•  François Ruffin, Ce pays que tu ne connais pas, Les Arènes, 2019

    Le livre de Ruffin qui est sorti il y a quelques jours est en train d’exploser le compteur, numéro des ventes sur Amazon, il est écrit avec du vitriol. Le but n’est pas de dézinguer Macron, mais de dévoiler réellement ce qu’il est, et ce n’est pas très joli. Il vient après l’ouvrage de Juan Branco, Contre Macron, paru aux éditions Divergences il y a quelques semaines, et avant un autre ouvrage de Branco, Crépuscule, qui paraitra à la fin mars aux éditions Au Diable Vauvert. Ce dernier ouvrage devrait, si j’ai bien compris, mettre en avant les formes des réseaux qui gouvernent la France et qui utilisent parmi leur personnel Emmanuel Macron… entre autres. Le but de Ruffin est à partir d’une saine diatribe, mettre en opposition deux mondes, celui de Macron, très protégé, nanti, production des beaux quartiers, et celui des gilets jaunes, ceux qui vivent durement dans l’incertitude permanente des lendemains et dans le mépris que leur fait ressentir l’oligarchie et les nantis. C’est ce deuxième monde que Macron ne peut pas comprendre, ni physiquement, ni intellectuellement. Ces deux mondes sont voués à la lutte des classes et forcément à la haine. Il n’y aura pas de demi-mesure, soit on est du côté des très riches et pour le pillage de la France et des Français les plus pauvres, soit on est contre Macron, marionnette, qui représente l’arrogance et la mort.  

    François Ruffin, Ce pays que tu ne connais pas, Les Arènes, 2019

    Evidemment Ruffin va ressortir tout ce qu’on sait déjà des relations prostitutionnelles de Macron avec les très riches. Il est dans le réseau. Il les sert et il se sert au passage. Ruffin va un peu plus loin, et à juste titre parle de corruption. Voilà ce qu’il écrit :

    « Vous qui incarnez la corruption, la corruption non pas individuelle, mais la corruption d’un système, pourri, mité, d’une démocratie décrépite, digérée par l’oligarchie, si sûre de sa force qu’elle installe son banquier à l’Élysée ! »

    Certes Ruffin n’est pas le premier à dénoncer le gouvernement Macron-Philippe comme un ramassis de lobbyistes cupides, mais généralement on regarde Macron comme quelqu’un qui appliquerait une doctrine économique, la théorie de l’offre, à laquelle il croit. Personnellement, je crois qu’il ne croit à rien du tout. A la fin de son récit Ruffin le désignera comme un fou, parmi les fous. Mais je pense que Macron est encore plus fou que les autres, c’est pourquoi il est leur chef !  

    « Vous êtes fous, collectivement fous. Et vous nous rendez fous. » écrit Ruffin. Et c’est presque sur ces mots qu’il conclut son livre. C’est vrai, mais cet angle n’est pas assez analysé aujourd’hui. C’est important parce que cette folie furieuse qui habite le petit président est sûrement à l’origine du blocage du pays dans l’enlisement de la crise des gilets jaunes. Macron est une marionnette, en ce sens qu’il a été fabriqué comme nous le savons par des milliardaires et pour les servir : Ruffin rappelle qu’il est passé pour se faire formater par Les Youngs leaders. Aller aux Etats-Unis pour se faire endoctriner est déjà en soi la marque d’un vide culturel patent. Après Branco, Ruffin revient sur cette idée vendue par les journalistes selon laquelle nous aurions aujourd’hui un président instruit et philosophe, c’est faux, Macron intellectuellement c’est zéro, ayant deux fois échoué à l’écrit du concours d’entrée à l’ENS, il s’est rabattu vers quelque chose de plus facile, l’ENA. Passons sur les mensonges de Macron mille fois dénoncés sur ses relations avec Ricoeur ou même avec Balibar. Car outre la corruption, Macron est également un menteur qui ne croit à rien.   

    François Ruffin, Ce pays que tu ne connais pas, Les Arènes, 2019

    Prenons sa pseudo-érudition, en vérité elle se résume comme le dit Ruffin à un name dropping. Ça peut impressionner des ignorants – la plupart des milliardaires qui sont ses amis le sont – mais pas quelqu’un de moyennement instruit. Mais en avançant qu’il aurait beaucoup d’instruction, Macron prétend ainsi qu’il se serait fait tout seul. Le livre de Branco a montré que c’était faux[1]. Il vient d’un milieu riche, sans être très très riche. Mais c’est sa femme qui l’a introduit parmi le gratin de canaille capitaliste, n’était-elle pas la préceptrice des enfants Arnault ? Ruffin affirme aussi que Macron est la créature de Henry Hermand, milliardaire financier de la seconde gauche, et donc de Rocard. Vous me direz ça ne fait qu’un milliardaire de plus dans la généalogie du personnage. Mais ce Hermand a la particularité d’avoir donné 550 000 € à Macron pour qu’il s’achète un petit appartement. N’est-ce pas de la corruption ? Cela entraîne deux remarques, la première c’est qu’évidemment on n’investit pas 550 000 € pour rien, il y a des renvois d’ascenseur obligés. La seconde est bien sûr que Macron a été une marionnette fabriquée par Hermand, Niel et Arnault, avec une petite touche de Serge Weinberg. Bref il a été choisi et formaté pour servir une caste. On verra évidemment que Macron non seulement ne fera rien pour lutter contre les niches fiscales – 100 milliards par an tout de même – rien non plus contre l’évasion fiscale – entre 80 et 200 milliards par an, mais que par la suite il donnera des milliards sous la forme du CICE, sans contrepartie, alors que Gattaz avançait que cela créerait 1 million d’emplois. Macron ne reviendra pas sur le CICE, plus encore, il le doublera, alors même que tout le monde sait que c’est un échec total. Il ne reviendra pas non plus sur l’abrogation de l’ISF – 5 milliards par an tout de même.  

    François Ruffin, Ce pays que tu ne connais pas, Les Arènes, 2019

    Pourquoi tout cela ? Je ne peux pas m’empêcher de ne pas y voir de la corruption. Je pense que le couple Macron est d’abord cupide au sens le plus étroit du terme. Ils aiment le pognon. Ruffin rappelle que Brigitte Macron se fait offrir des robes à 15 000 € la pièce. N’est-ce pas encore une autre forme de corruption ? Mais sans doute que son mari a touché beaucoup d’argent à travers les combines des uns et des autres. Par exemple, on sait que Macron quand il était ministre de l’économie a aidé Martin Bouygues a sortir du capital d’Alstom[2], te tant pis si cela se fit au détriment des intérêt de l’industrie française. L’important était que Martin Bouygues puisse récupérer 1,8 milliards €. C’est un service qui se paie bien entendu, et pas seulement avec une aide en termes de couverture de presse et de financement de la campagne électorale. Je pense – sans pouvoir le démontrer – que Macron a encaissé du gros pognon sur cette affaire. Les deniers de Judas, ou les gages s’un super domestique. Que sont les problèmes des petites gens où on compte en euro, face à tous ces intérêts particuliers où on compte en milliards ? Je crois pour ma part que Macron est le président le plus corrompu de la Vème République, ce qui est en soi un exploit. 

