•  Acte XXVI, six mois que ça dure, et ce n’est pas terminé ! 

    Une manifestation assez fournie à Paris 

    Il est vrai que les gilets jaunes sont moins mobilisés qu’il y a deux ou trois mois. Mais enfin, selon France Police, ils étaient encore 60 000 ce samedi 11 mai, soit à peu près autant que la semaine dernière. Plusieurs milliers à Paris qui ont défilé sous une pluie battante. Officiellement 2000 à Nantes et 2000 à Montpellier. Bien que Castaner-le-menteur nous dise qu’ils n’étaient que 2700 dans toute la France, il avait encore déployé sa milice pour casser du gilet jaune de la manière la plus sauvage possible. On se demande comment il compte, mais s’ils étaient aussi peu nombreux il n’aurait pas besoin de faire tirer dans le tas avec de LBD40. A Nantes, Lyon, Marseille, la milice a tiré des salves de grenades lacrymogènes et à matraquer les manifestants. Regardons la contradiction entre les chiffres de Castaner-le-menteur et le compte rendu de La dépêche : Selon le ministère de l'Intérieur, 2 700 manifestants ont été recensés en France à 14 heures, dont 600 à Paris.

    « A Lyon, quelque 2 500 personnes dont Jérôme Rodrigues ont commencé à défiler dans le calme et sous une averse de grêle en début d'après-midi.  

    A Nantes, c'est Maxime Nicolle dit "Fly Rider" qui avait fait le déplacement. Ils étaient là aussi entre 2 et 3.000, sous escorte de la gendarmerie mobile et d'un hélicoptère, constatait une journaliste de l'AFP. Rapidement, la situation s'est tendue. »[1] Comme on le remarque facilement, rien qu’en tenant compte des chiffres de Lyon et de Nantes, nous sommes déjà au double du chiffre officiel de Castaner ! Ce gouvernement ment encore plus que ceux qui l’ont précédé, à peu près sur tous les sujets dont il traite. Les perroquets qui sont employés dans les médias répètent pourtant ces menteries et croient que la mobilisation est en baisse parce que Castaner le leur a dit. Ils en font des gros titres sans rien vérifier. Bien sûr que la mobilisation est en baisse, mais pas d’un samedi l’autre. Du reste dans la soirée du 11 mai, Castaner avouera 18 600 manifestants sur toute la France soit le même chiffre que pour l’acte XXV, mais il ajoutait que c’était la plus faible mobilisation. On se console comme on peut de l’irréductibilité des gilets jaunes.

     Acte XXVI, six mois que ça dure, et ce n’est pas terminé ! 

    A Marseille les gilets jaunes se sont joints aux marcheurs pour un logement décent 

    Entre les matraquages intensifs et les interdictions de manifester, on peut saluer le courage des gilets jaunes qui bravent les miliciens de Castaner. Il faut croire que la colère est très profonde pour que cela tienne encore. Ce qui nous fait dire que le mouvement pourrait très bien rebondir rapidement. A Marseille par exemple, les manifestants ont affiché non seule la haine habituelle de Macron et de Castaner, mais également celle de Jean-Claude Gaudin, le maire affairiste de la ville qui est accusé d’incompétence et d’inaction sur la question des logements vétustes qui s’effondrent et qui tuent. Il n’empêche, malgré le pacifisme évident de la déambulation hebdomadaire, les forces de l’ordre – que dans le temps on appelait à juste raison les cognes – se sont précipités pour en découdre. On ne répétera jamais assez que le niveau inédit de la répression tout azimut est un frein pour la mobilisation. A Nantes on a vu un milicien, soi-disant gendarme, sortir une arme à feu pour braquer les manifestants[2], ce qui prouve que nous sommes dans un climat de guerre civile qui est entretenu plus ou moins consciemment par l’Elysée. 

    Acte XXVI, six mois que ça dure, et ce n’est pas terminé ! 

    Montpellier une mobilisation solide 

    Les macroniens évidemment disent que ce mouvement ne sert plus à rien et qu’il n’intéresse plus personne. C’est faux, ce mouvement a obtenu de très grands résultats. D’abord il a permis une relance du pouvoir d’achat pour les plus faibles revenus, et cela malgré la pingrerie bien connue de Macron. On peut toujours discuter de la manière dont cette hausse du pouvoir a été financée – elle le sera sans doute par une augmentation des prélèvements fiscaux sur les classes moyennes. Ensuite, les gilets jaunes ont montré que non seulement le pouvoir mentait en permanence, mais qu’en outre il avait une conception de la démocratie très particulière. Macron respecte d’Etat de droit tant qu’on ne le contrarie pas dans ses plans, sinon, il vous envoie ses miliciens pour vous casser la gueule et vous fourrer en prison. Même chose pour la justice, grâce au gilets jaunes on a vu ce que vaut la conscience d’un juge, on se croirait sous Vichy. Je savais bien que les juges étaient par essence un peu réactionnaires, mais je pensais qu’ils avaient tout de même un peu évolué. Par exemple, à Toulouse un juge a osé prendre en considération cette idée loufoque selon laquelle un handicapé aurait agressé violemment un policer avec son fauteuil ! Considéré comme une arme par destination, c’est parfaitement ubuesque[3]. Mais les gilets n’ont pas fait seulement la démonstration de ce qu’était la milice dans les mains d’une bourgeoisie contrariée. Il va y avoir des suites, l’IGPN bien qu’elle soit au service de la police en général a déjà bouclé 60 dossiers de policiers qui ont abusé de leur position, et cela va entraîner des sanctions en cascade. Les affaires judiciaires des policiers ultra-violents ne font que commencer, même si la hiérarchie freine des quatre fers.

