• La déconfiture des fausses oppositions de Mélenchon, du PCF et des syndicats 

    Mélenchon à Marseille faisant des manières au président-fou en septembre 2018 

    En 2017 Mélenchon représentait un espoir pour le petit peuple de gauche, il semblait vouloir se saisir de la volonté populaire et d’entrer dans la bataille contre l’Union européenne. Au moment de la campagne pour les présidentielles, nous avions dit que son programme nous semblait bon, sauf qu’il n’était pas assez clair sur la question de l’Union européenne[1]. Nous avions remarqué que plus il tapait sur l’Europe, et plus les intentions de vote en sa faveur augmentaient. Il prenait des voix à Marine Le Pen. Mais il n’a pas su avoir un discours clair, ni sur l’Europe, ni sur l’immigration, et il a terminé en 4ème place derrière un petit escroc avéré, François Fillon. Cet échec s’est traduit par une déroute aux législatives qui ont suivi l’élection du psychopathe qui squatte maintenant l’Elysée. Mais il n’a pas su tirer les leçons de cet échec. Refusant de trancher entre la gauche bobo, façon Autain et la gauche souverainiste qui reste encore dans la France Insoumise, il a conduit ce parti à la déroute. La fraction la plus lucide de la France Insoumise, représentée entre autres par Djordje Kuzmanovic est partie, elle s’est dispersée ailleurs. C’est ce qui explique en grande partie l’effondrement de son score aux européennes – la lamentable prestation de Manon Aubry ayant consolidé ce virage – et de manière concomitante, me score relativement bon du Rassemblement National. Le voilà maintenant qui tente de reconstruire l’Union de la gauche en allant faire des manières vers les débris du PS et du PCF. Cette stratégie est vouée complètement à l’échec, non seulement elle ne renforce pas la France Insoumise, mais elle fait grimper presqu’automatiquement le Rassemblement National qui apparait comme la seule opposition sérieuse à Macron.

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    Un montage de la perquisition du 18 octobre 2018 avait mis Mélenchon dans l’embarras 

    Mélenchon a perdu clairement la main aussi sue le plan tactique. Il s’est fait piéger comme un bleu avec cette perquisition probablement illégale diligentée par la sinistre Belloubet : il est apparu comme un excité qui ne supporte pas de se plier aux règles de la République. Peut importe si aujourd’hui on voit des images qui confirme l’idée de provocation lors de cette même perquisition[2], le mal est fait. Quelques semaines avant, Mélenchon avait rencontré à sa propre initiative Macron à Marseille. Il avait déclaré que le président-fou n’était pas son ennemi et avait minimisé les critiques qu’il lui avait adressées, Macron s’était permis de moquer ce revirement stupide autant qu’honteux.  

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    Les Brésiliens, Bolsonaro et son ministre de l’économie, s’en sont pris à la vieille Brigitte Trogneux, moquant son physique raffistolé par des milliers d’euros de chirurgie esthétique, sa perruque et son dentier[3]. Certes le procédé n’est pas très élégant, surtout venant de personnages officiels, mais il faut dire que cette femme exaspère tout le monde par ses manières de se mettre en avant d’occuper en permanence les unes complaisantes des journaux pour salon de coiffure, alors qu’elle n’est strictement rien, ou pas grand-chose, une enseignante du secondaire dans le privé à la retraite. Mélenchon qui décidément n’en rate pas une a apporté son soutien dans cette lutte obscure à cette femme cupide autant que vulgaire[4]. Cette position est indéfendable : en effet Brigitte Trogneux qui représente la domesticité de l’oligarchie – elle a été le professeur des filles de Bernard Arnault dans une école pour les enfants de la haute bourgeoise – n’a pas à être défendue quand on se place du point de vue du peuple et de la lutte des classes. C’est comme si Mélenchon venait défendre Marie-Antoinette parce qu’on l’a moquée pour sa phrase : « s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche »[5]. Cela n’a pas empêché qu’elle soit décapitée d’ailleurs.  

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    Mélenchon se rapproche de plus en plus du politicien social-démocrate sans avenir. Après avoir apporté son soutien à Brigitte Trogneux, avoir serré la main au président-fou, voilà qu’il n’a rien trouvé de mieux pour se refaire la cerise que de défendre le petit escroc Richard Ferrand. Alors que cette affaire d’escroquerie est bien connue depuis au moins deux ans dans ses moindres détails, Mélenchon fait mine de croire que le président de l’Assemblée nationale pourrait être tombé dans un piège[6]. On en rirait si ce n’était pas aussi dramatique. Mais qui aurait intérêt à tendre un tel piège ? Vous me direz Mélenchon n’est pas le seul à gauche à se vautrer dans la compromission. Cette année la Fête de l’Humanité, journal fondé par Jean Jaurès et organe du Parti communiste, avait poussé la débilité jusqu’à inviter Jean-Paul Delevoye. Il était sensé débattre avec le syndicaliste semi-éteint Philippe Martinez. Comme si on se retrouvait sur BFMTV à débattre entre amis. Mais non, le combat contre la réforme des retraites fait partie de la lutte de classe et pas du tout d’une discussion cautionnant la légitimité du gouvernement. Certes on sait que l’Humanité est un journal très endetté qui a besoin de l’aide du gouvernement pour sa survie, mais ce soutien indirect est grossier. Au lieu d’aller écouter deux imbéciles qui débattent, il valait mieux être dans la rue avec les gilets jaunes. C’était bien joué de la part du gouvernement que d’envoyer ce cumulard de Delevoye jouer les ministres courageux qui va discuter avec le peuple qui ne comprend rien. Le débat s’est tenu face à un public qui a été bien gentil, se contentant de siffler et d’injurier Delevoye. Patrick Apel-Muller le patron de l’Humanité était là pour veiller au grain et faire en sorte que la foule reste calme[7]. Cette lamentable mise en scène d’une fausse opposition a été couronnée par les pitreries de Benalla qui, lui aussi se trouvait la Fête de l’Humanité ! On a entendu Martinez pleurnicher pour dire que Delevoye n’a jamais tenu compte des propositions de la CGT. Ce délinquant qui frappe le 1er mai ceux qui manifestent contre Macron est venu faire le bouffon au stand de MMA. Prétendant représenter les Arts Martiaux il a ridiculisé Alexis Corbières et Ugo Benaclis en leur proposant de les entraîner à se battre[8]. Comment se peut-il que le PCF se laisse ainsi traîner dans la merde par un voyou de bas étage ? Benalla ne pouvait parader de cette manière qu’avec l’assentiment des organisateurs. Je connais trop le PCF pour savoir que ce qui se passe chez eux est toujours sous contrôle. Si on voulait avoir la preuve que le PCF est bien fini, la Fête de l’Humanité de 2019 en est la démonstration vivante. C’est plus de la tolérance, c’est une maison de tolérance où, le PCF derrière son maquillage d’opposant vire à la vieille pute délaissée. Qu’on ne vienne pas faire la leçon à ceux qui se tournent vers le Rassemblement national. Le mois de septembre a été ravageur pour les fausses oppositions, alors que le peuple est en ébullition pour toutes les saloperies que lui inflige le gouvernement.

