouvement de Mai 68, mouvement social puissant, rentré dans l’histoire, n’a duré qu’un seul petit mois, et au bout de trois semaines Pompidou avait trouvé des pistes de sortie pour remettre la société en route. Aujourd’hui, on n’en voit pas. Il est vrai qu’en 68, il y avait encore des syndicats puissants qui, s’ils freinaient la révolution défendaient l’ouvrier. Aujourd’hui on chercherait en vain une initiative syndicale intéressante depuis le 17 novembre 2018. C’est même plus de l’incompétence, c’est un abandon. En jouant le pourrissement jusqu’au bout Macron fait la preuve de son imbécilité. Il tuera peut-être le mouvement des gilets jaunes au bout du compte, mais il se sera définitivement discrédité. Il ne peut pas être en permanence dans la représentation. Pour ce samedi de manifestation, il avait été bouffonner sous une impressionnante escorte policière – il ne peut plus sortir sans ça – au Salon de l’agriculture. Là encore il a des difficultés : alors que tout le monde sait que la reconversion de l’agriculture conventionnelle en bio est une nécessité impérative à la fois pour le bien-être des citoyens et la protection de l’environnement, le gouvernement a gelé les aides à la reconversion, des paysans ont porté plainte[2]. Il est vrai que Macron-Philippe s’en foutent un peu de l’environnement, que ce soit pour la fin du glyphosate ou en ce qui concerne les fermes industrielles : ils n’ont pas de politique agricole, ils font ce que leur demande de faire la FNSEA. On eut également au Salon de l’agriculture des images détonantes : un agriculteur à la retraite qui demandait à Macron comment il pouvait vivre avec moins de 700 € de pension par mois, il lui montra ses papiers, Macron se contentant de paroles lénifiantes, expliquant en gros que si le retraité touchait si peu c’était un peu de sa faute tout de même puisqu’il n’avait pas fait les démarches nécessaires pour toucher le minimum vieillesse[3]. Le but était clairement de faire des jolies images pour le journal télévisé, en filtrant les soutiens de Macron à l’entrée de façon à ce qu’il n’y ait pas de vagues. Le monde qui est en train de devenir le journal qui rampe le mieux dans l’étroit milieux du journalisme, put déclarer ainsi que Macron avait pu visiter le Salon de l’agriculture sans se faire insulter[4]. Sans rien connaitre du dossier, il fit un discours des plus creux pour défendre la PAC, comme s’il était encore en campagne pour les élections au parlement européen. Mais justement l’Europe et la PAC ont poussé l’agriculture française à la ruine et à la concentration. La disparition des paysans en France qui procède de la destruction de la culture française, c’est aussi le résultat de l’Europe qui a fait évoluer l’agriculture de tout le continent vers l’intensif avec non seulement l’abaissement de la qualité, la destruction de l’environnement, mais aussi la baisse des revenus des petits agriculteurs. La situation des agriculteurs est très difficile, certes cela ne date pas d’aujourd’hui, mais cela prend maintenant une tournure dramatique[5]. La concurrence des pays européens, l’Espagne, l’Allemagne, la Pologne, etc. plombe l’agriculture française, la nécessité de tirer les coûts vers le bas aboutit à ce que nous connaissons aujourd’hui, les fermes usines qui sont une insulte à une vie normale, à la nature, et à nos traditions culinaires, mais aussi à une dégradation accélérée de la qualité des produits etd onc par suite du paysage de la France. Il semble aussi que l’Union européenne doive encore modifier les normes de l’agriculture biologique, histoire de donner leurs chances aux multinationales qui veulent gagner de l’argent dans ce secteur. Mais de tout cela Macron qui ne le sait peut-être pas, ne dira rien.  

