•  Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse

    Macron et son nouveau parti de la droite ordinaire sont de très bon communicants. Voilà un mouvement qui rassemble en une manière de synthèse toutes les tares des anciens partis qui gouvernent depuis trente ans, mais qui arrive à se faire passer pour neuf et innovant ! Le programme est tout à fait dans la continuité européiste de Sarkozy et Hollande, deux présidents qui ont été chassé pour cause d’impopularité. Par exemple, Macron met en scène à la manière des politiciens réactionnaires du XIXème siècle la nécessité de réformer le marché du travail pour le rendre plus flexible. Or non seulement il n’existe aucune étude sérieuse qui permette de faire le lien entre flexibilité du marché du travail et création d’emplois, mais en outre, la France a subi depuis 1983 17 réformes du marché du travail qui vont toutes dans le même sens d’une diminution des droits des travailleurs. Et c’est la même chose de partout en Europe, alors que le marché du travail a été flexibilisé à outrance, le chômage a continué de grimper. D’ailleurs, s’il y avait une relation entre flexibilité du marché du travail et création d’emplois, la Grèce et l’Espagne dont la protection sociale a été détruite méthodiquement depuis la crise de 2008 n’auraient plus de chômeurs du tout. La thèse de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) est à l’inverse que la protection sociale est sur le long terme un facteur d’amélioration de la productivité du travail, parce qu’elle améliore la qualité du capital humain[1]. 

     

     Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse

    Mais ce n’est pas tout à fait des projets de Macron et de son équipe dont je voudrais parler aujourd’hui, projets qui n’appartiennent pas à l’extrême droite politique, mais à la droite extrême assurément. Je voudrais revenir sur les hommes et les femmes qui font ce gouvernement et leurs liaisons dangereuses avec le monde des affaires.

     

    Le lobbyiste d’Areva est un « Young Leader »

     

    Le louche Edouard Philippe a été nommé Premier Ministre. Inconnu du grand public, il pouvait apparaître comme un homme neuf. En vérité il a un CV très chargé qui penche du côté de la ploutocratie. D’abord, comme Macron, Hollande et Juppé, Philippe est un Young leader. Le programme des Young leaders est financé par les Etats-Unis et se présente comme une entreprise de recrutement de jeunes Américains et Français dans le but d’échanger et d’améliorer les relations entre les deux pays. Mais en vérité, c’est aussi un programme de formation. C’est dans cette officine qu’on y apprend non seulement les vertus de la mondialisation heureuse, mais aussi quelles sont les bonnes réformes à mettre en place[2]. Tout ce que le P « S » compte de droitisants y passé : Fleur Pellerin, Najat Vallaud-Belkacem, etc. On pourrait dire que la French-American Foundation c’est le moule de l’UMPS qui va bientôt s’appeler LR-LREM. C’est la porte d’entrée vers Bilderberg. 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse

    Philippe comme on le sait a refusé de révéler ses revenus et son patrimoine, jugeant que c’était une intrusion dans sa vie privée. Evidemment s’il était SMICARD, il n’aurait pas de ces pudeurs[3]. Se faisant passer tantôt pour un avocat, tantôt pour un député, Philippe est un lobbyiste grassement rémunéré indirectement par Areva[4]. Certes il est peu probable que Philippe ait joué un rôle direct dans le pillage de l’uranium du Niger. Mais il est là en couverture, pour faciliter le travail d’Areva dont les débordements en Afrique sont bien connus. Philippe est tellement obnubilé par son rôle qui consiste à aider les industriels à dégrader l’environnement qu’il a voté contre la loi de transition énergétique, contre la loi pour la bio-diversité, et pour l’aéroport de Notre Dame des Landes. Il a également soutenu Areva lorsque cette boutique voulait s’implantait au large du Havre, ville dont il est le maire. Opportuniste consciencieux, Philippe est passé par le P « S » tendance Rocard (pro-business) puis il s’est tourné vers l’UMP (maintenant LR) pour se faire donner par Rufenacht la mairie du Havre[5]. 

    La ministre de la santé, son mari et les laboratoires 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse

    Agnès Buzyn vient de la HAS (Haute Autorité de la Santé). Un premier problème apparait parce que son mari, Yves Levy, qui est directeur de l’ISERM et qui à ce titre est sous sa tutelle. Mais à mon avis ce n’est pas le problème le plus important, en effet, la HAS étant l’autorité chargée de contrôler la mise sur le marché des médicaments, et aussi leur possible remboursement, Agnès Buzyn a défendu l’idée selon laquelle les experts qualifiés pour ce travail pourraient venir directement des laboratoires eux-mêmes[6]. On note que dans le même sens, Agnès Buzyn dénonçait une loi sur la transparence trop handicapante pour les laboratoires[7] ! Il ne faut pas être bien malin pour voir que cette attitude est typique des lobbyistes qui défendent les compétences des industriels pour orienter les décisions des autorités publiques. C’est le langage courant de la bureaucratie européenne[8]. 

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    Mais les compromissions de la nouvelle ministre de la Santé avec les lobbies du secteur privé ne s’arrête pas là. Buzyn vient de nommer Gilles de Margerie comme directeur de cabinet. C’est un assureur qui vient de chez Humanis, groupe qui vise à mettre la main sur un morceau du pactole de la Sécurité sociale. Pour ce groupe l’extension des complémentaires santé voulue par Hollande fut une aubaine. En effet, cela signifie que de fait une partie des dépenses de santé obligatoires est privatisée. Evidemment si Gille de Margerie quitte son poste de DGA grassement rémunéré pour un poste de directeur de cabinet au maigre salaire, ce n’est pas pour l’amour de l’art. C’est qu’en vérité il est en mission commandée pour faire avancer les dossiers de la privatisation rampante de la Sécurité sociale. Cette nomination désigne clairement les intentions des ultra-libéraux Macron et Philippe de privatisation accélérée de la santé. 

    Le ministère du travail et ses nouvelles lois 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse 

    Pour remplacer la sinistre El Khomri, Macron a choisi Muriel Pénicaud. Il n’y a que Jean-Claude Mailly et L’Obs pour s’en réjouir. En effet, si elle a une compétence en la matière puisqu’elle a travaillé au cabinet de Martine Aubry lorsque celle-ci a été ministre du travail, elle a ensuite bifurqué vers le secteur privé et s’est retrouvé DRH chez Danone. Avant cela elle avait fait des médiocres études, diplômée de Sciences de l’éducation, autant dire rien, elle avait traficoté dans la Formation professionnelle où les prébendes sont nombreuses. Mais par la suite elle a travaillé pour des grands groupes internationaux, se retrouvant au conseil d’administration d’Orange, mais aussi à celui de la SNCF. Ses casquettes ne se comptent plus, elle cumule les fonctions dans des boutiques qui sont finalement le lieu de rencontre entre les grands groupes financiers et les décideurs publics. Elle faisait partie du cercle de François Hollande. C’est donc cette femme louvoyante qui va être chargée de mener la réforme du droit du travail. Ça veut dire qu’elle sera chargée de la faire avaler aux syndicats, si elle peut déjà compter sur la CFDT elle a reçu un soutien plus inattendu de FO[9]. On sait très bien que le contenu de la réforme à venir est déjà écrit et pensé, et que les rencontres avec les syndicats ne changeront rien. Seul comptera le rapport de force dans la rue. Ajoutons que Pénicaud lorsqu’elle était DRH chez Danone a mis au point et exécuté le plan de licenciements prévue par cette boîte qui pourtant engendre des profits importants. Elle a détruit 900 emplois, dont 200 sur le sol français[10].

