•  L’Union européenne dans l’impasse du Brexit

    La façon dont les imbéciles, conduits par Michel Barnier, ont menés les négociations sont en train de faire avancer rapidement la cause d’une dissolution de l’Union européenne. Certes Theresa May a beaucoup à se reprocher : en effet, elle a accepté de faire trainer les choses en longueur, et fait bien trop de concessions à la bureaucratie bruxelloise. Les conditions posées par celle-ci étaient de fait inacceptables pour un pays qui a un minimum d’honneur à défendre. Le Royaume Uni n’est pas la Grèce, et les hésitations de May ont été compensées par la vigilance du parlement britannique qui a refusé par deux fois d’accepter le plan concocté par les voyous de Bruxelles. Macron soutenait cette ligne dure visant à punir le Royaume Uni pour avoir osé vouloir s’émanciper[1]. Avec le sens diplomatique d’une enclume qu’on lui connait, ses propositions lui reviennent en général dans la figure. Mais dans le cas de la négociation du Brexit, il faut bien le reconnaitre, il était la dernière roue de la charrette, celui qui crie haro sur le baudet, pensant qu’il est toujours du côté du manche et que cela lui attirera quelque bénéfice. Cette imbécilité crasse de la bureaucratie européenne a été tellement loin que même Le monde s’est aperçu de l’absurdité des exigences de l’Union européenne. Tandis que May réclamait un délai court, disons jusqu’à juin, Donald Tusk lui a dit qu’il était d’accord, mais que pour cela elle devait d’abord faire accepter le traité tel quel par le parlement britannique[2] !  

    L’Union européenne dans l’impasse du Brexit

    Depuis le début on entretient l’idée, et Macron le premier, qu’une sortie sans accord serait une catastrophe pour les britanniques mais pas pour l’Union européenne. Cette idée est plus qu’erronée, elle est mensongère. Dans un article publié dans The telegraph, Ambrose Evans-Pritchard signale au contraire que ce sont les Allemands qui s’inquiètent maintenant de la dureté excessive du Brexit, car cela menace leurs exportations[3]. Nous l’avons dit plusieurs fois ici, on peut toujours dire que tout le monde sera perdant à un no deal, mais on ne peut pas dire que celui qui est importateur net de marchandises sera « plus » perdant que celui qui est exportateur net dans un rétablissement des tarifs. Or les deux pays qui vendent plus qu’ils n’achètent au Royaume Uni sont la France et l’Allemagne, ce sont ceux-là qui ont le plus à perdre dans un Brexit dur. L’institut IW pense qu’un no deal ferait baisser les exportations allemandes vers le Royaume Uni de 57% parce que dans le cadre de simples accords de l’OMC les produits allemands se retrouveraient directement et sans la protection d’un tarif douanier avantageux en concurrence avec la Chine et les Etats-Unis. Déjà que l’économie de l’Union européenne est à la peine, particulièrement en Allemagne, cela risque de plonger l’UE dans la récession. En somme la vieille histoire de l’arroseur arrosé. Les pertes nettes de l’Allemagne seraient de 8 milliards et celles de la France de 3 milliards. Les Britanniques compensent leur solde commercial négatif par la vente de services assurantiels et bancaires, ils sont dans ce secteur en excédent avec le reste de l’Europe. Or il va de soi que ces services, à l’heure du numérique, franchissent plus facilement les frontières que les marchandises proprement dites.

    Notez que cela fait des années maintenant qu’on nous dit que le Brexit est la fin du Royaume Uni, rien que son annonce devait faire plonger l’économie britannique dans le rouge, il n’en a rien été, les salaires augmentent sans que les gilets jaunes manifestent tous les samedis, et le chômage est tombé en dessous des 4%[4]. Cependant, il est absurde de vouloir calculer précisément l’impact d’une sortie de l’Union européenne du Royaume Uni, pour au moins deux raisons :

    1. la première est que Brexit ou pas, la conjoncture actuelle est très mauvaise : l’Allemagne comme la Chine qui étaient les moteurs du commerce international marquent clairement le pas, leur croissance devrait ralentir. Les échanges internationaux stagnent depuis plusieurs années maintenant, comme une conséquence de la crise de 2008. Toutes les économies sont touchées, y compris les Etats-Unis.

    2. ce que les Britanniques n’achèteront plus sur le marché européen, ils pourront toujours le trouver sur d’autres marchés, étatsunien, chinois, ou le fabriquer eux-mêmes. Il y aura un réaménagement de la fonction de production britannique, et donc des ajustements dont on ne peut pas prévoir ni l’ampleur ni le temps qu’ils prendront. D’autant que si la livre va sûrement être dévaluée par rapport à l’euro, on ne sait pas du tout combien de temps dureront ces parités.

    Ce qui fait le plus peur aux bureaucrates européens, c’est justement ça : il se pourrait que dans 3 ou 5 ans, le Brexit transforme le Royaume Uni dans un sens positif, donnant raison aux Brexiters, du moins en ce qui concerne l’économie. Dans ce cas-là, ça donnerait des ailes à ceux qui en Italie, en France, en Grèce, voire même en Allemagne et aux Pays Bas[5] rêvent d’une dissolution de l’Union européenne.  