     Acte XXVI, six mois que ça dure, et ce n’est pas terminé ! 

    A Lyon la milice a bombardé directement le cortège des manifestants avec des grenades lacrymogènes 

    Comme on le comprend il est impossible de faire à l’heure actuelle un bilan complet du mouvement des gilets jaunes, mais il semble bien que le référendum qui s’annonce sur la privatisation honteuse de ADP est aussi une conséquence de cette mobilisation inédite dans sa forme aussi bien que dans sa durée. Parmi les autres points positifs, il faut noter aussi la hausse du pouvoir d’achat, bien que la droite macronienne pleurnichent sur le coût de ce mouvement pour l’économie, il est généralement admis que c’est grâce à la relance du pouvoir d’achat que l’économie française se tient un peu mieux que celle des autres pays de l’Union européenne – notamment l’Allemagne. Mais admettre cela c’est aussi admettre que la politique économique de Macron – la théorie de l’offre – est particulièrement erronée dans un contexte de crise de la demande. Mais si nous constatons qu’il y a une base très solide pour le mouvement des gilets jaunes, il est impératif qu’il se renouvelle.

     Acte XXVI, six mois que ça dure, et ce n’est pas terminé ! 

    C’était plus calme sur les ronds-points, ici à Bretteville-sur-Odon 

    N’oublions pas que le mouvement est aussi très présent en dehors des grandes villes, et depuis la semaine dernière on commence à voir une réoccupation des ronds-points, ce qui est aussi bien sûr la conséquence de la répression féroce. Il est probable d’ailleurs qu’une occupation massive des ronds-points sera bien plus compliquée à réprimer que des manifestations traditionnelles, et c’est d’autant plus vrai que des petits groupes de gilets jaunes, 30 ou 50, suffisent à bloquer un rond-point. il y a 36 000 ronds-points en France et seulement 80 000 policiers mobilisables, soit un peu plus de deux par rond-point ! L’avenir appartient aux gilets jaunes.

      Acte XXVI, six mois que ça dure, et ce n’est pas terminé ! 

    A Baule-Meung, les gilets jaunes ont repris les ronds-points

    Acte XXVI, six mois que ça dure, et ce n’est pas terminé !

    A Nantes deux miliciens braquent des manifestants

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  •  David Cayla & Coralie Delaume, 10 questions + 1 sur l’Union européenne, Michalon, 2019

    Les élections pour le Parlement européen approchent à grands pas. Ce petit livre éclaire donc sur un nombre de points particuliers et importants de l’Union européenne et de son fonctionnement. On connait bien les auteurs, ils portent un regard plus que critique sur cette institution. Ils sont très souvent d’ailleurs assez proches des thèses de Jacques Sapir. Ici nous aurons droit à onze questions, traitées sous la forme de très courts chapitres. Trois points de vue sont abordés : d’abord la question des performances, mauvaises, qui entrainent automatiquement un rejet de l’institution qui se traduit aussi bien par la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne, que par la montée des partis populistes et souverainistes, de droite comme de gauche. Ensuite il y a le fonctionnement bien peu démocratique de cette construction hétéroclite – certains pays sont dans la zone euro, d’autres non. Cette absence de contrôle démocratique sur le fonctionnement de l’Union fait que la Parlement européen n’a aucun pouvoir décisionnel véritable, et que le pouvoir est concentré dans des sous-boutiques opaques et sans représentativité, comme la BCE, la CJE et bien sûr la Commission.

    Le troisième aspect de cette analyse est que les pays qui composent l’Union européenne n’ont pas tous le même poids. La Grèce ne pèse rien politiquement et économiquement, on peut la mettre en pièce comme on le veut. Mais il y a encore que nous nous trouvons dans une Union européenne allemande. Les auteurs montrent facilement que non seulement l’Allemagne est le pays le plus riche de l’Union européenne, pas de déficit, dette en recul, excédent commercial énorme, mais que ce pays place également ses compatriotes à la tête des institutions européennes qui comptent. Il en résulte que non seulement le couple franco-allemand n’existe pas – thèse développée plus en détail dans le livre de Coralie Delaume[1] – mais qu’en outre l’ensemble des pays de l’Union européenne s’aligne sur ses orientations pour ne pas dire ses directives. Longtemps la politique économique allemande était érigée en modèle, c’est un peu moins vrai aujourd’hui, outre-Rhin les problèmes s’accumulent. Sur la longue période, avec l’introduction de l’euro, les divergences se sont accélérées entre le centre et la périphérie de l’Union européenne. Non seulement la monnaie unique n’a pas joué le rôle que les européistes lui promettait, devenir le moteur de la convergence, mais elle a u contraire accéléré la divergence ! Ce qui est un échec complet du point de vue des ambitions affichées. Pour les auteurs cette logique integrative n’est pas viable. Dans l’ensemble l’ouvrage est bien documenté, mais il est un peu inégal, sans doute parce qu’il est plus facile de critiquer et de mettre en lumière ce qui ne va pas, que d’éclairer un nouveau chemin pour en sortir.

