•  Acte XX, la coupe est pleine, et les gilets jaunes toujours là !! 

    Le Châtelet – Lorraine – une mobilisation importante 

    Qu’on en soit au vingtième samedi de mobilisation c’est bien la preuve que Macron est en incapacité de gouverner le pays. C’est inédit, et ce record n’est pas près d’être battu. D’autant que la contestation s’autoalimente par les réformes annoncées par le gouvernement. Les enseignants commencent à se mobiliser contre la réforme Blanquer. Et les lobbyistes du gouvernement, l’abominable Buzyn en tête commence à préparer une réforme des retraites qui va être saignante. 27 arrêtés d’interdiction de manifester ont été pris. C’est la seule idée qui a germée dans le cerveau un peu abimé de Macron : interdire les manifestations et attendre que ça passe. Mais ça ne passe pas justement. Le pays vit tous les samedis maintenant sous l’occupation des milices macroniennes. Car il faut le dire, la police républicaine n’existe plus, elle s’est vendue pour un plat de lentilles à l’oligarchie. Macron est un homme du XIXème siècle, son maître à penser est Guizot et son « enrichissez-vous ». Mais il y a aussi chez Macron un côté Louis-Phillipard. Il ne faudra pas oublier comment Guizot et Louis Philippe finirent, dans la fuite et le déshonneur. Nous avons donc atteint une sorte de point de non-retour : qu’on soit pour ou contre les gilets jaunes – et on ne voit pas pourquoi on serait contre – Macron ne sait pas gérer une crise, il bavarde de droite et de gauche, il s’en va endoctriner les enfants, mais sur le plan concret, il n’y a rien. Certes les mesurettes prise au début du mois de décembre ont permis de relancer un peu l’économie, mais c’est très insuffisant. 

    Acte XX, la coupe est pleine, et les gilets jaunes toujours là !! 

    A Epinal, il y avait beaucoup de monde et il y a eu des heurts violents 

    Ce qui a de remarquable avec les gilets jaunes, c’est que si on les interdit de manifester à Paris ou à Bordeaux, les voilà à Epinal ou à Dijon, car c’est la France entière qui est en ébullition. Il y avait malgré toutes les entraves à la liberté de manifester en France, encore 120 000 personnes à manifester samedi 30 mars[1]. On pouvait voir sur BFM TV des chiffres proprement ubuesques : Castaner disait qu’il y avait 1800 manifestants à Paris, mais que la police avait contrôler 11945 personnes ! Castaner balance ces chiffres sans que les journalistes ne soulignent une telle absurdité[2]. Le pire est qu’ils s’étonnent ensuite si la population les traite de « chiens de garde » oupire encore. De nouveaux slogans sont apparus à côtés des traditionnelles revendications pour une démission de Macron ou la mise en place du RIC, ils portaient sur la liberté de manifester : « Non à la dictature, on a le droit de manifester, on est en France ». il commence à devenir évident que nous ne sommes plus en démocratie. On se demande encore ce qu’attendent les partis de gauche et les syndicats pour défendre au moins la liberté de manifester. Mais ils sont aux abonnés absents une fois de plus, même sur des mots d’ordre pourtant rassembleurs de la gauche traditionnelle. Il semble assez clair que les partis de gauche et les syndicats jouent eux aussi la montre : ils laissent les gilets jaunes seuls face à la répression, alors que les interdictions de manifester pleuvent de partout. Cette collaboration larvée avec le pouvoir macronien non seulement les affaiblit encore un peu plus, mais elle conforte la stratégie des gilets jaunes de ne pas admettre dépendre d’eux. C’est d’ailleurs de ne pas avoir de leaders, d’avoir recaler tous leurs porte-paroles potentiels qui a permis aux gilets jaunes de tenir aussi longtemps.

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    Besançon, nouvelle mobilisation

    Dans toutes les villes de France, il y a eu des manifestations plus ou moins importantes. La foule était importante à Montpellier, Toulouse ou encore Lille. Même en Avignon où la ville était en état de siège, il y avait plusieurs centaines de gilets jaunes. Finalement Castaner lâchera le chiffre de 33 700 sur toute la France, soit moins que la semaine dernière, mais plus qu’il y a deux semaines. 

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    Beaucoup de monde aussi à Lille 

    A Avignon malgré les interdictions de manifester, les gilets jaunes étaient bien présents, et la police a fait montre de sa légendaire lâcheté, matraquant et chargeant sans retenu. Le secrétaire général du syndicat Alliance qui représente l’encadrement policier, disait : « Cela fait vingt week-ends de suite que nous sommes mobilisés, vingt week-ends de suite sans repos et vingt week-ends de suite que l’on nous critique. » Et en effet si la police commençait un peu par se rebeller au lieu de jouer les miliciens, peut-être serait elle un peu moins critiquée. Mais comme on l’a dit quelle que soit la sauvagerie native des policiers envers les manifestants, ils exécutent bêtement les ordres, et même sans doute les précèdent-ils avec beaucoup trop de zèle pour laisser croire que nous sommes dans une démocratie avancée. Sur la place du Trocadéro, on pouvait voir une dizaine de policiers suréquipés – on n’est jamais trop prudent – bastonner un malheureux gilet jaune qui n’avait pas fui assez vite. Il est difficile de trouver quelque excuse à ce type de comportement.

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    A Paris il y a eu plusieurs rassemblements, ici à la Gare de l’Est 

    Evidemment, cette durée inédite d’un mouvement social, si elle est le reflet de l’immaturité du président, elle est aussi celui de l’exaspération des Français. Le gouvernement avait parié sur la lassitude des gilets jaunes, d’abord à la veille de la Noël, mais maintenant, en espérant arriver entier jusqu’aux élections européennes. Il y a donc une culture du bras de fer qui s’installe, et sans doute est-ce en ce sens qu’on peut parler de révolution. C’est ce qu’on entend dans les cortèges, on ne lâchera rien, on manifestera jusqu’en 2025 s’il le faut, jusqu’à ce que Macron s’en aille. Cette semaine, encore timidement il faut bien le dire, les gilets jaunes ont recommencé à occuper quelques ronds-points ici et là, sans qu’on puisse dire encore s’il s’agit d’une reprise ou de quelques mouvements un peu isolés. La détermination des gilets jaunes étant toujours très forte, nul ne peut dire dans quel sens le mouvement repartira, s’il y aura une pause ou non, mais il est certain que le mouvement ne s’arrêtera plus, mêle s’il doit prendre d’autres formes. 

