• Acte XLIV, les gilets jaunes à la pointe du combat

    Acte XLIV, les gilets jaunes à la pointe du combat 

    A Nantes la police a repris ses mauvaises habitudes 

    Les médias continuent à ne pas informer sur les luttes sociales extraordinairement nombreuses en cet automne, de peur de leur faire de la publicité sans doute. Les urgentistes qui ont rejeté les propositions insignifiantes, pour ne pas dire insultantes et inappropriées, de la sinistre Buzyn, continuent un mouvement qui semble s’étendre. La RATP entame une grève dure pour tenter de sauver son régime de retraite. On y reviendra, mais ceux qui pensent que c’est inégalitaire que de préserver ces régimes dits spéciaux ne comprennent pas que la retraite est une forme de salaire différé, et donc que si on regarde globalement le salaire, les régimes spéciaux ne sont pas du tout choquants. Et donc les remettre en question c’est remettre en cause les salaires tout court, et accélérer la privatisation des retraites, en substituant l’épargne individuelle aux cotisations sociales que paye le patronat. Dire qu’on veut voir les régimes spéciaux disparaitre, c’est comme si au nom de l’égalité on mettait tout le monde au SMIC, par exemple les policiers ! On se rend compte tout de suite que si on pratiquait ce genre d’égalitarisme, Macron n’aurait plus qu’à demander l’asile politique à l’Allemagne, car les miliciens de Castaner seraient beaucoup moins motivés pour casser les gilets jaunes. Mais évidemment l’atmosphère délétère de cette rentrée est aussi tributaire de l’actualité politico-judiciaire. Balkany a été mis en prison – VIP cependant – ce qui a tiré des larmes de crocodile de son copain de magouille, Nicolas Sarkozy qui devrait sous peu passer lui aussi au tourniquet. Ferrand, président de l’Assemblée nationale est mis en examen, mais il conserve, comme de Rugy en son temps toute la confiance du gouvernement et même de Mélenchon, avant sans doute de démissionner. Le nombre d’affaires qui arrivent devant les tribunaux et qui mettent en cause les politicards est impressionnant. Le refrain du « tous pourris » ne décrit pas une exagération populiste, mais une atmosphère d’effondrement d’un système politique sans foi ni loi qui n’a d’autre but que de se prolonger lui-même.

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    La permanence de Stéphane Guerini, a été une nouvelle fois taguée le vendredi 13 septembre 

    Le double langage de Macron sur l’écologie, notamment à travers l’interdiction ridicule de la pulvérisation des pesticides à 5 ou 10 mètres des habitations exaspère au plus haut point. Soit Macron est stupide pour ne pas se rendre compte que cette distance n’est pas suffisante pour un produit cancérigène qui devrait être interdit, soit il se moque de nous pour faire plaisir à son sponsor, Monsanto. Aujourd’hui donc les gilets jaunes manifestaient pour la 44ème semaine d’affilée. La mobilisation était en hausse sur l’ensemble du territoire. La preuve à Aix-en-Provence, ville très bourgeoise, nous étions entre 200 et 300, ce qui ici est considérable, d’autant qu’on n’a vu aucun parti ou groupement politique s’infiltrer dans le cortège pour essayer de récupérer le mouvement pour son usage. Les mots d’ordres portaient à la fois sur la question écologique et l’inaction particulièrement flagrante du gouvernement, et bien sûr sur la répression policière. Le cortège s’est ensuite dirigé vers l’hôpital pour dire la solidarité des gilets jaunes avec les urgentistes. A Nantes où le commissaire a été relevé de ses fonctions le souvenir de ce qui est arrivé à Steve est encore dans toutes les têtes. Mais le préfet du coin avait interdit aux manifestants de rejoindre le centre-ville, ce qui a entrainé des heurts et des dégâts collatéraux pour les commerces. Mais il y avait bien d’autres manifestations dans toute la France, à Nancy, à Paris, à Lyon. La plupart des gilets jaunes considèrent que ce 14 septembre c’est juste un tour de chauffe pour se préparer au 21 septembre qu’ils espèrent sera un succès.

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    A Nantes avant les combats 

    Evidemment si les gilets jaunes ont pris autant d’importance c’est parce que les syndicats et les partis de gauche sont aux abonnés absents. La classe politique est soit devant les tribunaux, soit barricadée pour éviter de croiser la route des gilets jaunes. Pourtant dans la situation présente, alors qu’on voit clairement que le but de Macron, en loyal domestique du grand capital, est d’en finir avec les acquis du CNR, il suffirait que les syndicats coordonnent les luttes pour que ce régime abandonne ses idées funestes de contre-révolution. Mais il faut bien le reconnaitre, si la CFDT est ouvertement un syndicat jaune, porte-parole du patronat, la CGT est forcément complice en restant passive face à une grogne qui ne fait que s’amplifier. Les partis de gauche ne valent guère mieux, ils préparent les municipales et comptent le nombre d’élus qu’ils pourront obtenir dans des alliances scabreuses. Mélenchon lui est trop occupé à défendre Brigitte Trogneux, et Richard Ferrand pour s’occuper sérieusement de lutte sociale. Plus le temps passe et plus il est clair qu’il doit laisser sa place.

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    Gilets jaunes dans les rues d’Aix-en-Provence 

    Macron a beau faire semblant d’avoir changer de style, la haine que nourrit le peuple français à son égard est intacte. D’avoir joué le pourrissement depuis presqu’un an le met à nu. Le 2 octobre prochain les syndicats policiers organisent une « marche de la colère » – pour ne pas dire manifestation – contre Macron[1]. C’est une nouvelle fraction de la société, pourtant peu encline à la rébellion, qui se dresse contre le gouvernement. Bien entendu les syndicats policiers ont choisi pour manifester un mercredi, de façon à être libre de tabasser les gilets jaunes le samedi. Mais c’est égal, cette manifestation montre encore un peu plus l’isolement de l’exécutif face à la société entière. D’autant que d’autres formes de contestation du président-fou continuent leur train : les maires prennent des arrêtes contre les pesticides, ce qui est une critique directe de l’inaction des lobbyistes du gouvernement, les décrocheurs de portraits de Macron continuent, passent au tribunal, ridiculisent la justice qui se couche devant le pouvoir, et cerise sur le gâteau les permanences des députés LREM, ces saligauds qui ont voté l’ignominieux CETA continuent de se faire vandaliser.

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    Une image de la manifestation du 14 septembre à Paris

    Acte XLIV, les gilets jaunes à la pointe du combat

    A Marseille il y  a eu des échauffourées avec la police sur la Canebière

    « En Macronie la corruption se trouve à tous les étagesLa déconfiture des fausses oppositions de Mélenchon, du PCF et des syndicats »
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