•  Louis Oury, Les prolos, Denoël, 1973

    Denoël est certainement une des maisons d’édition qui a le plus contribué à faire connaitre la littérature prolétarienne et ses environs. Les prolos est le premier ouvrage de Louis Oury. Agone a eu l’excellente idée de le rééditer, c’est bien plus qu’un témoignage. En lisant cet ouvrage on se rend compte de ce qui relie cette période maintenant lointaine de la reconstruction de la France, et ce que nous connaissons aujourd’hui. Il y raconte sa vie, ou plutôt comment il va se découvrir une conscience syndicale et politique à travers son métier de chaudronnier. Il vient de la campagne, et en devenant ouvrier sur les chantiers navals, il a l’impression de bénéficier d’une promotion sociale. Il est jeune, plein de vie et fait du vélo. Le salaire n’est peut-être pas terrible, mais c’est déjà mieux que ses parents qui vivent à peine au dessus de la misère, la mère est garde barrière et le père loue ses bras à qui veut bien lui donner de l’ouvrage. Louis Oury a été élevé dans le respect des hiérarchies sociale, avec l’aide du curé et de l’instituteur. A Saint-Nazaire, il va intégrer une communauté de travail de plusieurs milliers de personnes. Il se rend compte alors qu’il fait corps avec une force brutale qui, si elle est unie, pourrait bien tout renverser. Né en 1933, il va partir au service militaire en Algérie, c’est le début de la guerre avec les indépendantistes. Sur cet épisode qui l’a traumatisé, il ne dira rien ou pas grand-chose. Clairement il ne sait pas très bien ce qu’il fait de l’autre côté de la Méditerranée. Mais il a pris de l’assurance. Comme il est célibataire, il lit beaucoup de romans, notamment Zola. C’est un autodicdate, typique de la littérature prolétarienne, avec cette volonté de lire pour saisir le monde, le comprendre et le transformer. 

    Louis Oury, Les prolos, Denoël, 1973  

    C’est le récit autobiographique d’une double émancipation. Celle d’un jeune homme qui apprend fièrement un métier et qui aime travailler à une œuvre collective qui dépasse la somme des individualités. Ensuite, venant d’un milieu catholique et conservateur où on apprend en priorité la soumission à Dieu et au patron, il va s’émanciper politiquement, et rejoindre les luttes sociales. L’occasion lui est donnée par les grandes grèves dures de 1955 dans les chantiers navals de Saint-Nazaire. Le point de départ est toujours le même : les salaires sont bas, la direction veut augmenter la productivité en augmentant les cadences. Le patronat reste immobile, et le préfet envoie les CRS qui éborgnent et matraquent sauvagement. On voit que rien n’a changé dans le capitalisme sauvage qui revient à la mode aujourd’hui. Mais en 1955 la musique n’est pas la même, les prolos qui ont le culte de la virilité chevillée au corps, prennent conscience de leur puissance – ils sont plusieurs miliers – et spontanément vont riposter et faire reculer les forces de l’ordre, obligeant le préfet à les retirer. Louis Oury va se lancer dans la bagarre et ça lui plait. Il aime ce moment où les prolétaires unis dans la lutte au corps à corps vont faire reculer aussi bien les CRS que le patronat et le préfet. C’est que les métallos de Penhoët travaillent durement sur le plan physique, ça forme le caractère. Les raisons de se révolter ne manquent pas, mais ce qui est peut-être plus intéressant c’est ce rapport violent et physique à l’ordre des choses. C’est avec leurs bras, leurs poings, mais aussi avec les pavés qu’ils balancent sur les CRS qu’ils agissent. C’est quelque chose dont nous n’avons plus l’habitude. Il faut en effet avoir travaillé dans une usine avec des milliers d’ouvriers pour comprendre ce que la puissance des prolétaires veut dire. Dans les pays développés, cela n’existe plus, on a en effet délocalisé les entreprises fondées sur une main d’œuvre abondante, et les chantiers navals, pourtant fleuron de l’industrie française pendant longtemps, ont été bradés par Laurent Fabius au moment du tournant de la rigueur. 

    Louis Oury, Les prolos, Denoël, 1973 

    Les ouvriers manipulent des pièces monstrueuses 

    Oury décrit l’œuvre collective : chacun, chaudronnier, soudeur, pontonnière, travaille dans son coin, puis vient le moment de l’assemblage des pièces, puis enfin le moment où le pétrolier sera mis à flot. Les ouvriers retirent de cette œuvre collective une très grande fierté. Pour autant Oury ne cache pas les divisions syndicales. Il faut que la base pousse les syndicats au cul pour qu’ils agissent. Ça, ça n’a pas changé. Les trois principaux syndicats de l’époque étaient la CGT, FO et la CFTC qui allait devenir la CFDT mais qui déjà jouait clairement dans le camp du patronat. La réussite du mouvement de grève de 1955 tient d’abord à l’unité syndicale qui s’est imposée. Dans les faits, les syndicats ont suivi le mouvement, à l’origine de ce grand mouvement de grève, il y a les débrayages désordonnés et spontanés des soudeurs. Egalement Oury parle sans fard des dissensions internes entre les ouvriers, et aussi de l’alcoolisme qu’il comprend à la fois comme un frein à la lutte, mais aussi comme la contrepartie qui permet de supporter des conditions de travail difficiles, des horaires longs et des payes étiques, et aussi très souvent les difficultés familiales qui vont avec.

     Louis Oury, Les prolos, Denoël, 1973 

    On écoute le délégué syndical 

    Quand Oury décrit les conflits sociaux, il est tout autant méticuleux que lorsqu’il parle de son travail. C’est d’ailleurs une constante de la littérature prolétarienne que de décrire dans le moindre détail les différentes tâches effectuées, aussi bien par fierté du travail accompli que pour en comprendre la logique. Oury va décrire les actions des grévistes comme des actes de stratégie militaire, et si les prolos finissent par battre les CRS, c’est parce qu’ils sont plus forts et plus virils qu’eux finalement, mieux entraîner à supporter les chocs physiques. Il ne cache pas cependant le revers de tout cela, les accidents du travail, la mort de Rigollet sur qui la police a tiré, ce qui mettra en émoi toute la région et au delà. Tout à la fin de son récit, il montre comment il va tenter la promotion sociale pour améliorer son sort. Il s’attache à l’étude pour passer des examens, et de fait il grimpera dans la hiérarchie sociale et deviendra ingénieur. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir du recul sur l’aliénation sociale qui consiste justement dans la consommation, la volonté d’avoir une maison à soi. Il l’aura cette maison d’ailleurs, en acceptant des déplacements de ci de là pour construire des centrales thermiques ou nucléaires, en montant sur des chantiers de jour comme de nuit pour du pognon, mais au risque de se tuer. Il y a des accidents, des doigts coupés, des pieds arrachés. On tient aussi en picolant  du gros rouge. Il a failli y passer d’ailleurs en travaillant à trente mètres de hauteur sur une poutre étroite. Mais même s’il dénonce ces conditions de travail dangereuses, il en tire cependant une grande fierté comme un dépassement de soi. Oury nous fait toucher presque du doigt cette fierté ouvrière, qui, à quelque exception près a disparu. Il faut je crois avoir travaillé en usine pour saisir cette ambiguité, d’un côté on est fier de sa virilité et de son travail, de la communauté à laquelle on appartient, mais de l’autre on cherche aussi à s’en affranchir. On s’est tellement bien affranchi du travail manuel difficile et dangereux d’ailleurs qu’on a fini par ressembler à des veaux et à en avoir le comportement. Quand on voit aujourd’hui les miliciens de Castaner pleurnicher parce qu’ils ont reçu quelques crachats, alors que dans les années cinquante ils recevaient des boulons et des pavés sur la gueule, des coups de barre de fer, je me dis que nous avons changé d’époque. On a tellement bien combattu la virilité et son expression qu’on ne ressemble plus à rien. Evidemement je ne plaide pas pour qu’on revienne à ces temps anciens avec des payes minables, des conditions de travail dangereuses et dures qui ne laissaient que peu de place à la jouissance d’unpeu de liberté, mais plutôt pour qu’on se secoue un peu et qu’on retrouve un peu de dignité dans la lutte. Oury le répétera plusieurs fois : il ne faut rien attendre du patron, il faut aller le chercher. Il remarque d’ailleurs qu’il est porté instinctivement vers la bagarre avant même de comprendre les tenants et les aboutissants de la lutte. 