    La nomination d’Antoine Foucher, un ancien cadre du MEDEF a également donné lieu à des discussions. Antoine Foucher n’est pas un patron, c’est une sorte de technicien au service du patronat. Plutôt proche de Gattaz, il aurait quitté le MEDEF sous la pression des patrons qui veulent plus de brutalité dans les relations sociales. Il s’est alors rabattu sur Schneider Electrics France pour en gérer les relations sociales. C’est un ancien du cabinet de Xavier Bertrand lorsque celui-ci était ministre du travail sous Sarkozy. Comme Pénicaud, c’est quelqu’un qui passe facilement du public dans les ministères au contact des grandes entreprises, au privé. Evidemment ces personnes qui sont capables de ce type de glissement ne peuvent pas être proches des salariés, mais sont toujours plus près des patrons qui les font vivre et les récupèrent lorsqu’ils se retrouvent au chômage pour changement de majorité politique[11].

    L’attelage Pénicaud-Foucher au ministère du travail reconstitue très facilement l’unité de pensée de l’UMPS. Il y a donc une réelle continuité qui doit inquiéter justement les salariés et les syndicats sensés les représenter. Le choix de ces deux habitués de la négociation avec les syndicats montre que Macron va tenter d’éviter l’affrontement direct sur le code du travail. Foucher a déjà les faveurs de Mailly, on voit que la manœuvre va être de tenter d’isoler la CGT sur le front des luttes et de faire en sorte que FO et la CFDT au moyen de quelques petits aménagements mineurs aillent dans le « bon » sens[12]. 

    Richard Ferrand, son fils et ses affaires immobilières 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse 

    Richard Ferrand est l’arrogant social-traître opportuniste qui s’est très tôt rangé du côté de la Macronie, abandonnant son parti pour aller servir la soupe d’un nouveau maître. Ce bouffon hollandiste démontre toute l’étendue de sa cuistrerie avec au moins deux affaires.

    La première concerne son fils. S’étant fait épinglé sur le fait que, comme un vulgaire Fillon, il ait employé son fils comme collaborateur parlementaire[13], il s’est justifié en avançant que les Bretons étaient quasi-illettrés.

    "Je vous invite à aller faire un tour en Centre-Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet."

    Contrairement à ce qu’on dit les médias, ce n’est pas une bourde. C’est en effet exactement ce que pense l’oligarchie, ceux qui ne sont pas comme eux et qui ne magouillent pas pour trouver une rémunération sont considérés comme des moins que rien. On se souvient de la sortie indécente de Macron traitant les ouvriers de Gad d’illettrés[14], ou encore l’arrogance de ce même Macron en face de travailleurs qui l’interpelait, leur lançant à la figure son costume comme une marque de supériorité intellectuelle et morale. Il n’a évité ce jour-là de se faire gifler que grâce au sang-froid des travailleurs, mais il l’aurait bien mérité[15]

    Richard Ferrand, homme de peu, se retrouve embourbé, toujours suivant le schéma fillonesque dans des affaires familiales. Le canard enchaîné a révélé qu’il avait facilité les affaires immobilières de sa femme via Les mutuelles de Bretagne[16]. Certes, il n’y aurait rien d’illégal, comme pour Fillon d’ailleurs lorsqu’il employait sensément sa femme comme attaché parlementaire. Benjamin Griveaux, crétin de service[17], et accessoirement porte-parole de LREM, a dit que tout cela était sans intérêt parce qu’il s’agissait d’argent privé et non d’argent public. Mais on peut lui rappeler que Madame Fillon est aussi poursuivie pour avoir touché de l’argent privé émanant de Marc Ladreit de Lacharrière, ce qu’on appelle détournement de fonds sociaux.

    Marine Le Pen a réclamé la démission de Ferrand et celui-ci s’est défendu de la même manière que Fillon dont il semble avoir fait son modèle, en disant que ce n’était là que des calomnies, et en refusant de répondre aux questions des journalistes. Pour la moralisation de la vie politique, on repassera.

     

    François Bayrou au ministère de la justice 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse 

    Bayrou doit une partie de sa maigre popularité au fait qu’il ait mis en avant la nécessaire intégrité des hommes politiques. Soutien de Macron après l’avoir vigoureusement critiqué comme un clone de Sarkozy, il a été bien récompensé puisqu’on lui a donné le ministère de la justice, poste en général plus honorifique qu’autre chose.

    Malheureusement pour lui, il a aussi ses casseroles. Il y en a une vieille qui porte sur les costumes – décidemment le costume est la plaie de l’homme politique – il aurait tenté de se faire rembourser en 2002 plus de 42 000 euros de frais d’habillement[18] ! ça vaut Fillon, n’est-ce pas ?

    La nouvelle affaire qui agite le microcosme est la suivante : Bayrou étant poursuivi deux fois pour diffamation, peut-il continuer à être ministre de la justice[19] ? En effet dans la mesure où il supervise le ministère public, il peut apparaître comme juge et partie. Dans l’affaire des plaintes pour diffamation, il est opposé à une association El Sistema qui s’est installé sur le créneau de l’éducation des enfants, association qu’il accuse d’être une pompe à fric public.

     

    Françoise Nyssen et les anthroposophes 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse 

    Françoise Nyssen qui a pris la suite de son père à la tête des éditions Actes Sud passe pour une éditrice compétente qui a su prolonger l’aura de cette maison au-delà de la disparition de son fondateur. Elle a été choisie par Macron pour représenter la culture. Je ne vais rentrer dans le détail de ses compétences, mais il va de soi qu’un bon professionnel du livre, du cinéma ou de la musique, n’est pas forcément capable de définir et de guider une politique culturelle novatrice et efficace. Ce qui nous intéresse ici c’est ses relations avec les écoles Waldorf-Steiner. En effet, à la suite du décès d’un de ses enfants, Françoise Nyssen s’est investie dans un projet éducatif destiné à accueillir les enfants qui ont des difficultés avec la discipline traditionnelle[20]. C’est une vieille idée qui est à l’origine par exemple des écoles Freinet. Mais outre qu’il n’est pas certain que cela soit efficace, beaucoup d’officines louches se sont engouffrées dans cette brèche. C’est le cas des écoles Waldorf-Steiner qui sont considérées comme des lieux à surveiller car ouvrant sur les sectes anthroposophes.

    L’école fondée par Nyssen est insérée dans les réseaux Waldorf-Steiner, mais aussi elle se revendique de Pierre Rabhi qui est aussi publié pour partie par Françoise Nyssen, le gourou à la mode. Rudolf Steiner est un penseur connu pour ses positions racistes comme pour ses analyses scientifiques farfelues. Certes ces sectes et ses gourous ont du succès parce qu’ils pointent du doigt les dérives techniciennes et modernistes de nos sociétés, et ils s’appuient souvent sur des prémisses très justes, mais par la suite ils visent à récupérer une clientèle captive pour leur juteux business[21]. 

