• Acte XIII, les gilets jaunes continuent le combat

    Gilets jaunes à Angoulême pour l’acte XIII 

    C’est le treizième samedi d’affilée que les gilets jaunes manifestent dans toute la France. Et si l’occupation des ronds-points est en recul, la mobilisation dans les défilés reste intense. Probablement autour des 250 000 manifestants[1]. Cette constance est remarquable, malgré la répression et les difficultés de toutes sortes. Un gilet jaune a perdu une main devant l’Assemblée nationale. Les journaux réactionnaires ont changé un peu de disque. Cette fois que ce soit Le monde, L’Obs, ou encore Libération, ils ont choisi tous ensemble non pas de parler de ce drame de perdre une main parce qu’un policier a semble-t-il usé d’une grenade de désencerclement, mais parce qu’ils n’aiment pas que le peuple manifeste devant l’Assemblée nationale. L’antiparlementarisme est selon eux qui n’ont ni conscience de classe, ni de connaissance de l’histoire de notre pays, un remake du 6 février 1934. Fort justement ils rapprochent cela de l’ostracisme que subissent maintenant depuis plusieurs semaines les députés LREM et du fait que Richard Ferrand ait connu un début d’incendie dans sa maison. Oui, les parlementaires sont détestés parce qu’ils ont l’image de vendus, de magouilleurs, particulièrement Richard Ferrand dont son trafic dans les Mutuelles de Bretagne aurait dû l’emmener en prison, mais que la mansuétude dont bénéficient les élus en général a épargné.  En même temps, en allant manifester devant le parlement, les gilets jaunes dénoncent la passivité et l’indolence d’un parlement croupion qui n’est là que pour entériner ce que décide Macron. Si les gilets jaunes s’en prennent avec autant de hargne au parlement, c’est bien parce que le système politique est totalement bloqué : cela va de pair avec la revendication du RIC qui voudrait instaurer un contrôle sur les élus.

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    La manifestation à Paris 

    La colère des gilets jaunes est montée d’un cran. A cause notamment de la répression policière, mais aussi de l’autisme total de l’exécutif. Nous en sommes à la treizième semaine, et aucune réponse sérieuse n’a été apportée, à part les assommantes discussions du Grand débat, discussions monopolisées par Macron et sa bande et qui ne font pas recette. Cette incapacité de Macron à apaiser un peu les tensions rend risibles ses rodomontades pour exiger que Maduro organise des élections dans la semaine, ou encore ses querelles idiotes avec Di Maio qui est venu rencontrer des gilets jaunes en France. Si donc les gilets jaunes campent sur leurs positions Macron est remarquable d’immobilisme. La longueur de ce conflit et son étendue sur l’ensemble du territoire est tout de même unique dans l’histoire de la France. Dans la moindre petite ville il y avait encore des manifestations : non seulement cette démultiplication des mobilisations montre l’enracinement profond du mouvement, mais elle définit aussi les contours d’une insurrection future. Car même si la manifestation syndicale du 5 février 2019 n’a pas été un succès, même si les syndicats ne sont plus capables de mobiliser, le mécontentement est tellement fort qu’il est impossible qu’on en reste là. 

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    A Montpellier pour l’acte XIII 

    Le même jour L’Obs dans le but de venir au secours de Macron en totale perdition, publiait un article de Natacha Tatu pour tenter d’accréditer toujours la même thèse : Trump et Salvini applaudissent les gilets jaunes, c’est donc bien la preuve que ceux-ci sont d’extrême-droite et qu’ils veulent renverser la République[2]. Toujours sur le site de L’Obs, l’abominable Pascal Riché parle d’une « sale odeur d’antiparlementarisme ». Il est difficile de faire plus réactionnaire et plus menteur[3]. Le fait que ce type d’analyse se retrouve dans le même moment aussi dans Le monde montre qu’il s’agit bien là d’une entreprise concertée : Huffington Post reprendra les mêmes arguments[4]. Comme cette idée de faire des gilets jaunes des néofascistes ne prend pas beaucoup dans l’opinion, on va chercher autre chose. S’attaquer aux parlementaires, à leurs privilèges exorbitants et à leur nullité serait la preuve qu’on veut renverser la République, qu’on est dans le camp du mal. Notez que ces arguties sont un peu en contradiction avec les bêtises de Macron lui-même qui nous dit qu’il voudrait bien diminuer le nombre de députés : allons, allons Macron serait-il lui aussi un rouge-brun antiparlementaire ? La Macronie produit les éléments de langage que recopie sagement les journalistes, et Castaner donne les chiffres faux, bien évidemment, pour nourrir ce ressentiment. Castaner nous disait que le 9 février 51 400 manifestants s’étaient rassemblés sur toute la France. Mais une fois encore, l’addition des simples chiffres donnés par les dépêches d’agence en province dépassait cette estimation. Le chiffre avait été calibré par les services du ministère de l’intérieur qui la semaine précédente avait donné 58 600. Ainsi Le monde qui est devenu l’organe officiel de la Macronie, pouvait annoncer triomphalement un recul du mouvement, mais en vérité ils n’en savaient rien du tout[5]. A Paris une dizaine de voitures ont été brûlées, dont un véhicule de l’armée. Ce n’est pas l’image d’un mouvement qui s’essouffle. Bien au contraire, il risque dans les semaines à venir de se radicaliser face à la nonchalance du gouvernement. 

