•  Avec Macron la France part en fumée et l’insécurité est partout 

    L’usine Lubrizol brûle 

    Depuis que Macron a été élu, plus rien ne tient debout en France. Il s’est appliqué à détruire systématiquement à la fois la protection sociale, la sécurité des personnes et l’environnement. Cet incendie de Rouen est une catastrophe majeure, les conséquences vont s’inscrire sur la longue durée. Cette usine américaine implantée en France était classée Seveso, c’est-à-dire qu’elle était considérée comme dangereuse pour son environnement, et de fait Rouen et ses campagnes son contaminées, il semble même que les vents aient permis au produit de Lubrizol d’aller polluer jusqu’à la Belgique. Les récoltes sont perdues, les champs sont durablement contaminés. Catastrophe naturelle, dira-t-on. Et bien c’est à ce niveau que nous devons réfléchir. Ce que nous voyons ici c’est la rançon du progrès. Le progrès technique se paie d’une contrepartie parfois très lourde. C’est la preuve que le progrès technique n’est pas une bonne chose ou une chose neutre. La communication du gouvernement a été à la hauteur de l’événement. La canaille ministérielle s’est empressée de dire que l’air y était pur. Contre toute vraisemblance, le préfet Pierre-André Durand ment comme il respire, vous me direz qu’en Macronie les préfets ont de l’entrainement. Voilà donc cette canaille qui commence par nous dire qu’il n’y a rien à voir, juste un peu de fumée. Que les particules étant retombées, l’air est redevenu pur comme avant. Mais il avance aussi que Lubrizol est pleinement responsable. Mais s’il n’y a rien, on ne voit pas en quoi cette merveilleuse entreprise qui travaille pour améliorer le genre humain est responsable de quoi que ce soit. Lubrizol a commencé par porter plainte pour un incendie involontaire qui serait venu de l’extérieur. On voudrait nous faire croire que c’est encore un mégot de cigarette – salauds de fumeurs – qui a mis le feu à cette entreprise merveilleusement bien sécurisée. En vérité en dénonçant Lubrizol Pierre-André Durand tente de mettre l’éteignoir sur sa propre responsabilité et indirectement sur celle de la Macronie. C’est ce préfet qui en effet par deux fois, en janvier et en juin a autorisé l’entreprise à augmenter son stockage, et on apprend que les contrôles sur ce site classé pourtant Seveso 2 étaient inexistants. Même Le monde dans son édition du samedi 5 octobre, le rappelle : le gouvernement a volontairement affaibli les contrôles[1]. 

    Avec Macron la France part en fumée et l’insécurité est partout 

    Le mensonge est monté d’un cran avec l’inévitable Sibeth Ndiaye qui a assuré que tout allait très bien comme avant à Rouen. La preuve ? Elle a dit que si elle était de Rouen, et bien elle y serait restée ! Mais, comme c’est dommage, elle n’est pas de Rouen et donc et bien elle ne peut pas y aller. Soyons honnête, chez Bourdin, elle a avoué que Macron ne s’était pas rendu encore à Rouen parce qu’il attendait les résultats des analyses. On suppose que ce niveau d’imbécilité qui dépasse tout ce qu’on a connu ressort du « en même temps » macronien. Plus inquiétant encore c’est la posture de Philippe qui est tout de même sensé être le premier ministre de la France, quelque part l’égal de Colbert quoi. Le voilà qui commence par nous dire que la qualité de l’air n’est pas en cause, certes il y a un peu de fumée, mais c’est tout, ça fait tousser, mais ce n’est pas méchant. Après avoir déblatéré cette sornette, il revient un peu plus tard pour dire qu’en fait il n’en sait rien, et que peut-être c’est plus grave qu’on ne croit, en tous les cas, ce pitre nous dit que s’il apprend quelque chose, et bien il nous préviendra[2]. On sent bien que toute cette histoire l’emmerde. Nous nous retrouvons en pleine bouillie informationnelle. La population est dans une grosse colère, la population de Rouen bien sûr, mais aussi celle qui s’élargit vers l’Est et jusqu’en Belgique. On reproche non seulement au gouvernement de ne pas exercer son pouvoir de contrôle sur des sites pollueurs, mais on lui reproche en outre sa communication débile. Les irresponsables du gouvernement attendent manifestement que l’orage passe, et prient sans doute pour que de nouvelles révélations sur les dégâts engendrés par cette catastrophe ne viennent pas les mettre encore en cause. Il va de soi que cette affaire engendre la perte du peu de crédibilité qui restait à Macron en tant qu’homme d’Etat.  

    Avec Macron la France part en fumée et l’insécurité est partout

    Ce que nous savons c’est que des oiseaux qui se trouvaient dans les environs de l’usine incendiée sont morts. Après avoir tergiversé, les médias ont été bien obligés de dire que c’était bien vrai et que ce n’était pas des fakes news. La mort de ces malheureuses bestioles indique à coup sûr que les conséquences de cet incendie seront de très grande ampleur. Car à moins d’être chasseur ou macronien, on comprend facilement que l’existence humaine est intimement liée à celle des bêtes. Dire que la communication gouvernementale est un fiasco est un euphémisme. Mais si on en est là c’est parce qu’au fond le gouvernement sait très bien que l’insécurité dans les entreprises a augmenté depuis que Macron pratique la dérégulation tout azimut. C’est la mode aux Etats-Unis, mode d’on s’inspire à la fois l’Union européenne et Macron : le libéralisme suppose que le marché suffit et donc qu’on n’a pas besoin de surveiller ce que les capitalistes fabriquent dans leur arrière-boutique. Trump ne dirait pas mieux.  

    Avec Macron la France part en fumée et l’insécurité est partout

    Aux dernières nouvelles, le préfet menteur de Rouen chercherait un expert qui fournirait un rapport adéquat pour ne pas mettre en cause la responsabilité de l’Etat et du préfet[3]. Des dizaines de personnes ont du reste été admises aux urgences pour cette histoire d’incendie, et cela sera cependant difficile à masquer[4]. On se doute qu’il va le trouver son expert, il suffira de le payer suffisamment. Le feu est le symbole de la gouvernance macronienne. D’ailleurs il y a d’autres incendies en France, sans même revenir sur la trouble destruction de Notre Dame de Paris. Par exemple, juste après Lubrizol, à Sainte-Luce sur Loire, une entreprise de nettoyage a flambé également, et sans doute, vu son domaine d’intervention, il devait y avoir des produits dangereux qui ont alimenté l’incendie[5]. Quelques temps après le sournois Pierre-André Durand est revenu sur les évaluations des tonnages de produits toxiques ayant cramés. Il les a revues à la hausse. Mais pire encore on a appris qu’à côté de Lubrizol, et bien il y avait une autre entreprise qui nous dit le préfet a bien brûlé, mais elle n’avait rien à voir avec Lubrizol, c’était une entreprise différente, et il énuméra les nombreux produits qye cette entreprise de logistique stockait, sauf que quelques minutes plus tard il avouait que des produits dangereux de chez Lubrizol avaient été hébergé par cette même entreprise[6]. Scandale dans le scandale donc qui en dit long sur la volonté de transparence de ce sinistre individu. Cette maladie macronienne du mensonge éhonté tourne à la maniaquerie.  

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    Manifestation à Rouen le 1er octobre 

    A Rouen les gilets jaunes sont très actifs et leurs manifestations sont régulièrement interdites par le préfet-menteur de Seine-Maritime qui leur envoie systématiquement la milice pour les casser. Ce sinistre individu avait affirmé qu’il n’y avait pas de particules d’amiante dans les fumées dégagées par l’incendie. C’est évidemment invraisemblable sachant que les toits de l’usine était recouvert d’amiantes sur des centaines de mètres carrés et que l’usine a pratiquement entièrement brulé. Il avait en plus sorti cette fable, alors même que les analyses étaient en cours. C’est dans ce contexte que les Rouennais ont manifesté par milliers contre Lubrizol et contre leur préfet le 1er octobre. Ce bonhomme devrait être démis de ses fonctions parce qu’un responsable de l’Etat ne doit pas mentir comme il l’a fait. Les associations de défense de l’environnement sont également très mobilisées et on ne doute pas que samedi à Rouen le thème de la manifestation sera à la fois de protester contre Lubrizol, mais aussi de demander la démission de l’ignoble préfet. Une’ convergence des luttes se dessine clairement à Rouen.  