    François Ruffin, Ce pays que tu ne connais pas, Les Arènes, 2019 

    On a tout dit sur la collusion de la presse aux ordres avec la nébuleuse Macron. Il n’y a pas de pluralité des médias en France. Ils sont aux mains et aux ordres des milliardaires. Ruffin dénonce à juste titre cette collusion honteuse, il rappelle au passage la déconfiture du journal Combat, journal issu de la Libération et dirigé par Albert Camus

    Dès 1947, Combat est racheté à 50 % par l’homme d’affaires Henri Smadja. Sans une hésitation, Camus quitte alors son poste : « Nous étions désarmés, puisque nous étions honnêtes. Cette presse, que nous voulions digne et fière, elle est aujourd’hui la honte de ce malheureux pays. Mais quelque chose reste, du moins, c’est la fraternité que quelques hommes ont scellée dans le danger et l’effort quotidien. », écrit-il manière de rappeler la honte qui est celle généralement des journalistes d’aujourd’hui.

    François Ruffin, Ce pays que tu ne connais pas, Les Arènes, 2019 

    Albert Camus au journal Combat 

    La réflexion que je me suis faite en lisant Ruffin, considérant que Macron est aussi vulgaire qu’inculte, c’est pourquoi a-t-il été choisi par l’oligarchie ? Je pense que c’est à cause de sa capacité à parler pour ne rien dire. Donc il parle tout le temps, il est en représentation permanente en tant que ministre du verbe. Cette passion qu’il a pour le baratin, outre qu’elle le fait ressemble à un marchand de voitures d’occasion, pose de très nombreuses questions. La première est qu’il ne séduit par là que ceux qui veulent bien l’être, les lecteurs du Monde par exemple, ces gens qui se grisent mots très creux comme compétitivité, mondialisation, adaptation. On sait que les travailleurs, ceux d’en bas ne marchent pas dans la combine, c’est avec eux qu’il s’accroche en permanence. Ce sont en somme les gens semi-instruits et qui ont fait des études vagues d’économie – comme cet imbécile de Hollande par exemple – qui peuvent s’y laisser prendre. La seconde remarque est que s’il parle tout le temps, il n’a, à l’évidence, pas le temps d’étudier les dossiers et c’est pourquoi la plupart de ses décisions ressemblent à des bricolages hâtifs, comme cette fameuse hausse du SMIC qui n’en était pas une. Mais il y a encore autre chose. Macron se saoule de mots, il passe 6 ou 7 heures à répéter les mêmes éléments de langage à plusieurs reprises dans son Grand débat, il passe une dizaine d’heures au Salon de l’agriculture à faire des discours qui endorment ses interlocuteurs. Cette diarrhée verbale qui ressemble à s’y méprendre aux longs discours de Ceausescu ou de Fidel Castro, ou encore n’importe quel autre bureaucrate d’un pays dictatorial, montre que ce bonhomme n’est absolument pas sûr de lui. Il n’existe que si en face il a un interlocuteur à convaincre. Ça peut fonctionner un temps auprès d’esprits assez faibles, mais ça ne peut pas durer parce que plus Macron parle et plus ses discours sont en décalage avec les résultats de sa politique. La façon dont il a montré son incapacité à gérer la crise des gilets jaunes, suggère que les oligarques ont fait sans doute le mauvais choix en le mettant à cette place. Ils regretteront sans doute Sarkozy ou Hollande, bien plus malins, quoique de tout autant serviles que Macron, qui arrivaient tout de même à faire avancer leurs affaires sans mettre le feu au pays. Macron ressemble à cette créature de Frankenstein, ayant été créé pour servir, il devient maintenant incontrôlable, non pas qu’il risque de s’attaquer à leurs intérêts pour défendre ceux du pays, il n’a pas assez d’imagination pour cela, mais en provoquant le chaos il risque d’accélérer la décomposition du système en forçant le peuple à se radicaliser contre lui. Il semble que si dès la fin du mois de novembre il avait offert des issues matérielles véritables à cette crise, les gilets jaunes auraient sans doute moins approfondi leurs revendications, mais plus Macron justifiait sa politique suicidaire, et plus les gilets jaunes développaient des voies alternatives.

    François Ruffin, Ce pays que tu ne connais pas, Les Arènes, 2019 

    J’aime bien Ruffin, même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui sur tout – notamment parce qu’il a appelé à voter Macron au second tour des élections présidentielles de 2017, tandis que moi je me refusais de choisir entre l’extrême-droite de Marine Le Pen et la droite extrême de Macron, en outre, je savais aussi qu’une partie de l’électorat de MLP était plus populaire que celui de Macron. Je l’ai toujours défendu que ce soit quand il s’est fait attaquer par les gauchistes comme soutien à Marine Le Pen[3], que ce soit quand il a produit son film sur Bernard Arnault[4], ou encore quand il s’est fait ignoblement attaquer parce qu’il rendait hommage au travail de Chouard sur le RIC[5]. C’est un homme libre, et il est sans doute un peu à part parmi les députés de la France Insoumise. Il a pour lui cette humilité de ne pas s’être séparé du peuple qui l’a élu pour qu’il soit son porte-voix. Il ne veut pas éduquer le peuple, contrairement à Macron, ou au défunt Parti socialiste, il veut juste être leur porte-voix. Ce qui à mon ses est bien plus noble et bien plus ambitieux. Son ouvrage alterne donc les turpitudes de Macron avec des exemples vécus de cette misère du quotidien qui se vit en France, cette misère qui prend racine dans les inégalités sociales que Macron aggrave par ses choix politiques. Il se trouve donc du bon côté de la barrière, et Macron du mauvais, bien que tous les deux soient passés par la même école à Amiens. Cette opposition entre deux mondes est désignée par Ruffin, après les Pinçon-Charlot[6], comme la sécession des élites. Ceux-ci se créent un monde où on ne se mélange pas, l’entre-soi, ça veut dire qu’on est coupé aussi bien intellectuellement que spatialement de la plèbe. Macron en se mettant du côté du manche, là où est l’argent qui pour lui qui a tout échoué, est la seule référence qu’il connaisse, veut ignorer qu’il existe des pauvres, mais en même temps ceux-ci l’interpellent, et il leur répond en les injuriant, en leur pourrissant la vie, espérant que cela sera suffisant pour lui faire croire qu’il existe. Si avant lui les hommes politiques n’avaient pas pris cette habitude d’injurier le peuple en permanence, c’est essentiellement parce qu’ils vivaient avec lui. Mais Macron ne veut pas en être, il veut le tenir loin de lui. Et quand ce peuple se rebelle, dans un accès de dinguerie complotiste, Macron ne comprend pas, il croit qu’il est manipulé, par l’extrême-gauche, par l’extrême-droite, par les Russes ou les Italiens. Ruffin rappelle combien Macron est un imbécile quand il analyse le boxeur-gitan comme un manipulé qui ne parlerait pas comme ça sans quelqu’un derrière lui[7]. Quand la cuistrerie s’allie à l’imbécilité, ça crée un mélange détonnant : comme Ruffin le rappelle, Macron ne connait aucun boxeur, ni des gitans, et encore moins des boxeurs gitans, mais le voilà qui croie savoir que Dettinger n’a pas de cerveau et qu’il aurait seulement des poings, en vérité Macron qui n’a qu’une carrure de moineau n’a pas de cerveau en propre à lui. Il a beau avoir fait des études, il reste un imbécile sans dimension. Dettinger vaut bien mieux que lui par son courage et sa dignité, Macron ne lui arrivera jamais à la cheville, et c’est pour cela que c’est le boxeur gitan qui a sa fresque, une belle fresque d’ailleurs, sur les murs de la ville et non le petit président fou. Il y a un passage dans l’ouvrage où Ruffin ressort les propos de Macron qui de lui-même comparait son travail à une activité prostitutionnelle. Je crois que la clé est là, et le malaise qu’on ressent devant les sourires stupides et niais de Macron, c’est sans doute que derrière cette face qu’on croirait atteinte de paralysie, il y a un homme complètement paumé qui a honte d’être ce qu’il est !  

