•  Acte XVIII, des scènes de guerre civile, mobilisation en hausse !

    La crise des gilets jaunes est une crise sans fin. Même si le mouvement venait à s’arrêter brusquement, il aura démontré que Macron était incapable d’affronter la dure réalité, en quatre mois aucune avancée significative n’a été faite. Attendre que la lassitude et le pourrissement mette fin au mouvement de protestation n’est pas seulement lâche, c’est aussi inconséquent. Pourtant Macron a tous les atouts en mains : les médias qui fustigent depuis quatre mois les gilets jaunes, la police qui se comporte comme des milices fascistes aux ordres de l’oligarchie et la justice qui se sent suffisamment concernée pour distribuer des années de taule en veux-tu en voilà. Et il vient même de recevoir le soutien indirect d’Alain Badiou, cette vieille crapule qui aura soutenu toutes les dictatures sanglantes du XXème siècle, de Staline aux Khmers rouges en passant par Mao et le Hamas ou le Hezbollah. Voilà cet incapable, aussi bête que méchant qui se permet de juger les gilets jaunes. Que leur reprochent-ils ?

    « Divers indices, notamment des traces évidentes de nationalisme à courte vue, d’hostilité latente aux intellectuels, de « démocratisme » démagogique dans le style crypto-fasciste de « le peuple contre les élites », et de confusion dans les discours, doivent inciter quiconque à être prudent dans toute appréciation trop globale de ce qui se passe aujourd’hui. Acceptons de voir que les ragots des « réseaux sociaux » tenant lieu, pour la majorité des gilets jaunes, d’information objective, la conséquence en est que circulent partout dans le mouvement des pulsions complotistes aberrantes. » 

    Acte XVIII, des scènes de guerre civile, mobilisation en hausse ! 

    Un véhicule de la gendarmerie attaqué sur les Champs Elysées, les gendarmes ont du fuir 

    Badiou répète des lieux communs aussi stupides que lui. Il leur reproche au fond de ne pas être un parti avec un leader et un programme. Sa prétention le pousse même à les juger plus stupides que lui ! Il voudrait bien que les gilets jaunes aient lu ses livres ou à la rigueur le petit livre rouge de Mao auquel il reste très attaché comme symbole de la Révolution culturelle. C’est à sa manière de juger les gilets jaunes qu’il dévoile à la fois sa cuistrerie et son caractère bourgeois. Seul un vieux con de bourgeois peut encore croire qu’il est plus instruit des choses de la vie qu’un gilet jaune. Mais nous n’oublions pas que l’immonde Badiou qui a couvert tous les crimes des dictateurs pourvu qu’ils se parent de la faucille et du marteau, s’est toujours trompé sur tout et même sur le reste. Je n’en parlerai même pas si certains à gauche le trouvaient tellement intéressants qu’ils en ont fait leur boussole. Mais il ne faut pas se leurrer, Badiou, c’est la même chose que BHL, une outre gonflé du vent de la méchanceté. Les débris des groupuscules gauchistes ou encore du PCF aiment bien l’invité à faire des conférences, il y fait recette parce qu’il fait dans la défense de l’immigré, du palestinien et d’un monde sans frontière. Il aide à consolider un petit noyau dur qui empêche de comprendre les enjeux du monde moderne, et surtout de poser des problèmes sérieux à Macron et à sa bande de crapules. Badiou et ses admirateurs, les no borders, les antisionistes, les défenseurs des migrants, travaillent très sérieusement à la consolidation du monde « néo-libéral », Badiou n’est pas si loin de Cohn-Bendit finalement. Par parenthèse Badiou qui est un véritable imbécile ne comprend pas le terme de « néo-libéral », il lui préfère celui de libéralisme sauvage. Il se trompe, essentiellement parce que le capitalisme sauvage du XIXème siècle ne s’appuyait pas sur l’Etat pour piller la richesse produite, alors qu’aujourd’hui les grands capitalistes ne veulent pas détruire l’Etat, mais se l’accaparer pour faire des profits encore plus énormes. On le renverra à la lecture de l’ouvrage de James Galbraith dans lequel ce changement de nature du rôle de l’Etat est analysé[1].  Mais demander à Badiou de s’instruire est peine perdue. Il vit dans l’ignorance depuis tellement de temps que le mensonge est devenu pour lui une seconde nature. Badiou n’aime pas les drapeaux tricolores, il préférerait voir la tête de Mao, mais il n’aime pas non plus les mouvements spontanés, croyant sans doute qu’il est encore capable de pouvoir les contrôler par la puissance de sa pensée. Au fond ce qui a toujours manqué à ce bourgeois de Badiou, c’est un peu d’empathie avec son sujet. Il joue les révolutionnaires de salon, mais il n’aime pas les prolétaires, il n’est pas le seul dans ce cas, beaucoup de faux intellectuels sont sur cette ligne : pour eux la révolution ou la transformation sociale n’est pas une affaire de sentiments, mais une question de logique. Bref, j’aurais honte d’être lui !  

    Acte XVIII, des scènes de guerre civile, mobilisation en hausse !

