• Mensonge et répression, le dictateur Macron franchit un nouveau pas

    « Rendre la honte plus honteuse en la livrant à la publicité »

    Karl Marx 

    L’heure est grave, le premier mai 2019 constitue sans doute un tournant dans la guerre sociale que Macron a déclarée aux Français depuis son coup d’Etat du 10 décembre. Les journalistes des médias dominants – les autres sont trainés devant les tribunaux ou tabassés – ont une mauvaise réputation, et ce n’est pas usurpé. Voilà donc qu’hier, ils ont relayé des fausses nouvelles selon lesquelles des blacks blocs et des gilets jaunes complètement fondus et violents auraient attaqué un hôpital. C’est Le Parisien, le journal de Bernard Arnault, le sponsor du sinistre couple Macron – qui ressemble de plus en plus au couple Ceausescu et qui finira sans doute comme lui sous les crachats – qui a allumé la mèche[1]. Le point est un tweet de ce salopard de Martin Hirsch[2], un opportuniste de première qui passe de Sarkozy à Hollande et de Hollande à Macron sans état d’âme. Dans ce répugnant tweet que nous reproduisons ci-après, alors qu’il n’est même pas sur place, il raconte que des manifestants/casseurs se sont introduite violemment dans le service de réanimation chirurgicale. Et il termine en disant « merci la police ». Ce menteur de profession oublie de dire 1 que ce sont les policiers eux-mêmes qui ont attaqué les manifestants et que ceux-ci ont dû se réfugier dans l’hôpital pour se protéger des gaz lacrymogènes, et que les policiers sont venus les matraquer jusque dans l’hôpital. La vérité est rétablie par le site Révolution permanente, vidéos à l’appui[3].  

    Mensonge et répression, le dictateur Macron franchit un nouveau pas

    La manipulation est grossière, quoi qu’on pense des Blacks blocs et des gilets jaunes, ils ne s’en sont jamais pris à un hôpital. Dès que cette nouvelle a circulé, je me suis dit que c’était faux, quoi qu’on pense des blacks blocs et des gilets jaunes ce n’est pas leur style d’attaquer un hôpital. Quand ils sont violents ils s’en prennent à des magasins, ou aux policiers eux-mêmes, ou encore ils brûlent des voitures. Mais ce n’est pas la même chose. Ce ne sont pas des soldats de Daesch. Ils n’affrontent pas les policiers dans des espaces fermés dont ils ne peuvent plus sortir. Le témoignage ci-dessous montre qu’on va finir par voir sortir la vérité sur cette affaire. Le monde a déjà rectifié les informations gouvernementales et démontré qu’il n’y avait aucune preuve que les manifestants aient attaqué l’hôpital de propos délibéré[4]. Même BFM TV diffusera un témoignage d’un « soignant » qui dément en clair les assertions de Hirsch et de Castaner[5]. Voilà comment agit la Macronie, en mariant répression sauvage et mensonge manipulatoire. 

    Mensonge et répression, le dictateur Macron franchit un nouveau pas 

    Que recherche la Macronie à travers ces mensonges ? D’abord grâce à la puissance de feu des médias dominants, ils espèrent faire passer les gilets jaunes et les blacks blocs pour des abrutis, et les syndicats des imbéciles qui acceptent de mêler leur cortège avec celui de ces « sauvages ». Jeudi matin, même des gens bien intentionnés s’offusquaient de l’intrusion des gilets jaunes dans l’espace hospitalier, répétant sans précaution les éléments de langage de la canaille macronienne. Mais le deuxième aspect de cette politique de répression fascistoïde est de terroriser les manifestants : ils ne sont plus à l’abri nulle part, et surtout pas dans les hôpitaux. On sait que le gouvernement a demandé au personnel hospitalier de ficher les gilets jaunes admis aux urgences. Et cette idée moisie qui a été d’ailleurs mollement contestée par les médias dominants, a été par contre avalisée par Martin Hirsch lui-même. Cela a été révélé par Le canard enchaîné[6]. 