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    Samedi 14 septembre une discussion entre amis avec Delevoye le cumulard et le syndicaliste comateux Martinez 

    Mais les syndicats et les partis de gauche saucissonnent les luttes, affichant ouvertement qu’ils ne croient pas à la lutte de classes, ni même à une issue positive d’une mobilisation forte. Au lieu de s’opposer en bloc à la réforme des retraites voulue par Macron, ils défendent te ou tel régime spécifique. Ce qui finit par nuire à tous les travailleurs, y compris ceux qui ne bénéficient d’aucun régime spécial. Le dirigeant de l’UNSA Laurent Escure a clairement dit que le combat des retraites était perdu d’avance que puisque Macron était déterminé à faire cette réforme il fallait se coucher, il dit discuter avec le gouvernement, mais évidemment avec un tel point de départ on comprend où peuvent aller de telles discussions[9]. Il n’y a pas que Laurent Berger qui vend les salariés au patronat, Lescure fait aussi sa part du travail. Et après on s’étonne que les salariés ne se syndiquent plus en masse. Souvent on avance que si le syndicalisme est en baisse un peu partout, c’est parce que le prolétaire est devenu plus individualiste. Je ne le crois pas, et je le crois de moins en moins, c’est plutôt que la bureaucratie syndicale avec ses magouilles et ses compromissions le dégoute de plus en plus en plus. Avec de tels opposants, Macron peut dormir tranquille, même avec 75% des Français qui le trouvent mauvais, il peut continuer sa sale besogne. Les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on n’a pas livrés, et il vaut mieux être défait que de vivre dans la soumission. En 1995 Alain Juppé qui se disait droit dans ses bottes et déterminé à détruire la retraite par répartition dut non seulement reculer sous la pression de la rue, mais aussi démissionner. 

    La déconfiture des fausses oppositions de Mélenchon, du PCF et des syndicats 

    Le bureaucrate Escure veut un syndicat pour lui 

    Les gilets jaunes ont montré la voie, face à une opposition aussi molle que corrompue, le peuple n’a plus qu’une solution, passer par-dessus la tête des bureaucraties syndicales et partisanes pour forcer le cours des choses, occuper les rues et les ronds-points. Mélenchon que certains avaient cru fait d’un autre bois que les politiciens ordinaires, a été élu à Marseille député, mais dans cette ville où la situation est explosive, il n’y a rien fait, que ce soit pour l’épineux dossier du PPP – Partenariat Privé-Public – des écoles publiques d’un montant d’1 milliard d’euros qui a échoué, ou pour la préparation des élections municipales. La gauche à Marseille en est à l’Union de la gauche, vieille combine pour ne rien faire, et la mairie est promise forcément à une personnalité de droite : Martine Vassal qui travaille en profondeur les communautés arménienne et juive de la ville, ou l’ancien professeur de médecine Yvon Berland récemment rallié à Macron. Or à une époque où la fronde des maires montre toute l’importance du pouvoir municipal, Mélenchon croit encore que sa chance viendra des présidentielles de 2022. Comme disait Marx « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », et non celle des dirigeants des organisations bureaucratiques auxquelles plus personne ne croit.



    [5] Cette phrase est attribuée à tort à Marie-Antoinette en 1789, mais Jean-Jacques Rousseau la met dans la bouche d’une princesse en 1782 dans Les confessions.

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  • Acte XLIV, les gilets jaunes à la pointe du combat 

    A Nantes la police a repris ses mauvaises habitudes 

    Les médias continuent à ne pas informer sur les luttes sociales extraordinairement nombreuses en cet automne, de peur de leur faire de la publicité sans doute. Les urgentistes qui ont rejeté les propositions insignifiantes, pour ne pas dire insultantes et inappropriées, de la sinistre Buzyn, continuent un mouvement qui semble s’étendre. La RATP entame une grève dure pour tenter de sauver son régime de retraite. On y reviendra, mais ceux qui pensent que c’est inégalitaire que de préserver ces régimes dits spéciaux ne comprennent pas que la retraite est une forme de salaire différé, et donc que si on regarde globalement le salaire, les régimes spéciaux ne sont pas du tout choquants. Et donc les remettre en question c’est remettre en cause les salaires tout court, et accélérer la privatisation des retraites, en substituant l’épargne individuelle aux cotisations sociales que paye le patronat. Dire qu’on veut voir les régimes spéciaux disparaitre, c’est comme si au nom de l’égalité on mettait tout le monde au SMIC, par exemple les policiers ! On se rend compte tout de suite que si on pratiquait ce genre d’égalitarisme, Macron n’aurait plus qu’à demander l’asile politique à l’Allemagne, car les miliciens de Castaner seraient beaucoup moins motivés pour casser les gilets jaunes. Mais évidemment l’atmosphère délétère de cette rentrée est aussi tributaire de l’actualité politico-judiciaire. Balkany a été mis en prison – VIP cependant – ce qui a tiré des larmes de crocodile de son copain de magouille, Nicolas Sarkozy qui devrait sous peu passer lui aussi au tourniquet. Ferrand, président de l’Assemblée nationale est mis en examen, mais il conserve, comme de Rugy en son temps toute la confiance du gouvernement et même de Mélenchon, avant sans doute de démissionner. Le nombre d’affaires qui arrivent devant les tribunaux et qui mettent en cause les politicards est impressionnant. Le refrain du « tous pourris » ne décrit pas une exagération populiste, mais une atmosphère d’effondrement d’un système politique sans foi ni loi qui n’a d’autre but que de se prolonger lui-même.

     Acte XLIV, les gilets jaunes à la pointe du combat 

    La permanence de Stéphane Guerini, a été une nouvelle fois taguée le vendredi 13 septembre 

    Le double langage de Macron sur l’écologie, notamment à travers l’interdiction ridicule de la pulvérisation des pesticides à 5 ou 10 mètres des habitations exaspère au plus haut point. Soit Macron est stupide pour ne pas se rendre compte que cette distance n’est pas suffisante pour un produit cancérigène qui devrait être interdit, soit il se moque de nous pour faire plaisir à son sponsor, Monsanto. Aujourd’hui donc les gilets jaunes manifestaient pour la 44ème semaine d’affilée. La mobilisation était en hausse sur l’ensemble du territoire. La preuve à Aix-en-Provence, ville très bourgeoise, nous étions entre 200 et 300, ce qui ici est considérable, d’autant qu’on n’a vu aucun parti ou groupement politique s’infiltrer dans le cortège pour essayer de récupérer le mouvement pour son usage. Les mots d’ordres portaient à la fois sur la question écologique et l’inaction particulièrement flagrante du gouvernement, et bien sûr sur la répression policière. Le cortège s’est ensuite dirigé vers l’hôpital pour dire la solidarité des gilets jaunes avec les urgentistes. A Nantes où le commissaire a été relevé de ses fonctions le souvenir de ce qui est arrivé à Steve est encore dans toutes les têtes. Mais le préfet du coin avait interdit aux manifestants de rejoindre le centre-ville, ce qui a entrainé des heurts et des dégâts collatéraux pour les commerces. Mais il y avait bien d’autres manifestations dans toute la France, à Nancy, à Paris, à Lyon. La plupart des gilets jaunes considèrent que ce 14 septembre c’est juste un tour de chauffe pour se préparer au 21 septembre qu’ils espèrent sera un succès.