    Louis Oury, Les prolos, Denoël, 1973

    Les femmes sont venues montrer leur solidarité avec leurs maris grèvistes 

    Pour un livre de Oury, je donne toute l’œuvre de ce con[1] de Flaubert, vieux bourgeois repus qui fréquentait les bordels et les grands restaurants, qui détestait les ouvriers – les pue-la-sueur comme on disait alors – et se félicitait des massacres des communards qui l’empéchaient de jouir tranquillement de la fortune qu’il avait héritée. Il avait très peur du suffrage universel du reste. Pour dire les choses brutalement Flaubert écrira « madame Bovary c’est moi ». Louis Oury, c’est Louis Oury et rien d’autre, il n’a pas besoin de se travestir en femme adultérine pour exister et nous intéresser. C’est là qu’on comprend le formatage de la critique littéraire en fonction d’une hiérarchie des goûts qui est là plutôt pour diffuser une norme bourgeoise, dénigrant la littérature populaire et encore plus la littérature prolétarienne, osant même prétendre que la forme doit toujours primer sur le fond. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut mal écrire, ou encore que la littérature prolétarienne est utilitariste et sans poésie, mais seulement que les critères du « bien écrire » ne sont pas les mêmes[2]

    On peut regretter qu’Oury ne parle pas plus que ça de la manière dont il articule sa vie professionnelle et ses combats militants avec sa vie intime. Il nous dit qu’il est fiancé, qu’il fait des dizaines de kilomètres à vélo pour voir sa promise, ensuite qu’il est marié et que sa femme travaille dans les bureau, et puis qu’il a deux enfants. Mais il n’en parle guère, sans doute par pudeur, il dira un peu de ses émotions cependant, lorsque sa femme tombera graveemnt malade le laissant seul et désemparé pour quelques mois. Mais enfion, c’est son choix. J’aime ce style direct peu ampoulé, c’est bien plus proche de la vie que toutes ces proses alambiquées qui font semblant de donner à penser. C’est une littérature qui parle à l’estomac qui enfonce toutes les théories que des intellectuels bien intentionnés peuvent construire sur le compte du prolétariat. C’est un homme qu’on sent droit et sincère. Il ne cache pas ses peurs d’ailleurs, le vertige qui le prend en haut des échaffaudages par exemple, vertige auquel il devra s’habituer, au prix d’un effort énorme sur lui-même, s’il veut profiter d’un salaire amélioré. Il parlera de la rue sans joie. Cette expression chez lui désigne le chemin qui mène au travail, ailleurs elle désigne les lieux où s’expriment les femmes de mauvaise vie[3]. Mais n’est-ce pas aussi pour dire qu’en vendant sa force de travail les prolétaires se prostituent quelque part ? 

    Louis Oury, Les prolos, Denoël, 1973 

    Chercheur inlassable de vérité, Louis Oury se transformera par la suite en un véritable historien, réhabilitant à travers une forme romancée la résistance dans une série Les années noires qui allait à contre courant de la vulgate qui voulait à toute force imposer l’idée que les Français avaient été massivement lâches et pétainistes[4]. A sa façon il a bâti une belle œuvre littéraire et militante, sans que la critique ne s’en aperçoive vraiment. Il est bon de le redécouvrir.

     

    Extraits 

    « A neuf heures, le peloton de faction derrière la grille d’entrée des bureaux s’écarte pou laisser passerles délégués qui s’engouffrent dans le bâtiment, portant en eux l’espoir de toute une ville ouvrière. Des cris hostiles, des quolibets s’élèvent à la flicaille alignée en rangs d’oignon, en position de repos, mousquetons à la main et casques luisant au soleil. Au fur et à mesure que l’entrevue se poursuit, l’impatience des métallos grandit. Il fait chaud. De nombreux gars font la navette entre le lieu de rassemblement et les cafés. » 

    « L’horloge marque treize heures trente lorsquer les CRS chargent. Leur but évident est la démolition des barricades. Mais l’usine ce n’est pas le Quartier latin ! Un wagon chargé de quarante tonnes de tôles, ce n’est pas une barricade composée de voitures renversées qu’il s’uffit d’incendire en balançant quelques grenades OF pour obtenir le passage. Une barricade de wagons, il faut la prendre à l’abordage et si sur cette barricade des gars décidés, aptes à fournir des efforts physiques soutenus, vous attendent la barre de fer à la main, on a beau être équipés, discipliné et entraînés, à partir du moment où il vous est interdit d’ouvrir le feu, les responsables de l’ordre se trouvent mis à rude épreuve. » 

     

    « Les quelques mois que je passe à Saint-Nazaire début 1959 me voient souvent noyé dans la foule des travailleurs qui débrayent pour manifester contre la politique antisociale du gaullisme. En trois mois de Gaulle, ignorant tout du monde du travail, a mis en application des mesures impopulaires, dont la fameuse franchise des trois mille francs sur les remboursements de la Sécurité sociale. Comme nous sommes en hiver, cela veut dire qu’à la perte sur le salaire d’une semaine en arrêt maladie pour soigner une grippe, il faut ajouter le montant de la franchise qui à elle seule représente une journée de salaire. Alors il devient courant de voir des ouvriers travailler avec une fièvre de quarante dans des ateliers balayés de courants d’air glacés, pendant que, du haut de sa grandeur et entouré de sa cour (qui douze ans plus tard se révélera composée en bonne partie d’escrocs et de corrompus de tout poil), de Gaulle mène une politique de prestige. »
     



    [1] « Con » est un mot qui revient tout le temps sous la plume d’Oury pour désigner la malveillance de la hiérarchie.

    [2] Sur ce thème on lira Henry Poulaille, Nouvel âge littéraire, Librairie Valois, 1930.

    [3] Il existe un film avec Greta Garbo qui s’appelle La rue sans joie – Die Freudlosse Gasse. Mis en scène par G. W. Pabst en 1925, il s’appuie sur le roman de l’auteur autrichien Hugo Bettauer qui fut assassiné par les nazis pour avoir écrit une satire de l’antisémitisme La ville sans juifs - Die Stadt ohne Juden, qui fut portée au cinéma avec un grand succès.