    Avec Macron la France part en fumée et l’insécurité est partout

    La sécurité des personnes n’est plus assurée en France, et la police manifeste des tendances à la démission. A l’appel du syndicat Alliance, pourtant plutôt favorable à la répression des gilets jaunes et assez proche de Macron, les policiers sont venus eux aussi manifester. C’est assez inédit. Parce qu’on se dit que si la police lâche Macron, il ne lui reste plus qu’à demander l’asile politique à l’Allemagne. On n’en est pas là. Il y avait cependant beaucoup de monde, plus de 20 000 à Paris le 2 octobre[7]. Il faut le souligner Macron est le champion toute catégorie pour fabriquer des manifestations tous les jours et sur tous les sujets. Pour l’instant la maison poulaga manifeste pour obtenir de petits avantages matériels, vous pensez bien qu’ils ne se posent pas de questions sur le pourquoi du comment ils bastonnent et éborgnent les gilets jaunes. Non, ce qu’ils veulent c’est pouvoir bastonner tranquille, pouvoir rentrer le soir à la maison, siroter leur apéro sans être tout le temps d’astreinte. Mais non, la bonne paye ça va avec la servitude, et donc la possibilité qu’on se serve d’eux comme de simples instruments au service d’une caste. Il est probable que les policiers commencent à ressentir aussi le poids de la honte en ce qui concerne l’usage qu’on fait d’eux, et le syndicat Alliance canalise cela vers la réclamation de petits avantages matériels. Notez qu’Éric Drouet était venu avec quelques gilets jaunes rappeler aux policiers quel sale boulot ils faisaient. Le geste ne manquait pas de panache. Ils furent rapidement évacués après quelques échauffourées tout de même[8]. En tous les cas les manifestants ordinaires ont clairement peur de la police qui invente n’importe quoi pour tenter de faire condamner même des observateurs de la Ligue des Droits de l’Homme qui les gênent dans leurs séances de matraquage hebdomadaire. Mais ça ne marche pas à tous les coups, et Camille Halut qui avait été trainée devant le tribunal à Montpellier a été relaxée, le juge dressant un sévère réquisitoire contre les policiers qui arrêtent d’abord des personnes et qui ensuite tentent de trouver un motif pour justifier cette arrestation[9].  

    Avec Macron la France part en fumée et l’insécurité est partout

    Michael Harpon, l’assassin de la préfecture de Paris 

    Y’a-t-il encore une police en France ? On peut se le demander à la vue de ce qui s’est passé dans l’enceinte de la préfecture de police à Paris le 3 octobre. Un individu employé administratif a délibérément attaqué plusieurs personnes avec un couteau. 4 personnes sont mortes, dont une femme. Comme d’habitude on a avancé l’hypothèse d’un conflit interne – mais pourquoi s’en prendre à quatre personnes ? – puis on a avancé que l’individu était handicapé, il souffrait d’une surdité partielle, comme si cela pouvait minimiser le crime. Et puis ensuite on a appris que cet individu se serait converti à l’Islam assez récemment, depuis dix-huit mois et qu’il avait manifesté une sorte de radicalisme en refusant de serrer la main de sa supérieure[10]. Le monde nous dit que jamais depuis la Libération « ce centre névralgique du pouvoir n’avait subi une telle attaque ».  Il semble bien que cette fois on ne pourra pas faire jouer la chansonnette du déséquilibré. Macron a été dérangé alors qu’il peaufinait son nouveau grand débat sur les retraites, il s’est fendu d’une larmichette pour dire que tout cela était bien dramatique tout de même, et Castaner a dit qu’en l’état des connaissances on ne pouvait rien conclure. En tous les cas les internautes l’ont fait pour lui, alors qu’ils sont sensés être bien moins informés que lui, ils ont conclu à un acte terroriste, ce qui veut dire que même dans l’enceint de la préfecture de police on n’est pas à l’abri. En tous les cas, il est mort. Donc cinq victimes en tout. Il faudrait peut-être s’interroger sur le dysfonctionnement de la police : d’un côté on massacre et on éborgne des manifestants pacifistes, et de l’autre on est incapable d’anticiper des gestes véritablement criminels. A tout le moins il est clair que les forces de l’ordre sont bien mal utilisées en Macronie. Cependant derrière l’acte de Michael H. il y a une autre question, c’est qu’au nom de l’intégration sociale, on a intégré de très nombreux musulmans au sein des administrations, dans al police comme dans l’armée. Vous me direz que c’est normal vu que ce sont des Français. Et bien sûr cet argument est imparable, mais il rentre en contradiction avec un autre fait, c’est qu’au moins une partie des musulmans – la majorité – ne reconnait pas l’autorité de la République comme étant au-dessus de leur religion. Et donc si ce genre d’attaques continue, ce dont malheureusement on ne peut douter, nous serons dans une situation de guerre civile qui obligera soit à interdire cette religion néfaste en bloc, soit à s’opposer à ce que des musulmans pratiquants intègrent l’administration. On voit bien que dans cette question qui concerne tout de même la sécurité des Français, le port du voile n’est pas anodin, et que le poids démographique des immigrés musulmans est également un problème. Car au moment où on fait la chasse à Zemmour, c’est tout de même du côté de l’Islam radical que viennent les coups et non de côté de l’éditorialiste banni maintenant des médias. En France les médias sont très pudiques, d’abord on a parlé d’un certain Michael H. Ensuite il a fuité que c’était un Antillais, puis ensuite encore qu’il s’était converti récemment à l’Islam. On a ensuite eu droit à une photo floutée, puis ensuite encore à son nom, on est passé de Michael H. à Michael Harpon. Et finalement cerise sur le gâteau, qu’il y aurait à la préfecture de police de Paris 5 personnes fichés S qui y travailleraient. Là encore on ne peut pas dire que les autorités et les médias ont joué le jeu de la transparence, au contraire, il est patent qu’ils mettent l’éteignoir sur l’information, des fois que cela nous donnerait des idées de rébellion.  

    Avec Macron la France part en fumée et l’insécurité est partout

    Mais si beaucoup de policiers se suicident et si le nombre de ces suicides est en hausse[11], il en est de même aussi chez les enseignants. Christine Renon s’est suicidée le 24 septembre, et le 3 octobre dernier, c’était Frédéric Boulé, un professeur de SVT des Alpes Maritimes[12]. On ne va pas spéculer sur ces drames qui souvent ont aussi des origines intimes, mais leur multiplication, dans la police on en était à 35 en 2018, et déjà à 51 en 2019, comme ceux des enseignants, pose question, comme lorsque soudainement le nombre de suicidés augmenter chez Orange. Cependant cette montée brutale des suicidés dans la fonction publique montre deux choses : d’abord que la vie devient de plus en plus difficile en Macronie, ensuite que Macron traite très mal le personnel qui sert l’Etat. Quand le suicide devient un phénomène social, on doit se demander qu’elle est la part qui revient aux gouvernants qui nous font une vie aussi pénible à vivre. Le massacre de la fonction publique c’est aussi cela : un quarteron de comptables qui décident de ce qui financièrement est bon au détriment de toute autre considération. Ni le suicide, ni les massacres de masse ne sont dans la culture de la France, de part justement de son histoire catholique. Mais c’est compatible aussi bien avec l’Islam qu’avec le communautarisme à l’anglo-saxonne. Le bilan de Macron après deux ans de mandat est une catastrophe totale dans tous les domaines, et également dans celui de la sécurité des personnes. Il a en effet produit par son action débile une contre-révolution qui a défait ce qui restait d’un Etat responsable en France. Cet ensemble de faits converge vers l’idée que le principal problème politique est d’abord de virer Macron et sa clique de cupides affairistes, ensuite de sortir de l’Union européenne pour restaurer un Etat au service de tous.



    [1] Stéphane Mandard, « Lubrizol : les contrôles affaiblis des sites à risques », Le monde, 5 octobre 2019.

     

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  •   Acte XLVII, les gilets jaunes sont toujours là et changent leur cible

    Les gilets jaunes se sont joints aux marcheurs pour le climat et ont occupé le centre commercial Italie 2 

    Comme je l’ai dit et répété, les gilets jaunes sont partout, en prise sur toutes les luttes, à Rouen ils ont accompagné les manifestations contre l’incendie de Lubrizol. A Paris où le préfet Lallement est préoccupé par les conséquences de son laxisme en matière de gestion du personnel dans sa boutique, où semble-t-il le radicalisme islamiste a ses aises, ils ont rejoint les marcheurs pour le climat qui ont occupé le centre commercial Italie 2. Jérôme Rodriguez et ses amis étaient présents. Le blocage s'est poursuivi jusqu’à tard dans la nuit, après j'ai été dormir. Mais tout cela serait bien banal si l’ambiance générale ne s’était pas encore dégradée un peu plus ces derniers temps, démontrant non seulement l’incompétence des macroniens, mais aussi la nocivité de leurs entreprises de destruction massive. Après une accalmie au cours de l’été, malgré une mobilisation des gilets jaunes, la popularité de Macron s’est encore un peu effondrée, confirmant ce que je disais lorsque j’avançais que sa cote de confiance ne remonterait plus jamais, certes elle peut osciller légèrement à la hausse ou à la baisse, mais je pense qu’elle va avoir tendance à au contraire suivre une pente descendante[1]. Les raisons sont assez évidentes : toutes les réformes que cette buse nous propose sont marquée du sceau de l’infamie et que plus encore, le personnel macronien montre son incapacité à faire face aux soubresauts de l’actualité.