     Acte XLIV, les gilets jaunes à la pointe du combat 

    A Nantes avant les combats 

    Evidemment si les gilets jaunes ont pris autant d’importance c’est parce que les syndicats et les partis de gauche sont aux abonnés absents. La classe politique est soit devant les tribunaux, soit barricadée pour éviter de croiser la route des gilets jaunes. Pourtant dans la situation présente, alors qu’on voit clairement que le but de Macron, en loyal domestique du grand capital, est d’en finir avec les acquis du CNR, il suffirait que les syndicats coordonnent les luttes pour que ce régime abandonne ses idées funestes de contre-révolution. Mais il faut bien le reconnaitre, si la CFDT est ouvertement un syndicat jaune, porte-parole du patronat, la CGT est forcément complice en restant passive face à une grogne qui ne fait que s’amplifier. Les partis de gauche ne valent guère mieux, ils préparent les municipales et comptent le nombre d’élus qu’ils pourront obtenir dans des alliances scabreuses. Mélenchon lui est trop occupé à défendre Brigitte Trogneux, et Richard Ferrand pour s’occuper sérieusement de lutte sociale. Plus le temps passe et plus il est clair qu’il doit laisser sa place.

     Acte XLIV, les gilets jaunes à la pointe du combat 

    Gilets jaunes dans les rues d’Aix-en-Provence 

    Macron a beau faire semblant d’avoir changer de style, la haine que nourrit le peuple français à son égard est intacte. D’avoir joué le pourrissement depuis presqu’un an le met à nu. Le 2 octobre prochain les syndicats policiers organisent une « marche de la colère » – pour ne pas dire manifestation – contre Macron[1]. C’est une nouvelle fraction de la société, pourtant peu encline à la rébellion, qui se dresse contre le gouvernement. Bien entendu les syndicats policiers ont choisi pour manifester un mercredi, de façon à être libre de tabasser les gilets jaunes le samedi. Mais c’est égal, cette manifestation montre encore un peu plus l’isolement de l’exécutif face à la société entière. D’autant que d’autres formes de contestation du président-fou continuent leur train : les maires prennent des arrêtes contre les pesticides, ce qui est une critique directe de l’inaction des lobbyistes du gouvernement, les décrocheurs de portraits de Macron continuent, passent au tribunal, ridiculisent la justice qui se couche devant le pouvoir, et cerise sur le gâteau les permanences des députés LREM, ces saligauds qui ont voté l’ignominieux CETA continuent de se faire vandaliser.

     Acte XLIV, les gilets jaunes à la pointe du combat 

    Une image de la manifestation du 14 septembre à Paris

    Acte XLIV, les gilets jaunes à la pointe du combat

    A Marseille il y  a eu des échauffourées avec la police sur la Canebière

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  • En Macronie la corruption se trouve à tous les étages

    Sondage Odoxa-Dentsu, France-Info, 12 septembre 2019 

    Un clou chasse l’autre, alors que les gilets sont un peu moins présents, voilà maintenant que s’annonce les grèves et les revendications syndicales contre la réforme des retraites. Les sondages sont formels, les Français ne font pas confiance à Macron et à son fourbe gouvernement pour mener à bien cette affaire. Même si beaucoup ne connaissent pas le contenu de cette réforme, c’est avant tout le manque de crédibilité du gouvernement qui est en question : il apparait clairement travailler pour les riches et on le sent prêt à massacrer les petites retraites pour compenser les cadeaux qu’il a fait aux actionnaires. Ça va mal en Macronie, cette engeance subit des déboires nombreux pour ses malversations et ses tendances à la cupidité. Si l’affaire Ferrand remet en pleine lumière les turpitudes du président de l’Assemblée nationale, on ne saurait pour autant oublier les autres, et notamment au premier chef celle de son chef de meute, Emmanuel Macron qui sous ses airs de premier communiant cache une rapacité à toute épreuve. La justice, la presse dévoilent tous les jours les grandes et les petites combines des macroniens, qui mangent du homard, boivent du Château d’Yqem, cumulent retraites grasses, et salaires généreux, et qui pillent le bien public.

     En Macronie la corruption se trouve à tous les étages

    Soyons honnête, Macron n’a pas inventé la corruption de la classe politique en France. Disons qu’elle est intrinsèque à la professionnalisation de la fonction d’élu. Mais Macron a porté ce système à un niveau jamais atteint jusqu’à aujourd’hui, y compris par Sarkozy qui est aujourd’hui impliqué dans des mauvaises affaires judiciaires et dont les proches ont été condamnés[1]. C’est une dimension qui est assez peu analysée : Macron et son épouse sont des modèles de cupidité et de corruption. On sait que ce couple a travaillé la main dans la main avec les premiers de cordée, et vu ce que ceux-ci y ont gagné il est impensable que les Macron n’aient pas reçu leur petite commission. Ce n’est pas un hasard si Macron a fait voter une loi pour se protéger des lanceurs d’alerte qui, au nom du secret des affaires peuvent être poursuivis en lieu et place des délinquants en col blanc[2]. Mais Macron, chantre de la droite extrême, est aussi impliqué dans une affaire particulièrement sordide, la vente d’Alstom à General Electric pour une bouchée de pain, contre la promesse de la création de 1000 postes. C’était du temps qu’il était ministre de l’Economie et qu’Hollande, un vrai couillon celui-là, ne le surveillait pas. Non seulement il n’y eut pas 1000 emplois créés, mais il y eut 1000 licenciements, plus la destruction d’un des fleurons de l’industrie française. En d’autre temps Macron aurait été jugé pour haute trahison et passé par les armes[3]. Le PNF est en train de se rapprocher de lui. Le patron de General Electric France, Hugh Bailey, est en effet un ancien collaborateur de Macron lorsqu’il était à Bercy[4]

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    Et voilà, après De Rugy un des piliers de la Macronie qui a son tour est mis en examen pour prise illégale d’intérêt. Sa compagne est également sur la sellette. En vérité cette affaire est moins grave que celle qui implique directement Macron. Ferrand est juste un petit combinard, un gagne-petit de l’affairisme politicard. L’affaire remonte cependant à loin. Du temps que Ferrand se disait socialiste et qu’il présidait les destinées des Mutuelles de Bretagne. Il avait mis au point une petite combine pour faire profiter sa compagne d’un loyer avantageux pour un local qu’elle avait acheté pour louer à ces mêmes Mutuelles de Bretagne. On lira une analyse détaillée sur le blog de Régis de Castelnau qui développe des arguments juridiques[5]. Je passe sur les détails. En 2017 cette affaire avait déjà secoué la Macronie, et le Rantanplan du gouvernement, Castaner pour ne pas le nommer, avait assuré que si Ferrand qui était alors sous-ministre de quelque chose était mis en examen, et bien il démissionnerait[6]. Les voies de la justice sont impénétrables, et après qu’on eut cru que Ferrand allait échapper aux tribunaux, grâce à la vigilance d’un procureur rampant de Rennes qui avait classé rapidement la plainte pour plaire à l’Elysée, l’affaire a rebondi et il semble que cette fois elle sera plus difficile à arrêter. Macron qui aime beaucoup les délinquants de bas étage – et qui se fait photographier avec eux – « garde toute sa confiance » en Ferrand. Il n’est plus question qu’il démissionne. Vous me direz que Ferrand n’appartenant plus au gouvernement, celui-ci ne peut pas l’obliger à démissionner. Mais l’appui que Macron lui apporte s’il peut ressembler à une forme de fidélité envers quelqu’un qui l’a beaucoup aidé à débaucher la canaille du PS qui n’attendait que ça pour le soutenir, montre en vérité un certain désarroi. Ferrand fait partie de la cohorte des macroniens qui ont des ennuis sérieux avec la justice : Sylvie Goulard par exemple qui dut démissionner de son poste de ministre, mais que Macron a recasé à Bruxelles à un poste juteux de Commissaire européen, le célèbre Benalla, moitié crapule, moitié garde du corps, De Sarnez et Bayrou. Comme de Rugy et malgré le soutien de Macron qui se discrédite encore un peu plus, Ferrand sera sans doute obligé de démissionner. La chronique politique de la Macronerie, c’est la rubrique des faits divers. C’est pire que sous Sarkozy et Hollande réunis : c’est tous les jours qu’un député ou un ministre macronien alimente la chronique judiciaire par ses turpitudes. On se souvient que Macron faisait campagne en 2017 sur l’idée d’exemplarité et de transparence ! De quoi rire… un peu jaune tout de même. Passons sur les ennuis judiciaires à venir de la millionnaire Pénicaud qui devrait se retrouver, après son départ du gouvernement, à rendre compte du financement de la campagne présidentielle de Macron. Rappelons tout de même que Ferrand, du temps où Fillon était dans l’embarras à cause des emplois fictifs de sa femme, avançait qu’il avait perdu toute crédibilité[7]. Mélenchon qui semble de moins en moins insoumis, a ajouté à la confusion en apportant son soutien à Ferrand en avançant que « Peut-être Richard Ferrand est tombé dans un piège ? »[8]. Cela semble vouloir dire qu’il ne suit pas l’actualité depuis au moins 2017. Mais comme dans le même temps il a apporté son soutien à Brigitte Macron[9], et qu’antérieurement il s’était ridiculisé en allant serrer la main au président fou, faisant assaut de bienveillance[10], on peut légitimement se demander s’il n’y a pas connivence.