    Les paillettes de Nicolas Hulot 

    On a tous rapidement compris que la nomination de Nicolas Hulot était un simple coup de pub, histoire de faire oublier que le gouvernement Philippe est un gouvernement pro-nucléaire dont l’environnement est le cadet de ses soucis. En vérité le médiatique Nicolas Hulot a créé une fondation qui ramasse beaucoup d’argent et qui est financée par des entreprises particulièrement polluantes, comme EDF, Autoroutes du Sud de la France, Lafarge, j’en passe est des meilleures[22]. C’est sans doute par l’intermédiaire de ces grandes entreprises qui le financent qu’Hulot a été approché par la Macronie. Passons sur le fait que Hulot il y a quelques temps encore dénonçait le libéralisme comme « climaticide », et qu’il rentre finalement dans le gouvernement le plus libéral de l’après-guerre. On savait bien qu’il n’était pas sérieux, mais il est vrai que les écologistes sont rarement sérieux et qu’ils défendent très mal l’environnement : soit ils sont européistes comme EEVL, or l’Europe est libérale et multiplie les dégâts sur l’environnement ne serait-ce qu’en concentrant le capital et en allongeant les temps de déplacement, soit ils sont comme Nicolas Hulot, ils font allégeance aux multinationales en pensant que peut être à terme, ils auront quelque influence.

     Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse 

    Mais la Fondation Nicolas Hulot est aussi connue de longue date pour les libertés qu’elle prend avec l’utilisation des fonds qu’elle reçoit. Ses frais de personnel sont très élevés pour une association de ce type, supérieurs à 60%. Un rapport parlementaire révélait aussi que les mécènes de cette boutique, en gros des multinationales, avaient des relations trop influentes dans les orientations de l’association[23]. Bref si cette association n’a que très peu d’influence sur les orientations politiques des gouvernements successifs, elle se révèle d’abord comme une entreprise prospère surfant sur les angoisses des Français face à la dégradation continue de l’environnement.

     

    Conclusion 

    Le gouvernement Philippe c'est une collection d'antipathiques qui combine toutes les tares des derniers gouvernements, sous Sarkozy et sous Hollande. Sa proximité avec le grand capital en fait un ennemi de classe : ce gouvernement ne peut pas prétendre à parler dans l’intérêt général. Il ne représente que la ploutocratie. Mais ses multiples liaisons affairistes avec le grand capital en fait un gouvernement tout aussi immoral si ce n’est plus que les précédents gouvernements. D’une manière ou d’une autre, les ministres du gouvernement Philippe sont tous impliqués dans des combines louches.

     

     


    [1] http://ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_244896/lang--fr/index.htm

    [2] http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/hollande-et-sa-clique-de-young-138241

    [3] http://www.rtl.fr/actu/politique/edouard-philippe-ses-nebuleuses-declarations-de-patrimoine-et-interets-7788544879

    [4] http://www.sortirdunucleaire.org/Le-lobbying-d-Areva-pour-l-uranium

    [5] https://reporterre.net/Le-Premier-ministre-Edouard-Philippe-vient-d-Areva-et-n-a-pas-la-fibre-ecolo

    [6] http://www.la-croix.com/France/Politique/Agnes-Buzyn-nouvelle-ministre-sante-conflit-dinterets-mari-2017-05-18-1200848216

    [7] https://www.mediapart.fr/journal/france/070316/les-petits-arrangements-de-la-nouvelle-presidente-de-la-haute-autorite-de-sante

    [8] http://www.lelibrepenseur.org/quand-la-nouvelle-ministre-de-la-sante-agnes-buzyn-justifiait-les-conflits-dinterets-entre-medecins-experts-et-laboratoires-pharmaceutiques/

    [9] http://www.francetvinfo.fr/politique/gouvernement-d-edouard-philippe/jean-claude-mailly-la-nomination-de-muriel-penicaud-au-ministere-du-travail-est-plutot-rassurante_2195258.html

    [10] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/05/18/97002-20170518FILWWW00157-travail-penicaud-dans-la-droite-ligne-des-politiques-antisociales-federation-cgt.php

    [11] https://www.politis.fr/articles/2017/05/un-ancien-cadre-du-medef-nomme-directeur-de-cabinet-du-ministere-du-travail-36983/

    [12] http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/mailly-fo-apprecie-le-directeur-de-cabinet-ex-medef-de-muriel-penicaud-1167966.html

    [13] http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/emploi-du-fils-richard-ferrand-tres-maladroite-justification-du-cabinet-du-ministre-1260419.html

    [14] http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/emmanuel-macron-traite-les-ouvriers-de-lusine-gad-dillettres/

    [15] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2016/05/27/25001-20160527ARTFIG00392-emmanuel-macron-le-meilleur-moyen-de-se-payer-un-costard-c-est-de-travailler.php

    [16] http://www.francetvinfo.fr/politique/gouvernement-d-edouard-philippe/petits-arrangements-de-richard-ferrand-quelle-est-la-saga-immobiliere-du-ministre-de-la-cohesion-des-territoires_2204230.html

    [17] Ce n’est pas seulement un crétin, c’est aussi un lobbyiste pour l’immobilier des hyper-marchés. http://transports.blog.lemonde.fr/2017/05/22/lettre-ouverte-griveaux/

    [18] http://www.valeursactuelles.com/politique/quand-francois-bayrou-se-payait-pour-42-566-euros-de-costumes-en-2002-74166

    [19] http://www.sudouest.fr/2017/05/22/el-sistema-pas-une-mais-deux-plaintes-en-diffamation-3466582-4344.php

    [20] http://etudiant.lefigaro.fr/article/a-arles-dans-l-ecole-creee-par-francoise-nuyssen-la-ministre-de-la-culture_b66ef26c-3cb5-11e7-8018-1134ab7dd4db/

    [21] https://veritesteiner.wordpress.com/2017/05/17/francoise-nyssen-les-anthroposophes-entrent-au-gouvernement/

    [22] http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nicolas-hulot-la-finance-au-193384

    [23] http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3142.asp#P390_135935

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  •  Retour à la politique ordinaire

    La politique cependant impose son calendrier. Macron doit nommer un premier ministre qui sera capable de réunir une majorité afin de pouvoir gouverner comme il l’entend. Bien que les sondages donnent une majorité possible pour le mouvement En Marche, il n’est pas du tout assuré que l’Assemblée lui soit acquise[1]. En effet si les Français sont légitimistes, ils ne sont que 22% à vouloir voter pour un candidat de La République En Marche. Ce n’est pas un raz de marée, c’est à peine si LREM arrive en tête devant les autres partis. Au passage on remarquera que LREM, nouvelle coquille pour un nouveau parti destiné à produire une nouvelle majorité, reprend deux éléments de marketing politique : les deux premières lettres (LR) sont volées au parti de la droite traditionnelle, et les deux autres sont les initiales du président lui-même ! Le culte de la personnalité qui repose évidemment sur la gestion des images n’est pas près de s’arrêter !

    Revenons au sondage qui circule. En vérité il indique que le paysage politique est largement éclaté : on aurait à peu près les résultats suivants :

    1. En Marche avec 22% ;

    2. Les Républicains avec 20% ;

    3. Le Front National aussi avec 20% ;

    4. La France Insoumise avec 19%.

    Le P « S » étant quasiment condamné à la disparition. Ces chiffres ont à peu près les mêmes que lors du premier tour des élections présidentielles. Mais à partir d’eux il est très difficile d’en tirer des conclusions sur ce que sera l’Assemblée Nationale le 18 juin, après le deuxième tour. D’abord parce que c’est un scrutin à deux tours qui peut démultiplier les triangulaires dans un système politique en voie de recomposition. Ensuite parce que ce sondage a eu lieu juste après l’élection de Macron. Or, depuis le 7 mai, l’image du nouveau président se dégrade tous les jours un peu plus et le ramène à un politicien ordinaire qui magouille d’un côté à l’autre. L’épisode où on l’a vu tenter de tuer définitivement Manuel Valls qui est pourtant exactement sur la même ligne politique, est assez symptomatique de son caractère rancunier[2]. 

