• Acte XLIII, les gilets jaunes repartent à l’assaut de la Macronie

    Acte XLIII, les gilets jaunes repartent à l’assaut de la Macronie 

    A Montpellier, ils étaient plusieurs milliers 

    Ce samedi 7 septembre, les gilets jaunes ont fait une rentrée remarquée. Ils étaient plusieurs milliers à Montpellier, plusieurs milliers à Rouen. Dans cette dernière ville la CGT locale avait appelé à se joindre à la traditionnelle manifestation hebdomadaire des gilets jaunes. La mobilisation était clairement à la hausse de partout. Si la CGT s’était enfin jointe au mouvement, c’est parce que les réformes que Macron a annoncées sont très défavorables aux salariés, notamment en ce qui concerne les retraites. Les derniers sondages sont très éloquents. 75% des Français trouvent sa politique injuste[1], et donc quels que soient les habillages qu’on donne aux sondages pour ne pas le contrarier, ça fait bien six mois qu’on nous dit que sa cote remonte, c’est toujours entre les 2/3 et les ¾ des Français qui lui tournent le dos. C’est je crois le plus bas score d’un dirigeant dans un pays dit développé. Pour prendre un élément de comparaison, Bolsonaro qui est en forte baisse dans son pays, a une cote de popularité autour de 40%, comme Trump. Il est vrai que les raisons d’être mécontent sont très nombreuses, elles s’expriment partiellement avec la fronde des maires qui prennent des arrêtés anti-pesticides[2]. Ces élus apparaissent comme les seuls en qui on peut avoir confiance. Leur rébellion est aussi un encouragement pour les gilets jaunes qui se sentent ainsi moins seuls. La cuistrerie du gouvernement s’est révélée encore plus sûrement quand celui-ci a proposé pour rassurer les maires d’interdire l’usage des pesticides dans un périmètres de 5 à 10 mètres des habitations[3]. Il va de soi qu’avec un peu de vent c’est comme si on balançait ce produit reconnu cancérigène dans votre cuisine ! Ce double langage macronien qu’on retrouve dans tout ce qu’il fait, est sans doute une des raisons les plus puissantes de la révolte des gilets jaunes.

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    A Lille la manifestation était fournie 

    Le préfet à Rouen avait interdit la manifestation en centre-ville pour, dit-il, protéger les commerces. C’est exactement cela qui a déclenché des heurts avec la police. A Montpellier aussi la manifestation a tourné à l’affrontement violent, des voitures de police ont été brulées. L’unité des manifestations tournait autour de la réforme des retraites. Jean-Paul Delevoye vient de rentrer au gouvernement, bien qu’il ait été dans un premier temps désavoué par Macron lui-même : le premier disant qu’il fallait arriver à un âge de départ en retraite de 64 ans, tandis que le second voulait conserver 62 ans, mais en accroissant le nombre des annuités de cotisation. Au final cela revient exactement au même. Seul l’ignoble Laurent Berger fait semblant de croire que Macron fait du social en cédant sur un artifice de présentation. Des simulations ont commencé à circuler sur les effets de la réforme voulue par Macron : les retraites vont baisser fortement comme nous le voyons dans le tableau suivant, tableau diffusé par le quotidien de Bernard Arnault, Le Parisien[4]. Pourtant les spécialistes de la question du financement nous disent qu’il n’y a pas péril en la demeure, mais on reprend toujours l’antienne, puisqu’on vit plus longtemps il faut travailler plus longtemps, sinon le système par répartition se cassera la gueule. En vérité pour mettre à l’abri le système des retraites pour le siècle à venir, pourrait résider dans l’abolition du CICE qui coûte cette année 40 milliards à l’Etat français. Or le CICE est bien un remboursement de cotisation sociale. En vérité cette réforme a deux buts liés : faire plaisir à la Commission européenne qui s’est fixé comme but de détruire le modèle social français, celui de 1945 issu du CNR ; et obliger les populations à cotiser vers un système privé de retraites complémentaires si les travailleurs veulent avoir une retraite décente. C’est objectivement un transfert de fonds vers le capital financier.

