•  L’antisémitisme, le retour

    Il va de soi que l’antisémitisme qu’on voit périodiquement refleurir en France est une honte. Mais en réalité, le problème n’est pas là, il est dans son instrumentalisation à des fins politiques. Parmi les volontés d’en finir avec les gilets jaunes, il y a cette propagande puante selon laquelle les gilets jaunes seraient infiltrés et manipulés par l’extrême droite et donc par des antisémites. Cet amalgame est déjà douteux, mais laisser croire que l’antisémitisme viendrait principalement de l’extrême-droite est scandaleux. L’antisémitisme d’extrême-droite existe, qui le nierait ? Mais il est maintenant complètement résiduel.

    On a vu ainsi se dessiner les contours d’une nouvelle forme de propagande avec la malheureuse Delphine Horvilleur, qui cumule le fait d’être rabbin et féministe avec une faible rhétorique. Celle-ci dans une diatribe particulièrement dégueulasse fait l’amalgame sans le dire entre l’antisémitisme et les gilets jaunes : « La parole antisémite ne dit rien du mouvement des “gilets jaunes”, mais ne lui est pas non plus étrangère »[1]. Faire l'amalgame entre les gilets jaunes et l'antisémitisme est honteux et stupide. L'antisémitisme n'est pas du tout le problème des gilets jaunes, même si ici et là on trouvera quelques égarés dont les journaux aiment à monter en épingle les propos biscornus. Horvilleur ferait mieux de se poser la question suivante : pourquoi y a-t-il un retour de l'antisémitisme avec Macron ? Rappelons deux choses essentielles : les musulmans ne sont pas présents dans le mouvement des gilets jaunes, et le renouveau de l'antisémitisme vient d'abord de cette communauté. Mais Horvilleur en bonne propagandiste de la Macronie n’ose pas nommer d’où vient le mal. Cela fait des années que nous voyons l’antisémitisme se développer en France. C’est évidemment une honte, et on ne peut trouver aucune excuse à cela. Cependant, le fait que cette campagne contre l’antisémitisme intervienne très exactement où la Macronie est en train de reprendre espoir n’est pas innocent. Cela fait partie d’une démarche particulière de communication. Dans un premier temps on communique sur le fait que l’antisémitisme aurait progressé de 74%[2]. Et puis on laisse mijoter : le temps que les médias dominants reprennent à leur compte cette nouvelle distillée par Castaner, et il ne reste plus qu’à inventer une fausse mobilisation de tous les partis, y compris le parti de Macron qui je le rappelle vient d’être condamné par trois fois pour ses dérives fascistes dans la répression des gilets jaune, une fois par la Commission européenne des droits de l’homme, une autre fois, le 14 février, par la parlement européen lui-même[3], et encore une autre fois, le 15 février, par l’ONU[4].   

    L’antisémitisme, le retour

    Le but est de détourner l’attention, en finir avec les gilets jaunes et présenter Macron dans un numéro d’indignation feinte comme le garant de l’unité nationale et de la démocratie. La méthode n’est pas nouvelle, on l’a expérimentée depuis le début du XXIème siècle à plusieurs reprises. Tout ce beau monde, du président aux journaux, en passant par les partis plus que contestés, vise à se retrouver dans une manifestation qui serait nombreuse et qui masquerait clairement le fait que les différents gouvernements, sous Sarkozy, Hollande ou encore Macron, n’ont rien fait du tout. Et s’ils n’ont rien fait concrètement c’est parce qu’il y a une frange de la population à laquelle on refuse de s’attaquer. Macron présenté comme un rempart contre l’antisémitisme est plus que risible, je rappelle que cet individu est en train de préparer avec ses amis musulmans une mise ne pièces de la loi sur la laïcité afin de l’adapter à l’Islam. Mais Horvilleur s’en moque bien, elle préfère délirer avec les gilets jaunes. Pourtant un collectif a lancé un appel pour mettre en garde la population française sur ce projet qui tend clairement à favoriser un communautarisme à l’anglo-saxonne[5]. La loi sur la laïcité et son application un peu ferme me semblent être le meilleur rempart contre l’antisémitisme. Également le combat contre l’antisémitisme ne peut pas être mené par un défile République-Nation, mais il doit être mené dans les lieux mêmes où il se diffuse et principalement dans les mosquées salafistes et aussi dans les écoles et les collèges dans les quartiers difficiles, où le combat a été à peu près abandonné. Ce n’est pas la proposition de Blanquer de montrer un drapeau français et un drapeau européen qui fera avancer le sens civique des futurs citoyens.

    Il faut ici insister sur un point bien particulier : il y a certainement des gilets jaunes antisémites, personnellement je n’en ai pas rencontré, mais dans la mesure où les gilets jaunes représentent la France dans sa diversité, c’est très probable. Mais les réduire à une peuplade sous-développée et manipulable par des antisémites, est stupide. C’est comme si on mettait tous les juifs dans le même sac en disant, vous voyez comme les juifs sont stupides : la preuve, regardez Bernard Henry-Levy, Daniel Cohn-Bendit ou ce petit magouilleur de Jacques Attali qui apparaissent dans les journaux ou à la télévision. Qui pourrait nier que Georges Soros est une crapule ? Mais cela ne veut pas dire que tous les juifs leur ressemblent. Cela signifie simplement que les juifs sont un peuple comme un autre, une religion comme une autre lorsqu’ils sont français, avec ses génies et ses idiots, ses canailles et ses honnêtes gens.

