•  Christine Breton et Sylvain Maestraggi, Mais de quoi ont-ils peur ?  éditions commune, 2016

    De quoi parle cet excellent ouvrage ? Il parle de Marseille comme d’un personnage fabuleux, une ville unique à la croisée des mondes. C’est du Marseille de l’entre-deux-guerres dont il s’agit ici et c’est déjà une raison suffisante pour le lire. On se trouve dans une période compliquée sur le plan politique, économique et sans doute aussi de la culture et des mœurs. Cette ville bien sûr n’existe plus, elle a complètement été détruite, mais peut-être n’a-t-elle jamais existé. J’ai eu l’immense chance d’en connaître les merveilleux vestiges puisque j’y suis né et que longtemps j’y ai habité. Nous sommes en 1926, la révolution prolétarienne a échoué en Europe centrale, et son sort semble scellé en Russie, car après la mort de Lénine, la Russie se dirige vers une sorte de capitalisme d’Etat[1]. Voici donc trois amis, Walter Benjamin, Ernst Bloch et Siegfried Kracauer qui se retrouve à Marseille. Qu’ont-ils à y faire ? D’abord ils veulent rencontrer Jean Ballard, le directeur de la revue Les Cahiers du Sud. Jean Ballard publie plusieurs de leurs textes en les traduisant de l’allemand. A cette époque ces trois intellectuels ne sont pas connus, ni reconnus, ils vivotent dans les marges, ce ne sont pas des universitaires, à peine des « journalistes », et encore, il vaudrait mieux dire des chroniqueurs sagaces des progrès de la marchandise et de la résistance à ces progrès. Cependant, leur œuvre comptera non seulement dans la fondation de l’Ecole de Francfort, mais plus encore dans le développement d’une pensée critique qui existe par-delà les clivages entre les disciplines universitaires et qui compte encore aujourd’hui pour la compréhension de notre époque. Mais en même temps qu’ils se retrouvent dans la ville – au café Riche plus précisément, sur la Canebière au milieu de la foule bruyante et tumultueuse – pour faire progresser leur pensée, ils vont éprouver celle-ci au contact d’une ville particulièrement rétive et toujours en chantier comme on forge des outils un peu nouveaux pour entreprendre une grande tâche aussi urgente que nécessaire. Ils sont encore suffisamment jeunes pour croire en leur destin. 

    Christine Breton et Sylvain Maestraggi, Mais de quoi ont-ils peur ?  éditions commune, 2016

    De gauche à droite, Siegfried Kracauer, Ernst Bloch et Walter Benjamin 

    Leur mode d’être c’est l’écriture et la promenade dans le cœur des villes où ils se déplacent à pied pour mieux en sentir le battement profond. Marseille c’est, à cette époque surtout, la Canebière, le Vieux Port, la Joliette. Le bord de l’eau la rattache sûrement au reste du monde, l’Afrique, le Moyen-Orient. Si la Canebière est la grande artère grouillante, bordée de cafés, le cours Belsunce, la place Colbert et tout cet espace qui aujourd’hui accueille l’horrible Centre Bourse est aussi très vivant. Derrière la Bourse, il y a alors un espace en démolition, espace qui ne sera réurbanisé que dans les années soixante avec la production de 3 tours et d’une barre d’immeubles de l’autre côté du cours Belsunce. Mises en chantiers en 1958, elles ne sortiront de terre qu’en 1962 et accueilleront une partie des Pieds-Noirs qui, après l’indépendance de l’Algérie durent traverser la Méditerranée. Cet espace était pendant de très longues décennies une sorte de no man’s land où parfois on pouvait trouver un cadavre, résultat d’un règlement de comptes. C’est là qu’on pouvait aller voir les grands cirques qui débarquaient à Marseille avec toute leur ménagerie. Le quartier qui avait été détruite était un très vieux quartier, insalubre, délabré, et très mal fréquenté. Il faisait partie de longue date de la frénésie de la spéculation immobilière qui sévissait à Marseille. C’est autour de cet sorte de trou que nos trois intellectuels se retrouvèrent. Ils sont les précurseurs de la dérive et Walter Benjamin en a été le premier théoricien, avant Guy Debord[2]. Que ce soit les surréalistes, ou plus tard les lettristes et les situationnistes, il s’agit de se réapproprier un espace mouvement dont le capitalisme détruit les formes historiques et les racines, en le racontant et en le parcourant. Et Marseille à cette époque est la ville la plus mouvante qui soit. Nos trois intellectuels ne sont pas les seuls à subir cette fascination, Albert Londres publiera en 1927 le célèbre Marseille, porte du Sud aux Editions de France. Mais à la différence de ce dernier, ils vont regarder aussi Marseille comme une ville prolétaire, au-delà donc de ses ouvertures sur la mer. Le port est en effet en plein boom, et la conséquence, c’est que les Quartiers Nord y développent des usines, notamment les huileries et les savonneries, mais aussi les fabriques de sucre qui utiliseront le coprah venu d’Afrique. De tout ce glorieux passé industriel, il ne reste rien aujourd’hui, juste les sucreries Saint-Louis, tout le reste est abandonné et personne ne sait qu’en faire. 

    Christine Breton et Sylvain Maestraggi, Mais de quoi ont-ils peur ?  éditions commune, 2016 

    La production de 3 tours et d’une barre 

    L’ouvrage savant de Christine Breton et Sylvain Maestraggi va mêler des textes et des correspondances de ces trois hommes avec une analyse pointue de leur détermination. Evidemment c’est compliqué parce qu’au-delà de l’approche de l’espace de la marchandise, on y reconnaitra aussi cette fascination toute germanique pour le soleil et la Méditerranée, comme pour Naples, la sœur jumelle où Walter Benjamin ira trainer[3]. En vérité, même à cette époque-là, Marseille n’est pas seulement une ville adossée à la mer qui tourne le dos à la Provence, ça c’est ce que les touristes, fussent-ils des intellectuels chevronnés, y ont vu. C’est aussi le débouché naturel de tout un réseau de villages et de hameaux qui la nourrissent et la font vivre. C’est aussi une ville qui parle encore un peu Provençal à cette époque. Mazargues est une’ partie très populaire de Marseille, un peu à part, rebelle. Jusqu’à la fin de l’industrialisation de la ville, dans les années soixante-dix, il y avait bien deux villes qui cohabitaient, et ce mélange détonnant lui donnait un caractère singulier. Mais le Marseille de cette époque est une ville qui se modernise – pour le meilleur et pour le pire – à très grande vitesse. Ce n’est pas pour rien que Jean Ballard voudra faire des Cahiers du Sud, une revue moderne, de qualité, l’égale des grandes revues qu’on peut trouver à Paris. A côté de son centre en reconstruction permanente, Marseille connait aussi le développement d’une zone touristique du côté de l’Estaque. C’est ce côté d’ailleurs qui avait été célébré antérieurement par Flaubert et Maupassant. Cependant l’approche de Kracauer, Bloch et Benjamin est intéressante par ce qu’elle révèle de Marseille et de ses édiles qui n’ont jamais su quoi faire du centre-ville en dehors d’une spéculation immobilière effrénée. C’est encore le cas aujourd’hui, les différents mandats de Jean-Claude Gaudin ont été incapables d’enrayer l’effondrement du centre-ville, au sens propre comme au sens figuré, bien au contraire[4]. Le résultat c’est que la ville de Marseille aujourd’hui se décompose, les grands hôtels, les grands cafés ont disparu, la vie sociale aussi.