    L’Union européenne dans l’impasse du Brexit

    Un autre point qu’on commence à envisager maintenant ce sont les conséquences d’un no deal sur la politique étrangère de l’Union européenne. Certes on peut dire qu’elle n’en a pas vraiment une, elle est juste une extension de la politique américaine ou celle de l’OTAN. Mais les européistes ont pris la très mauvaise habitude, Macron en tête – dès qu’il y a une connerie à faire, vous pouvez comptez sur lui, de se mettre en osition d’hostilité face à la Russie. Or la politique de défense de l’Europe, c’est la France et le Royaume Uni, le reste ne compte pas vraiment. Amputer dans un no deal la défense de l’Europe du poids de l’armée britannique est assez inconséquent et peut mener à toutes les aventures. Quant à construire une armée européenne, c’est une idée irréalisable. Non seulement parce que l’Union européenne n’a pas de doctrine réelle sur cette question, qui seraient les ennemis désignés de l’UE ? Sur ce sujet les pays européens sont encore plus divisés que sur le reste, mais aussi parce que la France, même Macron n’arrivera pas l’amputer de son arme nucléaire au profit de l’Allemagne.  Le seul pays qui serait vraiment intéressé par une armée européenne, ce serait l’Allemagne, qui sans cet aspect compte encore comme une nation naine politiquement et diplomatiquement, mais à part Macron, on ne voit personne qui en Europe accepterait de construire un instrument guerrier qui profiterait d’abord au pays le plus riche et le plus peuplé. 

    L’Union européenne dans l’impasse du Brexit

    Dans cette affaire les européistes ont humilié les Britanniques, bien au-delà de la personne de May, notamment en tentant de les faire revoter, en faisant trainer les choses, en ajoutant toujours de nouvelles exigences. C’est quelque chose qui ne leur sera pas pardonnée. Après tout l’Angleterre a résisté à Hitler, elle peut résister à Juncker et à Barnier. On peut dire clairement que ce sont eux qui ont fait capoter par leur imbécillité la possibilité d’un accord. C’est une chance que le parlement britannique ait voté contre le mauvais accord présenté par May, d’abord parce que les députés ont tenu tête à des bureaucrates un peu trop convaincus de détenir la vérité sur le sens de l’histoire – il fallait voir cet imbécile de Macron affirmer, lors de son simulacre de dialogue avec des intellectuels de cour, que Barnier avait fait tout ce qu’il fallait pour obtenir un bon accord. Les députés qui ont fait capoter l’accord ne l’ont pas fait sans raisons. Mais les Britanniques vont démontrer le contraire, à vouloir trop gagner, les européistes perdront tout, et d’abord leur honneur. Cela risque de prouver qu’avec un peu d’intelligence on peut résister à la pression de ces bureaucrates qui ne représentent rien d’autre que le pouvoir d’une oligarchie diffuse qui s’appuie sur l’argent des multinationales. George Soros, partisan d’un ordre mondial sans frontière, a dépensé une petite fortune pour tenter d’inverser le résultat du vote sur le Brexit en finançant un lobby destiné à travailler au corps les députés[6]. Le remède risque d’être pire que le mal : en voulant démontrer sa force, l’Union européenne démontre sa faiblesse et cela risque d’encourager même les Allemands à s’en éloigner un peu plus, cela peut réveiller un peu les Italiens qui semblaient vouloir se coucher ces derniers temps devant les exigences de la Commission.

    L’Union européenne dans l’impasse du Brexit

    Des négociations entre la Grèce et l’Union européenne, et entre le Royaume Uni et l’Union européenne, nous devons retenir deux leçons. La première est qu’on ne négocie pas si on ne sait pas trop à quoi s’en tenir. Donc il faut sortir d’abord de l’Union européenne, négocier ensuite. Il faut avoir conscience de sa force. L’Europe avait plus à perdre que la Grèce dans un défaut de celle-ci, notamment les banques. De même l’Europe a plus à perdre que le Royaume Uni dans un no deal, entre autres raisons parce qu’il va bien falloir compenser les milliards d’euros que les Britanniques versaient au budget, ils étaient contributeurs nets, ne l’oublions pas pour au moins 10 milliards d’euros[7]. C’est un point essentiel : comment demander aux Italiens une contribution plus importante, alors qu’on refuse leur budget parce que trop déficitaire et trop social ? Les Autrichiens et les Néerlandais ont fait savoir qu’il était hors de question d’augmenter leur contribution. La seconde leçon est que l’Union européenne démontre qu’elle est devenue une sorte de prison. Comment se peut-il qu’on puisse entrer dans une union sans ne plus pouvoir en sortir d’une manière simple et ordonnée ? Qu’est-ce que cette obligation de rester dans une union, si on ne le veut pas vraiment ? A l’heure de l’émancipation des peuples il est incongru de vouloir obliger ceux qui ne le veulent pas de rester dans cette union. Cette diplomatie brutale s’apparente en réalité à une guerre de position qui doit automatiquement faire un vaincu ou des vaincus puisque le but serait une Europe fédérale qui soit une nouvelle nation. Il est vrai que la position très dure des négociateurs a refroidi provisoirement les velléités des Européens qui étaient pour la sortie. On le voit dans les sondages, ils sont moins nombreux à vouloir une sortie… pour le moment. Ce faisant la Commission européenne a montré une nouvelle fois son caractère autoritaire et bien peu démocratique. Il semblerait que plus le temps passe et plus les Britanniques comprennent que le no deal est finalement la meilleure des solutions pour eux. Et s’ils venaient à démontrer qu’au bout de quelques années le Royaume Uni s’en sort tout aussi bien qu’avant, alors le mouvement visant à la dissolution de l’Union européenne s’amplifierait.  