     Retour à la politique ordinaire

    Les contours d’une majorité ne peuvent pas encore émerger aujourd’hui, ni même d’ici au 18 juin. En effet non seulement il semble que Les Républicains soit plus solide que prévu, mais les candidats LREM risquent d’avoir du mal à s’imposer quand ils ne sont pas des vieux chevaux de retour. Bayrou est monté au créneau pour rappeler à Macron ce qu’il lui devait et donc de réclamer des circonscriptions pour son parti, le MODEM. Pour calmer la colère de Bayrou on a donc fait des entorses à la soi-disant règle édictée par Macron, on ne donnerait pas d’investiture à ceux qui avaient exercé trois mandats. Ainsi Marielle de Sarnez a été sauvée au prix de circonvolutions lexicales : comme elle se présente à la députation pour l’Assemblée Nationale on dit que les mandats de député européen ça ne compte pas ! Donc avec Macron si on veut faire une carrière politique, il faut savoir changer de mandat en cours de route ! 

    La farce de la société civile 

    Retour à la politique ordinaire 

    Histoire de moraliser la vie publique Macron promettait d’investir des personnalités issues de « la vie civile ». Comme on le voit, ce concept est flou quand il est mis en œuvre. L’exemple de Gaspard Gantzer est éloquent. Il devait être investi au nom de la cette fumeuse société civile en Île-et-Villaine. Mais devant le tôlé engendré par une telle annonce, il a dû renoncer. C’est qu’en effet il était surtout connu comme le grand communiquant de François Hollande à l’Elysée. Outre qu’on ne peut pas dire que dans cette fonction il ait fait preuve d’une grande compétence – à moins que son but ait été de plomber l’ancien président, il aurait été en effet présenté à Hollande par Macron – il est difficile de le faire passer pour autre chose qu’un politicard qui vit de la politique et qui s’en sert. 

    Retour à la politique ordinaire 

    Les candidatures dites de la société civile tournent rapidement à la peopolisation – ce qui semble être le mot d’ordre de Macron pour tout son quinquennat. On va trouver par exemple Cédric Villani, un mathématicien habitué des plateaux télévisés où il revend en tranches successives sa médaille Fields[3]. Ou encore Marie Sara, une grande habituée de la tauromachie, ce qui ne va pas faire plaisir à ceux qui défendent la cause animale. Cette farce de la société civile à mon avis va vite retomber une fois les élections passées, entre autres choses parce que Macron va comprendre que pour faire de la politique comme il l’entend, c’est-à-dire pour avoir une majorité de godillot à l’Assemblée, il a besoin des pros de la politique. Et du reste c’est ce que nous allons voir avec la nomination du premier ministre Edouard Philippe. 

    Un barbu à Matignon, pour quoi faire ?  

    Retour à la politique ordinaire

    La nomination d’Edouard Philippe, le maire du Havre, peut étonner. En effet, on peut se demander à quoi servira ce médiocre politicard issu des rangs de LR. On sait qu’en tant que député il a été plutôt absent que présent[4], et que par ailleurs il est dans des relations d’affaires assez compliquées avec Areva, au point d’être accusé de participer au pillage de l’uranium en Afrique[5]. Venant de la mouvance rocardienne, il a suivi le programme de décervelage des Youngs leaders. Mais surtout quelques mois plus tôt dans un article publié par Libération, il crachait son venin sur… Macron[6]. Je passe sur le fait que Macron racontait à qui voulait l’entendre qu’il voulait nommer une femme premier ministre. Le journal Les Inrockuptibles se délectait de cette bonne nouvelle[7]. C’est tellement moderne ! C’est pour cela qu’on appelle Edouard Phillipe la femme à barbe, et Macron le mari de la femme à barbe. Macron ajoutait cependant – pour ne pas passer pour un menteur intégral – qu’il privilégierait la compétence. Soit, il n’y aurait donc pas de femme compétente dans son entourage. Il serait bien mal entouré, ou encore on pourrait dire que les femmes compétentes désertent son entourage ! 

    Retour à la politique ordinaire 

    Rapidement les informations sur Edouard Philippe ont commencé de circuler. On l’a décrit comme un parlementaire absent, sans envergure, un mauvais écrivain, mais aussi comme un anti-écologiste et surtout avec des problèmes de déclaration de patrimoine[8]. Bref pour le renouvellement et la moralisation de la vie politique on repassera. Les Français ne semblent pas convaincus par cette nomination, c’est le moins qu’on puisse dire[9]. Mais il y a pire, c’est que des journaux comme Le monde ou L’Obs semblent très déçus par cette orientation très droitière, affairiste et anti-écologiste. Le monde vient de sortir deux articles ravageurs sur Edouard Philippe, le premier sur le peu d’appétence de Philippe pour la transparence[10], et le second sure les accointances du nouveau premier ministre avec le lobby du nucléaire[11].

    Cette nomination semble déjà ratée parce qu’elle est un repoussoir assez facile pour l’opposition à Macron qui va s’organiser. Le but avoué de Macron est d’utiliser Philippe non pas pour ses compétences de premier ministre, mais plutôt pour briser la droite. C’est du moins ce que vendent les journaux qui le soutiennent[12]. Deux remarques doivent être faites à ce sujet : le première est que Macron ne veut pas briser la droite, mais la reconstruire autour de son parti LREM. Cette droite serait la même que l’autre sur le plan économique et social, mais elle valoriserait un peu plus le libéralisme intellectuel, le cosmopolitisme et l’européisme ; la seconde est qu’il n’est pas certain que ce pari aboutisse et que Edouard Philippe soit le bon homme au bon endroit. Je pense pour ma part qu’il s’agit clairement de la fin de l’UMP devenu LR, dont l’ambition était de créer un parti unique de droite. On va donc s’acheminer sans doute vers une droite dure – tendance Wauquiez qui va tenter de récupérer des voix sur le FN – et une droite dite molle comme l’était dans le temps la droite giscardienne qui sera incarnée par LREM, le MODEM et l’UDI disparaissant purement et simplement. Le temps presse, et il n’est pas certain que cette recomposition se fasse d’ici le mois de juin, auquel cas, LR pourrait avoir suffisamment de députés pour contrarier l’ambition de Macron.

    En tous les cas on peut parier que cette tambouille électorale à l’ancienne va refroidir les enthousiasmes pour le nouveau président, et celui-ci va vite apparaître comme un candidat élu par défaut. Les pitreries de sa femme qui aime afficher ses toilettes ridicules, ne suffiront pas longtemps à masquer tout ça.

     

     


    [1] http://www.francesoir.fr/politique-france/macron-legislatives-en-marche-aurait-une-majorite-avec-une-courte-avance-selon-un-sondage-sondages-assemblee-nationale-deputes-resultat-legislative

    [2] http://www.lepoint.fr/legislatives/pour-valls-macron-est-mechant-et-n-a-pas-de-limites-14-05-2017-2127245_3408.php

    [3] Villani est impliqué depuis plusieurs années dans le think tank pro-européen Europa-Nova, boutique de propagande financée par l’Union européenne, il a fait aussi partie de la promotion 2012 des Youngs leaders financés par la French-American Foundation.

