• Socialisme, capitalisme, écologie et Macron 

    Sur un certain nombre de points je suis d’accord avec Macron : par exemple lorsqu’il nous dit le clivage gauche-droite a disparu, ou quand il dit que l’OTAN est en état de mort cérébrale. Si le clivage droite gauche a disparu ce n’est pas parce que Macron n’incarne pas la droite extrême, c’est avant tout parce que « la gauche de représentation » est en mort cérébrale elle aussi, et qu’en s’alignant sur les standards d’une économie de marché, elle s’est autodétruite. Voyez l’Allemagne, la Suède, et les autres pays de tradition social-démocrate. Elle ne représente plus aucune alternative. Pensez que le journal Le monde classe Laurent Berger à gauche ! Des commentateurs hâtifs en ont déduit que l’idée même de socialisme était obsolète. C’était se rassurer à peu de frais. A l’échelle planétaire nous sommes en face d’un effondrement d’un système particulier fondé sur le lucre, la consommation et les inégalités de toutes sortes. Macron et ses employeurs se sont donné comme objectif de restaurer à grands coups de matraque le capitalisme du dix-neuvième siècle. Faibles salaires, faible couverture sociale, et théorie du ruissellement pour amuser la galerie et quelques intellectuels égarés. L’effondrement du capitalisme c’est beaucoup de choses en même temps. D’abord l’effondrement de l’environnement : il n’y a plus un seul cours d’eau propre dans le monde, l’air est devenu irrespirable, la nourriture plus que malsaine. L’Australie, c’est un pays entier qui brûle : le résultat c’est 1 milliard d’animaux morts, des forêts complètement détruites, et les Australiens vivent maintenant avec en permanence avec de la fumée dans les poumons, cependant on continue de nous casser les couilles avec les fumeurs et le tabagisme passif[1]. Nous savons qu’il s’agit là de l’évolution des choses consécutivement à la croissance effrénée pour toujours plus de profit. Il est possible que les Australiens vont prendre conscience du désastre et s’orienter vers autre chose que le profit. Ce sont des gens relativement instruits, riches, et qui ont l’avantage de haïr leur premier ministre, comme nous haïssons Macron. Ils ont eu cependant le tort immense de s’orienter vers le libre-échange en bradant ainsi leur agriculture au mirage des rendements qui génèrent des profits de court terme, mais qui à longue échéance détruisent la nature. Or le capitalisme, et c’est sa tare fondamentale, ne peut engendrer des profits que s’il considère que les ressources naturelles sont « un don gratuit de la nature » et que la consommation doit aller croissant. Sans cela il n’existe pas. On parle de l’Australie, mais on pourrait aussi citer Venise qui doucement mais sûrement est en train de s’engloutir. 

    Socialisme, capitalisme, écologie et Macron 

    Récemment le président-fou s’est félicité comme d’un exploit personnel du fait que l’ignoble entreprise MSC ait commandé deux supers paquebots aux chantiers navals de Saint-Nazaire pour un volume de 2 milliards d’euros. Il avait l’air de dire que c‘était là le résultat de sa merveilleuse politique économique qui attirait enfin les capitaux étrangers et que cela allait créer des emplois et de la croissance[2]. Il s’agit de paquebots géants qui polluent comme pas permis, on dit que la totalité des paquebots de croisière qui circulent en Méditerranée polluent autant que toutes les voitures qui sont en fonction en Europe[3]. Le but de ces ignominies est de trimballer dans des sortes d’HLM flottants des vieux cons qui ont de l’argent en trop et qui ne savent pas quoi en faire. Ces personnages de comédie, en route pour le cimetière, font semblant de visiter le monde et d’y trouver quelque chose d’intéressant. En réalité vu l’organisation de ces croisières, ils ne voient rien du tout, et s’emmerdent, ils font des photos que tout le monde peut déjà trouver sur Internet, puis ils retournent chez eux pour y mourir. C’est un moyen criminel de locomotion qui est destructeur des océans, du climat, de l’habitat des poissons. Cela devrait être interdit. Mais l’imbécile qui fait semblant de présider les destinées de la France, et qui ne fait rien du tout pour l’écologie, à part blablater, ne semble pas encore avoir intégré des éléments de logique pourtant élémentaire : la croissance économique a obligatoirement des limites dans un monde où les ressources naturelles sont en quantité limité. Brigitte Trogneux qui est sans doute plus cupide que son mari et probablement encore plus bête, nous expliquait que Macron était une sorte de visionnaire possédant un immense savoir et que c’est pour ça qu’on le croyait arrogant[4]. Mais un homme politique qui ne comprend pas que la montée des inégalités est une ineptie et que la croissance ne peut pas être infinie, doit-il être qualifié d’intelligent ou d’abruti ? On connait la réponse, il n’y a que Jadot qui ne l’a pas comprise et qui attend de devenir ministre de l’écologie dans le prochain remaniement ministériel : le poste est vacant depuis le départ de de Rugy, un autre ancien de EELV. L’écologie politicienne n’a aucun avenir, tant qu’elle ne prend pas en compte le rejet bien plus global qu’elle ne pense du capitalisme. Si le socialisme – je parle du socialisme comme d’une manière de combattre la propriété privée, et non pas des guignols qui ont dévoyé la social-démocratie initiale pour se convertir aux lois du marché – n’a pas toujours par le passé pris en compte la dimension écologique[5], il va de soi qu’aujourd’hui toute approche sérieuse de la question environnementale ne peut pas se passer d’une critique radicale du profit et de la croissance, les deux piliers du capitalisme. 

    Socialisme, capitalisme, écologie et Macron 

    Beaucoup ont conscience que la consommation pour la consommation et pour le profit de quelques prédateurs n’est pas une finalité dans l’existence et ne peut pas fonder un lien social solide et durable et ne peut mener qu’à la guerre de tous contre tous : c’est ce qui se passe d’ailleurs avec la guerre de religions nouvelle manière. Oxfam comme chaque année publie son rapport sur les inégalités avec des chiffres spectaculaires. Le 1% les plus riches possèdent plus du double des richesses cumulées de 6,9 milliards de personnes[6]. Toutes les années à la veille du Forum de Davos Oxfam nous dit la même chose : les inégalités se creusent, et rien ne semble changer. En vérité c’est faux, les consciences évoluent, et nous pensons que cette année il va y avoir beaucoup de contestataires à Davos pour cracher sur la canaille de la finance apatride. Dans le monde entier il y a aujourd’hui une montée de la colère qui se traduit par des affrontements : c’est vrai en France avec l’ignoble réforme des retraites de Macron, mais c’est tout aussi vrai ailleurs en Iran, au Liban et même jusqu’aux Etats-Unis où on n’hésite plus à parler depuis quelques années de socialisme. Les sondages sont sans appels. Un sondage récent, alors que sont lancé les primaires pour choisir le candidat démocrate qui défiera Trump, montre que 55% des femmes entre 18 et 54 ans préféreraient vivre dans un pays socialiste que capitaliste ! Ce changement radical[7] accompagne la montée en puissance d’une aile gauche du parti démocrate. Quoi qu’on pense de ce parti, et même s’il s’agit d’un simple opportunisme politicien, cela signifie que nous sommes en train de changer d’ère et que Macron, comme Trump d’ailleurs, n’a pas compris cela. Pire encore, une enquête mondiale, le baromètre Edelman montre que dans le monde entier, 56% de la population pense que le capitalisme apporte plus d’inconvénients que d’avantages[8]. En 2013 on avait effectué un sondage sur ce thème en France et 80% des Français se révélaient hostiles à ce système inégalitaire et prédateur[9]. Hollande n’en a pas tenu compte et il a disparu, il passe aujourd’hui son temps de retraite à animer des séances de signature dans des librairies de province. Ce qui explique en quelque sorte que la France soit représentée dans sa grandeur et sa continuité historique par les Gilets jaunes, réfractaires de la première heure à l’ordre macronien. 

    Socialisme, capitalisme, écologie et Macron

    Activistes en marche vers le WEF de Davos 

    Ces chiffres que nous venons de citer ressemble à ce qui se disait entre les deux guerres quand on pensait que le capitalisme allait vers sa crise finale. La crise finale n’a pas eu lieu, elle a été seulement reportée de quelques décennies par des aménagements dans le partage de la valeur ajoutée. Joseph Schumpeter, un économiste différent des guignols qui ont fait le programme de Macron[10], expliquait les raisons qui amèneraient inéluctablement le socialisme. Entre autres, il pointait l’exigence de démocratie et une diminution des inégalités. C’était dans Capitalisme, socialisme et démocratie, publié en 1942, alors que la Seconde Guerre mondiale faisait rage. Si Macron avait fait des études sérieuses au lieu de faire les couloirs pour se faire adopter par un milliardaire, il l’aurait lu. Aux raisons que Schumpeter avançait s’en sont ajoutées quelques autres : et notamment la surpopulation ou son avatar, l’épuisement des ressources naturelles. Macron qui aime à se dire progressiste et dans le sens de l’Histoire, est comme Trump et Bolsonaro à contre-courant. Tandis qu’il massacre les retraites à grands coups de menteries, les Espagnols augmentent les pensions chez eux[11]. Ces mêmes Espagnols viennent de rendre leurs autoroutes gratuites, tandis que les lobbies de Bercy tentent de mettre des péages sur les routes nationales. Et voilà même que le conservateur Boris Johnson augmente le salaire minimum au Royaume-Uni qui devient plus élevé que le SMIC français. 