    François Ruffin, Ce pays que tu ne connais pas, Les Arènes, 2019

    Voilà on a compris que j’apprécie le livre de Ruffin, je lui ferais un petit reproche amical cependant, contrairement à ce qu’on a dit le livre qui caracole en tête des ventes sur Amazon n’est pas assez méchant, il est trop poli, bien que Gala ce torchon qui passe son temps à jouer les flagorneurs de la famille Macron le trouve trop hargneux[8]. Il faut enfoncer le clou : Macron est fou à lier, mais c’est aussi une crapule, menteur, voleur, combinard à la petite semaine, il est aussi cupide qu’arrogant, aussi ignorant que fanfaron. Il a le look d’un entrepreneur des pompes funèbres, ou d’un secrétaire d’un homme d’affaire, bien qu’il se fringue chez les bons faiseurs et que ses costards coûtent sûrement aussi cher que ceux du sinistre Fillon dont le look de fossoyeur a été très souvent moqué. Bon à rien, mauvais à tout, il joue dangereusement avec les leviers du pouvoir que l’oligarchie dans un accès de démence lui a confiés. J’apprécie aussi que Ruffin ne soit pas un homme d’argent, qu’il ait annoncé que les droits d’auteur de son livre seront reversés à une association, Picardie debout !, qui mène le combat contre Macron[9]. En même temps Ruffin sort un film sur les gilets jaunes, film qu’il a tourné avec Gilles Perret dont on se souvient de l’excellent La sociale[10]. Ce film en hommage aux gilets jaunes retracera, d’après ce que j’ai compris, la traversée de Ruffin à travers la France des gilets jaunes. 

    François Ruffin, Ce pays que tu ne connais pas, Les Arènes, 2019



    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/juan-branco-contre-macron-divergences-2019-a159667384

    [2] https://www.sudradio.fr/economie/macron-etait-au-courant-que-bouygues-voulait-sortir-du-capital-dalstom

    [3] http://in-girum-imus.blogg.org/francois-ruffin-a-aix-en-provence-le-25-juillet-2013-a117198062

    [4] http://in-girum-imus.blogg.org/francois-ruffin-merci-patron-2015-a120879810

    [5] http://in-girum-imus.blogg.org/la-cabale-des-medias-contre-francois-ruffin-et-etienne-chouard-a157235020

    [6] Michel Pinçon & Monique Pinçon-Charlot, Le président des ultra-riches, Zones, 2019.

    [7] https://www.revolutionpermanente.fr/Pour-Macron-Chritophe-Dettinger-aurait-ete-manipule-il-n-a-pas-les-mots-d-un-boxeur-gitan

    [8] https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/emmanuel-macron-cette-attaque-sur-son-physique-qui-cree-le-malaise_426139 Quand tu es journaliste à Gala franchement on se demande quel métier tu fais.

    [9] http://www.courrier-picard.fr/167978/article/2019-02-24/ruffin-lanti-macron-ce-rejet-physique-visceral-nous-sommes-des-millions

    [10] http://in-girum-imus.blogg.org/la-sociale-gilles-perret-2016-a127265540

    Partager via Gmail

    3 commentaires
  •  Macron et sa tribune en campagne pour les Européennes

    Macron présente souvent cette image hallucinée où il transforme ses propres mains en serres, comme s’il voulait attraper quelque chose qui lui échappe. Le revoilà donc encore en campagne. Après la longue campagne pour le Grand débat et contre les gilets jaunes, le voici qu’il tente d’exister au niveau européen, alors même que Sylvie Kaufman, journaliste très européiste du Monde, est obligée de constater que les ambitions de Macron affichées en 2017 au moment de son élection sont très loin et que son personnage a fini d’intéresser à l’étranger, entre autre chose parce que s’il n’arrive pas à gérer la France, on voit mal comment ses idées pourraient être bonnes à l’échelle du continent[1]. Les réactions des européistes montrent que la Tribune que Macron a envoyée à 28 journaux européens est en train de faire un flop. Donc Macron écrit, du moins fait il semblant. Déjà en janvier 2019 il avait écrit aux Français pour leur dire combien il avait été un gros nul et qu’il n’allait plus les injurier. Et puis cette lettre n’a jamais été expédiée, à croire qu’elle s’adressait plus aux éditorialistes qu’aux Français eux-mêmes. Là c’est un peu la même chose. Cette missive de 1595 mots est sensée parler de la renaissance de l’Europe. Déjà la titre est une défaite en soi : car si l’Europe doit renaître, c’est qu’elle est morte et bien morte. Il se positionne ainsi dans le rôle d’un croque-mort ou plutôt d’un embaumeur de cadavre. Mais pourquoi est-elle morte, Macron n’est pas capable de nous le dire, aussi il détourne le problème en deux temps : d’abord en disant que tout de même l’Europe a apporté beaucoup, ensuite qu’en ayant le courage de la réforme, elle apportera encore bien plus à l’avenir. Bien entendu, on ne lui contestera pas l’idée d’être européiste, fédéraliste, et même pour la disparition des nations, mais par contre, on lui reprochera d’être incohérent dans le choix de ses arguments et surtout de mentir en permanence. Mais ça il ne peut pas faire autrement, ne connaissant rien sur rien, et encore moins sur le reste, il est bien obligé de nous asséner des contre-vérités. 