    Mais laissons le vieux Badiou se vautrer dans sa fange, et intéressons-nous plutôt à l’acte XVIII des gilets jaunes. Castaner annonçait 14000 dans toute la France en début d’après-midi. Ce jour-là il y avait aussi une marche pour le climat. Et très souvent les cortèges se sont rejoints comme à Marseille. Ceci étant, il est clair que l’oligarchie criant bien moins les manifestations pour l’environnement que les gilets jaunes. Il suffit de voir les comptes-rendus du Monde. Ce journal conservateur montrait des manifestants gentils et pacifiques place de l’Opéra à Paris, et mettait en scène au contraire la violence des gilets jaunes. En effet, les marcheurs pour le climat ne pouvant rien obtenir, ni à court terme, ni à moyen terme, Macron peut les regarder avec un œil condescendant, tout en se faisant financer par les multinationales comme Monsanto ou Coca-Cola[2]. En quelque sorte, les gilets jaunes sont très en avance sur les marcheurs pour le climat, ils savent que sans mobilisation déterminée et sans violence ils n’obtiendront rien. Dans la soirée le farfelu Castaner avouera 32 300, soit une mobilisation en hausse sensible par rapport à l’acte XVII. Mais pendant ce temps-là, Macron était au ski comme si de rien n’était ! le syndicat France Police lui comptait 290 000 manifestants gilets jaunes, en incorporant ceux qui se trouvaient dans la manifestation pour le climat[3]. Glucksmann, Faure et même certains LREM comme Attal manifestaient pour le climat : preuve que ce n’est pas là que les choses sérieuses se passaient. Donc une manifestation des gilets jaunes en forte hausse. Pour Le monde, on retient que les Algériens qui manifestent pour renverser Bouteflika et les marcheurs pour le climat sont des très bons manifestants, on souligne leur calme et leur organisation impeccable. A l’inverse les gilets jaunes sont toujours de très mauvais sujets, la preuve ? Ils pillent les magasins de luxe, empêchant le petit commerce de prospérer. Les autres médias sont à l’unisson, L’Obs qui ne sait plus quoi dire pour discréditer les gilets jaunes avait remisé ce sujet au second rang de sa page d’accueil, après le non-événement que constituait l’adoubement de Glucksmann comme tête de liste pour le PS aux élections européennes qui arrivent bientôt.  

    Acte XVIII, des scènes de guerre civile, mobilisation en hausse ! 

    L’acte XVIII a surpris pour ce surcroit de mobilisation mais aussi par sa violence. De nombreux gilets jaunes, notamment des anarchistes et des black-blocks étaient venus manifestement pour en découdre. Une banque a pris feu sur les Champs Elysées, l’incendie se propageant à tout l’immeuble. Une autre a été saccagée avenue des Ternes. Des magasins ont été pillés, Boss, Yves Rocher, Swarovski, comme si on revenait au tout début du mois de décembre 2018. Les policiers incapables de défendre le petit commerce de luxe furent pourchassés et durent reculer plusieurs fois, malgré la présence de leurs blindés et de leurs canons à eau derrière lesquels ils se protégeaient. Castaner-le-menteur avançait qu’il y avait 5000 policiers pour 8000 manifestants à Paris, mais 1500 casseurs. Encore une fois on se demande comment 5000 policiers surarmés, appuyés par des blindés et des canans à eau ont été incapables pendant des heures de maitriser 1500 casseurs. Soit les policiers avaient des instructions pour laisser faire les casseurs, pour ensuite en dénoncer la violence et justifier les interdictions de manifester, mais je n’y crois pas trop, soit la hiérarchie policière, c’est-à-dire Castaner et Nuñez, n’étaient pas du tout à la hauteur. On a même vu ce jour-là des gendarmes envoyer des grenades lacrymogènes sur d’autres gendarmes, sous les applaudissements nourris des gilets jaunes. De nombreux commerces ont été vandalisés dans le quartier des Champs-Elysées, dont le fameux Fouquet’s haut lieu des turpitudes bourgeoises, on se souvient que c’est là que Sarkozy avait fêté son élection en 2007, entouré de ses sponsors, Bolloré et quelques autres milliardaires. Il est clair qu’il s’agit là intentionnellement, dans l’attaque des commerces de luxe, d’une critique de la marchandise. Bulgari, Longchamp, ont été vertement critiqués ! C’est bel et bien une radicalisation du mouvement qui s’opère. L’avertissement est clair et annonce des temps mauvais : les riches ne sont chez eux nulle part, parce que les gilets jaunes sont partout y compris et surtout sur les Champs Elysées ! Edouard Philippe et Castaner ont répété pour la XVIIIème fois qu’ils ne sauraient tolérer un tel niveau de violence. Mais en énonçant ces mots creux, ils rappelaient à toute la France qu’ils étaient incapables d’enrayer et de contrôler le mouvement.

     Acte XVIII, des scènes de guerre civile, mobilisation en hausse ! 

    Gilets jaunes à Rouen le 16 mars 2019 

    Même s’il n’y a plus personne sur les ronds-points, même s’il y a moins de monde dans les manifestations, le ressentiment des Français contre Macron reste à un niveau très élevé. Il n’a pas repris la main dans l’opinion comme le montre le peu d’intérêt que les Français ont manifesté pour le Grand débat[4]. Les violences policières ont outré l’opinion, mais aussi l’affairisme débridé et cupide de Macron qui veut à tout prix vendre ADP et d’autres bijoux de famille.  Le problème est, pour les gilets jaunes, de se renouveler. Éric Drouet qui en est conscient annonçait que l’acte XVIII serait pour lui le dernier jour de manifestation, qu’il fallait maintenant passer à autre chose pour que le gouvernement enfin recule[5]. Il songeait à des actions qui bloqueraient l’économie. A voir les pleurnicheries du petit commerce, il est certain que c’est bien cela qu’il faut faire. C’est ce qu’auraient dû faire les syndicats, si ceux-là avaient encore un peu d’ambition sociale. Remarquez qu’en Algérie les grandes manifestations contre Bouteflika et son régime pourri ont vu les foules rejeter les partis et les syndicats, comme chez nous[6]. La crainte de la récupération est certaine, et de partout les partis et les syndicats sont discrédités. Bref on revient à cette bonne vieille idée que le peuple est mieux à même de gérer ses propres affaires que les professionnels de la politique qui semblent de plus en plus tétanisés par l’ampleur des problèmes auxquels ils sont incapables de répondre. C’est sans doute la grande leçon de ces dernières années, l’effondrement des partis et des syndicats de partout dans le monde. 