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    Avignon, la ville en état de siège pour l’acte XX des gilets jaunes 

    Du fait des interdictions de manifester, plusieurs villes étaient en état de siège, Bordeaux, Paris, Avignon, ce qui fait que les petits commerçants n’ont pas profité de la soi-disant paix des cimetières imposée par Castaner-le-menteur. Des barrières interdisaient l’accès au centre-ville. C’est en quelque sorte l’occupation du pays, sauf que la puissance occupante, ce n’est plus l’Allemand, mais l’oligarchie, et donc le pognon. Cette situation est peu durable. Le Parisien, le journal de Bernard Arnault, journal macronien pur sucre, a publié le 30 mars un article sur Macron le disant complètement lessivé et fini, qu’il n’arrive à sauver les apparences que grâce à un maquillage étudié, qu’il n’a plus d’idée, plus de ressort, et que ses fidèles le quittent un derrière l’autre[3]. Je me suis demandé si les milliardaires qui l’ont mis où il est ne sont pas en train de lui chercher un remplaçant, quelqu’un d’un peu moins détestable et qui serait capable de faire quelques concessions pour ramener le calme. C’est maintenant aussi l’opinion de Sarkozy qui, après avoir été un peu le conseiller de Macron, le juge maintenant fini. Peut-être se rêve-t-il en recours ? C’est assez difficile à dire. Même s’il voudrait bien revenir, il y a encore des règles, des apparences qu’il faut bien respecter[4]. Il est vrai que dans le contexte actuel il semble bien que Sarkozy aurait tout à fait sa chance de revenir aux affaires, il lui suffirait de dissoudre l’assemblée nationale ensuite. Mais ce scénario passe par la nécessité de convaincre tout d’abord Macron de démissionner, ce qui ne sera pas facile, étant donné qu’un tel désaveu est inédit dans l’histoire de la République. Et puis, Sarkozy a encore tellement d’affaires judiciaires sur le paletot que ce serait reculer pour mieux sauter. En tous les cas, comme nous le voyons, plus le temps passe, plus Macron se trouve dans l’incapacité de formuler une idée pour se sortir du piège des gilets jaunes. Cela permet d’alimenter comme on le voit toutes les rumeurs. Que Valeurs actuelles dézingue Macron, c’est assez logique, mais que Le Parisien s’y mette à son tour, voilà qui est aussi cocasse qu’inédit. Nous verrons bien après les élections européennes, si Macron bouge encore. 

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    La police en Avignon, toujours aussi sympathique 

    Castaner a beau annoncer semaine après semaine que les gilets jaunes sont foutus, ils sont toujours fidèles au rendez-vous, sauf qu’aujourd’hui le mot d’ordre devient plus général et appelle à la lutte contre la dictature, car en effet, qu’on soit pour ou contre le mouvement des gilets jaunes, il est clair que nous ne sommes plus en démocratie. L’enjeu est maintenant dans un premier temps de chasser Macron et de restaurer la République. 

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    A Saint-Etienne aussi ils étaient plusieurs milliers

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  •  Le dernier sondage devrait inquiéter Macron

    Comme nous l’indiquions depuis plusieurs semaines, malgré la débauche des moyens utilisés, Macron ne refait pas surface. Au contraire, il s’enferre de plus en plus. Un sondage Vivavoice publié par L’obs, journal terriblement macronien et européiste[1], nous enseigne plusieurs faits : 86% des Français considèrent qu’il faut changer de politique économique et sociale. C’est plus qu’un désaveu, c’est bien une fin de quinquennat anticipée. Il est impossible de continuer à gouverner avec une telle hostilité de la population. C’est un chiffre énorme, sans doute jamais vu auparavant. Cela veut dire que seulement 14% de la population trouve qu’il va dans le bon sens : ces 14% c’est son socle réel, ensuite il peut toujours agréger quelques égarés amoureux de l’ordre qui ont peur des gilets jaunes, mais cela ne lui suffira pas.  

    Le dernier sondage devrait inquiéter Macron

    Egalement ce sondage nous apprend que 57% des Français soutiennent toujours les gilets jaunes, après 5 mois de lutte. Les commentateurs ont beau dire que ce soutien est en baisse, il reste extraordinairement élevé et majoritaire. Malgré les violences, malgré la communication sur les primes qui ont été distribuées par les entreprises, malgré le Grand débat, malgré le dénigrement systématique des médias aux ordres, dont L’obs d’ailleurs. Ces deux chiffres sont en soi inédits. Il n’y a pas eu de crise si longue dans toute la Vème République, et même avant, sauf pendant l’Occupation peut-être. Tout ceci explique pourquoi, lentement mais sûrement Macron sort de l’Etat de droit et opte pour le tout répressif qui le transfigure en vrai fasciste. Les manifestations de samedi prochain, ce sera le XXème acte des gilets jaunes risquent d’amener une explosion de violence. Macron le fait-il en conscience ? Sait-il qu’il va sans doute faire assassiner des manifestants par ses milices, samedi prochain ? Probablement, car cet individu n’a aucune empathie pour quiconque, même pas lui-même. On voit qu’avec une telle défiance de la population, il ne peut plus gouverner que par la peur. C’est, entre autres raisons, la cause du limogeage du préfet Delpuech, limogeage que j’avait annoncé d’ailleurs au début du moi de décembre. C’est beaucoup plus qu’un fusible commode qui a sauté. Cela indique un changement politique décisif, un basculement dans une forme illibérale de l’exercice du pouvoir.  

    Le dernier sondage devrait inquiéter Macron

    Nous avions indiqué que le Grand débat n’a pas passionné les Français, quelques retraités s’écoutant parler devant des chaises vides[2]. Ce désintérêt est confirmé par le chiffre du sondage Vivavoice, 71% des Français considèrent que cela ne servira à rien, que ce n’est qu’une opération de communication de plus du VRP des ultra-riches. Le dernier chiffre intéressant est que 62% des Français sont pour le RIC, comme quoi les gilets jaunes ont eu ce mérite de mettre cette revendication en avant. Seulement 24% n’en veulent pas. 62% c’est beaucoup. Dans quelque sens que l’on interprète ce chiffre, cela veut dire que les Français dans leur ensemble considèrent qu’ils ne sont pas correctement représentés, et le Grand débat n’a rien arrangé à cela. Les doctes politologues se sont escrimés pendant des mois à expliquer que le RIC était la porte ouverte au fascisme, mais rien n’y a fait, eux aussi ont prêché comme Macron dans le désert. Le RIC est apparue aux Français comme le plus court chemin pour aller à la démocratie et pour régler les problèmes de représentations des différentes classes sociales.  