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    Macron tentant de faire croire qu’il n’est pas le président des riches 

    Macron a reçu en grande pompe et avec notre pognon, des très riches à Versailles. Au sens littéral du terme, il leur vend la France, en leur expliquant que justement sa sauvagerie envers le peuple va permettre aux très riches de faire de très belles affaires et d’investir en toute sécurité à l’abri des Robocops qui massacreront les récalcitrants[12]. C’est peu de dire qu’il est à contre-courant. Mais ayant conscience tout de même qu’il n’est pas en odeur de sainteté dans notre pays, il s’est empressé d’ajouter qu’il n’était pas « le président des riches ». Ce serait comique si ce n’était dramatique. Pourquoi a-t-il besoin de le répéter depuis qu’il est élu ? En tous les cas il ne met pas les petits plats dans les grands pour les travailleurs, mais seulement pour les riches, et encore même pas pour les riches, pour les très, très riches. Evidemment cette cuistrerie n’est pas passée inaperçue : tandis que les très riches patrons étrangers se gobergeaient avec notre pognon, les manifestants manifestaient contre lui et se heurtaient comme d’habitude à la milice. Autrement dit on en est là : Macron invite la canaille capitaliste internationale à investir chez nous sous la protection d‘une milice surarmée. Il ne peut pas mieux démontrer qui sont ses véritables employeurs. Même si on laisse de côté la rémunération occulte de son travail par des pots de vin encaissés en sous-main, ce que nous voyons c’est qu’avec la matraque il tente de restaurer un ordre ancien tout droit sorti du dix-neuvième siècle. En ce sens, soyons en certain, il est le meilleur propagandiste d’un socialisme qui aujourd’hui ne trouve pas de champion sur le plan électoral. Il prétend encore abaisser les impôts sur les entreprises, les faire passer de 33% à 15 ou 12,5%. Ce qui veut dire que l’Etat perdra encore volontairement 35 à 40 milliards d’euros. Sachant qu’en France les investissements publics sont à la peine, cela veut dire qu’il lui faudra, soit fermer des hôpitaux, des écoles, soit augmenter les impôts sur les gueux. Il fera sans doute un peu des deux. L’imbécilité de cette détermination est qu’elle ne tient pas compte du fait que la croissance économique dépend des investissements dans les services publics, autrement dit que les investissements dans l’éducation, dans la santé, sont des facteurs de croissance, et donc que d’une manière indirecte les investissements publics sont essentiels car ils sont indirectement productifs, même Piketty qui ne sait pas grand-chose, sait cela[13]. 

    Socialisme, capitalisme, écologie et Macron

     A Versailles les gueux manifestent contre la racaille capitaliste internationale qui se gobergeait à nos frais 

    Mais en même temps, et comme l’avait très bien vu Schumpeter, en développant les investissements publics dont les services sont gratuits, l’Etat resserre les inégalités. Et c’est là que nous retrouvons Macron, en domestique zélé, il n’est pas là pour favoriser la croissance, mais pour accroitre à grands coups de matraque les inégalités de toutes sortes. Le message était encore plus clair en photos. Pendant que les gueux, les sans-dents, ceux qui ne sont rien manifestaient en dehors, dans le froid et la bise, la crapule capitaliste se gobergeait sur notre compte sous les ors d’un symbole d’une monarchie d’un autre âge. Le contraste était saisissant. On se croirait revenu au temps de Louis XVI, juste quelques temps avant la Révolution qui le conduira à l’échafaud. Il est tout de même sidérant que les communicants de Macron n’aient pas saisi l’horreur de ce contraste. Soit ils sont stupides, à l’image de Sibeth Ndiaye, soit ils le font exprès pour faire enrager encore un peu plus les plus pauvres.  Prenons l’exemple du SMIC, Macron, Philippe et l’autre affairiste de Bruno Le Maire[14], nous disent qu’il n’est pas question de l’augmenter au-delà de l’inflation, vu que ça ruinerait la compétitivité. Passons sur le fétichisme de la compétitivité qui est tout l’horizon intellectuel de cette engeance. Mais en toute logique le SMIC devrait augmenter au moins au même rythme que celui de la productivité. Ce n’est pas le cas comme nous le voyons dans le graphique ci-dessus. C’est cette évolution divergente qui explique d’ailleurs que la part des profits dans la valeur ajoutée ait augmenté si fortement depuis près de quarante années maintenant. C’est un vol manifeste, une torsion de la répartition de la richesse en faveur des plus riches. Mais dans la question de la hausse du SMIC, il y en a une autre : c’est que lorsqu’on augmente le SMIC, par le biais mécanique des conventions collectives se sont tous les bas salaires qui remontent et donc qui vont permettre de resserrer les inégalités. Outre que cela démontre que le gouvernement travaille pour les très très riches, cela montre qu’il est complètement à contre-courant de l’évolution des opinions dans le monde. On l’a dit Boris Johnson a fait grimper le salaire minimum britannique au-dessus de son homologue français jugé pendant longtemps comme trop élevé. La France est maintenant au sixième rang en Europe. C’est une régression sans précédent. Ce n’est donc pas seulement du point de vue de la couverture sociale que Macron et son gang détruisent le modèle français, mais aussi du point de vue de la hiérarchie des salaires. Pendant ce temps l’Espagne qui déjà paie mieux ses enseignants que la France, a, elle aussi, augmenté son salaire minimum de 22% en 2019[15] ! 

    Socialisme, capitalisme, écologie et Macron 

    Tout cela fait apparaître Macron et son gang comme une équipe sans avenir, incapable de comprendre qu’ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Dans tous les domaines, écologie, économie, social, ils font l’exact inverse de ce qu’attend le peuple. Ils se justifient de plus en plus difficilement en disant qu’ils ont été élus pour réformer, mais outre que cette équipe de bras cassés a été très mal élue, LREM a obtenu 70% des sièges à l’Assemblée nationale avec 18,8% de l’électorat au premier tour des législatives, on rappelle souvent que le menteur qui se trouve à l’Elysée avait promis durant sa campagne présidentielle, de ne pas toucher à l’âge de départ à la retraite qui resterait fixé à 62 ans, alors qu’aujourd’hui on parle d’un âge pivot qui pourrait monter jusqu’à 67,5 ans selon les dernières simulations qu’on a faites[16]. En quelque sorte, Macron travaille pour le socialisme, tant il met en œuvre et de manière visible sa collusion avec le grand capital des multinationales. Les Français ont repris le goût de la révolte, même si c’est difficile du fait de la répression de la milice, mais en plus ils réfléchissent ici et là à un avenir meilleur, sans Macron bien sûr, mais aussi sans les horribles critères de compétitivité et des inégalités qui vont évidemment avec. Macron qui ne connait pas l’histoire de la France ne comprend pas la passion des Français pour l’égalité, ni pour la liberté, et encore moins pour la fraternité. Il en est quarante ans après à se rêver en réincarnation de Margaret Thatcher. 

    Socialisme, capitalisme, écologie et Macron



    [5] Encore que ce n’est pas le cas d’un des premiers socialistes français, Charles Fourier. La fausse industrie morcelée répugnante et mensongère et l'antidote, l'industrie naturelle, combinée, attrayante, véridique donnant quadruple produit, 2 volumes Bossange père, 1835

    [10] Je vise explicitement ici trois imbéciles, Jean Pisany-Ferry, Philippe Aghion et Gilbert Cette.

    [13] Thomas Piketty, Capital et idéologie, Le Seuil, 2019.

    [14] Cet homme cupide, sans honneur et sans morale s’était fait remarquer avec les emplois fictifs de sa femme, mais depuis qu’il est passé dans le camp de Macron, après lui avoir craché dessus, la justice semble l’avoir oublié. https://www.huffingtonpost.fr/2013/10/08/emploi-femme-bruno-le-maire-assemblee-nationale_n_4064383.html

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  •  Acte LXII, Macron dans ses petits souliers, mobilisation Gilets jaunes en nette hausse 

    Macron et Brigitte Trogneux exfiltrés du théâtre des Bouffes du Nord 

    Les manifestations contre Macron et son gang sont quotidiennes. Il y en a tellement que je n’arrive plus à suivre ! Comme je n’arrive plus à distinguer les syndicalistes, des gilets jaunes ou encore les Français ordinaires qui ne supportent plus la figure de fifre du président-fou. Et donc cet Acte LXII a commencé en fait la veille au soir quand le couple de guignols est sorti de l’Elysée, bien pomponné, pour aller au théâtre voir La mouche, une pièce adaptée d’un conte fantastique de George Langelaan qui a été maintes fois porté à l’écran.  Et bien, ils le savent maintenant, ils ne peuvent plus sortir de chez eux ! Quand les internautes ont su que le président-fou et sa « femme » étaient là, une manifestation s’est rapidement déclarée devant le théâtre. Le pantin de l’Elysée a eu très peur, il a dû faire appel à la milice pour le faire sortir ! Comme disait le regretté Guy Debord, « Le spectateur n’est chez lui nulle part, car le spectacle est partout ». Les robots de LREM ont dit que c’était inacceptable, que leur chefaillon avait bien le droit de s’amuser en allant au théâtre. En vérité c’est tout le personnel LREM du haut jusqu’en bas qui ne peut plus sortir et fanfaronner en public. Ils doivent raser les murs pour faire des réunions, pour présenter leurs vœux, pour bouffonner sur le compte du populo. Mais la canaille s’est tout de même vengée en arrêtant Taha Bouhafs qui se trouvait dans la salle. Officiellement, cette arrestation illégale l’accuse d’avoir organisé une manifestation non déclarée. Quoi qu’on en pense de lui Bouhafs est un journaliste avec carte de presse et tout ce qu’il faut, mais il est clair que la manifestation anti-Macron a dû terriblement vexer celui qui se croit être le chef des Français et qui vit, la merde au cul, derrière les Robocops qui le protègent… jusqu’au jour où ils le lâcheront ! Mais au font Macron n’a-t-il pas demandé à ce qu’on vienne le chercher ? De quoi se plaint-il ?

    Quand Macron sort, il est bien encadré, chacune de ses sorties nous coûte un pognon de dingue. Je ne me souviens pas qu’un président ait subi une telle humiliation sous la Vème République. 