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  •  ACTE L, des Gilets jaunes, la protestation s’étend aux agriculteurs 

    A Aix-en-Provence, les agriculteurs ont manifesté mardi 22 octobre 

    Le cauchemar des mouvements sociaux continue pour Macron. Lundi Philippe et le sinistre Pépy tentaient de reprendre la main à la SNCF, prétendant qu’ils allaient punir les grévistes qui avaient évoqué le droit de retrait consécutivement à un accident de train. Cette fanfaronnade était là pour faire croire qu’il y a encore un gouvernement en France. Mais Pépy est haï par les cheminots, et les inspecteurs du travail ont fait comprendre que cette attitude répressive ne tenait pas debout au point de vue du droit du travail[1]. Le trafic cependant redevenait peu à peu normal. On apprenait mardi que la SNCF renonçait aux poursuites judiciaires contre les cheminots – on se doutait bien qu’il s’agissait de faire les fanfarons, quoi qu’ils prétendent encore qu’ils vont faire des retenues sur salaire, mais gageons qu’ils n’en feront rien[2].Mais mardi c’était les agriculteurs qui attaquaient Macron. Ils bloquaient les routes de partout en France, on sait combien dans les communes rurales les élus LREM rasent maintenant les murs, leurs permanences étant souvent attaquées, taguées, enduites de fumier, voire murées. On sait qu’ils ont été les premiers à dénoncer le CETA que Macron trouvait excellent. Leurs revendications sont doubles : leurs revenus sont insuffisants, ils disparaissent, mais ils considèrent à juste titre qu’on importe des produits agricoles – souvent pourris du reste – et que ce sont ces importations qui les tuent à petit feu. Le cas de la viande est emblématique, on importe de la viande bourrée d’hormones et d’antibiotiques qui arrive à un prix dérisoire sur les étals des hypermarchés. Ce système pousse les éleveurs qui veulent survivre à créer des fermes industrielles immondes sur tous les plans, les animaux sont maltraités, mais leur viande est pourrie. Les paysans sont maintenant très peu nombreux, et donc on croit le plus souvent que cette catégorie de population – je n’ose pas employer le mot classe – va naturellement disparaître et qu’elle n’a pas d’avenir. Rien n’est plus faux, seuls des gens comme Macron, des progressistes, pensent ainsi. Chez de nombreux intellectuels aussi il y a un mépris pour les agriculteurs et les éleveurs. En vérité la paysannerie est le fondement d’une nation et même d’une culture. Les paysans sont cependant très partagés. Certains ont peur, et croient pour beaucoup qu’il est impossible de sortir de l’agriculture conventionnelle qui détruit les sols et empoisonne les aliments. Mais les plus jeunes et les plus déterminés pensent à d’autres formes, le bio notamment, supposant que celle-ci, bien articulée sur des formes nouvelles de distribution, peut arriver à les nourrir correctement. Je le pense aussi, et j’ai de nombreux exemples autour de moi qui vont dans ce sens, et qui d’ailleurs me permettent de me nourrir proprement. Nous voyons depuis plusieurs mois le monde entier s’enflammer, à Hong Kong, en Algérie, en Equateur où le gouvernement a dû fuir Quito, et j’en passe. Il ne faut pas se tromper, ce sont les conséquences de la mondialisation. Dans un article publié dans Le monde daté du 22 octobre 2019, Aude Villiers-Moriamé, « Président, les Chiliens veulent du changement, pas des mots », faisait remarquer que ce qui se passe au Chili, émeutes, couvre-feu, morts, était le résultat du libéralisme. Or très souvent on présente le Chili comme une belle réussite économique, mais on oublie un peu trop que cette réussite libérale se paye d’une hausse des inégalités extravagante. Elle ajoutait que pour comprendre cela, il fallait se souvenir que le modèle chilien avait été instauré après le coup d’Etat de Pinochet par des économistes de l’Ecole de Chicago, fermement soutenus par Milton Friedman. 

    ACTE L, des Gilets jaunes, la protestation s’étend aux agriculteurs 

    En Avignon, les agriculteurs ont mis le feu devant la sous-préfecture 

    C’est pourquoi, même si nous avons mille fois raisons de vouloir la démission de Macron et de sa bande, il faut toujours se souvenir que la question est bien plus générale que sa misérable petite personne. Nous sommes dans une période de très grande transformation, peut-être même de révolution à l’échelle planétaire. Comme en France, plus rien ne fonctionne correctement nulle part. l’air n’est plus respirable, l’eau et les sols sont empoisonnés, les salaires sont minables, et en plus on remet en question la couverture sociale et les services publics. D’une manière ou d’une autre tout le monde est en rébellion contre ce système qui n’a que des mauvais résultats, sauf pour les riches.   

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    Au Chili aussi le libéralisme pousse tout le monde dans la rue 

    Cette semaine Macron s’était dépaysé pour aller porter la bonne parole aux manants d’Outre-mer. Il a été très mal accueilli. A Mayotte, il a été très critiqué, mais en plus les habitants ont boudé sa venue, et il s’est retrouvé tout seul à parler avec lui-même. Les pompiers de Mayotte avaient annoncé spectaculairement qu’ils refusaient de sécuriser l’avion de Macron en signe de solidarité avec les pompiers matraqués et gazés à Paris[3]. Les Télévisions aux ordres avaient bien entendu recadré la prestation du clown afin de laisser croire que du monde il y avait. Mais c’était seulement le service d’ordre, car Macron ne se déplace pas sans des dizaines de gardes du corps, et quelques obligés, dont des élus. Courageux, mais point téméraire. A la Réunion ce furent les grands moyens qu’on employât pour tenir en respect les Réunionnais qui auraient bien voulu lui dire ce qu’ils pensaient. Les Gilets jaunes locaux ont montré qu’ils ne lâchaient rien et qu’ils étaient très remontés contre la politique antisociale du petit banquier. Si Macron comptait sur ce voyage coûteux pour se refaire la cerise, ce fut raté et morose. De temps à autre, quand il a une once de lucidité, il doit se demander tout de même pourquoi les Français le haïssent autant. Bien que les médias aient tout fait pour camoufler les manifestations contre sa venue, on a appris tout de même qu’elles avaient été importantes, au point de mettre le feu ici et là[4]. N’oublions pas que la Réunion fut un des rares Territoires d’Outre-mer qui a vu un mouvement important des Gilets jaunes. 

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    A la Réunion le 23 octobre, les Gilets jaunes ont accueilli Macron en lui demandant de démissionner 

    On sait que Macron et Philippe ont très peur qu’à l’occasion du premier anniversaire de l’entrée en lutte des Gilets jaunes – en supposant qu’il y en aura peut-être d’autres – les luttes sociales très nombreuses en cet automne se coagulent. Il n’est pas certain que le dérivatif du débat sur le voile soit suffisant pour empêcher cette convergence. D’autant que les derniers sondages sont très mauvais et que malgré des efforts inouïs pour se donner une autre image, Macron est vu comme un très mauvais président par les deux tiers des Français, et cela dans la plupart des domaines, principalement sur les problèmes intérieurs, les Français ne le trouvent pas crédible ni sur le voile, ni sur le chômage et encore moins sur le pouvoir d’achat[5]. Il est jugé incapable de se préoccuper du sort des Français, arrogant et indifférent aux difficultés du quotidien. S’il y a eu une accalmie passagère dans la révolte contre lui, son image n’a pas bougé d’un pouce. Ce qui veut dire pour nous que les deux tiers des Français sont potentiellement des Gilets jaunes. Dès lors la question qui se pose est la suivante, comment concrétiser cela alors que nous savons que les partis et les syndicats sont complètement à côté de leurs souliers, ou qu’ils s’en remettent sans le dire à Macron pour continuer leur travail de chiens de garde du capital. 