    Mensonge et répression, le dictateur Macron franchit un nouveau pas

    La milice de Castaner agresse le cortège de la CGT 

    Cette volonté manifeste de terroriser les manifestants s’ajoute aux lois qui ont été votées et aux interdictions de manifester que les préfets prennent ici et là. La manière dont la CGT a fait hier les frais de cette politique dictatoriale en est la preuve. Le cortège à la tête duquel se trouvait le très mou Martinez a été directement attaqué par les miliciens de Castaner. On a prétendu que les flics en avaient après des blacks blocs infiltrés dans le cortège de la CGT, et donc qu’ils visaient d’abord les blacks blocs et pas les cégétistes. C’est un mensonge de plus. Les vidéos et les images montrent clairement que les policiers attaquent le cortège de la CGT sur les flancs alors même que les cégétistes défilent tranquillement. Le service d’ordre de la CGT est tellement bien rodé que cette fable – reprise d’ailleurs par plusieurs médias pourris – ne peut pas être crédible. Essayez de vous immiscer dans un cortège de cégétistes, cagoulés et agressifs, vous allez voir ce qui se passera. Martinez qui a dû prendre les jambes à son cou, a dénoncé comme il se doit cette agression jamais vue à l’occasion du 1er mai. Mais sans remettre en cause le comportement même des policiers. Il avance l’idée générale qu’ils ont des ordres. Certes, mais la sauvagerie dont ils font preuve montre à quel point cela leur plait.  

    Mensonge et répression, le dictateur Macron franchit un nouveau pas

    Dans le même temps où on dissertait sur cette agression, on apprenait que la CGT était punie par le gouvernement qui, devant mettre en œuvre les propositions fumeuses de Macron, invitait à débattre de la manière la CFDT – qui n’avait pas participé aux défilés – mais pas la centrale de Montreuil ! Hier sur BFM Martinez confirmait à 19 h 30, qu’il n’avait plus aucune liaison avec le gouvernement. Que cherche Macron ? D’abord tenter d’empêcher que la CGT soutienne les gilets jaunes. On sait que beaucoup de cégétistes poussent dans ce sens, mais pour l’instant Martinez a toujours freiné ce mouvement. Donc en matraquant le cortège syndical, Macron et Castaner envoient un signe fort : si vous voulez qu’on cause avec vous, séparez vous des gilets jaunes. Mais cette attitude bestiale qui tente d’isoler la CGT risque de se retourner contre la Macronie. Chacun sait que Martinez est très contesté par les cégétistes justement pour sa passivité face à la contestation des gilets jaunes. Or le camouflet qu’il vient de recevoir de la part du gouvernement va probablement l’amener à changer d’orientation et à se rapprocher un peu plus des gilets jaunes. Par ailleurs les gilets manifestant avec la CGT et les autres syndicats, ont fait la preuve qu’ils n’étaient pas fachos, et qu’au contraire ils avaient une conscience de classe et des revendications solides. Le fait d’avoir délibérément un syndicat réformiste est une déclaration de guerre, mais cela passe très mal dans l’opinion et va sans doute se retourner contre le gouvernement. Mais pour en arriver à de telles extrémités, il faut croire que la Macronie est inquiète pour son avenir à court terme.  

    Mensonge et répression, le dictateur Macron franchit un nouveau pas

    Sur cette image on voit que la police tire de loin sur le cortège de la CGT 

    Les mensonges de Castaner et de Macron sont en train de s’évaporer, beaucoup de billets circulent sur les réseaux sociaux pour mettre en doute non seulement l’idée que la milice n’attaquait pas la CGT mais les blacks blocs, mais aussi sur ce qui s’est réellement passé à l’hôpital[7]. Nul doute que Macron va être une nouvelle fois condamné par l’ONU et par la Commission européenne des droits de l’homme pour son comportement fasciste. En attendant, il faut faire circuler abondamment la vérité sur ces deux affaires qui en fait se tiennent. Nous ne sommes plus en démocratie, ce 1er mai en est la preuve cinglante. Face à cette dérive, nous devons tous prendre nos responsabilités.  

