•   Les gilets jaunes luttent pour vos libertés 

    Je l’ai dit et redit depuis un moment, Macron s’oriente vers la dictature, et enfin on commence à s’en préoccuper. Il est vrai que si les journalistes faisaient leur travail, il mettrait cette dérive en perspective. C’est la marque d’un pouvoir très faible et sans appui dans l’opinion. La débauche de répression policière, les interdictions de manifester ont été condamnées par deux fois par l’ONU, par trois fois par la Commission européenne, une fois par la Parlement européen. Toutes ces boutiques ne sont pas a priori hostiles à Macron. Le Conseil Constitutionnel a retoqué la mesure phare qui donnait des pouvoirs exorbitants aux préfets pour gérer les manifestations sur l’espace public[1]. Amnesty International est aussi intervenu par deux fois pour dénoncer ce fascisme rampant. La dernière fois, c’était il y a quelques jours, pour dénoncer le tropisme illibéral de l’apprenti dictateur[2]. Macron ne survit que grâce à l’instrumentalisation de la justice et de la police, deux institutions qui restent bien passives. Sans ces deux piliers qui soutiennent l’innommable, il devrait partir. Samedi 6 avril 2019, la répression policière a été féroce, à Nantes, à Bordeaux, à Paris, à Lille, alors même qu’il n’y avait pas de casseurs, ni de blacks blocks, alors même que Castaner-le-menteur nous dit qu’il n’y a plus personne dans les manifestations hebdomadaires – si c’était vrai, on se demande bien pourquoi la police aurait la nécessité de réprimer aussi violemment des personnes manifestement pacifiques et désarmées. A Nantes on a vu la police gazer une fête foraine où il y avait de nombreux enfants. Voici ci-dessous, la vidéo de cette ignominie :  

      

    Cette situation inédite depuis l’Occupation appelle plusieurs remarques. La première est que nous ne sommes plus en démocratie, nous sommes entrés dans l’ère d’une dictature. Macron est démocrate lorsque ça l’arrange, mais dès qu’il est contrarié, que l’opposition se dresse contre lui, il s’affirme exactement pour ce qu’il est : un dictateur. La justice répond aux ordres, le doigt sur la couture du pantalon, on n’a vu pour l’instant aucun juge se rebeller contre ce qu’on leur demande de faire. La police s’en donne à cœur joie tabasse tout le monde, femmes, enfants, vieux, handicapés. Le contraste est frappant avec ce qui se passe en Algérie où la police a refusé d’obéir au clan Bouteflika pour matraquer les manifestants. La police et la justice se sont laissées instrumentalisées sans rien dire, on pourrait appeler ça le syndrome de Vichy. Sous le couvert de l’obligation qu’ils ont d’obéir aux ordres, ils se laissent aller à leurs pulsions profondes, comme leurs prédécesseurs qui servaient le Maréchal. Il y a eu en effet des témoignages de policiers pour dire qu’ils recevaient des « instructions illégales » auxquelles ils étaient obligés de répondre favorablement[3]. Mais c’est une présentation mensongère de la réalité. Quand ils visent les visages avec les LBD40, ce qui est illégal, ce n’est pas seulement qu’ils obéissent aux ordres, c’est qu’ils y prennent du plaisir. Sinon ils se débrouilleraient pour ne pas atteindre les yeux. Quand ils donnent des coups de pieds dans le ventre à une femme sans défense, rien ne les y oblige si ce n’est qu’ils se sont transformés eux-mêmes en bêtes au service d’une politique fasciste.  

    Les gilets jaunes luttent pour vos libertés 

    On l’a dit, les femmes ont été particulièrement servies en matière de répression. Certains policiers, sans doute un peu honteux de ce qu’ils faisaient, en ont convenu : ils ont des instructions venues du plus haut de la hiérarchie pour frapper les femmes méchamment, pour faire mal, parce que le mouvement des gilets jaunes est très féminisé, et que lorsque les femmes participent à un mouvement social celui-là va durer. Les femmes se sont faites gazer, tabasser, et pas pour rigoler. Il faut vraiment avoir une haine de soi terrible pour en venir à des extrémités pareilles quand soi-disant on représente les lois de la République. On a beau dire qu’il s’agit des instructions de Macron et de Castaner-le-menteur, il y va aussi de la responsabilité des policiers eux-mêmes qui s’abritent un peu trop facilement derrière les fameuses instructions. Ces instructions ne sont qu’un prétexte commode pour cacher sa propre responsabilité dans ce genre d’exactions honteuses.  On a vu plusieurs vidéos aussi de gilets jaunes handicapés, gazés, jetés à terre, au bas de leur fauteuil à roulettes. Les policiers ne peuvent pas dire qu’ils ne font que se défendre face à de dangereux séditieux. Ils sont complices d’une politique fasciste qui vise à mater les récalcitrants en les terrorisant.  

    Les gilets jaunes luttent pour vos libertés 

    Ce que nous présentons ici c’est un coup d’Etat larvé qui ne dit pas son nom et qui pour liquider les acquis sociaux de la Libération liquide du même coup la République.  Mais n’ayons pas peur des mots c’est bien d’un fascisme néolibéral dont il s’agit, fascisme d’un type nouveau qui se trouve – bonheur – compatible avec le projet européiste d’un gouvernement sans instance politique : le marché et la trique. Macron a confisqué avec leur complicité active la justice et la police, transformant celle-ci en une milice stupide et mauvaise, ivre de sa violence. Des reportages vidéo ont circulés qui montraient cette milice surarmée et suréquipée ayant hâte d’en découdre avec les gilets jaunes désarmés, attendant avec gourmandise le moment où leurs chefs allaient les autoriser à massacrer leurs vis-à-vis. La lâcheté a ainsi été élevé au rang de doctrine officielle. Les autorités en ont fait des tonnes quand un flic suréquipé, bien planqué derrière son bouclier, a reçu deux coups de poings de la part de Christophe Dettinger qui s’est rebellé parce que devant lui une femme se faisait tabasser par un policier sans honneur et sans fierté. Si le courage des gilets jaunes dans cette situation est exemplaire, celui des policiers est bien moins évident. Les images, les vidéos, nous montrent ces fonctionnaires se mettre souvent à plusieurs pour matraquer des personnes isolées prises au piège. Ils mentent aussi avec la régularité d’une pendule, il leur a fallu une semaine pour reconnaitre leur responsabilité dans « l’accident » de Geneviève Legay la septuagénaire d’ATTAC qui a été un peu plus que bousculée par la police à Nice. Et encore le procureur est revenu sur ses mensonges parce qu’une vidéo avait circulé sur tous les réseaux sociaux, faisant la preuve de leurs mensonges. Le progrès technique a au moins ça de bon qu’il apporte la preuve de l’ignominie policière : les téléphones portables – que les policiers détruisent quand ils le peuvent – sont très utiles aux manifestants. C’est d’ailleurs grâce à des vidéos issues de téléphones portables qu’on a eu la preuve irréfutable que l’Elysée avait produit un faux pour tenter de disculper Benalla dans l’affaire des manifestations du 1er mai 2018[4].  

