•  Le monde et la propagande européiste

    La prochaine échéance électorale en France seront les élections européennes. Elections qui ne servent à rien puisque l’essentiel du pouvoir dans l’Union européenne est détenu par la BCE, la Cour de Justice Européenne et la Commission européenne qui non seulement décide du budget, mais aussi des grandes orientations. Le parlement européen qui n’a pas le droit de définir les sujets qui seront traités, ne sert qu’au financement de quelques personnes qui ne trouvent pas à se caser ailleurs. Des gens qui ne seraient pas élu dans un scrutin personnalisé, mais qui peuvent y arriver dans un scrutin de liste, pour peu qu’ils aient magouillé pour être en haut de la liste. Ce fut le cas de Dany Cohn-Bendit par exemple, ou encore Rachida Dati, jeune retraitée du sarkozysme, ou encore Jean-Luc Mélenchon qui a démissionné en 2017 pour se faire élire député à l’Assemblée nationale et qui n’a guère brillé dans cette charge à Strasbourg. C’est bien payé et tranquille, 8500€ par mois auxquels s’ajoutent 4300€ de frais : il y a de gros moyens et donc des avantages. Mais il faut faire comme si l’Union européenne était démocratique et donc que les élections de son parlement croupion, encore plus croupion que le parlement français dominé par les députés LREM, étaient un moment important de la vie politique. Généralement ces élections ne mobilisent que très peu de monde. L’abstention atteint plus de 55% en moyenne en Europe, et même 80% ou plus dans les pays de l’Est. Il faut requinquer l’image de cette institution. Donc Le monde tête de pont en France de la propagande européiste s’y colle.

    Si depuis quelques mois Le monde doute de Macron en ce qui concerne la politique intérieure, il n’en est pas de même sur le plan international. Ils se sont mis cette fois près d’une dizaine de journalistes pour expliquer ce qu’il fallait faire pour sauver l’Europe des hordes fascistes amenées par Viktor Orban. Si le poids des mots est fort, celui des images l’est tout autant. Donc ils couronnent leur article d’abord d’une image où nous voyons à gauche Macron souriant, aimable, avec des reflets bleutés sur sa figure, bien peigné et sûr de lui. De l’autre, c’est Orban, autant dire le diable en personne. Il est jaune, mal coiffé, et en plus il fait la gueule. On aurait pu faire autrement. Par exemple mettre à gauche Orban et à droite Macron dans une posture assez enragée. Mais l’Europe européiste et ouverte se doit d’être accueillante et donc souriante. 

    Le monde et la propagande européiste 

    Le fonds du dossier vise à nous montrer et à nous prouver qu’il y a deux camps en Europe. Le premier est celui des « bons », des gens ouverts et accueillants pour les migrants. On y retrouve l’alcoolique Jean-Claude Juncker, ce même Juncker qui est surtout connu pour avoir organisé une fraude fiscale à grande échelle au profit des multinationales quand il était premier ministre du Luxembourg. Mais c’est un personnage sans légitimité. Ensuite il y a Angela Merkel, première ministresse en perdition dont la cote de popularité est en chute libre. Après avoir été l’artisan de l’ouverture généreuse de l’Europe aux migrants, elle a dû, devant les problèmes que cela posait, revenir en arrière. Sa politique migratoire est contestée non seulement à droite par la CSU et par AfD, mais à gauche maintenant par Aufstehen, parti bien plus à gauche que le SPD et Die Linke. On note également dans  ce  camp la présence de Donald Tusk, représentant d’abord des intérêts américains en Europe, puis désigné par l’oligarchie comme président de l’Union européenne, histoire de mimer une sorte d’Etat fédéral. Et puis voilà un peu à bas, mais à gauche tout de même, l’inénarrable Tsipras, premier ministre grec, celui qui bradé la Grèce à la Troïka et dont la popularité est encore plus basse que celle de Macron. Le monde présente Macron comme le chef de file de cet ensemble dont le plus fort dénominateur commun semble être l’impopularité. De l’autre côté, nous n’avons qu’un ensemble de personnalités qui ont pour trait commun d’être populaires dans leur pays. 

    Le monde et la propagande européiste 

    Une fois qu’on a bien catégorisé les bons – en bleu – et les méchants en orange, couleur louche par définition. Il faut présenter les deux camps. C’est ici du niveau des fake news, on fait comme si le camp des bons, Merkel en tête, avait accepté le leadership de Macron. C’est complètement faux. Et cela pour deux raisons : la première est stratégique, Merkel et les Allemands en général ne veulent pas des réformes à la Macron. Ils les jugent coûteuses et dangereuses car selon eux elles remettraient en cause leur autonomie nationale. La seconde est tactique, consacré le leadership de Macron en Europe serait lui permettre de créer en Europe un groupe politique qui absorberait une partie des élus PPE. Merkel n’en veut pas, elle préfère encore garder ce groupe en y incluant Orban. Dans le cas contraire, les soutiens d’Orban renforceraient naturellement le groupe des nationalistes. En outre, la plupart des dirigeants européens sont tout à fait au courant des déboires de Macron en France, et ils ne sont pas près de se ranger derrière un homme politique dont l’amateurisme devient plus évident de jour en jour, alors que sa popularité est aussi médiocre que ses résultats économiques.

    Enfin le couple franco-allemand n’existe plus depuis longtemps : il n’a fait semblant d’exister que le temps que l’Allemagne se refasse une virginité politique. Depuis la réunification, l’Allemagne se sent forte, sûre d’elle et dominatrice. Si elle a besoin de la France, c’est plus comme un vassal que comme un allié dont elle prendrait des leçons[1]. L’élection de 2017 avait laissé croire au Monde et à l’ensemble de la sphère européiste que Macron, à contre-courant des populismes, pouvait incarner un renouveau de l’Europe. Il n’en a rien été, les populismes sont plus forts que jamais et Macron est marginalisé sur à peut près tous les sujets.

    Tout à leur propagande, les journalistes du Monde ne se donnent même pas la peine d’envisager des scénarios un peu différents. Par exemple Jérôme Gauthier nous explique que Salvini est en train de rentrer dans le rang et accepte hypocritement la tutelle de Bruxelles sur le budget de façon à ne pas contrarier les riches hommes d’affaires qui le soutiennent[2]. C’est vrai en apparence. Mais on peut lire les déclarations de Salvini, au-delà d’une volonté de calmer les marchés, comme une manière de mettre la pression sur Bruxelles et donc de préparer une rupture peut être plus importante. C’est ce que pense Jacques Sapir[3]. Peut-être que Sapir se trompe, mais son analyse est intéressante, elle dépasse la fainéantise des journalistes du Monde qui ne font que répéter en boucle les communiqués de Bruxelles. L’analyse de Sapir risque d’être d’autant plus pertinente que dans un horizon pas très éloigné, le spectre d’une nouvelle crise financière est en train de ressurgir.