      Acte XLVII, les gilets jaunes sont toujours là et changent leur cible

    Les gilets jaunes ont montré tout au long de la journée du 5 octobre 2019 qu’ils avaient une conscience très claire des enjeux. Ils se sont alliés avec le mouvement Extinction rébellion pour envahir une soixantaine de centres commerciaux – ces immondices urbains – et donc pour montrer qu’in fine leur but c’est bien de lutter contre la marchandise. Le mouvement prenant ouvertement une position anticapitaliste et écologiste. Ils sont donc intervenus ainsi à Bordeaux au Centre commercial les Grands Hommes. Avec Macron on manifeste maintenant tous les jours, pour les urgences pour les usines qui partent en fumée, pour les retraites, pour l’environnement, pour le pouvoir d’achat. Au moins on mettra à son actif cette capacité à faire sortir les Français de leur trou et à réinvestir la rue.

      Acte XLVII, les gilets jaunes sont toujours là et changent leur cible

    Chalon-sur-Saône 

    Donc ce samedi, ils ont manifesté d’une manière ou d’une autre de partout en France pour demander la démission de Castaner et de Macron. Si à Chalon-sur-Saône le défilé était très traditionnel, à Amiens – le fief de Ruffin – le rassemblement a pris un tour plus offensif et studieux. On a développé « un village militant » où on débattait notamment de ce qui s’est passé à Hong-Kong. Pourquoi parler de Ce territoire lointain ? D’abord parce que c’est un exemple tactique de lutte et de harcèlement du pouvoir qui nous permet de progresser, comme les Hongkongais suivent ce qui se passe en France et s’inspirent de notre mouvement, nous cherchons aussi des innovations tactiques pour nous-mêmes. A Toulouse où la foule était dense, les premiers rangs utilisaient des parapluies à la manière hongkongaise, il y a beaucoup de coups et d’interpellations. Mais ensuite il y a que la révolte se développe de partout dans le monde entier : Hong-Kong, Alger, France, Irak, Brésil et j’en passe. Il faut lire ce mouvement comme une contestation de la mondialisation dont les conséquences sont à la fois sociales et environnementales. Tout cela signifie qu’on veut changer d’époque et ne plus subir le diktat ici ou là d’une oligarchie sans morale autre que d’accumuler de l’argent.

      Acte XLVII, les gilets jaunes sont toujours là et changent leur cible

    Amiens 

    Il est très difficile de donner des chiffres sur la participation. Evidemment les préfets avaient pris des arrêtés d’interdiction, notamment à Lyon où on ne peut plus manifester le samedi, sauf à aller se perdre dans les collines environnantes. A Montpellier, le thème choisit du rassemblement était la répression, les gilets jaunes n’oublient que c’est ici que les miliciens de Castaner ont tenté de faire condamner Camille Halut, observatrice de la Ligue des Droits de l’Homme, et que cela s’est retourné finalement contre eux. A Paris si les gilets jaunes ont pu manifester et occuper un centre commercial, ils ont eu ensuite plus de mal à se regrouper. Le préfet Lallement, malgré ses embarras personnels, avaient pris soin de violer une fois de plus le droit de manifester. Cependant, le mouvement s’organise pour les 16 et 17 novembre 2019. Cela fera un an que le mouvement a démarré. Et certainement Macron qui avait dès le début joué le pourrissement, n’avait pas imaginé qu’il puisse durer aussi longtemps. Dès à présent une carte commence à se remplir pour indiquer où se réuniront les gilets jaunes et quels blocages ils vont mettre en place. On voit que la tactique des gilets jaunes est une guerre d’usure et que leur seul choix est soit mourir, soit vaincre un ignoble pouvoir. Ils sont le noyau dur de la contestation qui d’une manière ou d’une autre ne peut que repartir. Dès lors leur nombre importe moins, certes on aimerait les voir par millions, mais il faut savoir que les gilets jaunes ne sont pas toujours les mêmes, ils vont, ils viennent, prennent des pises plus ou moins longues et repartent à l’assaut.

      Acte XLVII, les gilets jaunes sont toujours là et changent leur cible

    A Toulouse la foule était dense et rapidement il y a eu des chocs avec la milice de Castaner

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  •  Macron maitre de la Novlangue, ami du travail, mais pas des travailleurs 

    Macron un peu dans la pâté à Rodez, il est complètement usé, et ça se voit

    Il est comme ça, il ne peut pas s’empêchez de déconner. Il nous avait bien dit qu’il avait beaucoup appris – comme Sarkozy qui tentait de se faire réélire en disant qu’il avait beaucoup changé – mais on voit bien que ce personnage obtus n’a rien appris et n’apprendra jamais rien. Ces derniers temps ce personnage bouffon et ignare, cette caricature de lui-même, que certains font mine de croire instruit et intelligent, à démontrer à la fois son insolence et sa mauvaise maitrise du français. Il était à Rodez pour tenter de vendre le produit frelaté de sa réforme des retraites. Il avait à cette occasion ressortit son idée stupide de Grand Débat, forme à laquelle même ce mollasson de faux syndicaliste de Philippe Martinez ne croit pas[1]. Se prenant pour un instituteur de campagne face à des paysans du Danube, lorsqu’on lui demande ce qu’il compte faire pour les métiers pénibles, le voilà qu’il avance : « Moi j’adore pas le mot de pénibilité, parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible »[2]. Macron est un vieux radoteur. Lors de sa campagne présidentielle, il avait déjà déclaré : « Je n'aime pas le terme [de pénibilité] donc je le supprimerai. Car il induit que le travail est une douleur. »  Rodez ne lui convient pas, il avait le visage défait, l’air complètement égaré, il a avancé toujours dans un français très approximatif que les spéculations sur l’effort demandé aux français « c’était de la pipe ». Donc que ceux qui disent que sa réforme pourrie vise à faire baisser le volume des pensions de retraite dans le PIB sont des menteurs. Macron dans sa folie furieuse laissait entendre qu’on ne pouvait pas critique sa belle réforme puisqu’elle n’existait pas encore. Mais alors qu’était-il venu vendre à Rodez aux misérables lecteurs de La dépêche du midi ? Une réforme qui n’existe pas, un fantôme de projet ? Mais laissons là ce genre de vulgarité, de même je ne parlerais pas du fonds de la question, mais de la forme. Donc il nous dit « j’aime pas trop » – forme très familière pour un garçonnet qui se voudrait en même temps président de la République – « le mot pénibilité ». Et sans doute que ceux qui font un travail pénible n’aime pas le mot et la chose. Mais Macron qui n’a jamais travaillé n’a pas idée de ce que peut-être la pénibilité.  

    Macron maitre de la Novlangue, ami du travail, mais pas des travailleurs 

    Jean-Pierre Brisset saluant ses admirateurs

    Cette réflexion est cependant très intéressante et confirme une pratique rigoureuse de la Novlangue. Ce serait le mot « pénibilité » qui conditionnerait la chose Ce n'est pas le travail qui est en soit pénible mais le fait de le dire. Macron est un disciple de Big Brother. Bien entendu si le mot disparaissait du vocabulaire, le travail pénible disparaitrait aussi ! Cette inversion de la causalité entre le mot et la chose (on crée la chose parce que le mot existe) rappelle l’excellent Jean-Pierre Brisset qui dans La grammaire logique[3] expliquait que les mots existaient avant que les hommes ne s’en empare, les mots tel un troupeau de bêtes sauvages erraient bêtement dans la nature, en attendant un emploi, et qu’en fait les hommes qui s’emparèrent d’eux pour les domestiquer étaient des grenouilles qui se transformèrent par le langage ainsi apprivoisé peu à peu en hommes. 