    Le dernier sondage devrait inquiéter Macron

    Rien ne fonctionne plus avec Macron, le Grand débat est un fiasco, la rencontre avec des intellectuels, c’en est un autre. Macron a joué le pourrissement du mouvement, mais cela a consolidé l’idée que se font de lui les Français, un homme peu sincère au service d’autres intérêts que ceux de la France. Gageons que le vote en catimini de la privatisation d’ADP et de la Française des jeux ne sera pas de nature à calmer la colère du peuple à son encontre[3]. Cet épisode trop peu analysé par les syndicats et l’opposition, a dévoilé un peu plus la corruption et l’affairisme de Macron et de sa bande le faisant passer du statut d’illuminé égotiste à celui de canaille travaillé férocement par la cupidité.



    [1] https://www.nouvelobs.com/politique/20190320.OBS2087/grand-debat-86-des-francais-pour-un-changement-de-politique-economique-et-sociale.html?fbclid=IwAR3xsevSGzLFyNf5MTQnhivzLDy8MTsbvinvinUGQKVvlJz-UNMstt0Ktsk

    [2] http://in-girum-imus.blogg.org/la-fin-du-grand-debat-a160840376

    [3] http://in-girum-imus.blogg.org/la-corruption-du-gouvernement-macron-philippe-et-la-privatisation-d-ae-a161089132

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     Il faut le dire pour commencer, si le mouvement des gilets jaunes que la chienlit médiatique a présenté comme islamophobe, homophobe et quasi-fasciste, c’est parce que les femmes ont été depuis le début en première ligne, et qu’elles le sont toujours. C’est quelque chose de relativement inédit, et probablement un tournant historique dans l’histoire des luttes sociales. Elles ont été massivement sur les ronds-points et dans les manifestations. Phénomène encore plus nouveau, ce sont des femmes de tout âge, des jeunes et des vieilles, qui se sont lancées avec courage dans l’action subversive.  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    C’est sans doute un phénomène qui n’est pas si simple à expliquer. Certes, il s’inscrit dans la longue durée dans la volonté des femmes de s’émanciper et de ne pas rester des citoyennes de seconde zone. C’est un mouvement qui est presque naturel avec l’accroissement de l’éducation et des droits individuels. On peut également invoquer que les femmes étant souvent moins bien considérées dans leur lieu de travail sont aussi moins bien payées[1] et donc qu’elles ont-elles aussi de bonnes raisons de se révolter. On sait aussi qu’elles sont plus souvent que les hommes dans la précarité[2].  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    Tout cela est assez vrai et bien documenté. On voit en effet de plus en plus souvent des femmes prendre la parole, organiser les mouvements ici et là, aller au contact de la police. Bref donner une autre image de la femme que celle que peut donner Brigitte Trogneux, pomponnée, replâtrée de frais, chargée d’un sourire imbécile et artificiel. Elles n’ont pas des robes à 15 000 € qui leur auraient été offertes par l’ignoble Bernard Arnault qui croit pouvoir tout acheter avec son fric maudit. Et c’est sans doute comme cela que nous les préférons à ces greluches de la haute qui puent le parfum pourri à 500 € le flacon. Cependant c’est une particularité très française somme toute : Macron et son régime n’aiment pas les femmes, et les femmes n’aiment pas Macron, ni sa femme qui ne ressemble à rien de connu dans le catalogue des espèces naturelles. Macron a beau faire des ronds-de-jambe par l’intermédiaire de l’abominable Schiappa pour faire semblant qu’il aime les femmes, personne ne le croit sur les ronds-points. Du reste s’il n’aime pas les femmes, il n’aime guère l’autre moitié du genre humain : doté d’une empathie d’enclume, il est l’ennemi du genre humain, l’ami de l’argent, la cupidité incarnée. Si la politique macronienne est haïe, elle l’est aussi de par la personnalité de celui qui l’incarne. Et sans doute les femmes sont peut-être un peu plus sensibles à cet aspect des choses que les hommes, ce qui pourrait expliquer – très partiellement – pourquoi les syndicats, tenus par des hommes qui se prennent au sérieux, mais qui ne le sont pas, sont passés complètement à côté du mouvement des gilets jaunes.  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    Mais la contrepartie de l’engagement des femmes c’est que Macron et ses milices se sont montrées d’une rare violence envers les femmes justement. L’exemple le plus récent et le plus choquant est celui de Geneviève Legay, âgée de 73 ans, elle manifestait pacifiquement à Nice. Une charge des plus brutale l’a envoyée au sol où apparemment elle se serait assommée en tombant sur un plot, invention des aménageurs urbains destinée à emmerder le peuple. Geneviève Legay était là pour manifester contre la dictature macronienne qui interdit maintenant de manifester. Elle manifestait donc pour la défense des libertés élémentaires en démocratie. Membre d’ATTAC, elle participe souvent à des manifestations – par parenthèse cette dame n’a absolument pas le profil du gilet jaune décrit par cette crapule de BHL, à savoir le casseur d’extrême droite avide de renverser la République. Pire encore, sur la vidéo on peut voir que les miliciens de Macron empêchent les médics, ces bénévoles qui tentent de porter run secours médical aux personnes blessées par la police, d’intervenir[3]. On le voit également sur la photo ci-dessous : c’est une attitude clairement fasciste qui confirme la dérive d’un régime aux abois. Macron à l’occasion de cet épisode confirmera ce que nous disions plus haut, sa haine des femmes en particulier et de l’humanité en général : « Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci » dit-il dans une interview à Nice matin daté du lundi 25 mars. Certes on savait que c’était un sale con doublé d’un imbécile, mais il a dépassé les bornes de la décence à cette occasion. Après tout, vu son âge, Geneviève Legay aurait pu être sa femme ou sa mère ! Il est très fort pour faire remarquer son ignominie et sa bassesse. Se rend-il compte de l'obscénité de ses propos ?  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    « Je trouve tout de même curieux que lorsqu’une manifestation est interdite, comme c’était le cas à Nice, quelqu’un aille absolument avec la volonté de manifester à cet endroit-là », avait déclaré Nicole Belloubet sur BFMTV. Cette même sorcière qui passe son temps à demander aux juges d’être très sévères avec les gilets jaunes. Ce que ces mêmes juges sans vergogne s’empressent de faire d’ailleurs, même le Syndicat de la magistrature a dénoncé, bien mollement selon moi, les directives du parquet[4].  