      L’antisémitisme, le retour

    Dans cette conjuration des imbéciles dont Vincent Duclert se voudrait la tête de pont, soi-disant historien, il dénonce dans L’Obs, « une convergence des antisémitismes », mettant en cause directement les gilets jaunes[6]. Dans l’imbécilité, Vincent Duclert rejoint Bernard Henry-Levy qui n’a vu dans le mouvement des gilets jaunes que des rouges-bruns[7]. Voilà qui fera plaisir à Macron au moment où on le traite de fasciste dans le monde entier, et voilà qui plait à la canaille journalistique qui n’a aucun scrupule à se vautrer dans les mensonges. Les aigreurs d’estomac de Vincent Duclert qui se cache derrière un statut d’historien pour étaler sa haine des gilets jaunes appellent deux remarques qui souligne sa cuistrerie :

    - la première est qu’évidemment Duclert ne connait aucun gilet jaune, ce qui est courant chez les bourgeois, et particulièrement chez ceux qui dénoncent l’antisémitisme des gilets jaunes derrière leur bureau ;

    - la seconde est que s’il y avait comme il dit une convergence des antisémitismes – sous-entendu un qui vient de l’extrême-droite et un qui vient des pauvres mal éduqués, les gilets jaunes, le nombre des actes antisémites devrait être très supérieur à ce qu’il était avant que les gilets jaunes n’existent. Ce n’est pas le cas, au début des années 2000 on comptait pratiquement 1000 actes antisémites recensés par le ministère de l’intérieur, aujourd’hui, et pour 2018, on n’en dénombrait que 541, soit presque la moitié de ce qu’ils étaient avant. Cette approche est donc délibérément fausse, et ce d’autant que les gilets jaunes ne sont apparus qu’à la fin de l’année 2018. Vincent Duclert n’est pas très sérieux, il est membre de la Fondation Jean Jaurès, c’est tout dire ! Cette fondation est une sorte de think tank richement dotée, regroupant des socialistes Macron-compatibles. Duclert a écrit plusieurs ouvrages sur Jean Jaurès. Il aurait pu rappeler que Jean Jaurès fut d’abord un vrai antisémite. Le 7 juin 1898, il écrivait : « La race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n'est pas par la fièvre du prophétisme, manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corruption et d'extorsion ». Voilà quelque chose qu’aucun gilet jaune n’aurait osé écrire ! En outre Jaurès fut dans un premier temps violemment antidreyfusard[8]. Certes Jean Jaurès évolua heureusement par la suite, mais Duclert aurait pu faire crédit au moins aux gilets jaunes d’une possible évolution à la Jean Jaurès tout de même… à supposer qu’ils fussent insidieusement antisémites !

    L’antisémitisme, le retour

    Dans le tract ci-dessus, on voit d’ailleurs que les exemples cités d’antisémitisme sont ceux qu’on peut mettre en relation avec l’islamisme militant et terroriste, mais pourquoi ne pas le dire clairement ? Pourquoi Horvilleur va-t-elle chercher les gilets jaunes ? Serait-elle idiote ? Sans connaître ni de près ni de loin les gilets jaunes, elle reprend tranquillement les éléments de langage de Macron. Sans doute Or il est certain que si les juifs de France se sentent mal dans leur propre pays, ce ne sont pas les menaces des gilets jaunes contre eux qui les inquiètent réellement. Mais comme on le voit, l’ensemble de ces partis en perdition fait l’impasse sur l’origine de l’antisémitisme. C’est comme si cet antisémitisme arrivait de nulle part. On ne le nomme pas, et ce n’est pas un hasard. Les chiffres ci-dessous montrent que s’il y a certainement une montée de l’antisémitisme, elle n’est pas aussi extravagante que par le passé, en 2014 et 2015 par exemple. Sans vouloir minimiser son importance, et la nécessité de le combattre, on voit clairement qu’on a saisi là une opportunité pour jouer la diversion et tenter d’enfoncer une fois pour toutes les gilets jaunes qui non seulement ont fortement traumatisé Macron et le gouvernement, mais qui ont aussi contrarié les partis et les syndicats, parce qu’ils avaient été mis hors-jeu du mouvement social.  

    L’antisémitisme, le retour

    On remarque que ce tract regroupe une quinzaine de partis. Tous ces partis sont à un titre ou à un autre dévalorisés dans l’opinion. Je rappelle que les élus LREM rasent les murs tellement ils sont haïs pour le mal qu’ils ont fait. Il manque cependant deux partis importants à l’appel : la FI et le RN, qui sont les premiers opposants à Macron. Cette absence signifie que cette manifestation a été conçue en dehors d’eux, et pour les écarter. Et c’est bien cela qui en fait ressortir le sens de la manœuvre : la FI étant aujourd’hui marginalisée, il s’agit de réaliser une sainte alliance contre le Rassemblement national. Marine Le Pen est considérée aujourd’hui comme le meilleur ennemi de Macron : si en effet Macron arrive au second tour en 2022, il a des chances d’être réélu. Mais la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain. Et donc quand les autres partis se prêtent à cette manœuvre de basse cuisine, ils font objectivement allégeance à un président qui lui est ouvertement fasciste. Au moment où l’ONU et le parlement européen condamnent Macron et son gouvernement pour une répression policière excessive, il est cocasse de voir les politiciens de métier voler à leur secours, eux qui sont sensés représenter une alternative. Il y a bien une convergence des luttes pour le coup, et cette supercherie va renforcer un peu plus la défiance des Français face au parlementarisme. Nous en sommes maintenant pratiquement arrivés au parti unique, on le savait avec l’UMPS reconstituée sous le nom de LREM, mais on le voit encore mieux lorsque le cercle s’agrandit en intégrant des groupuscules comme Génération.s ou le PCF qui par ailleurs font la preuve tous les jours d’un antisionisme virulent.  La France Insoumise a décidé finalement de se rallier à cette mascarade honteuse. Mélenchon en mangeant ainsi son chapeau aide Macron à isoler Marine Le Pen, et donc à la présenter finalement comme la seule opposante potentielle. Ce comportement délétère laisse entendre que la FI va éclater sous peu, sans doute après les élections européennes. Evidemment si le RN n’a pas signé cet appel, comme Debout la France, ce n’est pas parce qu’il ne veut pas participer à cette manifestation, mais parce qu’il n’a pas été sollicité. Il a été exclu et donc désigné sans lui demander son avis comme antisémite, plombant sérieusement l’idée d’un grand rassemblement national[9].