    [1] http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/09/25/31001-20170925ARTFIG00128-coralie-delaume-non-l-europe-n-en-a-pas-fini-avec-les-populismes.php

    [2] https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/09/06/en-italie-salvini-attenue-son-discours-anti-europeen-pour-rassurer-les-marches_5351067_3214.html

    [3] https://www.facebook.com/notes/jacques-sapir/litalie-face-aux-institutions-europ%C3%A9ennes/1385037794959468/

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  • Mélancolie ouvrière, Gérard Mordillat, 2018 

    Il y a beaucoup de films qui relatent les luttes sociales, certains sont des fictions, d’autres sont des documentaires, et d’autres des sortes de biographies filmées. C’est à ce dernier segment qu’appartient mélancolie ouvrière. Dans l’ensemble ces films ont un côté militant qui parfois déroute et les empêche le plus souvent d’atteindre le grand-public. Basé sur l’excellent ouvrage de Michelle Perrot, Mélancolie ouvrière raconte la vie de Lucie Baud, une ouvrière des soieries qui fut aussi une militante syndicaliste, et une meneuse de grève. Comme l’explique le livre, on ne sait pas grand-chose de ce qu’était et de ce qu’a fait Lucie Baud de sa vie. C’est une anonyme, quelqu’un qui ne cherche pas précisément la lumière mais qui veut agir pour sortir de la misère, et agir collectivement contre les abus de toute sorte d’un patronat de droit divin. Gérard Mordillat quant à lui a toujours eu la fibre ouvriériste : il est, en tant que romancier l’un des derniers représentants de la littérature prolétarienne. Le sujet ne pouvait donc que lui plaire, d’autant qu’il met en scène non seulement les tentatives collectives d’émancipation des femmes, mais aussi les oppositions face aux institutions établies, l’Eglise et l’Armée comme appui nécessaire au pouvoir patronal. Si le sujet est passionnant, le film n’a pas eu de très bonnes critiques. Celle de Télérama est désastreuse, ce qui a priori est un bon point pour Mordillat, tant cet hebdomadaire est conformiste. Le film a été financé par Arte, ce qui lui donne en réalité des moyens assez faibles, mais ces faibles moyens sont compensés par une distribution plutôt riche. D’abord dans le rôle de Lucie Baud Virginie Ledoyen, François Cluzet dans celui, très bref de son mari, le garde-champêtre, ou encore Philippe Torreton dans celui du syndicaliste d’origine italienne Charles Auda, et François Morel dans un tout petit rôle.

     Mélancolie ouvrière, Gérard Mordillat, 2018

    La vie de Lucie Baud, telle qu’on la connait par des témoignages très lacunaires, se confond avec l’histoire des soieries de la région grenobloise. Ouvrière entrée très tôt à l’usine, elle va devenir après la mort de son mari une syndicaliste très entreprenante. Elle laissera un article dans Le mouvement socialiste qui raconte justement son expérience dans les mouvements de grève. C’est donc un témoignage à la fois sur les conditions de la vie ouvrière dans le dernier quart du XIXème siècle et sur les débuts du syndicalisme, avec les luttes intestines qui iront avec : les grévistes contre les jaunes, mais aussi ceux qui voudraient bien que le syndicat soit aussi, au nom de l’efficacité une courroie de transmission pour les partis politiques qui visent à prendre le pouvoir, et ceux qui prônent un syndicalisme autonome et révolutionnaire. L’ouvrage de Michelle Perrot nous dit peu de chose sur les aspirations et les rêves de cette mère de deux enfants, mais veuve, et qui sans doute a trouvé aussi un exutoire à sa solitude dans le combat syndical. De même on ne sait pas trop de quel côté elle a penché en ce qui concerne les querelles internes au syndicat.

      Mélancolie ouvrière, Gérard Mordillat, 2018

    La rude tâche de Mordillat était de rendre compte de cette émotion qui nous prend à la lecture de cet ouvrage. Pour cela il a essayé d’imaginer ce que pouvait être la vie intime de Lucie Baud. Il lui invente ainsi une liaison avec Charles Auda, liaison qui n’est rien de moins qu’assurée. Pourquoi pas, il faut savoir s’éloigner parfois d’une réalité trop pointilleuse pour atteindre une certaine vérité. On a reproché au film de Mordillat d’être un peu trop anticlérical. Mais ce reproche n’est pas fondé, en réalité il n’invente rien du tout, et la collusion qu’il peut y avoir entre l’Eglise et le patronat va même plus loin que ce qu’il montre à l’écran. S’il détaille le rôle des curés dans le recrutement d’une main d’œuvre bon marché, soit à la campagne, soit en Italie, il ne parle pas de tout de ce que décrit Michelle Perrrot, par exemple de la présence de la religion au cœur même de l’usine, avec des plages de temps destinées à la prière. L’usine se parant volontiers à l’époque d’une mission éducative. Il reste en deçà de la réalité ! Mais ce n’est pas gênant. Il se rattrape si je puis dire en montrant l’importance de l’Eglise dans l’éducation des enfants. A l’époque de l’enfance de Lucie, l’école est principalement tenue par les sœurs et les curés. Par contre à vouloir a tout pris faire tenir d’aplomb une histoire d’amour avec Auda, Mordillat en vient à des incongruités. Par exemple c’est Auda qui dans le film trouve in extremis Lucie baignant dans son sang, après avoir fait une tentative de suicide. Cette surdramatisaion n’apporte rien à cette histoire qui sur le plan individuel retrace les déceptions d’une vie de combat et de solitude.

    Mélancolie ouvrière, Gérard Mordillat, 2018

    D’autres incongruités plus factuelles affleurent, notamment au niveau des chants utilisés dans le film. Que La Marseillaise soit absente est un peu choquant dans la mesure où à cette époque, c’est le principal chant révolutionnaire ce que signale incidemment Michelle Perrot dans son ouvrage, bien avant L’internationale qui n’est pas très connu et qui ne prendra de l’importance que dans le XXème siècle. La Marseillaise fut du reste, il faut le répéter, le premier chant révolutionnaire dans le monde, de la France aux Etats-Unis, en passant par l’Italie et la Russie. Il est aussi très incertain que Le temps des cerises que fredonne Lucie dans le film ait été un chant populaire dans ces contrées un peu à l’écart de la vie politique. Le congrès de Reims du syndicat du textile est analysé comme si Lucie Baud était marginalisée et qu’elle s’en soit plaint. Rien n’est moins sûr. Certes à cette époque là les syndicats sont dominés par les hommes, les femmes sont plus que minoritaires, mais on ne sait pas comment Lucie Baud a été accueilli. S’il est certain que Lucie Baud était une femme courageuse, on ne sait pas quel était son caractère. Michelle Perrot suggère qu’elle devait certainement être irascible et emportée. Quelle se soit heurtée aussi à ses deux filles, est très probable, mais jusqu’à quel point on n’en sait rien. Mordillat suppose que lassées des absences répétées de leur mère elles aient quitté le logement familial.  

    Mélancolie ouvrière, Gérard Mordillat, 2018

    Sur le plan cinématographique, il y a beaucoup de difficultés à montrer comment ces ouvrières sont aussi et en même temps des femmes de la campagne avec une vie intime. La conduite du récit est assez didactique : beaucoup de dialogues et d’échanges filmés en plans rapprochés sont là pour nous expliquer les nécessités de la lutte. Plus réussies sont les scènes d’usine, quand on voit les machines en marche et comment elles exercent une contrainte dure sur les femmes. Il y a un jeu d’ombres dans les recoins de l’atelier qui est très intéressant. Le mérite de Mordillat est de mettre d’abord en lumière un personnage « héroïque » si on peut dire, en même temps que d’attirer le regard sur ce que fut la vie martyrisée de ces femmes ouvrières des soieries. Ensuite de regarder notre époque où les luttes sont faibles, les syndicats inexistants, comme un reproche. Comment se peut-il en effet qu’on manque autant de courage pour se mettre à la tâche de changer enfin la société. Mordillat, comme Michelle Perrot au fond, excuse les « jaunes » auxquelles il attribue une dose d’ignorance très grande : elles viennent de la campagne, ou d’Italie, ne connaissant rien ou pas grand-chose de ce qui les attend. Mais aujourd’hui quelles excuses peuvent avoir des syndicalistes comme Laurent Berger pour se conduire en permanence en briseur de grève au motif que cela serait bien moderne ? La confrontation entre Lucie Baud et Duplan est savoureuse si on la met en parallèle de ce qu’on entend aujourd’hui. Quand Lucie expose ses revendications, le patron lui serine toujours la même chanson : il faut serrer les coûts, la concurrence est sévère, etc. Si on avait souscrit à cette antienne, on en serait probablement toujours à la journée de 12 heures et aux salaires de misère. Mais aujourd’hui c’est pourtant bien ce qu’on fait, on tolère le discours complètement rétrograde de Macron, sa tendance à rééquilibrer le partage de la valeur entre salaire et profit toujours plus en faveur des riches. L’histoire de Lucie Baud est aussi l’histoire de la défaite, pas seulement la sienne, mais celle du mouvement ouvrier et la nôtre du même coup.