    Cet épisode va une fois de plus se retourner contre lui. En effet les Niçois prévoient de faire une manifestation pour Geneviève Legay et plus généralement pour la défense des libertés qui sont plus que malmenées par les temps qui courent. Il serait bon que les partis d’opposition et les syndicats se bougent un petit peu pour dénoncer ces violences ignobles.

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes  

    Si le cas de Geneviève Legay est spectaculaire et a été à juste titre dénoncé, les femmes subissent depuis le début du mouvement des gilets jaunes des attaques physiques violentes de la part de la police. Il se murmure que cette violence contre les femmes est encouragée et voulue, justement pour les raisons qu’on a évoquées ci-dessus, en effet plus les femmes sont nombreuses et déterminées, plus le mouvement durera. Ce n’est donc pas un hasard si elles se font très maltraiter. Nous avons vu de nombreuses vidéos de policiers s’acharnant sur leur victime, les tabassant ou les gazant sans raison. Leur lâcheté les autorisant souvent à se mettre à plusieurs sur une seule personne désarmée, eux bien protégés, anonymes derrière leurs habits de robocops. Ils font de même avec les femmes. Ces gens là qui sont bien plus circonspects quand ils vont visiter les cités comme La Bricarde et la Castellane à Marseille, affichent le plus souvent une virilité de pacotille, et parmi les canons de celle-ci, il y a le fait qu’on ne doit pas frapper une femme « même avec une fleur ». ce devrait être d’autant plus vrai que celles-ci sont toujours désarmées.  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    Le cas de Geneviève Legay n’est malheureusement pas isolé. Il y a d’autres femmes âgées qui ont subi les foudres de la répression fascisante macronienne. Voyez ci-dessous la photo de cette vieille dame gazée par un petit merdeux qui se croit travailler pour la Gestapo. Remarquez la différence d’équipement, remarquez la différence de taille. Frapper plus faible qu’eux, les flics n’y renoncent rarement. Comme je l’ai dit ils font moins les malins quand ce sont les banlieues qui se soulèvent comme à Grenoble et que des dizaines de voitures brulent[5]. Certes les autorités sont moins intéressées par ce qui brulent dans les quartiers que par l’incendie du Fouquet’s. A croire que ceux qui rentrent dans la police sont plutôt des gens très peureux qui ne pourront donner le plein de leur violence rentrée que contre plus faible que soit. Des policiers ont témoigné : ils reçoivent des ordres précis de leur hiérarchie pour enfreindre les lois[6]. Nous le croyons sans peine. Et donc si on leur dit de cogner des femmes sans défense, et bien ils le font. On voit qu’ils sont doublement lâches : d’abord de cogner comme des sourds sur des femmes désarmées, mais ensuite de ne pas refuser les ordres ignobles et illégaux qu’ils reçoivent.  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

    Les excuses pour cogner tout le monde et plus particulièrement les femmes sont ignobles, mais elles sont clairement exprimées par Macron, le président-fou. Que nous dit-il ? Que cette femme « fragile » n’avait qu’à pas être là. Au fond que les femmes n’ont rien à faire dans les manifestations surtout si elles sont interdites. Mais des manifestations interdites, il y en a eu tout plein dans l’histoire. Si Macron avait fait un peu des études, il le saurait. Donnons un exemple, le 11 novembre 1940, les étudiants défient le pouvoir et s’en vont fleurir la tombe du soldat inconnu en chantant La Marseillaise après avoir remonté les Champs-Elysées. Certains se feront matraquer ou arrêter, parce que la manifestation était interdite. Eux aussi étaient dans une position illégale. Les flics ne se sont pas posés de question, ils ont appliqué les ordres venus d’en haut. Vers la fin de l’occupation, ils se convertiront en libérateurs de Paris. Les policiers rebelles à la préfecture de police de Paris étaient très minoritaires, mais il y en avait.  Aujourd’hui on chercherait vainement un flic qui se rebelle contre la dictature macronienne, ouvertement. On le voit l’illégalité d’une manifestation n’est pas une excuse à ce déchaînement de violence policière. 

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes 

    11 novembre 1940, des étudiants participent sur les Champs Elysées à une manifestation interdite 

    Grâce à leur courage, les femmes ont contribué, et pas qu’un peu à dévoiler la vraie nature du régime et de son appendice policier. Je l’ai répété souvent, les femmes sont plus pugnaces que les hommes lorsqu’elles s’engagent, et c’est sans doute ce qui fait peur à Macron : en effet le mouvement malgré des hauts et des bas, ne faiblit pas et affiche toujours une forte détermination. Pour que les femmes s’engagent aussi fortement que cela, il faut que la colère soit profonde, et cela annonce à terme de très grands changements. Ce que n’a pas compris Macron, parce qu’il est intellectuellement très limité, c’est que plus le mouvement dure, et plus la réflexion s‘approfondit, donnant de nouvelles raisons pour agir et transformer le monde. En n’ayant pas eu cette capacité de faire la part du feu en décembre dernier, Macron a accéléré le changement social : il a montré la force d’un mouvement largement spontané, la faiblesse des organisations traditionnelles, mais également donné de la visibilité à de nouveaux acteurs de la lutte des classes.  