    Pour l’ensemble de ces raisons, je ne soutiendrais pas cette opération politicienne qui masque sous une unité de façade l’absence de politique de lutte sérieuse contre l’antisémitisme durant ces dernières décennies. Et surtout qu’on ne vienne pas me chercher des poux dans la tête : non je ne suis pas proche ni du RN ni de Debout la France, je dénonce seulement les maladroites combines d’une classe politique aux abois.  

    L’antisémitisme, le retour

    Regardons les deux graphiques ci-dessus qui utilisent les mêmes données. Le premier montre que s’il y a bien une hausse des actes antisémites, cette hausse est tout de même difficilement comparable à ce qu’on a connu en 2002-2004, en 2009 ou en 2014-2015. Sur la période 2000-2018, on serait plutôt enclin à y voir une lente décrue. Le second graphique reprend les mêmes chiffres, mais, en augmentant les distances dans les ordonnées, on en arrive à faire surgir une hausse démesurée de ces actes barbares.

     L’antisémitisme, le retour

    Si maintenant, toujours à partir des mêmes chiffres, on tire un trend sur les vingt dernières années, on voit clairement que la tendance est orientée à la baisse, ce qui confirme l’instrumentalisation politique d’un phénomène hélas bien réel[10]. Les misérables insultes lancées contre Finkielkraut confirme ce que je suis en train de dire. L’académicien a été pris à partie par quelques racailles et insulté : "Barre toi, sale sioniste de merde", "nous sommes le peuple", "Retourne à Tel Aviv". Celui qui a lancé ces insultes a été identifié, il est en réalité un propagandiste islamiste, proche des milieux salafistes[11]. Cependant, les réactions assez bien coordonnées pour dénoncer ces injures n’ont pas mis l’accent sur l’islamisme de cet individu, on a préféré le signaler comme un gilet jaune. Remarquez que Finkielkraut a réagi d’une manière bien plus modérée que les médias à cette agression verbale, distinguant fermement ces antisémites des gilets jaunes eux-mêmes auxquels il apporte toujours son soutien, ajoutant qu’il n’avait pas été agressé physiquement[12], pendant que BHL, toujours prompt à déconner, renchérissait pour dire que le cœur du mouvement était l’antisémitisme[13].

      L’antisémitisme, le retour

    Le buzz autour de ces injures est une question de communication. Cette affaire tombe à pic pour Macron et les médias qui en ont fait des tonnes dans la défense hypocrite de Finkielkraut, ça leur permet de montrer que les gilets jaunes sont des barbares et qu’on a bien raison de les matraquer et de les emprisonner. On en a bien plus parlé que des personnes éborgnées ou encore que des condamnations de l’ONU et de l’Union européenne qui sont tombées sur le gouvernement et sur Macron. Remobiliser autour de l’antisémitisme supposé des gilets jaunes, c’est tenter de diviser le mouvement dont la question palestinienne et l’antisémitisme ne sont pas le sujet qui est, rappelons-le la démission de Macron. Cependant à jouer ce jeu-là, on risque d’exacerber encore plus les passions et hâter rapidement l’affrontement. L’exécutif est en effet très mal placé pour se présenter comme le défenseur des juifs contre une supposée montée de l’antisémitisme, alors même qu’il passe son temps à donner des gages à la mouvance islamiste, et qu’il tente de réformer la loi sur la laïcité pour faciliter le développement de l’Islam en France, seul BHL est capable de faire semblant d’y croire.



    [1] https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/12/delphine-horvilleur-la-parole-antisemite-ne-dit-rien-du-mouvement-des-gilets-jaunes-mais-ne-lui-est-pas-non-plus-etrangere_5422560_3232.html

    [2] https://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/les-actes-antisemites-se-multiplient-en-region-parisienne_2061845.html

    [3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/14/le-parlement-europeen-condamne-l-usage-des-lanceurs-de-balles-de-defense-par-les-forces-de-l-ordre_5423513_3224.html

    [4] https://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/les-actes-antisemites-se-multiplient-en-region-parisienne_2061845.html

    [5] https://www.marianne.net/debattons/tribunes/appel-des-113-nous-nous-opposons-aux-modifications-de-la-loi-de-1905

    [6] https://www.nouvelobs.com/politique/20190213.OBS0116/vincent-duclert-historien-il-y-a-un-risque-de-convergence-des-luttes-antisemites.html

    [7] https://www.lepoint.fr/editos-du-point/bernard-henri-levy/bhl-qui-sont-vraiment-les-gilets-jaunes-20-11-2018-2272880_69.php