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    A Paris une voiture de l’armée flambe 

    Tout a été fait du côté du gouvernement pour que le mouvement des gilets jaunes ne s’arrête plus. Le refus de dialoguer sérieusement a été constant, espérant le pourrissement, mais à cela s’est ajouté la répression féroce des forces de police et de la justice. Ces deux méthodes n’ont pas fait rentrer les gilets jaunes dans le rang, parier sur leur lassitude était d’abord une erreur d’analyse car cela voulait dire qu’on n’avait pas pris la mesure du ressentiment. Mais en jouant ce jeu, Macron s’est fermé plusieurs portes de sortie, il est maintenant impossible qu’il négocie quoi que ce soit, il n’est plus crédible. S’il croyait que le Grand débat allait calmer les ardeurs revendicatrices, il s’est trompé et il va avoir du mal à tenir comme ça, samedi après samedi, jusqu’au mois de mai, en attendant le verdict des élections pour le parlement européen. Plus le temps passe et plus l’Union européenne est discréditée : à la fois pour son manque de résultat évident en tout, mais aussi à cause du lamentable spectacle qu’elle donne de ses divisions. On voit de plus en plus souvent dans les cortèges des gilets jaunes des pancartes revendiquant le Frexit. C’était le cas lors de l’acte XIII. C’est ce que n’a jamais pu comprendre l’intelligence limitée de Macron, plus le mouvement dure, et plus il se radicalise. 

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    A Blois on pouvait voir des drapeaux français et des drapeaux de la CGT 

    L’acte XIII montre une large détermination des gilets jaunes sur l’ensemble du territoire. La manière dont le parlementarisme est aujourd’hui contesté montre que cette forme de démocratie ne fonctionne plus, si elle a vraiment un jour fonctionné : aller voter une fois tous les cinq ans puis ensuite subir la loi d’une minorité, c’est maintenant dépassé. L’âge adulte de la politique réclame autre chose, et cet autre chose est déjà préfiguré dans la revendication du RIC. C’est la démocratie directe. Ce principe de la démocratie directe, c’est bien ce qui s’est retrouvé dans presque tous les mouvements révolutionnaires du XXème siècle, même si ces mouvements ont pratiquement toujours été confisqués par une autre forme de pouvoir, comme en Russie lorsque le parti bolchevique réintroduira le centralisme et la verticalité, ce qui mènera à la bureaucratisation que l’on sait. La démocratie directe, c’est ce que revendique principalement les gilets jaunes, et c’est pour cela qu’ils veulent la démission du président. Macron a démontré une chose : les hommes politiques ne sont pas plus compétents que les simples citoyens pour gérer une société de plus en plus complexe, ils le seraient même un peu moins, n’ayant que peu d’insertion sociale et de connaissance de ce que vit aujourd’hui une population plus informée qu’on ne le croit. Alors oui, il faut bien l’admettre, les gilets jaunes sont un mouvement antiparlementaire, donc forcément révolutionnaire en ce sens. Et c’est bien là ce qui fait leur force et qui contrarie les plans de l’oligarchie. 

    Acte XIII, les gilets jaunes continuent le combat 

    A Marseille la foule était très dense 

    En marge de cet acte XIII, on apprend qu’Ingrid Levavasseur n’arrive toujours pas à monter sa liste pour les élections européennes. Elle se fait maintenant boycotter par les gilets jaunes. Peu importe de savoir si elle est corrompue ou manipulée par Macron et ses équipes. Ce qui est plus intéressant c’est le débat sur l’efficacité du combat politique. Levavasseur considère que pour avancer, il faut se transformer en parti politique, avoir des sièges et des moyens pour peser. Bref, jouer le jeu politicien habituel, sauf à repeindre en jaune de vieille technique, c’était cette méthode qu’avait mis en place Macron : en prétendant à la nouveauté, il ne faisait que reprendre sous une forme à peine changer le programme de la vieille droite libérale. A l’inverse de Levavasseur, la plupart des gilets jaunes considèrent que s’ils se transforment en parti, ils perdront leur force d’impact, ils se corrompront eux-mêmes. Déjà Levavasseur répète les bêtises habituelles sur le besoin que nous aurions de l’Union européenne pour exister. Sans doute n’a-t-elle pas assez de connaissances pour savoir qu’avant la France n’avait pas besoin de l’Europe pour développer un modèle social plus égalitaire que dans la plupart des autres pays développés. Cette attitude est d’autant plus risible, que le Parlement européen n’a strictement aucun pouvoir. Mais ce discours plait au journal Le monde qui l’interviewe longuement[6]. Ça donne un semblant de sérieux à quelque chose qui ne l’est pas du tout.