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes 

    Les femmes, la violence policière et les gilets jaunes

     

    Fiorina Lignier éborgnée par les milices de Castaner



    [1] https://www.latribune.fr/economie/international/inegalite-salariale-les-femmes-gagnent-20-de-moins-que-les-hommes-798799.html

    [2] http://www.observationsociete.fr/ages/jeunes/la-precarite-au-travail-marque-les-jeunes-et-les-milieux-populaires.html

    [3] On peut v oir cette vidéo là.

     https://www.youtube.com/watch?v=jEuM2EfvleA

    [4] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/26/97001-20190226FILWWW00059-gilets-jaunes-le-syndicat-de-la-magistrature-denonce-une-note-interne-du-procureur-de-paris.php

    [5] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/04/01016-20190304ARTFIG00307-nouvelle-nuit-de-violence-a-grenoble-apres-la-mort-de-deux-jeunes.php

    [6] https://www.mediapart.fr/journal/france/130319/des-policiers-temoignent-est-oblige-d-accepter-des-instructions-illegales?onglet=full

     

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  • Au-delà du nombre des manifestants, il faut se poser tout de même la question : comment un mouvement social peut-il durer aussi longtemps sans que le pouvoir apporte seulement un début de réponse, en dehors de la répression de plus en plus fébrile et massive ? C’est le cinquième mois de manifestation, on a manifesté à l’automne, cet hiver et encore au printemps. Les Champs Elysées ont été interdits de manifestation, et donc si le petit commerce n’est plus gêné par les gilets jaunes, il est maintenant très gêné par une débauche de forces de police. On a rarement vu un tel entêtement imbécile comme politique, cela ressemble maintenant à l’entêtement d’Hitler de vouloir à tout prix gagner la bataille de Stalingrad qui fut, comme on le sait le début de la fin pour la dictature nazie. Il est tout à fait possible que la manifestation de la semaine dernière qui a mis le pouvoir à nu soit le tournant qui mènera Macron à la défaite. 

    Acte XIX, la Résistance s’organise, tandis que la dictature s’installe

    L’ordre règne à Paris 

    Dès le matin, les Champs Elysées voyaient défiler l’armée d’occupation, transformant la capitale en une vaste prison à ciel ouvert. Cette situation inédite depuis le départ des troupes allemandes devrait inciter le peuple à rejoindre la Résistance, soit le mouvement des gilets jaunes. Dès le matin, à Nice, des manifestants ont été chargés très violemment, Estrosi prenant le prétexte des dispositions Macron pour jouer les apprentis fascistes lui aussi. Il avait interdit la manifestation et tout de suite la police qui s’était transformée pour le coup en milice au service de Macron et de l’oligarchie, s’en est donné à cœur joie de tabasser des femmes sans défense, ce qui en dit long sur leur mentalité mercenaire[1]. Des dizaines de villes avaient interdit les manifestations, et quand les manifestations n’étaient pas formellement interdites, elles étaient interdites dans le centre-ville comme à Toulouse par exemple. A Marseille le préfet sous la pression de la Chambre de commerce avait interdit aussi la manifestation aux abords du Vieux Port. Des centaines d’arrestations préventives ont eu lieu dans toute la France. Des centaines de verbalisations ont eu lieu. Si formellement le droit de manifester existe encore, dans les faits les interdictions de manifester s’étendent. En effet, si c’est la police qui exile les manifestants des centres-villes, cela veut bien dire que le droit de manifester n’existe plus. C’est donc bien d’une dictature dont il s’agit. Comme nous le voyons, la question n’est plus de savoir si oui ou non nous partageons le combat des gilets jaunes, mais plutôt de savoir ce que cette dictature macronienne va nous coûter en soumission et en rabaissement de ce que nous sommes encore : même si nous ne sommes pas d’accord avec le combat des gilets jaunes, il s’agit de défendre la liberté. Les syndicats et les partis de gauche, naguère si prompts à manifester contre l’Etat policier, sont à l’heure actuelle complètement silencieux, c’est à peine si on entend quelques voix isolées du côté de la France Insoumise pour condamner ce qu’on nomme une « dérive autoritaire ». Evidemment, si le pouvoir passe à la dictature, c’est la preuve qu’il a peur du mouvement, et en tous les cas que ce mouvement est plus puissant qu’il ne l’affirme toutes les semaines. Si ce mouvement n’était rien comme le disent les chiffres de Castaner-le-menteur, ils n’auraient pas eu besoin de sortir la grosse artillerie pour en finir. Il y a en effet deux façons de gouverner, soit l’assentiment ou la passivité de la population, soit la matraque quand on n’a plus la première. Si Macron avait cet assentiment ou cette passivité de la population, il pourrait continuer à jouer les démocrates et à critiquer les dérives illibérales d’Orban ou de Salvini. Mais voilà, le plus fasciste de tous n’était pas celui qu’on pensait. Remarquez que l’interdiction de manifester est couplée en France avec une maîtrise presque totale des médias par le pouvoir macronien. La conjonction de ces deux phénomènes montre clairement que nous ne somme plus dans une démocratie, même au sens bourgeois et restreint de ce terme. 

    Acte XIX, la Résistance s’organise, tandis que la dictature s’installe 

    A Nice une femme âgée aux cheveux blancs, durement matraquée, a dû être hospitalisée 

    J’ai souvent rappelé que durant la campagne présidentielle l’Institut Montaigne, think tank européiste, cosmopolite et affairiste, s’il militait pour une réforme de la loi sur la laïcité, soutenait également deux candidats, François Fillon, dont les turpitudes l’ont éliminé de la course, et Macron, le représentant du Grand Capital et des banquiers. Le premier avait lancé que si les réformes qu’il proposait – exactement les mêmes que Macron d’ailleurs – n’étaient pas acceptées par la population il enverrait les gendarmes. Il disait ça sans rire. Macron présentait un profil plus lisse, plus acceptable, mais finalement c’est lui qui a mis en route ce programme de refondation de la France selon les exigences de l’oligarchie et de Bruxelles : faire rentrer de force la France dans l’ère de la post-démocratie[2]. C’est donc à croire que le Grand Capital avait déjà cette idée en tête d’accomplir un coup d’Etat : c’est Macron, sans doute le plus fou et le plus vulnérable sur le plan mental des politiciens, qui s’en est chargé. On voit le résultat aujourd’hui. La France est un pays occupé par une police qui s’est transformée en milice patronale. J’aurais honte d’être à leur place, d’avoir aussi peu de sens de l’honneur. Mais, on le sait, le sens de l’honneur et la honte ne sont plus des valeurs beaucoup partagées pour ceux qui se trouvent du côté du manche. Il faut bien comprendre que les gilets jaunes manifestent maintenant, non seulement pour critiquer la politique antisociale de Macron, mais aussi pour vous, pour défendre vos libertés, pour défendre l’Etat de droit déjà bien abimé. Dans l’affaire, la police qui a perdu tout sens de l’honneur en se vendant à l’oligarchie, s’est maintenant séparée complètement de la population, elle est, dans cette guerre civile qui commence à peine, un ennemi. Certes la police n’a jamais été – ou vraiment que très rarement – en France capable de refuser les ordres d’un dictateur, comme la justice d’ailleurs. Ces deux corps très fragiles sont passés très facilement du service de Pétain à celui du général De Gaulle sans sourciller, et aujourd’hui ils ne se posent pas plus de questions : l’ignoble Belloubet avançait que la justice – la sienne évidemment – serait sans pitié avec les gilets jaunes, comme si les magistrats n’avaient plus aucun droit de regard sur les dossiers qu’ils jugent, comme s’ils étaient devenus une simple chambre d’enregistrement de condamnations déjà actées. Si on voulait avoir une nouvelle preuve que nous sommes bien dans une dictature, on prendrait comme exemple l’arrêté du préfet Brice Blondel, domestique zélé, qui a instauré le couvre-feu à Tarbes à partir de 18 heures[3]. Ça ne sous rappelle rien ? Les sombres heures de l’histoire… 