    Si Macron par ailleurs avait un peu de culture, mais on ne peut trop demander à un homme politique, il saurait que le mot travail vient de tripaliare qui veut dire « tourmenter, torturer avec un tripalium ». Rappelons-nous : les prolos de l'ancien temps ne disaient pas « je vais travailler », mais « je vais au chagrin », ce qui veut bien dire ce que ça veut dire. Il fait donc semblant d’ignorer que pour 95% des gens rien que l’idée de travailler est pénible psychologiquement autant que physiquement. Et donc qu’aspirer à une retraite valable est une aspiration à la liberté.je ne crois pas du reste qu’il connaisse vraiment le sens de ce mot. Ajoutons pour être complet que la Bible dit Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front[4]. Or cette injonction ne renvoie pas à la nature de l’homme, mais à sa faute et donc le travail est la peine qu’il endure pour la faute qu’Adam a commise en allant déconner avec Eve. Le travail est donc une punition. Cette idée est transmise aussi par l’économie politique qui dit que le travailleur est puni parce que ses ascendants n’ont pas épargné, tandis que le capitaliste est récompensé par le fait même que ses ancêtres ont su en mettre suffisamment à gauche pour lui éviter le dur labeur. Si l’éducation de Macron en économie possède des lacunes abyssales, on peut dire aussi qu’il est un assez mauvais chrétien qui ne connait rien des textes sacrés ! Bon à rien, mauvais à tout, c’est à nouveau démontré. 

    Macron maitre de la Novlangue, ami du travail, mais pas des travailleurs 

    Inscription attribuée à Guy Debord sur les murs de la rue de Seine, mais probablement tracée par Jean-Michel Mension, son copain, à l’époque 

    Evidemment Macron est aussi fâché avec l’histoire, y’a pas de raison. Il y a une longue tradition en France, mais aussi ailleurs, des gens ennemis du travail qui pensent que plus on travaille et plus on s’appauvrit, mais en effet on ne peut pas avoir des riches si d’autres ne s’appauvrissent pas. Mais évidemment nous qui avons été à de meilleures écoles que Macron, nous savons que sans travail pénible, sans l’usure de l’homme, le profit n’existe pas et le capitalisme non plus. Qu’une grande partie de ce travail ait été délocalisé vers les pays pauvres ne chance rien à la logique du raisonnement. Mais il ne faut pas s’étonner, ce super-domestique de l’oligarchie est le même qui considérait il n’y pas si longtemps que les pauvres patrons étaient moins bien lotis que leurs salariés[5] ! On se demande bien pourquoi ils ne changent pas de place ! Ah, oui, bien sûr, mais c’est parce qu’ils ont le goût du risque et aussi celui de l’effort.

     Macron maitre de la Novlangue, ami du travail, mais pas des travailleurs 

    Travail pas pénible pour Macron, mais travail auquel il ne se risquerait pas



    [3] Ce texte republié opportunément par Michel Foucault en 1970 – c’est probablement la seule bonne chose que Foucault fit de son existence – doit être lu par tout le monde, et plus particulièrement par ceux qui aiment rire, boire et chanter.

    [4] Plus précisément :  « C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière », Genèse 3-19.

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  •   Les approximations de Gérard Noiriel, policier de la pensée 

    Noiriel prenant la pose de l’intellectuel engagé

    Si vous voulez comprendre pourquoi la gauche est en train de perdre toute influence politique en Europe et en France – en Italie, elle a complètement disparu, lisez et écoutez ce que dit l’historien Gérard Noiriel. Il vient de publier un ouvrage aux éditions La découverte dont le titre est déjà tout un programme Le venin dans la plume. Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République. Et donc pour faire la promotion de son ouvrage, il fait le tour des rédactions. Le monde, journal macronien de la première heure, toujours à la recherche d’un discours qui conforterait ses thèses mondialistes, est là pour le recevoir dans son édition du 10 septembre 2019. Zemmour n’aurait évidemment pas droit à une telle tribune. Vous remarquerez que Le monde s’appuie sur le fait que Noiriel est un universitaire, ce qui vaut tous les sésames. Le monde donne son imprimatur au bouquin de Noiriel, il écrit dans son chapeau : « Dans « Le Venin dans la plume », l’historien montre comment la rhétorique identitaire du polémiste est comparable aux imprécations antisémites d’Edouard Drumont ». En vérité Noiiriel ne montre rien du tout, il se contente d’affirmer, sa méthode d’analyse est des plus douteuses et n’a rien de sérieux, principalement parce qu’elle compare ce qui n’est pas comparable, en opérant des sauts entre les époques pour tenter d’amener de l’eau à son moulin, autrement dit, il sélectionne les faits qui l’arrange et passe sous silence ce qui pourrait remettre en question son discours lénifiant.

    Proche du PCF, quoiqu’au début des années quatre-vingts il soit en conflit avec celui-ci, Noiriel a évolué avec lui : au fur et à mesure que le peuple abandonnait le PCF en ne votant plus pour lui, les ouvriers votent aujourd’hui plutôt RN, les intellectuels du PCF ou du NPA ont cherché un autre public. Pour cela ils ont transformé les immigrés et leurs descendants en nouveaux prolétaires qui nécessairement porteront un jour la conscience de classe. Badiou est sur cette ligne, il ira jusqu’à soutenir que le Hamas ou le Hezbollah, organisations racistes, génocidaires et à la pointe du combat pour consolider les inégalités entre les sexes sont des nouvelles formes de la lutte révolutionnaire. Et donc depuis des années voilà cette gauche qui s’effondre qui croit qu’elle sera sauvée grâce à l’apport des voix des immigrés et de leurs descendants. C’est exactement le contraire qui s’est produit. A vouloir faire la sourde oreille aux revendications des prolétaires, et à persister à leur faire la leçon, ils ont perdu la ferme et les chevaux. L’erreur est à la fois tactique et stratégique : en effet les populations qui défendent le communautarisme sont complètement indifférentes à vendre leurs voix à la droite ou à la gauche, l’important est ce qu’elles peuvent obtenir pour leur communauté, ici un centre communautaire, là un terrain pour bâtir une mosquée ou une école confessionnelle, ou encore des postes rémunérateurs de conseillers municipaux, départementaux ou régionaux. En outre, maintenant que ces communautés ont pris conscience de leur puissance – c’est-à-dire de leur force démographique – elles s’orientent vers la mise en place d’un parti musulman. On n’en est pour l’instant qu’à une sorte d’ébauche, mais cette tendance ne fait plus aucun doute[1]. Certes la communauté musulmane n’est pas un bloc monolithique, à Marseille la communauté marocaine est à couteaux tirés avec les Algériens, mais la religion a cet avantage de pouvoir masquer les fissures en elle et de réunir tout le monde dans la lutte contre les « blancs ».

     Les approximations de Gérard Noiriel, policier de la pensée 

    Évolution des résultats du PCF aux élections de 1945 à 2007

    Avec Noiriel on est évidemment loin du PCF de Georges Marchais qui, dans une lettre au recteur de la Mosquée de Paris, lettre publiée dans L’Humanité, dénonçait l’immigration de masse comme un mauvais coup porté par le patronat à la classe ouvrière, à cette époque. C’était en janvier 1981. Noiriel qui est « spécialiste » de l’histoire de l’immigration ne l’ignore pas : les migrations ont été suscitées et encouragées par le patronat, c’est un élément efficace de la mondialisation. Aujourd’hui le chiffre d’affaire des migrants qui s’apparente à un trafic d’êtres humains générerait selon OMI – Office des Migrations Internationales – serait de 35 milliards de dollars[2]. C’est évidemment une approximation puisqu’une très grosse partie des migrations est clandestine. S’il est évident que certains pays se sont servis des migrants pour se développer, par exemple c’est le choix de la France à la fin des années 50 et ce qui explique son retard dans l’investissement et la montée en gamme des productions, contrairement à l’Allemagne qui jouait une autre partition – c’était pour maintenir la pression sur la hausse des salaires. Que ces immigrés aient été maltraités, sous-payés, surexploités, c’est également une évidence que personne ne peut nier sérieusement. Mais Noiriel ne s’intéresse pas vraiment aux raisons de l’immigration et à ses conséquences concrètes, il est dans le compassionnel. Il borne son discours à la bonne conscience de venir en aide aux immigrants et de protéger les populations qui sont originaires des pays du tiers monde, notamment celles qui viennent d’Afrique. C’est exactement ce que fait Macron depuis des années quand il énonce que l’immigration est une chance pour la France[3]. Depuis que Salvini a quitté le gouvernement italien, celui-ci est retombé aux mains des européistes qui eux aussi considèrent que l’immigration c’est bon pour les affaires. Evidemment dire cela après un grand nombre d’attentats musulmans en France et dans toute l’Europe, ça fait un peu drôle et ne sera pas très populaire. Cependant le plus important se trouve dans le fait que les descendants d’immigrés sont massivement au chômage après deux ou trois générations. Certes son peut toujours dire que c’est le résultat du racisme et d’une discrimination à l’embauche, mais cela n’a pas été le cas des immigrés d’origine italienne, polonaise ou espagnole. Zemmour avait fait remarquer que ces immigrés d’une autre époque prenaient le plus souvent des prénoms français, démontrant par là une volonté de s’intégrer, de devenir Français et non pas de transplanter leur culture d’origine. Cette histoire de prénom avait d’ailleurs fait à l’époque un vrai scandale. Mais c’est certainement parce que la religion joue un rôle décisif. Contrairement aux populations d’origine européenne, les communautés musulmanes accordent une importance très grande à la religion, comme si elle était supérieure aux lois de la République, et en conséquence, elles demandent un aménagement de la loi générale, de façon à vivre en s’excluant d’elles-mêmes de la nation, ce n’est pas pour rien que de temps en temps ils brûlent des drapeaux français et ressortent le drapeau algérien ou turc. Dans de nombreux pays, notamment en Angleterre et dans les pays anglo-saxons, les musulmans réclament de pouvoir vivre selon la charia. En France ce mouvement commence à se développer aussi, mais plus difficilement à cause des lois sur la laïcité. Mais Noiriel ne semble pas vouloir regarder cette situation en face et les conflits qui débouchent aussi bien sur des attentats – certes on nous dit que ce sont des déséquilibrés, mais le refrain semble maintenant épuisé – que sur ce qu’on appelle les territoires perdus de la République[4].