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    Saint-Etienne le 16 mars 2019 

    Les manifestations des gilets jaunes ont été complétées si on peut dire par celles des marcheurs pour le climat qui auraient réuni plus de 100 000 personnes sur le territoire national - Libération parlait de 50 000[7]. Mais là aussi on avance parce que les revendications des marcheurs portaient, comme celles des gilets jaunes, sur la nécessité de changer le mode de production et de consommation, ce qui par parenthèse ruinerait le peu de crédit qui reste à ce gouvernement auprès de sa clientèle de milliardaires. La veille cependant la canaille LREM a bien voté comme le gouvernement le lui demandait, la privatisation de la Française des jeux, celle d’ADP et les restes d’Engie[8]. Macron est pressé, sans doute à a-t-il peur de ne plus être là d’ici quelques mois. C’est une vente de la France à la découpe, et bien entendu le bénéfice est pour les amis. Il est clair que ce gouvernement est le plus corrompu de tous ceux de la Vème République, et pourtant la concurrence est rude à ce niveau. Mélenchon parlait d’erreur historique à l’Assemblée nationale, non, il se trompe, il ne s’agit pas d’une erreur mais de se payer sur la bête. Le sinistre Bruno Le Maire disait en défendant son maudit projet, que ADP ne serait pas vendu, mais il s’agirait d’une concession de 70 ans !! Cet épisode répugnant, passé sous silence par la plupart des médias, parce qu’ils savent que les privatisations sont très impopulaires, nous montre à quel point nous ne sommes pas assez violents avec cette canaille qui n’a qu’un seul mobile, piller le pays pour la gloire et l’enrichissement des milliardaires. Ce que développe Juan Branco dans une longue vidéo très intéressante[9]. Evidemment la priorité de Macron et du lobbyiste en chef de Matignon, ce n’est pas de trouver des solutions à ce qu’on appelle improprement la crise des gilets jaunes, mais brader tout ce qu’ils peuvent trouver à vendre dans le temps très court qui leur est imparti, ça c’est dans les cordes du banquier d’affaires qui est devenu par hasard le président le plus haï de la République. Signe que quelque chose a un peu bougé, les journalistes du Monde commence à se poser des questions sur la profondeur du mouvement, et donc à y trouver des raisons, ils dressent le portrait de ces gens ordinaires qui en ont un peu assez de subir, pire encore, ils montrent que les blacks-blocks sont bien tolérés parce que justement personne ne veut les écouter[10]. Mieux vaut tard que jamais ! 

    Acte XVIII, des scènes de guerre civile, mobilisation en hausse ! 

    Le Fouquet’s vandalisé 

    Pendant ce temps-là Macron était au ski posant avec son ubuesque épouse pour les couvertures Paris Match et de Closer ! Mais c’est raté parce que ce qu’on retiendra de ce 16 mars 2019, c’est plutôt que Paris était en train de brûler. On comprend que ce type-là n’est pas fait pour la place qu’il occupe et je me demande si ce ne sont pas les milliardaires qui l’ont mis à cette place qui vont finir par le débarquer. Il ne sert pas à grand-chose finalement, et le farfelu Philippe non plus, certes il rentabilise leurs investissements sur sa personne à court terme, mais plus rien ne fonctionne, et ça ce n’est pas très bon pour les affaires, surtout quand on prétend attirer des investisseurs étrangers. Ce ne sont plus syndicats habitués à se coucher que les patrons craignent, mais les gilets jaunes, avec qui il est bien difficile de discuter. Depuis le début décembre, Macron n’a pas avancé d’un pouce, à part s’agiter dans tous les sens et vendre du vent, il n’a rien amené au débat, grand ou petit, rien qui puisse calmer la contestation, rien qui puisse apaiser les tensions. Il est revenu au point de départ. Ne sachant plus trop quoi faire, Macron a imaginé d’invité une soixantaine d’intellectuels lundi 18 mars 2019 à l’Elysée, soi-disant pour clôturer le Grand débat, on y retrouve les habituels mendigots friands de ces lieux de rencontres où on peut renforcer son capital d’entregent, Aghion, Daniel Cohen, Pisani-Ferry, mais il a pris soin d’inviter aussi des dissidents, histoire de faire le type ouvert et compréhensif. Paul Jorion y sera, Dominique Méda aussi, apportant ainsi une caution morale à ce gangster, si le premier nous avait par le passé montré qu’il goûtait cet entre-soi bourgeois, la seconde n’était pas connue pour ce type de bassesse, et même si on la sentait un peu fébrile à l’idée de lutte des classes, on la pensait plutôt sincère[11]. Voilà à quoi mène finalement un manque de théorie, ça mène à la compromission ! Lordon qui était aussi invité, a fort justement décliné cette mascarade, Finkielkraut aussi. Mais d’ores et déjà, avec ce qui s’est passé ce samedi, ce genre de réunion feutrée et bourgeoise n’a plus lieu d’être. Et en effet, nul ne peut croire qu’en se rendant à cette réunion, il aura les moyens d’influencer Macron dans ses choix politiques. L’entêtement imbécile de Macron est maintenant légendaire, et ce ne sont pas quatre phrases balancées entre la poire et le fromage qui y changeront quelque chose. Décidément, comme on dit « quand ça veut pas, ça veut pas » !  

    Acte XVIII, des scènes de guerre civile, mobilisation en hausse !