    ACTE XV, mobilisation en hausse, des gilets jaunes inoxydables

    Evidemment Macron étant toujours en campagne électorale pour répéter les mêmes slogans creux, entre contrition, disant qu’il avait été toujours mauvais, comme ses collègues avant lui, et affirmation d’un cap à tenir pour redresser la France, il ne peut pas avoir le temps de travailler les dossiers. Il est donc incapable de trouver des portes de sortie. Ministre de la parole à temps plein, toujours en représentation, il n’a que des idées de communication au sens faible du terme. Rien pour tempérer les passions, il exaspère les Français de plus en plus, et les développements de l’affaire Benalla ne vont sûrement pas arranger les choses. La nomination de Juppé au Conseil constitutionnel l’a montré dans la peau d’un vieux politicard qui tente de protéger ses arrières pour éviter l’effondrement de sa liste aux européennes. Bref pour dire les choses autrement, les gilets montrent que le modèle politique auquel se cramponne Macron – sa fameuse verticalité – est complètement dépassé. Cette idée avait été déjà avancé par Laurent Chalard sur Figaro-Vox, à propos de la question européenne, de la nation ou des migrations[6]. Mais en y regardant de plus près, les idées de Macron sont aussi dépassées en ce qui concerne les inégalités et l’environnement. Le FMI et l’OCDE suggèrent depuis plusieurs années que la stabilité de la croissance ne sera pas possible sans une lutte plus forte contre les inégalités. En vérité, ce n’est pas seulement Macron qui a du retard sur le plan des idées, mais c’est bien l’échelon supérieur, la Commission européenne. Les gilets jaunes en font la démonstration tous les samedis. 

    ACTE XV, mobilisation en hausse, des gilets jaunes inoxydables

    Marseille encore beaucoup de monde 

    Le succès de cette nouvelle mobilisation des gilets jaunes va obliger Macron à sortir de l’expectative parce que sa clientèle elle-même va lui demander des comptes et que les élections européennes approchent. Que fait-il pour que cette rébellion cesse ? Il n’a pas beaucoup de solutions : soit il suit les recommandations de Valls, ancien socialiste et franquiste assumé, qui suggère d’interdire les manifestations des gilets jaunes[7]. C’est en effet une solution, mais ce serait donner encore du grain à moudre à ceux qui en France et à l’étranger l’accusent d’une dérive fascisante, soit il donne quelque chose d’un peu consistant aux gilets jaunes. Mais on ne voit pas quoi. Il aurait lâché du lest sérieusement au début décembre qu’on n’en serait pas là dans cette situation de blocage quasiment insoluble, son entêtement imbécile lui a fermé beaucoup de portes, et ça va rapidement se voir, si le mois de février a vu une sorte d’accalmie dans la haine que les Français portent à son endroit, cela ne va pas durer.



    [1] https://france-police.org/2019/02/23/gilets-jaunes-acte-15-200-000-manifestants-a-15h30-selon-les-estimations-du-syndicat-france-police-policiers-en-colere-cinquieme-puissance-professionnelle-du-ministere-de-linterieur-et-premiere/

    [2] https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/retard-de-paiements-trois-agriculteurs-bio-portent-plainte-contre-l-etat-6234565

    [3] https://www.bfmtv.com/politique/salon-de-l-agriculture-un-retraite-fond-en-larmes-dans-les-bras-de-macron-1638420.html

    [4] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/02/23/bravo-ne-lachez-rien-au-salon-de-l-agriculture-macron-s-offre-un-bain-de-foule-sans-chahut-ni-insultes_5427438_823448.html

    [5] https://www.franceculture.fr/societe/suicides-dagriculteurs-le-phenomene-est-ancien-mais-son-entree-dans-le-champ-mediatique-est-recente

    [6] http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/12/06/31001-20181206ARTFIG00189--europe-liberalisme-immigration-l-ideologie-de-macron-est-celle-des-annees-1990.php

    [7] http://www.revolutionpermanente.fr/Afin-de-lutter-contre-l-antisemitisme-Manuel-Valls-veut-interdire-les-manifestations-Gilets-Jaunes

    « Aix-en-Provence change, et pas en bienJuan Branco, Contre Macron, Divergences, 2019 »
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  • Commentaires

    1
    sergio
    Lundi 25 Février à 23:58

    je vous offre ce petit communiqué qui résume magistralement l’acte XV des Gilets jaunes :
    ...qu’entendait-on dans les rangs (serrés) de l’acte XV des Gilets jaunes ?
    Cassez-vous !, dehors le gouvernement !, emmanuel macron, tête de con, on vient te chercher chez toi !, rend l’argent !, rend la tune !, rend l’argent au peuple !, macron et ta bande de voleurs, rendez le pognon au peuple !, rendez-nous notre pognon !, rendez l’ISF !, bande de voleurs !, emmanuel macron, rend-nous notre pognon !, 
    Gilets jaunes, acte XV, c’est un franc succès !, bien que les medias "mainstream" s’acharnent (en vain) à minimiser ce nouvel évènement national... Résultat : c’est de mieux en mieux !, et en ce qui concerne la mobilisation, le peuple français répond présent, et on atteint des sommets ! De plus en plus de monde répond présent à cet appel à la Révolution !, et c’est ce qui met dans tous ses états les medias propagandistes-réactionnaires ! et c’est bien ainsi.
    entendu lors de cet acte XV :
    "... Ton appart il est à nous ! Tout ce que tu as, tu l’as volé ! Tout est à nous ! Rien est à eux, tout ce qu’ils ont, ils l’ont volés ! Partage du travail et des richesses... ou alors ça va péter... ça va péter ! macron rend la tune que tu as volé ! Tout ce qu’ils ont, ils l’ont volés !, et c’est à nous, et bien à nous !, et il faut le leur reprendre ! 
    Pas une seule balle dans la peau de ce salaud ! Oh que non ! Seulement un coup de pied au cul ! macron DEGAGE !, macron degage et fissa !
    Tout est dit n’est-ce pas ?!