    [8] http://anti-mythes.blogspot.com/2010/01/24-decembre-1894-jean-jaures-antisemite.html

    [9] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/02/15/quatorze-partis-politiques-lancent-un-appel-contre-l-antisemitisme_5423643_823448.html

    [10] https://blogs.mediapart.fr/fnicolas/blog/150219/baisse-tendancielle-de-lantisemitisme-en-france-sur-19-ans?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66&fbclid=IwAR1brHPSk5zCQ2JUZfhewy2m2IOLW6u84z6u2zOat_uCH38U75RV92o9QmA

    [11] http://www.jeanmarcmorandini.com/article-390595-l-homme-qui-a-insulte-violemment-le-philosophe-alain-finkielkraut-samedi-a-ete-identifie-et-a-evolue-dans-la-mouvance-radicale-islamiste-en-2014-video.html

    [12] https://www.ouest-france.fr/faits-divers/agression/c-est-pas-les-annees-30-reagit-alain-finkielkraut-victime-d-insultes-antisemites-6227988

    [13] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/18/97001-20190218FILWWW00039-gilets-jaunes-l-antisemitisme-est-au-cur-du-mouvement-bhl.php

    Partager via Gmail

    1 commentaire
  • Acte XIV, toujours une forte mobilisation 

    Bordeaux des milliers de gilets jaunes dans les rues 

    C’est fascinant, semaine après semaine, Castaner-le-menteur balance des chiffres qui ne veulent rien dire du tout. Et Le monde relaye stupidement ces mensonges. Pour l’acte XIV, il nous dit que seulement 10 200 personnes ont défilé dans toute la France, dont nous dit-il 3000 à Paris. Mais comme on le voit ci-dessus, rien qu’à Bordeaux, ils étaient au moins 6000. Les bons chiffres, c’est bien malheureux à dire, mais il faut aller les chercher du côté du syndicat France Police qui donne un chiffre un peu plus sérieux : 240 000[1]. Ça va faire bientôt quatre mois qu’on nous dit que les manifestations sont en baisse, et deux mois qu’on nous dit que Macron remonte dans les sondages. Mais les gilets jaunes sont toujours là, malgré la propagande éhontée du gouvernement qui mobilise le ban et l’arrière ban de la réaction pour soutenir sa politique, malgré les condamnations qui n’arrêtent pas de pleuvoir, et malgré aussi les violences policières inédites dans un pays démocratique. Condamné par l’ONU, par la Commission européenne des droits de l’homme, condamné par le parlement européen, le régime de Macron vire clairement au fascisme. Mais opportunément on sort du chapeau un statistique payante, les actes antisémites sont en hausse de 74% ! C’est bien possible, mais ce qui est crapuleux dans le cas de Macron et de ses soutiens, c’est de vouloir faire l’amalgame entre les gilets jaunes et une montée de l’antisémitisme. Comme dérivatif on ne peut pas trouver mieux ! Et donc tous les partis, par ailleurs déconsidérés, se rangent maintenant derrière LREM, soutien sans faille d’un gouvernement fascisant, pour manifester le 19 février contre le fascisme. La manœuvre de diversion est grossière. Les gilets jaunes sont exemplaires en ce sens qu’ils ne cèdent pas à cette pression, alors qu’ils ont toute la machinerie d’un Etat répressif et menteur contre eux.  

    Acte XIV, toujours une forte mobilisation

    Sur les Champs Elysées, il y avait aussi beaucoup de monde comme on peut le voir encore sur la photo ci-dessus, alors même que plusieurs autres manifestations étaient en cours ailleurs, notamment aux Invalides où des heurts ont été déclenchés par la police. A Marseille les accès aux autoroutes qui pénètrent directement au centre-ville ont été bloqués. Ce samedi a vu le retour des barrages filtrants, notamment autour de l’A7 du côté de Lyon. Car si manifestement la mobilisation est en léger recul, elle reste très forte et très déterminée, avec toujours comme objectif la démission de Macron. Dans toute la France des manifestations ont eu lieu, même dans des villes dont la plupart des Français ignorent jusqu’au nom, Alençon, Le Mans, Pontivy, Dax. Contrairement à ce que voudraient faire croire les médias, ce n’est pas une opposition de deux France, mais plutôt la rébellion de la France contre son gouvernement et contre l’oligarchie. Mais le samedi 16 février a aussi marqué le retour de l’occupation des ronds-points, en Moselle, dans la banlieue de Toulouse ou encore à Pont-à-Mousson. Ce retour sur les ronds-points est aussi bien le résultat des violences policières, que la manifestation d’une nouvelle détermination. 

    Acte XIV, toujours une forte mobilisation 

    Alors qu’il y avait deux cortèges, à Caen ils étaient des milliers à défiler 

    Ce gouvernement ne sait plus quoi faire pour se ridiculiser. Voilà maintenant qu’on envoie en première ligne Brigitte Macron qui n‘est strictement rien, et qui prétend parler avec les gilets jaunes pour les réconcilier avec son petit mari[2] ! Imaginons Charles de Gaulle en Mai 68 envoyer Tante Yvonne pour se réconcilier avec les étudiants gauchistes. Une idée pareille fait frémie et montre à tout le moins que la classe politique s’est complètement effondré. Elle aussi enfonce les limites de la décence en affirmant sans ciller que les Français étaient toujours très heureux de voir son mari ! Certes nous avons compris que le mensonge est pour ses gens-là la dernière possibilité de gouverner. Mais cette carabistouille ne peut avoir qu’un temps, elle exaspère plutôt les Français.