    En tous les cas le film non seulement met l’accent sur la belle personnalité de Lucie Baud, mais permet aussi de s’intéresser aux travaux de Michelle Perrot, et ce n’est pas son moindre intérêt.

    Mélancolie ouvrière, Gérard Mordillat, 2018

    Unique photo de Lucie Baud, sans qu'on soit certain qu'il s'agisse bien d'elle

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  •  La lourde faute de Mélenchon

    C’est le vendredi 7 septembre 2018 que Mélenchon, pourtant un politicien chevronné, s’est ridiculisé définitivement. En effet, Macron est complètement dans le trou, incapable de dire quelque chose de positif, le voilà qu’il cherche à redorer son blason. Pour cela il vient à Marseille où il rencontre d’abord Angela Merkel &au Palais du Pharo. Le but étant de scénariser une entente franco-allemande qui n’existe pas, alors que lui-même et la chancelière allemande sont rejetés dans leur pays respectif et n’ont plus aucun crédit[1]. Le but était de montrer à leurs opinions publiques respectives qu’ils étaient tous les deux les partisans d’une Europe ouverte et généreuse face aux migrations, et dans le même de lancer la campagne des élections au Parlement européen pour 2019.

    Après ce premier temps, Macron a organisé, avec ses équipes, un bain de foule sur le Vieux Port. Certes il n’y avait pas grand-monde, et les personnes qui ont pu l’approcher étaient évidemment triées sur le volet. Mais l’important était de montrer à la France que Macron n’est pas encore complètement détesté. Là-dessus, Mélenchon qui se trouvait à Marseille dans un restaurant envoie ses équipes contacter celles de Macron pour organiser une rencontre impromptue. Le piège dans lequel s’engouffre Mélenchon se referme. Face au président, il bafouille, et c’est tout juste s’il ne s’excuse pas. Accusé d’avoir dénoncé la xénophobie de Macron, Mélenchon avance qu’il a exagéré[2]. Ce qui permet à Macron de jouer les présidents bon-enfant qui vient tirer l’oreille à un petit garnement.

    On peut se poser des questions sur les raisons d’une telle comédie montée manifestement par Mélenchon. Si on est de bonne composition, on dira que Mélenchon a voulu se montrer avec Macron pour faire la preuve qu’il était bien son seul opposant. Mais dans ce cas pourquoi l’a-t-il laissé mener l’échange ? Pourquoi lui a-t-il serré la main longuement, ce qui ressemble à de la connivence et qui ne sera guère apprécié de ses électeurs ?  

    La lourde faute de Mélenchon

    Au-delà de cette mise en spectacle d’une fausse opposition, il y a aussi le sujet sur lequel Mélenchon s’est excusé : c’est celui de l’immigration. En effet, la position de Mélenchon n’est jamais claire, ni sur l’Europe, ni sur les migrations. D’un côté il avance que la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, et de l’autre il accuse la politique de Macron d’être xénophobe et restrictive. Or s’il y a un point qui est assez clair, c’est que Macron, en tant qu’européiste et mondialiste, est pro-migrants et que s’il ne va pas plus loin en ce sens, c’est parce qu’il sait que l’opinion est inflammable sur ce sujet. On ne compte plus les déclarations fracassantes de Macron sur ce thème, même si depuis qu’il a été élu il s’est un peu calmé.

    Mélenchon apparait ainsi comme s’alignant sur les positions libérales de Macron en matière de migrations, alors qu’auparavant il tentait de défendre un souverainisme tempéré. Certes on comprend bien que la France Insoumise est traversée par des courants assez divers, les uns férocement immigrationnistes et très conciliants avec l’Islam comme Clémentine Autain par exemple, les autres se méfiant du communautarisme et comprenant que l’immigration de masse n’est pas favorable à une évolution sociale positive pour les plus défavorisés. Mélenchon n’a pas pris le tournant de Sarah Wagenknecht et de son nouveau parti Aufstehen qui a tiré les conclusions sur l’éloignement du SPD et même de Die Linke des aspirations populaires[3]. La gauche n’a de chance de retrouver le chemin du pouvoir que si elle écoute finalement le peuple plutôt que de vouloir lui faire la leçon.

    En agissant bêtement ainsi, Mélenchon et la gauche laissent face à face le RN et Macron. Si pendant un long moment Mélenchon est apparu comme l’opposant numéro 1 à la politique anti-sociale de Macron, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le grand gagnant de cet épisode peu glorieux de la politique-spectacle est bien Macron : en dévalorisant ainsi Mélenchon, il divise un peu plus l’opposition entre les supporters de Marine Le Pen et ceux de Mélenchon. Or l’alternance politique véritable ne pourra venir que d’une opposition souverainiste qui s’éloigne de la farce d’une complaisance envers les mouvements et associations pro-migrants dont les Français ne veulent pas.

    Toujours dans la magouille politicienne, Mélenchon en a rajouté dimanche sur les relations avec les débris pro européistes du PS. Le voilà qu’il réclame sans le dire un renouveau de l’Union de la gauche. Certes on comprend bien que les élections européennes sont en ligne de mire, mais non seulement sur le plan tactique le PS, aile gauche et aile droite confondues, est complètement dévalorisé, mais sur le plan stratégique c’est une erreur d’accorder de l’importance aux élections européennes qui sont, plus encore que les autres élections, une palinodie. Cette manière de faire tend à montrer que Mélenchon n’est pas capable de trancher le débat sur l’Union européenne, et donc il est probable que cet opportunisme serve d’abord à masquer le retour programmé de L’Europe sociale ou d’autre fadaises du genre qui endorment les électeurs de gauche depuis quarante années[4]. C’est d’autant plus idiot que le PCF n’attend que ça pour se requinquer en se démarquant de cette démarche sinueuse.

    Si la rentrée de Macron est complètement ratée, celle de Mélenchon est carrément catastrophique.