    Mensonge et répression, le dictateur Macron franchit un nouveau pas 

    A la suite du tollé que les assertions du gouvernement et des médias aux ordres ont provoqué, Le monde s’est cru de faire une mise au point sur la question de « l’envahissement » de l’hôpital de la Salpêtrière par les horribles blacks blocs et les gilets jaunes. Cette mise-au point sérieuse dégonfle sérieusement toutes les fakes news circulant depuis 24 heures dans les médias dominants[8]. En très mauvais communicants, les affidés de la Macronie se sont encore un peu plus ridiculisés. Si Macron et Castaner ont gagné un peu de temps, ils ont renforcé sur le long terme leur mauvaise réputation de truqueurs et de manipulateurs. Qui dorénavant les croira ? La ligne politique de Macron est directement inspirée de Goebbels, mais elle prend le peuple un peu trop pour un ramassis d’imbécile, alors que les membres de ce gouvernement sont plus bêtes que lui !! 

    Mensonge et répression, le dictateur Macron franchit un nouveau pas

     

    Terminons ce long billet par une petite vidéo qui montre que les miliciens de Castaner aiment frapper lâchement des personnes sans défenses, ils n'ont pas seulement des ordres pour faire mal, ils anticipent ces ordres. Ce n'est plus une police républicaine, mais une police politique. C'était le 1er mai, et sous la direction de Lallement, ça ne s'invente pas. Ca se passe en France, et ça nous fait honte



    [2] Je n’ai pas trouve d’autre mot pour qualifier ce type qui émarge à 300 000 € par an.

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  •  Le premier mai, les syndicats et les gilets jaunes

    Le premier enseignement qu’on doit tirer de la manifestation du 1er mai 2019, c’est que grâce aux gilets jaunes, le nombre des manifestants a été doublé. Ce qui veut dire clairement que les syndicats sont à la remorque du mouvement social et se trouvent dans l’impossibilité de le faire. Dans une article récent Jean-Michel Dumay montrait comment la CGT n’avait plus de proposition sérieuse pour changer la société, comment elle avait abandonné le langage de classe pour se refermer sur des revendications catégorielles[1]. Ses effectifs sont en chute libre, ils seraient aux alentours de 640 000, et aux élections professionnelles, c’est maintenant la CFDT qui a la première place. Le syndicat jaune revendiquait aux dernières nouvelles 623 000 adhérents[2]. Le syndicalisme se meurt, alors même que les revendications sociales sont très fortes et le peuple très combatif. Laurent Berger faisait le malin sur BFMTV le 1er mai 2019 en avançant que la CFDT obtenait bien plus que ce qu’on croit dans les entreprises, c’est là que serait son efficacité. Ce discours sournois est sensé valider l’abdication devant les lois Macron. Mais le discours de Berger ne passe pas, d’abord parce que le taux de syndicalisation est très faible dans les entreprises[3], et que seules les lois nationales sur les salaires et les conditions de travail peuvent protéger les salariés dans des petites entreprises sans section syndicale. Les lois Macron approuvées et souhaitées par le syndicat jaune dirigée par Laurent Berger accélère de fait les inégalités devant la loi : les salariés des grandes entreprises, parce qu’ils ont des sections syndicales fortes, ont plus de droits que les salariés des petites entreprises. Il conforte le dualisme du marché du travail qui plait tant aux économistes libéraux.

     Le premier mai, les syndicats et les gilets jaunes 

    La collaboration de classe 

    La CFDT s’est faite par ailleurs la défense d’une ligne apolitique – après nous avoir saouler avec l’autogestion – donc au ras des intérêts catégoriels. Mais dans les faits cela revient à soutenir le projet néo-libéral et Macron, puisque cette centrale ne remet aucune loi votée par l’assemblée nationale depuis mai 2017, et d’ailleurs tout apolitique qu’il dise être Berger a bel et bien appelé à voter Macron pour contrer Le Pen[4]. Tout apolitique qu’il soit le sinistre Laurent Berger, homme à tout faire du MEDEF, crachait son venin contre les gilets jaunes en les dénonçant comme des factieux, et donc se rangeant implicitement dans le camp de Macron[5]. Evidemment la CFDT qui ne fait pas de politique ne s’est pas jointe à la manifestation unitaire du 1er mai 2019. Laurent Berger préfère signer une « tribune » à la gloire de l’Union européenne avec le MEDEF, sans faire de politique bien entendu[6]. Ce qui en clair signifie que le MEDEF et la CFDT poursuivent très exactement le même but. 