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    Il y a les grands combinards, les voleurs qui s’en mettent plein les poches et puis les gagne-petit du pillage des fonds publics. Grand, gros et gras, Delevoye c’est une sorte d’Harpagon timide qui, par des détours sinueux se retrouve à rendre service – rémunéré cela va de soi – à n’importe quel gouvernement depuis au moins trente ans, sans avoir des postes importants, il est toujours là. Il a été sénateur, maire, médiateur de la République, président du Conseil Economique, Social et Environnemental et aussi un peu ministre de la fonction publique. Et comme il est vieux dans le métier – il a commencé sa carrière de professionnel de la politique en 1980 – il a droit bien évidemment à de grasses retraites. Ce sournois est bien sûr partisan d’une baisse radicale des pensions de retraite pour les autres, surtout les plus pauvres, et la réforme qu’il va présenter incessamment sous peu, et qui semble avoir réveillé un petit peu les syndicats de leur coma dépassé, devrait produire pour les futurs retraités des baisses de 20 à 25% du volume des pensions selon l’économiste de l’OFCE Henri Sterdyniak[11]. Mais Delevoye lui se débrouille pour cumuler sa retraite – ou ses retraites multiples – et son nouveau salaire de membre du gouvernement qui est de plus de 10 000 € par mois, sans parler des avantages en nature[12]. Il s’est justifié en disant qu’il n’y avait là rien d’illégal, et qu’en outre son poste de haut-commissaire aux retraites était des plus précaires. S’il nous reste un peu de temps on le plaindra pour toutes les misères qu’il endure à sauver les retraites des Français si peu reconnaissants de ses efforts. Ça rappelle un peu les gémissements de cette vieille canaille de Jouyet, un des artisans de la mise sur orbite de Macron qui se plaignait de la maigreur de sa pension de retraite – 5000 € par mois tout de même – alors que dans son rôle d’homme de l’ombre il a gagné des cent et des milles qu’il a du bien placer ici et là.  

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    Alexis Kohler a plus d’envergure dans la turpitude. Bras droit de Macron à l’Elysée, il a le record des plaintes pour prises illégales d’intérêt classés sans suite, mais d’autres courent encore. On l’a pincé aussi à mentir devant la commission sénatoriale qui enquêtait sur l’affaire Benalla[13]. Mais le parquet de Paris – cette grande lessiveuse sous la houlette de Rémy Heitz – tout acquis à la Macronie a classé sans suite l’idée que Kohler eut pu faire des faux témoignages, supposant qu’il y ait un distinguo subtil entre le mensonge et le faux-témoignage[14]. Cependant le secrétaire de l’Elysée avait déjà secondé Macron quand celui-ci était à Bercy. Derrière son air chafouin et ses lunettes de petit comptable, c’est un vieux cheval de retour. Et à ce qu’il se murmure c’est lui qui est derrière la privatisation d’ADP et de la Française des Jeux. Là c’est une question de milliards d’euros, et évidemment une petite commission par ci par là peut parfois mettre de l’huile dans les rouages. C’est donc lui qui est revenu par trois fois à la charge pour faire passer cette ignominie, car il va de soi que quand on privatise, ceci ou cela, c’est qu’on a déjà dans l’idée qui pourrait bien être intéressé par cette braderie. Contrairement à ce que certains pensent, les privatisations ne sont pas efficaces sur le plan économique – c’est même l’inverse puisqu’elles drainent de l’argent qui auraient pu financer de nouvelles entreprises – ne ressortent pas non plus de l’idéologie, mais bien plutôt de la canaillerie ou si vous préférez de l’escroquerie en bande organisée  

    En Macronie la corruption se trouve à tous les étages

    Terminons ce rapide tour qui est bien loin d’être exhaustif, de la rapacité des LREM par un tout petit calibre. Le député Jean-Jacques Bridey est un ancien « socialiste », enfin plutôt un ancien membre du PS passé à la Macronie lorsqu’il a senti le vent tourner. Il a déjà défrayé la chronique par des cumul de mandats non autorisé par la loi : il aurait indûment touché 100 000 € de trop – une paille, soit 8 ans de SMIC[15]. Cumulant les turpitudes, il s’était aussi versé des fonds de sa réserve parlementaire à une association qu’il présidait. Il était aussi le président du Groupe Valophis ce qui est un avantage quand on sait que ce groupe travaillait avec les collectivités locales. Mais ce garçon ne semble jamais en avoir assez. Ancien maire de Fresnes – on suppose qu’il connait bien la prison – il est accusé de s’être fait rembourser deux fois ses notes de frais. Il n’y a pas de petits profits. La seule défense qu’il a trouvée c’est de dénoncer celle qui l’aurait dénoncé, l’accusant d’être une délatrice[16] ! Et bien entendu il déclare faire confiance à la justice de son pays, attendant sereinement, etc. Bridey ce n’est peut-être pas l’affaire du siècle, mais c’est exemplaire de la manière que les politiciens ont prise de se servir sur le bien public. On se doute que le profil psychologique de Bridey le prédispose à se vendre à n’importe qui, y compris à Monsanto !  

    En Macronie la corruption se trouve à tous les étages

    La Macronie ressemble de plus en plus à une entreprise d’escroquerie en bande organisée – elle semble avoir accueilli en son sein le pire des Ripoublicains et le pire des « Socialistes ». Une forme mafieuse de l’exercice du pouvoir, ce qui ne l’empêche pas de condamner à tour de bras les naïfs décrocheurs de portraits du chef du gang LREM, ou d’éborgner les gilets jaunes, traque les opposants. Je crois qu’ils sont en train de franchir un cap. Voleurs, menteurs, cupides, ils sont tellement stupides qu’ils le font aux yeux de tous. Avant au moins om y avait une certaine discrétion. On a l’impression que ce régime tient à un fil, tant ses dirigeants sont faibles intellectuellement et corrompus. Les LREM sont seulement au pouvoir depuis 2 ans mais ils trainent des casseroles en tellement grand nombre qu’on à l’impression d’une fin de règne pénible et qu’ils sont là depuis dix ans à nous pourrir la vie. Macron a l’air terriblement vieux. Ils ont beau museler les juges et les médias, ils ne se rendent pas compte que l’information circule tout de même grâce aux réseaux sociaux et que les Français se méfient de plus en plus d’eux. 