    [1] https://www.la-croix.com/Monde/Europe/Emmanuel-Macron-recu-Angela-Merkel-Marseille-2018-09-08-1200967229

    [2] https://www.closermag.fr/politique/coulisses-comment-emmanuel-macron-et-jean-luc-melenchon-ont-totalement-mis-en-sc-868853

    [3] https://www.lopinion.fr/edition/international/en-allemagne-debout-se-veut-gauche-anti-immigration-a-fois-159889

    [4] http://www.liberation.fr/amphtml/france/2018/09/09/melenchon-aux-socialistes-que-finisse-cette-longue-solitude-pour-moi-d-avoir-ete-separe-de-ma-famill_1677563

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  •  La bible aux racines du discours de l’économie

    L’économie politique orthodoxe, classique et néoclassique, a parfois la velléité de se présenter comme scientifique, donc au-dessus des questions de morale. Le plus souvent elle manifeste cette prétention en développant quelques équations mathématiques qui sont censées donner du corps à cette idée. Et pourtant cette économie qui représente principalement la volonté de la classe bourgeoise de maintenir sa domination, en vérité n’est qu’une reformulation de la Bible et de ses principes. Si on suit cette idée, cela signifie que l’économie politique n’est qu’une reformulation de la religion monothéiste, et que celle-ci est à peine l’expression d’une forme de pouvoir. La Bible, n’est pas cependant du seul usage de l’économie bourgeoise. Lorsqu’on y regarde de près, on se rend compte qu’elle a aussi beaucoup influencé Marx : l’idée du communisme primitif, une sorte d’âge d’or antérieurement à la déchéance de l’homme, sert de guide pour fixes les objectifs à atteindre. Il faut reconstruire l’état de la communauté humaine d’avant la chute, quand la société n’était pas divisée en classes antagonistes, ou même comme le dit Engels, quand les rapports entre les sexes n’étaient pas fondés sur la domination[1]. Mais il est vrai que les buts que fixaient Marx à la révolution socialiste étaient d’une part d’en finir avec le travail, de faire de l’homme un créateur de sa propre vie[2] et d’autre part de réconcilier l’homme avec la nature. Se donner de tels buts était une rupture avec la tradition chrétienne. 

    La peine et le plaisir et le patronat de droit divin 

    Il dit à l'homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre : Tu n'en mangeras point ! le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, Il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l'herbe des champs.  C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.  Adam donna à sa femme le nom d'Eve : car elle a été la mère de tous les vivants. Genèse, 3 17-19

    Ce passage de la Genèse est décisif à la fois pour comprendre la nature du travail, mais aussi celui de la division et de l’opposition entre les sexes. Le travail est clairement une punition et non pas un plaisir. Cette punition résulte du fait que l’homme a écouté sa femme et non la voix extérieure de Dieu. On voit bien que la faute initiale est celle de la femme, et que le principal reproche qu’on peut faire à l’homme est de l’avoir écoutée ! Il y a dans cette division des tâches les nécessités de la séparation entre les genres. A partir de ce moment où l’homme est chassé du jardin d’Eden, il ne peut plus échapper à la souffrance de chercher à se nourrir lui et sa famille. C’est à cette seule condition qu’il pourra retrouver l’estime de son créateur et son pardon. Le bonheur n’est pas un idéal terrestre, c’est bien pourquoi quand Saint-Just énonce « Le bonheur est une idée neuve en Europe » il est en rupture avec la religion[3]. Deux conclusions vont être tirées : tout d’abord que la vie n’est destinée qu’à rembourser en quelque sorte par son travail la dette auprès de son créateur, ensuite que le travail ne peut être rien d‘autre qu’une souffrance. Le travail en lui-même n’a pas d’utilité, on ne saurait y prendre du plaisir. C’est d’ailleurs cette désutilité qui justifie dans l’économie bourgeoise le salaire : celui-ci compense la peine. 

    Le salariat est décrit dès les débuts de l’économie politique libérale comme une dépossession, y compris par les économistes classiques comme Smith ou Ricardo. Le capital contre une rémunération dépossède l’individu de la maîtrise de son action. L’ouvrier parcellaire n’est pas intéressé par sa tâche, il n’est intéressé que par le salaire qui compense son labeur. Son but n’est pas de créer, mais d’obtenir de l’argent. Pour Marx et en général la pensée socialiste, c’est là la raison principale qui justifie la révolte contre les riches.  

    La bible aux racines du discours de l’économie

    Mais il y a une troisième lecture qu’on peut faire en creux de ce texte de la Genèse : sa réappropriation par la bourgeoisie incite directement à la soumission dans le travail, et donc même si la bourgeoisie a été le support des droits individuels, on comprend bien que ceux-ci s’arrêtent aux portes de l’entreprise. C’est le rôle du contrat entre le patron et l’ouvrier que de déposséder celui-ci de son libre arbitre dès lors qu’il franchit la porte de l’usine. Les relations deviennent telles alors, que la figure de Dieu est remplacée par celle du patron, avec la même logique de soumission et de punition. Tout le monde sait bien en effet au XIXème siècle que les ouvriers souffrent pour que les patrons et leur famille puissent vivre dans le luxe et l’abondance[4]. Cette image d’un patron équivalent à Dieu sur les lieux de travail, sera renforcée d’ailleurs au XIXème siècle par le fait que les patrons sont prompts à punir leurs ouvriers, par exemple par un système de retenue sur la paye pour peu que l’ouvrier arrive un peu en retard à son travail, ou qu’il ait fait quelques fautes dans sa fonction. Il suffit pour imposer ces punitions que le patron produise et affiche un règlement intérieur de son cru. Le règlement intérieur se revendique parfois d’une religiosité incongrue, incitant les ouvriers, à défaut de gagner beaucoup d’argent, à prier beaucoup pour supporter leurs misères[5]. L’idée est que les ouvriers, les pauvres, n’ont pas d’espoir de s’élever au-dessus de leur condition initiale, et donc que c’est là leur punition, ils doivent l’accepter.

    La grève ouvrière dans les premiers temps du capitalisme industriel possède plusieurs dimensions :

    - d’abord elle est une négation de la hiérarchie, et elle ne reconnait plus la suprématie du patron sur la vie réelle des ouvriers ;

    - ensuite, elle est une première étape pour se réapproprier son existence. Le rôle des syndicats sera d’accompagner cette évolution en faisant redescendre le patron de son piédestal, il n’est plus Dieu et redevient un homme comme les autres à qui cette fois on demande des comptes. C’est une rupture d’avec le sentiment de culpabilité. Remarquez que pour ce qui est de la période récente, le patronat a reconquis des droits sur les salariés, au fur et à mesure que le poids des syndicats diminuait régulièrement[6] ;

      La bible aux racines du discours de l’économie

    - enfin, le symétrique de ce mouvement naturel d’émancipation est la contestation de l’Eglise et plus généralement de la religion.

     « La misère religieuse est tout à la fois l'expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l'âme d'un monde sans cœur, de même qu'elle est l'esprit d'un état de choses où il n'est point d'esprit. Elle est l'opium du peuple. »[7]

    Il ne peut donc y avoir d’émancipation du peuple sur le plan économique sans abandon des vieilles lunes de la religion : en effet pour les socialistes, d’emblée, la vie individuelle et sociale n’est pas forcément vouée à la souffrance et au malheur. Evidemment pendant longtemps la classe ouvrière a considéré que l’Eglise était aussi le soutient du pouvoir économique, d’un pouvoir hiérarchique, et que c’était probablement là sa plus réelle justification. Ce n’est pas un hasard si les religions font leur retour sur le devant de la scène, au moment même où les luttes sociales sont au plus bas et où les syndicats ont de moins en moins de pouvoir. Les hommes politiques les plus réactionnaires aiment faire étalage de leur religiosité, Ronald Reagan, Margaret Thatcher, Nicolas Sarkozy ou encore Emmanuel Macron. S’échapper l’emprise de la religion, c’est relever la tête et refuser de souffrir pour payer des péchés imaginaires qui ne sont là que pour masquer une volonté cupide d’enrichissement. L’ennui avec cette rhétorique mortifère est qu’elle n’est pas compatible avec la société de consommation. 