    Le premier mai, les syndicats et les gilets jaunes 

    Si la ligne de la CFDT c’est ouvertement la collaboration de classe, celle de la CGT n’est pas des plus claires. Comme le soulignait Dumay dans l’article que nous avons cité plus haut, la CGT n’a plus de boussole depuis que l’URSS s’est écroulée, et qu’elle s’est détachée du PCF. Elle a abandonné l’idée d’un syndicalisme de transformation sociale qui avait mis à ses origines l’abolition du salariat comme moteur de la mobilisation. Sans doute a-t-elle choisi cette voie par crainte de perdre tous ses adhérents. Mais c’est bien l’inverse qui s’est passé. Regardons le graphique ci-dessous. Nous voyons qu’il y a une baisse entre la Libération et la fin des années soixante, puis une remontée jusqu’en 1980. Ensuite une longue descente. On peut en déduire que le syndicalisme est fort quand il sait proposer une voie pour la transformation sociale. Car même si la CFDT se gargarise de sa première place aux élections professionnelles, elle ne représente qu’un peu plus de 600 000 adhérents, légèrement moins que la CGT. La misère d’un syndicalisme vient d’abord de son incapacité à s’opposer aux exactions de la finance internationale, à une déflation salariale mais aussi à la destruction des services publics. C’est sa mollesse qui le tue. 

    Le premier mai, les syndicats et les gilets jaunes 

    Taux de syndicalisation en France 

    La CGT est aujourd’hui sans boussole, et le fait que Martinez ait très mal conduit la grève à la SNCF, qu’il ait tout fait pour isoler les gilets jaunes, renforce son manque de crédibilité. Même si évidemment nous connaissons de très nombreux cégétistes qui se battent tous les jours sur le terrain avec beaucoup de cœur. On sait que la crise couve à la CGT, récemment Bernard Thibault qui a été opportunément nommé à l’OIT, avec un beau salaire exempt d’impôt et des avantages en nature intéressants, est venu au secours de Martinez pour tenter d’éteindre la contestation[7]. Thibault nous dit qu’il ne faut surtout pas changer de ligne, donc défendre le flou de la ligne Martinez, notamment pour rester dans le coup au niveau européen avec la CSE. Une ligne trop revendicatrice exclurait la CGT de la CSE. Mais adhérer à une boutique qui de plus en plus devient la courroie de transmission des politiques austéritaire européistes, est-elle un but en soi ?

     Le premier mai, les syndicats et les gilets jaunes 

    A Rouen les gilets jaunes ouvrent la marche devant les cortèges syndicaux 

    Cette année était particulière, en ce sens que le 1er tombe au moment où la crise sociale ouverte par la politique de Macron, politique soutenue en sous-main par la CFDT de Laurent Berger, est loin d’être refermée. Il s’ensuit que les cortèges étaient bien plus nombreux que d’ordinaire, les gilets jaunes les ayant considérablement renforcés. Cette convergence que les bureaucraties syndicales refusent depuis le début appelle deux remarques, la première est que les gilets jaunes ne sont pas des fachos ou des beaufs, à moins de considérés tous les syndiqués comme ça ! Ils sont donc tout le contraire de ce que dénonçaient en chœur Martinez et Berger et font montre d’une conscience de classe qui a déserté les cerveaux des cadres des syndicats. La seconde est que les formes de lutte du type défile Bastille-Nation, sont révolues, les temps demandent une appréciation plus offensive. Le 1er mai, Martinez a été pris à son propre piège : il s’est fait gazer comme un vulgaire gilet jaune ! En effet les cortèges syndicaux ont été attaqués directement par les CRS. Sans doute avaient-ils des ordres. Cette agression directe contre les gentils syndicalistes, non seulement confirme la dérive fascistoïde du régime macronien, mais en outre dans son immense bêtise va accélérer justement la convergence des luttes. Il n’est plus possible de cacher que nous sommes dans un régime policier. Pour l’instant les syndicats, les partis et les journalistes ont minimisé tous les éléments que pourtant le grand public connait. Ils ne pourront plus le faire longtemps.  En outre, la CGT ne sera pas invitée par Edouard Philippe qui manifestement veut renforcer la CFDT, sauf que cette stratégie stupide non seulement va couler la CFDT parce que les salariés n'aiment pas vraiment les syndicats maison, mais va pousser les autres syndicats FO, Sud et la CGT à se rapprocher des gilets jaunes. 