    Sur les Champs Elysées un kiosque brûle 

    Il reste tout de même étonnant que nous en soyons à l’acte XVIII sans que rien n’ait bougé. Cette seule journée du 16 mars 2019 anéantit toutes les ambitions de Macron qui depuis trois mois essaie de reprendre la main en enfumant tout le monde avec son Grand débat. 

    Acte XVIII, des scènes de guerre civile, mobilisation en hausse ! 

    A Marseille aussi les gilets jaunes étaient nombreux le 16 mars 2019



    [1] L’Etat prédateur, Le seuil, 2009.

    [2] https://www.valeursactuelles.com/politique/parlement-europeen-bayer-monsanto-finance-bien-le-parti-alde-104817

    [3] https://france-police.org/2019/03/16/estimation-de-la-participation-a-lacte-18-des-gilets-jaunes-290-000-manifestants-a-travers-toute-la-france-a-19h30/

    [4] http://in-girum-imus.blogg.org/la-fin-du-grand-debat-a160840376

    [5] https://www.huffingtonpost.fr/2019/03/15/lacte-xviii-sera-le-dernier-deric-drouet-a-paris_a_23693311/

    [6] https://www.algeriemondeinfos.com/degage-abdellah-djaballah-chasse-de-la-manifestation-a-alger/?fbclid=IwAR3VynALcSPP4JCXy7KaAdrJSySGyik-cFZGB8Pq5W0NhSzB3lmgQ3kyHAs

    [7] https://www.liberation.fr/france/2019/03/16/a-paris-une-marche-pour-le-climat-reussie-et-un-petit-pas-vers-le-social_1715604 Pour Libération 50 000 marcheurs pour le climat c’est une grande réussite, mais 290 000 gilets jaunes, ça ne les interpelle pas plus que ça.

    [8] https://www.huffingtonpost.fr/2018/10/03/lassemblee-nationale-vote-un-article-preparant-la-privatisation-daeroports-de-paris_a_23550251/?utm_hp_ref=fr-privatisation

    [9] https://www.youtube.com/watch?v=yEtmZKE5jhw&t=969s&frags=pl%2Cwn

    [10] https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/16/il-n-y-a-que-quand-ca-casse-qu-on-est-entendu-recit-d-une-journee-de-violences-des-gilets-jaunes-a-paris_5437197_3224.html

    [11] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2019/03/15/25001-20190315ARTFIG00147-grand-debat-macron-va-recevoir-une-soixantaine-d-intellectuels-lundi-a-l-elysee.php

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  • Engagé avec une débauche de moyens mis au service de la propagande macronienne, le Grand débat s’achève dans la confusion totale. Nous avons souligné que les débats avaient été très largement boudés en dehors de ceux qui étaient organisés pour la venue de Macron. Nous en donnons encore deux exemples ci-dessous, l’un en Corse, à Ajaccio le 3 février dernier, avec moins de 10 personnes, et encore à Saint Brieuc, le 5 février avec moins de trente personnes. De partout c’était le vide intégral, le gouvernement refusant de communiquer sérieusement sur cette douloureuse question[1]. Ces micro-réunions, le plus souvent fréquentées par un public âgé et désœuvré, ont laissé les Français au même niveau de départ, 70% d’entre eux pensent que cela n’aura servi à rien d’autre qu’à mettre en scène les élucubrations de Macron[2]. Et en effet, à partir du moment où Macron faisait les questions et les réponses, il était clair que ce serait une agitation tout à fait inutile. 

    La fin du Grand débat 

    Ajaccio 3 février 2019

    Phénomène un peu inattendu, les fameux garants choisis par Macron pour contrôler l’authenticité de la manœuvre ont désapprouvé les interventions incessantes du gouvernement pour tenter de conserver la mainmise sur cette affaire[3]. C’était d’ailleurs pour cette raison que Chantal Jouanno s’était opposée à Macron et qu’elle s’était retirée : elle avait dénoncé un manque de sincérité du gouvernement. Mais peut-être que l’essentiel n’est pas là. Certes les organisateurs de cette foire vont sans doute tricher sur les chiffres pour montrer que les Français ont tout de même participé, mais plus encore on s’attend à ce que les conclusions soient trafiquées, un peu comme les chiffres de Castaner sur le nombre de manifestants.

    La fin du Grand débat  

    Saint Brieuc, 5 février 2019 

    Le CEVIPOF vient de faire une étude sur les participants au Grand débat, se sont essentiellement des personnes avec un profil de macronien engagé. Massivement ceux qui ont apporté leurs contributions sont ceux qui appartiennent à la minorité d’en haut de la société. Les jeunes ne sont pas représentés, les locataires non plus. A l’inverse se sont les retraités qui se sont retrouvés dans cette foire, les propriétaires et les très diplômés, et comme il y a une corrélation directe entre niveau de diplôme et niveau de revenus, il est clair que c’est la bourgeoisie, plutôt les classes supérieures, qui sera représentée. Dès lors non seulement les participants ne représentent pas les Français, mais ils représentent ces 20% indécrottables qui sont pour Macron, quel que soit le nombre d’éborgnés, quelle que soit la misère qu’il fait aux classes exploitées, les lecteurs du Monde si vous voulez. Il ressort que les réponses qui seront tirées de cet examen de conscience de la France d’en haut n’aura strictement aucune valeur, si ce n’est pour mieux connaître les préoccupations du bloc bourgeois. Au total il y aurait eu 1,4 millions de propositions sur Internet. C’est beaucoup, ce qui veut dire que ceux qui ont joué le jeu y ont participé plusieurs fois en démultipliant les contributions. Déjà que le biais de classe est patent, la démultiplication des interventions l’amplifie également. 