    2
    Mardi 26 Février à 12:13

    ce qui est remarquable en effet c'est que rien n'arrive à mettre les gilets jaunes à terre, et pourtant le bloc bourgeois met les grands moyens, on voit même maintenant Macron aller toucher les SDF avec les bouts de ses doigts, c'est dire s'il fait des efforts pour se sauver !!

    3
    sergio
    Mardi 26 Février à 19:51

    un citoyen ordinaire qui souhaite l’extinction pure et simple de votre classe de merdeux racistes et de parasites sociaux !

    bien, je  pense qu’il est grand temps de mettre les points sur les I !, bien que vous (ils se seront bien entendu reconnus) contrôliez 99,9% (il s’agit, vous l’aurez compris, des membres du gang de voleurs qui appartient au 0,1% d’arnaqueurs patentés qui imposent aux monde entier leur dictature !) des medias importants (il s’agit de ces 4 ou 5 merdeux, multimilliardaires, inutile de se demander comment ils nous ont volés tout ce pognon, mais bien comment, et  depuis combien d’années ils nous l’on volé !, et grâce et ces vols, ces petits malins contrôlent tous les groupes de médias importants : journaux (les pires torchons que l’ont puissent imaginer !), une profusion de chaines télés ou  radios (souvent d’Etat, c.-à-d.,  payées avec notre pognon !) et une multitude de sites "sociaux" (et bien d’autres moyens à leur portée), pour produire l’arnaque : asticot 1er, c.-à-d., l’ennuyeux macron, qui conduit inexorablement notre cher pays à la soumission totale des diktats européistes (de l’UE, institution juridiquement et institutionnellement, anti-démocratique !) et aux Etats-Unis d’Amérique du nord, dont on ne compte plus (tellement ils sont nombreux) les crimes de guerres et contre l’Humanité (et de tous les salopards du 0,1%, qui aurait soi-disant gagné leur guerre de classe)… et dans un article qui se veut, ou se voulait "objectif", « le Monde diplomatique », publie une abondante liste d’injures et de menaces en tous genres (surtout de mort) contre les Gilets jaunes, dont les auteurs devront en répondre (et de multiples manière, car pour certaines injures et menaces, il ne s’agit pas du tout de menaces en l’air, mais bien de menaces réelles, et cette mise en demeure, parfaitement légale et solennelle, après bien entendu  la prise du pouvoir par le peuple français, c.-à-d., prise du pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple.

    Voici donc, quelques belles saloperies émises par les larbins d’un pouvoir autoritaire à la dérive, d’un racisme virulent envers le peuple français, issues d’un dictatorial :

      Extrait d’un article paru sur le site « le Monde diplomatique », et intitulé « Lutte de classes en France » :  

    « … Ce genre de décomposition de la classe possédante est rare, mais il a pour corollaire une leçon qui a traversé l’histoire : ceux qui ont eu peur ne pardonnent ni à ceux qui leur ont fait peur ni à ceux qui ont été témoins de leur peur (2). Le mouvement des « gilets jaunes » — durable, insaisissable, sans leader, parlant une langue inconnue des institutions, tenace malgré la répression, populaire malgré la médiatisation malveillante des déprédations — a donc provoqué une réaction riche de précédents. Dans les instants de cristallisation sociale, de lutte de classes sans fard, chacun doit choisir son camp. Le centre disparaît, le marais s’assèche. Et alors, même les plus libéraux, les plus cultivés, les plus distingués oublient les simagrées du vivre-ensemble.

    Saisis d’effroi, ils perdent leur sang-froid, tel Alexis de Tocqueville quand il évoque dans ses Souvenirs les journées de juin 1848. Les ouvriers parisiens réduits à la misère furent alors massacrés par la troupe que la bourgeoisie au pouvoir, persuadée que « le canon seul peut régler les questions [du] siècle (3)  », avait dépêchée contre eux.