    Christine Breton et Sylvain Maestraggi, Mais de quoi ont-ils peur ?  éditions commune, 2016

    Lettre de Walter Benjamin à Jean Ballard 

    Si je regarde le cours Belsunce, et que je compare à mes souvenirs d’enfant, j’y vois une tiermondisassions accélérée. Certes cette voie qui mène vers la rue d’Aix et la Porte d’Aix a toujours été un mélange de classes sociales. C’est à l’Hôtel des Deux Mondes que logea d’ailleurs Walter Benjamin. Mais il y avait des grands cafés, de belles terrasses, et puis l’Alcazar, célèbre music-hall qu’on a transformé aujourd’hui en une bibliothèque – il faut dire en fait médiathèque pour être moderne – pensant redonner un peu d’éclat à un quartier en déshérence. Je me souviens être allé aux meetings de Jacques Duclos à l’Alcazar, avec une foule énorme qui restait sur le trottoir faute de place à l’intérieur. En vérité ce quartier à moitié détruit qui séduisit nos trois jeunes intellectuels révolutionnaires allemands, était un lieu de passages qui communiquait avec le port et qui s’ouvrait vers les quartiers prolétaires plus au Nord, et de l’autre côté sur la Canebière et le faux luxe de ses cafés et ses hôtels. Sans doute n’a-t-il jamais été achevé et ne le sera jamais. Mais à l’époque où nos trois intellectuels s’y retrouvèrent, le quartier s’ouvrait aussi vers des îlots de modernisation, la place Sadi-Carnot et le luxueux Regina Hôtel qui couronnait la trouée de la rue Impériale qui devint par la suite la rue de la République, bordée d’immeubles qui se voulaient haussmanniens. Si on passait du cours Belsunce vers la place Sadi-Carnot, on longeait forcément le no man’s land qui allait devenir le Centre Bourse[5], mais qui n’était alors qu’une sorte de trou sans devenir, on débouchait par la rue Colbert sur le Grand Hôtel des Postes qui est aujourd’hui bien délabré, mais qui paraissait alors très moderne et sophistiqué[6]. Dans la façon dont nos trois amis parlent de Marseille, cela ressemble un peu à ce que disaient les lettristes, et plus précisément Guy Debord de la destruction de Paris à la sortie de la Seconde Guerre mondiale[7]. Ils sont donc les précurseurs des lettristes et des situationnistes qui s’empareront du thème de la critique en acte de l’urbanisme. Ce rapprochement ne doit pas étonner : en effet, même si les lettristes du début des années cinquante ne connaissaient sans doute pas ni l’Ecole de Francfort, ni les précurseurs que furent Benjamin, Kracauer et Bloch, ils se trouvaient dans la même posture d’une critique radicale de la modernité. Tandis que les staliniens et autres marxistes orthodoxes pariaient sur un communisme qui serait la continuation de l’économie industrielle par d’autres moyens, les marxistes critiques, l’Ecole de Francfort notamment, visaient une rupture plus générale d’avec les concepts de progrès et de marchandise. Sur le plan intellectuel, c’est bien cette tendance philosophique qui est en train de l’emporter aujourd’hui avec la critique d’un capitalisme au bord de l’effondrement[8] et dont la course se termine aujourd’hui avec une planète dévastée ou l’air n’est plus respirable et l’eau est  mauvaise à boire. Cette approche conduit à comprendre la ville de Marseille comme un espace de contradictions irrésolues. 

    Christine Breton et Sylvain Maestraggi, Mais de quoi ont-ils peur ?  éditions commune, 2016 

    Le Café Riche, lieu de rendez vous de Benjamin, Bloch et Kracauer 

    De cela on en déduit, comme le montre si bien cet ouvrage, que ce qui importe c’est l’attitude qu’on adopte au cœur de la vie urbaine, un regard sur le monde[9]. Nos trois amis – qui n’hésitaient évidemment pas à se disputer et à se fâcher pour des riens – se promènent, observent, les femmes notamment. Et cela se traduit dans une pratique qui se veut nouvelle de l’écriture. Certes avec le recul on peut trouver que cette manière d’écrire, comme une pensée qui s’effectue en marchand, est souvent ampoulée, parfois un peu précieuse et difficilement compatible avec une connaissance insuffisante de la philosophie et de l’histoire. Et donc ils appartiennent bien à la bourgeoisie, même s’ils en détournent les codes, et même si leur but est avant de partager ce qu’ils savent de la ville, de comprendre l’espace qu’ils traversent. On notera que comme Guy Debord, ils font aussi l’expérience de l’alcool et du haschich – au moins pour Benjamin – comme si l’on ne pouvait se passer de ces adjuvants pour comprendre. Nous sommes loin des anarchistes buveurs d’eau qui, comme Marius Jacob ou la bande Ravachol se méfiaient du vin, comme si celui-ci induisait naturellement une attitude déjà défaitiste dans la lutte contre la marchandise[10]. Mais ces anarchistes buveurs d’eau étaient d’abord d’origine prolétaire et ne recherchaient pas particulièrement l’excitation des sens. Dans la manière de correspondre et d’écrire, ils sont déjà, mais sans le savoir, en dehors de la modernité et du progrès. Ils défendent un modèle de l’intellectuel qui va disparaitre et qu’on retrouvera un peu plus tard très brièvement dans le grand mouvement de révolte de la fin des années soixante quand une masse de jeunes gens en colère s’est tournée vers Rimbaud, Baudelaire et Breton. Ce fut la première révolution explicitement contre la marchandise, et cette révolte de la jeunesse fut mondiale. Il y a en arrière-plan la volonté de dépasser l’action politique dans une refondation du la vie quotidienne. L’écriture doit aider à la fondation de l’égrégore nouvelle. Il ne s’agit plus de reconstruire sur des ruines, mais de se réapproprier celles-ci pour redonner un sens à son existence et réinventer le monde. Les premiers pas dans cette voie se font en marchant, monter jusqu’à Notre Dame de la Garde qui du haut de sa dorure surplombe et défie le Marseille prolétaire, ou encore aller jusqu’à la Joliette regarder les bateaux partir vers l’autre rive de la Méditerranée.