    Le premier mai, les syndicats et les gilets jaunes 

    A Paris, la police a fait preuve de son habituelle férocité 

    Certes il y avait des blacks blocs. En fin c’est ce qu’on dit. 2000 selon Castaner-le-menteur, venant de l’étranger bien sûr. Les casseurs quel que soit le pays viennent de l’étranger, l’étranger étant un pays à part qui fabrique et exporte des casseurs pour tout le monde, sans doute est-il financé par les Russes. Cependant la police n’a pas chargé les blacks blocs, mais les syndicalistes ! On espère que Martinez va réagir comme il se doit à cette nouvelle agression des milices de Castaner contre la démocratie la plus élémentaire.  Le monde précisait que c’était bien le cortège CGT séparé des autres manifestants qui avait été attaqué par les CRS et non les casseurs ou les blacks blocs. Selon Castaner-le-menteur il y avait 140 000 manifestants dans toute la France et 310 000 selon la CGT. Pour mémoire, la CGT revendiquait 210 000 manifestants le 1er mai 2018. La journaliste du Monde soulignait fort opportunément que c’était aussi l’anniversaire de l’affaire Benalla qui allait permettre de découvrir en long, en large et en travers, l’illibéralisme de Macron et de sa bande. On voit donc que l’effet gilets jaunes est important, non seulement parce qu’il permet aux cortèges d’être plus nombreux, mais aussi parce qu’il fait peur à la police au point qu’elle perd complètement les pédales. Bien évidemment, je ne l’ai pas dit, mais c’est sous-entendu, la CFDT n’était pas dans le défilé ! Sans doute que les hiérarques de cette boutique étaient bien trop occupés à collaborer avec Roux de Bézieux

    Le premier mai, les syndicats et les gilets jaunes 

    A Besançon la foule était très dense 

    Signe des temps, alors qu’on signalait des blacks blocs par centaines à Paris, c’est à Besançon que ce fut le plus chaud, les manifestants oint pris d’assaut le commissariat ! Il a fallu les gendarmes et les gaz lacrymogènes pour les déloger ! ceci confirme que gilets jaunes ou pas, la question sociale va nous occuper encore longtemps. Avant on manifestait que le samedi, maintenant c’est deux fois par semaine. Vu les plans sociaux qui s’annoncent, la guerre sociale va être vite relancée. Il faudra bien que Macron abandonne son immobilisme et sa posture mussolinienne, ou qu’il parte, il n’est pas fait pour gouverner dans une période aussi difficile que la nôtre – d’ailleurs on se demande bien pourquoi il est fait, peut-être pour vendre des cravates à la sauvette, il en a le bagout. Il y a par exemple une crise dans le secteur de la grande distribution qui va détruire des milliers d’emplois, alors que ces trente dernières années c’était là qu’ils se créaient[8]. Cette crise est un avant-goût de ce qui nous attends avec la révolution numérique.

    Le premier mai, les syndicats et les gilets jaunes 

    La police attaque le cortège de la CGT 

    Au moment de la dispersion des cortèges, Place d’Italie à Paris, les manifestants ont entonné La Marseillaise, hymne mondialement connu comme un appel à la révolte et à la Résistance, avec enthousiasme et vigueur. Martinez pendant ce temps jouait les couilles molles, en minimisant les violences des milices de Castaner. Démontrant par là que la CGT est complètement dépassée, à la remorque péniblement des gilets jaunes qui apprennent à se battre avec les milices du grand capital. Bref cette journée a dû décevoir Macron car elle montre que son imbécillité est en train, peu ou prou, de faire converger les luttes sociales. La CGT est aujourd’hui bien obligée de tenir compte non seulement des revendications très précises des gilets jaunes, mais également de s’inspirer de leurs méthodes. Juste un peu avant, on avait eu droit au discours fumeux de Laurent Berger qui, sur BFM TV, répétait qu’il condamnait toutes les violences, sous-entendant par là que les milices de Castaner n’étaient pas les seules responsables de ce climat de guerre civile qui plombe la vie sociale. Bassement obséquieux avec Macron, il disait que les annonces que celui-ci avait faites étaient belles et bonnes, mais qu’on attendait de voir leur concrétisation. Ce petit domestique oubliait de dire que sir Macron ne bougeait pas l’âge officiel de départ à la retraite, il modifierait le nombre des trimestres de cotisation, ce qui en clair voulait dire que si tu veux avoir une retraite à taux plein, il faudra bien que tu fasses sauter le verrou des 62 ans de toi-même.