    [1] https://france-police.org/2019/02/09/estimation-de-la-participation-a-lacte-13-des-gilets-jaunes-a-15h30-240-000-manifestants-a-travers-toute-la-france-selon-les-estimations-du-syndicat-france-police-policiers-en-colere/

    [2] https://www.nouvelobs.com/politique/20181209.OBS6814/de-trump-a-salvini-toute-l-internationale-populiste-applaudit-les-gilets-jaunes.html

    [3] https://www.nouvelobs.com/editos-et-chroniques/20190209.OBS9917/gilets-jaunes-une-sale-odeur-antiparlementaire-sur-l-acte-xiii.html

    [4] https://www.huffingtonpost.fr/2019/02/09/lacte-xiii-des-gilets-jaunes-marque-par-un-vent-de-violence-et-dantiparlementarisme_a_23665518/?ncid=fcbklnkfrhpmg00000001&fbclid=IwAR1zrysGdtn4cQVLVtZY4j0FhHyfbPd9jUpPZ8gBMEq3Qv4DaeXVSBx2azU

    [5] https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/09/gilets-jaunes-un-manifestant-grievement-blesse_5421485_3224.html

    [6] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/02/09/ingrid-levavasseur-a-l-epreuve-du-feu-politique_5421409_823448.html

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  •   Didier Migaud et la Cour des comptes à la rescousse de Macron en perdition

    C’est le discours favori de la droite depuis la fin du XVIIIème siècle, les dépenses publiques sont trop élevées et cela nuirait à la croissance et à l’emploi. Ce discours est porté aujourd’hui par la droite extrême macronienne, qui nous dit qu’on peut discuter de tout, mais seulement de la réduction des dépenses publiques, sans toucher aux cadeaux faits aux plus riches. C’est aussi le discours du patron du MEDEF Geoffroy Roux de Bezieux[1]. Ne comptons pas sur le président de la Cour des comptes pour aller à contre-courant de cette tendance qui consiste à ne pas remettre en question l’assistanat envers les riches et les entreprises, mais plutôt les aides aux plus démunis qui nous coûtent un pognon de dingue. Démonter ce discours ignoble est de première nécessité car il explique pourquoi le mouvement des gilets jaunes est aussi populaire et dure autant.

    Didier Migaud qui dans le temps se disait socialiste, s’est fait une réputation de « père la rigueur » depuis qu’il a été nommé Par Nicolas Sarkozy en 2010 président de la Cour des comptes. Cet individu sinistre qui émarge à 14500 € par mois nous explique depuis des années que la France vit au-dessus de ses moyens, et donc qu’il faut mettre de l’ordre et pour cela réduire la dépense de l’Etat. Evidemment l’idée selon laquelle la France vit au-dessus de ses moyens est une idée qui plait beaucoup et dont les gens de droite comme Migaud aiment bien se servir pour faire peur au petit peuple, avec derrière l’idée suivante : nous ne laisserons que des dettes à nos enfants. Ce discours est truffé de mensonges, mais on sait que les pseudo-socialistes, qu’on appelait dans le temps des « social-traitres » fort justement en sont les spécialistes.

    Dans son allocution de rentrée Didier Migaud a repris son discours austéritaire habituel, sans annoncer par exemple qu’il allait courageusement baisser son propre salaire pour soulager les finances de la France. La Cour des comptes coûte 214 millions d’euros et emploie 1840 personnes. C’est une danseuse qui coûte cher à la République et qui ne sert à rien, sauf à justifier les politiques anti-sociales des gouvernements qui se succèdent dans une fausse alternance. Le but de son discours très remarqué par la presse « économique », dont le quotidien patronal Les Echos qui appartient à Bernard Arnault, sponsor de Macron, l’homme le plus riche de France qui ne payait pas ses impôts dans son propre pays pour raison de déménagment fiscale en Belgique, s’est délecté[2], était en réalité de cautionner la politique pourrie de Macron, celle qui met tout le monde dans la rue depuis deux mois et qui va finir par tuer l’économie.

    Le premier mensonge de Migaud porte sur l’impérative nécessité de réduire la dette en coupant dans les dépenses. La dette publique nous dit-il frôle les 100% du PIB. C’est exact, mais il n’est pas certain que cette dette doive être combattue en abaissant les dépenses publiques. Passons sur l’approche volontairement erronée de la dette qui la fait rapporter au PIB, soit le revenu de l’année, plutôt qu’au patrimoine de la France. Regardons le graphique suivant : la dette publique en 1945 est d’environ 239%, donc bien plus élevée qu’aujourd’hui, et pourtant, elle va baisser au fur et à mesure que l’Etat met en place des dépenses sociales nouvelles liées à ce qu’on a appelé l’Etat Providence et qui sont des promesses du CNR. Le gouvernement du général De Gaulle travaille exactement à l’inverse de ce qui se fait aujourd’hui : on construit un modèle de protection sociale sur lequel s’appuiera ensuite la croissance des Trente glorieuses. Avec les idées de Migaud et de Macron, non seulement on n’aurait jamais fait la Sécurité sociale – ce à quoi d’ailleurs le patronat était opposé – mais on n’aurait pas fait non plus le New Deal aux Etats-Unis en 1932. Ce sont ces mêmes idées stupides qui ont été mises en œuvre par le chancelier Brüning entre 1930 et 1932 et qui amènera Hitler au pouvoir. Mais en tous les cas à la Libération on a mis en œuvre une politique sociale qui n’a pas gêné l’abaissement radical de la dette.