    ACTE L, des Gilets jaunes, la protestation s’étend aux agriculteurs 

    Des manifestations ont dégénéré consécutivement à la venue de Macron dans l’île 

    On a appris lors du Lème acte des Gilets jaunes que le préfet de Toulouse avait porté plainte contre les Gilets jaunes au motif ubuesque que ceux-ci avaient dénoncé « des violences d’Etat » et des manquements répétés à la démocratie. Ce préfet Etienne Guyot n’aime pas qu’on le cite comme un anti-démocrate violent, et il a demandé aux policiers d’enquêter discrètement sur ceux qui l’injurient. Manque de bol pour lui, l’affaire s’est ébruitée, mais les policiers ont aussi dénoncé une affaire ridicule, disant qu’ils avaient autre chose à faire que de s’occuper des caprices de ce petit marquis[6]. Mais les macroniens n’ont pas beaucoup de dignité et le sens du ridicule, croyant sans doute que l’appareil d’Etat leur appartient et qu’ils peuvent s’en servir à leur aise pour régler des comptes personnels. 

    ACTE L, des Gilets jaunes, la protestation s’étend aux agriculteurs 

    A Mayotte, les habitants ont boycotté la venue de Macron 

    Bien qu’officiellement pour les macroniens les Gilets jaunes n’existent plus, la police vient maintenant d’inaugurer de nouvelles manœuvres d’intimidation : on vient notifier les interdictions de manifester à domicile[7]. C’est assez inédit. C’est un pas de plus dans les restrictions des libertés : jamais le pouvoir d’Etat n’aura été aussi dictatorial sous la Vème République qu’avec Macron. Ce qui est le plus étonnant, sachant que ce type est tout de même un peu timbré, qu’il est haï des Français, est qu’il puisse trouver encore des policiers, des juges et des préfets pour l’accompagner sur cette voie. En tous les cas, cette ambiance de contestation dans le monde entier semble avoir requinquer les Gilets jaunes qui, manifestement, étaient bien plus nombreux ce samedi 26 octobre que la semaine précédente. A Paris ça s’est passé à peu près dans le calme, il y a eu quelques heurts mais ce n’était guère important. Ils ont manifesté leur solidarité avec les Chiliens qui se font massacrer dans l’indifférence coupable des nations. On en est à plusieurs dizaines de morts. Un élu chilien a eu d’ailleurs la cuistrerie de dire qu’en matière de répression des mouvements sociaux le président chilien s’inspirait seulement de Macron avec les Gilets jaunes[8]. Cela montre à tout le moins que le mouvement des Gilets jaunes est suivi à l’étranger. 

    ACTE L, des Gilets jaunes, la protestation s’étend aux agriculteurs 

    Plusieurs milliers à Paris 

    Par contre à Saint-Etienne, les forces de l’ordre, sans doute le préfet se croit il en mission en Irak ou au Chili, ont fait très tôt usage de grenades lacrymogènes, ce qui a provoqué des bagarres. Après tout les Gilets jaunes, s’ils sont souverainistes, sont aussi internationalistes – ce n’est pas incompatibles, et donc ils soutiennent les luttes dans les pays étrangers. Ainsi, à Bordeaux ils ont manifesté leur solidarité avec les Kurdes que l’Occident laisse massacrer par le dictateur Erdogan. Les Gilets jaunes ont bon cœur et soutiennent toutes les luttes qui vont dans le bon sens, c’est-à-dire d’une critique radicale de la mondialisation agonisante. Ils étaient encore une fois présents dans toute la France. A Lille où les gilets jaunes étaient plusieurs centaines, la police toujours très fébrile a même procédé à l’arrestation d’une femme enceinte d’une personne en fauteuil roulant et d’une femme âgée. Cette répression permanente prouve assez que le gouvernement a peur que le mouvement reparte dans les semaines qui viennent. En soirée, à Paris, une manifestation sauvage des Gilets jaunes se déroulait. 

    ACTE L, des Gilets jaunes, la protestation s’étend aux agriculteurs

    A Montpellier les gilets occupaient le rond-point des Arènes et y tenaient meeting 

    ACTE L, des Gilets jaunes, la protestation s’étend aux agriculteurs 

    Epinal le 26 octobre 

    ACTE L, des Gilets jaunes, la protestation s’étend aux agriculteurs 

    A Gaillac iles étaient plusieurs centaines 

    ACTE L, des Gilets jaunes, la protestation s’étend aux agriculteurs 

    Plusieurs centaines de manifestants à Dieppe



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  • Doit-on défendre Zemmour ?

    Je ne discuterais pas ici des thèses de Zemmour, ce n’est pas le but. Pour résumer je dirais que je le trouve très insuffisant dans la qualité de ses analyses sur à peu près tous les sujets, et que sa défense de Pétain n’est pas très sérieuse. Donc, non je ne suis pas en accord avec lui[1]. Mais je ne suis pas un policier de la pensée, et donc je ne m’intéresse pas à le censurer, même si je comprends et souhaite qu’on critique ses thèses, comme on se doit de critiquer les thèses d’un BHL. Je trouve même assez dérisoire de discuter ses analyses, j’avais lu Le suicide français qui déjà laissait paraître de sérieuses failles.

    Ce qui se discute ici c’est de censurer et de faire de Zemmour une sorte de néo-nazi. Sur le fond j’ai déjà dit comment il était ridicule que Gérard Noiriel, soi-disant historien de profession, compare Zemmour à Drumont, ce faisant il rentre dans le jeu des approximations zemmouriennes et ne fait pas avancer le débat[2]. Je ne suis pas le seul à prendre cette position, Georges Bensoussan dit la même chose[3], d’autant que Zemmour est contre l’Union européenne, alors que les nazis étaient sérieusement pour une Europe unie[4]. Je comprends très bien qu’on ne soit pas d’accord avec Zemmour donc, mais la gauche se déshonore complètement en invitant à boycotter CNews, puisque c’est sur cette chaîne que va officier Zemmour, chassé par ailleurs de toutes les autres chaînes. Il y a donc presqu’une unanimité de la bobocratie pour chasser Zemmour, voire l’embastiller pour délit d’opinion. C’est choquant. Cette cabale des dévots dont le but est incertain, recouvre en tous les cas un comportement politique complétement erratique. La gauche n’a pas d’autre stratégie que de mettre ses pieds dans ceux de Macron pour dénoncer très vaguement la « haine » et l’islamophobie, le caractère émotif de cette position saute aux yeux. D’analyse à gauche sur le cas Zemmour vous n’en trouverait pas, à moins de laisser croire que l’opuscule de Noiriel est une analyse sérieuse. La plupart de ceux qui lui crachent dessus n’ont pas fait l’effort de le lire. Pire encore cette gauche qui s’attaque à Zemmour c’est aussi celle qui attaque Henri Peña-Ruiz, pourtant très à gauche, voire marxiste, parce que celui-ci a osé dire que l’islamophobie c’était aussi et d’abord la défense de la laïcité avant d’être un racisme. Cette gauche là veut bien qu’on crache sur les curés, qu’on dénonce comme jadis l’intervention trop prégnante de l’Eglise dans la cité quand elle prétend dire que l’avortement est intolérable, mais ne veut pas qu’on dise du mal de la religion la plus antiféministe qui soit, cette religion qui en plus justifie les inégalités sociales et qui est aussi bien évidemment contre l’avortement. Mais la gauche se retrouve dans l’incapacité de mener un combat sérieux contre les exactions de Macron et de ses ministres, alors voulant faire semblant d’exister encore un peu, elle fait comme si chasser Zemmour était une vraie priorité.  