    Acte XIX, la Résistance s’organise, tandis que la dictature s’installe 

    A Nice dès le matin la police se transforme en milice pour castagner des femmes sans défense 

    Malgré un appareillage répressif surdimensionné et les nombreuses interdictions de manifester, les gilets jaunes étaient encore plus de 150 000 sur toute la France à manifester, tandis que Castaner-le-menteur avançait le chiffre de 45 000[4]. Il est clair que la sauvagerie avec laquelle les débuts des manifestations ont été réprimées, à Bordeaux, à Nice, ou encore à Montpellier, en a refroidi plus d’un. A Montpellier il y avait 4500 manifestants, malgré l’interdiction. A Toulouse et à Bordeaux où les regroupements avaient été interdits, il y a eu de nouveau affrontements violents, empêchant les cortèges de se former. C’est donc un premier succès pour la dictature macronienne. Mais à quel prix ! En tuant le mouvement des gilets jaunes par des pratiques d’un autre âge, c’est la République qu’on assassine et la démocratie qui s’évanouit. Les macroniens qui n’ont pas plus de conscience sociale qu’un poisson rouge, vont certainement jubiler. Mais il est à parier que cette colère rentrée va ressortir rapidement. Peut-être qu’en déchaînant une telle violence Macron obtiendra une accalmie, mais sûrement pas la paix. C’est bien trop tard pour lui dans ce siècle. 

    Acte XIX, la Résistance s’organise, tandis que la dictature s’installe 

    A Bordeaux les milices interdisent l’accès au centre-ville 

    Cette dérive dictatoriale n’a pas enrayé vraiment la mobilisation des gilets jaunes, et s’il y a eu moins de monde pour l’acte XIX, c’est essentiellement parce que les Français ont été interdits de manifestation par la dictature macronienne que des dispositifs ubuesques interdisaient l’accès aux centres-villes. C’est un piètre résultat. L’acte XX verra sans doute une remontée des mobilisations. Les manifestations parisiennes, il y en avait plusieurs, étaient très fournies, et surtout les manifestants semblaient très déterminer à continuer. En même temps, la revue en ligne Lundi matin publiait une liste de 350 universitaires qui en voulant se démarquer des salonards qui ont été servir la soupe au président-fou, affirmaient soutenir les gilets jaunes comme au premier jour[5]. C’est peut-être le début de quelque chose, on a un peu trop l’habitude de voir cette engeance se vautrer à la télévision ou à l’Elysée et injurier les gilets jaunes pour ne pas saluer ce sursaut de conscience – même si certains parmi eux comme Éric Fassin[6] ne sont pas des gens très recommandables. Les signataires appellent à se mobiliser pour faire face au développement d’un autoritarisme qu’ils n’osent pas encore trop nommer « dictature », mais c’est déjà un pas. Je crois que nous devons maintenant obliger les partis et les syndicats à agir dans ce sens : manifester pour le rétablissement des droits les plus élémentaires. 

    Acte XIX, la Résistance s’organise, tandis que la dictature s’installe 

    Malgré l’interdiction, les Marseillais ont manifesté sur le Vieux Port et sont passés devant la Chambre de commerce, un repaire de magouilleurs

     En attendant Éric Drouet surveillé étroitement par les espions de Castaner s’est bloqué une amende de 135 € parce qu’il se trouvait dans un périmètre interdit à la manifestation. Il a refusé de signer le PV. On l’accusait d’être un gilet jaune et le leader d’une manifestation non autorisée. Il a contesté ces motifs. On verra bien si la contestation de cette amende en justice sera satisfaite : en effet Drouet ne portait aucune arme, et même pas un gilet jaune. Les motifs de son PV ne sont pas fondés en droit, cette verbalisation est seulement là pour dissuader un peu plus les manifestants. Cet exemple plutôt minable, nous fait comprendre que les amendes vont pleuvoir et cela a déjà été le cas aujourd’hui, des dizaines de PV ont été distribués. Et s’il n’y a pas de motif, la police en inventera. On sait maintenant que les nouvelles lois permettent de condamner quelqu’un sur le simple fait qu’il aurait eu peut-être l’intention de se rendre à une manifestation illégale. 

    Acte XIX, la Résistance s’organise, tandis que la dictature s’installe 

    Encore beaucoup de monde à Paris 

    Si Macron pensait arriver tranquillement aux élections européennes qui auront lieu dans deux mois, il s’est trompé. Il se discrédite un peu plus tous les jours. A son approche bornée et entêtée de la situation il a ajouté le comportement ridicule d’un dictateur en herbe un peu capricieux. Mais plus embêtant pour lui, il y a le fait que plus le temps passe et plus ses turpitudes sont dénoncées. L’information circule lentement, freinée par les grands médias aux ordres, mais elle circule tout de même. A cela va s’ajouter de nouveaux feuilletons dans l’affaire Benalla qui, il ne faut pas l’oublier, est une honte pour la République car non seulement elle met au jour les collusions de l’Elysée avec une canaille délinquante peu recommandable, mais en outre, elle montre comment Macron instrumentalise le parquet, que ce soit Molins, ou Rémy Heitz. L’épisode où l’on a vu l’opposition entre le Sénat et l’exécutif s’écharper, est typique d’une dérive autant politique que judiciaire. Bref quand on a les épaules Macron, on ne se risque pas à se prendre pour un monarque, surtout en France ! L’addition sera lourde. 