      Didier Migaud et la Cour des comptes à la rescousse de Macron en perdition

    Comment cela est-il possible ? Tout simplement parce que la croissance est forte et que l’inflation reste soutenue. Remarquez qu’à partir de 1975 la dette publique va recommencer de croitre alors que la croissance du PIB marque le pas. C’est donc à partir du moment où l’on va commencer à réorienter le modèle productif vers la mondialisation et l’abaissement de l’Etat que les problèmes d’endettement public vont apparaître. Mais de cela Migaud évidemment n’en parle pas, soit qu’il ne le sache pas – on est souvent surpris du niveau d’ignorance de ces gens, plus occupés à faire les couloirs pour arriver, qu’à étudier les questions dont ils sont en charge – soit qu’il cautionne la mise en place d’un modèle néo-libéral. Donc la première idée de Migaud est erronée, le niveau de la dette n’a jamais enrayé la croissance, c’est plutôt l’inverse : la faible croissance et la faible inflation génère de la dette, sans même parler de l’obligation de se refinancer sur les marchés. Toujours dans le mensonge Migaud qui veut à tout prix diminuer les dépenses publiques ne dit rien des raisons qui ont fait exploser la dette. Comme nous le voyons ci-dessous, elle augmente fortement avec la crise de 2008, durant le quinquennat de Sarkozy. Pourquoi ? Ce n’est pas parce que Sarkozy était un médiocre président, c’est essentiellement parce que l’Etat s’endette pour sauver un capitalisme moribond et ses banques en faillite. D’une manière étrange, l’Etat pour sauver les banques emprunta de l’argent à ces mêmes banques en faillite ! C’est toute la beauté du capitalisme financier qui est résumée dans cette manœuvre !

    Didier Migaud et la Cour des comptes à la rescousse de Macron en perdition

    Mais il y a encore autre chose, dans cette dette que Migaud nous présente comme insoutenable, il y a des volumes qui n’ont rien à y faire. Il y a d’abord la dette de la SNCF pour une somme de 47 milliards d’euros qui est une dette d’entreprise et que Bruxelles nous a obligé à intégrer dans les comptes publics. Car si on prend en compte la dette de la SNCF, il faut aussi tenir compte de toutes les dettes d’entreprise qui pèsent forcément elles aussi sur le PIB. Les dettes privées en France représentent environ 120% du PIB, ce qui est alarmant en soi, mais dont Migaud se moque éperdument. En tous les cas la dette de la SNCF n’a pas sa place dans la dette publique, car, qu’on le veuille ou non, elle n’est pas une administration publique, mais une entreprise publique en voie de privatisation[3]. Également il est assez douteux d’inclure dans la dette au sens de Maastricht la dette de la Sécurité sociale qui est en réalité un système d’assurance pour la couverture des risques, chômage, santé et vieillesse, et dont le système de financement ne relève pas de l’impôt.  