    Les gilets jaunes luttent pour vos libertés 

    Il faut maintenant comprendre que cette répression policière, soutenue par une justice aux ordres, pose des questions bien au-delà de ce qu’on pense de la politique macronienne. Nous avons changé de régime : nous ne sommes plus en démocratie. Macron qui a toujours été à la fois un grand menteur et un baratineur, niait les violences policières, comme Castaner[5]. Mais la masse de vidéos et de photos témoigne contre lui. Ce dictateur au petit-pied, par ailleurs très peureux pour sa misérable personne, a franchi la ligne rouge. Certes il n’est pas le premier président à mentir et à abuser de l’usage de la violence, on l’avait vu lors du précédent quinquennat avec Valls par exemple, mais jamais on a été aussi loin. Ce changement a une signification profonde. Ce n’est pas simplement que nous sommes passés des deux présidents libéraux et européistes, Sarkozy et Hollande, à un type juste un peu plus fou, c’est le régime politique qui change de nature.  

    Les gilets jaunes luttent pour vos libertés 

    Autrement dit, il est impératif de soutenir les gilets, non seulement pour leurs revendications, mais aussi et surtout pour défendre la République que Macron a particulièrement abimée. Il est impératif d’arrêter de se voiler la face, et de rentrer en Résistance. Notre propre pays est aujourd’hui occupé par la canaille macroniste qui vend la France par morceau, des entreprises ici, des aéroports là. Le but est de s’en mettre plein les poches dans un minimum de temps. Pour réaliser ce projet d’enrichissement individuel – j’inclus le couple Macron dans cette entreprise – ils ont besoin de s’appuyer sur la force pour piller le pays. Nous devons donc chasser l’Occupant de l’intérieur et restaurer avant toute chose la République. On ne s’en tirera pas sans remettre en cause le personnel politique, mais aussi ces hauts fonctionnaires qui ont couvert et couvrent cette sinistre opération. Le fait que Macron ait nommé Lallement comme préfet de police à Paris en dit long : c’est son inconscient qui parle, comme lorsqu’il reprend le slogan En Marche qui est comme on le sait un slogan pétainiste. N’oubliez pas que dans le pétainisme il n’y avait finalement pas tant que ça d’idéologie, mais par contre il y avait cette volonté évidente de pillage. Tout démocrate un peu conséquent se trouve aujourd’hui de soutenir les gilets jaunes parce que ceux-ci sont maintenant le dernier rempart face à un effritement continu des libertés individuelles. Notez que le gazage massif des populations rappelle des jours sombres de l’Histoire. Des femmes des enfin sont gazés tous les samedis. Mais les belles âmes font encore semblant de ne pas voir le changement de régime : ce n’est plus anecdotique, ce n’est plus un dérapage, c’est une politique délibérée de terreur. Mais le plus choquant dans tout ça, c’est l’inertie des partis de gauche et des syndicats, en d’autres temps, ils auraient provoqué des manifestations au moins pour la défense des libertés. Là, rien du tout, Benoît Hamon va en voyage en Hongrie dénoncer le manque de liberté de la presse dans le cadre des élections européennes, comme si en France la liberté de la presse existait, comme s’il n’y avait pas de violences policières, ni de restriction du droit de manifester. Même la France Insoumise semble avoir passer le coup d’Etat de Macron par pertes et profits. On se souvient que dans le temps pour bien moins que ça le général De Gaulle avait droit à un tout autre traitement. Mais du côté des libertés fondamentales, il est clair qu’on est bien moins exigeant qu’il y a une cinquantaine d’années.  

     

    PS : Petit ajout sur ce qui s’est passé samedi dernier. D’abord nous avons la confirmation que le rassemblement des gilets jaunes sur le parvis de la Défense a rassemblé au moins entre 5 et 10 000 personnes. Les vidéos et les photos sur ce thème le montrent assez clairement. 

    Les gilets jaunes luttent pour vos libertés 

    Sur le parvis de la Défense, ils étaient plusieurs milliers  

    Le second point est ce qui s’est passé au Boulou. Les gilets jaunes ont bifurqué vers l’autoroute A9 pour y bloquer la circulation. Les gendarmes ont tiré des grenades lacrymogènes sans sommation, mais les gilets jaunes ont répondu, il s’en est suivi une bataille rangée de plusieurs heures selon Le journal catalan. Cette débauche de violence est le résultat de l’interprétation par les forces de l’ordre des interdictions de manifester prise par le préfet des Pyrénées orientales : Philippe Chopin. Les gendarmes ont effectué des tirs de LBD, plusieurs personnes ont été blessées, dont un homme de 77 ans. On parle de scènes de guerre[6]. Les chaînes de télévision ont occulté cet épisode, parce que sans doute cela peut donner des idées aux autres gilets jaunes. Mais on remarque d’abord que les gilets jaunes ont utilisé une stratégie de contournement pour conquérir et tenir des ronds-points pendant plusieurs heures. Ensuite qu’au moins 500 grenades lacrymogènes ont été tirées. Ce qui en dit long aussi bien sur l’importance et la dureté de la bataille que sur la détermination des gilets jaunes. Il y a bien un parfum de guerre civile en France, et cela persistera tant que Macron sera là, incapable qu’il est de faire un geste significatif.  

    Les gilets jaunes luttent pour vos libertés 

    Terminons sur une image souriante : le dimanche 7 avril 2019, Les foulards rouges avaient appelé à une manifestation de soutien à Macron et aux forces de l’ordre à la Bastille. Ce devait être un raz de marée, la preuve que les gilets jaunes ne représentaient pas le peuple, et que au contraire le peuple c’était eux. Ce fut un fiasco encore plus terrible que le 25 janvier 2019[7]. Il n’y avait personne, ou si peu. Mais en voulant démontrer que Macron et sa bande de pillards étaient légitimes, ils sont arrivés à l’inverse : ils ont fait la preuve que Macron n’a plus aucun soutien dans l’opinion. Ils étaient une poignée de vieux croutons, peut-être deux douzaines, les estimations de Castaner donnant pour sa part une cinquantaine de participants. Mais même en étant très large, on avait du mal à arriver à remplir un bus. Pour avoir une idée du rapport de forces, on peut comparer la photo ci-dessous, avec celle que nous avons mis plus haut et qui montre le rassemblement des gilets jaunes sue le parvis de la Défense. Notez que le 14 mars 2019, les Foulards rouges avaient déjà manifesté à la Bastille, mais sans plus de succès, on avait compté 25 manifestants !! 

    Les gilets jaunes luttent pour vos libertés 

    Les foulards rouges manifestent leur soutien enthousiaste à Macron le président-fou et aux milices de Castaner


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  •  Acte XXI, entre répression et mobilisation, des manifestants plus nombreux 

    Les gilets jaunes ont commencé par se rassembler devant la villa de Macron au Touquet pour bien commencer la journée du samedi 6 avril 2019. La milice de Castaner leur a envoyé des grenades lacrymogènes en signe d’apaisement 