    Acte XIX, la Résistance s’organise, tandis que la dictature s’installe 

    Une autre manifestation à Paris le samedi 23 mars



    [1] https://www.midilibre.fr/2019/03/23/acte-xix-des-gilets-jaunes-31-interpellations-a-paris-une-blessee-a-nice,8086452.php

    [2] http://in-girum-imus.blogg.org/post-democratie-colin-crouch-diaphanes-2013-a117703596

    [3] https://www.revolutionpermanente.fr/Acte-19-a-Tarbes-Le-prefet-instaure-un-couvre-feu-a-partir-de-18h?fbclid=IwAR06GASs0ks-Hy3czy5_XkCX2IN4zEvCJtoBYKdztRJ9AZqkUEpNTaNGHgg

    [4] Le site du syndicat France Police avance 90 000 manifestants, pour une fois nous ne le suivront pas. https://france-police.org/2019/03/23/estimation-de-la-participation-a-lacte-19-des-gilets-jaunes-90-000-manifestants-sur-lensemble-du-territoire-national-a-16h30-selon-le-syndicat-france-police-policiers-en-colere/

    [5] https://lundi.am/350-universitaires-se-declarent-complices-des-gilets-jaunes

    [6] http://in-girum-imus.blogg.org/l-extravagant-eric-fassin-en-recherche-d-un-statut-a126464374

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  •  Le coup d’Etat macronien permanent

    Depuis plusieurs mois nous voyons le régime macronien devenir de plus en plus autoritaire. D’abord en durcissant la répression policière d’une rare violence, ensuite en interdisant les manifestations, et enfin en prétendant s’appuyer sur l’armée pour que l’ordre règne. En même temps ce régime au service des très riches exclusivement, il faut bien payer les robes de Brigitte Trogneux, menace en permanence les équilibres institutionnels, notamment en attaquant vent debout le Sénat, ou encore en protégeant outrancièrement le voyou Benalla. Le président-fou, ivre de son pouvoir, ne se prive pas pour autant de faire la leçon à tout le monde, Maduro, May, Orban, Poutine, Trump. Mais de tous ces dirigeants il est le plus violent et le plus répressif. L’ONU, la Commission européenne et même le Parlement européen s’en sont émus. Cela a été une nouvelle occasion pour la bande de Macron de s’élever contre ces institutions qu’en d’autres temps elle vénérait. Il se met donc en place un coup d’Etat soft qui ne respecte même plus les apparences de la démocratie. C’est bien entendu un des apports les plus importants du mouvement des gilets jaunes de ce que la bourgeoisie est capable de faire lorsqu’elle se sent vraiment menacée. On peut dire qu’avec Macron l’oligarchie a trouvé son « homme », il ne semble pas qu’il y ait eu un autre politique assez fou pour endosser ce sinistre costume d’apprenti dictateur, en France, et au XXIème siècle. 

    Le coup d’Etat macronien permanent 

    Ce coup d’Etat soft – pour le moment – s’est renforcé au même instant où Macron recevait des intellectuels de cour dans son palais pour blablater avec des gens sans importance qui aiment être flattés par les puissants[1]. Ce n’est pas une coïncidence, Macron a besoin de ces salonards pour laisser accroire qu’il a encore l’oreille de l’opinion. Il met donc en scène deux images, celle du pseudo-intellectuel qui penserait le monde et son devenir, comme s’il avait quelque idée personnelle sur la question, et celle du prince éclairé mais autoritaire qui veut transformer le monde en bien pour tout le monde. Depuis plus quatre mois, il parle, il parle, il s’écoute parler, comme s’il avait encore une prise sur l’opinion. Mais rien ne se passe, sa cote de popularité reste très basse, et on s’aperçoit que les miettes qu’il a données au bon peuple ne sont qu’une supercherie, j’avais signalé il y a un moment que seuls 45% des Smicards seraient concernés par sa prime, qui n’était qu’une avance sur ce qui devait arriver tôt ou tard, mais voilà qu’on nous dit que finalement moins de 10% des salariés ont eu droit à la prime exceptionnelle de productivité[2]. C’est pour le moins un bluff, pour ne pas dire autre chose, et cela lui revient dans la figure comme tout ce qu’il entreprend. Comme disait Abraham Lincoln, « Vous pouvez trompez quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps ». Ce qui veut dire qu’on ne peut pas gouverner en permanence par le mensonge et le slogan.

    Mais au-delà de la personnalité burlesque de Macron – on remarquera qu’il n’est pas le seul président fou et autoritaire, il y en a d’autres au Brésil ou aux Etats-Unis – il faut comprendre les raisons de son coup d’Etat permanent.

    Le coup d’Etat macronien permanent

    La dernière trouvaille de Macron pour pallier sa propre inertie c’est d’utiliser l’armée pour le maintien de l’ordre. Donc son plan en trois points est le suivant :

    1. les interdictions de manifester prise au gré des pulsions profondes des préfets, c’est une interdiction pour certains manifestants fichés, mais c’est aussi une interdiction de faire des manifestations. Il est prévu d’interdire aux gilets jaunes d’investir les quartiers de luxe comme par exemple les Champs-Elysées, de façon à protéger les riches qui ont bien le droit d’aller boire un coup au Fouquet’s sans être emmerdés. Déjà cela nous fait sortir de l’Etat de droit. Que dirait-on si Poutine, Orban ou Salvini prenaient de telles décisions ?

    2. faire passer le montant des amendes pour ceux qui enfreignent ces interdictions à 138 €.

    3. demander aux CRS d’aller plus rapidement au contact. Autrement dit de matraquer d’entrée les manifestants pacifiques ou non.