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  •  Réflexions sur le1984  de George Orwell

    George Orwell – Eric Blair de son vrai nom – est à la mode, et de plus en plus. Cela tient d’abord à son roman 1984 qui a maintenant soixante et dix ans et qui reparait dans une nouvelle traduction chez Gallimard[1]. La vie d’Orwell est bien connue, notamment grâce à la biographie de Bernard Crick, et jusqu’à la polémique qui a été sensée faire de lui un agent de la Guerre froide du côté de monde anglo-saxon[2]. C’était donc un écrivain anti-stalinien, et cela d’autant plus qu’il avait la Guerre d’Espagne où il avait été blessé et où il avait vu les staliniens agir contre les anarchistes et contre le POUM auquel il s’était rallié. Il avait eu une vie très compliquée, mais c’était un homme d’engagement. Il était issu de la petite bourgeoisie coloniale, ses parents étaient des fonctionnaires en poste aux Indes. Il regrettait de ne pas être né prolétaire. Il s’engagea donc dans les marches des chômeurs dans les années trente, donc pendant la grande crise[3]. C’est d’ailleurs en partageant le sort de ces miséreux qui erraient de ville en ville à la recherche d’une solution de survie qu’il attrapa la tuberculose, maladie dont il mourra en 1950. Et puis il s’engagea dans la Guerre d’Espagne, du côté du POUM qui était la partie faible du puzzle espagnol et qui se donnait des airs trotskistes pour tenter d’exister entre les anarchistes et les staliniens du Parti communiste espagnol qui faisaient tout pour freiner la révolution sociale et pour prendre la tête du camp républicain. Tout ça veut dire qu’ils n’hésitaient pas à commettre des assassinats[4]. Il suffit de lire Borkenau et Orwell sur ce sujet[5] pour se rendre compte que si le témoignage d’Orwell est le témoignage de première main d’un combattant, il manque d’une profondeur d’analyse. 

    Réflexions sur le1984  de George Orwell 

    Sur cette photo de la colonne Lénine du POUM George Orwell est à la fin, on le reconnait à sa haute taille et ses cheveux en broussaille 

    1984 est l’ultime ouvrage d’Orwell, très malade, il mourra une année après la publication de ce livre à l’âge de 47 ans. Il n’eut donc pas le temps de profiter d’une gloire aussi inattendue que fulgurante. On l’a d’abord pris pour une simple critique du communisme façon Staline. Et il y en a pour continuer à présenter Orwell comme un agent de propagande anticommuniste. Il était en effet un ennemi des formes autoritaires, qu’elles soient communistes ou autres, mais enfin quoi qu’on pense de lui, il s’est toujours proclamé socialiste, de gauche et anticapitaliste. Sans doute militait-il pour un socialisme qui ne bouleverse pas les traditions. On va retrouver tous ces thèmes dans 1984. Mais ce qui me semble plus pertinent c’est d’analyser 1984 à la lumière de nos sociétés modernes. Il n’y a plus de société communiste officielle aujourd’hui, sauf à se référer aux dernières clowneries de la Corée du Nord. Et pourtant jamais la vérité de cet ouvrage n’a été aussi forte. Ce que conteste Orwell et contre quoi il incite à lutter, c’est le contrôle social de ce que pensent, font et disent les individus d’une société donnée. Le bouffon Marcel Gauchet, intellectuel médiatique autant qu’inintéressant considère qu’Orwell n’est pas un « penseur »[6]. Et justement c’est là que se pose la question, qu’est-ce qu’un penseur ? Orwell choisit la forme fictionnelle pour construire son analyse de la société moderne. Il s’éloigne de la forme théorique ou philosophique, ce qui entraîne qu’il s’appuie sur le sentiment, sur l’instinct. Tout au long du livre, justement il montrera que pour comprendre ce que nous sommes devenus, il faut partir de ce que nous ressentons face aux autres, et face à la nature. Il y a donc bien une méthode qui est celle du conte philosophique, et c’est sans doute pour cela que les livres d’Orwell sont lus et étudiés dans le monde entier, tandis que des thèses de Gauchet, on n’en discute que dans un cercle restreint germanopratin. Ce n’est pas qu’une question de simplifier le discours pour le rendre plus compréhensible, mais c’est la volonté de ne pas emmerder le lecteur, comme une possibilité d’entamer le dialogue avec lui en dehors des codes académiques.  

    Réflexions sur le1984  de George Orwell

    Dans le roman revient comme une litanie le slogan : « La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage et l’ignorance c’est la force ». Ça peut paraître un mensonge éhonté, mais c’est pourtant ce qu’on vit tous les jours. Il y a des dizaines d’économistes qui sont payés pour nous dire que la possibilité accrue de licencier des patrons, c’est bon pour lutter contre le chômage, ou encore que les inégalités permettent de lutter contre la pauvreté. Quant à l’idée que la guerre c’est la paix, ma foi c’est juste une extension du proverbe Si vis pacem para bellum. Et donc que la bombe atomique fut excellente pour maintenir l’équilibre entre le bloc de l’Est et celui de l’Ouest. Également il est assez facile de rapprocher les télécrans de Big Brother de ce qui se passe sur les réseaux sociaux ou sur Internet. Le Big Data, ce n’est pas Big Brother, mais ça y ressemble furieusement. Ces derniers temps on a franchi un nouveau palier avec la mise en place d’un cours à Sciences Po intitulé sobrement Macron[7]. Macron dans le rôle du grand frère, c’est osé parce que si Big Brother d’Orwell ressemble à Staline, Macron ne ressemble qu’à un pantin désarticulé qui répète inlassablement des slogans qu’il ne comprend pas ! Cette année des lois ont été votées et appliquées avec zèle par la justice pour restreindre le droit de manifester, mais également pour confier à Facebook la surveillance de ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Tous les jours vous êtes surveillés, que ce soit pour ce que vous lisez, pour ce que vous écrivez ou pour ce que vous achetez. Les médias dominants qui appartiennent presque tous à l’oligarchie jouent comme dans 1984 le rôle d’un ministère de la Vérité. Ils nous assomment à coups de « décodeurs » - Le monde – et de « désintox » - Libération[8], prônent la bonne parole et nous incitent à voter pour un système politique moribond qui en vérité ne repose que sur la violence policière. Cette unanimité journalistique provient évidemment du fait que les médias sont possédés par une poignée de milliardaires : c’est eux qui payent, et donc il ne faut pas les contrarier. Mais à vrai dire les journalistes ont intégrer depuis longtemps la soumission volontaire.