     Les journalistes spéculent sur les difficultés de prolonger la sortie jusqu’au mois de juin ou au mois de mai, arguant que cela risquerait d’invalider les élections au parlement puisqu’une sortie en juin obligerait les Britanniques à y participer. Mais ce n’est là qu’un tout petit problème technique comme on dit. La seule question c’est : ou un hard Brexit sans trop savoir qui y perdrait le plus, ou un soft Brexit avec une négociation. Cette deuxième option a maintenant du plomb dans l’aile, parce qu’il n’y a plus le temps pour renégocier. Si May représente une troisième fois son plan moisi devant le parlement, il parait assez clair qu’elle se fera encore une fois blackbouler, et donc qu’elle sera obligée de démissionner, obligeant à une sortie rapide et sans négociation. En 2017 je pensais que la sortie serait négociée, il semble que je me sois trompé, ayant sous-estimé imbécillité conjointe de la Commission et de Barnier. Ce dernier aspire à remplacer Juncker à la tête de la Commission, mais l’échec programmé de la négociation sur le Brexit risque de l’en empêcher. 


    [1] https://www.ouest-france.fr/europe/grande-bretagne/brexit/brexit-emmanuel-macron-rejette-en-l-etat-actuel-les-propositions-de-londres-5976909

    [2] https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/21/brexit-l-ue-s-apprete-a-refuser-tout-report-au-dela-des-europeennes_5439325_3210.html

    [3] https://www.telegraph.co.uk/business/2019/03/20/german-alarm-grows-eus-dangerous-ultimatum-terms-britain/

    [4] https://fr.euronews.com/2018/11/09/bons-chiffres-pour-l-economie-britannique

    [5] Les dernières élections aux Pays-Bas, nation qui a donné une majorité au « non » en 2005 au référendum sur le TCE, comme la France, vient de voir la percée d’un parti nationaliste qui semble puissant. https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/21/aux-pays-bas-l-emergence-inattendue-d-un-nouveau-parti-europhobe-et-anti-immigration_5439165_3210.html

    [6] https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/le-milliardaire-georges-soros-s-engage-contre-le-brexit-et-exaspere-les-eurosceptiques_1984238.html Que Soros puisse penser qu’une telle combine puisse amener des résultats montre que c’est peut-être un homme riche, mais qu’il est aussi un imbécile.

    [7] https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/budget-de-l-union-meme-sans-les-britanniques-les-europeens-restent-desunis-769674.html

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  •  Les « intellectuels » et Macron, une opération de communication ratée

    Lundi dernier Macron avait invité des « intellectuels » à l’Elysée, soi-disant pour réfléchir à ce qu’il fallait faire. La ficelle était grosse, Lordon avait fait savoir qu’il n’irait pas[1]. Je dirais que c’est la moindre des choses. Cette mascarade fut un fiasco total, non seulement parce que plusieurs intellectuels avaient refusé d’aller à l’Elysée, Thomas Piketty, Gérard Noiriel ou Patrick Boucheron[2],mais parce que cela ne pouvait pas être un débat. En tout 13 intellectuels dont Finkielkraut et Rosanvallon avaient déclinés selon Libération, mais sans doute beaucoup plus. En effet, Macron s’en fout des « intellectuels ». Le monde rappelait que celui-ci avait confié à Philippe Besson, son hagiographe préféré : les « intellectuels stars ne m’intéressent pas tellement »[3]. On trouvera la liste de ceux qui se sont livrés à cette pantomime ci-après. Dominique Méda s’en est allé pleurnicher dans les colonnes de Libération comme quoi elle s’était faite manipulée par Macron pour lui servir la soupe[4]. On savait qu’elle était un peu légère sur le plan théorique, même si ses travaux se voulaient critique de la société présente, elle avait du mal à faire autre chose que du copier-coller. Mais à presque 60 balais, il est impossible de dire qu’on s’est fait avoir par un individu comme Macron. Cela fait des mois, voire des années que ce marchand de voitures d’occasion bat l’estrade pour vendre sa soupe aigre, et Méda fait semblant d’y être allée sans se douter de quoi que ce soit. Elle est donc bien plus bête que le premier – ou le dernier – des gilets jaunes. Dans cette sinistre farce, elle s’est disqualifiée et par la suite elle a disqualifié ses propres travaux. Vous me direz qu’en se faisant la conseillère de Benoît Hamon elle n’avait guère fait preuve de perspicacité, c’est vrai, cependant d’aller chez Macron c’était pire encore si je peux dire.   