    I 

    Acte LXII, Macron dans ses petits souliers, mobilisation Gilets jaunes en nette hausse

     Manifestants contre la réforme des retraites et contre la CFDT 

    Il n’y a pas que Macron et sa femme qui doivent raser les murs. Laurent Berger et les cadres de la CFDT, le syndicat jaune, stipendié par le pouvoir et le MEDEF, sont également injuriés quotidiennement. Vendredi des manifestants anti-Macron se sont introduits dans les locaux de la CFDT qui est comprise maintenant pour ce qu’elle est, juste une courroie de transmission du grand patronat[1]. Dans les deux cas ces valets du capitalisme prédateurs tentent de se faire passer pour des victimes, en disant que ce n’est pas ça qu’on fait en démocratie. Mais nous avons vu que nous ne sommes plus en démocratie. La milice vendue à Macron nous massacre à chaque manifestation, et ils voudraient qu’on les laisse tranquille, pour privatiser, détruire le droit du travail ou massacrer les retraites. Je l’ai dit depuis plusieurs mois, nous allons vers la guerre civile et Macron l’aura bien cherchée. Nous sommes sortis de la démocratie la plus élémentaire avec l’élection de Macron, nous sommes dans le cas de la lutte des classes et ça ne commence qu’à peine. La colère est montée ces derniers temps d’un cran. On le voit avec les blocages, on le voit face aux miliciens de Castaner. Y’a de l’agressivité aussi maintenant du côté du peuple. Les autres centrales syndicales, y compris la CGT, ont dit qu’elles ne cautionnaient pas cette intrusion. C’est dire si les bureaucrates syndicaux sont dépassés. Le président-fou a bien sûr condamné ceux qui ont osé attaquer ses amis de la CFDT, en disant que ce n’était pas démocratique en disant : « Ces violences sont une honte pour notre démocratie », évitant de se poser la question de savoir quel est son rôle dans ses débordements, lui qui ne reconnait pas depuis 15 mois maintenant « les violences policières ». Sur les réseaux sociaux, le petit prétentieux est moqué à la fois pour son soutien à la CFDT et pour ses misérables protestations de s’être fait chasser du théâtre des Bouffes du Nord. Il va sans doute essayer de se faire passer pour une victime, mais il n’est pas sûr que cela marche. 

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    La Brasserie de la Rotonde incendiée à Paris 

    Par ailleurs on apprenait que la Brasserie de la Rotonde chère à Macron, c’est là que le jeune cuistre avait fêté sa victoire en 2017, avait été incendiée dans la nuit. Un des gérant affirme avoir trouvé un gilet jaune. Mais là franchement ça sent trop le coup monté pour que ce soit crédible. C’est plus probablement un coup d’assurance qui a été réalisé. Il est invraisemblable qu’un Gilet jaune ait voulu laisser sa marque, sachant que la police scientifique, si elle n’est pas en grève, va relever les traces ADN. Mais si Macron et ses manières de parvenu sont détestés et détestables, la Brasserie de La Rotonde n’est pas la préoccupation du jour. Je peux me tromper bien entendu, mais cela ne correspond pas à l’esprit Gilet jaune. Ils crameraient cette boutique dans le feu d’une manifestation, passe encore, mais de nuit, c’est assez invraisemblable. 

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     Les employés de Météo France jettent leurs parapluies 

    Contrairement aux espoirs de la Macronie, ce sont des nouveaux secteurs qui rentrent dans la lutte. Si on n’est pas surpris que les ports et les raffineries soient bloqués, il est plus étonnant de voir les employés de Météo France jeter leur parapluie ! Mais c’est ce qu’ils ont fait, comme les profs qui jettent leurs cahiers et leurs livres, les avocats qui jettent leur robe, les médecins et les personnels hospitaliers qui jettent leur blouse. Il ne manque plus que les danseuses de l’Opéra qui jetteraient leur tutu !! La grève ne se limite pas aux transports, le samedi 18 janvier, les musiciens de l’Opéra ont donné un concert gratuit pour protester contre Macron et son gang qui travaillent pour les assureurs contre de gras pots de vin. Ce sont des milliers de gens qui se sont retrouvés pour y assister, syndicalistes, Gilets jaunes, ou simples Français dégoutés de l’ignoble politique macronienne.

    Acte LXII, Macron dans ses petits souliers, mobilisation Gilets jaunes en nette hausse

    Les musiciens de l’Opéra donnent un concert gratuit devant une foule immense 

    Mais il est à noter que de plus en plus les miliciens de Castaner ont lié leur misérable sort à celui du président-fou. Malgré les remontrances et les avertissements, ils ont d’emblée gazé et matraqué à Toulouse par exemple, toujours avec le même système de la nasse : on laisse les manifestants s’avancer dans un goulot d’étranglement, et puis on gaze et on matraque. A Paris ils se sont encore très mal comportés. Attaquant directement et sans raison la tête du cortège. Ils savent maintenant qu’ils sont haïs et qu’ils ne peuvent plus protéger leur sauvagerie derrière des ordres qu’ils auraient reçus de Lallement, de Nuñez ou de Castaner. Ils sont au pied du mur : bientôt ils n’auront plus d’amis et tout le monde se méfie d’eux et de leur fourberie, ils vont sans doute avoir de vrais problèmes au sein de leur famille. Macron a acheté leur conscience comme une marchandise avariée, pour pas cher il a construit une garde prétorienne à son seul service. Les flics le savent, même les plus stupides d’entre eux. Et ils se prêtent à ce jeu qui les rabaissent au rang de la bête.

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    A Toulouse la milice a gazé les manifestants sans attendre 

    Il est possible que la violence des flicaillons soit alimentée d’abord par le rebond évident et inattendu de la mobilisation du samedi. La foule était bien plus nombreuse que ces dernières semaines, comme si de nombreux grévistes ou manifestants syndicalistes se rendaient compte qu’il était urgent d’adopter la méthode des Gilets jaunes, faite de courage et de patience, mais aussi parce que les miliciens commencent à avoir peur. Ils se demandent si après Macron on ne va pas leur demander des comptes sur leurs petites saloperies, et puis ils se disent que tôt ou tard les manifestants von trouver le courage de leur casser la gueule. Bien évidemment ils sont fatigués, ils n’étaient pas rentrés dans la police pour cela, ils pensaient au contraire se la couler douce et ne pas être obligés de se vautrer dans le déshonneur de cogner femmes et vieillards. Leur méchanceté est aussi une manière de rage contre ce qu’on a fait d’eux, de simples auxiliaires de l’oligarchie qui a peur. 

    Acte LXII, Macron dans ses petits souliers, mobilisation Gilets jaunes en nette hausse

     La manifestation des Gilets jaunes à Paris était très fournie 

    Même si la grève dans les transports mobilise un peu moins de monde, ça repart toujours de quelque côté. Laurent Berger qui se croit malin à jouer les chiens de garde de Macron, a du souci à se faire. En effet il n’essuie pas seulement les crachats et les injures des autres syndicats, de nombreuses sections lui demandent des comptes. Le 16 janvier, c’était le SGEN-CFDT Recherche qui demandait non pas retrait définitif de l’âge pivot, mais le retrait pur et simple de la réforme. Les salariés syndiqués à al CFDT après tout ne sont que des salariés, et ils doivent souffrir de ce que concocte dans leur dos Berger et son équipe. Mais c’est un problème récurrent : chaque fois qu’il y a une réforme des retraites la CFDT est du côté du manche, et chaque fois elle subit une hémorragie de ses adhérents qui n’en peuvent plus qu’on les vende aux fonds de pension. Cependant si de nombreux cédétistes sont en désaccord avec Laurent Berger qui passe son temps à pleurnicher, ils ne rendent pas encore leur carte massivement. Pour l’instant ils n’en sont qu’à mettre leur drapeau dans leur poche pour rejoindre les cortèges anti-macroniens. François Hollande n’a rien trouvé de mieux que de soutenir Laurent Berger comme si ce dernier avait subi les derniers outrages. Hollande non seulement a eu le tort de nous léguer un président-fou, mais il oublie que quand il était encore président, Berger magouillait déjà avec la bande de Macron et lui faisait des misères pour favoriser l’émergence du ministre de l’économie[2]. Comme quoi il n’est pas rancunier l’animal. 

    Acte LXII, Macron dans ses petits souliers, mobilisation Gilets jaunes en nette hausse 

    La mauvaise nouvelle pour Macron c’est que la manifestation du samedi, la 62ème tout de même, a mobilisé beaucoup plus de monde que ces dernières semaines. Cela veut dire que les Français sont très déterminés pour manifester comme ça tous les jours de la semaine. Comparativement aux manifestations de l’an dernier à la même époque, on assiste aussi à un rajeunissement des manifestants et ceux-là se disent aussi très souvent prêts à en découdre parce qu’ils ont compris qu’il s’agit d’un rapport de forces. Et ça c’est un mauvais signe pour le gang de l’Elysée. Après tout, les miettes que le président-fou a lâchées l’an dernier étaient le résultat d’une foule massive allant chercher le petit freluquet jusque dans ses salons. A Bordeaux de très jeunes gens ont attaqué la FNAC, mais rapidement le magasin a été barricadé. A Paris plusieurs manifestants se sont dégagés du cortège principal pour s’affronter avec les flics. Dans les semaines qui viennent on risque d’assister à une montée de la violence. Il y a eu des affrontements, et quelques mini-barricades, auxquelles on a mis le feu. Quelques poubelles ont aussi cramé. On s’approche à grands pas d’un affrontement plus copieux avec les miliciens. Ceux-ci commençaient à avoir manifestement peur et ont dû reculer plusieurs fois. Cela fait d’ailleurs quelques semaines que les manifestants ne se laissent plus faire et ripostent. Ceux qui croyaient que les Gilets jaunes n’existaient plus et avaient été absorbé par les syndicats en sont pour leurs frais

    Acte LXII, Macron dans ses petits souliers, mobilisation Gilets jaunes en nette hausse

     Beaucoup de monde à Bordeaux aussi 

    Acte LXII, Macron dans ses petits souliers, mobilisation Gilets jaunes en nette hausse 

    Mini-barricades à Paris le 18 janvier 2020

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  •  La lutte contre le vieux monde de Macron

    En quelques mois de pouvoir menés à peu près n’importe comment, Macron a beaucoup vieilli. Son régime sent la corruption et la poussière, alors qu’il a à peine la quarantaine, et malgré ses airs de « progressiste » de profession, ses idées semblent être sorties tout droit du XIXème siècle. A défaut de rassembler les Français derrière lui, il les a rassemblés contre lui. L’ignoble barbu de Matignon s’en prend principalement aux grévistes de la RATP – les plus durs – et aux cheminots. L’antienne répétée un peu de partout est que si on a le droit de faire grève, on n’a pas le droit de bloquer l’économie ! C’est la logique obtuse du patronat façon dix-neuvième siècle, répétée en boucle dans tous les médias à la solde du grand capital. Cela est destiné à masquer que le mouvement social est bien plus large que la mobilisation contre les retraites. Si ce sont les Gilets jaunes qui ont sonné la première charge contre Macron, ils sont maintenant rejoints par tout un ensemble de professions disparates. C’est seulement en Mai 68 qu’on a trouvé un mouvement aussi vaste qui déborde les salariés de base. De nombreux collèges ont été bloqué le 14 janvier 2020. Vous me direz que les professeurs sont des fonctionnaires et qu’ils se mettent facilement en grève. Mais en réalité, derrière la question des retraites, il y a celle de la dégradation des conditions de travail des enseignants. Cette dégradation concerne les salaires, mais aussi tout un ensemble de faits – notamment dans certains quartiers on ne peut plus enseigner – qui font que les candidats ne se précipitent plus pour passer le concours de professeurs[1]. Or quand la chute des candidats est forte et significative, cela veut dire qu’on va devoir recruter des enseignants moins bons. C’est très important parce que dans le clivage qui se développe privé-public, ce sont toujours les mêmes qui vont payer les pots cassés. Mais en outre, cela veut dire que sur le long terme la France ne produira plus de scientifiques de bons niveaux. Le ras-le-bol des enseignants ne se limite certainement pas à la question des retraites, ni même à la question des salaires, même si la France paie très mal ses enseignants : pour donner un ordre de grandeurs, les enseignants français sont moins bien payés qu’en Espagne, alors que le PIB par tête dans ce pays y est bien plus faible. Le PIB par tête en Espagne est un peu au-dessus de 30 000 €, et celui de la France au-dessus de 41 000 €. 