    L’Europe c’est la paix 

    Macron et sa tribune en campagne pour les Européennes 

    Cette missive hallucinée n’a rien pour séduire, et d’ailleurs elle ne contient rien du tout, à part des contradictions qui sont en général la marque des billets de propagande. Mais parler pour ne rien dire est, il faut bien le reconnaître, la seule chose que Macron ait su faire dans sa vie. Il reprend donc le blabla habituel sur le thème de « l’Europe c’est la paix ». Ça ne mange pas de pain. Il ne risque pas de détailler cette vieille fable à la Jean Monnet car il risquerait de devoir s’expliquer sur le point suivant : si l’Europe ne s’était pas faite, avec qui y aurait-il eu une guerre ? Avec l’Allemagne qui n’avait plus d’armée ? Avec l’Angleterre, avec l’Italie ? On ne voit pas très bien qui aurait pu braver l’interdiction des Américains de se lancer dans une entreprise militaire aussi douteuse. Peut-être avec les Russes ? Mais l’Europe n’ayant jamais eu d’armée, ce n’est sûrement pas cela qui risquait d’effrayer les « communistes ». En vérité c’est même le contraire que nous devons considérer : l’Europe a poussé pour que l’Ukraine la rejoigne, et c’est sans doute cela qui a abouti au conflit larvé avec la Russie et donc indirectement à l’annexion de la Crimée. Mais évidemment Macron, dans son numéro de bonimenteur, va oublier d’expliquer en quoi l’Europe est porteuse de tensions belliqueuses. Prenons seulement trois exemples : le premier est celui du Brexit. Macron nous explique que les Britanniques se sont trompés et donc qu’une Europe améliorée la ramènera dans notre giron. Mais évidemment il ne dit rien des difficultés du Brexit qui tiennent d’abord au fait que les négociations menées par la Commission européennes ont été menées pour punir les Britanniques, et non pour acter la sortie de ce pays : c’est d’ailleurs ce que reprochent les parlementaires britanniques à May, le fait d’avoir été bien trop conciliante avec Barnier et son équipe. Macron ment d’ailleurs dans sa tribune à ce sujet : « Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne ; ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ? » Il y a de nombreux pays les Etats-Unis, la Chine, le Japon et j’en passe, qui ne sont pas dans l’Union européenne, mais qui ont accès à son marché. Il ne précise pas d’ailleurs pourquoi en sortant de l’UE cela entraînerait nécessairement la guerre avec l’Irlande. Il y a eu des avancées sur le statut de l’Irlande. D’ailleurs Macron ne sait pas trop de quelle Irlande il parle, de l’Irlande du Nord, ou de l’Irlande en général ? On aurait pu aussi parler des relations tendues au sein de l’Union européenne entre la Hongrie et la Pologne, et en général le groupe de Visegrad, avec le reste de l’Europe. C’est tellement la paix et l’amitié entre les peuples que le parlement européen veut exclure du PPE les Hongrois. Le dernier exemple, ce sont les relations diplomatiques entre la France et l’Italie. Certes il a trouvé dans ce pays des journalistes amis pour l’interviewer sur la RAI, et dire que tout cela c’était juste un triste malentendu, les Italiens n’ont pas été dupes, ils ont compris que Macron tentait seulement de combattre la coalition Di Maio-Salvini qui présente exactement l’inverse de ce qu’il est[2]. Mais en Italie les européistes à la Renzi – qui se trouve sur la même ligne politique que lui – n’ont plus le vent en poupe. Ils ne sont plus pris au sérieux. Le niveau du PD en Italie est à peu près celui de LREM en France, peut-être un peu moins même. Sans l’Europe serions-nous fâchés avec les Italiens ?

    Macron et sa tribune en campagne pour les Européennes 

    Macron aime à fustiger les nationalismes, ça lui permet de dire qu’il est ouvert et progressiste. Mais sait-il de quoi il parle ? On peut en douter. En effet, les partis nationalistes en Italie, en France, en Hongrie, de partout en Europe sont en progrès constant. La bonne question serait de se demander si ce retour à la nation n’est pas le résultat du fonctionnement même de l’Europe. Si cette construction compliquée et peu démocratique avait donné satisfaction en matière de croissance, d’emploi et de protection de l’environnement, elle ne serait pas remise en question. Au contraire, on l’applaudirait et on en redemanderait. Mais il s’en tient à l’idée simpliste que l’Europe a été un très grand succès et pour faire pièce aux nationalismes qui selon lui divisent l’Europe, il n’envisage rien de moins que de les remplacer par un autre nationalisme, un nationalisme européen :

    « Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus). »

    Je ne suis pas très sûr que Macron sache précisément ce qu’est une nation : c’est une culture commune, une communauté de destin, une langue et un passé commun, mais aussi un destin[3]. Rien de tout cela existe en Europe. Certes le communautarisme, le développement de l’hétérogénéité ethnique tend à détruire à la fois la langue et la nation, mais pour l’instant rien ne la remplace. On passe donc à l’idée selon laquelle la taille serait un atout décisif pour assurer la paix et la prospérité. Pour cela Macron relance l’idée selon laquelle nous avons trois ennemis : la Russie et la Chine, comme au bon vieux temps de la Guerre froide, mais aussi les Etats-Unis avec qui pourtant l’Union européenne est incapable de négocier quoi que ce soit. C’est du niveau intellectuel de la campagne publicitaire des eurolapins. Cette idée de désigner 3 puissants ennemis pour justifier la construction de cette Europe, est d’ailleurs en contradiction avec le logiciel bruxellois qui suppose qu’un monde ouvert et sans frontières, fussent-elles européennes, est la meilleure forme de gouvernement possible puisque le marché assure tout aussi bien l’optimum économique et l’optimum politique. C’est en tous les cas ce que garantissent les traités. Macron nous dit à ce propos qu’il est sans tabou à ce sujet, et prêt à modifier les traités ! Prendrait-il des leçons chez Mélenchon, chez ATTAC, défendrait-il une autre Europe, une Europe sociale ? Et si oui, avec qui ? L’idée de remettre en question les traités au cœur même de l’Europe n’est déjà pas très sérieuse quand elle vient de Mélenchon, mais quand elle arrive du côté de Macron, c’est carrément risible. D’autant qu’après avoir défini les Etats-Unis comme un ennemi potentiel de l’Europe il propose de développer une défense européenne – aussi floue dans ses buts que dans sa nécessité – dans le cadre de l’OTAN. 