    De la domination de l’homme sur la nature et la croissance économique 

    « Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme.  Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.  Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture… » Genèse 1 27-29 

    L’économie politique moderne, celle qui a servi d’abord de justification au capitalisme industriel, repose sur l’idée de croissance et non pas de bien-être. La croissance est un futur en devenir, une promesse, elle est là pour faire patienter les plus pauvres : les hommes politiques réactionnaires, par exemple Hollande et Macron, pour ne parler que des derniers présidents, supposent et disent qu’on ne peut pas donner plus aux pauvres, que d’abord il faut produire des richesses avant de les distribuer[8]. La croissance permet de contourner la question du partage de la richesse. Il n’est pas question de modifier le partage du gâteau, mais il faut accroitre le gâteau lui-même. Evidemment on peut ne pas être d’accord avec cette idée lugubre qui non seulement se refuse à remettre en question les positions acquises, mais qui se refuse aussi à voir que la croissance économique est forcément bloquée en un point parce que les ressources naturelles sont évidemment limitées face à la croissance de la population. Il est d’ailleurs curieux que ce soit Malthus, pourtant pasteur de son état, qui ait soulevé le premier ce lièvre : dans la mesure où les pauvres se reproduisent plus vite que ne peuvent croître les richesses agricoles, ils sont voués à la pauvreté[9]. Les salariés doivent continuer à travailler seulement pour rester en vie. Mais le système dans son ensemble, n’est jamais satisfait, car comme il faut réinvestir les excédents, il faut inciter l’homme à travailler plus, ou encore faire en sorte que plus d’hommes travaillent dans un élargissement sans fin du marché. En ce sens la croissance de la population conditionne celle du profit, et donc il faut l’encourager.  

    La bible aux racines du discours de l’économie 

    Si pendant quelques décennies, il semblait que les prévisions de Malthus soient erronées, notamment parce que le progrès technique permettait d’améliorer clairement les rendements agricoles, la réalité nous rattrape aujourd’hui, la surpopulation est clairement une entrave au développement et menace dangereusement la survie même de l’espèce à la surface de la planète. On voit donc que la parole biblique encourage la croissance sans frein et de la population et de la richesse, et en ce sens, elle justifie que l’on ne s’interroge pas sur la pertinence du partage de la richesse. Or, si on commence par tenir compte des limites des ressources naturelles, il devient évident que la croissance doit s’arrêter. Et donc sans aller jusqu’à la question de la décroissance[10], il semble que la question d’aujourd’hui soit le partage de la richesse plutôt que sa croissance au moins pour ce qui concerne les pays les plus riches dont une grande partie de la consommation se porte sur des objets relativement inutiles et sur le gaspillage. Si on tolère cette dérive, c’est parce que c’est elle qui permet le profit. Mais se référer à l’idée de croissance permet d’éviter de poser la question de la justice sociale. On comprend qu’en soutenant que la croissance est la clé qui permet de sortir de la pauvreté, on suppose que le partage de la richesse est juste parce qu’il émane des mécanismes de marché. Depuis Turgot à la fin du XVIIIème siècle, le discours est toujours le même : un partage équitable de la richesse égalitaire amènerait tout le monde à la famine. Cette idée apparait dans toute sa débilité lorsqu’on la ressort encore au XXIème siècle, alors même que le 1% des plus riches captent 82% de la croissance de la richesse[11] !

    Faisons deux remarques à ce propos. La première est que dans le discours qui justifie les inégalités, le marché s’est substitué à Dieu, il ordonne et on doit s’y plier. On doit se soumettre dans les deux cas à une loi qui est supérieure à celle des hommes. La seconde est que le partage de la valeur ne peut pas être naturel : sinon le partage entre salaires et profit ne serait pas aussi instable, la baisse de la part des salaires est en effet rapide et importante à partir du début des années quatre-vingt. Il faut bien que cette oscillation soit aussi le résultat d’une lutte entre les bourgeois et les salariés.   

    La bible aux racines du discours de l’économie

    L’autre aspect de l’extrait de la Genèse est qu’il justifie la domination et la soumission de la nature. Elle considère donc que la nature est séparée de l’homme, voire qu’elle est son ennemi, et c’est cette idée de séparation qui sans doute condamne l’économie politique à n’être qu’un succédané de la religion. Quand on lit Les éléments d’économie pure de Léon Walras[12], on est frappé justement par le fait qu’il considère la nature comme gratuite[13], un capital qui n’a pas besoin d’être amorti, et qui est toujours disponible pour alimenter l’activité économique. Curieusement il considère que c’est le travail et le capital – c’est-à-dire l’argent – qui sont les deux ressources rares. En vérité c’est bien l’inverse qui est vrai, l’argent, compte tenu des moyens modernes du crédit, est surabondant, les crises financières le prouvent, et le travail aussi, les mouvements migratoires et le chômage en sont la preuve. Si au contraire on considère que l’homme doit vivre en symbiose avec la nature, alors il doit d’abord préserver celle-ci pour se préserver lui-même. Donc il est bon de partir d’un modèle qui au contraire parte de l’idée que les ressources de la nature sont rares et que le travail et l’argent sont surabondants. Evidemment si on adhère à ce postulat le schéma d’exploitation de l’homme par l’homme et de la nature par l’homme, tombe de lui-même. A l’heure où on commence à prendre conscience de cette finitude, il est inconvenable d’utiliser encore le même vieux modèle de penser.

     

    Conclusion 

    Nous n’avons pris ici que deux exemples des rapports louches que l’économie politique dominante entretient avec la Bible. On voit donc qu’elle n’est pas un discours moderniste qui rompt avec les formes religieuses de la pensée : au contraire, elle apparait comme un rafistolage d’un ordre ancien : derrière la célébration de la Science, il y a un retour à la religion qui est masqué. Récuser l’économie politique dominante c’est donc quelque part s’émanciper du discours religieux. Si nous visons à la fois une société plus égalitaire et émancipatrice, il nous faut combattre à la fois la pensée religieuse et l’économie politique en tant qu’elle est un recyclage de la première, un discours de soumission.



    [1] Friedrich Engels, L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat, 1884

    [2] Karl Marx & Friedrich Engels, L’idéologie allemande, 1845.

    [3] Saint-Juste, Discours du 3 mars 1794.

    [4] Seul Emmanuel Macron ne semble pas avoir compris cela qui énonce bêtement – au Forum de Davos – que « la vie d’un entrepreneur est plus dure que celle d’un salarié ». si ce genre de jérémiade peut l’aider à trouver des sponsors, cela passe moins bien aux yeux des salariés qui savent à quoi s’en tenir, surtout à une époque où les inégalités de revenus ont explosé. http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/01/20/20002-20160120ARTFIG00131-pour-macron-la-vie-d-un-entrepreneur-est-plus-dure-que-celle-d-un-salarie.php

    [5] Voir par exemple le règlement intérieur de l’usine Michelin en 1860. https://bataillesocialiste.wordpress.com/2008/02/13/un-reglement-dusine-en-1860/

    [6] Joseph Stiglitz, Le prix de l’inégalité, Les liens qui libèrent, 2012.

    [7] Karl Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel, 1843.

    [8] http://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-macron-un-maitre-d-ecole-droit-dans-ses-bottes-13-04-2018-2210318_20.php

    [9] An Essay on the Principle of Population, traduit en français sous le titre, Essai sur le principe de population, 1798. Cet ouvrage publié de façon anonyme fera l’objet de nombreuses rééditions, et Malthus conviendra dans les dernières éditions que le principe de population peut être contourné grâce notamment au progrès technique.

    [10] Serge Latouche, Le pari de la décroissance, Fayard, 2006.