    Didier Migaud et la Cour des comptes à la rescousse de Macron en perdition

    Le second mensonge porte sur la réduction des dépenses publiques. Migaud nous dit que ces dépenses représentent 56% du PIB. C’est une analyse délibérément erronée qui pratique l’amalgame douteux. Dans ces 56% il y a environ 25 points de pourcentage qui sont dévolus au financement de la Sécurité sociale. Si j’enlève ces dépenses qui sont financées principalement par les salaires, les dépenses publiques tombent à 31% du PIB ! Et on s’aperçoit alors que c’est moins que les dépenses publiques américaines qui tournent autour de 35% ! L’idée de Migaud est que la France est le pays où les prélèvements obligatoires sont les plus élevés, mais cela est juste une comparaison comme on l’a vue douteuse. Et puis comparaison n’est pas raison, et il est hypocrite de comparer les fiscalités des pays voisins avec la nôtre dans la mesure où les système sociaux et politiques sont très différents. Il est en effet stupide de comparer comme les libéraux le font généralement des pays qui ont un système de protection sociale élevé financé par les salaires et les pays qui ont un niveau de protection faible financé privativement ou par l’Etat. Champion d’une logique étroite et purement comptable Migaud est incapable d’analyser les fonctions des dépenses publiques. En effet, on peut faire sortir les dépenses de Sécurité sociale des dépenses publiques, mais cela signifierait qu’on les privatise. Mais comment seraient-elles alors financées ? Il n’y a pas le choix, soit elles le seraient par une nouvelle baisse des salaires, le patronat avançant qu’il n’a pas les moyens de prendre les dépenses de Sécurité sociale en charge pour cause de compétitivité, soit par un basculement du salaire brut vers le salaire net. Mais dans les deux cas, cela n’arrangerait pas la dette publique. Evidemment nous savons que derrière ce discours de père la rigueur il y a les compagnies d’assurance privées qui rêvent de pouvoir se partager ce gâteau. De là à dire que Migaud reprend les idées qui circulent dans l’entre-soi de l’oligarchie qu’il fréquente, il n’y a qu’un pas que je ne franchirais pas. Mais nous savons qu’une telle privatisation si elle permettrait de présenter un ratio dépenses publiques/PIB beaucoup plus bas n’assurerait en rien une bonne qualité de services, parce que les coûts de gestion des compagnies d’assurance privées sont plus élevés et qu’il faudra bien rémunérer aussi les actionnaires ! Il est également plutôt curieux qu’au XXIème siècle ces gens-là n’aient toujours pas compris qu’un système de couverture sociale large et efficace était aussi un élément qui améliorait la productivité globale des facteurs. Comme nous le voyons dans le graphique ci-dessous, il y a un lien positif entre dépenses de santé et niveau de PIB par tête. Il y a d’ailleurs toujours un lien positif entre dépenses sociales et richesse, à n’importe quelle époque. 

    Didier Migaud et la Cour des comptes à la rescousse de Macron en perdition

    Dépenses de santé et PIB par habitant en 2000, en parité de pouvoir d'achat. Rapport su Sénat n° 424 (2003-2004) de M. Alain Vasselle, fait au nom de la commission des affaires sociales, déposé le 21 juillet 2004 

    Le troisième mensonge de Migaud porte sur les réductions de dépenses publiques. C’est ici qu’il assure sa jonction avec le discours réactionnaire de Macron. Les dépenses publiques doivent baisser dit-il. Mais pourquoi devraient-elles baisser ? Essentiellement nous dira Migaud parce que le déficit public est très élevé. Il serait en effet de 80 milliards d’euros en 2018. Admettons que ce chiffre de 80 milliards d’euros soit juste. Admettons aussi qu’il faille le réduire. Nous remarquons tout d’abord que les niches fiscales – ces possibilités d’éviter l’impôt pour les plus riches – coûtent chaque année à l’Etat 100 milliards d’euros à l’Etat[4] ! Et on voit bien que si elles étaient abolies, budget de l’Etat serait non pas en équilibre, mais en excédent. Mais Macron n’en parle pas et Migaud encore moins. Pourquoi ? La réponse est pourtant évidente, parce que ces niches fiscales profitent d’abord aux plus riches. Soyons justes, la Cour des comptes avait mis l’accent par le passé sur le dérapage de ces niches fiscales, mais aujourd’hui Migaud n’en parle plus. Ce qui veut dire qu’il donne caution à Macron pour faire baisser les autres dépenses de l’Etat.

    Prenons la fiscalité voulue par Macron, en matière de gabegie financière c’est pas mal. Le CICE qui est en place par sa volonté depuis 2014 lorsqu’il était ministre de l’économie a déjà coûté 80 milliards d’euros. Mais pour l’année 2019, ce sera 40 milliards supplémentaires qui seront décaissés ! C’est autre chose que les fonds de tiroir qu’on gratte sur les APL des étudiants. Si à cette somme extravagante on rajoute l’abrogation de l’ISF, on couvre plus de la moitié du déficit de l’Etat. Mais pour cela il faudrait suivre les revendications des gilets jaunes, plutôt que celles du MEDEF. Et je ne parle pas des différents arrangements sur la fiscalisation des actions par exemple ou sur l’Exit-tax qui ensemble vont coûter à terme au moins 10 milliards d’euros à l’Etat. Evidemment on pourrait aussi parler de la fraude fiscale : celle-ci est estimée entre 80 et 120 milliards d’euros par an, de quoi combler entièrement le déficit public. Or il est de notoriété publique que les gouvernements qui se succèdent depuis trente ans n’ont rien fait pour combattre ce fléau. Macron encore moins que les autres, il a même dépénalisé la fraude fiscale dès son intronisation[5]. Désormais ce sera seulement Bercy qui en toute opacité décidera de poursuivre tel ou tel qui aurait fraudé le fisc. C’est ce qu’on appelle le verrou de Bercy et qui pourrait en y regardant de près ouvrir facilement la porte à la corruption. Certes on comprend bien que dans une économie mondialisée et numérisée, où les capitaux sont très mobiles, ce ne soit pas une tâche facile, mais est-ce une raison pour avoir des résultats aussi médiocres en la matière ? Dans un ouvrage qui avait fait pas mal de bruit à l’époque, Fabrizio Calvi et Thierry Pfister signalait le travail obscur d’une femme d’affaire qui travaillait à faciliter l’évasion fiscale et dont le mari, haut fonctionnaire à Bercy, avait la tâche de poursuivre les fraudeurs[6] !  