    Le plus intéressant me semble-t-il dans l’ouvrage d’Orwell, c’est la question du langage, je ne suis pas le seul à le dire. On le sait dans 1984 une grande partie fait référence à la Novlangue, et Orwell lui consacre une lourde annexe à la fin de 1984. Tous les jours nous voyons la Novlangue en pratique, c’est par exemple l’ignoble écriture inclusive qui sous le prétexte d’une égalité factice entre les hommes et les femmes travaille à éradiquer le passé, c’est-à-dire la langue de nos ancêtres. Mais c’est aussi l’extension du politiquement correct. On trouve ça chez les féministes new-look qui dans un même mouvement soutiennent le port du voile, et lutte pour qu’on féminise la langue ou qu’on donne un salaire égal entre les hommes et les femmes – mais pas entre tous les salariés, elles espèrent ainsi combattre les tendances égalitaires qui secouent le capitalisme vieillissant ! Evidemment il est facile de comprendre que l’oppression du voile et de la langue n’est pas de même nature, le premier est plus mortel que le second. Il se manifeste également une tendance à éradiquer toutes les représentations de la négritude dans la société occidentale, au prétexte que cela serait raciste[9]. Bientôt il ne sera plus possible de représenter Othello sur les planches. Dans ce genre de décomposition, les Etats-Unis paraissent très en avance sur nous, mais c’est parce qu’ils ont pratiqué le communautarisme de plus longue date. C’est tous les jours que le politiquement correct fait la chasse aux mots, dans les journaux, dans les universités[10]. Comme dit Orwell : « Il est des idées tellement absurdes que seuls des intellectuels peuvent y croire ». Dans 1984 Julia, femme déterminée et forte, revendique sa féminité contre le parti qui nie aussi bien l’usage du parfum et des maquillages qu’une sexualité qui serait plus orientée vers le plaisir que vers la reproduction. Ce passage donnerait mal à la tête aux nouvelles féministes, notamment quand elle dénonce ceux qui voudraient que les femmes et les hommes ne se distinguent plus du point de vue de l’habillement par exemple. Le vêtement du parti étant une vague salopette de travailleur.

     Réflexions sur le1984  de George Orwell 

    Edmond O’Brien et Jan Sterling dans l’adaptation de Michaël Anderson en 1956 

    On notera une grande place accordée à Goldstein qui manifestement est construit sur l’idée qu’on pouvait se faire à l’époque de Léon Trotski, un paria et un martyr. Vers les deux tiers du livre, Orwell introduit la lecture du livre de Goldstein, livre qui en effet ressemble à du Trotski du point de vue de la langue de bois qui y est utilisée. On peut supposer que cette partie de 1984 est ce que pense Orwell lui-même de la marche au socialisme, encore qu’in fine on apprendra que c’est O’Brien qui l’a écrit pour produire un leurre et attirer les récalcitrants. Cependant, on se rend compte que si sa vision s’inscrit dans « le sens de l’histoire », elle reste assez ambiguë au moins sur le point de savoir quoi faire du progrès technique. Il ne veut pas admettre que ce soit là une vision erronée que de croire que l’abondance de biens permettra de sortir les masses de l’ornière de la misère, même si ici et là il se rend compte que ce progrès sert à la guerre, donc à la destruction, et au contrôle social. Il affirmera aussi que les progrès dans les formes de représentation, à commencer par l’imprimerie, assurent un meilleur contrôle social. Mais il suppose que l’instruction est la clé pour construire une société plus juste. A cette époque il semblait encore que le peuple qui se laissait embrigader dans des régimes totalitaires le faisait par ignorance, et donc que si on lui donnait plus d’instruction, il briserait ses chaînes. Depuis on s’est rendu compte que c’était un peu plus compliqué que ça, et que l’idée même de progrès n’avait pas que des vertus. Orwell n’est pas toujours très clair parfois il suggère que les gouvernements utilisent la guerre réelle pour détruire les surplus de production qui engendrent des crises et pour mobiliser les énergies, mais parfois il avance que c’est plus la peur qui aide les populations à abdiquer leur pouvoir. Cet aspect est intéressant, Orwell se référait à l’époque à la course aux armements entre l’Ouest et l’Est. Mais aujourd’hui on a transféré cette peur panique sur la question écologique, Greta Thunberg aurait été un excellent personnage de 1984. On pourrait mettre son portrait au-dessus de notre poubelle avec le slogan « Greta is watching you ! ». Vous me direz que l’effondrement écologique n’est pas une menace, mais une réalité. C’est vrai, mais les guerres étaient aussi une réalité en Europe durant le XXème siècle, et le sont toujours ailleurs, en Afrique ou au Proche-Orient. Le problème qui est bien vu par Orwell, c’est qu’en terrorisant les populations on les empêche de réfléchir et ils se réfugient dans les discours d’expertise qui sont sensés remplacer l’analyse politique et donc le moment où on se prend en charge recule. Notez que le cadre du récit est une lutte entre des blocs et que les nations n’existent plus. Ces regroupements ressemblent à l’Union européenne dans sa volonté d’imposer une loi dont personne ne veut et donc d’éradiquer les cultures qui ont émergé dans la formation des nations. Bien qu’il ne le précise pas, la Novlangue s’inspire de l’Esperanto[11] qui prétend remplacer les différentes langues pour mieux communiquer entre les hommes, et donc suppose que c’est là un facteur de paix universelle.

    Réflexions sur le1984  de George Orwell

    Mais peut-être que le plus important n’est pas là, mais dans les relations entre Julia et Winston. Ce sont des relations fondées d’abord sur le sexe, et c’est Julia qui fait le premier pas, preuve qu’elle est plus libre que lui. Ces relations sont mal vues du parti, essentiellement parce qu’elles sont libres et sans engagement. C’est cette relation amoureuse qui va éveiller – ou réveiller peut-être – la conscience de Winston. Comme quoi la transformation sociale passe aussi par la transformation des rapports avec les autres, en premier lieu entre un homme et une femme.

    « J'appelle égrégore, mot utilisé jadis par les hermétistes, le groupe humain doté d'une personnalité différente de celle des individus qui le forment. Bien que les études sur ce sujet aient été toujours ou confuses, ou tenues secrètes, je crois possible de connaître les circonstances nécessaires à leur formation. J'indique aussitôt que la condition indispensable, quoique insuffisante, réside dans un choc émotif puissant [...] L'égrégore le plus simple se crée entre un homme et une femme. »[12]

    C’est en effet dans cette relation qu’apparaît le recommencement d’une civilisation. Mais Orwell montre aussi comment la résistance peut être brisée par un travail en profondeur su la personnalité qui finit par lassitude à admettre tout ce qu’on veut qu’elle admette. Aujourd’hui le parti dominant qui prétend nous formater et nous gouverner a modifié ses méthodes. Orwell le sent très bien déjà. On ne veut plus que les éléments réfractaires se soumettent pour avoir la paix à un pouvoir autoritaire, on veut aussi qu’ils soient dressés à penser comme on l’ordonne. Par exemple on matraque depuis des années pour ne pas dire des décennies que « L’Europe, c’est la paix », « l’Europe, c’est le progrès ». La preuve de tout cela on ne la montre jamais, ce doit devenir une certitude apodictique. Ou encore que le marché fonctionne toujours au mieux et que l’Etat est le coupable des endettements excessifs. C’est un message qu’on connait, évidemment ce n’est pas très gai. Seuls ceux qui sont en dehors de ce système peuvent le contester, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas suivi les enseignements d’HEC, de l’ENA ou de Science Po. C’est ceux-là qu’Orwell appelle les prolétaires, et c’est sur eux qu’il compte.  