    Les « intellectuels » et Macron, une opération de communication ratée

    Méda s’est couvert la tête de cendres, et maintenant elle tente de faire amende honorable en disant qu’elle a été piégée, mais cet imbécile de Michel Wieviorka lui a préféré jouer les lèches-culs, c’est un peu son habitude et sa tendance profonde « On imagine mal une telle encontre à la Maison Blanche ! » Par ces mots, le spécialiste de l’identité et de l’immigration Michel Wieviorka a remercié Emmanuel Macron d’avoir réuni, lundi 18 mars, des intellectuels de tous les horizons à l’Elysée, écrit Virginie Malingre dans l’article du   Monde déjà cité. Michel Wieviorka est à peine un petit magouilleur, un salonard, il aime les postes qu’il a cumulé, et les honneurs. Bon à rien et mauvais à tout, il va de salon en salon, donnant une image assez juste finalement de la dégénérescence de la sociologie française contemporaine. La liste de ceux qui sont venus là, parce qu’il y avait de la lumière et qu’ils passaient par là, est intéressante. Chez les économistes on y trouve le ban et l’arrière-ban des économistes néo-libéraux de la droite extrême, les macroniens Pisani-Ferry, Aghion, les Cohen, Cette qui se croit intelligent en répétant les fondamentaux de Jean-Baptiste Say, ou encore le lobbyiste ultra libéral Jean-Claude Casanova. On trouve d’autres lobbyistes comme Hakim El Karoui qui pousse à la réforme de la laïcité en France, ou Laurent Bigorne : ces deux canailles représentant l’Institut Montaigne, sans doute se trouvaient-ils là pour surveiller Macron. L’Institut Montaigne est, rappelons le un des premiers sponsors de Macron, ultra-libéral et communautariste, il milite pour un monde sans frontière et sans Etat où les lois du marché seraient reines. Pour les sociologues, il n’y a pas que Méda à s’être roulé dans la fange : il y avait aussi le sinistre Luc Boltanski, soi-disant critique du capitalisme nouveau, mais qui se rend tout de même à l’Elysée pour servir la soupe à Macron son représentant le plus flamboyant, ou encore le très louvoyant Louis Chauvel qui a remplacé la lutte des classes par le conflit des générations. Marcel Gauchet toujours à la recherche d’une tribune était également de la fête, il n’allait pas manquer ça, vous pensez bien, risquer de passer pour un penseur sans importance, un has been quoi, puisque pas invité par Macron. Cette assemblée de cuistres largement dominée par des universitaires montre clairement que ce ne sont pas ceux-ci qui sont capables de penser, n’arrivant pas eux-mêmes à se tirer d’un piège aussi grossier. 

    Les « intellectuels » et Macron, une opération de communication ratée 

    Wieviorka faisant semblant d’écouter un Macron trop maquillé 

    Mais que faisaient-ils donc là, n’avaient-ils pas mieux à faire ailleurs pour comprendre un peu la vie ? Ils savaient très bien qu’une réunion à plus de 60 n’avait aucune chance d’aboutir à des échanges constructifs. Et d’ailleurs pourquoi aurions-nous des échanges constructifs avec un semi-idiot qui met le pays à feu et à sang ? Ils avaient droit chacun à 2 minutes, et donc ce fut comme d’habitude Macron qui parla le plus souvent pour soi-disant répondre. Ce qu’ils disaient n’avaient aucune importance. Macron s’est servi d’eux pour montrer qu’il était à l’écoute, même si ces échanges ne le feraient pas varier d’un pouce sur sa politique – enfin je veux dire la politique exigée par Bruxelles et l’oligarchie. Quel était le but de Macron face à ces figures de cire ? D’abord montrer que les « intellectuels » font partie du bloc bourgeois et qu’ils en sont, qu’ils le veuillent ou non, solidaires. C’est un rappel afin que cette engeance ne le critique pas trop et porte plutôt ses efforts sur la critique des gilets jaunes. On les siffle et ils arrivent : leur docilité rappelle qui est le maître. Cet épisode comique est la démonstration que ces intellectuels de cour n’ont strictement rien à dire sur rien, tant ils sont incapables d’avoir une quelconque autonomie vis-à-vis de leurs maîtres. Mais c’est également une manière de montrer sur France Inculture que Macron est capable de dialoguer avec « nos savants », qu’il a le niveau pour ce faire, c’est la preuve qu’il a fait de très bonnes études, et donc que ce qu’il dit est sensé. Pendant ce temps là on ne s’interroge pas sur le vide de sa pensée qui sent la naphtaline et qui emprunte presque l’intégralité de ses tics au XIXème siècle. Macron devant un public très soumis leur se paya même le luxe de leur assigner la tâche de « structurer le Grand débat » afin que cela ne parte pas dans tous les sens. 

    Les « intellectuels » et Macron, une opération de communication ratée 

    Les lèche-culs au travail, ici Gilles Kepel et Miryam Revault-d’Allonnes 

    Servir la soupe à Macron c’est tout de même assez peu glorieux, il ne faut guère avoir de fierté pour ce faire, on s’en souviendra quand l’un de ces imbéciles viendra nous donner des leçons de morale. En tous les cas l’opération communication a été ratée. Les retombées seront des plus maigres pour Macron, et très négatives pour les « intellectuels » qui s’y seront livrés, au moment même où Macron, par l’intermédiaire de l’antipathique premier ministre, accessoirement lobbyiste d’Areva, nous explique qu’il va encore durcir la répression et restreindre les libertés : que lui ont dit Boltanski et Méda sur cette question ? Depuis 4 mois maintenant, tout ce que Macron entreprend pour se refaire une virginité tourne en eau de boudin.



    [1] https://lundi.am/65-intellectuels-invites-a-debattre-a-l-Elysee

    [2] https://www.liberation.fr/checknews/2019/03/19/qui-sont-les-intellectuels-qui-ont-refuse-l-invitation-a-debattre-avec-macron_1716146?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR1N0HcyJRwiTQ0x6xPDNK3taai0Fa2JFReU0jwRqRIdonOH3Rwg-m3kWZg#Echobox=1553023020

    [3] Virginie Malingre, « Macron défend ses choix devant les intellectuels », Le monde, Mercredi 20 mars 2019.