     Les approximations de Gérard Noiriel, policier de la pensée

    Ce très long rappel est nécessaire pour expliquer dans quel contexte l’ouvrage de Noiriel est publié. La cible principale de cet auteur est Zemmour. Je conçois qu’on puisse critiquer Zemmour, personnellement je me sens très loin de ses thèses sur à peu près tous les sujets. Mais c’est la façon de le critiquer qui me gêne. « Éric Zemmour légitime une forme de délinquance de la pensée » énonce Noiriel. Cette formulation stupide va très bien avec le discours de Noiriel. Si en effet Zemmour est un délinquant, alors il faut agir contre lui avec la loi, le traduire en justice. Et nous voyons que dans ce cadre le vigilant Noiriel s’affiche comme un membre de « la police de la pensée » au sens que pouvait donner George Orwell à ce terme. Noiriel se fait délateur, et rejoint la logique des macroniens qui œuvrent pour faire condamner ceux qui pensent mal – notamment les gilets jaunes. Ça va tout à fait avec la tendance de certains juges qui veulent faire examiner Marine Le Pen par des psychiatres parce qu’elle avait publié sur Internet des photos bien réelles de Daech exécutant des prisonniers[5]. Ce sont des procédés dignes de la Russie brejnévienne. Mais qui reviennent en force avec par exemple la traque qui est organisée contre les lanceurs d’alerte, Snowden et Manning. Il n’y a pas besoin d’être proche du RN pour dénoncer ce genre de manœuvre. Personnellement je trouve que les soi-disant démocrates ont bien mollement – pour ne pas dire pas du tout – défendu Marine Le Pen dans cette affaire. Et qu’on ne vienne pas me dire que je me rapproche de la présidente du Rassemblement National, j’ai en 2017 refusé de voter aussi bien pour Macron que pour Marine Le Pen, je me suis abstenu comme la majorité des Français, considérant que je n’avais pas à choisir entre la droite extrême macronienne emmenée par une sorte de psychopathe et l’extrême droite lepéniste. Qu’on combatte les thèses de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour, ça peut passer par autre chose il me semble que la psychiatrie, la police ou les tribunaux, méthodes qui ressemblent à de l’intimidation.

    Noiriel qui ne discute pas les positions de gauche de Henri Peña-Ruiz sur « le droit d’être islamophobe », considère à l’inverse que tous les islamophobes doivent être poursuivis et développent des thèses racistes. On a beau lui expliquer qu’une religion n’est pas une race mais un système d’oppression, rien n’y fait. Il dit : « J’utilise le mot « islamophobie » pour désigner la « doctrine de haine » qui s’attaque aux musulmans. En ce sens, la comparaison me semble légitime. » Mais c’est une position hypocrite parce que l’islamophobie c’est d’abord une attaque contre une religion rétrograde. En outre les Juifs n’étaient pas attaqués pour vouloir imposer une religion contraire à la laïcité, ou parce qu’une partie d’entre eux fomentait des attentats, mais en tant que race, on leur donnait des traits de caractères physiques et moraux particuliers soi-disant issue de leur patrimoine génétique

     Les approximations de Gérard Noiriel, policier de la pensée

    Scénario projeté par la Pew Research Center

    Noiriel n’aime pas qu’on le traite d’islamo-gauchiste. C’est pourtant le sport favori des gauchistes de faire des amalgames oiseux entre la chasse que les antisémites, puis les nazis, avaient entreprise contre les Juifs, et les immigrés ou les Palestiniens[6]. Et donc le voilà qu’il compare Zemmour et Drumont. On peut adresser à cette manière de faire deux reproches qui démontrent le peu de consistance et de sérieux de la méthodologie employée. D’abord en termes démographiques, les Juifs n’ont jamais représenté plus de 1% de la population en France – et Drumont était bien Français, à ce qu’il semble. Et donc par conséquent ils ne pouvaient pas se constituer en communauté en dehors des lois de la République. En France au contraire ils jouaient parfaitement le jeu de l’intégration, c’est seulement après l’affaire Dreyfus, qu’ils commencèrent à envisager de quitter la France pour Israël[7]. Evidemment les Juifs ne pratiquaient pas l’attentat à répétition. Noiriel évoque comme contrepoids aux attentats antisémites les tueries engendrées par les suprémacistes blancs aux Etats-Unis. Mais de quelque côté qu’on les regarde, les attentats dans le monde sont très largement perpétrés par la communauté musulmane, et donc la comparaison entre les deux phénomènes est complètement invalide, d’autant que proportionnellement aux Etats-Unis les musulmans sont bien moins nombreux qu’en France. Mais c’est la même chose quand on compare l’action d’Israël envers les Palestiniens avec celle des nazis ou celle des blancs en Afrique du Sud. On procède par amalgame douteux.

    Voici ci-dessous la lettre dans son intégralité de Georges Marchais, souvent les communistes d'aujourd'hui essaient de faire croire que les extraits qu'en donnent les officines d'extrême-droite sont tronqués.

     

    Monsieur le Recteur,

     

    Vous m'avez envoyé un télégramme me demandant de condamner le maire communiste de Vitry et mettant en cause la politique de mon parti sur l'immigration. Ce message a été rendu public avant même que j'aie pu en prendre connaissance. C'est pourquoi je vous adresse cette lettre ouverte.

    Tenant compte de la charge que vous occupez, je tiens d'abord à vous confirmer ma position, celle de mon parti, sur la religion. Je respecte, nous respectons la religion musulmane à l'égal de toutes les autres. Je sais que des centaines de milliers de travailleurs de mon pays professent l'Islam, qui est d'une des branches vivantes sur l'arbre millénaire de la civilisation.

    Je me fais une règle de ne jamais intervenir dans des questions religieuses qui relèvent de la seule conscience des personnes ou des communautés. C'est donc seulement parce que vous avez adopté une position politique sur une question qui nous concerne que je prends la liberté de vous envoyer aujourd'hui, cette mise au point.

    L'idéal communiste est effectivement opposé, comme vous voulez bien le reconnaître, à toute discrimination raciale ou religieuse.

    Nous pensons que tous les travailleurs sont frères, indépendamment du pays où ils sont nés, de la couleur de leur peau, des croyances, de la culture, des valeurs ou des coutumes auxquelles ils sont attachés. Qu'ils s'appellent Mohamed, Kemal ou Jacques, Moussa, Mody ou Pierre, tous ont un droit égal à la vie, à la dignité, à la liberté. Nous nous appliquons à nous-mêmes cette loi d'égalité. Tous les travailleurs immigrés, musulmans ou non, membres du Parti communiste français, ont dans ce parti les mêmes droits et mêmes devoirs que leurs camarades français.