    Didier Migaud et la Cour des comptes à la rescousse de Macron en perdition

    L’idée erronée – ou le mensonge ce serait plus juste – Macron justifie les cadeaux aux très très riches et aux entreprises par le théorème de Schmidt, les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain. Sous-entendu qu’en transférant des ressources fiscales vers les entreprises via l’ISF ou via le CICE les entreprises investiront. Mais comme le montre le graphique ci-dessus, il n’y a pas de lien apparent entre niveau du profit et investissements. Depuis 1985 environ la part des profits dans le PIB a augmenté très clairement, mais le niveau de l’investissement est resté stagnant. La raison en est simple : quand le pouvoir d’achat est en berne il ne sert à rien de relancer l’offre. On sait que le CICE qui devait créer des centaines de milliers d’emplois (un million selon Gattaz) a principalement permis d’augmenter les dividendes versés aux actionnaires. Il n’y a eu aucune hausse significative de l’emploi, ni de l’investissement[7]. C’est un gaspillage de l’argent public, mais Migaud ne semble pas être au courant de cette gabegie qui aura coûté entre 2014 et 2019 120 milliards d’euros tout de même !  

    Didier Migaud et la Cour des comptes à la rescousse de Macron en perdition

    On voit que Migaud fait de la politique, et pas n’importe laquelle, il est en phase avec le discours de Macron. C’est une politique qui va avec ce que demande Macron pour son Grand débat : choisissez les dépenses publiques à éliminer : vous avez le choix entre moins d’hôpitaux et moins de dépenses éducatives, ou encore vous avez le choix entre diminuer les remboursements de soins ou rabaisser encore un peu plus les services publics. Mais nulle part Macron et Migaud ne demandent par exemple la baisse des traitements des gens comme lui, ou comme le défenseur des droits Jacques Toubon qui gagne 30000 € par mois, ou une baisse des salaires des députés : ce qui est aussi une revendication des gilets jaunes. Si on suit bien le discours mortifère de cette doublette, les bonnes baisses de dépenses publiques portent sur celles qui peuvent servir à améliorer l’ordinaire des plus pauvres, et les mauvaises baisses sont celles qui nuisent au confort des plus riches. Mais tous les deux sont d’accord sur un point : « il faut continuer les réformes », c’est-à-dire continuer les transferts de ressources fiscales des plus pauvres vers les plus riches. Le président de la Cour des comptes n’est pas neutre, il a un discours très orienté politiquement. A mon sens il outrepasse ses prérogatives en cautionnant une politique économique que le peuple rejette très majoritairement. En effet au lieu de la voie austéritaire il aurait pu choisir de dénoncer les cadeaux fiscaux aux plus riches comme on l’a vu, ou encore il aurait pu conseiller de relancer la croissance puisque les recettes fiscales sont d’autant plus importantes que la croissance est forte. Mais non, il a choisi la voie de l’austérité et de cautionner la politique de Macron qui n’est favorable qu’aux plus riches.  

    Didier Migaud et la Cour des comptes à la rescousse de Macron en perdition

    Cette canaille de Didier Migaud remettra ça un peu plus tard, le 6 février 2019 pour critiquer cette fois principalement le fait que Macron ait cédé pour donner en avance une prime d’activité, mais aussi pour critiquer les avantages disproportionnés dont disposent les salariés d’EDF qu’il présente comme des nantis[8]. Si nous suivons bien ce socialiste en peau de lapin, aussi mauvais en économie qu’il est louvoyant dans ses accointances, il faudrait pour bien faire que tout le monde se trouve payé au SMIC, tout le monde sauf les très riches bien sûr et Didier Migaud qui en matière d’avantages exorbitants en connait un rayon. Migaud réclame en réalité que Macron soit encore plus à droite si c’est possible. Mais s’il critique les « largesses » octroyées aux smicards ou aux employés de l’EDF, il est moins pressé de dénoncer le CICE ou la suppression de l’ISF qui pourtant ont creusé un surplus de déficit budgétaire de 45 milliards d’euros ! Une paille ! Cette contradiction montre que Migaud n’est qu’une marionnette destinée non pas à alerter sur les dérives budgétaires, mais plutôt à justifier la déflation salariale décidée depuis Bruxelles. En effet, on ne voit pas pourquoi il serait meilleur de transférer des ressources publiques vers les riches et les entreprises que vers les pauvres et les travailleurs. Ce n’est plus un point de vue comptable et objectif, mais une vision idéologique qui suppose que les riches stimuleront l’investissement et que celui-ci à son tour entraînera la croissance et l’emploi. Mais comme on le sait depuis le début du XIXème siècle, la théorie de l’offre non seulement est erronée dans ses fondements méthodologiques, mais elle n’a jamais reçu le moindre début d’une vérification empirique.