     Le premier mai, les syndicats et les gilets jaunes 

    Des milliers de manifestants à Marseille



    [1] Jean-Michel Dumay, « La CGT à l’heure des gilets jaunes », Le monde diplomatique, mai 2019

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  •  Guy Debord, Stratégie, L’échappée, 2018.

    Voici un ouvrage qui vient à point nommé. En effet, comme nous sommes dans une configuration d’affrontement social particulièrement forte, et les événements du 1er décembre l’ont confirmé, on comprend bien l’importance de la stratégie en la matière. Ce sont ici des notes et des fiches de lectures sur les grands stratèges ou les grands théoriciens de la guerre. Essentiellement des hommes de guerre donc. L’échappée a décidé de publier les notes de lectures de Guy Debord par thème, la stratégie, la poésie, le marxisme, etc.

    Guy Debord, bien qu’il n’ait mené aucune guerre sur le plan matériel, se définissait comme un stratège. Il considérait les théories comme des petits bataillons qu’on devait lancer dans la guerre, au risque de les perdre. On trouve des références guerrières et militaires dans toute son œuvre, que celle-ci soit écrite ou qu’elle soit filmée. Et donc Debord a beaucoup lu, que ce soit sur les guerres antérieures à la Révolution française ou que ce soit sur les guerres napoléoniennes qu’il n’aimait pas, sans doute trop modernes à son goût, et bien Clausewitz. Ces lectures serviront ultérieurement au développement d’un jeu de stratégie, le jeu de la guerre dont il déposera le brevet et dont il publiera les principes aux éditions Gérard Lebovici en 1987. Ce jeu fera par la suite l’objet d’un développement sous forme de programme électronique et des cercles de joueurs apparaitront à Saint-Pétersbourg, à Londres, ou aux Etats-Unis. Mais peu importe l’intérêt de ce jeu, on peut le juger très inférieur au jeu d’échecs par exemple, ce qui est intéressant c’est que la guerre, telle que la regarde Guy Debord est une forme particulière d’appropriation de l’espace. Les différentes citations et notes que recopie Guy Debord le montrent, il regarde cet espace sur lequel se meuvent des figures, des armées qui se regroupent ou qui se divisent avec des principes plus ou moins bien assimilés et compris, où le hasard intervient également.

     Guy Debord, Stratégie, L’échappée, 2018. 

    Guy Debord et Alice Debord jouant au jeu de la guerre 

    Et c’est sans doute là qu’intervient la poésie. Si la guerre est un jeu, alors c’est dans l’action que se découvre sa vérité au moins autant que dans son but. A la surface d’un espace plus ou moins accidenté, des troupes se meuvent avec des objectifs pas toujours très lisibles. En tous les cas les adversaires ne peuvent poursuivre les mêmes buts. On se souvient que Guy Debord dans sa jeunesse avait développé des métagraphies à partir de morceaux de plan de Paris qu’il reliait entre eux avec des flèches. Cette idée lui était venue probablement en lisant Jacques Yonnet qui avait publié en 1954 un ouvrage extraordinaire intitulé Enchantements sur Paris[1]. Dans cet ouvrage Yonnet racontait l’histoire d’un gangster qui semble-t-il fut ensuite condamné à mort, et qui se promenait avec dans les poches des morceaux d’arrondissements de Paris reliés entre eux avec des bouts de ficelle. Ces éléments indiquent une autre manière de se saisir de l’espace et de se l’approprier.

    Guy Debord, Stratégie, L’échappée, 2018. 