    La lutte contre le vieux monde de Macron 

    Derrière les discussions d’épicier des syndicats avec Darmanin et Le Maire, il y a ce fait : les enseignants en France voient leur situation se dégrader depuis au moins 25 ans. La question de la revalorisation du point d’indice est là pour le montrer. Mal payés, Blanquer prétend en outre surveiller d’un peu plus près le travail des enseignants et les faire travailler plus. C’est du Sarkozy en plus bestial encore. Il faut être débile comme les membres de ce gouvernement pour ne pas comprendre que construire une start-up nation innovante n’a pas de sens si tu massacre le système éducatif. La France met environ la moitié – proportionnellement à son PIB – de ce que mettent les Etats-Unis dans leurs dépenses d’éducation et de recherche. L’affaire des PPP marseillais qui était rappelons le un projet d’1 milliard d’euros pour rénover les écoles primaires, retoqué par le tribunal administratif, a montré toute l’étendue de l’abandon du système éducatif par une classe politique corrompue jusqu’à l’os[2]. Les enseignants se mobilisent, dans les manifestations, en bloquant les collèges, ou en jetant les livres et les cahiers. On a appris que les recteurs et leurs directeurs de cabinet recevait une prime en augmentation, cette prime bien grasse pouvant atteindre pour les plus méritants – entendez les plus lèche-cul –  50 000 € par mois, autre chose que la prime de 300 € accordée aux soutiers de l’éducation nationale qui travaillent dans des conditions indécentes, dans des locaux insalubres, et qui en plus se font insulter par la canaille politicienne et les parents d’élèves[3]. De quoi devenir enragé.  

    La lutte contre le vieux monde de Macron 

    Collège André Maurois bloqué à Menton le 14 janvier 2020 

    On a vu des enseignants jeter livres et cahiers pour protester contre Macron et sa politique. C’est une nouvelle forme de lutte très innovante qu’ont mis en œuvre les avocats : jeter à la face des hommes politiques leur principal instrument de travail. Ça a commencé avec le fait de jeter sa robe à la face de la sorcière Belloubet, pour marquer le mépris qu’ils ont de cette ministre. Les enseignants s’y sont mis aussi. Cette manière de faire est une façon de dire que le métier n’est plus possible qu’il vaut mieux renoncer à l’exercer que de l’exercer dans les conditions qui sont faites. Mettez cela en parallèle avec l’ouvrage de Vincent Vauvert qui vient de paraitre[4] et qui montre comment les « élites » cumulent des emplois se gavent de frais divers et variés. Dans cet ouvrage il prend l’exemple de François Baroin, bon à rien, mauvais à tout, politicard de profession, qui cumulent les indemnités d’élu – 8500 euros par mois, sans compter les frais – avec des rémunérations d’avocat qui lui sont amenées par son gros carnet d’adresse. Le cabinet Szpiner lui assurerait un revenu minimum de 7500 euros par mois. Et ce pantin, Macron-compatible, qui ne sert à rien prétend devenir président de la République ! Les enseignants qui ne sont plus augmentés depuis des lustres ont reçu une aumône de 30 € par mois de la part de Blanquer, et celui-ci, menteur comme tout bon macronien a fanfaronné en disant qu’il faisait beaucoup, alors que cette mesure avait été prévue du temps d’Hollande ! Ces gens-là osent tout, si les hommes politiques de profession ont toujours été de grands menteurs, aujourd’hui, cela dépasse tout. On a manifesté le 15 janvier jusqu’à Versailles. C’est dire ! 

    La lutte contre le vieux monde de Macron

    Enseignants jetant livres et cahiers à Versailles, le 15 janvier 2020 

    La logique libérale – tout pour le pognon – a produit au nom de la rigueur un désinvestissement constant de l’Etat. C’est ce qui produit des territoires abandonnés, on a commencé à la comprendre avec beaucoup de retard avec le mouvement des Gilets jaunes. Les professions qui sont à la pointe du combat sont celles qui subissent à plein le remodelage du maillage territorial administratif : les avocats (les réformes de la justice), les personnels hospitaliers (destruction de l’hôpital public), cheminots (fermeture de lignes et braderie au secteur privé), enseignants (fermetures d’écoles et de collèges). Les personnels hospitaliers qui doivent faire à un budget exsangue ont eux aussi jeter leurs blouses blanches. On n’arrive plus à recruter des personnels à l’hôpital public, à la fois par défaut de formation, et par défaut de perspective : le métier est dur, mal payé et méprisé par des politicards bien rémunérés et corrompus, on le sait depuis des années, mais rien n’a été fait, ni sous Sarkozy, ni sous Hollande, et encore moins sous le règne de Macron[5]. La question des retraites sachant que les politiciens de professions, les flics, les militaires et quelques autres garderont leur régime spécial, est juste la goutte d’eau qui fait déborder le vase 

    La lutte contre le vieux monde de Macron 

    Les médecins aussi jettent leur blouse, 14 janvier 2020 lors de la présentation des vœux de Berbard Jomier, directeur de l’hôpital Saint-Louis à Paris 

    Dans ces conditions la sortie du président-fou à Pau a fait grincer les dents, non seulement par sa méthode mensongère de présenter sa réforme, mais aussi pour sa maîtrise plus qu’aléatoire de la langue française[6]. A cette occasion, il a montré toute l’étendue de son idiotie. Lors de son déplacement à Pau, mardi 14 janvier, le Président de la République s'est exprimé sur le projet de réforme des retraites. Selon lui, le but du gouvernement est de « projeter tout le monde vers un système plus simple, plus juste et universel ». On lui a fait remarquer que sa réforme pourrie maintenait les régimes spéciaux, ce à quoi le jeune cuistre à répliqué : « Universel, cela ne veut pas dire le même pour tout le monde, mais cela veut dire qu'on sort d'une société de statuts », a précisé Emmanuel Macron. Pourtant, selon le Larousse, universel signifie « Qui embrasse la totalité des êtres et des choses » et « Qui s’applique à tous les cas »[7]. Soit il est ignorant, soit il ment ouvertement, et sans doute les deux ! C’est ce qu’on appelle la crétinisation des élites[8]. Le président-fou doit croire que les Français sont plus cons que lui, mais il se trompe lourdement. Frappé d’abrutissement, manifestement largué, toujours à Pau, il a trouvé le moyen de se ridiculiser un peu plus en inventant le verbe patachonner[9] ! 

    La lutte contre le vieux monde de Macron

    Macron rénovateur de la langue française 

    Les Français font preuve de formes innovantes de contestation au fur et à mesure que le mouvement s’élargit. Le 15 janvier, c’est la police scientifique qui a manifesté contre la réforme des retraites. Ils sont apparus couvert de sang, porteurs de pancartes explicites sur leur métier. Et puis ils se sont allongés par terre pour faire un rapprochement entre leur situation et les cadavres qu’ils analysent quotidiennement. Cette forme spectaculaire de contestation vise aussi à montrer que cette branche essentielle de la police criminelle ne supporte pas de se trouver opposée à leurs confrères matraqueurs du samedi et qui eux ont obtenu gain de cause à la fois sur les primes de matraquage et sur le maintien de leur régime de retraite. 

    La lutte contre le vieux monde de Macron 

    La police scientifique manifeste à Paris contre Castaner 

    Les avocats qui sont maintenant à la pointe de la mobilisation contre Macron, ont innové une fois de plus en plantant leurs tentes devant le Palais d’Injustice de Bobigny. Bobigny est en effet un symbole de la dégradation non seulement de la justice, mais plus globalement de l’abandon du département entier de la Seine-Saint-Denis. Tout est réuni dans cet endroit pour que plus rien ne fonctionne, taux de pauvreté très élevé, la délinquance n’est plus réprimée, les flics sont trop occupés à matraquer les Gilets jaunes et les défilés syndicaux. L’école publique est à l’abandon, sans parler d’un communautarisme musulman qui peu à peu chasse les Juifs de ce territoire perdu de la République[10]. Les médecins fuient, il n’y a plus de libraire à Saint-Denis, en dehors d’un marchand qui vend du Coran et autres joyeusetés. Personne ne veut investir ici. Et le sous-investissement public engendre le sous-investissement privé. Macron ne fait rien pour que ça change, il préfère s’occuper des fonds de pension et donner des légions de déshonneur à la canaille de Black Rock. Et donc dans ce département il n’y a pas beaucoup d’emploi, on se contente d’étouffer la colère sociale via les distributions de la CAF. 