    Macron et sa tribune en campagne pour les Européennes 

    L’Etat et le marché 

    « L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant‑garde : elle a toujours su définir les normes du progrès. Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement. » nous dit-il. Certes, mais l’Europe est désunie. Dans la même phrase il réussit à dire tout et son contraire. L’Europe selon le nouveau Macron c’est plus de convergence et moins de concurrence. Seuls des imbéciles souscriront à ce genre de tour de passe-passe. D’abord parce que l’idéal de la concurrence est inscrit dans les traités comme fondateur et indépassable, la convergence non. Mais si on se souvient bien de la rhétorique antérieure de Macron, c’est la concurrence et la compétitivité qui devait amener la convergence. Or, nous le savons, de convergence il n’y en a pas eu, il n’y a eu que de la divergence[4]. Certes on peut toujours dire que cette divergence vient d’abord de l’euro, mais Macron ne propose pas de faire disparaitre la monnaie unique, ce qui serait pourtant d’un bon effet pour ranimer la convergence entre les nations, il propose toujours plus de fuite en avant. Mais d’ailleurs que propose-t-il donc concrètement pour sortir d’une crise dans laquelle l’Europe s’enlise depuis au moins 2008 ? Rien de sérieux, la fumeuse idée d’une banque pour financer la transition écologique, rebaptisée Banque européenne du climat. Voilà cet individu dont le bilan en matière écologique est tellement nul que le très conciliant Nicolas Hulot a dû démissionner, qui nous explique qu’il veut se fixer comme objectif pour l’Europe un taux de carbone 0, et un taux de pesticide divisé par 2 pour 2050. C’est dérisoire, sachant qu’il n’a même pas osé imposer à l’Europe l’éradication rapide du glyphosate, alors qu’il était dans la position de le faire avec un peu de détermination. C’est bien l’idée d’un banquier que de faire semblant de croire que le règlement des problèmes politiques est seulement une question de financement.

    Pour le reste la contradiction est flagrante : Macron nous parle de la protection sociale et de la défense des libertés, mais il oublie de dire que s’il est si peu populaire – le dernier sondage le donne à 28% d’opinions favorables[5] – c’est parce que les Français lui reprochent d’abord d’avoir travaillé à détruire les libertés – il a été condamné par le Conseil de l’Europe par trois fois pour une usage excessif de la violence envers les manifestants – et aussi de mettre en péril le modèle social. Et en effet l’inconséquent Macron ne peut pas à la fois faire la promotion d’une déréglementation tout azimut des marchés, privatiser à mort ce qu’il reste à privatiser, tout en réclamant un Etat fédéral européen puissant qui protégerait les Européens. Comment ce qu’il défait en France pourrait-il être remplacé par l’Union européenne ? Sans doute est-ce dans cette anomalie l’indifférence que cette tribune a suscitée. 

    Macron et sa tribune en campagne pour les Européennes 

    Cette analyse rapide de la tribune signée par Macron, mais qui aurait pu être écrite par Bruno Roger-Petit tellement elle est creuse, montre qu’il n’est pas très sérieux. Certes il ne peut pas proposer autre chose qu’une vision enchantée et utopique de l’Union européenne, étant donné que les résultats de celle-ci sont très mauvais, et prouve qu’elle a été un mauvais choix sur lequel nous devons revenir. Mais le caractère lénifiant de cette tribune explique aussi pourquoi elle a été reçue plus que fraîchement dans toute l’Europe. Les élections européennes à défaut de changer quelque chose dans la configuration politique actuelle vont permettre peut-être de lever le voile sur l’imposture européenne, mais aussi sur celles qui suivent : une autre Europe, l’Europe des Gens, l’Europe Sociale !



    [1] Sylvie Kaufman, La difficile quête d’un leadership continental, Le monde, 6 mars 2019

    [2] https://www.repubblica.it/politica/2019/03/01/news/macron_fazio_italia_francia-220438469/

    [3] Jacques Sapir, Souveraineté, démocratie et laïcité, Michalon, 2016.

    [4] https://www.cep.eu/fileadmin/user_upload/cep.eu/Studien/20_Jahre_Euro_-_Gewinner_und_Verlierer/Les_Etudes_du_cep_L__euro_a_20_ans.pdf

    [5] https://www.lexpress.fr/actualite/politique/la-popularite-de-macron-remonte-legerement_2062772.html

    Partager via Gmail

    2 commentaires
  •  

     Acte XVI, la mobilisation est stable : Français encore un effort !!

    Selon les premiers chiffres que nous avons recueillis, l’acte XVI ressemble assez bien à l’acte XV, avec un niveau de mobilisation autour de 200 000 manifestants, avec une légère baisse sur Paris évidemment[1]. Nous sommes dans la quatrième mois du mouvement des gilets jaunes. Même moi qui soutiens comme je peux cette révolte contre Macron et ses petits barons depuis les débuts, je reste épaté par cette détermination, alors même que nous sommes en pleine période de vacances scolaires, ce qui indique clairement que les gilets jaunes ne sont pas partis au ski ! Il faut que le malaise et le ressentiment envers cette caste déconnectée de la réalité ordinaire, soit énorme pour que la lassitude ne l’envahisse pas. Ce 16ème acte intervient dans un contexte nouveau : l’Europe vient de condamner une troisième fois les violences policières par l’intermédiaire de la Commissaire européenne aux droits de l’homme[2]. Cette condamnation qui intervient aussi après celle de l’ONU, à 2 mois des élections au parlement européen marque très mal pour Macron qui avait la prétention de créer un groupe parlementaire à sa botte. La conséquence de cette condamnation morale c’est qu’elle l’empêche de stigmatiser à l’échelle de l’Union européenne les dérives illibérales en Hongrie ou en Italie. Mais probablement elle va l’obliger à changer de tactique. Pour Macron qui est en paroles au moins le chantre d’un multilatéralisme qui permet de gouverner à coups de traités, ce n’est pas une bonne nouvelle, parce que les instances supranationales nous lui demandent des comptes.

    La tactique de Macron qui se croit toujours plus malin que tout le monde comportait trois volets, en dehors des mesures de revalorisation du SMIC et de la fin de la hausse de la CSG sur les petites retraites. Ces mesures ont été comprises comme une farce : 82% des Français considèrent que celles-ci n’ont pas améliorer leur pouvoir d’achat, seuls 17%, essentiellement des retraités, ont constaté un effet bénéfique sur leur ordinaire[3]  :

    – la mise en œuvre d’un Grand débat qui avait pour but que les Français se désintéressent des gilets jaunes et qu’il redevienne le centre de leur attention à travers les centaines d’heures de débat retransmises jusqu’à la nausée par les chaînes d’information en continue – on parle de 635 heures de propagande. Si au début il y avait du monde dans ces grandes messes bien organisées avec la complicité d’élus locaux proches de lui et de ses idées, lorsqu’il a été à Pessac, non seulement il s’est fait remettre à sa place par une femme qui voulait lui offrir un collier à l’effigie des gilets jaunes, mais il fut contraint de parler devant une salle quasiment vide. Il a bien essayé de conserver son sourire de commande, mais on voyait que ça ne fonctionnait pas[4]. Après plus d’un mois de cinéma, la très grande majorité des Français considère que cela ne servira à rien. Ils sont les deux tiers dans ce cas, soit à peu près le même chiffre que ceux qui jugent Macron comme un très mauvais président[5] ; 

    Acte XVI, la mobilisation est stable : Français encore un effort !!  