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    Dès lors on ne voit pas comment, sauf en démissionnant, Macron pourrait tarir complètement le mouvement des gilets jaunes qui, au fil des semaines deviennent de plus en plus expérimentés. En jouant le pourrissement, il devait sans doute penser que les plus durs se lasseraient. Mais c’est le contraire qui s’est passé. En vérité ils sont le point de convergence des autres luttes sectorielles. A Bordeaux par exemple, on a vu les pompiers manifester aux côtés des gilets jaunes. Dans cette ville les macroniens tenaient leur congrès à l’abri des boucliers de la police. Ils sont tellement haïs, qu’il serait dangereux que les gilets jaunes les approches. Cette semaine il y a encore eu des permanences de députés LREM vandalisées, on se demande comment ces élus qui rasent les murs[5]. Même si les violences contre les permanences LREM sont relativement peu graves, cela suffit pour démontrer que ces députés sont sous surveillance. La mobilisation des gilets jaunes était nettement en hause ce samedi. A Paris ils ont tenté de s’approcher des Champs Elysées, ce qui a donné lieu à de nouveaux affrontements et des interpellations, dont celle d’Eric Drouet.

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    A Montpellier, des heurts ont amené les manifestants à brûler des voitures de la police municipale 

    Toulouse était noire de monde, on parle de 5000 manifestants sans que ce chiffre soit vérifiable. La manifestation la plus dynamique se tenait cette semaine à Montpellier. Les manifestants s’étaient préparés à la bagarre et pour cela avaient sorti les parapluies, comme à Hong Kong. La police a dû sortir les canons à eau, tandis que les gilets jaunes clamaient leur colère en rappelant la mort de Steve balancé dans la Loire et de Zineb consécutivement à des tirs de grenades lacrymogènes. Il y a eu quelques vitrines défoncées et des voitures de la police municipale brûlées. Manifestement à Paris il y avait aussi pas mal de gilets jaunes décidés à en découdre avec les forces de l’ordre. Cette attitude a entraîné une fragmentation de la manifestation, ce qui n’est jamais bon

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    A Montpellier les gilets jaunes s’inspirant des manifestants hongkongais ont sorti des parapluies 

    A Brest aussi il y avait une manifestation importante comme on n’en voyait plus depuis un bon moment. L’AFP dont la dépêche a été reprise en boucle par tous les médias a entonné l’air d’ « une rentrée sans grande ampleur » à propos des gilets jaunes, mais c’est un mensonge éhonté. A vue de nez dans toute la France c’est au moins 25 000 personnes qui ont manifesté. En somme, nous pouvons parler d’un samedi de remobilisation. Je pense que maintenant il faut mettre l’accent sur le RIP pour tenter d’annuler la privatisation honteuse d’ADP. C’est un bon angle de bataille pour les gilets jaunes il me semble, avec les retraites bien entendu. La police est en train de se démoraliser, en effet elle est non seulement sur le terrain depuis des mois, mais en plus elle subit les manifestations de haine des gilets jaunes. Elle prépare une marche blanche pour le mois de septembre, pour mettre l’accent sur la montée ne flèche des suicides dans cette institution. Quoi qu’on pense des exactions des forces de l’ordre l’idée d’une marche blanche est en elle-même une défiance des forces de l’ordre au gouvernement et à Macron. Les policiers ont par ailleurs mal pris le fait que Nuñez ait pris sa carte à LREM pour se lancer en politique, avouant par là qu’en tant que sous-ministre il avait bien eu une conception très politicienne de la répression des gilets jaunes.

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    Manifestation à Dijon

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    A Buchelay dans les Yvelines, c’est la plus grosse cabane des gilets jaunes toujours en activité



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