    La lutte contre le vieux monde de Macron

    Les avocats à Bobigny, le 15 janvier 

    Ce panorama indique que la révolte est profonde en France. L’an dernier on essayait de faire croire que les Gilets jaunes étaient un ramassis de fachos et de paumés, incapables de formuler des revendications cohérentes. C’était juste l’avant-garde du mouvement d’aujourd’hui. Le méchant barbu de Matignon laisse croire que tout va mal à cause de quatre grévistes jusqu’au-boutistes de la RATP et de la SNCF qui défendraient des privilèges exorbitants en matière de retraite. Mais derrière il y a tout le reste ceux qui bloquent les ports, les raffineries, les bus Macron, les dépôts d’incinération des ordures, les agents de l’EDF qui de temps coupent l’électricité du MEDEF. Le ras le bol est général, il est symbolisé par l’aversion que le peuple ressent pour le personnage loufoque de Macron, semi-rusé, semi-idiot, il est complètement perdu. Seuls les lecteurs un peu débiles du Monde continuent à le soutenir, l’encourageant à matraquer tout ce qui bouge. Même les lecteurs de L’Obs pourtant bien complaisants, commencent à l’abandonner. On sent bien que le soutien s’effiloche encore du côté de son bloc électoral qui est fait de ceux qui ont une éducation supérieure – nouvelle preuve de la crétinisation des élites. Les journaux qui tentent de faire croire à une démobilisation comme Le monde confondent leurs désirs et la réalité du terrain. On a pris le cabinet Occurrence boutique de comptage des manifestants la main dans le sac lorsqu’ils ont sorti des chiffres invraisemblables, encore inférieurs à ceux de Castaner-le-menteur. On s’est aperçu que cette boutique payée grassement par un collectif de journaux est en réalité une courroie de transmission de LREM[11]. 

    La lutte contre le vieux monde de Macron 

    Bus Macron bloqués à Limoges le 14 janvier 

    La fourberie de Philippe sur l’âge pivot et les mensonges de Berger sur cette question, ayant fait long feu, les manifestations sont reparties sur de nouvelles base ce 16 janvier. Les taux de grévistes étaient orientés à la hausse dans l’éducation nationale et à la SNCF. Ce qui confirme que si pour des raisons de salaire certains décrochent de temps en temps de la grève, ils y reviennent dans les grandes occasions. A Paris les manifestants ont jeté des pantoufles derrière les grilles de Bercy pour dénoncer le pantouflage de la canaille trop bien payée de ce ministère. C’est très étonnant parce que cela nous ramène à l’Ancien Régime, juste avant le déclenchement de la grande Révolution Française de 1789 : le ministère de l’économie est dénoncé comme un repère de brigands. Et puis des militants d’ATTAC ont rebaptisé ce ministère pourri du nom plus approprié de Ministère des lobbies de la finance. 110 000 personnes s’étaient rassemblées à Marseille. Ce qui a changé dans les cortèges, par rapport à l’an dernier, c’est que les manifestants sont beaucoup plus jeunes et beaucoup plus remontés contre le pouvoir que leurs homologues de l’an dernier. Ils dénoncent de plus en plus clairement la privatisation de l’Etat par les lobbies de la finance. 

    La lutte contre le vieux monde de Macron 

    Des militants d’ATTAC rebaptisant Bercy 

    Philippe Martinez suit comme il peut ses troupes et donc il soutient la grève et les manifestations. Laurent Berger qui se fait cracher dessus par tout le monde – encore pire que Notat en 1995 – est allé pleurnicher à la télévision, disant qu’il était une victime d’attaques homophobes. Ah non, il en est ? Donc quand on le traite dans les cortèges d’enculé, c’est aussi bien au sens propre qu’au sens figuré ! On en apprend tous les jours. Les journaux tentent de semer la division à l’image de l’ignoble Le point qui met en scène Philippe Martinez comme le deus ex machina. Ils masquent volontairement deux choses importantes, d’abord que la CGT est très loin d’être le seul syndicat contre la réforme, il y a FO, Sud, la CGC, et ensuite le fait que les bureaucrates suivent d’abord leurs troupes. L’idée de cette tromperie d’un torchon qui publie les éditos de Jacques Attali ou de Franz-Olivier Giesbert, et qui, il n’y à guère publiait aussi les éditos du répugnant Gabriel Matzneff, est de laisser croire que ce sont seulement quelques attardés du stalinisme qui mettent la merde et qui coûte de l’argent à l’économie française. Que des journalistes se livrent à de telles compromission en dit long sur leur corruption : mange-merde, c’est un métier ! La meilleure preuve de leur menterie, c’est que le 16 janvier, en tête de manifestation on trouvait à Rennes ou à Marseille les avocats, profession peu suspecte de collusion avec Moscou ! Je ne suis pas précisément pour Martinez, il est un peu trop mou et trop bureaucrate à mon goût. Mais Le point atteint des niveaux d’ignominie très élevés. La dernière couverture du torchon macronien est parlante, c’est tout juste si on ne voit pas le petit moustachu avec un couteau entre les dents. Certes c’est bien le droit d’un journal de milliardaire d’être pour le pognon et de trouver que Macron est encore un peu trop de gauche, mais de la mentir et à tronçonner la réalité, il y a de la marge. 

    La lutte contre le vieux monde de Macron 

    Et bien donc la manifestation du 16 janvier a été un grand succès. Il est très probable que cela ne suffira pas à faire plier puis partir Macron qui s’accroche à son poste comme la moule au rocher. Il ne sait rien faire d’autre, n’ayant pas assez d’imagination pour démissionner. Mais cette mobilisation énorme va donner du courage pour continuer la lutte jusqu’au départ du président-fou. Et je crois d’ailleurs que même s’il retirait maintenant sa réforme pourrie, les gens voudraient le voir partir et qu’il emmène avec lui l’équipe de bras cassés du gouvernement sans oublier le Polonais. 

    La lutte contre le vieux monde de Macron 

    Paris à Montparnasse, juste avant le départ de la manifestation 

    La foule était énorme dans toutes les grandes villes, et si en tête cortège on voyait des avocats les Gilets jaunes étaient aussi aux avant-postes. On comptait plus de 100 000 personnes à Marseille et à Toulouse. Les Gilets jaunes qui se battent depuis le début trouvent que les syndicats sont trop passifs et tolèrent trop de suivre les consignes du gouvernement pour encadrer la manifestation. C’est assez juste, mais il faut croire que nous ne sommes pas encore assez nombreux et assez convaincus d’aller à l’affrontement pour le moment. En tous les cas, malgré les communiqués indiquant un début de démobilisation, celle-ci était sans doute au même niveau que la semaine précédente, dont 250 000 à Paris. Vu le nombre de manifestations, sans compter les opérations coups de poing, il est certain que le million a été dépassé. Ce qui est énorme au bout de plus d’un mois et demi de grève. Certains suggéraient de lancer un référendum. Mais comme je l’ai dit, macron veut bien lancer un référendum sur ce qui ne le gène pas, mais pas sur les retraites où il est certain d’être défait, de même qu’il fera tout et qu’il fait tout pour empêcher que le RIP sur la privatisation d’ADP échoue, faute d’un nombre suffisant de signatures. J’en entends certains se plaindre qu’il n’y ait pas assez de monde, et que trop d’entre nous font grève par procuration en soutenant le mouvement, mais sans trop y participer. C’est comme ça, les choses sont lentes à se mettre en place et à se structurer. Nous n’avons pas le choix autre que de continuer jusqu’au départ du président-fou. Croyez bien qu’il va nous y aidé. En réalité nous avons gagné clairement une première manche : l’exécutif est totalement dévalorisé, la CFDT aussi, et donc Macron ne peut plus compter sur les entourloupes habituelles, grand débat, discussion sur l’âge pivot. Il va être obligé de passer en force car l’opposition va balancer des tonnes d’amendements lors du dépôt de projet de loi. On évoque le 49-3 de plus en plus souvent du côté de l’Elysée. Pendant que les manifestants manifestent, on apprenait qu’AXA anticipant la réforme des retraites commençait à proposer ses plans d’épargne retraite pourris en jouant sur la peur des futurs retraités pour essayer de leur piquer un peu de pognon au passage[12]. 

    La lutte contre le vieux monde de Macron 

    Une foule énorme à Clermont-Ferrand 

    Je signale tout de même que la manifestation parisienne a été le symbole de la dictature macronienne, en fin de manifestation, la milice a bloqué tout le monde sur le boulevard de Port Royal, empêchant les manifestants d’en sortir. Le but est évidemment de terroriser et donc de déclencher des mouvements violents faciles à réprimer dans cette nasse, vers 18 heures les chiens de garde du grand capital ont balancé les gaz lacrymogènes. Fondamentalement le comportement du préfet Lallement ne change pas, malgré les remarques de Castaner et de Macron sur l’éthique nécessaire au comportement des miliciens. 

    La lutte contre le vieux monde de Macron 

    Publicité concoctée par les vautours d’Axa pour profiter de la réforme des retraites 

    La lutte contre le vieux monde de Macron

     Belle mobilisation à Rennes



    [1] Le monde a sorti un dossier important sue cette question dans son édition du 16 janvier 2020.

    [4] Lees voraces : les élites et l’argent sous Macron, Robert Laffont, 2020.

    [6] Jusqu’à François Mitterrand, canailles ou non, les politiciens de haut niveau maitrisaient la langue qu’ils s’appellent de Gaulle, Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing ou Mitterrand. Ça s’est dégradé avec Chirac, puis l’effondrement est venu avec Sarkozy. Macron est la dernière touche de cette farce.

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  • La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même 

    La question des retraites 

    Les annonces bouffonnes et tordues de ce grand sifflet d’Edouard Philippe n’ont pas convaincu, c’est le moins qu’on puisse dire. La cuistrerie de ce lobbyiste est telle qu’il nous dit « Il faut savoir terminer une grève », alors que les grévistes et les manifestants n’ont rien obtenu du tout. Le gouvernement n’ayant reculé sur rien. 

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même 

    Sondage en direct sur Orange, le lendemain des annonces de Philippe 

    Face au mouvement social qui ne s’essouffle pas, Macron et Philippe ont décidé de passer en force. Mais pour cela il lui fallait un prétexte. Il l’a trouvé en faisant semblant de renoncer à l’âge pivot qui est soi-disant un casus belli pour la CFDT. Mais en y regardant de près, c’est une fourberie. Il n’est prêt à rien du tout. Son idée est la suivante : « renoncer provisoirement à l’âge pivot », le mot important est provisoirement, faire voter la loi sur les retraites par le parlement croupion puis le réintroduire entre le moment où le Sénat se prononcera et où le texte reviendra devant le parlement. Il pose donc une condition pour l’abandon de cette connerie : que les partenaires sociaux trouvent un autre moyen d’équilibrer les comptes[1]. Il sous-entend que si aucune solution proposée ne le satisfait, il remettra l’âge pivot. Il va de soi que les solutions proposées ne lui conviendront pas. Il y a en effet une simple mesure qui équilibrerait les comptes très facilement : augmenter les salaires, puisque les cotisations sont calculées sur la base des salaires. On peut en trouver une autre, supprimer le CICE. Les macroniens vous diront que ce n’est pas possible parce que cela plomberait les marges des entreprises et les empêcheraient d’investir pour la croissance et l’emploi. Il évoque d’ailleurs la compétitivité de l’économie au point 8 de sa lettre. Mais cet argument est faux pour deux raisons :

    - la première est que les profits n’ont jamais été aussi élevés, et donc que les entreprises ont trop d’argent par rapport à leur volonté d’investir. On ne peut pas dire en même temps que les profits ont explosés et qu’il faut toujours serrer la ceinture des travailleurs pour gagner en compétitivité[2] ;

    - la second est que les taux d’intérêts étant aujourd’hui négatifs, les entreprises qui veulent investir peuvent très bien emprunter.