      David Cayla & Coralie Delaume, 10 questions + 1 sur l’Union européenne, Michalon, 2019

    La question de savoir si nous devons sortir de l’Union, européenne et de l’euro est posée. Donc si les traités sont amendables. C’est un enjeu crucial. Dans le débat politique actuel il y a deux aspects : est-ce que la sortie est inévitable ? Est-ce que la sortie a un coût supérieur à l’avantage ? Les auteurs soulignent deux choses, d’abord que, malgré la « réussite » récente du Portugal dans le cadre de l’euro, cette réussite est très relative. C’est un sujet important puisque pour beaucoup le Portugal est la preuve qu’on peut, même dans le cadre rigide des traités européens, mettre ne place une politique non-austéritaire. Je dois dire que ce chapitre ne m’a pas convaincu. Les auteurs ont seulement deux arguments :

    - le premier est que quoi qu’il en soit le Portugal a à peine retrouvé son niveau d’avant la crise de 2008, crise qui a, rappelons-le, accéléré les divergences entre les pays du centre et de la périphérie de l’Union européenne ;

    - le second est celui du « parasite ». Argument qui est souvent invoqué pour expliquer la dynamique des petits pays comme l’Irlande qui jouent des divergences de coûts salariaux, ou de la fiscalité pour obtenir des parts de marché au détriment des autres pays. Evidemment ce type de positionnement ne peut pas aller dans le sens d’une convergence de l’Europe, d’une Europe sociale.  

    David Cayla & Coralie Delaume, 10 questions + 1 sur l’Union européenne, Michalon, 2019

    Ce chapitre n’est guère convaincant, disons qu’il est insuffisant et ne clôture pas la question de savoir si dans le cadre des traités une autre politique économique et sociale est possible. Les auteurs abordent aussi difficilement la question de la sortie de l’euro et de l’Union européenne. Ils mettent en avant, et le Brexit le montre, que Bruxelles entend bien punir durement ceux qui tentent la sortie, et donc que même si à moyen et long terme les gains d’une sortie de l’Union européenne et de la monnaie unique sont à peu près certains, il y aura un coût important à court terme qu’il ne faut pas négliger. Si globalement je suis d’accord avec cela, je trouve que la démonstration est très lacunaire. Evidemment si on veut en sortir, il faut non seulement éviter le labyrinthe de l’article 50, mais ensuite prévoir le contrôle de la sortie des capitaux, la question de la transformation de la dette et sa réécriture dans la nouvelle monnaie nationale doit également être envisagée. Il y a des avancées sur ce terrain qui n’ont pas été prises en compte par les auteurs, notamment l’évaluation de la part de la dette libellée en euro, et celle qui peut être transformée facilement en monnaie nationale. Ils restent dans le vague sur ce point, sans qu’on sache pourquoi[2]. Or c’est un aspect décisif, car si sortir de l’euro et de l’Union européenne est un avantage, il faut être capable de le montrer, mais aussi de dire qu’il s’agit d’un objectif politique. D’ailleurs dans la question du Brexit revient souvent cette idée que quel que soit le coût de la sortie de l’euro, c’est nécessaire du point de vue de la souveraineté nationale. Sur ce point particulier, j’ajouterais deux choses, la première est qu’en accord avec nos deux auteurs, il faut être prêt à la sortie, intellectuellement, politiquement et techniquement. Ne pas être pris au dépourvu comme l’a été Tsípras qui s’est, malheureusement pour lui, transformé en traître de comédie parce qu’il ne savait pas comment faire face aux redoutables négociateurs de l’Eurogroupe. Un des aspects importants de cette affaire est que la monnaie n’existe pas en elle-même, elle n’existe que par la confiance qu’on lui accorde. Elle peut donc disparaître facilement, alors que l’économie réelle, ce sont des entreprises, des hommes, des machines qui produisent de la valeur d’usage et donc qui ne peuvent disparaître facilement. En outre, les conséquences d’une sortie de la France de l’euro doivent être appréciées à l’aide de deux critères décisifs :

    - d’abord le fait que le retour à la monnaie nationale se fera forcément dans une modification radicale des taux de change, l’euro se ré-appréciera par rapport au franc, ce qui bouleversera les positions commerciales de tous les pays de la zone, avec sans doute un gain de parts de marché pour la France et une perte de parts de marché pour l’Allemagne.

    - ensuite il vient que si la France sort de l’euro, d’autres pays la suivront presqu’automatiquement, l’Italie et l’Espagne en premier. Ces sorties sans doute désordonnées réaligneront l’Europe à partir de l’appartenance ou non à la zone euro, celle-ci devenant de facto une zone mark, avec toutes les conséquences qu’on peut imaginer. Nous rentrerions alors dans une nouvelle ère du capitalisme. 