    Ce qui intéresse Debord à travers ces notes et références, c’est ce que pense les militaires de leur propre métier, leurs principes dont le rigorisme a finalement une sorte de poésie parce que le but est seulement subordonné à leur capacité de briller. C’est typique dans les phrases que Debord relève à propos de Napoléon dont le parcours le laisse très dubitatif. Il salut son courage aussi bien que sa démesure, cette folie de vouloir se rendre le maitre du monde, en même temps il semble lui reprocher de ne pas avoir suffisamment de recul sur lui-même. On voit bien ce qui intéresse Debord, les rêves de grandeur, engoncés dans une mélancolie sans fin à la recherche des temps héroïques. Et si Debord voulut être un héros, ce fut seulement dans l’intention d’être un héros négatif. 

    Guy Debord, Stratégie, L’échappée, 2018. 

    Cependant on ne doit pas oublier les buts politiques de la guerre. Debord recopie de nombreuses citations de Clausewitz qui vont dans ce sens. Mais évidemment les buts de la guerre changent avec les époques. L’ensemble de ces notes dessinent une Europe qui est à la recherche de ses frontières et donc dans la formation des nations, frontières que l’Union européenne voudrait bien voir effacées. A cette époque, rien n’est fixé, l’espace est mouvant, que ce soit la Prusse ou l’Empire Autrichien, ou même aussi les contours de la France qui sera pendant longtemps le pays le plus puissant sur le plan militaire, parce que le pays le plus puissant sur le plan démographique. Les guerres modernes le concernent moins parce qu’elles sont trop dépendantes sans doute de la technique et de la richesse qui les finance. Debord était très intéressé par l’analyse des conflits militaires quand les forces sont inégales. Comment faire en sorte de triompher avec des troupes moins nombreuses ? Deux facteurs sont décisifs : d’une part le courage et la détermination, et d’autre part la capacité tactique de regrouper ses forces pour attaquer les points faibles des forces opposés. Ce qui ressemble aux harcèlements de la guérilla urbaine et qui rencontre un écho inattendu avec ce qui s’est passé le 1er décembre 2018 quand des gilets jaunes en nombre très inférieurs ont attaqués des forces de l’ordre suréquipées pendant presque toute la journée.

    La lecture de ces notes, forcément décousues, et qui sans doute n’ont jamais été prévues pour être publiées donne un sentiment étrange. Comme elles sont décousues, elles forcent l’imagination et développent chez le lecteur une sorte de rêverie curieuse.

    Voici une citation de Jacques-Antoine-Hyppolite de Guibert :

    « La moitié de l’Europe est habitée par des artistes, des rentiers, la plupart célibataires, gens qu’aucun lien n’attache au sol sur lequel ils vivent et qui affichent hautement cette maxime dangereuse : ubi ben, ibi patria, La peste est en Provence. Eh, bien, disent ces cosmopolites, j’irai habiter la Normandie. La guerre menace la Flandre ; j’abandonnerais cette frontière à qui voudra la défendre et je vais chercher la paix dans les provinces éloignées ».

    Voilà qui laisse songeur ! Ce n’est pas un hasard si Apollinaire le poète soldat était aussi le poète préféré de Guy Debord.

     Guy Debord, Stratégie, L’échappée, 2018.

    Si je mourais là-bas...


    Si je mourais là-bas sur le front de l'armée

    Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée

    Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt

    Un obus éclatant sur le front de l'armée

     

    Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

    Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace

    Couvrirait de mon sang le monde tout entier

    La mer les monts les vals et l'étoile qui passe

    Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace

    Comme font les fruits d'or autour de Baratier


    Souvenir oublié vivant dans toutes choses

    Je rougirais le bout de tes jolis seins roses

    Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants

     


    Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses

    Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

     

    Le fatal giclement de mon sang sur le monde

    Donnerait au soleil plus de vive clarté

    Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde

    Un amour inouï descendrait sur le monde

    L'amant serait plus fort dans ton corps écarté


    Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie

    - Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie

    De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur

    Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur

    Et sois la plus heureuse étant la plus jolie


    Ô mon unique amour et ma grande folie

    30 janvier 1915, Nîmes

     

     



    [1] Denoël, 1954. Jacques Yonnet fréquentait dans les années cinquante la Contrescarpe et la Montagne Sainte-Geneviève, tout comme Debord.

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