    On peut également comme solution arrêter le CICE – 20 milliards d’euros en année pleine – pour abonder les fonds de retraites si par exemple on craint un déficit. C’est un argument qui n’est pas assez souvent repris, le CICE est la conséquence de la volonté de Macron quand il était ministre de l’économie d’abaisser les cotisations sociales. C’est donc bien un système de vases communicants. Ce que tu donnes en termes de CICE, tu ne le donnes pas aux salariés ou aux retraités. 

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même 

    Rien que de parler de « retrait provisoire » c’est ouvertement prendre les travailleurs pour des cons. Comme s’ils étaient assez stupides pour ne pas comprendre la manœuvre. On voit donc que Philippe n’a strictement rien lâché, pire encore dans la lettre qu’il a envoyé aux syndicats, il menace de prendre des ordonnances pour arriver à ses fins. Il veut juste accélérer le moment où la procédure du vote sera mise en œuvre. Mais Laurent Berger se félicite tout de même du résultat[3]. Il fait comme si la CFDT par son action avait obtenu quelque chose. Cela n’exprime pas seulement la bêtise ou la lâcheté du leader cédétiste, il s’agit bel et bien d’une connivence. Berger est là pour faire croire que le gouvernement négocie. En vérité Philippe veut accélérer : donc il fait comme s’il lâchait quelque chose pour ensuite dire que la balle se trouve dans le camp des syndicats. Le but est de faire apparaître les syndicats opposés à la réforme comme des jusqu’au-boutistes. L’UNSA, du moins son secrétaire général, aimerait bien emboiter le pas à la CFDT et donc continuer à fracturer le front syndical. Mais la base ne le veut pas. Ayant identifié Escure comme un autre vendu, l’UNSA ferroviaire maintient ses préavis de grève[4]. De la même manière, l’UNSA RATP dès qu’elle a compris qu’Escure voulait emboîter le pas à la CFDT a publié un communiqué directement pour lui couper l’herbe sous les pieds, dès fois que la bureaucratie syndicale projetterait de se coucher devant les demandes du gouvernement et du patronat. Cette histoire va laisser des traces car elle révèle non seulement la fourberie du gouvernement de lobbyistes qui brade la France et ses intérêts, mais aussi le gouffre qui sépare encore plus les syndiqués de leur direction. Ce n’est pas nouveau, mais c’est ce qui explique que les syndicats aient de moins en moins d’adhérents parce que personne ne fait confiance à cette bureaucratie dirigeante dont la plupart des membres ne travaillent plus depuis longtemps. Les dirigeants des syndicats vendus, comme Escure ou Berger, ne parlent d’ailleurs jamais du fait que les pensions de retraite vont baisser. Or, dans un pays dont la richesse augmente malgré tout, la baisse des pensions de retraites et la stagnation des salaires est forcément un transfert de richesse vers les très riches, et donc un accroissement à plus ou moins longue échéance des inégalités sociales. 

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même

    C’est pour masquer cela que la canaille gouvernementale s’appuie sur l’idée que si tu vie plus longtemps, tu dois travailler plus longtemps. Mais on ne pose pas trop la question des retraites chapeaux qui font qu’un PDG du CAC40 peut gagner le loto plusieurs fois dans sa vie. Ajoutons que si les gens ne veulent pas travailler plus longtemps c’est pour deux raisons essentielles :

    - la première est que la plupart du temps nous avons un boulot de merde, sans intérêt et sans utilité sociale et qui le plus souvent nous fait honte[5], un boulot qui nous oblige à subir une pression hiérarchique d’un patronat de plus en plus arrogant et vindicatif. Evidemment les artistes, les politiciens et en général tous ceux qui gagnent confortablement leur vie dans leur métier ne comprennent pas cela ;

    - ensuite, c’est qu’en vieillissant on a envie de s’occuper d’autre chose que de gagner sa vie. Beaucoup de retraités s’activent dans des associations bénévolement, s’occupent de leurs enfants ou de leurs petits-enfants, ce qui est un travail socialement utile, même s’il n’est pas payé. C’est une manière de sortir des rapports marchands.

    Parmi les autres éléments de langage révélant la fourberie du méchant barbu de Matignon, il y a cette idée que les pensions ne baisseront pas : outre que c’est faux, même si elles ne baissaient pas, prendre sa retraite 4 ou cinq ans plus tard qu’aujourd’hui serait déjà une spoliation caractérisée. Donc d’une manière ou d’une autre les pensions baisseront que ce soit tous les mois, ou que ce soit sur l’ensemble du cycle de vie. Et cette baisse servira à alimenter les comptes en banque des actionnaires via le CICE. 

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même 

    Deux jeunes filles désarmées matraquées par des miliciens sans honneur 

    Comme on le comprend l’important n’est donc pas ce que disent Berger, Escure ou même Martinez, mais la détermination des salariés à continuer la lutte. Et de ce côté-là l’exécutif n’est pas au bout de ses peines, même Martinez est critiqué par les cégétistes parce qu’il dit qu’il veut bien s’asseoir à la table de négociation. La base syndiquée ou non est très remontée. FO en la personne de Yves Veyrier a désigné à juste titre les syndicats qui travaillent à la mobilisation contre la réforme et ceux qui s’y refusent, il a désigné explicitement la CFDT et l’UNSA comme des syndicats qui soutiennent le gouvernement, et donc comme minoritaires qui n’ont pas le droit de négocier au nom de l’ensemble des salariés[6]. En fait ce n’est pas FO qui brise le front syndical, mais l’UNSA et la CFDT qui n’y ont jamais été. Dans ces conditions, et au lieu de les moquer, il est bon de saluer les quelques cédétistes qui à Marseille sont venus défiler contre Macron sous leurs propres couleurs. Les « journaux » comme L’Obs ou Le monde qui prétendent faire l’opinion tentent de nous faire croire que depuis des mois le mouvement s’essouffle pour nous démobiliser[7]. C’est un mensonge, si c’était vrai le gouvernement n’aurait pas besoin d’être de plus en plus violent, car plus le temps passe et plus la répression du mouvement syndical est féroce. La CFDT n’a rien à dire sur ce point, je n’ai pas vu que Berger s’émeuve des pluies de grenades lacrymogènes sur les cortèges syndicaux. Philippe, premier ministre sans honneur et menteur, nous dit qu’il faut user de la violence pour imposer la paix sociale. Sous-entendant que ce sont les manifestants qui sont violents, mais tout le monde a vu les vidéos de jeunes filles complètement isolées et désarmées se faire matraquer seulement pour le plaisir louche des miliciens. On a tous vu les images de ces crânes fracassés depuis plus d’un an, ces gens éborgnés, ces handicapés bousculés et gazés. Ses piètres mensonges sont seulement là pour encourager la milice à continuer, car sans cette forme fasciste de gouvernement, la réforme ne passera jamais : d’un côté on s’appuie sur des syndicats jaunes pour faire semblant de dialoguer, et de l’autre on lâche les chiens pour effrayer les récalcitrants. C’est la forme post-démocratique de gouvernement. Il me semble tout de même qu’avant les policiers en France ne massacraient pas consciencieusement et lâchement des jeunes femmes désarmées. Mais je me trompe peut-être, on sait que sous Vichy la Gestapo – allemande ou française – n’hésitait pas à torturer des jeunes filles sans défense. Est-ce là le modèle de la milice d’aujourd’hui ? Je suis trop vieux jeu pour ne pas être sensible à cette dérive, ayant été élevé dans l’idée qu’on ne frappait pas une femme, fut-ce avec une rose. Ce déshonneur laissera des traces dans la société française. 