    Doit-on défendre Zemmour ? 

    Philippe Martinez aime bien les réunions qui ne servent à rien avec Edouard Philippe 

    Voilà donc Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui nous dit que tant que CNews emploiera Zemmour et bien il n’ira pas parler sur cette chaîne[5]. Ce qui ne changera guère vu que depuis un an que les gilets jaunes sont entrés dans la lutte, on ne l’a guère vu faire quoi que ce soit pour aider à la convergence des luttes, c’est même le contraire, s’étant fait matraquer par les milices de Castaner le 1er mai dernier, il n’a qu’à peine protesté pour la forme. Mais ce médiocre bureaucrate syndical qui a tout raté depuis qu’il est à la tête de la CGT, et surtout la grève de la SNCF, prétend par ailleurs que la CGT ne fait pas de politique. Mais cependant il a appelé bêtement en 2017 à voter pour un banquier pour faire barrage à Marine Le Pen qu’il soupçonnait de vouloir mettre en place un Etat policier. On ne peut pas être plus aveugle, et Macron qui n’a pas la reconnaissance du ventre lui a tout de même envoyé sa milice pour le bastonner. Martinez participe donc aux côtés de Jacques Attali qui avait déjà annulé une apparition sur CNews pour cette raison[6], à cette chasse au Zemmour, faisant de ce penseur, médiocre il est vrai, un épouvantail à moineaux bien commode. Mais le communiqué de la CGT est très clair, non seulement cette centrale en pleine déconfiture morale et politique suppose que la pensée de Zemmour est profonde, mais qu’en outre la priorité des priorités à gauche est non pas la lutte contre Macron et la contre-révolution libérale qu’il mène, mais contre Zemmour ! Le motif général est qu’il est interdit de dire du mal de l’Islam, de dire également que le nombre de musulmans progresse à une grande vitesse et que cela transforme forcément la France, et même de dire qu’il y un lien entre les attentats de la préfecture de Paris par exemple et l’Islam. Martinez qui ne dit rien et ne fait pour aider à la collecte des signatures sur le référendum de la privatisation d‘ADP, par contre se réveille de son long coma, pour demander d’interdire à Zemmour de parler. 

     

    Doit-on défendre Zemmour ? 

    Martinez n’est pas seul dans ce rôle de policier du politiquement correct. En vérité, n’ayant d’idée sur rien et encore moins sur le reste, il s’est aligné tout simplement sur la position des « élus » du personnel de Canal+ qui exige « à l’unanimité » du groupe qu’il censure Zemmour[7]. J’ai mis « élus » avec des guillemets, parce qu’il est certain que l’unanimité sur cette question ne règne pas, ne peut pas régner, parmi le personnel. Et puis voilà maintenant que la France Insoumise s’y met aussi. Comme si ce parti n’avait pas assez de problèmes avec les tiraillements internes sur la question de l’Islam, les voilà qu’ils se joignent à la chasse aux sorcières[8]. Mais en quoi interdire Zemmour de CNews pourrait être une priorité politique ou syndicale aujourd’hui ? Pourquoi rejoindre ce cercle de la bien-pensance bourgeoise ?

    La première réflexion que je me suis faite est la suivante : si on interdit Zemmour et pas BHL par exemple, cela veut dire que BHL est plus proche de nous que Zemmour. En effet pourquoi ne pas demander aussi la censure de BHL, d’Attali ou des autres menteurs macroniens, ne faisons pas de demi-mesure ! Personnellement je ne vois pas en quoi BHL ou Attali seraient plus acceptables dans leurs raisonnements que Zemmour qui n’appelle pas au meurtre que je sache. Ils sont atlantistes, pour la guerre en Libye ou ailleurs. Ils ne disent rien sur les exactions des Turcs en Syrie. Quand Luc Ferry dit qu’il faut tirer à balles réelles sur les Gilets jaunes, bien entendu on dit que ce n’est pas bien[9]. Mais cela parait moins grave à tous ces imbéciles que les propos de Zemmour. On doit en conclure que quand un éditorialiste dénonce l’immigration et l’islam c’est inacceptable, mais que quand un faux philosophe comme Ferry dit qu’il faut abattre les gilets jaunes, c’est du domaine de l’opinion discutable entre soi. Les Gilets jaunes sont donc moins à défendre les musulmans et que l’Islam ! Voilà où se retrouve la gauche, en soutien de la pire religion. 

    Doit-on défendre Zemmour ? 

    Pour ma part je n’ai jamais réclamé la censure pour BHL, Apathie, Attali et quelques autres cuistres. Demander aujourd’hui la censure pour Zemmour sur une chaîne de télévision que personne ne regarde, c’est proposer deux choses inacceptables dans une démocratie, fut-ce-t-elle bourgeoise :

    – empêcher qu’un débat se tienne sur un sujet qui ne nous plait pas, ou sur un sujet sur lequel on n’a rien à dire de sensé à dire, alors que les deux tiers de la population sont largement du côté de Zemmour. Cette posture minoritaire est clairement un aveu de faiblesse ;

    ­– anticiper la mise en place d’une censure sur d’autres partis ou politiciens. Aujourd’hui Zemmour, demain on demandera l’interdiction du parti de Marine Le Pen, et après-demain de celui de Jean-Luc Mélenchon.

    Remarquez que cette cabale ne tombe pas du ciel, elle intervient en même temps que l’offensive du CCIF qui balance des procès tout azimut et qui se régale avec l’affaire déclenchée par Julien Odoul pour jouer les martyres[10]. Remarquez que dans cette cabale anti-zemmour, approuvée par la gauche gnian-gnian, Zemmour est le grand gagnant. Ce qui veut dire que tactiquement ces imbéciles obtiennent l’inverse de ce qu’ils cherchent : au lieu de faire taire Zemmour, il le mette en pleine lumière. Que ce soit dans le fond ou dans la forme, cette manière d’agir révèle une décomposition parfaite des « élites ». Terminons sur une autre nouvelle : en 2020 Fayard va publier une nouvelle édition de Mein Kampf d’Adolph Hitler, planqué derrière l’idée que ce sera une publication « critique ». Mais personne ne s’offusque parmi ceux qui traquent Zemmour, ils doivent supposer que de donner la parole à Zemmour est bien plus dangereux pour la République que de publier les élucubrations d’Hitler. Parce que les vrais nazis s’en battent un peu l’œil de savoir si l’édition est critique ou pas, ils vont pouvoir se régaler de sa lecture. Mais ça, ça ne dérange pas Martinez et Corbières qui préfèrent passer pour des gens bien peu tolérants avec ceux qui contrarient leur plan de carrière. Comme ils n’ont rien eu à dire sur la réédition des torche-culs de Louis-Ferdinand Céline que voulait entreprendre Gallimard qui a dû y renoncer pour d’autres raisons qu’une mobilisation de gauche.  