    David Cayla & Coralie Delaume, 10 questions + 1 sur l’Union européenne, Michalon, 2019 

    Source Jacques Sapir 

    Dans l’ensemble, le livre de Cayla et Delaume pose les bonnes questions, et à ce titre il ouvre un débat important. Il a aussi l’avantage de bien mettre en évidence les difficultés auxquelles pourraient se heurter des velléités de réforme ou de sortie. C’est donc un ouvrage très utile au moment où la plupart des partis qui prétendent à gouverner se préoccupent plutôt du nombre sièges qu’ils sont capables de rafler afin d’assurer un salaire à quelques-uns de leurs affidés. L’Europe se targuait d’une remontée de l’estime des populations envers ses institutions vermoulues[3]. Cette remontée nous semble fragile et se trouve sans doute appuyée par les difficultés que rencontre le Royaume Uni pour s’évader de cette prison. Il est probable qu’on reviendra en arrière après les élections du parlement européen. Dans le graphique suivant, on voit que les Français sont très peu attachés à l’Europe, ils se sentent européens que pour 6% d’entre eux, c’est bien peu, alors que l’ancrage local et national est dominant. Ce ne sont pas les réformes promises qui vont changer quelque chose. L’Europe ne sera toléré que si ses résultats économiques et sociaux sont bons. Mais s’ils se détériorent encore – et on ne voit pas comment il en serait autrement – elle sera remise en question. Les gilets jaunes ont montré que la tendance moderne était plutôt en faveur de l’exercice d’une démocratie directe, or l’Union européenne représente exactement l’inverse : c’est une dictature opaque !

     David Cayla & Coralie Delaume, 10 questions + 1 sur l’Union européenne, Michalon, 2019

     

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  •  Macron et le 8 mai

    La pluie et la morosité étaient au rendez-vous de ce 8 mai 2019. La violence de la répression policière en France a des effets inattendus sur les cérémonies auxquelles participe Macron. Donc ce 8 mai qui commémore la défaite de l’Allemagne, sa reddition sans condition plus exactement. Cet événement considérable était un appel vers plus de liberté. Mais 74 ans plus tard ce que célèbre Macron sur une avenue des Champs Elysées déserte, c’est exactement le contraire : la fin des libertés et donc de l’Etat de droit. Malgré les sourires crispés des limaces qui entouraient le président-fou, Hollande et Sarkozy, on a observé que les Parisiens avaient été écartés de ces célébrations comme nous le voyons ci-dessous. L’Etat policier avait quasiment interdit à la population de se rassembler sur les Champs-Elysées de crainte évidemment que Macron ne soit conspué. Mais malgré le vide qui avait été organisé autour de lui, il fut tout de même sifflé dès qu’il apparut… de loin, et les « Macron, démission » habituels fusèrent[1]. Il doit s’y faire, il restera comme le président le plus haï de l’histoire de France. Et c’est le seul titre qu’il ne remportera jamais. Quelle différence avec ce qui s’était passé sur les Champs Elysées le 8 mai 1945, avec une foule en liesse ! Les deux photos que nous publions ci-dessous ont une double signification : d’abord elle montre qu’en 74 ans le pouvoir politique s’est complètement coupé du peuple. Et le président en exercice n’ose même plus sortir dans la rue sans sa milice qui l’accompagne. Il confisque donc les cérémonies pour son image – bien ternie il est vrai – mais il exclut le peuple des célébrations, restant dans l’entre-soi de l’oligarchie. On peu ainsi mesurer le chemin parcouru à l’envers et donc par conséquent directement la fin de la démocratie en France. Un président qui a peur à ce point du peuple peut-il encore gouverner ? Jusqu’à quand la milice le protégera du peuple en colère ? Mais on remarque que les partisans de Macron qui ont l’air de s’en foutre du 8 mai 1945 comme du 1er mai n’étaient pas là non plus. On n’a jamais vu, je crois, un président aussi isolé. Il est vrai qu’il s’est tellement coupé de la vie sociale et politique que son parti croupion n’est même pas capable d’organiser une manifestation, même un peu étroite, pour le soutenir. Je ne sais pas trop ce que représente pour les Français commémorations, parce que d’un côté on les couvre d’un grand apparat, et de l’autre, on dissuade le peuple de s’y rendre. Non seulement parce que la milice de Castaner l’interdit, mais aussi parce que les médias dominants tout occupé qu’ils sont à célébrer la mondialisation et l’Union européenne qui n’en est qu’un avatar, incitent le peuple à s’en éloigner pour préserver l’amitié franco-allemande. On se retrouve un peu dans la même configuration que celle qui consiste à dire que tout de même La marseillaise est un hymne un peu trop belliqueux. Il y a donc bien une contradiction dans les termes et on ne peut pas faire le grand écart permanent entre les deux.