    [1] https://www.latribune.fr/economie/france/france-strategie-des-propositions-explosives-pour-baisser-la-depense-publique-804314.html

    [2] https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/0600535766227-depenses-publiques-la-cour-des-comptes-sinvite-dans-le-grand-debat-2237185.php

    [3] https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/hcsf/HCSF_Rapport_endettement.pdf

    [4] http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/decryptage/2018/12/07/29002-20181207ARTFIG00010-niches-fiscales-ces-100-milliards-d-euros-qui-herissent-les-gilets-jaunes.php

    [5] https://bembelly.wordpress.com/2017/07/21/pendant-ce-temps-emmanuel-macron-annule-les-poursuites-penales-pour-fraude-fiscale/

    [6] Le repas des fauves, Albin Michel, 2000

    [7] https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-_rapport_cice-2018-02-10.pdf

    [8] https://www.nouvelobs.com/economie/20190205.OBS9701/la-nouvelle-alerte-de-la-cour-des-comptes-sur-les-finances-publiques-francaises.html

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  • Acte XII en hommage aux victimes de la répression policière 

    Comme d’habitude la guerre des chiffres n’était pas anodine. Le ministère de l’intérieur tentait une fois de plus de diffuser des fausses informations. Il disait par exemple qu’il y avait 17 400 manifestants dans toute la France, sans doute voulait-il démobiliser les gilets jaunes et rassurer les foulards rouges dont la manifestation avait été clairement un échec dimanche dernier ? C’était une fois de plus stupide parce que la préfecture de police de Paris signalait qu’il y avait au moins 10 500 personnes qui manifestaient dans la capitale. Mais un cabinet indépendant Occurrence comptabilisait quant à lui 13 800 manifestants. Il y aurait eu dans toute la France moins de 7000 personnes ? Il n’empêche que les journaux soi-disant sérieux comme Le monde reprenaient ce chiffre sans trop le discuter. Mais il y avait des manifestations dans toutes les villes, et même à Rouen où le préfet avait interdit la manifestation. Un chiffre plus sérieux avançait que près de 300 000 personnes s’étaient encore mobilisées malgré le mauvais temps[1]. A Marseille il y avait deux manifestations qui s’étaient rejointes, c’était en tout plusieurs milliers de personnes qui s’en prenaient aussi bien à Macron qu’à Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille tenu pour responsable de l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne. Selon La Provence la première manifestation qui se dirigeait vers la mairie était évaluée entre 3500 et 4000 personnes. Le Dauphiné libéré lui parlait de 5400 personnes manifestant dans Valence. Rien qu’en additionnant Paris Marseille et Valence on était déjà au-dessus du chiffre de Castaner. A Strasbourg ils auraient été 8000. Et il y avait encore Caen, Rennes, des dizaines de villes où on manifestait. De plus on remarquait que les gilets jaunes recommençaient à occuper des ronds-points. L’acte XII était donc clairement un nouveau succès. 

    Acte XII en hommage aux victimes de la répression policière 

    Une partie de la manifestation marseillaise ce 2 février 2019

    On peut se demander pourquoi la mobilisation restait aussi élevée. Défiler ce n’était pas seulement une question d’habitude. D’abord parmi les gilets jaunes qu’on a pu entendre tout au long de cette nouvelle journée, il y avait que la fameuse prime d’activité que Macron disait octroyer généreusement, n’arrivait pas à faire 100 € par mois d’augmentation pour les smicards. Il ressortait que concrètement Macron avait tenté de rouler les gilets jaunes dans la farine en mentant effrontément. L’autre sujet de mécontentement qui était sur toutes les lèvres était le comportement méprisant de Macron à l’égard du peuple. Dans un de ses numéros de pitre pour amuser les journalistes, il lâcha « Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un ministre ou un député ! »[2]. Cette incongruité montrait deux choses :

    - la première que malgré ses promesses, il n’arrivait pas à se contrôler et finissait toujours par insulter les gens d’en bas d’une manière ou d’une autre ;

    - la seconde qu’il n’avait strictement rien compris à la haine et la défiance qu’il avait déclenchées depuis ses débuts dans la fonction. Justement si les gilets jaunes réclamaient le RIC, c’était pour que leur voix compte enfin. Et donc par contrecoup que les députés et les ministres avaient failli dans l’exercice de leur mandat au service de l’intérêt général.