     Christine Breton et Sylvain Maestraggi, Mais de quoi ont-ils peur ?  éditions commune, 2016 

    Benjamin logea à l’Hôtel des Deux Mondes sur le cours Belsunce 

    La destruction des vieilles rues derrière la Bourse – tout un symbole de la lutte des classes – va en réalité inaugurer ce qui se passera ensuite du côté de Saint-Jean, lorsque les Allemands en 1943 dynamiteront les quartiers nord du Vieux Port. Ce quartier réservé si bien décrit pas Pierre Mac Orlan[11], était un défi à la bourgeoisie marseillaise. Les trafiquants, la pègre, les prostituées, s’y étaient établis. Ce Marseille rebelle, en rupture était relié aussi au Marseille plus bourgeois par le Pont Transbordeur, mais aussi par le ferry qui reliait les deux rives. Cela faisait des siècles que la spéculation immobilière avait des yeux sur cet espace[12]. On dit que les Allemands ont fait ce sale travail de destruction d’une autre forme de vie sociale sous la pression des affairistes marseillais dont Jean-Claude Gaudin apparait comme l’ultime descendant. On aurait tort de ne pas relier cette volonté de détruire le vieux Marseille manifesté par le Second Empire, et la destruction massive opérée par les Allemands. Cette opération se traduisit, en sus des destructions d’immeubles par une déportation massive de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Il s’agit toujours d’unifier l’espace autour des valeurs culturelles de la bourgeoisie. On appelle cela aujourd’hui la « gentrification ». Ce mouvement semble commencer et se penser avec le Baron Haussmann. Celui-ci, non content de sévir à Paris, détruisit aussi une partie de Marseille, mais une partie seulement, la preuve ? Justement ce quartier situé derrière la Bourse et en bordure du cours Belsunce, cet espace qui fut un lieu de méditation pour nos trois amis d’origine germanique, et qui marquait l’incomplétude du projet haussmannien. Il s’agit à la fois de détruire physiquement le labyrinthe des rues étroites, malodorantes et prolétaires, mais également d’évacuer les populations qui y vivaient. Le projet Euromed qui a été porté par Jean-Claude Gaudin, allait dans le même sens, mais il a été entravé par une forte mobilisation[13]

    Christine Breton et Sylvain Maestraggi, Mais de quoi ont-ils peur ?  éditions commune, 2016 

    Le Regina Hôtel était un hôtel très sélect, symbole de la rénovation de Marseille 

    Ce livre érudit est un mélange de textes de Benjamin, Bloch et Kracauer, avec des analyses et des mises en perspective, et aussi de photos du vieux Marseille. Il s’en dégage à la fois une mélancolie furieuse à cause de la résistance que la ville a livré à ceux qui voulaient la soumettre, elle en est ressortie meurtrie, abimée, à la dérive, et puis une sorte de compréhension de ce qu’aurait pu être son destin, Benjamin, Bloch et Kracauer ne s’étaient pas tout à fait tromper en en faisant un phare nouveau pour l’Humanité. Sans doute ne peut-on pas comprendre tout à fait la logique de leur destinée si on ne se souvient pas que ces trois auteurs cosmopolites, juifs de surcroît, ont passé une grande partie de leur temps à chercher une place, aussi bien sur le plan géographique que sur celui de l’imaginaire et du rêve. Benjamin ne la trouvera pas et finira par se suicider.



    [1] Ce terme semble avoir été créé par Bruno Rizzi dans L'URSS : collectivisme bureaucratique. La bureaucratisation du monde (1939), Champ libre, 1976. Pour opposer le régime soviétique et occidental Guy Debord parlera de spectaculaire diffus et de spectaculaire concentré, cf. La société du spectacle, Buchet-Chastel, 1967.

    [2] « Théorie de la dérive » et « Deux comptes rendus de dérive », Les lèvres nues, n° 9, 1956.

    [3] Maxime Gorki, un autre révolutionnaire, écrira ses fameux Contes d’Italie à Naples justement d’où il célébrera la vigueur de la classe prolétaire. Publié » en 1914, ils seront maintes fois réédités en français notamment sous la houlette du Parti communiste.

    [5] Outre un bric-à-brac pas possible de commerce de peu d’intérêt, ce Centre Bourse abrite aussi des antennes de l’Union européenne. Comme quoi un malheur n’arrive jamais seul. Avant qu’on ne rénove ce quartier, en remontant vers la Porte d’Aix, il y avait des rues tortueuses où l’on pouvait s’acheter pour quatre ronds des Borsalino en parfait état, rue des Chapeliers par exemple. On y trouvait également des petits restaurants à des prix défiant toute concurrence.

    [6] Pour une meilleure connaissance des quartiers disparus, voir André Boulaya d’Arnaud, Evocation du Vieux Marseille, Editions de Minuit, 1960.

    [7] « On détruit la rue Sauvage », Potlatch, n° 7, 3 août 1954.

    [8] Moishe Postone, Time, Labor and Social Domination: A Reinterpretation of Marx's Critical Theory, Cambridge University Press, 1993.

    [9] A cette époque on pense que l’urbanisation est un phénomène irréversible, mais dans les années à venir cette prédiction pourrait très bien se révéler fausse dans les pays les plus développés.

    [10] Il y aurait beaucoup à dire sur ce thème. En effet c’est après la Première Guerre mondiale que l’Etat bourgeois se lança dans la propagande contre l’alcool, alors même que durant le conflit avec l’Allemagne, l’Etat avait encouragé à la boisson pour supporter la dureté des temps.

    [11] Quartier réservé, Gallimard, 1931

    [12] Gérard Guicheteau, Marseille 1943, la fin du Vieux Port, Daniel & Cie, 1973.

    [13] Le but explicite de Gaudin était de faire monter le prix du mètre carré pour en chasser les populations pauvres et les remplacer par des « Parisiens ». Mais ça n’a pas très bien marché, parce que la ville, et plus particulièrement le centre-ville effraie le bourgeois. https://www.humanite.fr/limpossible-gentrification-de-la-rue-de-la-republique-599849

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  • Acte XXXVII, les gilets jaunes ne sont pas en vacances, et moi non plus 

    Les gilets jaunes à Montceau se joignent à l’indignation générale après la disparition de Steve 

    Contrairement à ce qu’on pouvait penser, les gilets jaunes restent mobilisés. Ils opèrent maintenant dans une ambiance de plus en plus pourrie de fin de règne. Macron a beau partir se faire bronzer aux frais de la Princesse à Brégançon, il est rattrapé par l’actualité. Il y a tellement d’affaires louches en Macronie, qu’on ne sait plus où donner de la tête. Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, a avoué avoir menti pour ne pas embarrasser Macron dans l’affaire Legay[1]. C’est extrêmement grave, certes nous savons que les procureurs sont sous la coupe du ministère de la justice, mais il n’est pas écrit dans la loi républicaine que les procureurs doivent pour faire passer des idées politiques utiliser l’arme du mensonge, pour cela il devrait être licencié sans préavis. Si on avait encore des doutes, voilà que l’idée que nous sommes dans un Etat de droit, comme le répètent Macron et Castaner pour nous en persuader, est bel et bien en train de disparaître avec la protection sociale et le droit du travail. Les gilets jaunes ont repris ce samedi 27 juillet à leur compte les protestations contre la disparition de Steve, sans doute noyé dans la Loire, consécutivement à une charge sauvage de la police le soir de la Fête de la Musique. De nombreuses personnalités se sont jointes à cette protestation souvent silencieuse. La polémique a été ravivée par l’ignoble Christophe Soullez, petit bureaucrate qui gagne sa vie en pondant des rapports sur le fonctionnement de la police, il est chef du département de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. Ce sinistre individu pour couvrir Macron et Castaner, donc nier toute implication de la police dans la disparition de Steve a suggéré que celui-ci s’était peut-être jeté volontairement dans le fleuve[2].  