    Nul plus que nous en France n'a combattu le colonialisme. Pour ne parler que du Maghreb, dès la fondation de notre parti, nous luttions contre la guerre du Rif. Et, plus récemment, nous avons milité pour la constitution du Maroc et de la Tunisise en États indépendants ; nous nous sommes opposés à la guerre menée contre le peulven algérien par les capitalistes français et leurs politiciens, avec la férocité de leurs tortures, de leurs camps, de leurs massacres, de leurs dévastations.
    Aujourd'hui, je m'honore d'entretenir de bonnes relations avec les dirigeants du mouvement de libération nationale. Je me suis rendu plusieurs fois en Algérie. J'ai parcouru l'Afrique. Et j'ai l'intention de développer encore cette action. Je me suis particulièrement réjoui d'avoir contribué, l'été dernier, au nom du Comité de défense des libertés et des droits de l'homme, à la libération d'Abderrazak Ghorbal, le dirigeant syndicaliste tunisien. Avec ce comité, j'espère bien finir par obtenir justice pour Moussa Konaté, travailleur malien persécuté par l'arbitraire policier de M. Giscard d'Estaing. En France même, c'est la CGT et nous qui combattons énergiquement la politique des patrons et du gouvernement, la surexploitation, les atteintes à la dignité, les brimades et les discriminations odieuses qui frappent les travailleurs immigrés. Nous le ferons toujours. C'est ce que j'ai réaffirmé, en juillet 1980, en m'adressant aux travailleurs immigrés de l'usine Renault à Flins.

    Au vu de ces réalités, puis-je vous rappeler cette belle parole : « le feu de l'hospitalité luit pour le voyageur qui distingue la flamme » ?

    Pour la clarté, sur le sujet dont parle votre télégramme, il me faut en premier lieu rétablir la vérité des événements.

    Votre message fait état d'une « décision précipitée et irréfléchie » que le maire communiste de Vitry aurait prise à l'encontre de travailleurs immigrés maliens. Voilà une condamnation bien hâtive. De fait, l'histoire réelle est inverse. C'est un dimanche, avant-veille de fête, au moment même où les communistes étaient réunis au Bourget pour le soixantième anniversaire de leur parti, qu'un autre maire — non pas communiste, mais giscardien celui-là — a déclenché l'affaire en prenant la révoltante décision de chasser les immigrés maliens de sa ville de Saint-Maur et de les refouler clandestinement sur Vitry. Pour parvenir à ses fins, cet individu n'a pas hésité à faire forcer — à l'insu du maire de Vitry et sans accord de la commission de sécurité — les issues murées d'un foyer au sujet duquel les négociations étaient officiellement engagées en vue d'y loger de jeunes travailleurs français.

    Permettez-moi de vous le dire : comment se fait-il que vous n'ayez pas pris position contre le maire de Saint-Maur ? Je n'ose croire que c'est parce qu'il est un ami intime du président de la République française, qu'il a reçu deux fois en trois ans dans sa mairie. Il me faut bien constater toutefois, avec étonnement, que vous avez été plus prompt à organiser une manifestation contre un maire communiste qu'à prendre à partie les responsables des souffrances des immigrés en France, MM. Giscard d'Estaing, Stoléru ou le président du CNPF. Aux côtés de la droite et de l'extrême-droite, avec les dirigeants socialistes, la CFDT, la FEN et des groupuscules, vous vous trouvez, je le déplore, au cœur d'une opération politicienne anticommuniste qui prend les immigrés comme prétexte et ne peut en définitive que leur nuire.

    Je vous déclare nettement : oui, la vérité des faits me conduit à approuver, sans réserve, la riposte de mon ami Paul Mercieca, maire de Vitry, à l'agression raciste du maire giscardien de Saint-Maur. Plus généralement, j'approuve son refuse de laisser s'accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, de travailleurs immigrés.

    Cette approbation ne contredit pas l'idéal communiste. Au contraire.

    La présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l'immigration posent aujourd'hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. Ce qui nous guide, c'est la communauté d'intérêts, la solidarité des travailleurs français et des travailleurs immigrés. Tout le contraire de la haine et de la rupture.

    Nous disons également : il faut donner aux travailleurs immigrés les mêmes droits sociaux qu'à leurs camarades français. Nos propositions en ce sens sont les plus avancées qui soient.

    Et nous disons encore : il faut instituer un nouvel ordre économique et politique mondial. Il faut une coopération fondée non sur les exigences de profits des trusts et sur des conceptions colonialistes, mais sur des rapports équitables correspondant en priorité aux besoins d'emploi et de développement de la France et des peuples du tiers monde. Cette question, vous ne pouvez l'ignorer, me tient particulièrement à cœur.

    En même temps et dans le même esprit nous disons : il faut résoudre d'importants problèmes posés dans la vie locale française par l'immigration.

    En effet, M. Giscard d'Estaing et les patrons refusent les immigrés dans de nombreuses communes ou les en rejettent pour les concentrer dans certaines villes, et surtout dans les villes dirigées par les communistes. Ainsi se trouvent entassés dans ce qu'il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français.

    Quand la concentration devient très importante — ce qui n'a rien à voir, soit dit au passage, avec la notion non scientifique et raciste d'un prétendu « seuil de tolérance » dont nous ne parlons jamais — la crise du logement s'aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéderLes charges d'aide sociale nécessaire pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes peuplées d'ouvriers et d'employés. L'enseignement est incapable de faire face et les retards scolaires augmentent chez les enfants, tant immigrés que français. Les dépenses de santé s'élèvent.

    Les élus communistes, dans le cadre de leurs droits et de leurs moyens, multiplient les efforts pour résoudre ces problèmes difficiles au bénéfice de tous. Mais la cote d'alerte est atteinte : il n'est plus possible de trouver des solutions suffisantes si on ne met pas fin à la situation intolérable que la politique raciste du patronat et du gouvernement a créée.

    C'est pourquoi nous exigeons une répartition équitable des travailleurs immigrés entre toutes les communes.

    Parler à ce propos d'électoralisme, c'est nous faire injure. Notre position ne date pas d'aujourd'hui. Dès octobre 1969, quand j'étais chargé de l'immigration à la direction du Parti communiste français, les maires communistes de la région parisienne et les élus communistes de Paris ont adopté, sur ma proposition, une déclaration dénonçant la concentration des travailleurs immigrés dans certaines villes et demandant une répartition équilibrée. Si elles avaient été appliquées par le pouvoir, ces mesures, pour lesquelles nous n'avons cessé de lutter, auraient permis d'éviter les difficultés actuelles.

    Encore un mot sur le racisme. Rien ne nous est plus étranger que ce préjugé antiscientifique, inhumain, immoral. Non, il n'existe pas de races d'élite et de races inférieures.

    Ne partagez-vous pas l'indignation qui me soulève quand je considère les activités malfaisantes des passeurs, des trafiquants, des marchands de sommeil qui entassent des immigrés dans des conditions violant toutes les règles d'hygiène, de sécurité, de voisinage et que M. Stoléru laisse agir sans entraves comme les négriers d'autrefois ? Ce sont des délinquants qu'il faut réprimer.

    Et n'éprouvez-vous pas le même dégoût que moi à la lecture d'une « petite annonce » comme celle que le journal «Libération» publiait récemment sous le titre : « Immigrés sex service », et que la décence m'interdit de reproduire ? Comme j'aimerais que nous soyons, chacun au nom de notre idéal respectif, du même côté contre des gens capables de bassesses aussi abominables, et, j'ose le dire, d'une telle barbarie !

    Tout ce que la morale humaine réprouve avec force, l'inégalité, l'injustice, le mépris, la cruauté, nous le repoussons, nous le combattons. C'est pourquoi, dans les entreprises et les cités, nous invitons les travailleurs immigrés et français non pas à se combattre entre eux, mais à unir leurs forces contre leurs vrais ennemis communs, les exploiteurs et ceux qui les servent. Nous les appelons à tracer ensemble le sillon, à l'élargir sans cesse, pour libérer tous les hommes et toutes les femmes de la servitude et de la haine. C'est le sens de notre lutte pour la justice. De très nombreux prolétaires musulmans la comprennent et la soutiennent.

     

    Veuillez agréer, Monsieur le Recteur, mes salutations.

     

    Georges Marchais.

     

    Cette lettre était accompagnée de la petite annonce parue dans Libération et à laquelle Georges Marchais faisait allusion. Ce n’est pas un hasard, Marchais voulait montrer ainsi à quelles turpitudes pouvaient amener des prises de positions politiques. En même temps il va de soi que le PCF ciblait le gauchisme et Libération, journal bobo qui passa de proche en proche du maoïsme échevelé au libertinage, puis au libéralisme à la Macron. 

    Les approximations de Gérard Noiriel, policier de la pensée



    [4] Georges Bensoussan, sous la direction de, Les territoires perdus de la République, Fayard, 2002.