    Samedi les interdictions balancées par les préfets étaient encore très nombreuses, notamment sur les Champs Elysées. Le but est de pourrir la vie des gilets jaunes tout en laissant croire que les manifestations ne sont pas interdites. Si elles ne le sont pas dans la forme, elles le sont dans le fond en tous les cas. Les macroniens qui retrouvent les réflexes vichystes de la bourgeoisie, aiment bien célébrer les manifestations, tant qu’elles se passent en Algérie ou au Venezuela. Mais en France, ils trouvent que cela n’est pas normal et qu’on doit sévir encore un peu plus. En lisant Le monde je me suis posé la question des commentaires qu’une canaillerie rare qui accompagne les articles de ce journal sur les gilets jaunes. Si vous ne réfléchissez pas, vous vous dites que ces commentaires montrent que les lecteurs de ce journal sont des abrutis, ne serait-ce que parce qu’ils reprennent à leur compte les chiffres complètement mythomaniaques balancés semaine après semaine par Castaner-le-menteur. Bien sûr on peu se dire aussi que Le monde est un journal bourgeois, et donc qu’il est assez naturel que ses lecteurs crachent sur le peuple. Mais comme dans le temps ce journal avait une réputation de tolérance, je crois maintenant qu’il est infesté par des trolls macroniens qui par leur relance incessante des injures contre les gilets jaunes tentent d’inciter le journal à en moins parler. Je n’ai pas d’information sur cette question, mais on a l’impression d’une équipe qui répète au fil des commentaires les mêmes éléments de langage, et surtout le principal : les gilets jaunes seraient minoritaires dans le pays, donc par contrecoup Macron serait tout à fait majoritaire ! Les attaques contre les gilets jaunes ont pris aussi le visage inattendu d’une campagne de presse contre ceux qui les soutiennent. Ce fut d’abord le misérable Abel Mestre, « journaliste » au Monde qui s’en prend à Ruffin et à son livre, Ce pays que tu ne connais pas[1]. Puis plus récemment L’express, journal macronien de la première heure qui s’est pris de passion pour dézinguer le personnage de Juan Branco dont les deux ouvrages assassins sur Macron se vendent comme des petits pains[2]. L’attaque est cette fois menée sous l’angle du manque de sincérité de Branco : comment un garçon qui vient de la haute bourgeoisie ose-t-il cracher dans la soupe et se commettre avec le gilet jaune Fly Rider ? cette attaque est intéressante par ce qu’elle révèle : d’un côté on sent la frustration de  Benoist Fechner, Jérôme Dupuis et Ludwig Gallet, les « journalistes » qui ont commis cet articulet, et donc qu’ils aimeraient bien en faire autant s’ils avaient moins une mentalité qui les destine plutôt à ramper, eux qui cherchent à faire le buzz depuis des années sans grand succès, et puis de l’autre, il y a cette idée qu’il faut créer autour de Macron une sorte de cordon sanitaire, éviter que les idées déversées par Ruffin, Branco et les gilets jaunes ne contaminent le reste de la société. C’est le boulot des chiens de garde : faire la propagande que demande le patron. Il est vrai que par les temps qui courent, même les macroniens les plus convaincus se rendent compte que leur patron n’avance pas, le Grand débat vire à l’eau de boudin et les gilets jaunes sont toujours là.    

    Acte XXI, entre répression et mobilisation, des manifestants plus nombreux

    La stratégie de Macron a échoué : ni les violences policières, ni la répression judiciaire, ni le pourrissement de la situation n’a entamé la détermination des gilets jaunes. Celle-ci s’explique par plusieurs phénomènes. D’abord l’horizontalité du mouvement qui permet une grande souplesse et qui fait que les gilets jaunes se relaient en permanence dans les manifestations. Quand par exemple on dit qu’il y a 200 000 gilets jaunes qui manifestent, cela ne tient pas compte de ce roulement, ils sont donc plus nombreux que les chiffres ne le laissent entendre. Ensuite il y a le fait que 70% de la population est hostile à la politique macronienne qui est vue comme la racine du problème. Et donc naturellement le soutien des Français au mouvement des gilets jaunes reste au bout de 5 mois encore très largement majoritaire. C’est un peu comme si les Français se rendaient compte que le mouvement des gilets jaunes était nécessaire pour préserver le peu qu’il reste du fameux modèle social français. Cette semaine les Gilets jaunes ont lancé de nouvelles formes d’action dont l’une est de réunir et de débattre de l’avenir du mouvement au sein d’une coordination nationale à Saint-Nazaire. C’est la deuxième conférence après celle de Commercy le 26 janvier 2019. Ces conférences ne servent pas directement à la mobilisation des gilets jaunes, mais elles aident à échanger des points de vue et à raffermir les stratégies. On y a parlé aussi de la question de la répression policière qui devrait inquiéter bien au-delà des gilets jaunes, ceux qui ont encore un peu une fibre démocratique. Il n’est pas certain que cette réunion serve beaucoup, en effet elle viserait à donner une forme organisée au mouvement, à briser son horizontalité si on veut, certains avançaient l’idée de présenter des listes au municipales. Mais les échecs récents de Levavasseur et de quelques autres doivent faire réfléchir. 

    Acte XXI, entre répression et mobilisation, des manifestants plus nombreux 

    Ce samedi 6 avril, même Castaner-le-menteur a dû admettre une mobilisation en hausse en début d’après-midi, mais dans la soirée il annonçait une mobilisation en baisse, à 22 300. Le site France Police donne pour sa part le chiffre plus réaliste de 110 000 manifestants, soit une mobilisation stable[3]. Le site du Monde annonçait triomphalement qu’il s’agissait là de la pus faible mobilisation depuis le début[4]. Le monde reprenait le chiffre de 22300 manifestants, mais affirmait que 68 000 policiers avaient été déployés !  Cette incongruité devrait les faire réfléchir, soit les policiers étaient là pour interdire les manifestations, soit il y avait beaucoup plus de monde que ce qu’on a dit. Ma propre évaluation arrivait à 160 000. Mais que la manifestation hebdomadaire soit ou non plus ou moins fournie, cela importe peu au fond. En effet, c’est dans toute la France que ça se passe, y compris ans des villes où il n’y a jamais de manifestation parce qu’elles sont trop petites. Il faut partir de cette profondeur populaire pour comprendre l’importance et la pugnacité du mouvement. A cela s’ajoute que les Français soutiennent dans leur plus grande majorité les gilets jaunes. Pour la 21ème semaine, c’est un résultat remarquable. La police qui ne fait plus maintenant que du maintien de l’ordre, a encore durci le ton, notamment à Rouen où elle a fait un usage inconsidéré des lacrymogènes sous le prétexte fallacieux d’une interdiction préfectorale de manifester. A Dijon où la mobilisation était forte, les gilets jaunes ont formé le projet de s’en prendre à Ikea, une entreprise de meubles suédoise et plutôt pourrie, connue non seulement pour la qualité médiocre de sa marchandise, mais aussi pour les compromissions de ses fondateurs avec le régime nazi. C’était une critique directe de la marchandise. Car il ne faut pas l’oublier, derrière la mobilisation des gilets jaunes, il y a aussi la critique en acte de la marchandise. On fera le bilan plus tard, mais il semble bien que l’année 2019 sera l’année de la critique de la marchandise. La consommation est en baisse en France, mais on ne saurait attribuer ce mouvement aux seuls gilets jaunes, parce qu’on observe le même effet un peu partout dans le monde. L’imbécilité répressive de la police s’est manifestée en verbalisant une énième fois Éric Drouet au prétexte qu’il était dans les parages d’un périmètre interdit. Cet acharnement sera contesté en justice par son avocat. 