    [4] https://www.marianne.net/politique/edouard-philippe-premier-ministre-un-cancre-de-l-assemblee-pour-diriger-la-majorite-de

    [5] http://laminedinfos.fr/2017/05/16/declaration-de-patrimoine-lobbying-chez-areva-absenteisme-les-casseroles-dedouard-philippe/

    [6] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/05/15/ce-qu-edouard-philippe-ecrivait-sur-macron_5128029_823448.html

    [7] http://www.lesinrocks.com/2017/03/news/emmanuel-macron-veut-nommer-une-femme-premier-ministre-sil-est-elu/

    [8] https://francais.rt.com/france/38360-declaration-patrimoine-lobbying-chez-areva-absenteisme-casseroles-edouard-philippe

    [9] http://www.ouest-france.fr/politique/edouard-philippe/un-francais-sur-trois-approuve-la-nomination-d-edouard-philippe-4994760

    [10] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/05/16/le-peu-d-appetence-d-edouard-philippe-pour-la-transparence-de-la-vie-publique_5128676_823448.html

    [11] http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/05/16/edouard-philippe-un-chef-de-gouvernement-pas-tres-vert_5128693_3244.html

    [12] https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/edouard-philippe-premier-ministre-comment-emmanuel-macron-veut-fracturer-la-droite_473551

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  •  Retour sur La sociale, film de Gilles Perret

    J’ai déjà dit tout le bien qu’il fallait penser du film de Gilles Perret en tant qu’instrument de réflexion et support de la mémoire de l’histoire sociale[1]. Depuis cette date le temps a passé, les élections présidentielles aussi. Le film a connu un beau succès un peu partout en France, et moi-même je l’ai accompagné en animant des débats dans les cinémas du Sud Est qui le projetaient. Le public a été nombreux, très motivé, posant des questions pertinentes, avançant des idées de solution pour résoudre l’épineux problème du financement de la Sécurité Sociale. Sa carrière en salle touche un peu à sa fin maintenant, mais le DVD qui va sortir ces jours-ci va permettre d’en continuer la diffusion.

    La première évidence est que ce film touche un public très large, au-delà des habituelles divisions qui traversent le peuple de gauche. J’ai en effet présenté ce film devant des publics de syndicalistes cégétistes – très fier que la CGT ait été le premier syndicat à soutenir le développement de la Sécurité Sociale et à la mettre en place, des militants mutualistes, des associations de citoyens, des mélenchonistes et même devant des publics de lycéens ! Chaque fois le public était assez ému de découvrir ces héros très particuliers de la lutte des classes, Ambroise Croizat qui fut le ministre communiste qui travailla à la mise en place effective de ce grand projet, ou Jolfred Fragonara qui fut le premier dirigeant de la Sécurité Sociale dans le département de la Savoie. Je crois qu’une des images les plus émouvantes de ce film est l’enterrement de Croizat suivi par une foule considérable et émue.  

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    On peut penser aussi que si le film a eu un aussi bon accueil c’est également à cause des projets des candidats de la droite, Fillon et Macron, qui menacent directement ce système auquel le peuple français est très attaché au nom d’une logique économique et comptable assez peu claire. En vérité le plan de déconstruction de la Sécurité Sociale qui a commencé en 1967 avec les ordonnances Pompidou, est un des axes de la politique européenne. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, l’a répété encore il y a quelques jours, les dépenses publiques sont trop élevées en France[2]. Mais ce qui déplait au patronat dans ce système c’est que la Sécurité Sociale c’est d’abord une sorte de gestion collective d’une partie du salaire, ces cotisations que Macron, en bon porte-parole de la droite affairiste, appelle « charges sociales », comme si elles pesaient indûment sur les seules épaules des chefs d’entreprises ! C’est toujours au nom de la compétitivité et de l’emploi qu’on refuse les lois sociales : si on avait écouté ses mauvaises sirènes, aucune loi sociale n’aurait été votée depuis 1848 ! Il faut inlassablement rappeler que si ces « charges sociales » étaient privatisées pour le plus grand bonheur des groupes d’assurances privées, Juncker ne trouverait rien à redire à leur niveau élevé. Mais il faut rappeler que globalement la Sécurité Sociale est très efficace et ses frais de gestion sont peu élevés.

    Ce n’est pas dans un but d’efficacité économique et sociale[3] que la droite vise une privatisation latente de la Sécurité Sociale, son but est double :

    1. Pour les grands groupes d’assurances privées mettre la main sur une partie du pactole de la Sécurité Sociale ;

    2. Faire baisser les salaires par le biais de la baisse des « charges ».

    Si je rappelle cela c’est que probablement Macron va prononcer des ordonnances qui iront dans le sens d’abord de la baisse des charges, celle-ci étant compensée par une hausse la TVA « sociale » qu’on essaie d’imposer maintenant depuis 10 ans. Il s’agirait alors d’un transfert des entreprises vers les ménages donc d’une baisse réelle et certaine de deux ou trois points de pouvoir d’achat. Macron présentera cela sans doute comme une nécessité d’efficacité pour à la fois assurer la couverture sociale, mais aussi pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises.

     Retour sur La sociale, film de Gilles Perret

    L’autre aspect positif du film de Gilles Perret et de montrer concrètement ce qu’est un syndicalisme offensif et créatif. Evidemment au moment de la création de la Sécurité Sociale, nous sommes en 1945-1946 dans un contexte favorable. Mais aujourd’hui la CGT ne représente plus que 650 000 adhérents, contre 10 fois plus en 1946. Aujourd’hui les syndicats – je ne parle pas bien entendu du syndicat jaune CFDT – sont plutôt sur la défensive, dans un contexte de défense des acquis. Pourtant lorsqu’il s’agit de défendre le droit du travail ou la Sécurité Sociale, les manifestations sont massives, et les sondages montrent un fort taux d’adhésion. Il y a donc à mener une réflexion sur ce que doit être le syndicalisme aujourd’hui dans un contexte d’attaques répétées contre le monde du travail, mais aussi dans ce contexte particulier de désindustrialisation accélérée.  

    Retour sur La sociale, film de Gilles Perret

    Je profite de ce petit billet pour rappeler la qualité des intervenants dans le film de Gilles Perret. Bien sûr Fregonara dont j’ai déjà parlé, et qui est malheureusement décédé depuis la fin du film, mais aussi Michel Etievent qui a écrit un très beau livre sur Ambroise Croizat qu’on peut se procurer aujourd’hui dans une nouvelle version. Les autres universitaires sont aussi très bien, et démontrent qu’on peut faire ce curieux métier tout en conservant une conscience de classe : Colette Bec qui a écrit un passionnant ouvrage sur la Sécurité Sociale qui introduit l’idée que celle-ci introduit dans l’entreprise la démocratie, soit qu’elle est un complément nécessaire à la démocratie politique. Egalement on notera les interventions très pertinentes de Frédéric Pierru et de Bernard Friot qui rappelle utilement comment dans la lutte des classes la bourgeoisie tente de voler la mémoire des luttes, notamment, ici, en faisant presque disparaître Ambroise Croizat de l’histoire sociale, mais aussi les capacités créatrices de la classe ouvrière lorsqu’elle décide de prendre son destin en main.    