    La fin du Grand débat 

    La cause est perdue, sans appel, tout ça pour ça, des moyens étatiques énormes mis à disposition pour finalement ne rien trouver à en dire. Le malaise est patent au sein de l’équipe du CEVIPOF qui a travaillé sur les réponses aux questionnaires[4]. Non seulement les questions étaient biaisées, les réponses limitées et orientées, mais en plus les participants appartiennent à une catégorie non représentative des Français. Cette France-là avait essayé de faire une contre-manifestation, histoire de montrer ses muscles face aux gilets jaunes, montrer qu’une majorité silencieuse existait. C’était à Toulouse le 14 mars 2019. Le résultat fut totalement lamentable pour cette petite poignée de « foulards rouges », encore plus lamentable que la manifestation parisienne du 27 janvier. On voit que la droite extrême macronienne a bien du mal à se faire passer pour autre chose qu’une petite minorité nantie et hargneuse, que ce soit à travers le Grand débat ou ses timides manifestations.

    La fin du Grand débat



    [1] https://www.europe1.fr/politique/enquete-europe-1-combien-de-francais-ont-participe-au-grand-debat-3874058

    [2] https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/selon-un-sondage-elabe-70percent-des-francais-estiment-que-le-grand-debat-ne-permettra-pas-une-sortie-de-crise-1146375.html

    [3] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/03/13/les-garants-du-grand-debat-critiquent-les-interferences-du-gouvernement_5435356_823448.html

    [4] https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Grand-debat-ce-que-revelent-les-contributions

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  • Les médias dominants nous ont expliquer en long, en large et en travers que Bolsonaro, le nouveau président du Brésil, élu avec 46% des suffrages au premier tour des élections présidentielles était un abominable fasciste. Je ne doute pas une minute que celui-ci soit une planche pourrie et un malheur pour les Brésiliens[1]. Et nous voyons en effet qu’il utilise volontiers la matraque pour réduire l’opposition. Nous le voyons ci-dessous. 

    Sauriez-vous reconnaitre le vrai et le faux fascisme ? 

    La police arrête un homme lors d’une manifestation contre le nouveau président, Jair Bolsonaro, à São Paulo, au Brésil, le 30 octobre 2018.  

    Seulement voilà, il n’y a pas que lui qui utilise ces méthodes fascistes. Le sémillant Macron fait exactement la même chose, non seulement il abuse de la violence en envoyant les milices de Castaner casser du gilet jaune, mais il envoie des hordes de journalistes braillards et incultes, vendus et sans morale pour en faire la réclame à la télévision ou à longueur de colonne. Le fascisme macronien ressemble à s’y méprendre au fascisme bolsonarien, y compris dans l’affairisme qui va avec, de nombreux députés LREM sont convoqués par la justice pour leurs malversations, je passe sur l’affaire Benalla qui mériterait un livre à elle seule. La répression policière de type fasciste en France a été condamnée par trois fois par la Commission européenne et le Parlement européen, par deux fois par l’ONU, et de manière un peu plus anecdotique par Amnesty international. Et jusqu’à l’ineffable Jacques Toubon, peu soupçonné d’être un affreux gauchiste, qui nous dit que Macron est vraiment sur la mauvaise pente[2]. 

    Sauriez-vous reconnaitre le vrai et le faux fascisme ? 

    Rouen Acte X des gilets jaunes, 19 janvier 2019, la police arrête un homme qui manifeste contre le nouveau président Emmanuel Macron  

    Il fut un temps, lorsque les médias, les partis de gauche et les syndicats n’étaient pas complètement abâtardis, où une telle situation aurait été dénoncée violemment et amener des manifestations de masse contre le développement de cette nouvelle forme de fascisme. C’est à peine si aujourd’hui on rapporte les informations : quand il s’agit de critiquer les gilets jaunes qui réclament le RIC, les petits soldats du macronisme en font des tartines pour nous expliquer que le RIC, c’est déjà, rien que d’en parler, être un peu fasciste. Voilà donc l’impayable Philippe Lamy, soi-disant spécialiste des extrêmes droites qui, dans l’édition du Monde du 14 mars 2019 qui nous explique encore une fois que le RIC c’est pas du tout de la démocratie directe ou indirecte, c’est au contraire une idée d’extrême droite. Pourquoi donc que le peuple en s’affirmant serait-il fasciste ? C’est très simple nous dit Lamy, ils opposent le peuple d’en bas au peuple d’en haut ! Et voilà ! Par contre Philippe Lamy ne nous dit rien sur l’utilisation de la violence par Castaner et ses milices. 

    Sauriez-vous reconnaitre le vrai et le faux fascisme ? 

    A Toulouse une horde de CRS agresse un couple de passant, gazant au passage un malheureux en fauteuil roulant  

    Les journalistes et même les politiques ont de pudeurs de jeune fille pour qualifier clairement le régime macronien : c’est un régime fasciste, disons-le clairement, non seulement il bastonne les populations qui le contrarient, mais il a confisqué la justice, la police et les médias pour son usage personnel et celui de la caste qu’il représente. La concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme, sans doute fou, est un très grave danger pour la République. Je me demande combien il faudra de temps à toutes ces bonnes consciences officielles pour enfin admettre que le régime macronien a changé de forme et que nous somme bel et bien dans un régime fasciste. Dernière minute, le parlement a adopté définitivement une loi « liberticide » dite loi anti-casseurs[3]. Cette loi complète la dérive fasciste du régime puisque maintenant il sera hors-la-loi de manifester si le préfet n’est pas d’accord, on aura donc une autorisation à manifester à la tête du client. Cette loi a été concoctée par l’ignoble Retailleau, un sarkozyste, qui montre combien Macron est dans la continuité avec l’ancien président de la République écarté du pouvoir en 2012. Il se dessine donc un bloc LREM-LR dont nous devons tout craindre. Charles de Courson, un député pourtant pas très regardant, parlait d’un retour à l’esprit de Vichy. C’est bien vu. Il est bon de qualifier précisément ce qu’est cette manière de l’oligarchie de gouverner par la matraque à défaut de réunir un consensus minimal sur ses projets vaseux et destructeurs. 