    L’euro, le CICE et les cotisations sociales 

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même 

    Balance commerciale de la France 

    Sur la question des retraites proprement dites et ce qu’on entend ici et là, je ferais part de mon désaccord, une fois n’est pas coutume avec Jacques Sapir. En effet celui-ci dans un article récent[8] évoque entre autres choses, la question de l’euro. Je suis évidemment de ceux qui pensent que l’euro est un carcan dont il faudra bien sortir un jour pour toutes les raisons possibles et imaginables. Mais la question n’est pas tout à fait là. Sapir nous dit que si on reste dans l’Union européenne, on est forcément soumis à la compétitivité, et donc on n’a pas le choix autre que de faire baisser les salaires d’une manière ou d’une autre, donc le CICE est une solution sérieuse dans ce cadre-là. Mais en avançant cette fable Sapir fait comme si le gouvernement avait une logique autre que celle de piller le pays pour son compte et pour celui de ses amis. Bien sûr que si nous restons dans l’Union européenne et surtout dans la zone euro, nous subissons cette logique. Mais jusqu’où ? Macron a été l’initiateur du CICE qui nous a coûté jusqu’à aujourd’hui un peu plus de 100 milliards d’euros. Pour quel résultat ? On avance un chiffre compris entre 150 000 et 300 000 emplois. Mais ce résultat est plutôt discutable, déjà le fait qu’on puisse passer du simple au double montre les incertitudes des méthodes employées pour l’évaluation[9]. On peut penser qu’il s’agit de seulement 100 000 emplois. Il est en effet très difficile de dissocier les effets d’offre de ceux de demande dans la création d’emplois. En 2019 il y a eu un peu de croissance, essentiellement parce que le mouvement des Gilets jaunes a obligé le lugubre Macron a distribué un peu de pouvoir d’achat. Comme nous le voyons dans le graphique ci-dessus, le solde commercial de la France ne s’est pas amélioré avec le CICE. S’il s’agissait d’une simple question de déflation salariale, salaire et cotisations sociales, le CICE aurait dû permettre un redressement du solde. Il n’en a rien été, alors que le CICE existe depuis maintenant 5 ans, alors que les salaires n’augmentent pas. En effet depuis que Macron a été nommé malencontreusement ministre de l’économie, lui et son gang, ont continué de détruire l’industrie française, voir l’exemple d’Alstom. Et ça c’est sans lien avec les cotisations sociales. Mais il y a deux autres arguments que Sapir oublie. C’est que le CICE ne sert pas vraiment à l’investissement parce que les entreprises ont déjà trop d’argent et que la demande est stagnante, et que les taux d’intérêt négatifs permettent aujourd’hui si on veut investir, d’emprunter très en-dessous du taux de rendement du capital. C’est d’ailleurs pour cette raison que la Bourse flambe. N’ayant pas d’investissement productif en vue, les actionnaires cherchent des investissements spéculatifs et font monter les cours, couvant amoureusement la prochaine crise financière qui ne saurait trop tarder maintenant. Il vient qu’il est tout à fait possible de reporter les sommes dégagées pour le CICE pour financer les retraites, autrement dit, soit d’augmenter les salaires, soit d’augmenter les cotisations patronales. Je fais remarquer que si le CICE a coûté 100 milliards d’euros à l’Etat – fourchette très basse – et que cela a permis de créer 300 000 emplois, fourchette très haute, ça nous fait un coût par emploi pour l’Etat de plus de 300 000 € ! Il est donc erroné de penser que même dans le contexte européen on ne peut pas transférer les sommes absorbées par le CICE vers le système des retraites. Le déficit des pensions qui est programmé, vient essentiellement des baisses des cotisations patronales. Or celles-ci pourraient très bien augmenter parce que les gains de croissance sont confisqués depuis au moins trente ans par le capital. Les salaires stagnent, et le temps de travail ne baisse pas. Je fais remarquer d’ailleurs que de repousser l’âge d’une retraite à taux plein est équivalent, on ne le dit pas assez, à augmenter les durées travaillées : c’est du temps volé au profit du capital. C’est toujours une question de partage de la valeur qui se fait de plus en plus au détriment des travailleurs. 

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même  

    Si sur ce point particulier l’analyse de Sapir est fausse, c’est essentiellement parce qu’il accorde du crédit à ce que Macron et le gouvernement racontent : ils mèneraient cette politique mauvaise en pensant qu’elle est bonne pour le pays. C’est faux. Le prétexte de la compétitivité est juste le paravent pour cacher l’énorme transfert de valeur qui se fait du secteur public vers le secteur privé, et qu’en vérité ce qui est visé c’est l’enrichissement d’une caste et rien d’autre. C’est déjà d’ailleurs ce que dénonçait Léon Walras chez ceux qui se gargarisaient de sa propre théorie pour défendre un modèle de concurrence destructeur en prétendant que cela aurait forcément, tôt ou tard, des effets bénéfiques sur la croissance, l’emploi et le bien-être[10]. C’est ce que nous voyons dans le graphique ci-dessous : alors que depuis le début des années quatre-vingts les taux de marge nt été reconstitués, les investissements n’ont pas suivi le même mouvement. Il n’y a pas de lien direct et évident entre taux de profit et dynamique de l’économie. 

    La fourberie d’un référendum sur le climat 

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même 

    Un marchand de voiture d’occasion tentant de faire la leçon à de simples citoyens qui en savent sans doute plus sur l’écologie que lui-même 

    Macron dans la perspective de 2022 tente de jouer les démocrates et les écologistes. Tout le monde sait que ce petit capricieux n’a rien d’un démocrate, vu comment il fait procéder au matraquage en règle de ses opposants, et encore moins d’un écolo, ni de près, ni de loin. Mais dans la lignée du mouvement des Gilets jaunes, il lui est venu l’idée qu’il croit sans doute lumineuse qu’il pourrait mettre en scène un spectacle disant que des citoyens tirés au sort seraient écoutés pour faire des propositions en matière d’écologie. Il se propose de faire un référendum sur les propositions qui sortiront de cette conférence citoyenne sur le climat[11]. Il est facile de voir que c’est bidon. D’abord parce que s’il aimait que le peuple s’exprime et s’il approuvait la procédure référendaire, il aurait appliqué celle-ci à la privatisation d’ADP ou encore sur la réforme de la retraite. Mais pour lui le référendum ne peut s’appliquer qu’à des sujets secondaires qui ne l’intéresse en rien. Les choses sérieuses au contraire sont exclues du débat démocratique et restent aux mains des « experts » de Bercy. Je rappelle que Macron est celui qui a prolongé la vie du glyphosate en Europe, c’est d’ailleurs pour cela qu’Hulot a démissionné, pour le manque d’enthousiasme écologique de Macron et sa compromission avec les lobbies. Je rappelle également que Macron fait poursuivre par ses préfets les maires qui prennent des décrets pour protéger leurs administrés de l’épandage des pesticides et des glyphosates. Il va de soi que si Macron avait un tant soit peu la fibre écologique, non seulement il ne poursuivrait pas le but stupide de la croissance et du profit, mais en outre, il n’aurait pas fait supprimer les subventions destinées à encourager l’agriculture biologique[12]. Là encore il s’agit d’une manœuvre sournoise : tenter de se faire approuver par un référendum, sans qu’on puisse juger globalement de sa politique pourrie. En effet si c’est pour répondre à une question du type préférez-vous vivre dans un environnement sain ou dans un environnement empoisonné, il est facile d’avoir une réponse massivement positive. Les seuls qui voteront contre sont les climatosceptiques ou quelques illuminés. La fourberie du président-fou ira sans doute dans le sens d’une question qui approuve les dépenses étatiques pour la transition écologique, le green washing comme on dit qui est un marché potentiellement porteur. La question climatique est un dossier sur lequel il ne comprend rien, on lui a seulement dit qu’il y avait là une potentielle croissance et une source de profits – peut être Philippe Aghion. Mais tous les observateurs sérieux de cette question savent que le profit et la croissance ne sont pas solubles dans l’écologie. Cette absence de conscience écologiste est d’ailleurs révélée par le fait qu’il défende le projet de l’Union européenne qui est l’exact inverse de ce qui doit être fait en matière d’environnement, que ce soit la PAC – Politique Agricole Commune – qui a promu la course au rendements agricoles comme une nécessité à tout prix, ou que ce soit l’allongement des circuits de distribution qui sont la conséquence du Grand Marché. Une étude patronnée par le très libéral et européiste allemand Hans Werner Sinn avance que la voiture électrique pollue indirectement plus que le diésel, et donc en favoriser sa vente et son usage à coup de primes est une aberration qui derrière la nécessité de la transition écologique masque mal la cupidité de quelques groupes industriels à l’affût pour vendre leurs piles électriques impossibles à recycler ou leurs soi-disant énergies propres[13].   

    Les liens très louches entre Macron, le grand patronat et la CFDT  

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même 

    Mais laissons là ces débats et revenons à des considérations pus politiciennes. Laurent Berger est un grand menteur et un vendu. Ce n’est pas un scoop évidemment, tout le monde le sait. C’est dans les gènes de ce syndicat. De tout temps la CFDT a eu un rôle très ambigu envers les travailleurs. Longtemps parangon de la deuxième gauche, voyez Rocard et Delors, les voilà maintenant en soutien ouvert à Macron et à la droite extrême. Ils n’ont été contre le capitalisme qu’en 1968, uniquement pour tailler des croupières à la CGT et affaiblir le PCF. Ils sont européistes, et à ce titre ils accompagnent sans vergogne la destruction continue des acquis sociaux et la marchandisation de la protection sociale. On en apprend tous les jours, un jour on nous parle des réunions secrètes entre Berger et Philippe, un jour on nous dit que la CFDT claque la porte sur la question de l’âge pivot. On a très vite dénoncé cette palinodie. Et on a compris qu’âge pivot ou pas, c’est la réforme entière qui est à jeter à la poubelle. On se rappelle que Laurent Berger « qui ne fait pas de politique », c’est bien connu, avait signé un communiqué pour les élections européennes avec le MEDEF, avançant que patronat et CFDT voulaient la même Europe, cette Europe pourrie qui ne sait que prôner l’austérité et la destruction de la protection sociale[14] ! La tribune était signée du reste avec Roux de Bézieux qui est, en termes d’exigences vis-à-vis du gouvernement, bien pire que Gattaz. La sinistre Nicole Notat, ancienne cheftaine à poigne de la CFDT, cumularde et lobbyiste, celle qui s’était ramassé des crachats quand elle appuyait la réforme de Juppé, avait non seulement soutenu la candidature de Macron, mais en outre avait aussi donné de l’argent pour la campagne de son parti – connaissant l’avarice sans limite de cette femme, il est important de le souligner. Et voilà que nous en apprenons de bien bonnes : la fille de, cette même Brigitte Trogneux qui nous coûte si cher en ravalement de façade et en perruque, fait semblant d’être avocate en plus que de se rendre insupportable dans son département. Et à quel râtelier croyez-vous qu’elle en croque ? Elle est avocate de la CFDT ! On sent bien que dans ce monde les affaires se font en famille, mais à l’abri des regards cependant. Qui en sera étonné ? On a avancé qu’elle n’était plus défenseur du syndicat jaune, mais on ne voit pas en quoi son changement d’affectation aurait rompu les liens qu’elle avait su créer avec la CFDT. Rappelons que cette jeune femme aux dents longues s’était faite étrillée en 2017 par les membres mêmes d’En Marche qui la trouvaient trop envahissante[15].  