    Retour sur La sociale, film de Gilles Perret

    C’est un film que j’ai vu et revu avec plaisir, une belle œuvre de cinéma politique et dont le succès sera selon moi durable. Il me reste plus qu’à vous donner le lien pour l’achat du DVD qui devrait être disponible à partir du 15mai. C’est ici :

    http://www.cp-productions.fr/boutique/?fond=produit&id_produit=30&id_rubrique=5#.WRfqIuvyiUn

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    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/la-sociale-gilles-perret-2016-a127265540

    [2] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/juncker-a-macron-les-francais-depensent-trop-707861.html

    [3] Le système de Sécurité Sociale français est sans doute l’un des plus efficace au monde comme le soulignait Paul Krugman dans son ouvrage L’Amérique que nous voulons, Le Seuil, 2008

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  •  Les premiers pas de Macron président

    Manifestations 

    La décomposition du système politique s’accélère. Le 8 mai, soit le lendemain de l’élection de Macron, des manifestations assez importantes ont commencé[1]. La méfiance de la population est très grande à l’endroit du nouveau président. Pas encore officiellement investit, il ne le sera que le 15 mai, il est déjà contesté. C’est assez inédit dans l’histoire de la Vème République. En règle générale le nouvel élu bénéficie d’un état de grâce : on attend de voir ce qu’il va faire pour se prononcer. Il faut dire que l’arrogant Macron n’a pas très bien analysé le sens de sa victoire : c’est une victoire par défaut. 43% de ceux qui ont voté pour lui l’ont fait uniquement pour s’opposer à Marine Le Pen. Son socle électoral est donc très étroit. Et il est évident que la jeunesse est déjà prête à manifester contre les mesures de régression sociale qu’il prépare. Macron n’est pas aimé, Ruffin qui a pourtant voté pour lui, dans une lettre ouverte lui a même signalé qu’il était « haï » [2]!

    Le soir même de son élection, il a fait une piteuse démonstration d’incompréhension de ce qu’est la France et la République : il a fait jouer l’hymne à la joie de Beethoven, c’est-à-dire, une musique allemande mais aussi le symbole de l’Union européenne très largement détestée. Une sorte d’alliage entre cuistrerie et ignorance[3]. Il rappelle ainsi Valéry Giscard d’Estaing qui trouvait que La marseillaise était un chant trop violent et qu’il fallait en ralentir le rythme pour l’adoucir. C’est la marque des européistes que de dénigrer un chant révolutionnaire, symbole fort dans le monde entier et qui longtemps a accompagné les meetings socialistes dans différents pays[4]. 

    Les premiers pas de Macron président 

    La petite cuisine d’un petit homme 

    Les palinodies du nouveau président ne s’arrêtent pas là. Dès lors qu’il faut renouveler l’assemblée nationale au mois de juin, les tractations commencent : Macron cherche à construire une majorité à sa botte, et des hommes politiques en mal de parti autant que d’identité vont tenter de retrouver un siège. Valls vient de payer un prix très élevé : il a offert ses services à Macron, mais celui-ci et son entourage l’a envoyé promené, le faisant danser au bout d’une ficelle, lui promettant de lui mettre des bâtons dans les roues pour qu’il retrouve un siège. La médiocrité politicarde des macroniens rappelle celle des sarkozystes. Valls en effet est exactement sur la même ligne politique, intellectuelle et morale que Macron, la différence entre eux est de l’épaisseur d’une feuille de papier de cigarette. Mais Macron et ses séides préfèrent jouer le jeu de la division plutôt que de rassembler leur propre camp[5]. Pour le renouveau et la moralisation de la vie politique, on repassera. 

    Les premiers pas de Macron président 

    En attendant Les Républicains veulent en être de ces grandes Saturnales de la droite renouvelée. Jean-Paul Delevoye – un vieux de la vieille du chiraquisme et qui a repris du service chez Macron – surveille les investitures. Certains le voient comme premier ministre de Macron, je pense qu’ils se trompent[6]. Mais en tous les cas cet ancien du RPR, de l’UMP, recyclé par En Marche, s’active à générer une majorité de rechange si En Marche n’a pas assez d’élus. C’est le sens des offres de services formulées par Alain Juppé[7] et Bruno Le Maire[8]. Tout cela montre clairement que Macron est bien compris par tous ces vieux chevaux de retour comme le champion de la droite européiste et pro-business. 

    On a bien eu raison de s’abstenir 

    Je signale par ailleurs l’article de Berruyer sur les résultats du second tour : il démontre, chiffres à l’appui, que le vote Macron contre Le Pen est un vote de classe. On a voté contre Marine Le Pen au nom d’un antifascisme nébuleux et fantasmé, sans se préoccuper de ceux qui votent pour elle et pourquoi[9], cela renforce dans un certain sens ce que j’ai déjà écrit sur la question. On a bien eu raison de s’abstenir. Le 10 mai 2014, le journal Le monde qui ressemble de plus en plus à la Pravda de l’ancien temps, produisait un éditorial, sans doute dû à la plume sournoise de Leparmentier[10]. En gros il nous explique que puisque Macron a fait 66% des voix, c’est qu’il est aimé par les Français et donc qu’on ne doit pas manifesté contre lui car il est légitime. La cuistrerie dépasse les bornes, parce que quelques jours auparavant ce journal nous incitait à voter pour Macron pour faire barrage au fascisme, et donc de suspendre momentanément la lutte contre lui le temps d’un scrutin. On la voyait venir de loin celle-là. Et tout le long de son déjà long quinquennat, Macron va nous la ressortir : on n’a pas à manifester contre lui, étant donné qu’on a voté pour lui. J’espère que cette leçon sera entendue par tous ceux qui ont voté pour lui motivés par la peur. 

    Madame Trogneux épouse Macron 

    Les premiers pas de Macron président 

    Sur les réseaux sociaux, les macaronistes se plaignent que les internautes moquent le physique de Madame Trogneux épouse Macron. Je comprends bien qu’il est plus important de s’occuper de la politique réactionnaire de son mari que des ravages de l’âge qui atteignent tout un chacun, un jour ou l’autre. En vérité elle n’a que le retour du bâton. En effet cela fait plusieurs années que ce couple curieux vend ses images à la presse people, met en scène son côté atypique pour nous montrer combien ils sont modernes. Tous les journaux des amis milliardaires de Macron ont été mis à contribution pour célébrer d’une manière indécente et répéter la gloire de ce couple. Brigitte Trogneux promène au fil des milliers de photos qui ont été prises d’elle, un sourire crétin et satisfait d’elle-même. Elle prend la pose et admet que ses photos soient photoshoppées, pour masquer les outrages de l’âge. Si elle ne voulait pas qu’on commente sa figure, elle aurait pu se montrer plus discrète, au lieu d’étaler sur tous les murs ses mauvais implants dentaires et ses liftings plus ou moins réussis. C’est évidemment cette vulgarité que les gens ne lui pardonnent pas : une grand-mère toujours à essayer de se couler dans des habits d’adolescentes et toujours à parader dès qu’elle voit poindre un objectif, oui ça choque un peu, tant le manque de simplicité est grand sous les multiples couches de fonds de teint. On comprend que cette femme de 64 ans a toujours eu une sainte trouille de vieillir et qu’elle couvre celle-ci de tous les artifices possibles : un sourire crétin pour les photographes, des habits de jeune midinette, des liftings à répétition, etc. 