    Sauriez-vous reconnaitre le vrai et le faux fascisme ?  



    [1] https://theintercept.com/2019/02/22/jair-bolsonaro-presidency-brazil/
    [2] https://www.valeursactuelles.com/societe/jacques-toubon-condamne-un-renforcement-de-la-repression-en-france-104818
    [3] https://www.lesinrocks.com/2019/03/13/actualite/la-loi-anticasseurs-adoptee-par-le-parlement-111173122/

     

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  •   Le Grand débat est un fiasco et une supercherie 

    A Gouesnou ils étaient une poignée pour débattre des problèmes de la jeunesse  

    Les Français ont manifestement boudé le Grand débat national qui va se terminer dans quelques jours. Sur Internet ce sont seulement 160 000 personnes, pour la plupart des soutiens de Macron qui ont participé à cette mascarade[1]. Notez que le gouvernement, par la voix de Wargon, n’a pas pu s’empêcher de mentir. Elle avait avancé le chiffre imprudemment de 900 000 contributions à la mi-février[2]. C’est franchement pathétique de voir ce gouvernement complètement à la ramasse mentir sur tout et sur n’importe quoi. Donc les Français ne se sont pas intéressés au Grand débat, sur Internet ou dans les réunions programmées à cet effet. Non pas parce qu’ils n’ont rien à dire, mais parce qu’ils savaient dès le début que les dés étaient pipés : les questions et les réponses sont écrites à l’avance, et c’est sans doute pour ça qu’Edouard Philippe a annoncé que les Français seront forcément déçus de ses résultats[3]. On comprend que le Grand débat a servi à deux choses : à faire de la propagande pour Macron et sa politique, en faisant des photos et des petits films destinés à la réclame, et aussi pour justifier ex-post une nouvelle baisse d’impôt pour les plus riches et donc, corollaire annoncé par Macron lui-même, une baisse des dépenses publiques et une braderie des biens de l’Etat avec la fermeture de certains services publics. En dehors des grands shows du début qui ont été montés avec une débauche de moyens, les gens ne se sont pas précipités pour participer. 

    Le Grand débat est un fiasco et une supercherie 

    Abbeville, le 5 mars 2019 

    Les salles dédiées étaient vides. On peut donner quelques chiffres, à Abbeville, le 5 mars 2019, il y avait exactement 13 personnes dans la salle, dont un conseiller PS et un conseiller RN, donc seulement 11 personnes qui ne sont pas des politiciens de profession[4]. C’est une ville tout de même de 23 000 habitants, la deuxième ville de la Somme derrière Amiens. A Erquinghem-Lys, ils étaient encore moins nombreux, une petite poignée[5]. C’est plus que peu, c’est de l’indifférence. Ces deux exemples sont choisis dans le Nord, mais c’est la même chose un peu partout. Ces débats sont tellement ennuyeux et tellement hors-sujet que même quand il y a Macron, les chaines de télévision qui font de l’information en continu, ont arrêté cet exercice. Certes ils soutiennent Macron, mais il leur faut aussi faire de l’audimat, sinon les recettes publicitaires disparaissent. 

    Le Grand débat est un fiasco et une supercherie 

    Erquinghem-Lys, le 2 mars 2019 

    Contrairement à ce qu’on pense, même le show Macron n’attire plus personne, sauf les gilets jaunes qui lui crient dessus à son passage en cortège. A Pessac alors que le débat était centré, en présence de Macron et de Marlène Schiappa sur les questions féminines, on a retenu que Macron s’était fait enguirlander, c’est le cas de le dire, par une femme qui voulait lui donner un collier avec un gilet jaune. Macron failli en faire une crise de nerf. Le point, journal stupide s’il en est, signalait que Macron s’exprimait ce jour-là devant 400 femmes. Mais il suffisait de voir les photos pour comprendre que ce public n’était pas beaucoup plus large qu’une cinquantaine de personnes. Ce journal a tellement intégré le mensonge qu’il ne se rend même plus compte que les images peuvent aussi détromper les mots. On avait retenu un grand gymnase à tort car cela faisait encore plus ressortir le vide de ce Grand débat[6]. Manifestement Macron ne faisait plus recette. Mais ses conseillers et les journalistes parisiens devaient penser que le sujet « les femmes » était très porteur et allait montrer un côté humain du président de la République, d’autant que promettre plus d’égalité entre les hommes et les femmes ça n’engage pas à grand-chose. 

    Le Grand débat est un fiasco et une supercherie 

    Pessac, le 25 février 2019 

    A Gargilesse-Dampierre, histoire de faire croire que Macron s’intéresse à la France rurale, il a rencontré quelques maires, une trentaine nous dit-on, et en plus il s’est fait remettre à sa place par André Laignel, notamment sur la réforme des financements des collectivités locales qui ont plongé celles-ci dans un grand désarroi[7]. L’arrivée de Macron à Gargilesse-Dampierre était très surveillée. Il n’était pas question de laisser approcher les gilets jaunes. La veille les rues du village avaient taguées de l’habituel « Macron, démission », mais les employés de la mairie les avaient effacés de façon à laisser croire que dans tous ses déplacements Macron ne rasait pas les murs mais pouvait aller à la rencontre du peuple en toute sérénité. Evidemment personne n’est dupe de cette mise en scène. On espère seulement que le téléspectateur retiendra qu’il mouille la chemise, qu’il va au contact, et qu’on oubliera que pendant qu’il blablate aux quatre coins de la France il ne s’occupe pas du pays, ce qui normalement devrait être de son devoir. C’est ce que finalement a révélé la tournée du show Macron, il est seulement le ministre du verbe, au mieux le service après-vente de la Commission européenne qui lui dit ce qu’il faut faire, au pire, dans le genre ennuyant et collant, une sorte de robot qui non seulement se saoule de mots, mais qui en plus nous endort. Mais n’ayant existé jusqu’à ce jour que par sa capacité à baratiner l’interlocuteur, et par des effets de communication d’un autre âge, il ne sait rien faire d’autre. 