    Réflexions sur le1984  de George Orwell

    Je ne sais pas trop si ce livre est « bien écrit », Orwell n’était pas un styliste et on peut préférer ses écrits sur la Guerre d’Espagne ou sur les victimes de la Grande crise[13]. Il y a de l’émotion essentiellement dans la dernière partie, de la terreur même lorsqu’on comprend que le « système » va s’attaquer directement au noyau dur de la personnalité de Winston et de Julia, les scènes de torture sont très dérangeantes. Orwell défend l’individu et sa spécificité contre sa collectivisation par un système qui veut le réduire à un élément au service de celui-ci avec des méthodes qui rappellent fortement celles de la publicité. Orwell avait dû lire l’ouvrage d’Edward Bernays. Voilà ce qu’écrivait celui-ci : « La manipulation consciente et intelligente des actions et des opinions des masses est un élément important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme invisible de la société, constituent un gouvernement invisible qui est le vrai pouvoir dans notre pays. Nous sommes gouvernés, nos esprits sont formés, nos goûts éduqués, nos idées suggérées, en grande partie par des hommes, dont nous n'avons jamais entendu parler»[14], propos que ne renierait pas Macron. Sans doute le passage relatif au livre de Goldstein est beaucoup trop long. Mais cela ne fait rien, avec 70 ans d’avance Orwell décrit cet univers du contrôle de la pensée qui est bien en place aujourd’hui. Les révoltes qu’on voit aujourd’hui un peu de partout dans le monde semble pourtant montrer que l’être humain n’est pas mort. Même si c’est long, difficile, morcelé et compliqué, les masses sont de moins en moins dupes, et c’est sans doute pour cela que de partout l’oligarchie ressort la vieille méthode de la matraque. Cette idée selon laquelle la défaite est le plus généralement au bout de la lutte ne doit pourtant pas nous dissuader de lutter, non pas parce que le but est écrit, mais plutôt parce qu’un être vivant n’a pas d’autre choix pour exister, quelles que soient les trahisons de toutes sortes qui balisent le chemin. O’Brien après avoir encouragé Winston à lutter, apparaitra sous un autre masque, celui du manipulateur qui travaille au nom d’un pouvoir opaque dont le but est seulement lui-même. Et en effet, on se rend compte aujourd’hui que les puissants ne sont guère motivés par autre chose que jouir des tourments qu’ils peuvent infliger aux autres. Sans doute est-ce pour cela que les allées du pouvoir – voir l’affaire Epstein par exemple, ou antérieure les sordides affaires auxquelles fu mêlés DSK – sont peuplées de déviances sexuelles de toutes sortes. L’argent qu’ils accumulent, la cupidité qu’ils manifestent de façon compulsive, sont juste des moyens pour martyriser les corps et les cervelles d’une masse qu’ils croient amorphe parce qu’elles ne se livrent aux mêmes pulsions qu’eux. Macron dans la manifestation d’une imbécilité native avouait ne pas comprendre pourquoi en France – mais en vérité c’est pareil ailleurs – les gens ne manifestaient pas plus d’envie de se battre pour devenir milliardaires[15]. Souvent désignés comme des jaloux et des aigris, les pauvres sont peut-être un peu plus sains dans leurs aspirations que les individus qui tentent de les commander. C’est au fond ce que montre Julia et Winston quand ils se rencontrent. 

    Réflexions sur le1984  de George Orwell 

    John Hurt dans l’adaptation de 1984 par Michael Radford 

    Ce conte philosophique a fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques. La première due à Michael Anderson et date de 1956. Elle prend beaucoup de liberté non seulement avec l’intrigue de l’ouvrage, mais avec le fond, restant au niveau d’une simple critique du totalitarisme. Mais elle a l’avantage d’utiliser des acteurs excellents, Edmond O’Brien et Jan Sterling. La seconde, celle de Michael Radford est sortie en 1984 justement. Elle se veut plus fidèle à la lettre. Elle fut l’ultime apparition de Richard Burton au cinéma. Elle est assez peu convaincante sur le plan cinématographique. La meilleure est sans doute celle qui ne se réfère pas officiellement à Orwell, Brazil de Terry Gilliam. Cette version qui a eu un accueil critique très favorable, a l’immense mérite de montrer cet aspect déglingué du progrès technologique, montrant par là que le contrôle des individus passait aussi bien par le bourrage de crâne que par la promotion des illusions de la marchandise.


     



    [1] La traductrice, Josée Kamoun, a transposé le texte d’Orwell au présent pour dit-elle lui donner un air plus terrifiant, alors que l’original est pourtant bien au passé, mais la traduction des néologismes d’Orwell pose aussi des problèmes comme la traduction de Though Police par Mentopolice au lieu du traditionnel Police de la pensée qui est passé dans langage courant en France. J’ai donc repris la vieille traduction. Gallimard s’est fait allumer pour ce caviardage https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/06/05/1984-orwell-kamoun/

    [2] George Orwell, a life, Secker & Warbur, 1980.

    [3] Dans la dèche à Londres et à Paris, Gallimard, 1935.

    [4] Franz Borkenau, Spanish cockpit [1937], Champ Libre, 1979.

    [5] George Orwell, La Catalogne libre (1936-1937), Gallimard, 1955

    [6] Marcel Gauchet, À l’épreuve des totalitarismes, 1914-1974, Gallimard, 2010, p. 522, cité par Jean-Jacques Rosat, in, https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/06/05/1984-orwell-kamoun/

    [8] Ce journal quasiment sans lecteur s’était ridiculisé lors de la campagne présidentielle de 2017 écrivant « Faites ce que vous voulez, mais votez Macron », https://www.liberation.fr/checknews/2017/11/12/liberation-a-t-il-contribue-a-faire-elire-emmanuel-macron_1652724. Quelques années plus tôt, ne supportant pas l’échec du référendum sur le TCE de 2005, Serge July – ancien maoïste – avait déversé toute sa bile sur les électeurs qui votaient mal – enfin pas comme lui ! https://www.liberation.fr/planete/2005/05/30/chef-d-oeuvre-masochiste_521500

    [10] On a même vu les étudiants débiles de Sciences Po faire la promotion du voile. Ils ont rencontré un succès inattendu, preuve que ces gens-là vivent en dehors de la société, loin de ses contradictions.   https://www.lepoint.fr/societe/hijab-day-sciences-po-paris-organise-une-journee-du-voile-19-04-2016-2033480_23.php

    [11] Orwell connaissait très bien l’Espéranto, sa tante était marié avec un de ses fondateurs militants, Eugène Lanti, anarchiste convaincu.

    [12] Pierre Mabille, Egrégores ou la vie des civilisations, Jean Flory, 1938.

    [13] Je pense par exemple au Quai de Wigan qui a été écrit en 1937 et qui a été publié par Champ Libre en 1982.

    [14] Propaagnda avait été publié aux Etats-Unis en 1928. Bernays était le neveu de Sigmund Freud.