    Acte XXI, entre répression et mobilisation, des manifestants plus nombreux 

    A Dijon la mobilisation était forte 

    Ce n’est pas comme ça que la police se réconciliera avec le peuple. Dans de nombreuses villes notamment à Bordeaux, les milices de Castaner avaient empêché absolument toute manifestation. Des heurts violents ont eu lieu aussi à Lille où il était interdit de manifester. Les journalistes qui rapportent complaisamment les chiffres fournis par Castaner-le-menteur On note que les gilets jaunes qui sont repoussés loin des centres-villes pour les empêcher de manifester, ont recommencer à bloquer des voies de circulation, à Paris sur le périphérique, mais aussi l’autoroute à la sortie de Montpellier. On a noté ces dernières semaines un retour des gilets jaunes sur les ronds-points. Certes ils sont encore peu nombreux, mais ce pourrait être la voie à suivre si la dictature macronienne continue à interdire les manifestations. Mais le plus étonnant est venu cette semaine de la droite classique, de Valéry Giscard d’Estaing qui a affirmé qu’il ne fallait pas traiter les gilets jaunes par le mépris[5]. C’est évidemment une critique directe de son malheureux et lointain successeur. Le message est le suivant : quelle que soit la politique qu’on défend, on ne s’y prend pas comme ça. Dans une démocratie on fait des concessions, non seulement parce qu’on n’est jamais certain d’avoir raison, mais aussi parce que quelles que soient nos certitudes, on est dans l’obligation de tenir compte de la population et de son avis. Après les critiques de Sarkozy[6] celles de VGE signifient que Macron n’a aucun sens de l’Etat, qu’il n’a même pas le minimum requis pour gouverner. Après cinq mois de luttes, la seule réponse politique ne peut pas être la répression. C’est ce que disent ces représentants d’une droite plus traditionnelle. En le critiquant aussi fortement, les deux anciens présidents augmentent un peu plus l’isolement du pouvoir et le renvoient encore plus à droite qu’ils n’étaient eux-mêmes. Macron manifestement dans son virage dictatorial vient de franchir une ligne rouge que personne avant lui – sauf le Maréchal Pétain – n’avait osé. La sauvagerie de la répression était encore évidente aujourd’hui. On se demande jusqu’à quand les policiers accepteront de se transformer en miliciens au risque de se couper complètement du pays et finir par ne plus avoir d’amis nulle part. 

    Acte XXI, entre répression et mobilisation, des manifestants plus nombreux 

    Gilets jaunes à Paris le 6 avril 

    Acte XXI, entre répression et mobilisation, des manifestants plus nombreux 

    Rassemblement sur le parvis de la Défense 

    A Forbach les gilets jaunes avaient décidé d’orienter leur marche vers l’Allemagne, organisant une rencontre avec des Allemands qui partagent leurs soucis. On en parle assez peu ici, mais en Allemagne aussi les revendications sont en train de s’affirmer un peu de partout, sur la question des salaires, mais aussi sur celle des loyers qui explosent[7], ou encore celle du climat. Comme quoi les initiatives nationales peuvent se rejoindre sans pour autant que cela passe par une organisation formelle de cette internationalisation des luttes. Si on rapproche les manifestations algériennes récurrentes du vendredi, on y verra une proximité intéressante. Les Algériens continuent leur mouvement alors que Bouteflika a démissionné. C’est une remise en question des équilibres instables du pouvoir : les femmes là aussi sont en première ligne, elles manifestent sans le voile, les partis traditionnels sont dépassés, les religieux, n’en parlons pas. C’est d’ailleurs significatif que ce mouvement se tienne le vendredi en lieu et place de la visite à la mosquée. On trouve encore des mouvements similaires au Soudan où les manifestants affichent aussi comme programme le départ de leur président. Si cette tendance au dégagisme s’affirme un peu partout, c’est la rançon de la mondialisation : de partout les problèmes sont, à des degrés divers, liés à la montée constante des inégalités sociales. C’est d’ailleurs ce qui se disait à Davos : si on ne fait rien pour combattre ce fléau, le système s’écroulera du lui-même[8]. Les avertissements du FMI ou de l’OCDE n’ont pas été entendus : la cupidité a rendu l’oligarchie complétement folle et irréformable. Le pire est sans doute la France où le président-fou s’applique à détruire systématiquement toutes les avancées sociales, du moins le modèle hérité du CNR.  

    Acte XXI, entre répression et mobilisation, des manifestants plus nombreux

    Macron prend son temps et prétend faire quelques annonces le 15 avril pour calmer l’opinion. Mais il a prévenu : « il ne sortirait pas le chéquier »[9]. Il veut dire par là qu’il ne prendra pas de l’argent qu’il a donné aux riches pour financer des mesures sociales, ou encore qu’il exclue un coup de pouce aux salaires. On ne voit pas très bien ce qui calmera l’opinion : la prise en compte du vote blanc ? L’abaissement de l’âge de voter à 16 ans ? Cette dernière mesure peut lui coûter très cher. On se souvient que VGE avait durant son septennat abaisser le droit de vote de 21 à 18 ans pour faire moderne. Or les jeunes, bien peu reconnaissants, avaient ensuite voté massivement à gauche en 1981 !  Macron pense atteindre les élections européennes sans trop de dégât, et ensuite il va faire démissionner Edouard Philippe le lobbyiste en chef du gouvernement. Le Drian est dans les starting-blocks mais pour quelle politique ? L’immobilisme macronien qui relève plus de l’entêtement imbécile que de la volonté politique, a refermé une à une les portes. Le mouvement des gilets jaunes s’arrêtera peut-être d’ici quelques semaines, mais les problèmes demeureront. Cette longue crise aura été une manière de formation politique pour le peuple français qui se sent de moins en moins bien représenté et qui d’une manière ou d’une autre veut reprendre son destin en main. A côté des Gilets jaunes Macron parait si vieux ! 

    Acte XXI, entre répression et mobilisation, des manifestants plus nombreux 

    Malgré la pluie plusieurs milliers de gilets jaunes ont manifesté à Toulouse

    PS : Pour les naïfs qui croient que nous sommes en démocratie, regardez la vidéo suivante : c'est à Nantes le 6 avril, on y voit des miliciens gazer une fête foraine où se trouve des enfants. Si Macron est une honte pour la France, les policiers qui se livrent à ce genre d'exactions n'ont plus aucun honneur. C'est le syndrome de Vichy qui les travaille !



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  •  Le Grand débat national pour solde de tout compte 

    A Plescop, ils étaient 12 

    Comme je l’ai signalé plusieurs fois, le Grand Débat a été un échec complet[1]. Macron par son agitation permanente et en organisant des grandes messes avec des élus amis a pu un moment donner l’illusion d’autre chose. Mais cette illusion s’est dissipée assez rapidement. La plupart des réunions – des milliers de réunions en effet – se sont tenues devant des chaises vides, en présence de retraités qui n’ont pas grand-chose d’autre à faire. Dès le mois de décembre, quand cette idée coûteuse a été avancée par Macron, 70% des Français pensaient que cela ne servirait à rien.  C’est confirmé par Macron lui-même qui, bien forcé de clôturer le Grand Débat qui n’en finit pas, a déclaré qu’il ne sortirait pas le carnet de chèques – sous-entendu pour les gueux puisque pour ses copains, il trouve des milliards – et donc toutes ces heures de baratin n’auront servi à rien, sauf à démontrer la cuistrerie de l’exécutif[2]. Il se pourrait même que l’image de Macron qui n’était déjà pas très bonne, se soit encore un peu plus dégradé dans l’opinion avec l’organisation du Grand débat que beaucoup ont compris comme une façon détournée de faire campagne pour les élections européennes aux frais du contribuable. 

    Le Grand débat national pour solde de tout compte 

    Sondage Elabe pour BFM TV, les 12 et 13 mars 2019 

    Macron malgré les apparences et son agitation permanente – à côté Sarkozy donne l’image d’un vieux sage – a atteint l’immobilité la plus totale. Pour dire les choses autrement, il a fatigué tout le monde, jusque dans son propre parti. Les 2 et 3 avril 2019, les députés devaient conclure sur la restitution des résultats du Grand débat. Les députés étaient très peu nombreux et concluaient à mots couverts que l’exercice n’avait servi à rien[3]. Mais étant donné le manque de transparence des remontées, comme l’absence de participation des Français au Grand débat, ils auront de la peine à faire des propositions cohérentes. La quasi impossibilité de sortir quelque chose de significatif de ce Grand débat qui aurait coûté entre 10 et 15 millions d’euros[4], va aggraver la position de Macron, car tout le monde comprend maintenant que le Grand débat était juste une manière de gagner du temps pour arriver jusqu’aux élections européennes sans trop d’encombre. 