    Le Grand débat est un fiasco et une supercherie 

    Gargilesse-Dampierre 14 février 2019 

    Le dernier sondage en date montre que la soi-disant remontée de Macron dans les sondages est une invention de journalistes. Macron est dans le trou, et il y reste, malgré la mobilisation de la presse, des télévisions et de tous les moyens de l’Etat pour monopoliser la parole tout azimut, les fluctuations sondagières sont plus le fait des interprétations des instituts de sondage – les fameuses corrections – et des journalistes qu’une réalité tangible. Ce qui donne à croire à une embellie pour Macron, c’est seulement que les journalistes le disent. Nous sommes dans une période particulière, jamais les journalistes n’ont été autant du côté du pouvoir qu’aujourd’hui. Ils passent sous silence les exactions de la police contre les gilets jaunes, ils ne s’indignent même pas que l’ONU par deux fois, et l’Union européenne par trois fois viennent condamner Macron pour un usage excessif de la force contre les gilets jaunes. On a assisté à une scène ubuesque où quand un jeune lui demande des comptes sur la violence policière, il nous dit que dans un Etat de droit on ne doit pas parler des violences policières ! Mais cela démontre exactement le contraire : nous ne sommes plus dans un Etat de droit[8]. Il faut s’y faire, nous sommes dans une situation où le « président » n’existe que par la force des institutions, la veulerie de la presse et de la justice et la violence de la police, nous sommes dans un Etat pré-fasciste, préempté par des milliardaires, il faut le dire très fort. 

    Le Grand débat est un fiasco et une supercherie

     



    [1] https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/les-contributions-au-grand-debat-un-sondage-geant-pour-la-majorite-a41c8d72929d6d166cf9ffc9bc97e2e9

    [2] https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/grand-debat-emmanuelle-wargon-affirme-etre-a-pres-de-900-000-contributions-sur-le-site-1140176.html

    [3] https://www.valeursactuelles.com/politique/grand-debat-edouard-philippe-anticipe-une-grande-deception-104515

    [4] http://www.courrier-picard.fr/169810/article/2019-03-05/treize-personnes-au-grand-debat-dabbeville

    [5] http://www.lavoixdunord.fr/545941/article/2019-03-03/tres-peu-de-monde-mais-des-echanges-de-qualite-lors-de-la-reunion-du-grand-debat

    [6] https://www.lepoint.fr/video/grand-debat-a-pessac-le-cadeau-embarrassant-d-une-gilet-jaune-a-macron-01-03-2019-2297259_738.php

    [7] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/02/15/grand-debat-dans-l-indre-macron-et-laignel-dansent-le-tango_5423836_823448.html

    [8] https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/interpelle-par-une-gilet-jaune-emmanuel-macron-assure-que-la-liberte-de-manifester-et-l-etat-de-droit-seront-preserves-1144992.html

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    Acte XVII des gilets jaunes un peu moins mobilisés

    Cette fois la mobilisation est en baisse, certes Castaner a encore menti, c’est une habitude chez lui, ils n’étaient pas comme il l’a dit 28 600 dans toute la France, mais environ 160 000[1]. Ce qui est scandaleux dans cette querelle de chiffres, c’est que l’ensemble de la presse reprend ceux de Castaner-le-menteur, sans les discuter. Si je regarde les photos que je mets ici de l’acte XVII, le chiffre de 28 600 est impossible. Ils étaient en effet plusieurs milliers sur les Champs Elysées, plusieurs milliers à Bordeaux et encore plusieurs milliers à Lille. Rien que ces trois villes font un minimum de 10 000 personnes. Il est évident que dans le reste de la France : Toulouse, Marseille, Nantes, Rouen, Strasbourg, etc., il y avait forcément bien plus que 18 600 personnes qui manifestaient. Pour s’en rendre compte, il suffisait d’additionner les chiffres qui arrivaient de la province ou qui étaient relayés par les journaux locaux. Mais enfin, en reprenant ce chiffre absurde donné par Castanar cela permettait aux médias de titrer sur le déclin inéluctable du mouvement. Et pendant que les « journalistes » parlent de la faible mobilisation, ils ne parlent pas de la scandaleuse répression policière qui continue de sévir malgré mes avertissements de l’ONU – par deux fois – et de la Commission européenne – par trois fois. Cette manière de faire les décrédibilise tous les jours un peu plus. Il ne faut pas ensuite s’étonner que le public en général ne fasse plus confiance aux journalistes, y compris aux journalistes du Monde, et donc qu’il aille chercher des informations ailleurs sur les réseaux sociaux. Par cette attitude indigne qui d’ailleurs accompagne les cabales contre Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ou François Ruffin, ils dévoilent clairement ce qu’ils sont : plus de 90% des médias sont détenus par une poignée de milliardaires ou par l’Etat, et les journalistes n’ont même plus l’idée de ce que peut être l’indépendance, obséquieusement, ils devancent les désirs de leurs propriétaires. Il y a de quoi être en colère contre cette domesticité qu’autrefois on appelait les chiens de garde. 