    Doit-on défendre Zemmour ? 

    Personnellement je ne suis pas contre la publication de toutes ces merdes, et d’ailleurs pour qui se donne un peu la peine on trouve ces « œuvres » facilement sur Internet, parce que je suis contre la censure, et parce que si on n’est pas capable de comprendre par soi-même pourquoi c’est nul à chier, c’est à désespérer de l’humanité. Mais ce qui me met vraiment en colère ce sont ces crétins qui partent à l’assaut de Zemmour parce qu’il est contre l’immigration et contre l’Islam – comme les deux tiers des Français d’ailleurs – et qui s’accommode facilement des publications nazies. Mais la liberté d’expression ne se détaille pas : il faut la défendre de partout, comme il fallait défendre avec un peu moins de mollesse les attaques téléguidées par Belloubet contre Marine Le Pen et contre Jean-Luc Mélenchon. Ceux qui se sont mobilisés, à juste titre, pour Jean-Luc Mélenchon, ont laissé faire en ce qui concerne Marine Le Pen quand un juge l’a convoquée et demandé un examen psychiatrique parce qu’elle avait osé publier des photos bien réelles des exactions de Daesh. Je n’écoute jamais CNews, ni Zemmour d’ailleurs, mais je trouve scandaleuse et débile cette chasse aux sorcières. 

    Doit-on défendre Zemmour ? 

    Le CSA, se joignant à la chasse, a demandé au procureur de la République de poursuivre Zemmour[11], mais ce CSA, très macronien, ne s’inquiète pas que Macron envahisse l’espace audiovisuel pour faire sa réclame avec le Grand débat, ou avec le débat sur les retraites sans qu’on puisse répliquer. Et le CSA en tant que pilier essentiel du bloc bourgeois ne lève pas le petit doigt pour aider les opposants à la privatisation d’ADP à pouvoir mener un débat dans les médias. Tout se passe comme si le bloc bourgeois, appuyé sur le CSA et les procureurs de Belloubet, voulait définir deux camps : Macron et le progressisme d’un côté, et l’extrême-droite et Zemmour de l’autre. Ça arrangera bien leurs affaires pour 2022. Le plus sinistre est que la France Insoumise et la gauche en général tombe dans le piège, admettant par là qu’ils font maintenant partie du « système ». Ils se révèlent ainsi incapable de combattre Macron, mais aussi du même coup Marine Le Pen et l’extrême-droite.



    [6] https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2629551-20191016-jacques-attali-annule-venue-cnews-directement-twitter Ce crétin d’Attali s’est distingué en osant comparé une hypothétique chasse aux musulmans aux rafles des Juifs pendant l’Occupation.

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  •  Islam, voile, les errements idéologiques de Macron

    On l’a souligné à plusieurs reprises, Macron ne connait pas grand-chose, et surtout rien à l’histoire de France. Aussi ne peut il comprendre vraiment ce qu’est la question de l’Islam en France et de façon concomitante celle du voile. Le 8 octobre, lors des cérémonies funèbres – seule facette de son action où il est bon – concernant les malheureux policiers assassinés à la préfecture de police de Paris, Macron a dit deux choses importantes : la première est qu’il fallait combattre sans relâche l’hydre islamiste en étant tous soudés derrière lui. La seconde est qu’il fallait créer une société de vigilance pour prévenir les crimes islamistes et les dénoncer[1]. Cette première déclaration très enflammée au point qu’on aurait pu penser qu’il croyait à ce qu’il disait, est déjà très discutable. En effet, à ce propos Macron parle de l’hydre islamiste. C’est une locution qui n’est pas choisie au hasard et qui suppose que derrière ces attentats il y a une organisation malfaisante qui complote à la destruction de notre société. C’est un vocabulaire qui a été employé avant-guerre pour dénoncer l’emprise supposée des juifs ou des bolchéviques sur l’Occident. Il renvoie au mythe de l’Hydre de Lerne que combattait Héraclès : on avait beau couper des têtes, celles-ci repoussaient toujours. Si ce vocabulaire avait été employé par Zemmour, les islamistes du CCIF et leurs zélés serviteurs auraient engagé plusieurs procès. La seconde partie du discours appelle à la vigilance et donc indirectement à la délation. C’est assez laid. Mais voilà que le en même temps macronien refait surface. Quelques jours après cette cérémonie funèbre, Macron nous dit qu’il ne faut pas faire d’amalgame et reprend la vieille thèse libérale selon laquelle le communautarisme est très bien et donc que l’Islam n’a rien à voir avec le terrorisme. Incapable de faire le lien entre Islam, voile et terrorisme, mais aussi avec l’immigration, il va conduire sa majorité à se déchirer sur la question parce qu’il ne sait pas trancher. 

    Islam, voile, les errements idéologiques de Macron 

    Mais au fait que faisait Macron à Toulouse ? Essentiellement il s’agissait de tenir un conseil des ministres Français sous la surveillance de Merkel, totalement hagarde et au bord de l’asphyxie. On avait baptisé cela Conseil des Ministres franco-allemand, pour anticiper la fusion que Macron souhaite entre les deux pays sous la direction de l’Allemagne. C’est la conséquence du traité d’Aix-la-Chapelle. Toulouse est la ville d’Airbus, technologie de pointe sur laquelle les Allemands tentent de mettre la main pour leur profit. Bon prince, Macron a offert un déjeuner très classieux sur le compte de nos impôts à cette assemblée. Macron étant très peu français, le déjeuner était rédigé en anglais principalement. Pour organiser cette collaboration Macron avait d’ailleurs mis la ville de Toulouse sens dessus dessous, vu qu’il ne peut que se déplacer protégé par une forte protection policière. 

    Islam, voile, les errements idéologiques de Macron 

    Ces deux photos ont fait le tour du monde, elles démentent pourtant l’idée que Fatima E. aurait été traumatisée par les propos à son encontre 

    La déclaration de Macron sur le voile fait suite à la bronca qu’a déclenché un élu RN du Conseil Régional Bourgogne-Franche Comté, Julien Odoul. Le 11 octobre en réunion plénière ce dernier a demandé à ce qu’une femme voilée, dénommée par les journaux Fatima E., s’en aille ou enlève son voile[2]. Elle finira par partir et avec elle un certain nombre d’élus. Cette polémique va réenflammer le débat sur le voile. Massivement les médias ont parlé d’une « maman » voilée agressée. Le terme de « maman » laissant entendre qu’elle est dans un état de faiblesse et donc de victime. Mais les internautes n’ont pas été d’accord avec cette interprétation, ils ont commencé à parler de coup monté, montrant des photos de cette femme qui manifestement n’était pas traumatisée du tout. Les conséquences politiques de cette affaire pourtant mineure sont considérables. D’abord, le CCIF qui travaille la main dans la main avec les Frères Musulmans vont pousser Fatima E. à porter plainte, arguant qu’elle a été « meurtrie ». On apprendra par la suite que Fatima E. est très proche du CRI – Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie – boutique locale tenue par Olivier Benamirouche, un militant islamiste très radical. Même si le coup n’a pas été préparé, l’affaire a été rapidement récupérée.  