    Les premiers pas de Macron président 

    On m’a signalé que L’express, ce torchon subventionné à la gloire des milliardaires avait publié l’histoire du misérable couple Macron sous forme de roman façon Nous Deux ancienne manière. J’ai donc été y voir, c’est assez répugnant. C’est un pas franchi dans la décomposition sans fin du journalisme. Dans le temps cet hebdomadaire était sérieux, avec des articles de fonds sur la Guerre d’Algérie par exemple, ou sur mai 68, des analyses contestables, mais qui existaient. Mais maintenant que nous avons franchi un palier dans l’ère du vide, plus rien ne les retient dans la diffusion d’images subliminales destinés à nous conforter dans l’admiration de ce couple admirable qu’il faut admirer parce qu’il est admirable. Je fais remarquer que du temps de la présidence Hollande L’express n’avait pas de mots assez durs pour la politique économique que Macron menait. Mais maintenant il trouve cette politique bien à son goût, étant donné qu’elle convient aux milliardaires qui financent la presse. 

    Les premiers pas de Macron président 

     


    [2] http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/vous-etes-hai-francois-ruffin-previent-emmanuel-macron-dans-une-tribune_1905304.html

    [3] http://www.lci.fr/politique/resultats-presidentielle-2017-l-hymne-a-la-joie-avant-la-marseillaise-le-choix-musical-de-macron-au-louvre-froisse-florian-philippot-et-le-fn-2051287.html

    [4] http://www.latribune.fr/economie/france/la-marseillaise-un-hymne-a-l-histoire-tourmentee-524332.html

    [5] https://www.marianne.net/politique/la-republique-en-marche-manuel-valls-humilie-jusqu-au-bout-par-le-camp-macron?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1494314042

    [6] http://mondafrique.com/chiraquien-jean-paul-delevoye-possible-premier-ministre-de-macron/

    [7] http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/05/09/juppe-pas-dans-l-etat-d-esprit-d-une-obstruction-systematique-a-macron-en-l-absence-de-majorite-de-droite_5124997_4854003.html

    [8] https://www.marianne.net/politique/droite-bruno-le-maire-nouveau-champion-de-la-drague-au-macron

    [9] https://www.les-crises.fr/quelques-donnees-sur-le-2e-tour-de-la-presidentielle/

    [10] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/10/l-etrange-proces-fait-a-emmanuel-macron_5125432_3232.html

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  •  Résultats du second tour et la suite

    L’échec du Front national 

    Macron élu, comme prévu, l’oligarchie et ses journaux ont célébré leur lâche soulagement, avec l’idée de commencer à mettre en scène un vote d’adhésion à la personne du nouveau président.  Le résultat est donc sans surprise : comme les sondages l’indique depuis plusieurs années, 2 Français sur 3 ne veulent pas du Front national, même quand celui-ci tente de se dédiaboliser et de se donner une allure respectable. Autrement dit Marine Le Pen qui a fait une très mauvaise campagne n’a pas réussi à briser « le plafond de verre ». C’est d’ailleurs pour cette raison que Marien Le Pen été Florian Philippot ont annoncé dès hier soir que le Front national allait se transformer en une nouvelle force politique, donc changer de nom : encore que Marine Le Pen aura du mal à changer son nom qui reste attaché aux turpitudes de son père. Néanmoins, on peut considérer que si son score est très bas par rapport aux attentes, c’est aussi le résultat d’une très mauvaise préparation : c’était flagrant lors du débat de second tour, elle n’était pas capable de défendre clairement un programme de rupture sur la question européenne. Et ce n’était pas parce que Macron était particulièrement brillant, essentiellement c’est parce qu’elle n’y croyait pas et qu’elle n’avait pas assez travaillé ses dossiers. Néanmoins cet échec peut être tempéré par le fait que le Front national n’a jamais été réuni autant de voix sur son représentant : en 2002 Jean-Marie Le Pen réunissait 5 millions et demi de suffrages, soit 17,8%, sa fille double quasiment ces chiffres, passant la barre des 10 millions de voix, soit près de 34%. 

    Résultats du second tour et la suite 

    Elle avait pourtant très bien commencé sa campagne du deuxième tour en allant soutenir les travailleurs de Whirpool envoie de délocalisation, marquant ainsi son ancrage dans un vote populaire. Mais elle a été incapable de continuer ainsi. Elle a été d’un côté de l’autre, ajoutant à la confusion sur l’Europe, notamment dans une espèce der valse-hésitation sur la question de l’euro, notamment quand elle a présenté son accord avec Nicolas Dupont-Aignan. Les médias ont eu alors beau jeu de souligner ses incohérences. Elle paye aussi la légèreté de ses déclarations sur la Rafle du Vel’ d’Hiv, ce qui est pain béni pour les soutiens de Macron[1]. En effet on a plus remarqué cette bévue que l’hypocrite visite du jeune banquier au Mémorial de la Shoah qui était pourtant tout aussi choquante[2].

     

    La victoire en demi-teinte de Macron 

    Macron élu, c’est un peu comme si on avait reconduit Hollande à l’Elysée. En effet, la politique économique du nouveau président sera exactement la même que celle de l’ancien. Et pour cause, puisque c’est Macron qui a dirigé la politique économique de la France depuis 2012 ! D’abord comme conseiller économique, puis comme ministre de l’économie, ce sont ses initiatives qui ont été retenues, que ce soit en ce qui concerne la non réforme du système bancaire, le CICE ou encore la trop fameuse loi El Khomri. Tout comme Hollande, Macron est en effet libéral, c’est-à-dire pour le démantèlement de l’Etat et un gouvernement par les marchés, et un européiste, c’est-à-dire qu’il admet, en bon collaborateur, la nécessité de répondre positivement aux injonctions de l’Allemagne en matière de réformes structurelles (ces réformes qui vont toutes dans le sens d’une déflation salariale mortelle). Il a été adoubé par l’Allemagne conservatrice la pire qui soit, celle de Schaüble, celle qui s’applique à piller la Grèce jour après jour, ce même Schaüble qui s’est nommé lui-même à la tête de la cellule de défaisance des biens publics grecs pour faire des affaires[3].

    Mais au-delà la victoire de Macron est d’abord celle d’un énorme coup de chance – l’élimination de Fillon – et d’un marketing parfaitement bien rodé. Candidat des milliardaires, Bolloré, Arnault, Niel, Drahi, Niel et quelques autres, il avait avec lui l’essentiel de la presse, des radios et des chaînes de télévision. Maniant le mensonge avec constance, cette presse aux ordres s’est particulièrement illustrée par sa bassesse. La palme revenant sans doute à Libération qui manipulait les chiffres d’une manière grossière pour faire voter les électeurs bien comme il faut. Alors même que les sondages donnaient une large avance à Macron, Libération, le journal du milliardaire Drahi, continuait à jouer sur la peur, sans même analyser la réalité de cette « menace ». Ce journal qui a commencé sa résurrection par un maoïsme flamboyant, est devenu au fil des années le véhicule de la bien-pensance la plus grossière. Certes il n’a plus beaucoup de lecteurs, mais la façon dont il se vautre dans la soumission pour véhiculer la peur est tout à fait symptomatique d’une profession complètement faisandée. Qu’on ne m’accuse pas de complaisance avec le FN ou Marine Le Pen, je ne vote pas pour le FN, je l’ai dit  et répété des dizaines de fois, mais j’ai du mal à admettre cette violence à son endroit qui s’accompagne le plus souvent d’une incapacité intellectuelle à analyser sa progression.