    Acte XXXVII, les gilets jaunes ne sont pas en vacances, et moi non plus

    Et puis il y a eu l’écœurement provoqué par le rapport de circonstance fait par des employés – grassement payés – de l’Assemblée Nationale pour dire que non, la dégustation des homards et des châteaux d’Yquem, ça participait bien du travail de ce malheureux de Rugy calomnié par des jaloux. Cette pseudo-enquête a fait grincer bien des dents Et puis il y a eu cette abominable cuistrerie des députés macroniens qui après avoir applaudi le discours très généraliste de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale, se sont empressés de voter le CETA qui est l’exact contraire d’un programme actif de préservation de l’environnement et d’une lutte contre le dérèglement climatique. Même si le discours de Greta Thunberg est tellement vague et qu’il ne précise pas quelles sont les solutions pour avancer, cela n’autorise en rien de voter le CETA[3]. Comme on le voit il y a de quoi s’indigner, et chaque fois les gilets jaunes sont là pour relayer cette indignation. 

    Acte XXXVII, les gilets jaunes ne sont pas en vacances, et moi non plus

    A Nice on manifestait contre la distribution de médailles qui permettait à Castaner de récompenser les policiers qui avaient eu le comportement le plus douteux 

    Ils sont là maintenant, dans la rue, sur les ronds points, pour faire signer la demande d’un référendum sur la privatisation d’ADP. C’est tout de même un peu grâce à eux qu’il y a cette bagarre pour les signatures. Cependant il faut bien le reconnaitre, on est en train de prendre du retard dans la collecte. Il faut dire que ni les partis, ni les syndicats n’aident[4]. S’ils n’aident pas à cette collecte, c’est parce qu’ils tremblent pour leur boutique, ils craignent que les manifestations spontanées des gilets jaunes prennent le pas sur ce qu’ils ont décidé de faire. Aux abonnés absents au moins depuis l’échec de la grève de la SNCF, ils attendent, sans trop savoir quoi. Les gilets jaunes sont donc de plus en plus nécessaires, parce qu’ils comblent un vide, ils sont la seule opposition sérieuse à Macron, et c’est bien d’eux qu’il a peur. Il faut dire que les Français n’ont plus aucun autre lieu pour manifester leur mécontentement. Ils ne peuvent guère militer dans les usines, il y en a plus, ni dans les partis qui sont mous et sans avenir, donc ils s’efforcent d’occuper la rue. C’est aussi le constat de l’échec de la démocratie représentative qui fait que Macron dont la base électorale est comprise entre 20 et 30%, peut encore gouverner, ou du moins faire semblant.

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    Les "gilets jaunes" au rond-point de la Victoire à Mougins ce samedi 27 juillet 

    Donc pour l’heure la question du nombre des gilets jaunes ne compte pas vraiment. Il y a une colère rentrée qui est prête à exploser à tout moment et les gilets jaunes sont maintenant les témoins et la caisse de résonance de de cette décomposition. Cette semaine il y avait encore plus de 200 services d’urgences qui étaient en grève[5]. On n’en parle peu, les médias font la sourde oreille[6], mais je crois bien que c’est la plus longue grève que ce secteur observe depuis au moins cinquante ans. Qu’on en soi à l’acte 37 après avoir tenu tout l’automne, l’hiver et le printemps, en dit long sur le degré d’exaspération des populations. De Rugy espère revenir au gouvernement, mais ce serait pire encore que Macron accepte cela. En outre tout le monde parle de plus en plus d’une démission de Castaner qui est sans aucun doute le ministre le plus menteur et le plus mauvais qu’on ait eu à ce poste. Mais la difficulté pour Macron est de trouver quelques personnalités un peu crédibles, autre chose que les clowns qui peuplent son gouvernement. Que ce soit pour les postes dans les ministères ou pour établir les listes pour les municipales, les LREM n’ont pas de vivier. Ils sont de plus en plus obligés de se tourner vers Les Républicains. Certes sur le plan politique ils représentent à peu près la même chose, l’affairisme, le cosmopolitisme, l’européisme, et le pari sur le développement des inégalités. Seulement voilà, Les Républicains ont du mal à se vendre massivement parce qu’ils se rêvent encore comme un parti de gouvernement et qu’ils savent que s’ils cèdent aux avances des macroniens, ils sont voués à une disparition pure et simple. Il y a un mouvement qu’on ne voit pas trop, c’est que les gilets jaunes passent beaucoup de temps en réunions pour peaufiner leurs revendications. Au fil des mois, ils sont en train de devenir la fraction politique la plus éclairée. Certes ils s’exaspèrent parce qu’ils voudraient voir les Français plus déterminés dans la lutte contre la dictature macronienne. Mais ils doivent comprendre que si la lutte sociale est faite d’explosions spectaculaires, elle doit inciter aussi à la patience.

    Acte XXXVII, les gilets jaunes ne sont pas en vacances, et moi non plus

    A Paris la manifestation était très clairsemée 

    Ce samedi 27 juillet, la permanence du député macronien Romain Grau a été vandalisée par les gilets jaunes[7]. Il a voté bêtement pour la ratification du CETA. Il va falloir s’y habituer, ce type d’action va se multiplier dans les semaines qui viennent jusqu’à ce que le texte repasse en seconde lecture devant les députés. Les gilets jaunes mais aussi les paysans vont sans aucun doute maintenir la pression. Ça se passait à Perpignan où il y avait pas mal de monde à la manifestation des gilets jaunes, malgré la pluie. Comme on le voit les gilets jaunes sont prêts pour les combats à venir, ils réagissent tout de suite aux initiatives gouvernementales. Peu à peu chemine l’idée d’une convergence des luttes. La rentrée s’annonce plutôt chaude, sur la question des retraites, FO a annoncé qu’il allait y avoir beaucoup de monde dans la rue, et qu’il était inutile de faire semblant de négocier quoi que ce soit avec un gouvernement autiste qui ne rêve que de diminuer la couverture sociale pour ouvrir la porte aux assurances individuelles gérées par des fonds de pension[8]. Ce sera pour le 21 septembre. La CGT a appelé de son côté à deux journées de manifestation sur le thème de l’urgence climatique, ce sera pour les 26 et 27 septembre[9]. Il est clair que dans les deux cas les gilets jaunes sont partie prenante de ces luttes, n’oublions pas que ce sont eux qui ont fait reculer le gouvernement sur la question de la CSG sur les retraites l’hiver dernier. Mais ce qui risque d’être le plus décisif ce sont les fermetures d’usines à Belfort, à Blanquefort qui vont mettre des centaines d’ouvriers au chômage. Et également les licenciements qui s’annoncent dans la grande distribution, Auchan, Conforama, des entreprises qui touchent de gros chèques du CICE. Ces entreprises se servent de l’argent du CICE pour satisfaire la cupidité de leurs actionnaires, et quand elles investissent, c’est pour supprimer d’abord des emplois. Il est probable aussi que les paysans reprennent à leur compte la vieille tactique des gilets jaunes d’occuper les ronds-points pour se faire entendre. 

    Acte XXXVII, les gilets jaunes ne sont pas en vacances, et moi non plus

    A Perpignan une permanence d’un député LREM a été vandalisée 

    Il serait étonnant que de tout cela il ne sorte rien à court ou moyen terme. Il est vrai que la France n’est pas le seul pays du monde où les choses ne vont pas très bien. Mais la spécificité de notre pays c’est que la guerre sociale est déclarée depuis 1789 ! Si la volonté de renverser un ordre inégalitaire est solidement implantée, le caractère borné des classes nanties est tout autant bien établie. La France est le pays de la Révolution, mais c’est aussi le pays de la Contre-Révolution dont l’ultime représentant se nomme Macron. Celui-là même qui craint le plus le retour massif des gilets jaunes sur les ronds-points. 