    [4] https://www.liberation.fr/debats/2019/03/19/grand-debat-des-intellectuels-pris-en-otage_1716086

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  • Euractiv et les fake-news

    Euractiv est un site de propagande européiste, une sorte de Pravda numérique. Il est soutenu financièrement entre autres par la fondation Bill Gates et par Sanofi, le laboratoire de la Depakine qui refuse d’indemniser ses victimes, une boutique qui fait dans le lobbying. Euractiv s’est donc mis du côté du manche pour déverser la bonne parole aux Européens, afin qu’ils votent bien, qu’ils pensent bien, et surtout que l’Union européenne est une grande avancée politique et humaine. Cependant tous les anti-européens doivent se familiariser avec ce site parce qu’on y trouve des informations qu’on ne trouve pas ailleurs.

    Leur livraison du 13 mars s’ouvre sur un gros titre spectaculaire, ils s’en prennent à la Russie comme agent provocateur qui manipulerait les gilets jaunes pour nuire à l’Union européenne. Plusieurs questions viennent au jour. D’abord Euractiv ne produit pas de nouvelle par elle-même. Cette boutique reprend les nouvelles qui viennent d’ailleurs. Et là on s’aperçoit que la nouvelle d’une collusion entre la Russie et les gilets jaunes provient d’une « ONG » qui s’appelle AVAAZ et qui en fait est financée par Georges Soros ! 

    Euractiv et les fake-news 

    C’est le louche Christian Schott qui mène la danse. Il ne suffit pas de dire en effet que les Russes sont derrière les gilets jaunes, il faut encore le prouver. Schott avance deux arguments mensongers pour soutenir une thèse éculée, vieille comme la révolution de 17. Les gilets jaunes ont fait circuler des fausses images de blessés et ces images ont été très vues. C’est vrai. Mais ces fausses images dont on ne sait pas trop d’où elles viennent n’annulent pas les vraies. Or cette canaille de Christian Schott, en service commandé ne nous parle pas des vraies images et des vraies vidéos qui circulent sur Internet et qui justement ont conduit la Commissaire européenne aux droits de l’homme a condamné Macron et Castaner pour leurs actions répressives. Il est clair cependant que ce sont les vraies images qui ont le plus circulé et les fausses qui ont été tout de suite dénoncées y compris par les gilets jaunes. Mais l’homme de Soros veut à tout prix que les Russes soient le moteur de la crise des gilets jaunes. Donc il va passer au rôle de la chaîne Russia Today. Il nous dit que cette chaîne a connu un bond important de fréquentation avec cette crise des gilets jaunes.

    « L’étude révèle que la chaine RT France, financée par la Russie, a renforcé son audience grâce aux Gilets jaunes. En analysant les 500 vidéos YouTube les plus vues sur le mouvement des Gilets jaunes, Avaaz a évalué que la chaine russe publiait deux fois plus de vidéos sur le sujet (588) plus que Le Monde, l’Obs, le Huffington Post, Le Figaro et France 24 combinés (256). »

    Donc il suppose que si RT avait publié seulement 256 vidéos, elle aurait été dans la norme de la « non-manipulation ». Il vient pourtant sous le sens que si effectivement RT a eu du succès pendant cette crise, c’est bien parce que les autres médias ne faisaient pas leur boulot et ne relayaient pas les informations comme elles auraient dû le faire. Avaaz cite encore comme preuve d’une implication des Russes dans la crise, le fait que les gilets jaunes aient applaudi leurs journalistes, alors qu’ils crachent sur ceux de BFM-TV ou de LCI. Mais là encore ils devraient se demander pourquoi. On voit donc que l’agence de désinformation Avaaz ne prouve rien du tout, mais conforte l’idée selon laquelle les gilets jaunes seraient des imbéciles seulement activés par les Russes pour déstabiliser ce bon Macron qui est le leader de l’Europe fédérale qui fait si peur aux Russes. Ce médiocre bricolage intellectuel ne peut évidemment abuser que les convaincus, et ne tient pas compte du fait justement que les services de renseignement français n’aient jamais trouvé le moindre début d’une preuve d’une implication de la Russie dans cette crise[1].  

    Euractiv et les fake-news 

    Sans doute cet article sur Euractiv est un service rendu à Macron en pleine campagne électorale pour le parlement européen. En effet cette non-information est juste un élément de propagande pour contrebalancer les condamnations des violences policières à la fois par l’ONU – deux fois – par le Parlement européen – une fois – et par la Commission européenne – trois fois. Voilà où nous mène le petit commerce des idées fausses ! J’aurais honte d’être Christian Schott, comme j’aurais honte de travailler sur un site comme Euractiv seulement parce que « ça paye » ! Cependant accuser un mouvement comme celui des gilets jaunes d’être une simple émanation de la propagande russe est une propagande d’un autre âge qui ne peut plus faire recette, sauf auprès des macroniens complotistes. Une crise qui dure aussi longtemps et qui est aussi puissante et soutenue par la population ne peut pas être téléguidée depuis l’étranger. Cette publication décrédibilise complètement Euractiv qui n’avait guère besoin de ça, mais en outre elle met dans la lumière le très louche Christian Schott et sa petite boutique Avaaz comme agent de propagande de l’européisme conquérant.