     Résultats du second tour et la suite 

    Macron a fait une campagne tout à fait digne de Sarkozy en 2007. En effet, il a réussi à se présenter comme un homme nouveau, en rupture par rapport à Hollande, comme Sarkozy l’avait fait par rapport à Chirac. Les électeurs qui ont voté pour lui ne se sont guère posé la question suivante : sur quels points précisément Macron est-il différent de son mentor ? Sur la destruction du droit du travail ? Sur la question des rapports avec l’Allemagne, sur l’Europe ? Ils seraient bien incapables de répondre. Il est d’ailleurs remarquable que les économistes qui soutenaient Hollande aient dans le même mouvement soutenu Macron de la même manière, avec les mêmes arguments qui le plus souvent frisaient imbécillité. 

    Résultats du second tour et la suite 

     

    Malgré cette débauche d’entre les deux tours, les résultats ne sont pas vraiment à la hauteur pour Macron. Jacques Chirac en 2002 décrochait la timbale avec 25 millions de voix et plus de 82% des suffrages. En 2017 Macron dépasse à peine les 20 millions, alors qu’entre temps le nombre d’inscrits a augmenté de 4 millions. La première évidence est que l’antienne de la lutte antifasciste commence à être éculée : la parodie de fascisme du FN mérite-t-elle une parodie de lutte anti-fasciste ? Ce n’est pas un vote d’adhésion, loin de là. La figure suivante, résultant d’un sondage de sortie des urnes montre que le vote Macron est d’abord un vote de rejet de Marine Le Pen, et très peu d’une adhésion à son programme. Avant même que de prendre ses fonctions la semaine prochaine, il a déjà le statut d’un président minoritaire, comme Trump ! 

    Résultats du second tour et la suite 

    C’est en effet l’autre événement important : si on additionne les abstentions, les votes blancs ou nuls, on arrive pratiquement à un tiers de l’électorat, soit plus de 14 millions de voix. C’est dire évidemment qu’une grande partie de la population qui rejette Marine Le Pen se méfie, à juste titre, de Macron et de son programme. La presse dite de gauche s’est fait remarquer par son soutien indécent autant qu’indirect au banquier Macron, avec l’idée qu’il est plus urgent de stopper Le Pen que le petit banquier, alors même que tous les sondages donnaient Macron largement vainqueur. Cette gauche-là n’est pas prête de se remettre de ses errements : en effet, il est difficile d’appeler à voter pour Macron le dimanche et de mobiliser pour les luttes sociales le lundi. Il faut souligner aussi l’irresponsabilité de Philippe Martinez qui a appelé à voter contre Marine Le Pen[4], ce qui prouve, outre que ce sont des pratiques de l’ancien temps, qu’il connait bien mal sa base ! Qu’on ne vote pas pour la candidate du Front national cela se comprend, mais qu’on vote pour le représentant du grand capital financier, c’est au-delà de toute analyse sérieuse, cela ressort plus de la posture que de la tactique politique. 

    Résultats du second tour et la suite 

    C’est ici qu’on mesure à quel point le peuple est abandonné par les soi-disant élites qui prétendent parler pour lui : si la gauche avait été unanime à appeler à l’abstention, les résultats auraient été différents : on aurait sans doute eu Macron élu avec 55% des suffrages et une abstention à 40%. Ce qui évidemment aurait été un atout supplémentaire pour les luttes qui sont à venir. Le maximum de la confusion est sans doute atteint par la position du PCF qui n’a même plus l’idée de ce qu’il doit faire pour les élections législatives à venir : prendre une position claire et nette contre Macron, ou passer encore des alliances troubles avec le P « S » pour sauver quelques sièges. En tous les cas on remarque que des millions d’électeurs ont tenu bon et ne se sont pas laissés avoir par les injonctions à aller voter pour « le moins pire ». Parce que dans la mesure où Marine Le Pen elle-même ne croyait pas à la victoire, aller voter pour Macron revenait simplement à adouber le candidat de l’oligarchie européiste. L’abstention a été la plus élevée des élections présidentielles depuis 1969, et les bulletins blancs ou nuls ont battu des records. La gauche sans idée, cette gauche qui d’une manière ou d’une autre ne combat plus contre le capitalisme, n’a plus que l’antifascisme comme horizon, et c’est ce qui explique sa vacuité.  

    Résultats du second tour et la suite

    Les luttes à venir 

    Les électeurs ont donc envoyé trois messages :

    - le premier est un message de grande méfiance au nouveau président ;

    - le second est un rejet de Marine Le Pen et du Front national pour son incohérence programmatique autant que tactique ;

    - et le troisième est une sanction à l’endroit de la gauche – celle de Mélenchon – pour son manque de clarté dans ses perspectives et l’application de son programme. C’est de ce point que nous devons partir si nous voulons sortir de la confusion.

     Résultats du second tour et la suite 

    Nous savons que les luttes à venir vont être difficiles et que Macron et sa clique vont agir rapidement par ordonnances pour détruire ce qu’il reste du droit du travail et de la protection sociale. Pour cela il peut compter sur les députés qui vont sortir des urnes en juin prochain. En effet Les Républicains et les députés P « S », du moins ce qu’il en restera, viendront se joindre facilement au nouveau parti de Macron, En Marche, qui va recycler tout le ban et l’arrière ban de ces députés qui ont gouverné la France depuis 1983. En Marche en effet sera représenté par une multitude de députés venant de la droite du P « S », du MODEM et de l’UDI, ou encore des juppéistes lassés de se retrouver dans l’oppositions. Les quelques petits nouveaux seront de toute façon imprégnés de cette pensée unique qui nous dit qu’en dehors de l’Europe et de ses contraintes de déréglementation des marchés, il n’y a pas de salut. Les élections sont sans doute terminées, et Macron obtiendra une majorité pour gouverner, quel que soit le spectacle que les uns et les autres tenteront de monter autour de l’idée d’opposition. Place est donc à la lutte dans la rue pour les cinq ans à venir puisqu’il faudra bien se mobiliser pour lutter contre « la loi El Khomri multipliée par 10 » que le jeune banquier veut imposer, il n’est pas assez intelligent pour y aller comme Hollande par petits pas. Pour le reste il est clair que la politique économique de Macron échouera, comme celle de Sarkozy et de Hollande ont échoué avant lui, parce que c’est la même logique qui la sous-tend, parce qu’elle se plie aux injonctions de Bruxelles, alors même que l’Union européenne et l’euro sont de plus en plus rejetés. Et comme Macron est un vrai libéral, il est très probable qu’il aggravera les choses par une politique migratoire débridée – ce que Hollande avait tout de même évité en refusant de se plier sur ce point aux diktats allemands – c e qui plaira sans doute à Libération mais qui le privera rapidement d’un socle populaire. On va revoir sans doute fleurir l’idée que « l’immigration est une chance pour l’économie » et donc par suite il est facile de prévoir une nouvelle montée du Front national, ou du parti qui va lui succéder aux prochaines élections. 

    Résultats du second tour et la suite

     

     

     

     


    [1] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/04/10/rafle-du-vel-d-hiv-la-faute-de-le-pen_5108861_3232.html

    [2] http://www.causeur.fr/emmanuel-macron-memorial-shoah-44081.html

    [3] http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/13/en-allemagne-le-conservateur-schauble-lache-fillon-pour-macron_5110589_4854003.html

    [4] http://www.leparisien.fr/economie/philippe-martinez-la-cgt-demande-de-voter-contre-le-front-national-30-04-2017-6902889.php

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