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même

    Mange-merde c’est un métier qui nourrit bien son homme comme on peut le voir au petit ventre rebondi de Laurent Berger 

    Mais on en a exhumé encore une autre. Marie Poissonnier, ancienne plume de Laurent Berger, qui écrivait ses discours fumeux jusqu’en 2017, a été aussi une collaboratrice de Macron durant sa campagne présidentielle. Non seulement elle lui écrivait une partie de ses discours, mais elle était aussi membre des Jeunes avec Macron durant la campagne présidentielle. Mais il y en a bien d’autres encore, ne croyez pas que cela s’arrête. Par exemple Philippe Grangeon est lui aussi un ancien conseiller de l’ignoble Nicole Notat, et le voilà qu’il atterrit chez Macron. Comme le monde est petit ! Grangeon est aussi un membre fondateur d’En Marche. Il est maintenant chargé de l’organisation de la communication à l’Elysée – entre nous ce n’est pas une franche réussite car Macron plonge toujours dans les profondeurs des sondages. Ce n’est donc pas seulement Laurent Berger qui est un vendu et un faux cul, c’est toute la direction de la CFDT[16]. On passe facilement de la défense des travailleurs à la défense d’un banquier véreux en perdition. Comment se peut-il qu’il y ait encore des salariés dans ce syndicat ? Cette compromission dévoilée explique pourquoi les cédétistes sont si peu nombreux dans les cortèges des manifestants. Ils ont des consignes de leur hiérarchie. Périodiquement, sous Notat, ou sous Berger, chaque fois qu’il y a des conflits un peu durs, des cédétistes se réveillent un peu et rendent leur carte de syndicaliste corrompu. La CFDT tient le coup cependant, et c’est tout de même étonnant, parce que les médias nous répètent tous les jours que c’est un syndicat réformiste, raisonnable, prêt au compromis. Tandis qu’ils présentent la CGT à la fois comme trop radicale – elle l’est pourtant bien peu – et comme isolée. Mais n’accablons pas les salariés. C’est la hiérarchie de cette boutique qui est vendue, complètement. Jamais un mot sur les violences policières, toujours à se ranger du côté du patron. Le fond de l’affaire c’est que pour faire un tel métier, les Berger, les Grangeon, les Notat, les Marie Poissonnière, il ne faut avoir aucun sens de l’honneur. Vous me direz que les policiers non plus n’ont guère le sens de l’honneur pour agir comme ils agissent. Mais enfin les policiers ne sont pas sensés défendre les travailleurs. Les « journalistes » qui parlent à propos de la CFDT de syndicat réformiste produisent un abus de langage. Il faut nommer les choses correctement la CFDT est un syndicat jaune, ou patronal. L’époque réclame de nouvelles formes de mobilisation qui renvoient aux poubelles de l’histoire les syndicalistes de profession. 

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même 

    Ces compromissions sont bien connues, et je ne prétends pas faire œuvre d’originalité, mon but est simplement de rappeler ce que sont tous ces gens qui couchent dans le même lit du déshonneur et qui travaillent à l’avènement d’un « ordre nouveau » néo-libéral. Ils en tirent des avantages. L’ignoble Notat est devenue très très riche après avoir quitté la direction de la CFDT, Laurent Berger le deviendra sûrement par la suite. Grangeon grenouille dans les eaux troubles et sales de l’Elysée, à la manière d’un Benalla, il prépare les coups en douce du président-fou. Ces gens pensent que leur horizon c’est de servir les très riches de façon à obtenir des contreparties matérielles qui leur assureront un grand confort jusqu’à la fin de leur vie.

    Je peux en rajouter encore, le fils d’Edmond Maire grande figure de la CFDT, célèbre pour son anticommunisme et pour avoir fait semblant de défendre un socialisme autogestionnaire, a eu malencontreusement un fils, prénommé Jacques. Il a fait l’ENA, tu parles qu’il n’allait pas travailler. Et où croyez-vous que nous retrouvons celui-ci ? Chez Macron, bien sûr ! Il est député En Marche, avant cela il avait fait un petit passage au P « S ». Les chiens ne font pas des chats. Ceci en est la preuve. Chérèque, dirigeant de la CFDT de père en fils, eux aussi en leur temps défendaient les réformes des retraites de Raffarin et de Juppé, avant d’aller se faire de l’argent dans le secteur privé ou à l’Europe.

    La fourberie de Berger, semblable à celle de Macron le président-fou et du lobbyiste Philippe l’a amené à faire une déclaration intempestive, disant qu’il n’appellerait pas aux manifestations du 14, 15 et 16 janvier[17]. On s’en doutait un peu, étant donnait qu’auparavant il n’a pratiquement pas participé à ces manifestations. Les rares cédétistes qu’on voyait dans les défilés étaient des dissidents de ce syndicat de merde. Et donc n’ayant jamais pu compter sur lui depuis le début, on continuera à s’en passer. Les poubelles de l’histoire sont pleines de crapules comme lui. 

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même 

    Terminons par ceci. France Info diffuse tous les dimanches une émission s’appelant Dimanche en politique. Le 12 janvier le très mou Francis Letellier y invitait Patrick Kanner qui confirmait le virage à gauche du P « S » en s’élevant contre les fourberies de Macron[18]. Mais ce n’est pas cela qui est intéressant. A cette occasion on s’aperçoit que la radio du service public invite principalement des macroniens, alors même que cette engeance est minoritaire dans le pays et ne représente pas plus que 25% de l’électorat, et encore moins pour la population dans son ensemble. Et le seul opposant que Letellier a trouvé à inviter, c’est Kanner ! On le voit ci-dessous, sur les cinq derniers invités de cette émission 4 sont des macroniens pur sucre, des menteurs ou des délinquants, soit 75 % ! Vous me direz que personne n’écoute cette émission, c’est assez vrai, mais il faut bien comprendre que sur tous les médias c’est la même musique. Le but de ce matraquage incessant, n’est pas de convaincre du bien-fondé de la réforme – les Français ne sont pas stupides – mais d’occuper l’espace et de décourager la lutte. Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son. L’idée est de nous persuader que nous sommes isolés et seuls face à la machine de guerre du pouvoir, et donc que nous ne serons jamais assez forts pour nous opposer aux réformes régressives voulues par le grand capital. 

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même 

    Il rend sa carte de la CFDT, et il a bien raison  

    Aux dernières nouvelles, malgré les grimaces de Philippe et de Berger, l'opinion publique ne change pas, elle ne veut toujours pas de cette réforme, et elle soutient massivement les grévistes et les manifestants. La lutte contre le gang de l'Elysée reste très largement majoritaire. En pratiquement deux mois de sondage sur cette affaire, la constance des Français est remarquable. 

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même

    La fourberie d’Edouard Philippe et de Macron dévoilée aux opposants même

    Philippe négociant provisoirement l’âge pivot tout en rétablissant la paix civile menacée par des hordes de jeunes filles en furie

     


    [5] David Graeber, Bulshit jobs, Les Liens qui Libèrent, 2018.

    [10] POTIER, Jean-Pierre. « Léon Walras, un économiste socialiste libéral » In : Libertés et libéralismes : Formation et circulation des concepts, ENS Éditions, 2012

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  •  Manifestations le 14 décembre 2020 

    Le port de Marseille bloqué 

    Tandis que le pouvoir s’affole parce que l’opinion reste soudée derrière les grévistes et les manifestants, le 14 janvier a vu un certain nombre de manifestations et d’action dans Paris et ailleurs. Nantes, Marseille, Le Havre, les ports étaient bloqués. Mais à Marseille cette action initiée par la CGT et les dockers a été appuyée ensuite par une manifestation sur le Vieux Port qui a réuni 35 000 personnes. De partout en France des manifestations avaient lieu, histoire se chauffer pour jeudi prochain. Les raffineries sont bloquées, et contrairement à ce que dit ce gouvernement de menteurs et de fourbes, certaines stations commencent à manquer de carburant. Contrairement à ce que croyaient Philippe et Berger le retrait de l’âge pivot – provisoire et conditionnel – a été compris comme une manœuvre pour démobiliser. Mais ça n’a pas fonctionné. Sans doute cela aurait pu marcher il y  a quelques mois, mais les Français n’ont plus aucune confiance dans cette équipe, quoi qu’elle fasse, et je pense que même si elle retirait définitivement ce projet, on continuerait de se méfier, subodorant une nouvelle fourberie. 

    Manifestations le 14 décembre 2020

     

    Sondage sur le soutien de la population française aux actions contre la réforme de Macron et de son Gang 

    Pendant ce temps on a vu un Macron très énervé se montrer insultant avec un enseignant qui l’interpelait sur les retraites. Il était un peu sorti de son trou en se rendant à Pau, mais cette sortie fut ratée. Sa fébrilité et son ton cassant montre qu’il n’avance pas, et même qu’il recule. Chaque fois qu’on l’interpelle sur les fonds de pension ou sur les retraites, il répond par une pirouette arguant qu’on ne comprend rien, mais sans rien prouver ni démontrer[1]. Son agacement commence frise la panique. Il a voulu passer en force, mais il a complètement échoué. C’est la preuve qu’au-delà de sa réforme c’est son incompétence méprisante dans la conduite des affaires qui le disqualifie. Le jeune cuistre lorsqu’on a évoqué la légion d’honneur de Cirelli a répondu « Vous mélangez tout, vous patachonnez dans la tête ». Voilà encore une phrase qui non seulement marque le mépris et l’arrogance mais qui ne veut rien dire.  « Patachonner signifie errer sans rationalité, analyse la sémiologue Mariette Darrigaud. Par extension, cela peut vouloir dire être un peu fou. Ce terme peut également avoir une connotation sexuelle : mener une vie de patachon, c'est être un jouisseur… »[2]. Un nouveau paragraphe à ajouter à une liste déjà longue des insultes et injures que Macron adresse périodiquement aux Français.  Quand je pense qu’on reprochait sa vulgarité et son arrogance à Sarkozy ! Ce jeune con mérite des baffes. C’est un bouffon et sans ses gardes du corps autour de lui, il serait un peu moins fringuant. N’ayant aucune autorité naturelle, étant haï par la très grande majorité des Français, il ne lui reste plus que la matraque pour s’exprimer. A Pau il était très nettement en difficulté. Il a testé en direct son impopularité, voulant faire le malin, il s'est ridiculisé. 

    Manifestations le 14 décembre 2020 

    Macron se fait remonter les bretelles par un prof de maths 

    Mais enfin quoi qu’il en soit les manifestants d’aujourd’hui ont montré qu’ils étaient toujours très mobilisés et décidés à faire retirer cette réforme pourrie. Mais le conflit social reste très général. Les avocats sont mobilisés, et les personnels de Radio France qui eux luttent contre les licenciements, ont joué pour la reprise de la grève. A cause de cette réforme pourrie, les candidats LREM aux municipales n’osent plus sortir dans la rue, ils se font apostropher en permanence. Et il est à peu près certain qu’un des résultats de cette réforme ce sera une défaite plus que cuisante des candidats macroniens, et dans toute la France[3]. La morosité est dans le camp du gouvernement. 

    Manifestations le 14 décembre 2020 

    Manifestation sur le Vieux Port

    Manifestations le 14 décembre 2020 

    Manifestation à Paris 

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