     Acte XIV, toujours une forte mobilisation

    A Lille les gilets jaunes sont restés mobilisés 

    On a appris que ce même jour, Alain Finkielkraut a été victime d’insultes antisémites, manifestement par des nervis d’extrême-droite. Evidemment on ne peut que condamner ces injures. On fera deux remarques à ce sujet, la première est que Finkielkraut a passé sa semaine à injurier les gilets jaunes, la seconde c’est que nous voyons bien à quoi servent ces infiltrés d’extrême-droite, comme les Dieudonné et autres Soral, ils font clairement la main pour Macron et ses miliciens. Mais il faut le répéter, d’une part un mouvement ouvert comme celui des gilets jaunes ne peut pas contrôler qui vient et qui ne vient pas semer le trouble, et d’autre part que ces écarts inacceptables ne représentent qu’une infime minorité de ce que sont les gilets jaunes. Résumer les gilets jaunes à une manipulation par l’extrême-droite relève de la malveillance. Je rappelle pour les plus jeunes qu’en Mai 68, nous avions aussi dans les manifestations des individus plus ou moins douteux, dont les fameux Katangais dont une partie avait été formée d’anciens mercenaires. Mais pour autant, on ne les a jamais instrumentalisés pour décréter que le mouvement de Mai 68 était manipulé par l’extrême droite. 

    Acte XIV, toujours une forte mobilisation

     



    [1] https://france-police.org/2019/02/16/estimation-de-la-participation-a-lacte-14-des-gilets-jaunes-a-15h30-230-000-manifestants-a-travers-toute-la-france-dapres-le-decompte-du-syndicat-france-police-policiers-en-colere/

    [2] https://www.lexpress.fr/actualite/societe/brigitte-macron-sur-les-gilets-jaunes-il-faut-qu-on-se-reconcilie_2062594.html

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  Les Versaillais de retour

    Macron a des vertus, parmi celles-ci, il a celle de débrider la parole du bloc bourgeois qui grâce à lui peut étaler toute sa haine du peuple et son esprit versaillais. Alors que la répression policière est régulièrement dénoncée comme ultra-violente, aussi bien par des collectifs d’avocats que par Amnesty International et la Commissaire européenne aux droits de l’homme, les hommes politiques de profession ont fait un effort pour se surpasser dans l’ignoble. Un gilet jaune a par exemple été blessé à la main lors de l’acte XIII. La grenade lacrymogène, assourdissante et à effet de souffle GLI-F4 contient une charge explosive constituée de 25 g de TNT. Elle est utilisée par les forces de l'ordre françaises depuis 2011. Cet outil de maintien de l'ordre controversé a déjà été mis en cause plusieurs fois. Le 24 novembre 2018, un jeune homme de 21 ans a eu la main partiellement arrachée par une grenade sur les Champs-Élysées. Le 1er décembre, un homme de 52 ans a perdu une main par une grenade GLI-F4 à Tours. La plupart des observateurs considèrent que son usage, comme celui du LBD40 est disproportionné par rapport aux nécessités du maintien de l’ordre. Tout cela est bien connu, mais ce qui jusque-là l’était moins c’est la louche satisfaction que les politiciens de profession et les journalistes sont capables d’en tirer. Voici d’abord un imbécile, ancien journaliste de Médiapart, Hubert Huertas qui fait le malin pour tenter de minimiser l’affaire. L’idiot de service considère que si ce ne sont que des doigts arrachés, et non pas la main en entier, il n’y pas lieu d’en faire un plat. Mais la seconde partie de son tweet revient à l’accuser d’avoir pris cette grenade à la main. Donc le responsable c’est bien lui : ce gilet jaune qui prenait des photos aurait été tellement stupide qu’il aurait pris cette grenade à la main. C’est bien lui le responsable et non pas la police qui balance sans trop de discernement ces armes au milieu de la foule.

    Les Versaillais de retour

    Voilà maintenant les précisions d’un homme politique jadis classé à gauche, Michel Vauzelle pour ne pas le nommer. Il représente à lui tout seul la décomposition accélérée du Parti socialiste. L’excuse qu’il trouve c’est qu’il vaut mieux une main arrachée – en plus ce ne seraient que des doigts – qu’une prise de l’Assemblée nationale. Le mensonge n’étouffe pas l’ignoble Vauzelle. D’abord parce que l’homme à la main grièvement blessée photographiait ce qui se passait autour de lui, et donc qu’il ne manifestait aucune intention de prendre l’Assemblée à lui tout seul, mais ensuite parce que la police disposait de bien d’autres moyens pour protéger cette boutique. Vauzelle en d’autres temps aurait été de ceux qui condamnaient la prise de la Bastille ou la Commune de Paris. C’est bien un Versaillais ! Un Adolphe Thiers au petit pied. Face à ce comportement lâche et honteux, deux questions me viennent à l’esprit : pourquoi ce bourgeois affairiste et sans morale avait-il eu besoin de se faire passer pour « socialiste » ? Mais comment se fait il que des électeurs de gauche, communistes compris, aient voté un jour pour ce sinistre individu, soit pour la mairie d’Arles, soit comme président de la Région PACA ? En quoi se distingue-t-il de la droite ordinaire, affairiste et européiste ? 