    [6] Les gauchistes oublient souvent deux choses importantes, d’abord que durant la Seconde Guerre mondiale les Palestiniens avaient levé un bataillon pour aller appuyer les nazis dans leur volonté de conquête de la Russie (Metzger Chantal, « Amine el Husseini, Grand Mufti de Jérusalem, et le Troisième Reich », Les Cahiers de la Shoah, 2007/1 (n° 9), p. 91-121.), mais aussi que la société palestinienne est très hostile à une égalité entre les sexes.  

    [7] Le cas de Bernard Lazare, anarchiste, est très éclairant, intellectuel juif, il refuse de se considérer comme Juif et veut l’intégration, critiquant les Juifs qui se replient sur leur communauté, mais après l’affaire Dreyfus, il va envisager le sionisme comme une solution à la question juive. Philippe Oriol, Bernard Lazare, Stock, 2003.

     

     

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  •   Acte XLVI, les gilets sont là, les syndicats sont à la peine 

    A Montréal, ils étaient des centaines de milliers à manifester pour le climat  

    La planète est en ébullition sur tous les plans, réchauffement climatique, crise sociale, crise économique qui vient. La jeunesse commence à se mobiliser un peu contre l’effondrement d’un système économique, social et politique qui a fait plus que son temps. Ainsi, ils étaient des centaines de milliers à manifester à Montréal – entre 500 000 et 2 millions. Ils ont entendu l’appel de Greta Thunberg. Comme je l’ai dit Greta Thunberg est vide de tout, c’est seulement le porte-parole du vieux monde qui ne veut pas nourrir et donc qui vise à remplacer les vieilles technologies du capitalisme industriel par des technologies plus propres et financées par l’Etat[1]. Greta Thunberg est compatible avec le capitalisme finissant, et c’est pour cela qu’elle est reçue les bras ouverts par les bureaucrates de l’ONU dont le but est de perpétuer le système actuel par d’autres moyens[2]. Mais au fond qu’importe si elle ne fait pas avancer la réflexion et si même son attitude avec les autorités mondialistes est ambigüe. Certes elle détourne l’attention des véritables enjeux en les spectacularisant. Et il est vrai que d’un certain point de vue elle joue le rôle d’un chien de garde. Peu importe donc, parce que l’essentiel est peut-être dans le fait que de partout dans le monde les jeunes se réveillent un peu et manifestent sans trop savoir pourquoi. L’action politique trouve en effet ses buts en avançant. Ce fut évidemment le cas des gilets jaunes qui partant d’une révolte contre la taxe sur le carburant sont encore là presqu’un an après pour contester le système dans ses fondements et ses inégalités. Donc on se dit que si les jeunes commencent à manifester contre le sort qu’il leur est fait, il est probable qu’ils continueront à trouver leur chemin au-delà du cirque Thunberg. Après tout en Mai 68 l’ignoble Daniel Cohn-Bendit était la référence qui servait à rassembler des centaines de milliers de jeunes contre le capitalisme. En France les jeunes se sont pourtant peu mobilisés pour le climat, il est vrai que nous sommes le seul pays du monde développé où la milice attaque les manifestants pour le climat comme on l’a vu le 21 septembre[3]. Mais cela n’explique pas tout, la propagande gouvernementale a fait comme si la lutte pour le climat était le résultat de l’action de black blocs violents. Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, il y a clairement en France une apathie chez les plus jeunes. C’est un peu l’inverse de ce qui s’était passé en Mai 68 : depuis près d’un an ce sont les personnes d’âge moyen ou mûr qui se mobilisent, et ceux qui ont moins de 20 ans qui se tiennent à l’écart. Et donc évidemment si Greta Thunberg venait à la réveiller un peu, cela nous satisferait. On voit donc que la spectacularisation d’un combat ressort de l’ambigüité. D’un côté en réunissant des foules énormes elle pointe du doigt les enjeux – car si je critique Greta Thunberg et son cirque, je ne suis pas un climato-sceptique. Mais de l’autre elle canalise la mobilisation vers des fausses solutions, celles qui ressortent du Green Washing. 

     Acte XLVI, les gilets sont là, les syndicats sont à la peine 

    A Besançon le 24 septembre la foule n’était pas au rendez-vous 

     Le 24 septembre 2019 la CGT lançait à son tour la manifestation contre la réforme des retraites. Soyons clairs même si ce ne fut pas tout à fait un fiasco complet, le succès ne fut pas au rendez-vous. La première raison est que les premiers concernés ne sont pas les retraités d’aujourd’hui, mais les jeunes qui subiront la réforme de plein fouet, et ceux-là ne sont pas venus. Voilà le résultat de cette manière ridicule des syndicats et de la CGT en particulier de saucissonner les luttes au lieu de les faire converger. On est bien loin de la mobilisation de 1995 qui avait abouti à renverser Juppé. Tant que les différents régimes manifesteront séparément, que les syndicats refuseront de le faire ensemble, Macron peut dormir tranquille. Cet échec relatif de la manifestation du 24 septembre, alors même que près des trois quarts des Français ont compris que la réforme qui est en gestation est d’abord une baisse des revenus pour les retraités et un transfert de fonds vers le secteur de l’assurance privée, doit être imputé à la stratégie syndicale. Remarquez également que si les médias français ont bien mis en valeur les manifestations pour le climat dans les autres pays, ils ont mis le couvercle sur la manifestation pour les retraites. Comme pour les samedis des gilets jaunes, les médias refusent de rendre compte de ce qui se passe. Les journalistes suivent manifestement des consignes et sans rien dire. Ils sont partie prenante de la structure de pouvoir au moins en France. Non seulement ils ne sont plus indépendants depuis longtemps, mais ils approuvent globalement le projet macronien. Sans doute ont-ils été formés pour cela dans les écoles de journalisme, après tout ils parlent le même langage qu’à Sciences Po. 

      Acte XLVI, les gilets sont là, les syndicats sont à la peine 

    Le plus important est peut-être dans ce qui se passe à Rouen. En effet, après l’incendie de Notre Dame de Paris, c’est un autre morceau de la France, la France industrielle, qui part en fumée. La France brûle ! C et incendie s’annonce comme un désastre et sans doute comme un scandale de grande ampleur. Le 26 septembre 2019, une usine de produits chimiques classée Seveso pour sa toxicité est partie en fumée[4]. Cette usine appartient indirectement à Warren Buffet, le milliardaire américain qui trouve que finalement la France ça a du bon. L’incendie est maintenant maitrisé, mais il a dégagé une fumée toxique dont les retombées sont importantes sur la ville et la campagne environnante. C’est donc bien plus qu’un simple incendie, c’est un désastre écologique qui s’annonce et qui montre clairement que le progrès technique se paie toujours de dégâts environnementaux et humains importants. C’est la rançon indirecte du capitalisme. Il n’y a pas de progrès neutre, et sa seule logique est le profit. L’image de cette usine qui brûle c’est clairement la preuve de la nocivité de la marchandise. Il est très probable que ce nouvel épisode de la calamité industrielle va ouvrir une enquête sur le principe de précaution et sur les mesures qui ont été prises alors qu’on savait très bien que cette usine manipulait des produits très dangereux. Mais il y a pire encore, les toits de l’usine c’était 8000m2 de couverture en amiante, l’incendie des toits ajoutant une pollution dangereuse à celle de la consumation des produits industriels proprement dits[5] ! Donc les populations de la zone, ville comprise, vont être touchées à des degrés divers. D’ores et déjà les populations sont consignées en attendant que la qualité de l’air s’améliore !  Autrement dit que les vents repoussent plus loin les pollutions. Le préfet Pierre-André Durand est venu déconner pour dire que les populations ne craignaient rien du tout, mais la parole des préfets c’est zéro, ils mentent comme ils respirent pour couvrir les pires saloperies du système, ils en ont fait la démonstration contre les gilets jaunes. 

     Acte XLVI, les gilets sont là, les syndicats sont à la peine 

    L’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen 

    Tout cela est bien la preuve de la fin de la civilisation industrielle qui aura commencé il y a deux siècles et demi. La corruption et la fainéantise des politiciens empêchent pour l’instant d’envisager un autre modèle de production et de consommation. Il est temps cependant de revenir à Charles Fourier qui fut l’un des premiers à dénoncer les méfaits de la civilisation industrielle[6]. Car la civilisation industrielle qui rend l’eau et l’air impurs à la consommation, qui détruit la faune et la flore, marche exactement avec l’idée de compétition, de profit et de concurrence. C’est bien de cela dont il faut nous débarrasser aussi. 