    Le Grand débat national pour solde de tout compte 

    Grand débat à Belforêt-en-Perche 

    Un nouveau sondage Elabe publié le 3 avril permet de mettre les choses en perspective[5]. Retenons quelques chiffres qui montrent que la situation ne s’améliore pas pour Macron. Seuls 6% des Français croient que le Grand débat a été un succès. Et seulement 19% des électeurs de Macron pensent que c’est un succès, même ses soutiens n’y croient pas. Dans ce sondage on apprend encore que 61% des Français sont ou soutiennent les gilets jaunes ! Ce qui n’annonce évidemment pas une fin du mouvement. Mais il y a quelque chose de plus important : c’est ce qu’on appelle la restitution du Grand débat, autrement dit ce que le Grand débat dégage comme ligne de force. C’est sur ce point qu’il va y avoir une bataille politique. En effet, les réponses apportées par le Grand débat sont biaisées par le fait que la population française qui y a participé n’est pas représentative. C’est ce que nous voyons dans la figure suivante. C’est la bourgeoisie retraitée qui a participé à ce Grand débat, les plus jeunes et les travailleurs ne s’y sont pas déplacés. Et donc évidemment les résultats ne reflèteront pas les desiderata des Français dans leur ensemble. On sait que le questionnaire Macron avait orienté les questions vers une baisse des dépenses publiques. C’est donc tout naturellement ce thème qui va ressortir. Mais seulement un peu plus d’un tiers des Français pensent que c’est là une priorité. Cette volonté vient en contradiction avec le fait qu’ils sont tout autant à vouloir maintenir le service public, notamment en ce qui concerne l’hôpital de proximité. Il est en effet impossible de faire baisser les dépenses publiques et en même temps d’améliorer le fonctionnement des services publics. Cela fait trente ans qu’on s’y essaye sans succès.  

    Le Grand débat national pour solde de tout compte

    Le seul thème qui ressort clairement est celui du pouvoir d’achat qui est plébiscité par 70% de la population. Il est en effet central depuis les débuts de Macron à l’Elysée. Les mesures d’urgence annoncées le 10 décembre, notamment la hausse de la prime d’activité pour les plus démunis, n’ont pas calmé les attentes. Et cela d’autant plus évidemment que les fortunes des milliardaires ont encore augmenté fortement. Selon une étude d’OXFAM, chaque jour qui passe voit la fortune de nos milliardaires s’accroitre de 2,2 milliards d’euros[6] ! Et évidemment si face à cette augmentation indécente le pouvoir d’achat des plus pauvres stagne, voire diminue, alors on peut en conclure que la théorie du ruissellement chère à Macron – une théorie qui s’est révélée fausse depuis au moins le début du XIXème siècle – ne marche pas et qu’elle n’est qu’un slogan destiné à faire patienter les plus pauvres tandis que les plus riches et les plus cupides continuent d’accumuler. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avance, lui, qu’il croit – mais il n’en est pas sûr – que le pouvoir d’achat des Français a été dopé grâce à l’euro !! Le monde en fait une tartine et discute à l’infini des statistiques et du « ressenti »[7]. Il y aurait ainsi un décalage entre la réalité et le « ressenti », autrement dit, ceux qui se plaignent n’ont pas de raison de le faire, ce sont des jaloux. Je ferais deux remarques sur ce point. La première est qu’évidemment Villeroy de Galhau, un nom rond en bouche et délicatement fruité, dont le sort dépend de Macron, un européiste convaincu, ne va pas cracher dans la soupe, d’autant qu’il touche plus de 30 000 € par mois de salaire, sans compter les avantages en nature, logement de fonction, chauffeur, etc. La seconde est que ce que croit Villeroy de Galhau est infirmé directement par une étude allemande, menée par des économistes libéraux, qui concluait que le passage à l’euro avait fait perdre en 20 ans 56 000 € à chacun des Français[8] ! Et donc comme dans le même temps les très riches amis de Macron ont vu leur fortune augmenter continuellement, il vient que les plus pauvres ont bien perdu en pouvoir d’achat. Une autre étude de l’OFCE confirmait que les réformes de Sarkozy et Hollande avaient bien amputé le pouvoir d’achat des Français[9]. Cette étude ne tenait pas compte encore de l’effet des réformes Macron, c’est-à-dire depuis que ce dernier a été malencontreusement élu président. A part Macron et les européistes enragés comme Villeroy de Galhau, tout converge pour montrer une baisse du pouvoir d’achat depuis au moins 2008. Comme on le comprend, Macron se trouve au pied du mur : que peut-il faire pour compenser cette baisse du pouvoir d’achat ? François Bourguignon, un autre économiste, analysait que le ressentiment des Français était la conséquence justement d’une longue stagnation des salaires[10].  

    Le Grand débat national pour solde de tout compte

    Mais pour compenser cette baisse du pouvoir d’achat, en dehors des mesurettes à la Macron d’une prime d’activité, il faut d’abord en comprendre les causes. En vérité elles tiennent à l’Union européenne. On l’a vu ci-dessus en citant l’étude allemande comme la conséquence de l’introduction de l’euro. Mais il ne faut pas oublier que si les réformes de Sarkozy, Hollande et Macron – sans doute le pire des trois – ont eu des effets délétères sur le pouvoir d’achat des Français, c’est parce que ces réformes étaient voulues et dirigées par Bruxelles et la Commission européenne. Toutes ces réformes de structure qui appauvrissent les Français sont d’abord dirigées contre « le modèle français », c’est-à-dire un modèle social où la solidarité tient une place importante dans une logique redistributive. C’est bien contre cette logique redistributive que les réformes voulues par la Commission européenne sont engagées. Pour toutes ces raisons, il n’y a rien à attendre ni de Macron, ni de l’Europe. Celle-ci a mis en son cœur la concurrence libre et non faussée, et c’est bien cela qui est le moteur de l’accroissement des inégalités sociale. Or l’Union européenne n’est pas réformable : il ne peut pas y avoir d’Europe sociale, les traités l’interdisent[11]. On ne changera pas la configuration des rapports sociaux en restant dans l’Europe, sous la férule de ses traités. Quelles que soient les difficultés que cela représente, comme on le voit avec le Brexit, il faudra bien en sortir.



    [11] François Denord & Antoine Schwartz, L’Europe sociale n’aura pas lieu, Raisons d’agir, 2009.