     Macron et le 8 mai

     Les Champs Elysées le 8 mai 2019

    Macron et le 8 mai 

    Les Champs Elysées le 8 mai 1945

    Le second point de cet affadissement politique d’un régime qui vire à la dictature c’est qu’on n’ose pas parler de la capitulation de l’Allemagne. Et en effet, vu que nous vivons sous son joug par euro interposé, on n’ose pas rappeler que l’Allemagne non seulement pilla la France pendant 5 longues années, et que cela lui permit de prendre une avance de développement économique sur toute l’Europe, mais que si elle n’a jamais payé ses dettes de guerre – celles de 14-18, comme celles de 39-45 – c’est elle qui bénéficia le plus des aides américaines pour sa reconstruction. Mais Macron a décidé d’être le collaborateur le plus zélé de l’Europe allemande, au point de brader tous nos intérêts comme par exemple en signant le traité ignominieux d’Aix-la-Chapelle[2]. Le langage a changé. Le monde dans son compte rendu de la cérémonie parle de la capitulation du IIIème Reich, plutôt que de la capitulation de l’Allemagne, histoire de ne pas contrarier nos voisins, tant et si bien qu’on ne comprend pas que le 8 mai est d’abord la célébration d’une victoire militaire[3]. Alors que c’est bien cette victoire militaire, et le désarmement consécutif de l’Allemagne, et non pas la construction européenne qui allait ouvrir une longue période de paix. Mais la très grande majorité des Français ne font pas cette lecture et tient tout à fait à garder l’image d’une défaite militaire allemande. Pour obtenir une inflexion dans l’autre sens, et donc que finalement on ne célébrât plus la défaite de l’Allemagne, il va falloir retirer l’histoire de la Seconde Guerre mondiale des programmes scolaires ! Certes il y a des avancées depuis quelques années qui vont dans le sens d’un rétrécissement de la mémoire collective. Mais on n’en est pas encore là. On voit ici que le devoir de mémoire, comme on dit, se combine avec le combat politique pour entraver la marche vers la dictature du pouvoir des marchés. La façon dont Macron s’y prend pour célébrer le 8 mai, c’est en quelque sorte une manière de nous voler notre patrimoine commun. 

     Macron et le 8 mai 

    Dans la folie ordinaire du pouvoir macronien, Castaner-le-menteur n’a pas pu s’empêcher de mentir une fois de plus. Mais comme il n’y avait pas aujourd’hui de manifestation – c’était interdit n’est-ce pas – il a fait reporter son effort en faisant un peu de lèche aux policiers qui le protègent lui et son patron. Donc pour célébrer le 8 mai, non seulement il a évité de citer l’Allemagne ou les Allemands, mais il a célébré l’attitude de la police pendant l’occupation. C’est plus que du révisionnisme ! C’est une saloperie, justement parce que l’attitude de la police français pendant l’occupation pose un énorme problème. Si bien évidemment nous savons qu’il y a eu des policiers résistants, nous savons aussi que massivement ils ont obéi à Vichy, comme aujourd’hui ils obéissent voire devancent les désidératas de leurs patrons. Il y a bien en France un parti de l’ordre et de la collaboration qui est justement représenté par la police, celle de Vichy, ou celle de Macron, elle obéit aux mêmes réflexes. Je ne sais pas si c’est spécifiquement français, mais en tous les cas les flics n’ont jamais fait preuve dans leur ensemble d’une culture de résistance. La photo qui suit le tweet immonde de Castaner, montre la police française aux ordres de l’Allemagne en train de rafler des Juifs qui partiront ensuite pour les camps de concentration pour la plupart ne plus en revenir. Sans l’ignoble coopération de la police française, les Allemands n’auraient pas pu réaliser cette opération qui s’est développé sous la houlette d’un préfet qui ne n’appelait pas Lallement, mais Bousquet. Bref comme toujours Castaner aurait mieux fait de se taire, à moins que ce soit Sibeth Ndiaye qui lui rédige ses posts !

    Macron et le 8 mai

    Macron et le 8 mai

    Ce 8 mai 2019 est un nouveau fiasco pour Macron, et dans une moindre mesure pour Castaner. Mais à l’heure actuelle, tout ce qu’il touche se transforme en cauchemar et l’enfonce toujours plus dans sa nullité crasse. Je passe volontairement sur les annonces assez drôles qui consistent à faire le croire le temps d’une élection – les européennes – à un tournant écologique de ce petit monstre. Nous aurons l’occasion d’y revenir. Les trois ans qui viennent vont virer au cauchemar surtout que la conjoncture est mauvaise pour toute l’Europe et probablement même au-delà. Trois ans c’est très long pour nous, mais c’est très long aussi pour lui.

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  • Acte XXV, mobilisation en baisse dans les cortèges, les ronds-points réoccupés  

    A Montpellier les gilets jaunes sont revenus sur les ronds-points 

    La mobilisation des gilets jaunes s’est un peu réduite dans les cortèges, si on la compare à l’acte XXIV. Mais ce samedi vient juste après le 1er mai sanglant durant lequel la répression fut féroce. Evidemment Castaner nous dit qu’il n’y avait personne, pourtant, le syndicat France-Police dénombrait tout de même 60 000 manifestants, soit le même nombre que la semaine dernière[1]. La nouveauté de ce samedi, c’est que la police a empêché, sans trop de succès cependant, les gilets jaunes d’occuper les ronds-points comme ils l’avaient prévu. La tactique de Castaner et de ses miliciens semble être la suivante : empêcher les gilets jaunes d’occuper l’espace, les rabattre vers les centres-villes pour les piéger et les matraquer. Le but du gouvernement est d’empêcher les rassemblements à tout prix parce qu’il sait que les gilets jaunes sont très remontés et veulent continuer jusqu’à la démission de Macron. La mobilisation du 1er mai fut un succès, mais ce succès fut chèrement payé. Les blessés ont été très nombreux, les arrestations aussi, et les juges ont appliqués bêtement le délit d’intention pour condamner les gilets jaunes qui se sont fait prendre. On remarque que l’application de ce « délit » non seulement est la marque d’un gouvernement fascisant, mais qu’en outre il dissuade les gilets jaunes de manifester parce que pour les juges la seule chose qui compte c’est la parole des miliciens de Castaner. Et donc vous pouvez vous bloquer une amende ou une peine de prison avec sursis uniquement parce que la police vous a arrêté avec un gilet jaune. Depuis le coup d’Etat de décembre de Macron, on ne peut plus se tromper : la démocratie n’existe plus en France, et il a signifié – tel Napoléon-le-petit – du même coup la fin de la République. La France porte encore le nom de République, mais c’est une fiction. On pourrait dire d’ailleurs que la politique macronienne répressive, est le complément de l’intégration de la France dans l’Union européenne, et donc il faut malheureusement le dire, en même temps que la République, la France disparaît. Nous verrons bien le sursaut