    [1] https://www.lejdd.fr/Politique/gilets-jaunes-a-ce-jour-on-na-pas-etabli-limplication-de-la-russie-dans-ce-mouvement-3821954

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  •  La corruption du gouvernement Macron-Philippe et la privatisation d’Aéroport de Paris

    Les Français sont vent debout contre la volonté de Macron et de son gouvernement de lobbyistes de privatiser ADP. Il existe une pétition en ligne qui commence à rencontrer un certain succès[1]. Cette pétition a été lancée par les syndicats d’ADP. Sur les réseaux sociaux également la grogne est manifeste. Cette braderie est d’autant plus contestée que les Français se rendent compte que la privatisation a abouti à un racket organisé par les sociétés autoroutières… avec la complicité évidemment de la classe politique. La première évidence est que la privatisation des biens de la France pour laquelle aucun mandat n’a été donné à Macron, est un détournement de biens. L’argent qui va dans les caisses de ces entreprises pour engraisser les actionnaires, ne va pas dans la casse de l’Etat et donc cela contribue à appauvrir l’Etat français qui ensuite vient pleurnicher sur le fait qu’il faut bien privatiser pour trouver de nouvelles recettes. Bruno Le Maire, le ministre de l’économie de tendance droite extrême, nous dit qu’il faut bien privatiser parce que la dette est élevée. Mais la vente d’ADP rapportera au mieux 9 milliards d’euros, soit deux fois plus que ce qu’aurait rapporte l’ISF, et 4,5 fois moins que ce que coûte le CICE. On voit donc que Le Maire est soit un imbécile, soit il nous prend pour des idiots. En effet, les taxes et les impôts s’additionnent, et ce qu’on enlève d’un côté, il faut le reprendre de l’autre, et donc si on n’avait pas fait autant de cadeaux à l’oligarchie depuis trente ans, on n’aurait pas besoin sans aucun doute de brader les bijoux de famille. Macron n’a pas été mis là par hasard, les milliardaires qui l’ont soutenu lui ont demandé de faire le travail : mettre à genoux l’Etat et donc indirectement de détruire la nation française. Macron s’y plie volontiers, car s’il apparait à l’évidence comme un fou, il est aussi très corrompu, sans doute le président le plus corrompu de la Vème République, concours où pourtant la concurrence est rude. Les milliards qu’il a fait transiter des caisses de l’Etat vers ses amis milliardaires méritent forcément une récompense, et cela ne se traduit certainement pas que par des cadeaux de Bernard Arnault à sa femme. On sait que ce couple est aussi vulgaire que cupide et affiche maintenant un consumérisme hors d’âge. 

    La corruption du gouvernement Macron-Philippe et la privatisation d’Aéroport de Paris 

    Gilets jaunes manifestant contre la privatisation d’ADP à Roissy 

    Evidemment, il tombe sous le sens que si ces affaires sont privatisables, c’est bien parce que quelque part on vole l’Etat, c’est-à-dire nous. L’exemple de la privatisation de l’Aéroport de Toulouse est là sous nos yeux pour nous le montrer. Macron lorsqu’il était ministre de l’économie avait bradé cet aéroport à un groupe chinois, Casil. Et nous apprenons deux choses : d’abord que ce groupe a mis la main sur le cash de l’entreprise, mais ensuite qu’en janvier dernier il mettait en vente sa participation ce qui lui assurerait une plus-value de plusieurs centaines de millions d’euros. Mais si en quelques mois Casil peut faire une plus-value aussi importante avec l’argent qui dort, c’est bien que l’Etat, c’est-à-dire Macron en l’espèce, avait sous-estimé la valeur de ce bien qu’il a donc bradé. Soit Macron est un incapable, soit c’est un bandit[2]. Etant donné qu’à Bercy il était entouré d’une kyrielle de hauts fonctionnaires pour encadrer cette gabegie, il est donc certain que Macron est une canaille. Entre moment où on a vendu l’aéroport de Toulouse, et le moment où Casil revend ses parts, la valeur de cet outil est passée de 795 millions à plus d’1,1 milliards d’euros, et cela malgré que Casil ait dépouillé en toute légalité l’entreprise de son cash.  

    La corruption du gouvernement Macron-Philippe et la privatisation d’Aéroport de Paris

    Le cas d’ADP est très similaire, Bruno Le Maire remplaçant cette fois Macron dans le rôle de la marionnette corrompue. Sauf que les enjeux sont encore plus importants. En effet, ADP ce sont les 4 aéroports parisiens, mais aussi des centaines d’hectares de terrains qui peuvent faire et qui feront sans aucun doute l’objet de vastes projets spéculatifs. Et le tout pour 9 milliards. La preuve que c’est une très mauvaise affaire pour l’Etat, c’est que Vinci, le racketteur des péages autoroutiers et des parkings, s’est mis sur les rangs pour acheter ADP. L’affaire est compliquée, Le Maire qui comme tout ce gouvernement de lobbyiste est un grand menteur, nous dit que ces 9 milliards sont nécessaires pour éponger la dette publique qui serait d’un peu plus de 2000 milliards d’euros. On voit que ces 9 milliards correspondrait sans doute à un peu moins de 0,045% ! Une goutte d’eau dans la mer. Mais il y a pire dans les mensonges de Le Maire, on nous dit qu’en même temps cette privatisation, avec celle de la Française des Jeux, va abonder un fonds de 10 milliards d’euros pour soutenir la modernisation de l’économie vers le numérique et les nanotechnologies. Or cette somme récoltée en vendant ADP sera placée, et ce sont seulement les rendements de ce placement qui seront dédiés au fumeux financement de l’innovation. Mais ce placement se fera selon les normes en vigueur à 2,5%, alors que l’Etat français peut à l’heure actuelle emprunter à 0,4% ! Dans cette fumeuse combine, outre que l’Etat vend les bijoux de famille comme on dit, il s’appauvrit volontairement lui-même. Tout ça pour faire plaisir aux petits copains qui sont aussi des coquins. Si toutes les privatisations depuis 1986 visent à enrichir d’abord les amis du gouvernement en place, celle-ci est dans son montage encore plus gratinée que les précédentes.