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  •  L’Union européenne est un désastre social et économique et ne peut pas être réformée

    Nous sommes entrés maintenant dans la campagne électorale pour élire les députés européens qui par ailleurs n’ont aucun pouvoir. Il est nécessaire d’en faire un bilan. Le père de l’Union européenne, le très douteux Jean Monnet[1], avait dès le début formaté celle-ci pour qu’elle soit l’avant-garde du libre-échange. C’est clairement la tare originelle de cette construction qui fait eau de toute part. le résultat est que les Britanniques tentent d’en sortir malgré les bâtons que la Commission européenne leur met dans les roues. Il est vrai que la démarche de May n’était pas la bonne : il fallait sortir d’abord, et négocier quelque chose ensuite, mais les tenants du Brexit n’étaient guère préparés à ses suites. L’exemple de Tsípras qui a ruiné son peuple aurait dû la mettre en garde : on ne peut pas négocier avec une institution bureaucratique qui ne cherche qu’à vous punir parce que vous l’avez offensée en la rejetant[2]. Car en effet depuis que les Britanniques ont voté pour la sortie de l’Europe, on ne cesse non seulement de prévoir des calamités qui n’arrivent pas, mais en plus on prétend les punir pour avoir osé dire en creux que l’Union européenne est un désastre. Il y en a encore à Bruxelles qui croient possible un nouveau référendum. Tony Blair a lancé l’idée, ce qui était assez conforme à ce qu’il est intrinsèquement, tandis que Corbyn cette canaille disait qu’il était contre, et donc pour la poursuite du Brexit[3]. On sait aussi que Soros subventionne à grands frais les boutiques qui font encore aujourd’hui la propagande pour un nouveau référendum. Mais le sinistre Corbyn qui n’a aucune fierté, a changé d’avis entre temps, le voilà qui lui aussi voudrait un nouveau référendum, alors même que la base du parti travailliste a voté pour le Brexit[4]. Sans doute se fie-t-il aux sondages qui promettrait un succès pour les européistes, mais si on se souvient bien, en 2016, les sondages donnaient aussi le « remain » gagnant encore à quelques jours du scrutin. Cette maladie de refaire voter le peuple jusqu’à ce qu’il vote bien est une tare suffisante pour montrer que l’Union européenne n’a rien à faire de la démocratie. Les embarras de May sont pour beaucoup dans la frilosité actuelle des hommes politiques européens, en France, en Italie, ailleurs encore : qu’ils s’appellent, Salvini, Marine Le Pen ou encore Jean-Luc Mélenchon, ils ont une trouille bleue de sortir de peur d’affronter les bureaucrates de Bruxelles dont ils surestiment le pouvoir. Il est vrai que la mauvaise gestion du Brexit a ébranlé le camp de la dissolution de l’Union européenne et de l’euro, faisant de ces deux monstruosités une sorte de prison dont on ne pourrait jamais s’évader. Cependant comme nous allons le voir, les problèmes sont restés les mêmes que durant la crise de 2010 qui, chacun s’accorde à le reconnaître, a bien failli emporter l’euro.  

    L’Union européenne est un désastre social et économique et ne peut pas être réformée

    Ci-dessous, nous voyons un schéma de propagande qui nous explique pourquoi et comment l’Union européenne est une bonne affaire pour tout le monde. On y développe de façon tout à fait abstraite et contrefactuelle l’idée stupide selon laquelle en renforçant la concurrence entre les pays et les entreprises de la zone, on relance la croissance et l’emploi et en même temps, et les prix pour les consommateurs baissent également ce qui entraîne une hausse du pouvoir d’achat. En outre, cerise sur le gâteau, on aurait forcément dans ce monde enchanté une nette amélioration des finances publiques et une amélioration du solde extérieur.  Ce schéma résume le contenu du fameux Livre blanc de 1988 qui avait été concocté par des dizaines d’économistes libéraux, principalement anglo-saxons. Même en étant peu au courant des choses de l’économie, il est patent qu’aucune de ses promesses n’a été tenue. La croissance reste faible dans toute l’Union européenne, et elle est encore plus faible dans les pays qui utilisent la monnaie unique. Contrairement à c e qui était prévu, de très nombreux pays de la zone euro ont vu leur endettement exploser, la Grèce, l’Espagne, la France ou même l’Italie. Et donc il vient facilement à l’esprit que si la zone euro a été bénéfique, elle ne l’a pas été pour tous les pays, globalement elle a été mauvaise, ce qui veut dire qu’en quelque sorte les déboires des uns ont payé les succès des autres : il s’est opéré un transfert de valeur et d’emplois au profit de l’Allemagne et des Pays-Bas, probablement aussi au profit de l’Autriche. Ce qui fait que les divergences entre les pays européens se sont aggravées, alors qu’on promettait au contraire une convergence des niveaux de vie. Ce creusement des inégalités entre pays, va renforcer le creusement des inégalités entre les classes sociales à l’intérieur des pays les plus affectés par les effets de l’intégration européenne et donc de la monnaie unique. C’était une partie de la conclusion de Joseph Stiglitz[5].  

    L’Union européenne est un désastre social et économique et ne peut pas être réformée

    C’est donc à partir des résultats économiques qu’on va juger le bien-fondé de cette institution. Et bien sûr si ces résultats sont mauvais, on sera enclin à vouloir s’en débarrasser. Le cœur de la critique porte le plus souvent sur l’euro, parce que la monnaie unique est contraignante et amène des règles sur le budget et son utilisation qui dépouillent les Etats de ce qu’il reste de leur souveraineté. D’habitude cette critique vient des gens qui, comme moi, n’ont jamais voulu de l’Europe, celle-là ou d’une autre d’ailleurs, de gens qui ne croient pas à l’Europe sociale. Ou encore des économistes comme Jacques Sapir[6] qui nous ont habitués à faire la critique de cet échec. Mais cette fois, la critique des mécanismes communautaires, et principalement de la monnaie unique, vient de l’Allemagne. Deux économistes très peu suspects de gauchisme, Matthias Kullas et Allessandro Gasparotti ont mené une étude qui montre que l’introduction de la monnaie unique a fait des gagnants et des perdants, ce qu’on savait déjà, mais ils donnent des volumes en euros. Ils estiment ce qu’auraient été la croissance économique sans l’euro, et ils en déduisent les gains et les pertes pour un échantillon de 8 pays sur les 19 membres de la zone euro[7]. Leurs résultats sont sans appel, et contrairement à Jean Gadrey, « économiste alternatif »[8], ils considèrent que la mise en œuvre de l’euro est coupable dans l’accroissement des divergences constatées. 

    L’Union européenne est un désastre social et économique et ne peut pas être réformée 

    Gains et pertes consécutives après la mise en œuvre de l’euro, somme cumulée entre 1997 et 2017 