    Les Versaillais de retour 

    Mais il n’est pas le seul à se vautrer dans l’ignoble. En voilà un autre, Florian Bachelier, un ancien du Parti socialiste qui s’est rallier à Macron. En passant de Vauzelle à Bachelier on passe de 4 doigts à 2. Mais l’analyse est la même, sauf que le mensonge est encore plus grossier. Florian Bachelier, tout à sa haine des pauvres, nous dit que le gilet jaune blessé n’était pas un photographe, mais un blackbloc, évidemment il n’apporte pas la preuve de ce qu’il dit. Comment le pourrait-il, lui qui ne connait rien à rien et encore moins sur le reste ? Mais il maintient cette fable selon laquelle les armes de guerre comme la grenade de désencerclement sont nécessaires pour se protéger d’une insurrection et du renversement de la démocratie. Ce qui est intéressant c’est que cet individu est un petit magouilleur qui se classait dans le temps à gauche, au PS. Et si on fait le compte, on voit clairement que le PS dans ce qu’il est devenu au moment de son agonie, n’a toujours été qu’un parti de social-traitres ! Admirez la fin de son tweet : « les mots ont un sens, les actes aussi », et Florian Bachelier est une vraie crapule.  

    Les Versaillais de retour

    Le responsable Unité SGP Police – Force Ouvrière, Yves Lefebvre pour ne pas le nommer, est tout à fait dans le ton. S’inspirant du franc-parler du président-fou, il dira :

    « Bien évidemment que c’est triste, mais un individu quel qu’il soit qui tente de reprendre à la main une grenade lancée par les forces de l’ordre… mais il cherche sa perte le type ! il faut le dire. Si la grenade lui était arrivée directement dans la main, on pourrait effectivement poser des questions, mais là, il se penche et la récupère. Je vais être très cru, mais c’est bien fait pour sa gueule ». Dans ce langage des plus familier, on reconnaitra un trait d’époque, dire du mal autant qu’on le peu des pauvres et des victimes. Toujours se tenir du côté du manche et des puissants en espérant recevoir quelque part des menues récompenses pour cette loyauté[1]. C’est tout à fait choquant, mais il faut bien le dire ce genre de propos excessif est à la mesure de la peur irrépressible qui ronge le cerveau des soutiens du bloc bourgeois. Eux-aussi se radicalisent, et cette radicalisation n’augure pas d’une paix sociale à brève échéance.  

    Les Versaillais de retour

    Il ne faut pas oublier cependant ce gilet jaune et le ranger dans un anonymat dont il ne sortirait plus. Il s’appelle Sébastien Maillet, et il n’a pas attrapé la grenade à la main, mais il a essayé de l’éloigner de lui. Cette différence d’avec la police dans la présentation de cette sinistre affaire renforce l’idée que l’utilisation de ces armes de guerre est employée à dessein afin de terroriser la population et la dissuader de manifester. La conclusion de tout cela est affligeante : le bloc bourgeois resserre manifestement les rangs autour de Macron et tombe le masque et étale sa haine ouvertement. Pour cette classe maintenant complètement coupée de la réalité sociale, il n’est pas question de manifester quelque compassion pour un gilet jaune blessé dont le mouvement menace une profession singulière dans son existence. Cette attitude cynique de la bourgeoisie et de ses valets face à un drame humain est bien le symptôme que nous sommes dans une guerre sociale sans merci et que celle-ci ne s’arrêtera pas avant la défaite d’un des deux camps. En ce sens Macron, en choisissant la voie de l’affrontement sans merci, au risque de tuer l’économie, a ouvert la boîte de Pandore. 



    [1] https://m.epochtimes.fr/gilet-jaune-ayant-eu-la-main-arrachee-le-9-fevrier-cest-bien-fait-pour-sa-gueule-selon-le-responsable-du-syndicat-sgp-police-712919.html

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Non, la cote de popularité de Macron ne remonte pas 

    Depuis un bon mois on met en scène une pseudo-remontée de Macron dans les sondages. Pour tel journaliste « Macron remonte la pente à grande enjambées »[1], mais ce journaliste, Arthur Berdah, pour ne pas le nommer, qui tente de nous faire croire que le Grand débat changerait quelque chose, masque déjà dans son titre que le même sondage IFOP Fiducial que son impopularité reste très élevée : il aurait pu dire que « Les deux tiers des Français restent opposé à Macron », cela aurait donné une meilleure image de la situation.

    Le plus récent sondage publié par Hufftington Post montre clairement qu’il n’y a pas de vraie rebond[2]. La cote de popularité de Macron serait passée de 18% en décembre 2018 à 21% en février 2019. Pas de quoi pavoiser d’autant que les trois quarts des Français considèrent toujours qu’il est un très mauvais président.

    Alors pourquoi tente-t-on de nous faire croire que Macron reprend la main ? La première raison serait de montrer que le Grand débat qui, pour les Français est juste une campagne électorale LREM financée par l’Etat, a finalement comme utilité de justifier la politique détestable de Macron. Mais manifestement c’est raté. Cette raison pour évidente qu’elle soit n’est sans doute pas la seule. Il y a une autre raison, plus sournoise, faire croire que les Français sont des veaux et qu’ils changent d’idée comme de chemise. Ci-dessous on voit bien qu’un autre récent sondage indique le peu de sympathie que le locataire de l’Elysée suscite auprès des Français.  