    Islam, voile, les errements idéologiques de Macron

    Evidemment la réponse à cette cuistrerie a fusé puisqu’on s’est dit que tout de même les meurtres commis au nom d’Allah c’était plus meurtrissant que quelques mots. Il apparait avec le recul que cette provocation a été bien pensée. En tous les cas elle oblige à choisir son camp. Tous les partis sont divisés, et particulièrement le gouvernement. Si Blanquer a pris soin de récuser le voile dans les sorties accompagnées, Sibeth Ndiaye et Cédric O se sont positionnés en soutenant l’action du CCIF. Macron ne veut pas trancher. C’est son « en même temps », il nous parle de s’attaquer à l’hydre islamiste, mais en même temps il défend le communautarisme, avec l’imbécile formule du pas d’amalgame[3]. Cette attitude lui fait perdre le bénéfice qu’il pouvait espérer de sa sortie contre l’islamisme lors de la cérémonie funèbre en mémoire des policiers assassinés. La contestation de cette indétermination politique lui attire les remontrances de son propre parti. L’ineffable Aurore Bergé a tenu des propos sur le voile que n’aurait pas reniés Nadine Morano. Les sondages viennent de rappeler que les Français dans leur très large majorité sont pour l’interdiction du voile chez les accompagnatrices scolaires dans une proportion des deux tiers[4]. Ils le comprennent comme un marqueur politique, une avancée visant à transformer le pays. Macron n’arrive pas à comprendre comment l’Islam, le communautarisme et le terrorisme sont emboîtés. Car si évidemment tous les musulmans ne sont pas des terroristes, être trop tolérant avec cette religion mortifère et antiféministe, c’est encourager le djihâd. Il y a forcément un lien entre Islam et terrorisme, même si on considère que ce lien est indirect. Mais il y a également un lien entre immigration et islam. Les jeunes issus de l’immigration sont en première ligne et ont développé une culture de la haine, notamment de la haine des femmes, sur laquelle les bien-pensants, et Macron et son gouvernement ferment volontiers les yeux. 

    Islam, voile, les errements idéologiques de Macron

    Des femmes sont à la pointe de ce combat, Céline Pina par exemple qui soutient que cette femme non seulement n’aurait pas dû accompagner les enfants, mais en plus ne pas être dans une assemblée publique représentant la France[5]. Zineb El Rhazoui qui ne peut être suspecte de racisme anti-arabe dénonce de manière très virulente le voile comme le cheval de Troie de l’Islamisme[6].  Elle est d’ailleurs régulièrement menacée de mort par les islamistes. A l’opposé, on trouve un quarteron de « personnalités » qui soutiennent Fatima E. et donc le voile[7]. Le monde sponsorise une tribune intitulée « Monsieur le président, dites stop à la haine contre les musulmans de France », on y retrouve les habitués : l’ignoble Fassin, l’histrion Omar Sy, la raciste Rokhaya Diallo. Pour le coup ils réalisent un amalgame parfait entre la lutte de la république contre le communautarisme et le racisme antimusulman. Pendant que ces idiots utiles de l’islamisation de la France travaillent contre l’émancipation des femmes, des femmes sont pourchassées et fouettés, emprisonnées, pour avoir enlevé leur voile. Soutenir contre vents et marées le port du voile en Occident, c’est s’allier indirectement au pouvoir des barbus dans les pays musulmans, et d’une manière ou d’une autre, c’est les aider dans leur horrible travail de nivellement répressif. C’était déjà la thèse de Chahdortt Djavann avec Bas les voiles ![8] Femme et iranienne de surcroit sa parole vaut mille fois celle des pitres qui signent une pétition pour le soutien aux femmes voilées. Ces personnalités sont toujours les mêmes, bonne conscience et peu d’engagement véritable aux côtés des femmes qui se battent vraiment et qui risquent leur peau. On a monté en épingle la blessure morale qu’aurait subi cette Fatima E., mais ces mêmes comédiens qui pleurnichent sur son sort ne signent jamais de pétition ou de tribune en faveur des femmes iraniennes qui enlèvent le voile ou en faveur des femmes kurdes qui se battent fusil à la main avec le dictateur Erdogan. 

     Islam, voile, les errements idéologiques de Macron 

    Admirons le courage de cette femme qui en Iran ose affronter les barbus, elle vient d’être condamnée à un an de prison pour ce geste

     Dans le cirque médiatique, il est évident que l’intervention de Julien Odoul était calculée, comme était calculée la réponse des musulmans du CCIF. Mais peu importe, cela met en avant l’incapacité de la clique LREM à dire quelque chose de sérieux sur la question. Ils ont fait longtemps comme si la question de la transformation de notre société par l’importation d’une culture structurée autour d’une religion régressive, ne se posait pas. La bataille est engagée et durement, non seulement sur le terrain médiatique, comme on l’a vu, mais aussi dans les sorties scolaires où certains profs s’opposent à un accompagnement par des femmes voilées[9]. Ces épisodes ont pour conséquence de dévoiler les enjeux de la lutte : le voile est une arme politique, un marqueur destiné à transformer le paysage et à nous imposer une transformation des mœurs au nom de la défense de la diversité culturelle. Cependant, Macron voulait réviser la loi sur la laïcité mais il va sans doute être obligé de réviser ses ambitions à la baisse parce que cela risque d’attiser des tensions qui sont déjà très fortes. Cette question qui fut longtemps un des chevaux de bataille du Front National a maintenant gagné tous les partis. Même les partis de gauche à part le NPA qui défend le voile ne sont pas unis. La France Insoumise est proche de la rupture sur cette question. Et même le Parti communiste aussi, beaucoup de communistes conservent cette fibre républicaine qui dénonce le voile comme une avancée vers la dissolution de cette forme institutionnelle.



    [8] Gallimard, 2004.

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  •  Acte XLIX, les pompiers dans la rue, les gilets jaunes au contact 

    Manifestation des pompiers le 15 octobre à Paris. 

    Décidément avec Macron c’est tous les jours que se manifeste le mécontentement populaire dans la rue. Mardi 15 octobre ce sont les pompiers qui ont manifesté un peu partout en France et à Paris ils se sont faits nassés et tabassés comme de vulgaires gilets jaunes, mais évidemment ils ne se sont pas laissés faire, et ils se sont défendus, envoyant plusieurs miliciens de Castaner à l’hôpital se faire marquer des jours d’indisponibilité. Il faut dire qu’avec le dictateur Macron, ils ont beaucoup à faire pour lui faire plaisir[1]. Il y avait bien sûr des gilets jaunes pour les encourager et les soutenir. La milice a donc usé des canons à eau et des grenades lacrymogènes contre les policiers. C’est assez honteux parce que les pompiers manifestaient plutôt dans le calme pour leurs retraites, mais aussi pour dénoncer le manque d’effectifs et leurs conditions de travail, notamment ils considèrent que leur sécurité n’est pas assurée surtout dans les quartiers dits sensibles. Les policiers aiment bien qu’on les plaigne quand ils sont agressés comme à la préfecture de police de Paris par un islamiste, mais ils ne se posent guère de question sur le boulot qu’ils font. Ils ne sont pas obligés d’appliquer des consignes ignobles. Mais ce nouvel épisode de la dictature macronienne révèle bien que quand la milice fracasse les gilets ce ne sont pas les blacks blocs qui sont visés, ou des individus violents, à moins de considéré les pompiers comme des délinquants ! Ce sont les récalcitrants qui sont visés. Le but est de faire régner la terreur par tous les moyens pour tarir la volonté populaire de se révolter contre une politique inique. Il y avait plusieurs milliers de personnes encore pour manifester à Paris, peut-être 10 000. 