    L’exécutif annonce la couleur, ça va chier, et pas qu’un peu. Pour l’instant l’armée n’interviendra pas contre les manifestants, elle sera positionnée autour des bâtiments, par exemple l’Arc de Triomphe où les gilets jaunes aiment bien se réunir. C’est ce qui a été le plus commenté, cependant il faut bien comprendre l’intention de Macron : il veut nous habituer peu à peu à un régime autoritaire de type fasciste qui s’appuiera sur l’armée, sensée lui être fidèle. C’est comme ça qu’il faut comprendre la déclaration du gouverneur militaire de la place de Paris, le général Bruno Leray qui a déclaré qu’en cas de nécessité les militaires pourront tirer dans le tas. Cette déclaration ubuesque a été commentée à Bruxelles où Macron se trouvait dans le cadre du Conseil européen, dont l’un de ses objectifs était de répondre à la proposition de May d’allonger le Brexit. Macron a donc dû répondre, lors de sa conférence de presse, qu’on n’avait pas très bien compris, qu’en aucun cas l’armée ne serait autorisée à tirer dans le tas[3]. Comme à son habitude Macron encourage ses comparses à dire n’importe quoi, puis ensuite il désapprouve. C’est sa méthode. Tout cela ne rassure pas. Cette valse-hésitation entre une voie fascisante et la volonté de continuer à jouer le pourrissement, pose directement la question de savoir s’il y a encore une ligne politique, en dehors de la répression, à l’Elysée.  Nous sommes parvenus dans une zone dangereuse où maintenant tout peut arriver, et principalement le pire. Notez que des soldats – des professionnels donc ont déjà signalé qu’ils ne tireraient pas sur la foule, bref il y a au moins des dissensions, et surtout, il semblerait que les soldats aient un peu plus de conscience sociale que nos policiers qui se laissent acheter et transformer en miliciens pour 300 € par mois[4]. 

    Le coup d’Etat macronien permanent 

    Le général Bruno Leray en train de déconner sur France Info 

    Comme on le voit ce coup d’Etat macronien ne peut avancer qu’à visage masqué, à trop gratter l’armée il risquerait de provoquer un vrai coup d’Etat et de se faire déposer, tellement il est peu aimer des militaires. Cette débauche d’autoritarisme macronien, insuffisamment dénoncé selon moi par les médias et les autres partis dits d’opposition, il faut d’abord le comprendre comme une compensation réelle d’une perte de légitimité : c’est parce que la cote de popularité de Macron reste autour de 25%, que Macron est maintenant obligé de gouverner avec la trique. Du coup les condamnations morales de l’illibéralisme macronien, pleuvent de tous les côtés : 2 fois par l’ONU, 3 fois par la Commission européenne, 1 fois par le parlement européen, 2 fois par Amnesty International, 2 fois par la Ligue des Droits de l’Homme. C’est énorme, mais ça n’émeut que très peu de monde, parce que les médias de grande audience mettent l’éteignoir là-dessus.

    Comme on le voit cette attaque tout azimut contre le peuple change la nature du régime : nous ne sommes clairement plus en République et encore moins en démocratie. C’est la contrepartie de la faiblesse intellectuelle de Macron qui, en se révélant incapable de résoudre une crise sociale qui dure maintenant depuis près de 5 mois, s’est coupé complètement de l’opinion, ses grimaces lors du Grand débat n’ont guère été appréciées. En tous les cas elles n’ont rien changé sur l’image d’irrésolution qu’il donne au monde entier. Cette in capacité à renouer un minimum avec l’opinion, fait mieux ressortir l’impasse d’une répression violente. L’épuration violente de la hiérarchie policière est dans la continuité d’une concentration du pouvoir répressif dans les mains de Macron. Remplacer Delpuech par Lallement est une offense à la préfecture de police de Paris. Lallement est là pour une reprise en main et faire en sorte que la répression soit la plus sauvage possible.

    Tout cela montre que l’appareil d’Etat est un instrument pour occuper notre propre pays. La police est transformée aujourd’hui en une sorte de milice fasciste au service non pas de la République, non pas de sa population, mais à celui de l’oligarchie et de ses représentants. Nous sommes dans une situation d’occupation qui appelle naturellement à la Résistance. La police va-t-elle accepter longtemps de jouer ce rôle dévolu en d’autres temps aux milices ? La justice va-t-elle encore longtemps couvrir ces turpitudes ?

    En ce début de printemps on sent bien que le régime vacille, sa légitimité se réduit comme une peau de chagrin. Les éditocrates sont de moins en moins enthousiastes pour défendre ce régime qui tend à devenir fasciste. On trouve de plus en plus d’articles critiques dans Le monde, et même L’obs, un journal macronien de la première heure qui, sous la plume du mollasson Serge Raffy, s’attaque à l’épuration de la haute fonction publique policière[5]. Ajoutez à cela que le gouvernement commence aussi à préparer l’opinion à une nouvelle réforme des retraites qui prolongerait le travail au-delà de 62 ans[6]. Ce qui ne contribuera pas à rendre ce gouvernement plus populaire. En effet Macron s’était engagé durant sa campagne électorale à ne pas toucher à l’âge de départ, mais en outre pour financer les retraites, il est possible de trouver de l’argent ailleurs, par exemple en annulant le CICE ou en rétablissant l’ISF.



    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/les-intellectuels-et-macron-une-operation-de-communication-ratee-a161132348

    [2] https://www.liberation.fr/amphtml/checknews/2019/03/21/la-prime-macron-a-t-elle-ete-versee-a-seulement-107-des-salaries_1716334?fbclid=IwAR1cGO5gQMhLf_iM8dJVPe7J4Jdcz-8b0jMjMmefoqXaUEzfTB4_OngU_VY

    [3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/22/acte-xix-des-gilets-jaunes-les-propos-du-gouverneur-militaire-de-paris-sur-l-usage-du-feu-font-enfler-la-polemique_5439917_3224.html

    [4] https://actu.orange.fr/france/gilets-jaunes-vive-inquietude-chez-les-militaires-de-l-operation-sentinelle-magic-CNT000001e00Ve.html?fbclid=IwAR1bpeguhechukpYjTl92h3Sc8L6fwQd82-bwRkiV4XGs2CHeXtRlLilL1c

    [5] https://www.nouvelobs.com/editos-et-chroniques/20190319.OBS2011/delpuech-limoge-la-republique-des-petits-fusibles.html

    [6] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/03/21/reforme-de-la-retraite-jean-paul-delevoye-et-agnes-buzyn-se-contredisent-sur-le-report-de-l-age-legal-de-depart_5439186_823448.html

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