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  • Acte XLIII, les gilets jaunes repartent à l’assaut de la Macronie 

    A Montpellier, ils étaient plusieurs milliers 

    Ce samedi 7 septembre, les gilets jaunes ont fait une rentrée remarquée. Ils étaient plusieurs milliers à Montpellier, plusieurs milliers à Rouen. Dans cette dernière ville la CGT locale avait appelé à se joindre à la traditionnelle manifestation hebdomadaire des gilets jaunes. La mobilisation était clairement à la hausse de partout. Si la CGT s’était enfin jointe au mouvement, c’est parce que les réformes que Macron a annoncées sont très défavorables aux salariés, notamment en ce qui concerne les retraites. Les derniers sondages sont très éloquents. 75% des Français trouvent sa politique injuste[1], et donc quels que soient les habillages qu’on donne aux sondages pour ne pas le contrarier, ça fait bien six mois qu’on nous dit que sa cote remonte, c’est toujours entre les 2/3 et les ¾ des Français qui lui tournent le dos. C’est je crois le plus bas score d’un dirigeant dans un pays dit développé. Pour prendre un élément de comparaison, Bolsonaro qui est en forte baisse dans son pays, a une cote de popularité autour de 40%, comme Trump. Il est vrai que les raisons d’être mécontent sont très nombreuses, elles s’expriment partiellement avec la fronde des maires qui prennent des arrêtés anti-pesticides[2]. Ces élus apparaissent comme les seuls en qui on peut avoir confiance. Leur rébellion est aussi un encouragement pour les gilets jaunes qui se sentent ainsi moins seuls. La cuistrerie du gouvernement s’est révélée encore plus sûrement quand celui-ci a proposé pour rassurer les maires d’interdire l’usage des pesticides dans un périmètres de 5 à 10 mètres des habitations[3]. Il va de soi qu’avec un peu de vent c’est comme si on balançait ce produit reconnu cancérigène dans votre cuisine ! Ce double langage macronien qu’on retrouve dans tout ce qu’il fait, est sans doute une des raisons les plus puissantes de la révolte des gilets jaunes.

     Acte XLIII, les gilets jaunes repartent à l’assaut de la Macronie 

    A Lille la manifestation était fournie 

    Le préfet à Rouen avait interdit la manifestation en centre-ville pour, dit-il, protéger les commerces. C’est exactement cela qui a déclenché des heurts avec la police. A Montpellier aussi la manifestation a tourné à l’affrontement violent, des voitures de police ont été brulées. L’unité des manifestations tournait autour de la réforme des retraites. Jean-Paul Delevoye vient de rentrer au gouvernement, bien qu’il ait été dans un premier temps désavoué par Macron lui-même : le premier disant qu’il fallait arriver à un âge de départ en retraite de 64 ans, tandis que le second voulait conserver 62 ans, mais en accroissant le nombre des annuités de cotisation. Au final cela revient exactement au même. Seul l’ignoble Laurent Berger fait semblant de croire que Macron fait du social en cédant sur un artifice de présentation. Des simulations ont commencé à circuler sur les effets de la réforme voulue par Macron : les retraites vont baisser fortement comme nous le voyons dans le tableau suivant, tableau diffusé par le quotidien de Bernard Arnault, Le Parisien[4]. Pourtant les spécialistes de la question du financement nous disent qu’il n’y a pas péril en la demeure, mais on reprend toujours l’antienne, puisqu’on vit plus longtemps il faut travailler plus longtemps, sinon le système par répartition se cassera la gueule. En vérité pour mettre à l’abri le système des retraites pour le siècle à venir, pourrait résider dans l’abolition du CICE qui coûte cette année 40 milliards à l’Etat français. Or le CICE est bien un remboursement de cotisation sociale. En vérité cette réforme a deux buts liés : faire plaisir à la Commission européenne qui s’est fixé comme but de détruire le modèle social français, celui de 1945 issu du CNR ; et obliger les populations à cotiser vers un système privé de retraites complémentaires si les travailleurs veulent avoir une retraite décente. C’est objectivement un transfert de fonds vers le capital financier.

     Acte XLIII, les gilets jaunes repartent à l’assaut de la Macronie 

    Dès lors on ne voit pas comment, sauf en démissionnant, Macron pourrait tarir complètement le mouvement des gilets jaunes qui, au fil des semaines deviennent de plus en plus expérimentés. En jouant le pourrissement, il devait sans doute penser que les plus durs se lasseraient. Mais c’est le contraire qui s’est passé. En vérité ils sont le point de convergence des autres luttes sectorielles. A Bordeaux par exemple, on a vu les pompiers manifester aux côtés des gilets jaunes. Dans cette ville les macroniens tenaient leur congrès à l’abri des boucliers de la police. Ils sont tellement haïs, qu’il serait dangereux que les gilets jaunes les approches. Cette semaine il y a encore eu des permanences de députés LREM vandalisées, on se demande comment ces élus qui rasent les murs[5]. Même si les violences contre les permanences LREM sont relativement peu graves, cela suffit pour démontrer que ces députés sont sous surveillance. La mobilisation des gilets jaunes était nettement en hause ce samedi. A Paris ils ont tenté de s’approcher des Champs Elysées, ce qui a donné lieu à de nouveaux affrontements et des interpellations, dont celle d’Eric Drouet.

    Acte XLIII, les gilets jaunes repartent à l’assaut de la Macronie

    A Montpellier, des heurts ont amené les manifestants à brûler des voitures de la police municipale 

    Toulouse était noire de monde, on parle de 5000 manifestants sans que ce chiffre soit vérifiable. La manifestation la plus dynamique se tenait cette semaine à Montpellier. Les manifestants s’étaient préparés à la bagarre et pour cela avaient sorti les parapluies, comme à Hong Kong. La police a dû sortir les canons à eau, tandis que les gilets jaunes clamaient leur colère en rappelant la mort de Steve balancé dans la Loire et de Zineb consécutivement à des tirs de grenades lacrymogènes. Il y a eu quelques vitrines défoncées et des voitures de la police municipale brûlées. Manifestement à Paris il y avait aussi pas mal de gilets jaunes décidés à en découdre avec les forces de l’ordre. Cette attitude a entraîné une fragmentation de la manifestation, ce qui n’est jamais bon

    Acte XLIII, les gilets jaunes repartent à l’assaut de la Macronie

    A Montpellier les gilets jaunes s’inspirant des manifestants hongkongais ont sorti des parapluies 

    A Brest aussi il y avait une manifestation importante comme on n’en voyait plus depuis un bon moment. L’AFP dont la dépêche a été reprise en boucle par tous les médias a entonné l’air d’ « une rentrée sans grande ampleur » à propos des gilets jaunes, mais c’est un mensonge éhonté. A vue de nez dans toute la France c’est au moins 25 000 personnes qui ont manifesté. En somme, nous pouvons parler d’un samedi de remobilisation. Je pense que maintenant il faut mettre l’accent sur le RIP pour tenter d’annuler la privatisation honteuse d’ADP. C’est un bon angle de bataille pour les gilets jaunes il me semble, avec les retraites bien entendu. La police est en train de se démoraliser, en effet elle est non seulement sur le terrain depuis des mois, mais en plus elle subit les manifestations de haine des gilets jaunes. Elle prépare une marche blanche pour le mois de septembre, pour mettre l’accent sur la montée ne flèche des suicides dans cette institution. Quoi qu’on pense des exactions des forces de l’ordre l’idée d’une marche blanche est en elle-même une défiance des forces de l’ordre au gouvernement et à Macron. Les policiers ont par ailleurs mal pris le fait que Nuñez ait pris sa carte à LREM pour se lancer en politique, avouant par là qu’en tant que sous-ministre il avait bien eu une conception très politicienne de la répression des gilets jaunes.

     Acte XLIII, les gilets jaunes repartent à l’assaut de la Macronie

    Manifestation à Dijon

     Acte XLIII, les gilets jaunes repartent à l’assaut de la Macronie

    A Buchelay dans les Yvelines, c’est la plus grosse cabane des gilets jaunes toujours en activité



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