    Macron fraîchement reçu à Pessac 

    – le second volet de ce qui se voulait une reprise en main, c’était la terreur : fracasser des gilets jaunes, les éborgner, les arrêter, les faire passer devant une justice docile et soumise, était censé faire dissuader les manifestants de se rassembler. Ça n’a pas été le cas. Les gilets jaunes ne tremblent pas devant des troupes surarmées. Sans doute que cette voie répressive va devoir être abandonnée, parce qu’elle est très critiquée, mais aussi parce qu’elle ne fonctionne manifestement pas ;

    – le troisième volet était la manipulation des sondages pour tenter de faire croire que Macron et Philippe remontaient rapidement. L’ubuesque institut Harris avançait même que Macron était à 39% ! L’ifop aussi traficotait dans ce sens ses propres données. Kantar-TNS donnait un chiffre plus réaliste, 24%. En tous les cas il était assez clair qu’il ne pouvait pas y avoir un écart de 15 points entre deux instituts de sondage, sans que l’un des deux ne mente. Mais en vérité en décryptant ces sondages on voyait que globalement Macron restait scotché en dessous de 30% et donc n’avait pas reconquis l’opinion[6]. Cette fausse hausse de popularité a fait son petit effet pendant une journée, mais rapidement cela s’est dissipé comme de la fumée. Et d’ailleurs si une réellement remontée des cotes de popularité de Macron et de Philippe s’était manifesté, il est probable que la mobilisation aurait marqué le pas, ce qui n’est pas du tout le cas. Les violences ont encore été importantes à Toulouse, à Lyon et à Nantes selon un rituel bien rodé, sans doute que la police n’a pas tout à fait les mêmes consignes suivant les préfets. Ill semble qu’à Toulouse le préfet soit un peu plus partisan de la méthode forte.

    Acte XVI, la mobilisation est stable : Français encore un effort !! 

    Manifestation très fournie à Lille 

    Les gilets jaunes ont annoncé un gros mois de mars, avec en point d’orgue la journée du 16 qui marquera aussi la fin du Grand débat. A mon sens Macron ne pourra pas continuer comme ça encore bien longtemps, surtout que les gilets jaunes prétendent reprendre les ronds-points à partir du 10 mars 2019. Si la mobilisation sur les ronds-points redevient importante, cela perturbera les messages que Macron voudra faire passer à partir du décryptage des revendications apparues dans le Grand débat. On peut s’attendre de ce côté-là à un trucage de premier ordre. C’est Opinion Way, ce qui n’est gère une garantie d’impartialité, qui va traiter les réponses[7], mais ces réponses seront ensuite validées par les fameux garants qu’on sait très proches de Macron, ce qui veut dire que les réponses qui dérangent seront purement et simplement oubliées. Également on murmure que la grande masse de documentation sera traité par un programme informatique dédié, ce qui laisse craindre le pire en ce qui concerne les interprétations. On commence à se demander aussi s’il ne faudra pas reporter la coupe du monde de football féminin qui doit se tenir au mois de juin en France. Certains policiers considèrent que la sécurité ne pourra être correctement assurée avec des policiers épuisés par des semaines de répression violente. 

    Acte XVI, la mobilisation est stable : Français encore un effort !! 

    A Lyon la manifestation est tendue 

    Si les gilets jaunes arrivent à remobiliser sur les ronds-points au mois de mars, alors Macron sera contraint de réajuster sa politique. C’est tout l’enjeu du mois qui vient. Malgré l’aide des journalistes, il n’est pas certain que les résultats du Grand débat intéressent beaucoup de monde, surtout si, comme c’est à prévoir, on enfonce des portes ouvertes. Il faut absolument soutenir les gilets jaunes et y aller, le pouvoir ne s’effondrera pas comme ça, même s’il est manifestement chancelant. Français encore un effort, la démission de Macron est à notre portée !  

    Acte XVI, la mobilisation est stable : Français encore un effort !! 

    Encore du monde à Marseille 

     



    [1]https://france-police.org/2019/03/02/gilets-jaunes-acte-16-estimation-de-la-participation-a-15h-declarations-scandaleuses-de-christophe-castaner-et-report-de-la-coupe-du-monde-feminine-de-football/

    [2] https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/suite-a-sa-mission-a-paris-la-commissaire-mijatovic-livre-ses-premieres-observations-sur-les-questions-de-droits-de-l-homme-liees-au-mouvement-des-gil?fbclid=IwAR1JIIafuk3NOo46IArCSe1YTlEuaKccgqCDkTQ-Ka3SAcZcaMorBZPF2BE

    [3] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/mesures-en-faveur-du-pouvoir-d-achat-17-des-francais-en-ressentent-les-effets-20190301

    [4] https://www.lesinrocks.com/2019/03/01/actualite/societe/video-echange-tendu-pessac-entre-macron-et-une-gilet-jaune-111170413/

    [5] https://www.ouest-france.fr/politique/grand-debat-national/grand-debat-pres-de-deux-tiers-des-francais-ne-croient-pas-que-l-executif-en-tiendra-compte-6241229

    [6] https://www.lejdd.fr/Politique/sondages-la-popularite-demmanuel-macron-rebondit-de-3-points-en-moyenne-en-fevrier-3865691

    [7] https://www.opinion-way.com/images/blogs/OpinionWay_-_QA_sur_lanalyse_des_contributions_Grand_D%C3%A9bat_National_-_15_f%C3%A9vrier_2019.pdf

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  Manifestement les bourgeois ont eu très peur, les voilà donc maintenant qu’ils passent leur temps dans l’injure et la falsification outrancière. Faute d’une capacité intellectuelle pour analyser ce que sont et ce que veulent les gilets jaunes, ils mentent et profèrent des injures, démontrant s’il en était besoin en même temps la stupidité de ceux qui font profession de penser et leur méchanceté dès qu’ils se sentent menacés. Je suis très en colère contre cette caste ignoble et donneuse de leçon qui monopolise la parole à longueur de temps pour endoctriner les populations et tenter de nous faire partager la haine qu’ils ont des pauvres. Et ensuite on se demande pourquoi des journalistes se font agresser, pourquoi des hommes politiques se font injurier dans la rue et jusque chez eux. Dans une guerre sociale, il faut choisir son camp, et celle-ci qui a démarré avec le mouvement des gilets jaunes va être très longue et très dure.  