    Acte XXV, mobilisation en baisse dans les cortèges, les ronds-points réoccupés 

    A Paris 

    Le plus inquiétant sans doute est l’apathie de Martinez et de la CGT. Mercredi 1er mai, Martinez a subi une attaque frontale avec grenades lacrymogènes, et charges brutales de CRS. Mais c’est à peine s’il a réagi. Voilà la CGT qui emboîte maintenant le pas de la CFDT. Cette centrale essuie les crachats sans broncher. Je n’ai jamais vu cela : avant la bureaucratie syndicale faisait au moins semblant, aujourd’hui, rien. Macron s’est essuyé les pieds sur la CGT, les a traités comme des chiens crevés, et il a bien raison de continuer vu l’absence de réaction. Donnons un exemple, le 4 mai les gilets jaunes étaient tous seuls à manifester à Roissy contre la privatisation d’ADP, comme si la CGT ne s’intéressait pas à cette affaire où des milliards sont en jeu pour le plus grand profit des amis très cupides de Macron. Autrement dit les syndicats ne font plus leur travail. Ils n’ont rien organisé comme riposte à l’agression du 1er mai, alors même que la mobilisation avait été massive. La CGT se considère donc comme vaincue avant même d’avoir combattu.

    Acte XXV, mobilisation en baisse dans les cortèges, les ronds-points réoccupés  

    A Pau 

    Pour cet acte XXV, on en est au 6ème mois, les gilets jaunes avaient modifié leur approche. Non seulement ils ont tenté avec plus ou moins de succès de reprendre les ronds-points, mais ils avaient multiplié les rendez-vous, ici des banquets, là des soutiens au personnel soignant des hôpitaux parisiens qui sont en conflit ouvert avec Martin Hirsch et la hiérarchie, ou encore des projections du film de Ruffin sur les gilets jaunes. Cette dispersion de la mobilisation voulue, fait comprendre pourquoi les cortèges étaient plus maigres que d’ordinaire[2]. 

    Acte XXV, mobilisation en baisse dans les cortèges, les ronds-points réoccupés 

    Les gilets jaunes ont manifesté à Roissy contre les privatisations d'ADP

    En attendant la colère enfle sur les réseaux sociaux où on fait circuler les photos des miliciens de Castaner qui ont été pris la main dans le sac. Par exemple celui qu’on voit ci-dessous est celui là même qui a cogné un manifestant qui a été obligé de se réfugier dans une cave à cigares. Il y en a d’autres dont il faut diffuser le portrait afin de leur faire le plus de honte possible, mais il n’est pas sûr qu’ils comprennent à quel point ils sont haïs et à quel point ils sont nuls sur tous les plans. Les gilets jaunes restent encore mobilisés fortement de partout dans toute la France. Il est impossible de savoir ce qui va se passer. Pour l’instant certains tentent de donner une suite politique au mouvement en présentant des listes gilets jaunes pour les européennes, ou des listes comprenant des gilets jaunes comme celle de Nicolas Dupont-Aignan qui a récupéré Jean-François Barnaba. En ce qui concerne Dupont-Aignan, on ne peut pas parler de récupération parce qu’il soutenu le mouvement dès ses débuts, mais cependant, il me semble que les gilets jaunes n’ont pas d’avenir à jouer le jeu de la politique politicienne. Non seulement parce que le jeu électoral est épuisé, l’heure est au RIC et à la démocratie directe, mais aussi parce que les élections pour le parlement européen ne servent à rien et n’intéressent personne. On attend une abstention supérieure à 55%. Mais les politiciens de profession n’en ont cure, et cherche un revenu pour eux ou pour un de leurs copains. 

    Acte XXV, mobilisation en baisse dans les cortèges, les ronds-points réoccupés 

    Ce sinistre individu a marqué l’opinion en cognant quelqu’un qui ne pouvait lui répondre 