    Ces chiffres appellent plusieurs remarques. La première est que les effets de l’euro sur la croissance du PIB sont estimés sur 20 ans, et donc si en 20 ans l’euro n’a pas fait la preuve de son efficacité pour les « perdants », elle ne le fera plus jamais. Comme on le voit, en 20 ans il n’y a pas eu de convergence des niveaux de vie comme promis, mais au contraire aggravation des divergences. Les deux pays les plus perdants sont sans surprise la France et l’Italie, ce sont dans ces deux pays que les partis populistes ont le vent en poupe, et que probablement un référendum, avec suffisamment de temps pour en débattre, entrainerait une sortie directe de cette usine à gaz. Malgré les fausses oppositions que Macron se plait à entretenir avec le gouvernement italien, nous voyons que notre intérêt est bien au contraire un rapprochement entre les deux pays et un éloignement de l’Allemagne. Prenons le cas de l’Italie, sa dette est aujourd’hui estimée à environ 2300 milliards d’euros, or l’euro a coûté 4325 milliards d’euros au pays, soit pratiquement deux années de PIB. Pour la France, l’euro a coûté 1,5 années de PIB, soit 3591 milliards d’euros, alors que la dette publique est évaluée à 2300 milliards d’euros. On voit que dans les deux cas, si ces deux pays s’étaient abstenus de rejoindre l’euro, ils ne seraient pas endettés ! Cette asymétrie indique que dans le libre-échange, ainsi que l’indiquaient les mercantilistes déjà au XVIIème siècle, ce n’est pas un jeu à somme positive, c’est un jeu à somme nulle, il y a des gagnants et il y a des perdants. Les gains des uns sont les pertes des autres. Dans notre échantillon de pays, on voit que la Grèce a bénéficié de l’euro, c’est, comme l’indique les auteurs, un effet en trompe l’œil, parce qu’entre 1997 et 2008, la Grèce a bénéficié d’une dynamique de la zone euro et des subventions européennes. Plusieurs autres effets ne peuvent pas être analysés dans cette étude. Ce sont les effets sur les inégalités. En effet, les Français dans leur ensemble ont perdu 56000€ individuellement, mais certains ont perdu bien plus que d’autres. Bernard Arnault par exemple a vu sa fortune exploser, tandis que le nombre de pauvres augmentait en France. Selon l’Observatoire des inégalités, entre 2006 et 2016, c’est 630 000 personnes de plus au seuil de pauvreté de 50% du revenu médian, et 820 000 au seuil de 60%[9]. Comme l’indique l’étude de l’Observatoire des inégalités, ce surplus de pauvres est lié à l’explosion du chômage. C’est ce que nous voyons dans le graphique suivant, les pays où le chômage reste très élevé, malgré la timide reprise de l’activité depuis 2016, sont aussi les pays qui souffre de la monnaie unique. Ils ne sont pas assez compétitifs et ne peuvent pas corriger ce manque de compétitivité par une correction de leur taux de change. C’est évidemment là la principale tare de la monnaie unique : cette impossibilité d’ajuster la valeur de la monnaie en fonction des déficits ou des excédents commerciaux. Si la logique « classique » de la balance des paiements était respectée, alors les pays comme la France devrait dévaluer leur monnaie, et l’Allemagne et les Pays-Bas devraient au contraire la réévaluer. Comme on le voit, l’euro dans son exercice quotidien viole en permanence la loi de l’offre et de la demande quand ça l’arrange, autrement elle s’empresse de la mettre en avant si ça aide à faire avancer ses desseins. 

    L’Union européenne est un désastre social et économique et ne peut pas être réformée

    L’ensemble de cette étude explique assez clairement que les deux pays les plus victimes de l’euro, la France et l’Italie, soient ceux qui ont réagi le plus fortement sur le plan politique. L’Italie en élisant une chambre très hostile à l’Union européenne, et la France, très en retard politiquement, avec le puissant mouvement des gilets jaunes qui a failli emporter Macron au début du mois de décembre 2018. Comme nous l’avons dit ci-dessus, le Brexit fait peur, et peur principalement aux hommes politiques Français – la FI et le RN – et Italiens – la coalition au pouvoir – qui tout en critiquant le fonctionnement de l’euro et de l’Union européenne avec virulence, sont bien trop timides pour aller plus loin… pour l’instant. Cependant, les problèmes demeurent, et une fois la question du Brexit réglée, l’idée d’une dissolution de l’Union européenne reviendra sur le devant de la scène, et cela avec d’autant plus de force que la situation économique se dégrade de partout en Europe, y compris en Allemagne. L’étude que nous avons présentée et qui justement vient d’Allemagne débouche sur deux solutions possibles :

    - soit une accélération du processus d’intégration, donc avec un gouvernement européen fédéral qui redistribue la richesse à travers l’Union européenne, avec un approfondissement des réformes dites de structures dont on voit depuis 5 mois les effets en France. Cette solution semble devoir être refusée par pratiquement tous les pays, sauf peut-être les Pays-Bas et La France de Macron. Mais les pays de l’Est n’en veulent pas, l’Italie non plus, et l’Allemagne non plus mais pour d’autres raisons ;

    - soit une dislocation de l’Union européenne qui pourrait commencer par des sorties de l’euro de l’Italie d’abord puis de la France, lorsque ce pays se sera débarrassé enfin de Macron qui sème le chaos en voulant démontrer un zèle inconsidéré dans l’application des directives de Bruxelles. Il se murmure depuis un an environ que l’Italie envisage sérieusement de revenir à une monnaie nationale[10]. Cela pourrait se passer par une sortie de l’euro provisoire, mais d’un provisoire qui dure.

    La conclusion de l’étude est cependant indigeste, les deux économistes après avoir démontré l’innocuité de l’introduction de la monnaie unique dans l’Union européenne considèrent que l’exécutif français va dans le bon sens avec ses réformes. Ils sont très contents que ce gouvernement ait mis au pas les syndicats et détruit en grande partie le droit du travail. Ils supposent en réalité que l’euro est une monnaie qui existera de toute éternité. Comme si la France pouvait suivre la voie de l’Allemagne ! Elle ne le peut pas justement à cause des raisons qui ont accentué les divergences entre les deux pays. Quand on a mis en place l’euro, la France a procédé à une réévaluation du franc, tandis que l’Allemagne dévaluait le mark et comme cela captait des parts de marché qu’elle n’est pas près de rendre. Mais il y a un autre phénomène auquel ils n’attachent pas d’importance alors qu’il est central : depuis vingt ans le capitalisme français s’est largement réformé, basculant d’une manière accélérée dans la finance et abandonnant l’industrie, et ce n’est pas un hasard si nous avons un président banquier à la tête du pays. Et donc les solutions avancées du bout des lèvres par nos deux économistes ne sont pas adéquates au problème. Ils en reviennent bêtement à l’idée qu’il faut approfondir un système qui manifestement ne fonctionne pas. Si en effet la zone euro ne fonctionne qu’au profit de quelques pays depuis vingt ans – vingt ans c’est long tout de même – on ne voit pas les raisons qui pousseraient à croire que dans les 20 prochaines années cela fonctionnerait mieux pour tout le monde. Les réformes qu’approuvent nos deux économistes sont celles qu’on met en œuvre depuis 30 ans, sans succès, mais en outre, elles conduiraient inéluctablement vers un renforcement des divergences en Europe. Les réformes de Macron, commencées sous Sarkozy et prolongées d’abord par Hollande, tendent à abaisser le coût du travail, c’est-à-dire les salaires directs et indirects, ce qui veut dire que les pays les plus faibles, la France, l’Italie et la Grèce, doivent faire le plus d’efforts. C’est bien ce qui s’est passé en Grèce. Le graphique suivant montre l’échec de l’euro : alors que la monnaie unique était sensée produire une convergence, on voit que c’est exactement le contraire qui s’est passé, et cette divergence a été d’autant plus forte que l’on a approfondi les « réformes de structure ». Evidemment dans de telles conditions il est difficile de penser que l’Union européenne puisse aller vers plus d’intégration.  

    L’Union européenne est un désastre social et économique et ne peut pas être réformée

    PS : Le journal macronien, Le point, a envoyé en service commandé un imbécile pour tenter de démontrer que cette étude allemande était nulle et que si tous les pays avaient respecté les critères de Maastricht, tous auraient profité de l’euro[11]. L’idiot n’a pas compris que les pays qui ne respectaient pas les critères de Maastricht ne le pouvaient pas. Luc de Barochez est un grand défenseur de l’Union européenne, de l’Allemagne et incidemment d’une politique économique très libérale, cerise sur le gâteau il est aussi un contempteur du RIC.