    [11] http://oxfamfrance.org/communique-presse/justice-fiscale/davos-2018-1-plus-riches-ont-empoche-82-des-richesses-creees-lan

    [12] Eléments d’économie pure, ou théorie de la richesse sociale, Guillaumin et George, 1874.

    [13] Un don de Dieu dirait les Physiocrates.

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  •  Réflexions sur la pensée complexe, mais décomplexée du président Macron

    Macron depuis qu’il est candidat à la présidence de la République se répand dans les médias avec constance, et cela s’est accéléré encore depuis qu’il a été malencontreusement élu, ce que les deux tiers des Français semblent aujourd’hui regretter. A travers ces citations qui masquent assez mal la folie qui le guette, Macron avance ses obsessions, par exemple quant à la gratuité du travail, ou la disgrâce dans laquelle est tombée la géographie pour lui. Pour tous les fainéants et les cyniques qui n’ont pas bien suivi ce qui se passe depuis un an, nous allons faire un récapitulatif qui va montrer combien par ses petites phrases Macron a bouleversé le vieux monde. Cependant, il se retrouve bien seul, Hulot l’a quitté, Stéphane Bern parle de suivre ce mouvement, et les critiques ne sont pas le simple fait des extrêmes. Elles viennent de partout dans une sorte de sauve qui peut, plus personne ne veut assumer qu’il a soutenu cette candidature clownesque à la Présidence. 

    "Il y a, dans cette société (Gad), une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées" (09/2014)

    C’est bien vrai, c’est femmes auraient dû mieux travailler à l’école, elles auraient pu ainsi devenir banquières chez Rothschild, et même peut-être avec un peu de chance présidentes comme lui. Le combat contre l’illettrisme est une priorité pour Macron. Contrairement à ce qui a été dit ici et là, il n’est pas du tout méprisant, étant lui-même assez illettré pour ne pas savoir où se trouve la Guyane ou Villerbanne.

    "Avec ma ligne d’autocars, les pauvres pourront voyager plus facilement" (10/2014)

    Mais pourquoi veut-il faire voyager les pauvres ? Pour leur faire voir du pays ? Pour les montrer aux riches comme dans un cirque ? Ou pour les empêcher d’aller travailler ?

    "Je ne suis pas là pour protéger les jobs existants" (12/2014)

    Oui, c’est clair il est plutôt là pour les détruire en vendant des pans entiers de la France aux Américains, aux Chinois ou aux Qataris. Mais pourquoi est-il là au fait ? Personne n’a été capable de me répondre.

    "Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires" (janvier 2015)

    Certes, c’est un beau programme, mais il y a une règle économique incontournable, c’est que pour qu’il y ait plus de milliardaires, il faut augmenter le nombre de pauvres. Sans doute est-ce pour cela qu’il est immigrationniste pour qu’il y ait de plus en plus de pauvres et que les jeunes puissent enfin devenir milliardaires.

    "Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout des autres. J’essaierai de me battre d’abord" (02/2015)

    Il est en effet très bon de se battre, mais la question c’est de savoir contre qui. Que voulait dire Macron ? Qu’il fallait se battre contre les patrons pour les obliger à embaucher, contre lui-même dont la politique engendre la récession et le chômage ?

    "Je pense qu’il y a une politique de fainéants, et il y a une politique d’artisans. Moi, je suis avec les artisans" (02/2015)

    Donc si on comprend bien la pensée complexe du président, le monde se divise en deux : les artisans, et les fainéants. Dans quelle catégorie range-t-il les paysans et les ouvriers, les patrons et les cadres ? Mais quand il a balancé cette phrase, il visait directement ses prédécesseurs qui n’en ont pas foutu une ramée.

    "Les salariés français sont trop payés" (03/2015)

    C’est une évidence. Je le disais encore à mon boucher pas plus tard qu’hier. Car s’ils étaient moins payés, les premiers de cordée seraient mieux récompensés de leurs efforts. Et d’ailleurs s’ils étaient moins payés, ils consommeraient moins, ce qui serait très bon pour l’écologie.

    "La France est en deuil d’un roi" (07/2015)

    Nous comprenons ainsi qu’il se propose pour le poste. Mais peut-être a-t-il oublié pourquoi la France était en deuil d’un roi. Il se trouve que c’est le résultat d’une révolution et d’une décapitation. Les autres rois qui ont tenté de reprendre le flambeau pour restaurer la fonction ont plutôt mal finis.

     Réflexions sur la pensée complexe, mais décomplexée du président Macron

    "Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est gratuit quand ils sont mineurs" (08/2015)

    Macron est assez constant dans ses lubies, il aime le travail quand il est gratuit, avant que d’être forcé. On suppose que l’évolution rétrograde de sa politique consistera à revoir cette question de minorité. En effet en repoussant la minorité toujours plus loin et en requalifiant ces salariés toujours prêts à geindre au lieu de travailler, il y aura encore un peu plus de travail gratuit et un peu plus de profit pour les premiers de cordée qui souffrent bien plus qu’on ne croit.

    "Être élu est un cursus d’un ancien temps" (09/2015)

    Oui, il vaut évidemment mieux être désigné comme il l’a été par l’oligarchie financière plutôt que de tenter de se confronter aux électeurs dont les mauvaises manières sont toujours un risque.

    "Le libéralisme est une valeur de gauche" (09/2015)

    C’est une évidence. Jaurès, Marx et même Lénine étaient des « gens de gauche ». D’ailleurs c’est bien pour ça qu’il est comme qui dirait cul et chemise avec le révolutionnaire Daniel Cohn Bendit. Bref Macron-le-rouge n’est pas l’homme du grand capital, mais plutôt in infiltré dans le système pour défendre la cause des prolétaires. D’ailleurs Margaret Thatcher que Macron admire tant (voir ci-dessous) était bien connu comme une figure éminente de la gauche britannique.

    "Les jeunes veulent être entrepreneurs, pas fonctionnaires" (09/2015)

    C’est vrai, la fonction publique est très mal payée. Il y a de moins en moins de monde dans les concours de la fonction publique. En même temps supprimer le fonctionnaire c’est supprimer la fonction publique et la fonction publique c’est l’Etat. Je me souviens qu’un des lointains prédécesseurs de Macron, Valéry Giscard d’Estaing qui avait de l’audace présidait le dépérissement de l’Etat – comme Lénine !

    "Je n’aime pas ce terme de modèle social" (10/2015)

    Ce n’est pas tant modèle qui ne lui plait pas que social. Social ça vous a un parfum de collectivisme et de solidarité qui nuit clairement aux affaires.

    "Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties" (01/2016)

    C’est pour cette raison qu’il faut les protéger comme une espèce en voie de disparition. Le CICE qui coûte tout de même 20 milliards d’euros par an, a été monté pour cette raison. Contrairement à ce qu’on croit généralement, ce sont les patrons qui font tout pendant que les ouvriers se la coulent douce, jouent à la bataille navale, voire son en congé maladie.

    "Les salariés français doivent pouvoir travailler plus sans être payés plus, si les syndicats majoritaires sont d’accord" (01/2016)

    Il n’avait pas besoin d’ajouter si les syndicats majoritaires sont d’accord. Le plus important est que les salariés français acceptent de travailler gratuitement, ce qui est l’objectif de la politique de Macron, en tous les cas c’est ce qu’il répète chaque fois qu’il le peut. Il est clair qu’avec Macron le salariat c’est terminé, c’est le retour de la corvée.