    Acte XXXVII, les gilets jaunes ne sont pas en vacances, et moi non plus

    A Angers, on a déployé des banderoles au-dessus des ponts des autoroutes



    [3] Encore que la jeune militante suédoise avoue ne pas avoir d’opinion sur la question, ce qui fait apparaître tout de suite son discours sur un sujet aussi grave comme très léger finalement, dévoilant( bien la finalité de son utilisation à des fins politiciennes. https://www.liberation.fr/checknews/2019/07/23/greta-thunberg-a-t-elle-declare-a-l-assemblee-nationale-qu-elle-n-avait-pas-d-avis-sur-le-ceta_1741638

    [4] Le CSA s’est révélé une fois de plus aux ordres de Macron en refusant que les défenseurs du RIP sur l’ADP puissent parler dans les médias pour dire pourquoi ils le veulent, ils mettent l’éteignoir sur cette cause et refusent qu’on en parle, il s’agit bien d’un déni de démocratie. https://www.sudouest.fr/2019/07/23/referendum-adp-le-csa-ne-contraindra-pas-les-medias-a-communiquer-sur-le-rip-6370318-10407.php

    [6] Je me rends compte que depuis que Macron squatte l’Elysée, les journaux ne parlent plus ou très peu des conflits sociaux, on n’en trouve des traces seulement dans la presse régionale. Il y en a pourtant beaucoup en ce moment. Cet étouffement de l’information n’est pas le fait du hasard. Nous n’avons jamais connu une période depuis l’Occupation où la presse était aussi bien tenue en main.

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  • Pourquoi le CETA est un très grave danger

    Si on devait se souvenir à quel point Macron est un menteur et un apologue du double langage, il suffirait de voir comment il s’y prend pour faire ratifier le CETA, et même il souligne qu’il est pressé. Nicolas Hulot, l’éphémère ministre de l’écologie des macroniens souligne qu’il serait catastrophique de signer ce traité qui est déjà en vigueur cependant[1]. Il demande donc aux députés de ne pas trahir les intérêts français mais aussi ceux de la lutte pour une amélioration de l’environnement. Le cuistre qui squatte l’Elysée lui répond à sa manière en lui disant qu’il aurait dû le dire avant, et que de toute façon cet accord va dans le bon sens[2]. Quand Macron parle de bon sens, il faut se méfier. On ne sait pas comment il définit le bon sens. Certainement le CETA va dans le sens des intérêts des multinationales et de la forme industrielle de l’agriculture. Mais on sait que Macron est le pire menteur que la France ait produit dans la classe politique. En effet, avec le CETA, le Canada va pouvoir exporter chez nous de la viande pourrie, produites à partir de farines animales, à l’aide d’antibiotiques, etc. Evidemment faire venir des bêtes du Canada ça coûte très cher, en transport, et en pollution notamment, et donc pour que ce soit rentable il faut vraiment produire à un coût minimum. Il ne fait aucun doute que la canaille LREM va ratifier ce traité pourri. Ils vont avancer que c’est bon pour l’emploi et pour la croissance. Même des économistes très bien intentionnés n’arrivent pas à démontrer un gain évident pour la France[3]. Ils étaient pourtant payés pour ça. Lionel Fontagné avançait que le gain pour les 15 ans à venir serait de 10 € par Français[4] ! Le gain serait de 4 centimes par an et par Français ! Autant dire rien, étant donné les sources potentielles d’erreur statistiques, ça ne compte pas. Comme pour tous les traités de libre-échange, on promet la croissance et l’emploi, et au final on a la perte d’activité et le chômage. On l’a vérifié avec l’ALENA, ou encore le TAFTA, on prétendait à chaque fois que ça créerait des millions d’emplois, et au final cela n’a pas été le cas pour l’ALENA, on parle même d’un effet négatif sur l’emploi aux Etats-Unis et au Mexique, mais pour le TAFTA on a dû réviser les calculs et on est retombé sur des chiffres dérisoires en matière de croissance et d’emplois.  

    Pourquoi le CETA est un très grave danger

    Il ne fait aucun doute que la canaille LREM va ratifier ce traité pourri, alors même que les deux tiers des Français y sont hostiles. Alors même que les bénéfices monétaires d’un tel accord sont très incertains, et que les Français comme les Européens y sont opposés, la canaille macronienne va le ratifier. Pourquoi ? Pour se faire haïr encore un peu plus ? Je passe sur les annexes de ce traité, notamment les tribunaux privés, qui vont permettre aux multinationales de faire des procès à tout va aux Etats qui ne respecteraient pas leur propre lecture du traité. Comme on le voit, le but est de ligoter les Etats et de les forcer à se soumettre aux lois du marché. Evidemment ce traité à cependant un sens économique : il s’agit de concentrer un peu plus le capital et d’unifier le monde en détruisant les cultures nationales spécifiques. Il est favorable aux multinationales, et d’ailleurs ce sont elles qui travaillent en sous-main à sa promotion. C’est la rançon de la corruption des « élites ». Cet accord révèle également le divorce pratiquement consommé entre le peuple et les « élites » qui sont sensées le représenter, et donc démontre que l’idée de démocratie dans les pays économiques avancés n’est qu’un leurre. 

    Pourquoi le CETA est un très grave danger 

    Si je regarde du point de vue de l’agriculture, c’est une machine de guerre pour détruire la nôtre. On voit que le traité est déséquilibré parce que la France a des exigences plus strictes pour sa production. Que ce soit dans le cadre du CETA ou de l’accord avec le Mercosur[5], alors même que la France et l’Europe produisent déjà des excédents, on voit qu’on remplacera des productions d’une qualité déjà insuffisante par une qualité pire encore. Autrement dit, alors que les consommateurs réclament plus de contrôles sur les produits agricoles et sur la viande, on va se débrouiller pour introduire des produits qui en acceptent encore moins ! Si les « Européens » – en fait les multinationales qui parlent pour eux – acceptent ce déséquilibre c’est parce que ces multinationales espèrent augmenter leur chiffre d’affaire au Canada. Le libre-échange n’a jamais favorisé la croissance et l’emploi[6]. La raison en est simple, c’est qu’en élargissant la taille du marché, la concurrence élimine les petites entreprises les moins rentables et concentre le capital en spécialisant les territoires. Il n’y a jamais eu de preuve statistique d’une relation entre libre échange et croissance. C’est même l’inverse comme le montrait Paul Bairoch[7]. La concurrence a pour but de mettre au rebut le capital et le travail en surnombre, et donc sa tendance naturelle est d’amener le monopole. Ce n’est pas un hasard s’il y a une relation négative entre croissance économique et ouverture aux échanges. Et donc ce n’est pas pour rien que plus l’Union européenne s’intègre et plus la croissance est faible et plus le chômage a tendance à augmenter, même si certains pays s’en tirent mieux que d’autres – car lorsqu’ils s’en tirent bien comme l’Allemagne, c’est d’abord au détriment des pays voisins. Au-delà de la spécificité du CETA, ce sont bien les accords de libre-échange qui sont en question. La logique erronée de ces accords suppose que le libre-échange permet de recycler le capital et le travail en permanence, et donc que c’est cela qui accélère la croissance et qui finalement donne des emplois. C’est la bête théorie de l’offre. Cette théorie était déjà erronée au début du XIXème siècle. Elle l’est encore plus aujourd’hui, au moment où se pose la question de la poursuite de la croissance et où la robotisation accélère les déqualifications. La période de forte croissance et de relatif plein emploi qu’on a appelé les Trente glorieuses, s’est réalisée dans une situation de relative fermeture des frontières. Antérieurement, la France connut une forte croissance successivement à la loi Méline qui visaient d’ailleurs à protéger d’abord l’agriculture.   