    [1] Voir le n° 675 d’Historia, mars 2003. Cette revue est introuvable aujourd’hui, et l’article de Rémi Kauffer qui affirmait, sans recevoir de démenti sérieux, que Jean Monet avait été stipendié par la CIA, a été enlevé du site Internet de cette publication. https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/210317/la-no-news-d-historia-oui-la-cia-finance-la-construction-europeenne

    [2] https://www.huffingtonpost.fr/nicolas-dupont-aignan/lue-cherche-a-punir-le-royaume-uni-pour-le-brexit-mais-la-france-doit-penser-a-preserver-la-relation-franco-britannique_a_23480274/

    [3] https://www.lemonde.fr/international/article/2018/12/22/brexit-blair-pour-un-nouveau-referendum-corbyn-pour-une-poursuite-de-la-sortie-de-l-ue_5401388_3210.html

    [4] https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-j-19-les-travaillistes-exigent-un-nouveau-referendum-809027.html

    [5] https://www.ieif.fr/revue_de_presse/joseph-stiglitz-leuro-na-pas-apporte-la-prosperite-promise Voir aussi son ouvrage L’euro, comment la monnaie unique menace l’Europe, LLL, 2016.

    [6] Faut-il sortir de l’euro ? Le seuil, 2012 et L’euro contre la France, l’euro contre l’Europe, Le points sur la table, 2016.

    [7] Cep Studie 20 Jahre Euro: Verlierer und Gewinner Eine empirische Untersuchung, Februar 2019.

    [8] https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2014/03/02/l-euro-n-est-pas-coupable-de-la-divergence-economique-des-pays-europeens-12

    [9] https://www.inegalites.fr/600-000-pauvres-de-plus-en-dix-ans

    [10] https://fr.sputniknews.com/international/201805211036471921-italie-monnaie-nationale/

    [11][11] https://www.lepoint.fr/economie/l-etude-allemande-bidon-sur-les-perdants-de-l-euro-28-02-2019-2297121_28.php#

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  •  Macron sur tous les fronts rééduque les petits enfants

    Macron est secoué par une agitation permanente, il est sur tous les fronts. Mais plus il s’agite, et plus il perd de son crédit au point que de plus en plus de monde se demande s’il pourra finir son mandat[1]. Il se mêle de tout et de n’importe quoi. Il s’est fait encore remarquer par ses réflexions inconsidérées sur Geneviève Legay, le procureur de Nice lui donnant finalement tort sur ce point aussi[2]. Il ne sait rien sur rien, mais par contre il l’ouvre en permanence. Donner des leçons de sagesse à Geneviève Legay quand on est Macron est plus que contreproductif, ça    fait « petit con » qui ne respecte rien. Dans l’affaire de Nice, il aurait mieux fait de la fermer, car en intervenant d’une manière aussi stupide, il a attiré l’attention sur le fait que maintenant en France les manifestations sont quasiment interdites. La sinistre Belloubet nous explique benoitement que les manifestations sont autorisées : à condition que ce soit en dehors des périmètres interdits par les préfets, à condition que ce soit sans pancarte, à condition que ce soit sans gilets jaunes. Autant manifester de chez soi pour autant qu’il soit encore autorisé à penser par soi-même. Tout cela tend à installer dans l’idée que la démocratie même la plus élémentaire, même bourgeoise, n’existe plus en France. 

    Macron sur tous les fronts rééduque les petits enfants 

    Manifestement Macron n’a jamais le temps d’étudier les dossiers, ayant hérité du ministère de la parole, plus que de la présidence de la République, le voilà maintenant qui s’en va rééduquer les enfants. On ne peut plus compter comme de son temps sur les jésuites pour leur apprendre à distinguer le bien et le mal[3]. Le mal bien sûr ce sont les gilets jaunes à qui il convient de donner de la matraque. Personne n’a relevé cette atteinte à la liberté de penser. Il s’est adressé à des enfants très jeunes, CM2 à ce qu’on dit. Je me suis demandé le pourquoi de cet exercice. La réponse n’est pas facile à trouver.   Au-delà de la volonté de donner l’exemple en endoctrinant des enfants très jeunes, il y a deux éléments de réponse importants :

    - le premier est que Macron, n’étant plus capable de parler à des adultes qui ne l’écoutent plus, pense qu’il aura plus de facilité pour manipuler des jeunes esprits ;

    - le second est de finalement abandonner le terrain de la vie adulte pour laquelle il n’est pas fait, et de revenir sur son enfance que manifestement il a ratée.

    Retenez que cet exercice lui permet d’expliquer aussi que tant que les luttes restent sur le terrain de l’écologie, ça lui convient très bien. En effet, ce combat, de la façon dont il est mené n’engage à strictement rien. Il est facile de s’indigner contre la dégradation du climat. Il est plus difficile semble-t-il de répondre aux demandes des gilets jaunes, que ce soit sur la suppression de l’ISF, le CICE ou encore sur le peu de démocratie. Ces jeunes enfants étaient un public facile :  ils n’avaient pas tous les éléments pour lui répondre que Macron n’a rien fait bien au contraire pour arrêter l’utilisation du glyphosate par exemple. 

    Macron sur tous les fronts rééduque les petits enfants 

    L’autre point important est que Macron n’est pas seul à vouloir éloigner nos enfants d’une éducation trop marxiste pour le goût du grand capital. Donc puisque nous n’avons plus les curés pour enseigner le respect des riches et de la propriété privée, il faut envoyer ceux qui connaissent de quoi ils parlent : les banquiers. Comme nous le rappelle ce journal de la finance, L'opération « J'invite 1 banquier(e) dans ma classe » débute ce lundi et va s'étendre jusqu'à la fin juin[4]. Il s’agit d’endoctriner les enfants de CM2, on suppose que c’est le bon âge pour marquer les esprits au fer rouge, aux bienfaits de la banque et de la finance. Evidemment les banquiers ne leur parleront pas des crises financières que leur activité amène avec la régularité d’une pendule. L’article nous explique qu’on expliquera cela avec une sorte de jeu de l’oie. Comme quoi certains ont bien compris que le jeu du Monopoly pouvait faire plus pour le Capital et son avenir que des tonnes de littérature.  

    Macron sur tous les fronts rééduque les petits enfants

    Castaner montrant aux enfants comment on peut fracasser des gilets jaunes à coups de LBD 

    On a vu Castaner enseigner aux enfants comment casser la gueule aux gilets jaunes à coups de LBD. Voilà maintenant Macron qui parle de la politique, et des banquiers qui enseignent les vertus du capitalisme. Les médias sont déjà sous contrôle et ne s’inquiètent plus de rien, la police est devenue une milice dans les mains du président fou. La justice fait c e qu’on lui dit et punit toute personne qui porte un gilet jaune, sans se poser des questions. Cet endoctrinement féroce est la marque d’une dictature qui, ayant déjà dévoyé la justice et la police, ayant les médias à sa botte, prétend maintenant mettre la main sur l’enseignement et la vie scolaire. Il serait temps que les parents et les enseignants se mobilisent contre cette ignominie. Cette intrusion dans la tête des enfants fait partie d’un projet global : c’est par exemple la volonté d’intégrer des représentants du patronat au lycée ou dans les universités, c’est encore la volonté du MEDEF qui réclame à cors et à cris une refonte des programmes des classes de lycée sur les questions économiques, les patrons trouvent qu’on ne vante pas assez les mérites de la libre entreprise et les bienfaits des lois du marché[5], et voilà qu’un rapport d’ « un groupe d’experts » suggère maintenant de bannir la pensée critique des cours de philosophie en terminale en mettant Marx et Freud à l’index[6]. La tendance est déjà ancienne en réduisant le temps dévolu à l‘histoire et à la philosophie. Mais enfin tout cela va dans le même sens : une reprise en main de l’éducation par les forces du marché. Macron ne fait en la matière qu’aller dans ce sens.



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