    Décrivant le dirigeant socialiste Auguste Blanqui, Tocqueville en oublie alors ses bonnes manières : « L’air malade, méchant, immonde, une pâleur sale, l’aspect d’un corps moisi (…). Il semblait avoir vécu dans un égout et en sortir. Il me faisait l’effet d’un serpent auquel on pince la queue. » 

    Une même métamorphose de la civilité en fureur s’opère au moment de la Commune de Paris. Et elle saisit cette fois de nombreux intellectuels et artistes, progressistes parfois — mais de préférence par temps calme. Le poète Leconte de Lisle s’emporte contre « cette ligue de tous les déclassés, de tous les incapables, de tous les envieux, de tous les assassins, de tous les voleurs ». Pour Gustave Flaubert, « le premier remède serait d’en finir avec le suffrage universel, la honte de l’esprit humain ». Rasséréné par le châtiment (vingt mille morts et près de quarante mille arrestations), Émile Zola en tirera les leçons pour le peuple de Paris : « Le bain de sang qu’il vient de prendre était peut-être d’une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres (4). » 

    Autant dire que le 7 janvier dernier, M. Luc Ferry, agrégé de philosophie et de science politique, mais aussi ancien ministre de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, pouvait avoir en tête les outrances de personnages au moins aussi galonnés que lui lorsque la répression des « gilets jaunes » (lire « Des violences policières aux violences judiciaires »), trop indolente à ses yeux, lui arracha — sur Radio Classique… — cette injonction aux gardiens de la paix : « Qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois » contre « ces espèces de nervis, ces espèces de salopards d’extrême droite ou d’extrême gauche ou des quartiers qui viennent taper du policier ».Puis M. Ferry songea à son déjeuner.

    D’ordinaire, le champ du pouvoir se déploie en composantes distinctes et parfois concurrentes : hauts fonctionnaires français ou européens, intellectuels, patrons, journalistes, droite conservatrice, gauche modérée. C’est dans ce cadre aimable que s’opère une alternance calibrée, avec ses rituels démocratiques (élections puis hibernation). Le 26 novembre 1900 à Lille, le dirigeant socialiste français Jules Guesde disséquait déjà ce petit manège auquel la « classe capitaliste » devait sa longévité au pouvoir : « On s’est divisé en bourgeoisie progressiste et en bourgeoisie républicaine, en bourgeoisie cléricale et en bourgeoisie libre-penseuse, de façon à ce qu’une fraction vaincue pût toujours être remplacée au pouvoir par une autre fraction de la même classe également ennemie. C’est le navire à cloisons étanches qui peut faire eau d’un côté et qui n’en demeure pas moins insubmersible. » Il arrive cependant que la mer s’agite et que la stabilité du vaisseau soit menacée. Dans un tel cas, les querelles doivent s’effacer devant l’urgence d’un front commun.

    Face aux « gilets jaunes », la bourgeoisie a effectué un mouvement de ce type. Ses porte-parole habituels, qui, par temps calme, veillent à entretenir l’apparence d’un pluralisme d’opinions, ont associé d’une même voix les contestataires à une meute de possédés racistes, antisémites, homophobes, factieux, complotistes. Mais surtout ignares. « “Gilets jaunes” : la bêtise va-t-elle gagner ? », interroge Sébastien Le Fol dans Le Point (10 janvier). « Les vrais “gilets jaunes”, confirme l’éditorialiste Bruno Jeudy, se battent sans réfléchir, sans penser » (BFM TV, 8 décembre). « Les bas instincts s’imposent au mépris de la civilité la plus élémentaire », s’alarme à son tour le roturier Vincent Trémolet de Villers (Le Figaro,4 décembre).

     Car ce « mouvement de beaufs poujadistes et factieux » (Jean Quatremer), conduit par une « minorité haineuse » (Denis Olivennes), est volontiers assimilé à un « déferlement de rage et de haine » (éditorial du Monde) où des « hordes de minus, de pillards » « rongés par leurs ressentiments comme par des puces » (Franz-Olivier Giesbert) donnent libre cours à leurs « pulsions malsaines »(Hervé Gattegno). « Combien de morts ces nouveaux beaufs auront-ils sur la conscience ? », s’alarme Jacques Julliard.