    Non, la cote de popularité de Macron ne remonte pas

    La seconde affaire Benalla qui ne commence qu’à peine, va continuer à plomber la crédibilité de Macron et de sa bande. La perquisition avortée au siège de Médiapart, montre que l’orientation politique de Macron vers l’autoritarisme, pour ne pas dire le fascisme, est celle d’un homme aux abois[3]. Plenel et Médiapart ne sont pas ma tasse de thé. Mais ce n’est pas cela qui importe, ce qui est devant nous, c’est la violation continue de l’Etat de droit :

    - déjà la Commissaire européenne a vivement critiqué la conduite de Macron dans la répression sans précédent de la révolte des gilets jaunes. Voilà donc Macron qui se voulait le chante d’une Europe libérale, épinglé par l’Europe pour son illibéralisme[4] ! Les nombreux blessés au visage par balles de LBD, témoigne du fait que l’Etat a transgressé ses propres règles, et donc a confisqué la police pour en faire une milice à son service ;

    - ensuite, la conduite de la ministre Belloubet qui ment comme elle respire dans l’affaire Benalla et la tentative de perquisition de Médiapart[5]. Mais sa conduite indigne dans la soumission du parquet à des exigences politiques, montre que la Macronie tente d’utiliser la justice au service de sa politique honnie. Le canard enchaîné du 30 janvier 2019 dévoilait des mails provenant directement de la Chancellerie, dans lesquels il était explicitement demandé de retenir le plus longtemps possibles des personnes susceptibles de manifester en garde à vue, mais également de les ficher, « même lorsque les faits ne sont pas constitués » disait une de ces missives ! Autrement dit la sinistre ministre de la justice ordonnait aux juges de violer la loi ! Rien que le fait de n’avoir pas été capable de mener cette perquisition à Médiapart montre que ce gouvernement et ses appuis sont de vrais amateurs, incapables de comprendre la gravité de leurs actes. Sans doute est-ce là la rançon de ce mélange de volonté autoritaire et de décloisonnement des responsabilités des différents services.

    - on prête également le projet de Macron de subventionner les journalistes amis, comme si ceux-ci n’étaient pas directement sous contrôle ! Il y a peu de chance que cela aboutisse, mais cette velléité en dit long sur l’inconscience de ces gens-là, ils n’ont même plus la prudence élémentaire des politiciens de profession[6]. Ils vivent dans une autre dimension où ils ont pris pour argent comptant les dérives post-démocratiques de l’Union européenne, et partant, ils croient qu’ils peuvent tout se permettre.

    On a appris également ces jours-ci que la police avait mis sur écoute au moins 150 gilets jaunes, pas un ou deux, mais 150, cette ignominie qui est une nouvelle atteinte à l’Etat de droit flagrante, est aussi la preuve que Castaner et Macron ont un trouille bleue des gilets jaunes et qu’ils savent bien que ce mouvement n’est pas près de s’arrêter[7]

    Cet ensemble est en train de faire apparaître Macron comme un homme aux abois qui n’a plus d’autres solutions que des expédients violents et tenter une sorte de coup d’Etat soft. Le but est de sévir tellement fort, que cela dissuaderait le peuple de relever la tête. C’est un pari des plus audacieux dans un pays comme la France. Mais Macron n’a pas seulement des responsabilités en France, il est aussi à l’origine par son incompétence diplomatique de la quasi rupture qui est en train de se concrétiser avec l’Italie de Salvini. L’Europe est donc aussi en train de se désintégrer, alors même que Macron propose une marche vers le fédéralisme… fédéralisme dont personne ne veut d’ailleurs. Tandis que la Commission européenne tente jour après jour de nous persuader que l’Union européenne c’est une belle amitié entre les peuples, on voit l’inverse, que ce soit dans la manière dont les Européens traitent le Royaume Uni pour lui faire payer ses velléités de s’éloigner du Paradis de l’Union européenne, ou dans les agressions régulières de Macron contre la Hongrie, la Pologne ou même l’Italie.

    Manifestement cette conduite des affaires à la godille n’est pas près de le faire remonter dans l’estime des Français. Le simple fait que Matignon soit intervenu pour demander au parquet de perquisitionner chez Médiapart est une affaire tellement grave qu’elle pourrait conduire à des démissions en chaîne, que ce soit celle de Belloubet ou celle d’Edouard Philippe, ou même encore du procureur Rémy Heitz, un macronien de la première heure, qui a couvert cette ignominie. Dans un écheveau d’affaires compliquées, entre de combines avec les Russes, et les mensonges de Benalla, une des victimes collatérales est déjà tombée : Marie-Elodie Poitou, la cheffe de la sécurité du Premier ministre, c’est seulement la première de la liste[8] !  

    Non, la cote de popularité de Macron ne remonte pas

    Un autre sondage BVA pour La tribune, montre que les Français rejettent toujours massivement, Grand débat ou non, les réformes économiques de Macron, notamment les retraités, jadis les meilleurs soutiens de la réaction, et qui sont aujourd’hui en pointe dans le rejet[9]. Si on regarde ce dernier sondage de près, on voit que ceux qui détestent le plus Macron sont les retraités, les ouvriers et les employés. Ce bloc pourrait bien être le socle d’une nouvelle lutte des classes qui passerait par-dessus les clivages partisans du type FI/RN. La défiance à l’égard de l’exécutif ne peut pas diminuer d’intensité, et d’autant plus que les résultats économiques ne sont pas là : la croissance est révisée à la baisse pour 2019 et 2020, le tout dans une conjoncture économique morose[10].