    Le bloc bourgeois à l’assaut du mouvement des gilets jaunes

    Voilà d’abord Thomas Legrand, un crétin diplômé qui se commet sur des tas de supports et principalement sur France Inter où il fait l’éditorialiste. Éditorialiste c’est un curieux métier, on vous dit ce qu’il faut penser, et donc on suppose que l’éditorialiste est plus informé et plus fin analyste que vous. N’ayant rien compris à ce qui se passe dans le pays depuis quatre mois, cet idiot du village suppose que ce sont les discours des gilets jaunes qui sont incohérents. J’emprunte ce qui suis à Acrimed, parce que je n’écoute jamais la radio, ni la télévision, mais je fais confiance à Acrimed[1].

    « Leurs propos sont absolument débiles. C’est-à-dire qu’ils sont incommentables. Moi je me penche sur leurs textes, sur ce qu’ils disent, et là il ne s’agit pas d’orthographe, il s’agit du contenu : c’est débile. Ça n’a ni queue ni tête, ils ne finissent pas leur phrase et ça n’a aucun sens, c’est passablement conspirationniste, donc ils sont totalement critiquables, ils sont même méprisables. On devrait arrêter de les inviter, ceux-là en tout cas. »

    L’idiot est doublé d’un menteur. Il fait d’abord semblant de ne pas comprendre que les gilets jaunes non seulement sont cohérents, mais qu’en outre ils savent très bien organiser leurs revendications. Je l’ai montré dès le début du mouvement que ce qui unissait les gilets jaunes par-delà leurs différences c’était quelques revendications très précises qui vont dans le sens de plus d’égalité et d’une plus grande maitrise des citoyens sur leur destiné[2]. Que ce sinistre connard ne vienne pas se plaindre si des gilets jaunes l’injurient et lui mette une torgnole, il l’aura bien mérité. L’idée – si on peut appeler ça une idée dans la tête d’un cerveau creux doublé d’un ignorant – est que les gilets jaunes ne sachant pas s’exprimer, qu’ils laissent les professionnels le faire, c’est-à-dire les journalistes lèche-culs comme lui et les politiciens de métiers qui font de la politique pour gagner le plus confortablement possible leur misérable existence. On voit bien à quoi sert ce domestique, à justifier l’ordre libéral qui écrase ceux d’en bas. Vous me direz c’est son métier, et donc il faut bien qu’il dise quelque chose, et ayant par nature l’échine extrêmement souple, il se penche du côté du pouvoir et de ses débris. 

    Le bloc bourgeois à l’assaut du mouvement des gilets jaunes 

    Voici maintenant le même genre de crétin, mais version « homme » politique, donc avec le sourire en plus. Gaspar Gantzer est énarque, et non content de supporter cette tare, il a été conseiller du malheureux François Hollande. Vu le succès de ce quinquennat, ce jeune idiot – en jeune, c’est vite dit, parce qu’il perd ses cheveux encore plus vite que Macron – devrait se retirer de la scène politique, ou faire une cure de silence pendant plusieurs années. Mais non, il ne peut pas s’empêcher de l’ouvrir. Non seulement il a fait l’ENA, mais en plus il en a rajouté dans le formatage imbécile en faisant Sciences Po. Fils de médecins, il s’est inscrit au PS, renforçant le côté bobo de ce misérable parti en décomposition maintenant plus qu’avancée. On lui prête la tentation de se présenter pour se faire élire maire de Paris : on voit que ce poste attire tous les gandins, de Villani à Griveaux en passant par Gantzer, comme si Paris n’avait pas eu assez de malheurs ! Mais tout ça on s’en foutrait un peu si ce crétin à qui on ne demande rien, ne donnait pas son avis sur les gilets jaunes. Voilà ce qu’il a dit le 18 février dernier sur Cnews, chaîne d’information en continu où on est toujours à court de bouffon pour amuser le tapis[3]. On remarquera que dans sa grandeur d’âme il reconnait tout de même le droit aux gilets jaunes de manifester, même si on sent que cela lui fait mal au cœur que de devoir l’admettre.

    « Ils ont le droit de manifester malheureusement, même s’ils sont cons, je suis désolé de le dire. C’est sûr que si on faisait des tests de QI avant les manifestations, il n’y aurait pas grand monde »

    Ce petit merdeux qui se disait « socialiste » – mais on ne sait plus ce que veulent dire les mots employés par cette engeance – commet plusieurs fautes en une seule phrase. La première est de prétendre qu’il possède une connaissance supérieure qui lui permet de décider qui est con et qui ne l’est pas. Ce qui manque énormément de recul. La seconde est qu’évidemment, alors qu’il se voudrait devenir dans le futur un homme politique rassembleur, il suit la voie étroite inaugurée par Macron de cracher sur tout le monde, pensant que les gilets jaunes disparaitront du jour au lendemain et donc qu’il lui restera un noyau dur pour se faire élire. Ce type de profil ENA + Sciences Po illustre ce que Todd appelle « la crétinisation des élites »[4]. Jamais les hommes politiques ne sont aller aussi loin dans le mépris ouvertement proclamé du peuple, avant on n’osait pas, même si on le pensait.  

    Le bloc bourgeois à l’assaut du mouvement des gilets jaunes

    Dans cette conjuration des imbéciles, voici maintenant le grossier personnage. Celui-là a franchit un cap dans la bassesse. François Berléand déjà acteur assez médiocre pour ce que j’en connais, mais ce n’est pas le sujet, vient nous faire part sur le plateau de RTL de ses aigreurs d’estomac. Je recopie sa diatribe telle qu’elle est rapportée par LesInrocks[5]

    « Depuis le début, ils me font chier !". Le comédien François Berléand était samedi l'invité de l'émission On refait la télé sur RTL, et il n'a pas fait dans la demi-mesure pour évoquer les Gilets Jaunes : « C'est du grand n'importe quoi. On ne s’écoute plus. Le gouvernement donne 10 milliards d’euros et c’est pas assez. On fait des états généraux en France, on donne la parole à tout le monde. […] Ceux qui ne veulent pas disent : « Ça ne va pas marcher. » Attendons au moins… ». L'acteur explique pourtant avoir soutenu le mouvement au début :  « Au rond-point, la première fois, on signe, on dit : 'On est avec vous'. Je comprenais les revendications », mais pour lui le mouvement n'a que trop duré, et évoque notamment un épisode vécu à Bordeaux en novembre dernier : « quand on sort de Bordeaux et qu’on voit une file de 10 kilomètres de camion… […] Tout ça parce qu’il y avait 20 Gilets jaunes qui faisaient chier, quoi. Comment ça se fait que 20 personnes peuvent emmerder autant de monde ? C’est pas possible. A un moment donné, il y a la liberté de circuler, de travailler ».