    "Vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler" (05/2016)

     Réflexions sur la pensée complexe, mais décomplexée du président Macron

    Evidemment, qu’est-ce que c’est que ces gens qui croient qu’on peut se payer un costume princier en rien foutant, en allant toucher les allocations chômage. Certes Macron n’a jamais vraiment travailler, mais est-ce une raison pour qu’il n’ait pas un beau costume avec une double poche sur le côté droit ? Nous apprenons également qu’il n’a pas peur des tee-shirts, démontrant par là qu’il a un certain courage tout même, car les tee-shirts, tu m’as compris, bien fou qui s’y fierait.

    "35 heures, pour un jeune, ce n’est pas assez" (11/2016)

    C’est vrai, mais en même temps les jeunes chômeurs seraient bien contents d’avoir trente-cinq heures. Si pour le même salaire ils pouvaient travailler deux fois plus ce serait bon pour les premiers de cordée qui auraient enfin les moyens de créer des emplois de qualité et en quantité.

    "Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains" (11/2016)

    Nous voyons que Macron, contrairement à ce que disent les médisants connait très bien la géographie. Il a étudié le profil de ceux qui travaillent pour Uber ou pour un VTC quelconque et il a bien repéré qu’ils venaient tous de Stains. Il savait, pour y être aller et pour y avoir acheté du produit, que tous les gens de Stains vendent de la drogue. Il est donc bon qu’il protège ces malheureux de la tentation de l’argent facile

    “Lorsqu’on habite Stains en région parisienne ou Villeurbanne en région lilloise, il est plus simple de créer son entreprise et de chercher des clients que d’avoir un entretien d’embauche” (11/2016)

    Notre président dans son ouvrage Révolution dont est extrait cette phrase magnifique nous apprend qu’il révolutionne très précisément la géographie avec laquelle on le croyait fâché. En effet une vision de l’ancien monde, et pour tout dire bourgeoise, laissait entendre jusqu’ici que Villeurbanne se trouvait dans la région lyonnaise. Et bien c’était une idée reçue. En réalité Gérard Collomb est bien maire de Lille et Martine Aubry, maire de Lyon. Et donc en suivant ce raisonnement complexe, on suppose que les habitants de Stains – cette magnifique ville qui lui tient à cœur – peuvent aller vendre facilement de la drogue à Villeurbanne puisque c’est proche de Lille et que les bus Macron ne sont pas très chers.

    "L’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier" (01/2017)

    Et évidemment c’est de là que vient tout le mal. Les alcooliques du bassin minier, parce qu’ils se sont laissés aller, n’ont plus le ressort nécessaire pour créer leur start up.

    "Le chômage de masse, en France, c’est parce que les travailleurs sont trop protégés" (02/2017)

    C’était déjà ce qui se disait au XIXème siècle et jusqu’à la Grande crise de 1929. Et si on l’a répété au fil des décennies c’est que ce doit être vrai. Là encore c’est une certitude apodictique. Certes il y a des pays comme la Grèce ou l’Espagne qui ont des taux de chômage 2 ou 2,5 fois plus élevés qu’en France, alors que dans ces deux pays ont a détruit cette fameuse protection sociale pratiquement dans son entier, mais c’est juste un détail, ou encore on pourrait dire des exceptions qui confirment la règle.

     Réflexions sur la pensée complexe, mais décomplexée du président Macron

    Alcoolique illettré et tabagique fêtant le décès de Margaret Thatcher

    "Les Britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher" (02/2017)

    Mais les Britanniques sont des ingrats, ils se rendent si peu compte de la chance qu’ils ont eu d’avoir cette vieille alcoolique comme premier ministre qu’ils l’ont chassée du gouvernement, et qu’en outre ils ont bu le champagne lors de sa disparition. Sans doute que nous qui avons la chance d’avoir Macron nous agirons de même avec lui.

    "Il n’y a pas de culture française (…) Moi, l’art français, je l’ai jamais vu" (02/2017)

    Nous avions en effet compris que Macron n’aimait pas vraiment l’art, surtout l’art français, et c’est pour cela qu’il ne l’a jamais vu. D’ailleurs il ne peut pas y avoir d’art français puisque la France n’existe pas et n’a jamais existé. Parlons plutôt d’un art européen voulez-vous ! Le second sens qu’on peut donner à cette phrase puissante, c’est qu’en réalité Macron ne va pas très souvent dans les expositions ou les galeries.

    "C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne électorale. La politique, c’est mystique" (02/2017)

    Nous comprenons par là que le programme qu’il a publié dans un livre qu’il a signé, Révolution, en vente sur PriceMinister pour 0,90€, est une erreur. C’est vrai, mais pourquoi alors tente-t-il de l’appliquer ? C’est un mystère qui n’a d’égal que celui de la Sainte-Trinité.

    "Je suis pour une société sans statuts" (03/2017)

    Ne voulait-il pas dire qu’il était comme certains musulmans pour une société sans statue ? mais s’il voulait parler de statut, il suppose ainsi que le « statut très discutable de la première dame de France » n’existe pas non plus et donc que celle-ci ne coûte rien à la nation, contrairement aux médisants qui nous disent que le statut de Brigitte Macron coûterait 400 000 par an aux contribuables.

    "Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires est une nécessité" (04/2017)

    Une nouvelle façon de répéter que le travail ne mérite pas forcément un salaire et que finalement la corvée au Moyen-Âge ce n’était pas un si mauvais système, bien au contraire. Certes les pauvres n’avaient pas tout le confort, ni même l’eau courante, mais il vivait au grand air.

    "Le Kwassa-Kwassa pêche peu, il amène du Comorien" (06/2017)

    Cette blague fort drôle comme le dit Castaner, montre que sous ses airs de séminariste constipé, Macron a aussi le sens de l’humour. Evidemment il n’irait pas se moquer des premiers de cordée qui ont déjà bien des difficultés. Mais le Comorien comme on sait n’est pas un premier de cordée, et ce qu’il traficote est assez peu clair.

    "Une gare, c’est un lieu où l’on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien" (06/2017)

    Il va de soi qu’une société où il n’y aurait pas de gens de rien, ou par exemple il n’y aurait que des riches serait plus facile à gouverner.  Déjà s’il n’y avait que des riches il n’y aurait pas de grève de la SNCF et les gares seraient des lieux bien plus conviviaux

    "Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois, ou perdus" (07/2017)

    La politique de Macron est très efficace. La preuve ? Il n’y a plus personne dans les rues et dans les bois, elles sont maintenant bien rangées sous les ponts. C’est un progrès essentiel et la preuve que le président sait tenir ses promesses. 

    Réflexions sur la pensée complexe, mais décomplexée du président Macron

    Le programme de Macron pour loger les sans-abris marche à fond

    "Je n’aime pas le terme de pénibilité. Donc, je le supprimerai, car il induit que le travail est une douleur" (07/2017)

    Le travail c’est la santé, c’est bien connu et ceux qui disent qu’il y a des accidents du travail sont des facétieux qui oublient que généralement la faute est toujours celle des salariés ultra-protégés par le code du travail. Le terme de pénibilité doit être banni. Pour l’instant au train où vont les choses, en supprimant le travail pour cause de chômage Macron en finit avec la pénibilité.

    "Quand tu es Président, ce n’est pas le moment où tu gagnes le plus d’argent" (08/2017)

    C’est encore vrai, mais c’est un bon investissement pour la suite, non seulement parce qu’il va avoir une grasse retraite à vie, mais un carnet d’adresse tellement épais qu’il pourra le revendre très cher par tranche pour acheter des sacs Vuitton à Brigitte.

    "Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes" (09/2017)

    Les fainéants, les cyniques et les extrêmes sont des races particulières de gaulois réfractaires à la réforme. On ne sait pas encore pourquoi ils n’ont pas été expulsés de la France.