     Acte XLVI, les gilets sont là, les syndicats sont à la peine 

     Après l’incendie, la fumée se répand au-dessus de la ville 

    Les retombées politiques de l’incendie de l’usine Lubrizol risquent d’être très importantes en ce sens qu’elles montrent à quels risques majeurs le profit expose les populations. Les coûts à long terme de cette catastrophe sont impossibles à chiffrer. S’ils l’étaient, il est probable que Warren Buffet serait sur la paille. Déjà on a commencé à pointer les mensonges des autorités et au-delà de la communication, leur intervention. Mais Rouen est aussi une des plateformes des gilets jaunes. C’est dans cette ambiance de fin du monde que les gilets jaunes ont manifesté pour la 46ème fois depuis le début du mouvement. Le préfet de Paris, Lallement, avait pris des arrêtés pour empêcher les rassemblements. C’est une tactique maintenant bien rodée, on empêche en amont les manifestants de se rassembler, on en met quelques-uns en garde à vue de façon à dissuader. Mais officiellement il n’est pas interdit de manifester. Les apparences de la démocratie sont préservées et ensuite on fait semblant de s’offusquer quand Mélenchon dénonce « les policiers barbares ». On peut critiquer Mélenchon pour de très nombreuses raisons, mais sur ce coup il a raison. Castaner a fait semblant de s’indigner, il prétend qu’il va poursuivre Mélenchon en justice. A mon avis il n’en pas l’intention, ni les moyens. Il a fait cette déclaration que pour donner un peu des gages aux policiers qu’il a transformés en milice au service d’une politique ignoble. On dit que les policiers sont épuisés, et bien qu’ils fassent un autre métier si cela leur pèse que de matraquer femmes et vieillards comme si nous étions encore sous Vichy. Mais cet épuisement ne les a pas empêchés à l’appel du syndicat Alliance, très inféodé à Macron et qui mange dans la main de Castaner, d’aller manifester devant le siège de la FI. Ils étaient très peu nombreux d’ailleurs, sans doute moins d’une centaine[7]. Pour autant Clémentine Autain qui s’applique à diviser le peu de forces que rassemble la France Insoumise, s’est désolidarisée de Mélenchon. On a l’habitude, elle s’était déjà désolidarisée à plusieurs reprises des gilets jaunes. Le jeu qu’elle joue pose question : est-elle seulement stupide ou stipendiée par Macron ? Personnellement je penche pour la première réponse. 

      Acte XLVI, les gilets sont là, les syndicats sont à la peine 

    Dans ces conditions, les gilets jaunes avaient beaucoup de difficultés. A Caen, c’était la quasi-totalité de la ville qui leur était interdite comme on le voit dans le document ci-dessus. Dans cette ville il ne restait plus aux gilets jaunes qu’à aller manifester dans les bois. Plusieurs cabanes de fortune des gilets jaunes ont été également détruites dans la nuit par la milice, notamment au Cannet[8]. A Nice la manifestation était un peu plus nombreuse plusieurs milliers sans doute, on y a même reconnu Geneviève Legay qui avait été sauvagement matraquée par la milice le 23 mars dernier. Donc des manifestations il y en a eu encore dans toute la France. A Château-Arnoux, à Saint Brieuc, ailleurs avec des modalités différentes cependant. Ici on battait le pavé, là on tenait des ronds-points, ailleurs on se rassemblait pour prendre position et développer ses idées. Les gilets jaunes sont devenus, en lieu et place des syndicats et des partis, la conscience sociale de la France. Aucun sujet ne les effraie, à Nancy ils avaient choisi comme thème de rassemblement le stockage des déchets nucléaires qui effectivement font courir des risques élevés à la population. En même temps on apprenait que les routiers allaient peut-être se mettre en grève au début du mois de décembre. On reconnait là la tactique syndicale : saucissonner le mouvement social et retarder les échéances. Mais enfin on verra bien. Des préavis de grève ont été aussi déposés dans les transports en commun pour la défense des retraites. Vers ce moment-là. Vous remarquerez que ces dates choisies par la bureaucratie syndicale sont proches des vacances de Noël. Et donc plus le mouvement démarre tardivement et moins il a des chances de durer. 

     Acte XLVI, les gilets sont là, les syndicats sont à la peine

    Dieppe plusieurs centaines de manifestants se sont regroupés  

    Lutter contre la dispersion des forces n’est pas si simple. Il y avait par exemple 3 manifestations déclarées à Paris et une non déclarée qui demandait que les gilets jaunes se rendent   sur les Champs Elysées à 20 heures. Cette dispersion est à la fois une force et un inconvénient. La dispersion entraine aussi la dispersion des forces de l’ordre qui sont moins aptes à matraquer lorsqu’elles sont divisées. L’inconvénient est qu’on per l’effet de masse et de solidarité. Cette semaine la canaille macroniste a créé un syndicat policer maison, nommé tout simplement En Marche. C’est Axel Ronde qui en prend la tête. Cet individu opportuniste qui jouait d’abord le jeu de l’opposition au sein de VIGI, est maintenant le porte-parole du gouvernement au sein de la police[9]. C’est en effet la première fois qu’un gouvernement crée un syndicat policier depuis la Libération ! Sans doute que ce syndicat maison est destiné a freiner le mécontentement des forces de l’ordre qui depuis presqu’un an sont sous pression, en guerre avec la France entière. Remarquez que cette création coïncide avec la journée du 2 octobre qui devrait voir les policiers manifester. Cependant, cette création ex nihilo, téléguidée depuis la place Beauvau, risque d’avoir l’effet contraire : en effet les autres syndicats craignant pour leur fonds de commerce risquent de durcir leurs positions envers Macron. 

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    A Saint-Brieuc les gilets jaunes ont effectué une opération escargot  

    A Toulouse et à Montpellier, les policiers sont peut-être épuisés, mais ils ont bien matraqué, arrêtant au passage des observateurs de la ligue des Droits de l’homme. A Paris les gilets jaunes se sont  joints à la techno-parade qui visait à rendre hommage à Steve, mort noyé probablement à  la suite d’une charge policière à Nantes. Cela a entraîné des tensions, les organisateurs de la parade ne voulaient pas voir les gilets jaunes se mettre en avant. Ils préféraient la division, la séparation des luttes, plus que de dénoncer le comportement de la police macronienne et donc de dénoncer le régime, ils préféraient en rester à une manifestation de « jeunes » qui veulent pouvoir écouter de la musique comme ils l’entendent. Ce n’est pas tout à fait un détail. On remarque que les gilets jaunes sont devenus au fil des mois et des manifestations notre conscience sociale. Ils sont sur tous les lieux de lutte. 

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    A Nice les gilets jaunes se sont rassemblés place Masséna  

    Ils étaient donc des milliers à manifester pour l’acte XLVI avec un gilet jaune. Ils ont multiplié les formes d’intervention, à Vire par exemple ils faisaient signer pour le référendum ADP. A Saint-Brieuc, ils organisaient une opération escargot. Ailleurs ils occupaient encore des ronds-points. A la Ciotat ils avaient rendu le péage autoroutier gratuit. La police est intervenue pour défendre le beefsteak de Vinci. Deux gilets jaunes ont été arrêtés, ils seront probablement jugés pour dégradation du matériel. Comme quoi dès que la lutte devient un peu sérieuse, il y a des risques, la justice et la police qui défendent l’oligarchie nous le rappelle tous les jours. Il est très probable que ces deux gilets jaunes seront plus lourdement condamnés que le propriétaire de l’usine de Rouen qui est partie en fumée et qui pourrit l’air de toute la région. 

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    A Paris  

    Dans l’ensemble ce fut une bonne journée de mobilisation, rappelant que les gilets jaunes sont toujours là, et qu’il faudra compter avec eux pour la suite des luttes sociales qui devraient être très fortes, notamment contre la réforme des retraites. Que des milliers de personnes en soient encore à manifester après 46 semaines prouve deux choses : la première que le gouvernement n’a pas su trouver d’issue à la crise politique qui secoue notre pays, mais sans doute n’en a-t-il pas vraiment cherchée. La seconde est que cette détermination en dit long sur la rage des manifestants. Il n’y a jamais eu autant de manifestations dans toute la France que depuis que Macron est au pouvoir. Cependant on note aussi que jamais les syndicats et les partis de gauche n’ont été autant absents des luttes sociales. 

    Acte XLVI, les gilets sont là, les syndicats sont à la peine

    Ils étaient aussi plusieurs milliers à Toulouse



    [6] La fausse industrie morcelée répugnante et mensongère et l'antidote, l'industrie naturelle, combinée, attrayante, véridique donnant quadruple produit, 2 tomes, Bossange père, 1835

     

     

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