    C’était le 10 février dernier. La fin de cette charge est évidemment la marque des gens de droite : manifestez autant que vous voulez, mais ne perturber pas le droit de travailler et de circuler. On remarque que lui qui ne sait rien sur rien et encore moins sur le reste il considère que Macron dans sa grande bonté « a donné » 10 milliards d’euros – chiffre pourtant incertain et confirmé nulle part – et donc que ces 10 milliards c’est bien assez pour ces gueux. Ces largesses auraient dû selon lui faire cesser le mouvement. Mais ces salauds de pauvres, tu leur donne le doigt ils te mangent la main et puis le bras. C’est bien connu. Mais qu’est-ce qu’il en sait du rattrapage nécessaire du pouvoir d’achat pour les petits salaires et les petites pensions ? Comment peut-il les évaluer ? Le sous-entendu est clair : il faut leur donner du bâton à ces gilets jaunes qui réclament plus qu’ils ne méritent.

      Le bloc bourgeois à l’assaut du mouvement des gilets jaunes

    Le positionnement énervé du malheureux Berléand rappelle que le 7 décembre 2018, soit plus de deux mois avant, une palanquée de peoples avaient lancé la même revendication[6] : « Le moment est venu de parler, de s’écouter, de se comprendre. Nous disons solennellement : cela doit s’arrêter et le dialogue doit prendre le relais… En empêchant les commerçants de travailler, les habitants de circuler, en exerçant une contrainte sur le reste de la population, la liberté a été bafouée ». Ces gros bourgeois à gros revenus parmi lesquels on comptait l’inévitable BHL, macronien de choc, le penseur Hanouna, le fin lettré Stéphane Bern, Thierry Lhermitte, Michel Boujenah, Bruno Masure, Guillaume Durand, Pierre Lescure, directeur médiocre d’un Festival de Cannes de plus en plus médiocre, ou encore la miss France Sonia Rolland, prétendaient comprendre la situation, ils demandaient un retour à la normale, le droit de travailler – comme s’ils pouvaient savoir ce que c’est que de travailler. Mais plus encore ils faisaient comme si c’était ces salauds de gilets jaunes qui empêchaient tout dialogue, alors qu’à cette époque, Macron et son collaborateur Philippe disaient qu’il n’était pas question de changer de cap. Le mouvement dure depuis 4 mois, et cet ignoble BHL, toujours incapable de comprendre quoi que ce soit, avait annoncé le 17 novembre que ce mouvement était un échec massif, alors même qu’au mois de février encore le soutien des Français était très largement majoritaire et Macron très largement minoritaire.

    Le bloc bourgeois à l’assaut du mouvement des gilets jaunes

    Le bloc bourgeois à l’assaut du mouvement des gilets jaunes

    Les gilets jaunes sont des génies, ils ont fait sortir le diable de sa boîte. Tout le monde y va de sa dinguerie et donc pourquoi pas les curetons. Voilà Matthieu Ricard, moine bouddhiste, fils du très libéral « penseur » Jean-François Revel, qui vient nous expliquer que les gilets jaunes sont des dangereux individualistes. Ce pauvre garçon, déjà affublé d’un père semi-idiot, le voilà qui se met à parler de ce qu’il ne connait pas[7]. « C'est plutôt une crise du 'superflu' quand, par exemple, on n'a pas assez d'argent pour changer de voiture... tous les trois ans. Et que dire des immenses files d'attente pendant les soldes. J'étais récemment à New York, et des dizaines de personnes attendaient devant un magasin. Quand j'ai demandé ce qui se passait, on m'a répondu que dans deux heures des foulards en soie d'une grande marque allaient être mis en vente pour 300$ au lieu de 600 ! […] n'y aurait-il pas un peu d'individualisme dans tout ça, d'enfants gâtés qui veulent toujours plus » Voilà à quoi le moine bouddhiste ramène la crise des gilets jaunes. Il est difficile d’être plus idiot, car si on discute de la société de consommation, il faut partir des inégalités, et donc les plus condamnables dans la consommation du superflu ce ne peut pas être ceux qui gagnent le moins ! Mais cela échappe au cerveau encombré de ce malheureux. Résumer la crise des gilets jaunes à des réactions d’enfants gâtés est terriblement stupide.

     

    Ce que nous voyons là dans cette mobilisation globale d’une caste singulière, c’est une campagne de matraquage permanente pour dénigrer les gilets jaunes, pour les humilier, les rabaisser. Les radios et les télévisions invitent évidemment des personnalités qui pourront servir des éléments de langage macron-compatibles. De temps à autres on verra quelques soutiens des gilets jaunes histoire de défendre le pluralisme démocratique. Mais ces soutiens n’insultent pas Macron et sa bande, ils conservent une certaine retenue que leurs ennemis ne possèdent pas. Dans la dernière phase, celle de la seconde moitié du mois de février, on mobilisera l’antisémitisme supposé des gilets jaunes, comme si l’ensemble de ce mouvement avait des comptes à rendre en la matière ! Mais si on a mis autant de moyens pour vilipender les gilets jaunes, c’est bien que ceux-ci font très peur. Que reproche le bloc bourgeois aux gilets jaunes ? Essentiellement de l’empêcher de faire des affaires, de nuire au commerce, bref d’empêcher les riches de jouir tranquillement de leurs biens.



    [1] https://www.acrimed.org/Thomas-Legrand-France-Inter-se-lache-sur-les?fbclid=IwAR3KZ5wnFk4ut8fUnpDxVuz746DdB5WhpmFz6gsXquyxZ4-eVE4Ehsr3iKQ

    [2] http://in-girum-imus.blogg.org/les-revendications-principales-des-gilets-jaunes-a154295420

    [3] http://www.francesoir.fr/politique-france/pour-gaspard-gantzer-les-gilets-jaunes-sont-des-cons

    [4] https://www.les-crises.fr/emmanuel-todd-la-cretinisation-des-mieux-eduques-est-extraordinaire-par-sonya-faure-et-cecile-daumas/

    [5] https://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/depuis-le-debut-ils-font-chier-francois-berleand-se-lache-sur-les-gilets-jaunes/

    [6] https://lemediapourtous.fr/bhl-hanouna-bern-et-lhermitte-demandent-aux-gilets-jaunes-de-sarreter-dans-une-tribune/

    [7] https://www.lci.fr/psycho/n-y-aurait-il-pas-un-peu-d-individualisme-dans-tout-ca-les-lecons-du-moine-bouddhiste-matthieu-ricard-sur-la-crise-des-gilets-jaunes-2110943.html?fbclid=IwAR0b7qV6bd8-P6eV-KaZzJdurs9yZqkehGJwJGzXph013HCNeNZB0C-17vE

    Partager via Gmail

    2 commentaires