    Acte XLIX, les pompiers dans la rue, les gilets jaunes au contact

    Des gilets jaunes avec les pompiers 

    Il était aussi très intéressant de voir dans une ambiance festive des urgentistes se joindre aux pompiers et aux gilets jaunes. Cette manifestation annonce que Macron et sa milice n’auront plus jamais la paix, sauf à démissionner. Cela veut dire qu’il faut s’attendre à une montée en puissance des manifestations de toute sorte. Car qu’elles soient le fait des routiers, des urgentistes, des pompiers ou des gilets jaunes, c’est toujours la même chose : on dénonce la casse sociale et les cadeaux fait par ailleurs aux plus riches. Mais on dénonce aussi la forme même que prend ce pouvoir à travers la répression complètement hystérique emmenée par Castaner et Nuñez. Il se murmurait que les policiers avaient reçu l’ordre d’être particulièrement sauvages avec les pompiers. Si la majorité de la milice a suivi les ordres sans broncher, certains CRS se sont refusés à le faire, et ensuite se sont excusés, avouant leur honte de s’être laissés entrainés dans cette saloperie[2]. Cette affaire va laisser des traces, parce que les pompiers sont très populaires en France, ce qui n’est pas le cas des policiers qui représentent cette obéissance bornée et sans recul à n’importe quel ordre ignoble du pouvoir. Un pompier blessé par des tirs de LBD va sans doute perdre un œil[3]. Ces éborgnements récurrents, ça commence à faire vraiment beaucoup. 

    Acte XLIX, les pompiers dans la rue, les gilets jaunes au contact

    Des urgentistes se sont joints aux pompiers et aux gilets jaunes ce mardi 15 octobre 

    En manifestant leur soutien aux autres catégories sociales en protestation contre la dictature macronienne, les gilets jaunes n’affirment pas seulement la nécessité de convergence des luttes, ils démontrent qu’ils représentent maintenant la pointe avancée de la conscience de classe. Les préfets, mauvaise conscience du pouvoir macronien, se sont appliqués à prendre des arrêtés d’interdiction de manifester un peu partout, à Clermont Ferrand, à Lyon. Il va de soi que si le mouvement des gilets jaunes n’existait plus comme le prétendent les politiciens, les préfêts n’auraient pas besoin de prendre de telles mesures qui sont objectivement un déni de démocratie. 

    Acte XLIX, les pompiers dans la rue, les gilets jaunes au contact 

    Les pompiers gazés par la racaille – la photo a fait le tour du monde 

    Acte XLIX, les pompiers dans la rue, les gilets jaunes au contact

    Après la répression policière, les gilets jaunes ont manifesté leur soutien aux pompier mercredi 

    Le thème général des manifestations des gilets jaunes était de rendre un hommage aux pompiers, pour leur courage, parce qu’ils sauvent des vies. Evidemment ce n’est pas encore demain qu’ils rendront hommage aux policiers ! L’express nous dit que les malheureux policiers, comme on ne les aime pas, seraient au bord de la crise de nerf[4]. Peut-être doivent-ils envisager de se réorienter vers des métiers plus valorisants, comme instituteur dans les banlieues par exemple. Il est vrai qu’ils gagneront beaucoup moins. Et oui, ça paye peut-être que de se soumettre aux intérêts de la haute bourgeoisie, mais en échange on récolte les crachats du peuple. Soyons justes, certains policiers, des CRS en fait, ont dénoncé le rôle qu’on leur fait jouer, mais ils doivent aller plus loin et rejoindre les manifestations des gilets jaunes. A Angers les gilets jaunes avaient teinté les fontaines de rouge, pour rendre hommage à tous ceux qui ont versé leur sang pour s’opposer à Macron et à sa bande de pillards. Les policiers continuent de suivre bêtement les ordres : à Toulouse, méprisant les droits des manifestants, ils les ont empêchés de rejoindre l’hôpital Joseph Ducuing où ils voulaient venir soutenir les urgentistes en lutte depuis des mois. Notez que, dans ce quartier il y aussi une caserne des pompiers. Ces restrictions dans le déplacement des manifestants est la preuve évidente que nous ne sommes plus en démocratie. La bassesse de Castaner et de ses chiens de meute ne peut même pas invoquer des risques de violence. Le seul risque que cette engeance encours est une convergence des luttes quand les syndicats vont se mettre en mouvement pour enfin protester contre la réforme des retraites. 

    Acte XLIX, les pompiers dans la rue, les gilets jaunes au contact 

    A Clermont Ferrand les gilets jaunes ont bravé l’interdiction préfectorale 

    Ce fut donc un nouveau samedi de mobilisation dans toute la France. Il y a eu quelques heurts à Toulouse et à Clermont-Ferrand, mais rien de très important. A côté des manifestations il y avait des gilets jaunes aussi sur les ronds-points à Château Gaillard, à Niort. L’idée d’occuper les ronds-points est la marque d’une détermination sans faille. C’est une emprise au sol, comme une tête de pont pour ensuite repartir à la conquête de l’espace social quand les luttes se raffermiront. On a des raisons d’être confiant sur la remobilisation des troupes : en effet d’une manière inattendue, une partie du personnel de la SNCF s’est mise en grève sans préavis en invoquant le droit de retrait[5]. En quelque sorte ils ont accompagné les gilets jaunes qui manifestent tous les samedis. Plus encore, il semble que ce soit là une grève sauvage, c’est-à-dire déclenchée sans que les syndicats approuvent. Mais comme les trains fonctionnent en réseau, dès qu’une portion du réseau est paralysée, c’est tout le réseau qui l’est, sur tout le territoire. C’est une excellente nouvelle qui confirme la méfiance des travailleurs envers leurs syndicats. Le motif invoqué pour le droit de retrait est un accident qui a eu lieu mercredi dernier dans les Ardennes. Le lobbyiste Edouard Philippe qui est aussi de temps en temps premier ministre, considère que c’est un détournement du droit de retrait. Il condamne cette attitude des cheminots, cependant comme il ne peut rien prouver, il est obligé d’encaisser le mauvais coup et de « se le manger »[6]. L’exaspération de la population face à l’incompétence de l’exécutif dans tous les domaines est telle qu’il ne nous étonnerait pas que ce type d’actions se développe dans un futur très proche ! Une multiplication des grèves sauvages pousserait au cul la bureaucratie syndicale qui se révèle d’une mollesse considérable et honteuse. 

    Acte XLIX, les pompiers dans la rue, les gilets jaunes au contact

    A Niort ils se sont installés sur un rond-point 

    Il y a aussi beaucoup de conflits sociaux qui alimentent les tensions, mais on n’en parle peu ou pas. Il faut savoir que les salariés de General Electric sont en lutte contre leur direction depuis quatre mois, tandis que l’intersyndicale tente d’arracher des miettes au gouvernement, alors qu’il s’agit de la désindustrialisation de la France et plus précisément de la désertification des territoires. Il semble bien que la situation soit plus explosive qu’il y a un an. Et même si la lutte passe par d’autres voies, les gilets jaunes seront forcément aux avant-postes pour la soutenir ! 

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    A Angers ils étaient présents face à la police 

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    A Nancy ils ont manifesté leur solidarité avec les pompiers matraqués par la milice de Castaner 

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    A Paris ils étaient plusieurs centaines



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