    Des « artistes » ont signé également une tribune de soutien aux gilets jaunes, ça nous change un peu de tous ces crevards de la « bourgeoisie culturelle » qui se croient malins en crachant sur les gilets jaunes. Ils sont arrivés à réunir d’un seul coup 1400 signatures[3], dont des personnalités très connues comme Emmanuelle Béart ou Juliette Binoche. Ce n’est pas que le monde de la culture ait en lui-même de l’importance dans ce type de mouvement, mais cela contrebalance les pitreries des « artistes » qui se vautrent dans leur fange en crachant sur les gilets jaunes, et puis cela fait qu’ils se sentiront un peu moins seuls. Pour avoir une meilleure approche de ce qui se passe, il faut bien se souvenir qu’il y a tous les samedis des manifestations dans la moindre petite ville de province. Le 4 mai, La Roche-sur-Yon où la manifestation était interdite, il y a eu des affrontements violents avec la milice. Officiellement les manifestants étaient seulement 500, mais ils se sont tout de même bien battus contre l’interdiction de manifester[4]. Cette manifestation montre à quel point le mouvement est enraciné profondément et déterminé. Mais il y a des tas d’autres exemples, à Pau par exemple, ou encore à Angoulême où on était venu manifester en famille. A Dijon les gilets jaunes ont manifesté sous une pluie battante, mais ils ont été attaqués par la milice tout de même. Les journalistes se réjouissaient d’une faible mobilisation, mais c’est un décompte trompeur qui ne tient pas compte de la multiplicité des actions entreprises. 

    Acte XXV, mobilisation en baisse dans les cortèges, les ronds-points réoccupés 

    A Toulouse les gilets jaunes sont revenus sur les ronds-points 

    Bien évidemment il serait présomptueux de prétendre savoir dans quel sens ira le mouvement. Ce qu’il montre en tous les cas, c’est une grande détermination qui pourra rebondir n’importe quand, une exaspération nourrie et entretenue par la personnalité du président de la République qui présente de sérieux troubles de la personnalité. Mais c’est souvent le cas avec des dictateurs, on a cette impression de psychopathes arrivés là par hasard uniquement poussés par la volonté de nuire au plus grand-nombre. Mais Macron est en même temps un bienfait car s’il révèle le fond de l’exercice du pouvoir, il met aussi à nu les louches aspirations de ceux qui le suivent dans une entreprise de destruction de tout ce qu’il touche. « Le pouvoir est maudit, c’est pourquoi je suis anarchiste, disait Louise Michel » et c’est pire encore quand il n’y a plus de garde-fou à son exercice. Quand six mois Macron n’ait pas su trouver une solution politique à cette crise est aussi bien le symptôme de son incompétence que celui d’une impossibilité à l’âge du capitalisme mondialisé et dérégulé. 

    Acte XXV, mobilisation en baisse dans les cortèges, les ronds-points réoccupés 

    A Marseille les gilets jaunes se sont retrouvés sur le Vieux Port et ont remonté La Canebière

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  •                                             " Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet, mais ce n'est pas pour prendre de ses nouvelles. "
    Albert Camus

     L’affaire de la Salpêtrière ne doit pas faire oublier tout le reste 

    C’est entendu, les gilets jaunes n’ont pas attaqué un hôpital, mais ils se sont réfugiés dans l’hôpital pour suivre le gazage et le matraquage de la milice. Tous le monde tape maintenant sur Castaner parce qu’il a menti outrageusement comme le montre le tweet ci-après. Les gardes à vue ont été levées et la thèse d’une « intrusion » intempestive abandonnée[1]. On en fait des caisses maintenant sur les mensonges de Castaner. Mais il faut rappeler plusieurs choses :

    - d’abord que ça fait exactement six mois que Castaner ment sur tout, sur le chiffre des manifestants, sur les violences policières, sur les casseurs, bref sur tout. Il est donc dans la même ligne de conduite depuis 6 mois. Personnellement dès que j’ai vu ce communique de Castaner j’ai su qu’il mentait, blacks blocs ou pas. D’ailleurs le 1er mai on ne sait rien des soi-disant blacks blocs qui devaient déferler sur Paris depuis l’étranger ;

    - ensuite, en montant en épingler cette histoire, on oublie que le 1er mai les milices de Castaner se sont attaquées directement au cortège de la CGT. C’est assez inédit dans l’histoire. Depuis le Maréchal Pétain on n’avait pas vu cela. Castaner a encore menti en disant que la CGT n’était pas visée, mais que c’était juste des policiers maladroits qui visaient en réalité des blacks blocs infiltrés. Ce mensonge est aussi grave que le précédent. Mais il est peu relevé. Je précise tout de suite que je ne suis pas cégétiste, et que je porte un regard plutôt critique sur la mollesse de ce syndicat. Cependant il me semble qu’on a franchi un pas de plus vers la dictature en s’attaquant de fait aux libertés syndicales. 

    L’affaire de la Salpêtrière ne doit pas faire oublier tout le reste 

    On voit ici et là des hommes politiques ou des simples citoyens réclamer le départ de Castaner pour avoir menti et pour être incompétent[2]. Mais ce n’est pas le sujet. Car que ce soit Castaner ou un autre, ce qui est en question c’est la politique globale du gouvernement qui terrorise les populations. Quand la milice de Castaner bombarde le cortège de la CGT de grenades lacrymogènes, c’est délibéré, ce n’est pas de l’incompétence. Ce qui est visé c’est de dire à la CGT, si vous vous rapprochez des gilets jaunes on vous cassera la gueule. L’ignoble Aphatie a d’ailleurs vendu la mèche[3]. Le pouvoir a organisé une répression féroce. Ce qui a conduit d’ailleurs les gilets jaunes à se réfugier dans l’hôpital. N’hésitant pas à attaquer des cortèges pacifiques. Certes les flicaillons se délectent de ces matraquages sur des personnes désarmées et plus faible, mais ils sont couverts par leur hiérarchie, que ce soit Castaner, Lallement et au-dessus d’eux, évidemment Philippe et Macron. C’est pour cette raison qu’il est absurde de demander la démission du seul Castaner, certes, cela donnerait un coup sévère à Macron, mais ça ne le tuerait pas. 