    Ce personnage curieux que les oligarques vont finir par regretter d’avoir porté au pouvoir, n’en était pas resté là dans ses fantaisies langagières. Il assurait dans des propos rapportés au journal amical Le point, qu’Éric Drouet était un produit médiatique, comme si lui qui avait été très mal élu et encore seulement parce que les médias dans leur ensemble l’avaient soutenu, n’était pas un produit médiatique. Et d’ailleurs c’était bien là son problème, privé d’ancrage dans le réel, il n’était qu’un président virtuel privé de toute réalité[3]. Mais la cuistrerie de l’ignorant allait atteindre des sommets. Il indiqua que selon lui derrière les gilets jaunes il y avait l’étranger et pire encore, comme au bon vieux temps de la Guerre froide, la Russie : « Les gens qui sont surinvestis sur les réseaux sont les deux extrêmes. Et après, ce sont des gens qui achètent des comptes, qui trollent. C'est Russia Today, Spoutnik, etc. Regardez, à partir de décembre, les mouvements sur Internet, ce n'est plus BFM qui est en tête, c'est Russia Today. » Dans le complotisme mal digéré, il rejoignait Marlène Schiappa qui elle voyait plutôt derrière les gilets jaunes les fourbes Italiens !

    Et le voilà maintenant qu’il s’en prenait au boxeur-gitan, Christophe Dettinger. Selon Macron, bien mal informé, Celui-ci serait manipulé du début jusqu’à la fin. « Le boxeur, la vidéo qu'il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d'extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n'a pas les mots d'un gitan. Il n'a pas les mots d'un boxeur gitan », dira-t-il devant les journalistes. Comme si Macron, vu le milieu d’où il venait pouvait connaître la façon de parler des gitans ! Suppose-t-il qu’un gitan, boxeur de surcroît est un imbécile qui ne sait pas aligner trois mots ? Macron en plus d’être méprisant avec le peuple serait-il raciste ? 

     Acte XII en hommage aux victimes de la répression policière 

    A Bordeaux France bleu évaluait la mobilisation à 4000 manifestants 

    Si Macron n’avait pas changé de comportement que de plus en plus de personnes considèrent comme la manifestation d’une folie pas si douce que ça, l’ambiance avait changé tout de même. D’abord parce que même si c’était avec beaucoup de retard, les grands médias étaient maintenant obligés de parler des violences policières. Il était vrai que la commissaire européenne aux droits de l’homme, Dunja Mijatovic, avait fait une sortie très remarquée sur les violences policières engagées contre les gilets jaunes[4]. C’est tout juste si elle n’avait pas classé Macron dans la catégorie des hommes politiques illibéraux ! Cette critique directe outre qu’elle montrait que Macron avait perdu le peu de crédit qu’il avait encore dans l’Union européenne, obligeait les médias européistes comme Le monde ou Libération d’intervenir sur cette douloureuse question. 

    Acte XII en hommage aux victimes de la répression policière 

    Des heurts à Paris en fin de manifestation 

    Les slogans avaient aussi évolué : à côté de Macron démission, les gilets jaunes réclamaient l’interdiction des LBD et des grenades désencerclement. Ce nouveau combat était maintenant appuyé par des collectifs d’avocats, et même certains policiers qui dénonçaient les consignes consistant à terroriser les manifestants. Au soir du 2 février, il semblait que les positions étaient figées : on sentait bien que Macron jouait la montre pour atteindre sans trop de difficultés les élections européennes, et qu’il se servait du Grand débat comme d’un outil de propagande pour tenter d’étouffer la contestation en occupant en permanence le devant de la scène, relayé outrageusement par les chaînes de télévision. De l’autre, les gilets restaient mobilisés, mais devant obligatoirement dans les jours qui viennent se réinventer dans un contexte qui devient de plus en plus difficile. Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a appelé à un mouvement de grève. Mieux vallait tard que jamais. Les causes de mécontentement étaient tellement nombreuses que cela pourrait prendre, sauf que Martinez était intervenu un peu à contretemps, les gilets jaunes lui reprochant de leur avoir craché dessus dans les débuts du mouvement. Evidemment la CFDT avait prévenu par la voix de Laurent Berger que pour elle il était hors de question d’envisager de faire grève ne serait-ce qu’une minute, préférant les petits arrangements d’arrière-cuisine. Des mouvements de grève importants sont prévus notamment dans les professions de santé et dans l’éducation dès le 5 février.

      Acte XII en hommage aux victimes de la répression policière

    Des préavis de grève ont été déposés par la CGT pour tout le mois de février, et FO a, dans certains endroits, annoncé des grèves et des manifestations pour le 7 février. Nous verrons bien.

    PS : Un petit billet de Lordon qui met en scène la folie de Macron https://blog.mondediplo.net/le-complotiste-de-l-elysee



    [1] https://france-police.org/2019/02/02/estimation-de-la-participation-a-lacte-12-des-gilets-jaunes-a-16-h-290-000-manifestants-a-travers-toute-la-france-selon-le-syndicat-france-police-policiers-en-colere/

    [2] https://francais.rt.com/france/58647-emmanuel-macron-jojo-avec-gilet-jaune-statut-ministre-depute

    [3] https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/macron-gilets-jaunes-eric-drouet-est-un-produit-mediatique-01-02-2019-2290611_1897.php

    [4] https://fr.sputniknews.com/international/201901301039834998-gilets-jaunes-france-conseil-europe/

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