    "Mes conseillers sont jeunes, j’assume. Les maréchaux d’Empire étaient jeunes et ce n’étaient pas des paysans" (09/2017)

    Les paysans franchement, à part ceux qui ont su évoluer vers l’agriculture industrielle, ils ne valent pas un coup de cidre. Ils sont sales, ils sentent mauvais, et en plus ils se grattent l’entrejambes. Mal éduqués ils leur arrivent aussi de péter ou de roter. Certes ils nous donnent à manger, mais est-ce bien justifier de maintenir cette race inférieure encore en vie. Macron a très bien fait, car il fait tout bien, de ne pas recruter ses conseillers parmi les paysans. C’est pourquoi il a choisi Alexandre Benalla – dont ce n’est peut-être pas le nom véritable – comme conseiller. Car Benalla n’est pas un paysan, et comme un maréchal d’Empire, il est jeune. N’a-t-il pas démontré sa vigueur et son efficacité place Mouffetard le 1er mai 2018 ?

    "Les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel" (09/2017)

    Lui-même est en effet un raté du suffrage universel. C’est sans doute pour cela qu’il a écrit un ouvrage intitulé Révolution. Pour démontrer l’inefficacité du suffrage universel et sans doute celle de la démocratie. Avec Macron qui est autant démocrate que moi je suis évêque, nous avons franchi une nouvelle étape sur le chemin qui mène à la post-démocratie

    "La démocratie ne se fait pas dans la rue" (09/2017)

    Elle se fait en effet à l’Institut Montaigne quand la question s’est posée de choisir entre Fillon et Macron. Le choix était difficile. Fillon le candidat du lobby des assurances, avait beaucoup de casseroles, Macron, le candidat des banquiers dont la sagesse est tellement légendaire qu’on pourrait leur confier la totalité de la gestion des affaires publiques, l’a finalement emporté au prix d’une compétition féroce. Remarquez que cette remarque est tellement juste que si la démocratie se faisait dans le confort boisé de l’Institut Montaigne par exemple, cela économiserait les frais de la campagne électorale et donc les dépenses destinées au remboursement des frais des candidats.

    "Certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes, là-bas, parce qu’il y en a qui ont les qualifications, et ce n’est pas loin de chez eux" (10/2017)

    C’est bien envoyé, là-bas est une entreprise qui embauche beaucoup ces derniers temps, et en plus là-bas comme dit le président c’est pas très loin, c’est même tout à côté. J’y suis allé, là-bas, et franchement c’est bien. Il fait doux, il pleut rarement, et les patrons sont gentils. Ils vous embauchent même si vous n’exigez pas de salaire.

    Réflexions sur la pensée complexe, mais décomplexée du président Macron

    "Je ne suis pas la père Noël" (en Guyane, 10/2017)

    Les Guyanais doivent se poser des questions sur les messages que leur envoie le président. D’abord il leur avait dit que leur territoire était en fait une île[1], ce dont ils ne se seraient jamais doutés, et maintenant il leur explique qu’il n’est pas le père Noël. Car s’il n’est pas le père Noël, qui l’est ? Sans doute voulait-il par cette pensée intéressante rétablir l’idée que le père Noël existait bien, mais que ce n’était pas lui.

    "Je crois à la cordée. Il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont du talent, je veux qu’on les célèbre. Si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui dégringole" (10/2017)

    Oui il veut célébrer les premiers de cordée, les lécher, les sucer, qu’ils se sentent un peu aimer par ses salauds de pauvres. Il y en à marre qu’il n’y en ait que pour les pauvres à la fin. Pour cette raison Macron et son gouvernement augmentent la CSG, diminue les APL tout en supprimant l’impôt sur la fortune et en pérennisant le CICE, plus quelques autres bricoles comme la suppression de l’exit tax

    "Ceux qui naissent pauvres restent pauvres. Il faut responsabiliser les pauvres pour qu’ils sortent de la pauvreté" (06/2018)

    Il est évident que les pauvres sont irresponsables, et c’est pour cela qu’ils restent pauvres. En les responsabilisant, en leur interdisant de boire et de fumer, de conduire leur vieille Twingo à plus de 80 kmh, ils vont créer leur start up et ainsi devenir, pourquoi pas, il ne faut rien d’interdire, des riches. Et nous savons bien que ce sont les pauvres le problème, pas les riches, en effet ceux-ci non seulement souffrent beaucoup comme il a été dit, mais s’ils restaient entre, s’il n’y avait pas de pauvres, et bien il n’y aurait pas toutes ces revendications qui font que de temps en temps notre président prend des œufs sur la tête.

    "On met un pognon de dingue dans les minima sociaux, et les gens ne s’en sortent pas" (06/2018)

    On comprend très bien qu’en enlevant un pognon de dingue dans les minimas sociaux les « gens » cette catégorie indistincte s’en sortiront beaucoup mieux. Il vaut mieux en effet donner tout cet argent par exemple sou la forme du CICE ou du crédit d’impôts aux très riches qui s’en sortent mieux avec le pognon.

    "Je dis aux jeunes : Ne cherchez plus un patron, cherchez des clients" (06/2018)

    Il semblerait que Macron par cette pensée un peu obscure veuille que les jeunes se lancent dans le commerce de la drogue. Mais le conseil semble sage tout de même, des clients il y en a partout, pourvu qu’on trouve le bon produit à débiter en tranches. Si c’est du bon, ils en veulent tous !

    « Les Bretons c’est la mafia française, ils sont partout » (06/18

    Macron a une rancœur particulière contre les Bretons, pourtant ce peuple avisé quoiqu’un peu illettré lui avait donne beaucoup de voix au premier tour de l’élection présidentielle. Cette phrase, il l’a prononcée en s’adressant au Pape. Car comme on le sait chaque fois qu’il est à l’étranger, c’est plus fort que lui, il faut qu’il dise du mal des Français. Mais il est bon d’éclairer le Pape sur les Bretons qui sont par ailleurs les plus catholiques des Français.

    "Si un jour tu veux faire la révolution, tu apprends d’abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même" (07/2018)

    Macron lui-même a fait sa révolution dans un livre qu’il a signé – sans forcément l’avoir écrit d’ailleurs – mais il est vrai qu’avant cela il avait un diplôme, celui de l’ENA, quoique ce ne soit pas lui qui se nourrisse, mais Rothschild, puis Hollande.

    "S'ils veulent un responsable, qu'ils viennent me chercher" (à propos de l'affaire Benalla, 07/2018)

    Lorsque les infirmiers sont venus le chercher pour l’emmener, il s’était réfugié sur les toits, lançant des tuiles sur les pompiers qui tentaient de le faire descendre. Il bavait légèrement, mais il ne semblait pas avoir une fureur homicide. A l’inverse, il semblait prostré dans une mélancolie profonde, comptant ce qui lui restait de cheveux à la fin de son quinquennat.

    “Ce peuple luthérien, qui a vécu les transformations de ces dernières années, n’est pas exactement le Gaulois réfractaire au changement !” (08/2018)

    Castaner qui sait décoder la pensée complexe du président nous dit qu’en réalité il faut voir dans cette phrase seulement un trait d’humour. Macron voyez-vous est en fait une âme simple, il rit de tout et de rien, mais nous sommes trop imbus de nous-mêmes pour apprécier ce genre de facétie.

     Réflexions sur la pensée complexe, mais décomplexée du président Macron

     



    [1] http://www.lepoint.fr/presidentielle/emmanuel-macron-et-l-ile-de-guyane-27-03-2017-2115006_3121.php

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