    Pourquoi le CETA est un très grave danger

    Relation négative entre ouverture aux échanges et croissance dans les pays développés sur la longue durée 

    Pour en revenir au CETA, on notera qu’au moment où les députés sont invités, pressés par Macron, de le ratifier, l’Assemblée nationale invite Greta Thunberg à faire un discours devant la représentation nationale. Ces deux événements se passent le 23 juillet 2019. On voit bien à quoi sert la jeune suédoise qui fut naguère déjà invitée à Davos, à compenser les reculs bien réels sur la question environnementale par des éléments de langage destinés à culpabiliser les consommateurs. Ce n’est pas qu’une jeune fille de 16 ans s’empare du sujet qui me choque, mais plutôt qu’on fasse comme si les députés ne savaient pas ce qu’ils faisaient et avaient besoin de leçon. C’est le « en même temps » du sournois Macron. D’un côté des actes forts qui traduisent son mépris pour les écologistes, les paysans et les Français en général, et de l’autre des paroles lénifiantes destinées à nous faire oublier que le plus important n’est pas de mieux trier sa poubelle ou faire attention à ses dépenses d’électricité, mais de mettre un terme aux accords de libre-échange et de retrouver un contrôle du peuple sur sa destinée. On présente le CETA comme un accord négatif pour la France. C’est exact, cependant, ce n’est qu’un traité, et comme tous les traités ils peuvent être remis en question. Tout va dépendre du rapport de forces. Déjà les paysans sont très mécontents. Ils n’avaient pas du tout confiance en Macron, à juste titre. Que se passera-t-il demain ? Probablement une nouvelle crise de la paysannerie française. Cette colère va sans doute alimenter celle des gilets jaunes, mais aussi mettre en difficulté les députés macroniens dans leur fief. C’est un pas de plus en faveur d’une sortie de l’Union européenne qui négocie des accords pourris parce qu’elle est complètement corrompue. Notez que la France fut jadis une grande puissance agricole, c’était déjà le cas au XVIIème siècle, et longtemps ce secteur assurait l’équilibre de la balance commerciale. Les économistes de l’époque insistaient sur l’idée selon laquelle l’autonomie et la souveraineté d’une nation reposait sur sa capacité à satisfaire les besoins les plus élémentaires de la population[8]. Ce n‘est plus le cas[9]. Dans le progressisme de Macron, il y a aussi une haine féroce à l’encontre des paysans. Cette haine se confond d’ailleurs avec la haine de la nation, et un goût prononcé pour l’abstraction du capitalisme financier. Or dans les années qui viennent, la question de la nourriture sera essentielle. Massacrer la paysannerie qui reste, c’est livrer la nation aux lois du marché pour sa survie alimentaire. 

    Pourquoi le CETA est un très grave danger

    Pour ce qui est du vote proprement dit, les députés LREM ont voté la ratification du CETA[10]. Il y a eu de nombreuses défections dans le camp de la majorité, parce qu’ils sont aussi très lâches et que dans les régions rurales ils craignent les paysans dont la violence risque d’être d’une autre nature que celle des gilets jaunes. 52 députés LREM se sont abstenus, et 9 députés macroniens ont même voté contre. Mais à l’heure où on réclame du bio, du naturel, de l’authentique, le blanc-seing qu’on a donné aux produits pourris qui auront voyagé par-delà l’Atlantique va certainement être mal vécu aussi par les consommateurs qui contrairement à ce que dit Sibeth Ndiaye ne mange pas que des kébabs !  cette imposture doit être une nouvelle occasion de manifester notre opposition à ce régime de lobbyistes. On pourrait dire que Macron en effet accélère, toutes les saloperies possibles et imaginables contre le peuple, il les fait. Il attend inconsciemment qu’on le punisse, faisons-le ! Chassons-le du pouvoir ! Donnons des coups de pieds au cul des syndicats et des partis soi-disant d’opposition pour qu’ils se bougent et fassent de la rentrée de septembre un enfer pour cette soi-disant « élite ».



    [3] Cecilia Bellora, Jean Fouré et Lionel Fontagné, Évaluation macro-économique des impacts de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne 12 juin 2019, CEPII

    [7] Economy and world history: myths and paradox, University of Chicago Press, 1993.

    [8] Toute l’œuvre de Boisguillebert est marquée de ce soucis, mais plus tard ce sera aussi l’idée maitresse des Physiocrates.

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  • Signons et faisons signer pour le RIP contre la privatisation d’ADP

     Nombre signatures au 21 juillet 

    Les signatures pour le RIP contre la privatisation d’ADP marquent le pas. On vient certes de passer les 10% de ce qui est nécessaire, mais la progression ralentit dangereusement, on prend du retard sur le plan de marche pour atteindre les 4,7 millions de signatures requises. Or nous savons que les Français sont très massivement contre cette privatisation, autrement dit que pour des raisons diverses et variées, ils refusent que Macron brade pour ses amis des biens qui ne lui appartiennent pas. Les raisons sont assez peu nombreuses :

    - d’abord un aéroport ce ne sont pas que des boutiques de duty free que l’Etat ne gère pas, mais c’est une frontière, surtout les aéroports de Paris, autrement dit, privatiser ADP, c’est vendre sa frontière. Pour une telle traitrise, Macron et sa bande de canailles devraient être jugés et emprisonnés ;

    - ensuite sur le long terme le manque à gagner pour l’Etat sera colossal, le développement constant et régulier d’ADP est justement la promesse de gains futurs importants pour l’Etat. Dans le projet de loi, les sommes recueillies par la privatisation d’ADP seront rémunérées au mieux à 2,5%, et c’est seulement cette rémunération d’un placement qui servira à abonder le soi-disant fonds de financement du numérique. Or à l’heure actuelle ADP rapporte à peu près 4,5 à 5% de la valeur du capital encore dans les mains de l’Etat ;

    - enfin, on sait que la crapule qui veut mettre la main sur le bien public est la même qui gère déjà les autoroutes comme une manière de racket, et qu’en vérité, elle vise d’abord à mettre la main sur les presque 7000 hectares propriété d’ADP, et qui seront livrés à une spéculation immobilière intense.

    - ajoutons que la vente de l’Aéroport de Toulouse Blagnac a démontré que l’affairisme des acheteurs pouvait tuer la poule aux œufs d’or, à tel point que la privatisation a dû être annulée[1]. Notez que la canaille affairiste qui gouverne a contesté cette annulation, sans doute pressée de rembourser les pots-de-vin qu’elle a sans doute touché pour cette vente[2]. On voit que la défense du bien public n’est pas le problème de Macron et de sa bande.