    L’affaire de la Salpêtrière ne doit pas faire oublier tout le reste 

    Voilà les images du 1er mai devant l’hôpital de la Salpêtrière, le fascisme c’est maintenant 

    Il faut d’abord partir du fait que les mensonges sur le 1er mai – aussi bien en ce qui concerne la Salpêtrière que l’attaque du cortège de la CGT – servent à couvrir une marche du pouvoir vers le fascisme. C’est clairement la fin des libertés individuelles et de l’Etat de droit. Il convient donc de dénoncer le caractère dictatorial de l’exercice du pouvoir, et arrêter de croire que nous sommes en démocratie. Certes, il y a des dictatures encore plus sévères que la nôtre, mais ceci n’excuse pas cela. Le mensonge et la répression sont bien la marque d’un pouvoir fascistoïde – pour reprendre l’expression de Lordon. Ce que nous souhaitons c’est trois choses :

    - d’abord que les syndicats retrouvent un peu de combattivité au lieu d’essayer de se couper des gilets jaunes. C’est d’ailleurs l’apport des gilets jaunes au défilé du 1er mai qui en a fait un succès. Ce qui est en cause ici ce sont les bureaucraties syndicales qui semblent ne plus rien contrôler du tout et qui joue la passivité, car sur les ronds-points et dans les manifestations en gilets jaunes, il y a de très nombreux cégétistes et des membres de SUD ;

    - ensuite qu’on dénonce l’attitude des policiers. Ceux-ci se sont transformés en miliciens, protecteurs de l’oligarchie, alors qu’ils sont sensés défendre la République et qu’ils sont payés avec nos impôts pour cela. Il faut exiger qu’une partie de cette armée lancée dans la guerre sociale se détache de sa hiérarchie et en vienne à dénoncer les exactions commises au nom du parti de l’ordre et d’une logique versaillaise. Donc le mot d’ordre est le suivant, policiers rejoignez-nous si vous voulez qu’un jour on vous pardonne vos crimes. Le tollé que suscite ces deux affaires va introduire un coin entre les policiers, car il y en a tout de même qui ont honte de ce qui se passe ;

    - enfin, il faut faire pression sur la justice. Cela veut dire aussi bien dénoncer les jugements de complaisance contre les gilets jaunes, que dénoncer les violences policières en portant plainte systématiquement. On a des vidéos, des photos, des numéros de matricule qui peuvent facilement servir de preuve. A la suite du 1er mai, il semble que de nombreuses plaintes aient été déposées[4]. Il faut continuer, soit le régime s’assume dictature, soit il dépose les armes.

    L’affaire de la Salpêtrière ne doit pas faire oublier tout le reste 

    CRS lanceur de pavé ! 

    La remobilisation des gilets jaunes doit passer par là : dénoncer les mensonges et la répression systématique de tout ce qui bouge. Ce n’est pas un hasard si le terme de « milice » est maintenant généralement employé lorsqu’on parle des forces de l’ordre chargées de réprimer les opposants au régime. Sous les feux de la critique, Castaner a dû reculer, son poste de ministre est en jeu[5]. Mais gageons qu’il ne pourra pas s’empêcher de recommencer à mentir et de continuer à couvrir ses miliciens dans la répression des manifestants contre le régime. N’oublions pas l’essentiel, cette répression violente vise à interdire les manifestations. Officiellement, il n’est pas interdit de manifester, mais à vos risques et périls. C’est un peu comme la retraite, on peut la prendre à 62 ans, mais avec un taux qui ne permet pas de vivre. C’est là le sens des violences policières : à chaque mobilisation on voit les miliciens de Castaner charger, avant même que la manifestation arrive à son terme, même lorsqu’elle est déclarée, et comme les manifestants se rebellent, alors on dit qu’ils sont violents. Il semble que la prise de conscience se soit accélérée après ce funeste 1er mai. Enfin on prend conscience de l’étendue de la répression et de la nocivité des mensonges macroniens. Cette politique pourrie qui ne fonctionne pas depuis 6 mois montre que l’arrogance de Macron est dépassée seulement par sa stupidité comme le disait naguère un journal britannique[6] !

    En attendant Macron et Philippe ont repris leur dégringolade dans les sondages et les soutiens de la Macronie s’étiolent. Gageons que ce 1er mai sera leur tombeau politique. Ils n’ont plus que pour eux les nostalgiques de Vichy et les très riches ! 

    L’affaire de la Salpêtrière ne doit pas faire oublier tout le reste

     

     



    [6] On aurait aimé que ce soit un journaliste français qui ait un peu les couilles d’énoncer cette vérité ! Mais notre presse ne semble guère libre. https://www.telegraph.co.uk/politics/2019/03/08/macrons-arrogance-exceeded-stupidity-telegraph-readers-weeks/?fbclid=IwAR1tVYuK4ZwoUiQ9oXzhhXHL_iYDtWwEWCrMZ_VyHF5AjNqVoFzx74PugqI#comments

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