    Acte XVII des gilets jaunes un peu moins mobilisés

     

    Bordeaux 

    Samedi 9 mars, c’était donc le XVIIème acte des gilets jaunes. C’est plutôt sur cette durée que les « journalistes » devraient s’interroger. C’est du jamais vu, et même si effectivement la mobilisation était en baisse, cette longueur à une signification très profonde. D’abord on peut dire que pour manifester comme ça tous les samedis, il faut vraiment avoir accumuler beaucoup de rancœur à l’endroit d’un système qui effectue en permanence des transferts d’argent public des plus pauvres vers les plus riches. Le monde publiait le 6 mars 2019 une interview de François Bourguignon qui constatait que jamais le pouvoir d’achat des plus pauvres n’avait reculé autant sur une aussi longue période de 10 ans depuis la Libération. Déjà l’an dernier l’INSEE avait constaté une stagnation du pouvoir d’achat. Mais de cela Macron n’en a jamais tenu compte, et pour tout dire il s’en fout. Et comme les profits notamment ceux du CAC40 augmentent fortement, il s’agit bien d’un approfondissement des inégalités sociales, ou encore d’une confiscation des gains de productivité au profit d’une petite classe. Les prix continuent d’augmenter, notamment celui du diesel qui avait lancé le mouvement. Ce qui veut dire que même si le mouvement s’essouffle, les problèmes demeurent. Mais de cela les « journalistes » s’en moquent, ça ne les intéresse pas. Comme ils n’aiment pas les gilets jaunes, et donc le peuple en général – rien que le mot de peuple leur arrache la bouche – ils préfèrent disserter sur le fait que les gilets jaunes n’en ont plus pour longtemps et que les derniers à manifester sont seulement des radicalisés en tout genre. 

    Acte XVII des gilets jaunes un peu moins mobilisés

     

    Lille 

    Moi par nature, je me range dans le camp des gilets jaunes, je les accompagne, et j’apprécie leur courage : ils sont battus, éborgnés par la police, arrosés par des canons à eau, vilipendés par les « journalistes », abandonnés à leur sort par les syndicats et les partis, condamnés par une justice consciencieusement instrumentalisée. Ils sont seuls contre la meute, mais si celle-ci s’est mobilisée sans concession contre les gilets jaunes, c’est bien que ceux-ci leur font peur. Et donc devant une telle levée de boucliers c’est encore un miracle de les voir si nombreux et si déterminés dans leur lutte. Même s’ils devaient s’arrêter demain, ils ont déjà gagné contre Macron. D’abord parce qu’ils ont montré les limites de ce personnage ubuesque, ils en ont débusqué la folie. Ensuite parce que contrairement à Macron et à son gouvernement, ils ont fait preuve de dignité. Certes ce qu’ils ont obtenus sur le plan matériel c’est peu de choses, vu la pingrerie, l’avarice de l’oligarchie qui contrôle la marionnette de l’Elysée. Mais en forçant Macron à mettre en scène le Grand débat, ils ont montré que le dialogue ne pouvait pas exister avec cette classe. Seule la lutte payera. Ils ont montré aussi que la classe des politiciens, des journalistes, des magistrats formait un bloc bourgeois extrêmement soudé. Enfin ils ont réactivé la vieille idée selon laquelle les syndicats sont aussi une partie du système, ils sont là pour freiner les luttes et laisser les fractures sociales en l’Etat. Il en est de même pour les partis de gauche qui s’effondrent et qui sont incapables de dire quoi que ce soit. La conclusion de tout cela c’est que si la lutte contre la classe capitaliste a un sens profond, celle de la droite contre la gauche n’en a plus du tout. En contournant les partis et les syndicats, les gilets jaunes ont montré la voie d’une lutte qui ne passe plus par la caporalisation et la discussion avec les corps constitués. On a reproché aux gilets jaunes de ne pas être un parti, de refuser d’aller aux élections, d’élire des leaders pour les représenter. Et bien on a eu tort, c’est justement de ce refus de jouer le jeu politicien habituel qui ne mène à rien du tout à travers des fausses alternances, que les gilets jaunes tiennent leur force.

     Acte XVII des gilets jaunes un peu moins mobilisés

     

    Marseille 

    Le mouvement ne va pas s’arrêter tout de suite, mais même s’il devait s’arrêter demain, il aura tracé une voie pour les luttes futures. Et même s’il devait se dissoudre dans la nature, il est certain qu’il reviendra rapidement sur le devant de la scène. Non seulement les problèmes demeurent, on l’a vu, mais ils vont sans aucun doute s’aggraver. Macron comptait en effet sur une reprise économique mondiale en Europe et dans le monde. Cette reprise ne viendra pas, au contraire tous les instituts de conjoncture prédisent une récession mondiale. Cette récession va mettre encore un peu plus à nu l’incapacité de Bruxelles et de son employé Macron de résoudre les problèmes, aussi bien du chômage que du pouvoir d’achat. Le Brexit et l’Italie posent de graves problèmes, pour le Royaume Uni, la sortie de l’Union européenne pénalisera les pays comme l’Allemagne et la France, mais la difficile équation du budget italien aura probablement deux conséquences majeures : une crise bancaire dans toute l’Europe, les banques allemandes et françaises ont acheté beaucoup de dette italienne, mais également la crise budgétaire qui s’annonce risque de pousser l’Italie en dehors de l’euro.

     

     


    [1] https://france-police.org/2019/03/09/acte-17-estimation-de-la-participation-campement-des-gilets-jaunes-au-champ-de-mars-suicides-de-policiers-le-syndicat-france-police-policiers-en-colere-fait-le-point-sur-la-situation-a/

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