    La corruption du gouvernement Macron-Philippe et la privatisation d’Aéroport de Paris

    Mais il n’y a pas que des questions de rendement comme fait semblant de le croire Griveaux. Il y a aussi qu’un aéroport international est aussi une frontière. Or on ne sait pas dans quelles mains ces frontières vont tomber par le jeu des forces du marché. Brader les aéroports de Paris, ce n’est pas seulement une canaillerie, c’est aussi une trahison. Qui va s’approprier nos frontières ? Le Qatar, l’Arabie Saoudite ? Celle-ci s’ajoute à celle d’Aix-la-Chapelle. On nous prépare doucement mais sûrement à ce que la France brade aussi pour faire plaisir aux Allemands son siège au conseil de sécurité à l’ONU. Que voyons-nous ? Dans la vente des biens nationaux qui ne lui appartiennent pas, mais aussi dans la volonté revendiquée de construire une Europe fédérale, Macron affiche une volonté de dissoudre tout simplement la France dans le grand marché mondial. C’est le destin de cet affairisme cynique.  

    La corruption du gouvernement Macron-Philippe et la privatisation d’Aéroport de Paris

    L’Assemblée nationale désertifiée a validé le 14 mars ce détournement des biens communs par 42 voix contre 17[3]. Deux questions se posent : la première est de se demander s’il est normal que 42 personnes décident pour 67 millions de Français, et cette mascarade donne encore plus de poids à cette idée de RIC portée par les gilets jaunes. La seconde est de se demander où sont passés les députés de l’opposition, pourquoi n’ont-ils pas fait bloc pour contrer Macron ? Si nous connaissons bien la morale très élastique des députés LREM dès qu’il s’agit de contenter les vautours de la finance, les députés de l’opposition n’ont aucune excuse, seraient-ils dans la combine ? En tous les cas si les députés de l’opposition – toutes tendances confondues – ne sont pas complices, alors ils sont incompétents. Et donc il vient que la délégation du pouvoir du peuple à une bande d’imbéciles ou de corrompus est une faute morale comme nous le rappellent tous les samedis les gilets jaunes.



    [1] https://www.change.org/p/edouard-philippe-apres-les-autorout-les-aeroports-non-a-la-privatisation-d-aeroports-de-paris

    [2] https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/02/04/bal-des-pretendants-au-rachat-de-la-part-de-casil-europe-dans-l-aeroport-de-toulouse-blagnac_5418784_3234.html

    [3] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/03/14/les-deputes-votent-la-privatisation-d-aeroports-de-paris_5436108_823448.html

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  •   L’immobilisme macronien, l’incompétence de l’Etat

    Jamais l’Etat français n’a été confronté depuis la Libération à un tel degré d’incompétence qu’avec Macron. C’est tellement grossier que ça en devient hallucinant. Ne discutons même pas de la politique économique et sociale menée qui fait encore en moyenne 70% de Français mécontents. On peut toujours évoquer le fait que Macron est un visionnaire et que seuls les grincheux protestent contre une politique qui, dans le long terme, sera bénéfique pour tous. Mais la conduite de l’Etat au quotidien laisse à désirer. Elle est frappée d’un dangereux immobilisme. Après 4 mois de lutte avec les gilets jaunes, nous en sommes toujours au même point. Ou plutôt nous en sommes comme au lendemain du 1er décembre 2018, comme si Macron n’avait rien appris. Après une journée d’affrontement et de pillages dans la capitale, alors que des voitures avaient été brulées, Macron avait dit qu’il ne tolérerait plus aucune violence. Mais le voilà le 17 mars avec exactement le même problème sur les bras. La dernière fois il rentrait en catastrophe de l’Argentine pour constater les dégâts. Cette fois il est rentré de moins loin, seulement du ski dans la Pyrénées. On se demande quand est-ce qu’il travaille, toujours par monts et par vaux. Tout le monde savait pourtant que le 16 mars serait une journée très chaude, les services de renseignement l’avaient dit et répété, au point que même moi au fin fond de ma province reculée je le savais aussi. Mais l’inconséquent Macron est parti faire du ski comme si de rien n’était, tentant de faire un album photo de sa détente pour les magazines people, pour montrer combien il était cool et détendu. Pendant que Paris brûle, Macron s’amuse avec son ancienne maitresse d’école à La Mongie. Cette nouvelle flambée de violence appelle deux remarques : Macron n’a pas réussi, avec le Grand débat et les miettes qu’il a distribuées à calmer la colère du peuple, et son gouvernement n’arrive plus du tout à contrôler la violence ordinaire. Cette fois la critique ne provient pas des gilets jaunes, mais des petits commerçants et de la droite qui constatent que malgré l’éborgnement des manifestants et leur matraquage insensé, les forces de l’ordre ne contiennent pas la violence et sont dépassées complètement[1]. Au bout de 4 mois les commerçants des Champs Elysées se demandent s’il y a un pilote dans l’avion. Comment un tel désordre peut-il durer aussi longtemps sans que l’Etat ne réagisse sérieusement ? Edouard Philippe et Castaner-le-menteur qui nous dit toutes les semaines que le mouvement est fini et enterré, répètent les mêmes stupidités qu’après le 1er décembre. « Ils ne tolérerons pas la violence », « ils vont réagir fortement », etc. Mais la vérité est que le gouvernement ne contrôle même pas les forces de police, et se trouve incapable de les diriger d’une manière efficace, comme si on les laissait se débrouiller tout seul sans consigne sérieuse sur ce qu’ils doivent faire. Les violences du 16 mars ont été bien supérieures à celles du 1er décembre 2018. 