    Inquiet lui aussi des « détestations nues et aveugles à leur propre volonté », Bernard-Henri Lévy condescend cependant à signer dans… Le Parisien une pétition, agrémentée des noms de Cyril Hanouna, Jérôme Clément et Thierry Lhermitte, pour inviter les « gilets jaunes » à « transformer la colère en débat ». Sans succès… Mais, Dieu soit loué, soupire Pascal Bruckner, « la police, avec sang-froid, a sauvé la République » contre les « barbares » et la « racaille cagoulée » (5).

    D’Europe Écologie - Les Verts (EELV) aux débris du Parti socialiste, de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) aux deux animateurs de la matinale de France Inter (un « partenariat de l’intelligence », au dire de la directrice de la station), tout un univers social s’est retrouvé pour pilonner les personnalités politiques bienveillantes envers le mouvement. Leur tort ? Attenter à la démocratie en ne se montrant pas solidaires de la minorité apeurée. Comment contrer de tels gêneurs ? User d’une vieille ficelle : rechercher tout ce qui pourrait associer un porte-parole des « gilets jaunes » à un point de vue que l’extrême droite aurait un jour défendu ou repris. Mais, à ce compte-là, devrait-on aussi encourager les violences contre des journalistes au motif que Mme Marine Le Pen, dans ses vœux à la presse, voit en elles « la négation même de la démocratie et du respect de l’autre sans lequel il n’est pas d’échange constructif, pas de vie démocratique, pas de vie sociale » (17 janvier) ?

    Jamais le sursaut du bloc bourgeois qui forme le socle électoral de M. Emmanuel Macron (6) ne s’est dévoilé aussi crûment que le jour où Le Monde a publié le portrait, empathique, d’une famille de « gilets jaunes », « Arnaud et Jessica, la vie à l’euro près » (16 décembre). Un millier de commentaires enragés ont aussitôt déferlé sur le site du journal. « Couple pas très futé… La vraie misère ne serait-elle pas, dans certains cas, plus culturelle que financière ? », estimait un lecteur. « Le problème pathologique des pauvres : leur capacité à vivre au-dessus de leurs moyens », renchérissait un second. « N’imaginez pas en faire des chercheurs, des ingénieurs ou des créateurs. Ces quatre enfants seront comme leurs parents : une charge pour la société », tranchait un troisième. « Mais qu’attendent-ils du président de la République ?, s’insurgeait un autre. Qu’il se rende chaque jour à Sens pour veiller à ce que Jessica prenne bien sa pilule ?! » La journaliste auteure du portrait chancela devant ce « déluge d’attaques » aux « accents paternalistes » (7). « Paternalistes » ? Il ne s’agissait pas, pourtant, d’une dispute de famille : les lecteurs d’un quotidien réputé pour sa modération sonnaient plutôt le tocsin d’une guerre de classes.

     

    Tous ces abrutis à la solde du pouvoir, sont évidemment cités présentement et devront répondre de leurs ignobles déclarations devant le peuple français…, à bon entendeur ! 

    4
    Mardi 26 Février à 21:56

    Les insultes aux pauvres, c'est Macron qui les a mises au goût du jour. Le reste de la meute suit. La question que je me pose est la suivante : comment se fait il que l'oligarchie n'ait plus qu'un bateleur de foire à moitié fou pour la représenter ? J'ai souvent parlé de ce cruel dilemme pour elle : aux présidentielles 2017, l'Institut Montaigne soutenait deux candidats en même temps, on n'est jamais trop prudent, seulement ces deux candidats c'était Fillon le petit escroc peu brillant d'ailleurs dans l'escroquerie mesquine, et Macron, il type manifestement cinglé. Et donc il vient que l'endogamie ne réussit pas à cette engeance qui a l'air de courir vers l'extinction. Macron n'a pas d'enfant. Ceci dit ils sont méchants et rancuneux, ils vont nous faire payer la frayeur de décembre. Je lis souvent les chats du Monde, de l'Obs et de Libération. C'est édifiant. C'est plus que de la haine, c'est une invitation au fascisme, ils t'enverraient volontiers les gilets jaunes à Cayenne pour les remplacer par des gentils réfugiés qui ne bronchent pas une oreille. Seulement voilà, ce système ne marche plus. On ne le voit pas encore clairement, mais la consommation est en train de s'effondrer, et pas qu'en France. Les rapports sont alarmants, or sans consommation, pas de profit ! Ce qui fait apparaître que la fortune des milliardaires est faite de papier, à quelques biens immobiliers près. dans la nouvelle crise qui arrive, ils perdront tout pour en avoir voulu un peu trop. Comme disait Marriner Eccles trop de profit tue le profit. 

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