    Pour nous opposer à cette ignominie, et sortir victorieux de ce combat, il faut se battre au jour le jour. Castaner n’aide pas, au contraire il tente d’empêcher les gens de signer sans le dire, en compliquant les procédures pour signer, en fermant les pages qui pouvaient facilement permettre de compter les signatures pour activer le mouvement, la transparence n’est pas dans l’habitude de ce gouvernement de menteurs. Donc nous devons nous y prendre autrement : il faut faire ce qu’a fait Ruffin le 10 juillet de cette année à Audincourt, des meetings partout, et montrer que de réunir ces signatures serait une grande victoire contre un président détesté par les deux tiers des Français au moins. Il faut signer et faire signer sans relâche, il nous reste 250 jours c’est peu. Remporter cette victoire serait aussi un beau coup de chapeau aux gilets jaunes qui se sont battus pendant des mois pour faire avancer la démocratie et combattre pied à pied la dictature macronienne qui veut exclure totalement le peuple des décisions qu’elle prend en son nom. Et puis répétons-le, atteindre les 4,7 millions de signatures serait un vrai camouflet pour Macron et son gouvernement d’antipathiques.

    Signons et faisons signer pour le RIP contre la privatisation d’ADP

    Il faut donc nous remuer, aller vers les gens, sur les marchés, de partout, mettre en place des meetings, même s’ils sont de taille réduite, détailler pourquoi cette privatisation est une calamité. On peut aussi comme le font sur la photo ci-dessous David Cayla et Coralie Delaume – deux anti-européistes, deux anti-macroniens – mettre en place un stand où on aide ceux qui le désirent à signer pour le RIP. C’est une excellente initiative. En effet, je connais autour de moi plusieurs personnes qui n’ont pas signé parce que la procédure est un peu lourde. Cette initiative n’a besoin que de la carte d’identité de ceux qui veulent signer pour contrecarrer ces noirs desseins.  

    Signons et faisons signer pour le RIP contre la privatisation d’ADP

    J’ai recopié ci-après quelques exemples de tracts qu’on va pouvoir diffuser dès la rentrée de septembre. On en trouve d’autres sur Internet, on peut facilement en fabriquer un soi-même pour expliquer le sens de ce combat. Si chacun tire l’un de ces tracts à quelques dizaines d’exemplaires, et les diffuse autour de lui, sur son lieu de travail, auprès de ses voisins, sur les marchés, cela fera très vite boule de neige. Et ça ne nous coûte pas très cher. On peut le faire tout seul, mais c’est mieux en groupe, ça donnera plus de vigueur, et puis c’est un bon entrainement pour tisser des liens qui compteront quand la situation économique et sociale s’aggravera et qu’il faudra passer à la vitesse supérieure.

    Signons et faisons signer pour le RIP contre la privatisation d’ADP

    Signons et faisons signer pour le RIP contre la privatisation d’ADP

    Signons et faisons signer pour le RIP contre la privatisation d’ADP

    Vous pouvez aussi enlever le logo de la France Insoumise comme je l’ai fait ci-dessus pour garder une forme de neutralité politique à cette action dans la mesure où c’est l’ensemble de l’opposition, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche en passant par le PS, Le PCF et la France Insoumise qui est rassemblée dans cette lutte décisive pour notre pays. Sur les ronds-points et aux péages on peut aussi rajouter un logo de type gilet jaune, ce qui rappellerait que si aujourd’hui nous avons une possibilité de référendum, c’est bien au. Ça donnerait cela : 

     Signons et faisons signer pour le RIP contre la privatisation d’ADP

    Signons et faisons signer pour le RIP contre la privatisation d’ADP

     

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  • Acte XXXVI, les récupérateurs sont parmi nous !

    Les gilets jaunes étaient aussi sur le Tour de France 

    Les médias jouent la partition du deux poids, deux mesures. Prompts à dénoncer les exactions supposées des gilets jaunes, ils tentent de minimiser celles qui ont été commises à l’occasion de la CAN 2019. Il est curieux que le ministère de l’intérieur interdise les Champs Elysées aux gilets jaunes qui brandissent des drapeaux tricolores, mais permette le rassemblement de milliers de personnes se réclamant du drapeau algérien. Les violences et la mise à sac des Champs Elysées lors de la demi-finale le 11 juillet avait choqué par la passivité et la désorganisation manifeste des forces de l’ordre[1]. A cette occasion certains on même demander la démission du ministre de l’intérieur qui apparait jour après jour comme ce qu’il peut y avoir de plus incompétent dans un gouvernement. Quoi qu’avec les ministres macroniens, on soit particulièrement gâtés. Cette semaine a vu la démission du cupide et inconséquent de Rugy. Cet individu qui ne servait à rien, ni à l’Assemblée nationale, ni au poste de ministre de l’écologie – on serait bien en peine de trouver une loi ou une idée chez de Rugy – avait pris l’habitude de se goinfrer et de régaler ses amis sur le compte de la République[2]. Cet antipathique qui aime bien venir pleurnicher sur son sort injuste a vu aussi sa permanence et sa maison taguées. Certains déplorent ces « violences », mais c’est oublier à quel point le peuple est exaspéré par la cuistrerie de ceux qui sont sensés le représenter. Il y a quelques jours on apprenait que le budget de l’Elysée avait dérapé – euphémisme pour ne pas dire que le couple Macron dépense sans compter – de plusieurs millions d’euros, ce qui est dévastateur quand on se présente comme le père la rigueur et qu’on demande en permanence de l’austérité pour les plus démunis[3].

     

    Acte XXXVI, les récupérateurs sont parmi nous !

    La maison de de Rugy taguée  

    Acte XXXVI, les récupérateurs sont parmi nous ! 

    Castaner ministre en sursis décore des policiers faisant l’objet d’une enquête pour leur attitude indigne face aux gilets jaunes 