    L’immobilisme macronien, l’incompétence de l’Etat 

    Images du pillage d’une boutique par les CRS le 16 mars 2019 

    Samedi 16 mars 2019, c’était flagrant : on voyait des policiers et des gendarmes fuir dans tous les sens dès que quatre ou cinq black-blocks les pourchassaient. Mais le pire est peut-être cette vidéo tournée par Rémy Buisine où l’on voit des CRS piller une boutique de maillots du PSG ! Libération confirmera l’authenticité de cette vidéo[2]. Certes l’IGPN a promis d’ouvrir une enquête sur cette affaire, mais cela marque très mal. Si les policiers pillent maintenant les magasins, c’est bien que l’ordre républicains n’existe plus du tout. A force de jouer le pourrissement du mouvement, ce pourrissement revient directement dans la gueule de Macron, il s’est discrédité de deux points de vue : d’abord en ne répondant pas aux légitimes attentes des populations – les miettes distribuées au mois de décembre ne sont que des miettes – ensuite, en se montrant incapable d’assurer l’ordre public. Castaner et Nuñez ne tiennent pas leurs troupes, comme dans un pays du Tiers-Monde où la police fait exactement ce qu’elle veut et rançonne les citoyens. La police est maintenant accusée non seulement de matraquer et d’éborgner le peuple sans raison et en dehors des lois, mais aussi de voler les « honnêtes commerçants » ! C’est terrible tant cela sent une fin de règne précipitée. La situation en France va sans aucun doute susciter des réactions au sein même de l’oligarchie, car si Macron travaille bien pour elle, il démontre qu’il ne tient rien du tout : tous les services de l’Etat à commencer par la police, ne fonctionnent plus correctement, ce qui est très mauvais pour les affaires. La police est sans doute un bon baromètre de l’état de la démocrature, or notre police en France fonctionne très mal : non seulement elle déborde le cadre de la loi pour se transformer en milice aux ordres d’un apprenti fasciste, non seulement elle se révèle incapable de contenir la foule dès qu’une fraction de celle-ci regimbe, mais la voilà qui maintenant pille les magasins !  Une vidéo a été aussi postée sur Facebook on peut y voir un policier agressant une manifestante pour lui voler son sac et son manteau !

    L’immobilisme macronien, l’incompétence de l’Etat

    L’immobilisme macronien, l’incompétence de l’Etat

    A l’immobilisme macronien, malgré l’agitation permanente du petit président, répond l’immobilisme de l’opinion comme le montre le dernier sondage Elabe pour BFM TV qui date du 13 mars 2019. Seuls 28% sont opposés au mouvement des gilets jaunes, et à l’inverse 61% le soutiennent, ce chiffre est en hausse. 70% considèrent que le Grand débat n’aura servi à rien, et près des deux tiers des Français pensent – à juste titre – que Macron et sa bande ne tiendra pas compte des doléances des Français. C’est là la preuve que l’opinion française est devenue imperméable à la pantomime macronienne et à son argumentaire de marchand de voitures d’occasion. Il a définitivement perdu le peu de crédibilité qu’il avait. Souvent on entend dire que si Macron est nul e »t vendu au grand capital, l’opposition n’est pas armée pour prendre sa place. C’est assez vrai. Marine Le Pen a démontré une fois de plus ses limites lors de son passage sur France 2 dans l’émission de Léa Salamé[3], mais la gauche ne sait pas trop non plus ce qu’elle doit faire. Mélenchon s’est perdu lui aussi dans ses atermoiements sur l’Europe et l’euro. Tout cela est vrai mais cela suffira t il à maintenir Macron en place ? Rien n’est moins sûr. La France a-t-elle les moyens de subir encore 20 samedis de manifestation sur les Champs Elysées ? Si on ne trouve pas de solution politique dans le cadre institutionnel présent, il faudra bien avancer autrement, c’est sans doute la leçon du samedi 16 mars 2019. L’incompétence de l’opposition ne protège pas Macron de la sienne propre.   

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    [1] https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/17/apres-l-acte-xviii-des-gilets-jaunes-la-maire-de-paris-attend-des-explications-des-reponses_5437323_3224.html

    [2] https://www.liberation.fr/checknews/2019/03/17/des-crs-ont-ils-vole-des-maillots-du-psg-comme-l-affirment-plusieurs-comptes-twitter_1715651 

    [3] https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/l-emission-politique/

     

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