    Dans une ambiance « fin de règne », Castaner-le-menteur, dont l’incompétence est notoire, a distribué des médailles en chocolat – plus de 9000 tout de même – pour féliciter les forces de l’ordre d’avoir si bien rempli leur mission de répression d’un mouvement politique. Parmi ceux-ci de nombreux policiers visés par des plaintes, dont le fameux commissaire de Nice, Rabah Souchi, qui avait déclenché la charge brutale qui avait envoyé Geneviève Legay à l’hôpital[4]. Rappelons-nous que les gendarmes eux-mêmes avaient refusé d’exécuter cet ordre, avançant qu’il outrepassait le droit républicain. On peut se désoler de cette attitude désinvolte de Castaner, mais en vérité c’est assez logique. Castaner en bon domestique de l’oligarchie sait que le régime très impopulaire de Macron ne peut se maintenir en place que par l’exercice de la brutalité et le mensonge. Flatter la police en lui donnant des médailles qui ne valent rien, est un piège grossier, mais c’est l’assurance vie du système. Curieusement seul le syndicat France Police, qu’on classe très souvent à l’extrême droite, mais qui pour le coup se révèle bien plus républicain que les autres syndicats, s’est alarmé de cette dérive[5]. Elle est cependant le complément de toutes les autres mesures répressives, notamment celles qui visent à contrôler les idées sur les réseaux sociaux. L’Assemblée nationale vient en effet de voter la loi Avia qui se présente comme une « loi de lutte contre la haine sur internet ». La terminologie utilisée est tellement vague que c’est à l’évidence une loi qui vise d’abord à mettre fin à la liberté d’expression[6]. Cette loi a été présentée par la députée Laeticia Avia qui avait été poursuivie elle-même pour avoir mordu un chauffeur de taxi ! Il est vrai que cette femme originaire du Togo a peu de chose à voir avec la culture républicaine française, et c’est probablement pour cela qu’on l’a mise en avant pour faire ce sale boulot. Disons le plus clairement, cette loi vise à entraver des mouvements sociaux comme celui des gilets jaunes. C’est le complément d’une réorganisation des renseignements généraux qui doivent mieux anticiper l’émergence de ces mouvements sociaux qui sans aucun doute vont se multiplier dans les années à venir[7]. Comme nous l’avons signalé plusieurs fois, les médias se sont peu précipités pour rendre compte de la répression des gilets jaunes. Par leur silence ils ont contribué à criminaliser un mouvement politique de type nouveau. Cependant toujours l’inattendu arrive. La police a pris en effet la très mauvaise habitude de cogner sur tout ce qui la contrarie – sauf les supporters de l’équipe d’Algérie qui bénéficient d’une exemption – et le 21 juin, ils ont précipité dans la Loire des jeunes gens qui participaient à la fête de la musique. C’est à cette occasion que le jeune Steve Caniço a disparu. Il a probablement été noyé, et son corps n’a pas été retrouvé. Du coup on commence à s’inquiéter de la sauvagerie des forces de l’ordre, et tandis que Castaner décore des policiers pour les remercier de leur violence anti-républicaine, on commence à se poser des questions, avec le mot d’ordre repris par les gilets jaunes aussi bien que par les députés de la France Insoumise, mais aussi plus généralement par tous ceux qui s’inquiètent des dérives dictatoriales de Macron et de sa bande de pillards[8]. Les gilets jaunes ont récupéré cette affaire pour l’acte XXXVI du samedi 20 juillet, histoire de montrer que la violence subie par le malheureux Steve n’est pas un accident, mais une pratique politique décidée en haut lieu pour étouffer toute forme de dissidence. Soyons juste cette dérive répressive n’a pas commencé avec Macron, elle était très présente avec Hollande quand Valls était ministre de l’intérieur. Mais c’est clairement Macron qui a durci cette tendance dictatoriale.

     Acte XXXVI, les récupérateurs sont parmi nous !

    Les gilets jaunes ont décidé de consacrer la journée du samedi 20 juillet à la dénonciation de la répression policière, et en effet, même si cette sauvagerie a été plus dure contre les gilets jaunes, c’est maintenant une sinistre habitude que la police a pris de tabasser quiconque se trouve sur son chemin. A Montpellier où l’on prétend qu’il y avait des black blocs, des échauffourées ont éclaté. Cependant certains commencent à penser qu’ils peuvent récupérer une partie du mouvement des gilets jaunes en recrutant pour leur boutique. A Toulouse on a commencé à avancer le mot d’ordre d’une liaison avec les banlieues en mettant en avant la douloureuse affaire d’Amada Traoré, décédé il y a trois ans maintenant lors d’une interpellation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise. Cette affaire est devenue emblématique de l’action des groupuscules d’extrême-gauche qui luttent pour faciliter la vie des migrants et dénoncer le racisme des forces de l’ordre, les trotskistes sont depuis plus de cinquante ans persuadés que les immigrés sont la force de frappe de la révolution à venir. C’est pour cette raison qu’en ce 20 juillet 2019, une manifestation se revendiquant des gilets jaunes s’est transformée en marche pour Amada à Beaumont-sur-Oise. Ces derniers jours on a vu se multiplier les appels du pied aux banlieues pour rejoindre le combat des gilets jaunes. Mais comme on le sait quand le mouvement des gilets jaunes était nombreux et puissant, il n’y avait pratiquement pas d’immigrés ou de descendants d’immigrés. Cette dérive risque de vider le mouvement des gilets jaunes de son caractère initial et d’éloigner les bonnes volontés en orientant la lutte vers les formes groupusculaires sans avenir. Également à Caen, des gilets jaunes mal identifiés ont voulu changer de nom, abandonner le terme de « gilets jaunes » pour celui de citoyens en colère. Le prétexte serait que le mouvement s’essouffle et donc qu’il faudrait chercher des roues de secours pour réactiver la mobilisation[9]. Cette initiative me semble très malvenue et contribue à dénaturer le mouvement. Mais en outre elle ne permet en rien de rassembler plus largement que d’ordinaire, au contraire, bien que nous n’ayons pas de chiffres, il semble que la mobilisation du 20 juillet soit la plus faible depuis l’automne dernier. 

    Acte XXXVI, les récupérateurs sont parmi nous ! 

    Sur la place de la Comédie les gilets jaunes étaient encore nombreux 

    Ce n’est pas un hasard si ces tentatives de récupération – traditionnelles chez les trotskistes – interviennent quand le mouvement est clairement sur le déclin. Cette stratégie naturelle chez ces groupuscules n’a jamais rien donné, il n’empêche qu’elles continuent ! Il y a pourtant bien des combats à mener pour prolonger la lutte des gilets jaunes. Par exemple accélérer les signatures pour le RIP sur la privatisation d’ADP. Ou encore s’inquiéter sérieusement de la réforme des allocations chômage qui vont laisser sur le carreau des centaines de milliers de chômeurs. Mobiliser sur le CETA me semble également plus d’actualité. Nous verrons bien à la rentrée ce qui se passera. Quoi qu’on en dise, la colère populaire est toujours présente et à un haut niveau. Mais la difficulté est bien de rebondir. Je ne suis pas très inquiet pour l’avenir du mouvement, Macron sait en effet en permanence rallumer le feu de la révolte par sa conduite inconsidérée, et par l’absence de résultats de sa politique économique et sociale. Or rapidement nous allons devoir faire face à une récession de grande ampleur qui probablement viendra d’Allemagne. Si cette crise commence à se manifester par les difficultés de la finance, elle touchera forcément l’économie réelle. Le secteur automobile en Allemagne est sinistré, mais la politique de Macron a également détruit le peu d’industrie qui reste dans le pays. Ce sont des milliers d’emplois qui vont disparaitre d’ici à la fin de l’année. Pour l’instant les syndicats sont dans un coma prolongé, mais il n’est pas certain qu’ils y resteront, la base pourrait bien les obliger à sortir de leur torpeur. La réforme des retraites est un autre sujet à haut risque.

    Acte XXXVI, les récupérateurs sont parmi nous ! 

    A Beaumont-sur-Oise, on a organisé une marche pour Amada Traoré 

    Bref si le mouvement ne veut pas devenir clownesque, il va falloir le recadrer d’ici à la rentrée prochaine sur des sujets un peu plus sérieux et rassembleurs. Comme je l’ai dit, ça ne manque pas. Mais ne soyons pas grincheux, malgré toutes les difficultés, il y a eu de nombreuses manifestations, à Lyon, à Belfort, avec des gilets jaunes toujours très en colère.

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