    Les derniers chiffres du commerce extérieur sont catastrophiques, ce qui veut dire que sous Macron, la France a accéléré encore un peu plus sa désindustrialisation[11]. Or un déficit commercial c’est toujours un peu plus d’endettement pour le pays et des dizaines de milliers d’emplois qui partent à l’étranger. Depuis au moins 10 ans, le déficit commercial est en moyenne de 65 milliards d’euros, et si on considère qu’un emploi coûte en moyenne 40 000 €, il vient que ce déficit commercial s’il était résorbé permettrait de récupérer au moins 1 625 000 emplois ! Mais évidemment les incompétents qui se trouvent au gouvernement préfèrent donner des coups de trompettes pour mettre en valeur les analyses stupides de Didier Migaud, un petit comptable sans envergure, un ancien socialiste, qui se déclare maintenant – pourquoi on se le demande ? – le gardien de l’orthodoxie libérale la pire qui soit[12]. Pire encore, alors que traditionnellement la France était un partenaire privilégié de l’Afrique francophone, ce n’est plus le cas, la France n’est plus qu’en 5ème position, c’est là probablement le résultat d’une politique économique libérale menée au moins depuis Sarkozy qui a orienté le capitalisme vers la finance plutôt que vers l’industrie[13]. On peut dire que c’est aussi le résultat d’une politique européenne soumise à l’Allemagne et qui, entre autres mauvaises choses, a réduit l’industrie française à presque rien. Les rodomontades ridicules de Macron sur la start-up nation n’y changeront rien, l’incantation n’a jamais sauvé personne.  

    Non, la cote de popularité de Macron ne remonte pas

    Outre la personnalité burlesque de Macron, c’est bien cette absence de résultat économiques pour les plus faibles qui explique l’enracinement de la détestation du président et de son gouvernement. Nous avons vu également que la majorité LREM, pourtant bien docile, est en train de se déliter parce qu’enfin les députés ouvrent un peu les yeux et se rendent compte que Macron est un politicien d’un autre âge, autoritaire et méprisant, et en outre probablement fou. Déjà une cinquantaine d’entre eux s’est refusée à voter la loi liberticide de Castaner destinée à limiter les manifestations et à ficher les Français qui y participent ! 2019 ne pourra pas être une bonne année pour Macron.



    [1] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2019/02/05/25001-20190205ARTFIG00227-emmanuel-macron-remonte-a-grandes-enjambees-dans-un-sondage.php

    [2] https://www.huffingtonpost.fr/2019/02/06/la-popularite-demmanuel-macron-penche-toujours-plus-a-droite-sondage-exclusif_a_23663407/

    [3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/06/la-perquisition-avortee-de-mediapart-a-ete-declenchee-par-des-informations-transmises-par-matignon_5420068_3224.html

    [4] https://www.coe.int/en/web/portal/-/paris-la-commissaire-mijatovic-livre-ses-premieres-observations-sur-les-questions-de-droits-de-l-homme-liees-au-mouvement-des-gilets-jaunes-

    [5] https://www.huffingtonpost.fr/2019/02/06/edwy-plenel-estime-que-nicole-belloubet-ment-radicalement-sur-la-perquisition-a-mediapart_a_23663391/

    [6] https://www.mediapart.fr/journal/france/040219/macron-veut-placer-l-information-sous-controle?onglet=full

    [7] https://www.lepoint.fr/politique/les-indiscrets-du-point-la-police-a-l-ecoute-des-gilets-jaunes-07-02-2019-2292034_20.php

    [8] https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/07/affaire-benalla-la-cheffe-de-la-securite-du-premier-ministre-a-demissionne_5420614_3224.html

    [9] https://www.latribune.fr/economie/france/reformes-economiques-les-francais-severes-avec-macron-806663.html

    [10] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/la-commission-europeenne-abaisse-fortement-ses-previsions-de-croissance-pour-2019-20190207

    [11] https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/0600654970038-commerce-exterieur-le-deficit-sest-encore-creuse-en-2018-2242888.php

    [12] http://in-girum-imus.blogg.org/didier-migaud-et-la-cour-des-comptes-a-la-rescousse-de-macron-en-perdi-a158650514

    [13] https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/02/07/parmi-les-leaders-d-opinion-d-afrique-francophone-l-allemagne-detrone-la-france_5420412_3234.html

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  Nouvelles de l’affairisme immobilier en région PACA

    Si vous passez par Aix-en-Provence, vous pourrez voir juste en face des thermes, en haut du cours Sextius, un morceau de rue barrée. C’est tout un pâté d’immeubles qui menace de s’effondrer. Les habitants ont commencé à être évacués dit on et relogés. Cette affaire qui intervient en prolongement de ce qui s’est passé à Marseille à la rue d’Aubagne où deux immeubles se sont effondrés entraînant dans la mort plusieurs personnes, montre que la riche ville d’Aix-en-Provence n’est pas à l’abri d’un désastre meurtrier. C’est comme si les turpitudes de la mairie de Marseille avaient fini par contaminer Aix-en-Provence. Cette récurrence d’immeubles qui s’effondrent intempestivement est comme le symbole de l’effondrement du système capitaliste lui-même. En cela ces immeubles effondrés ou menaçant de l’être rappellent les ponts italiens qui à Gênes et ailleurs se sont écroulés dans des conditions dramatiques. Si cela est possible c’est qu’au fond le capitalisme n’est pas fait pour durer, vivant au jour le jour, sans horizon très clair, il prend ses bénéfices dès qu’il le peut en attendant la chute. Déjà que la ville est en permanence en travaux, je vous laisse entendre l’image de désolation qu’elle offre quand on y ajoute cette mauvaise nouvelle. Que vont devenir ces immeubles ? On n’en sait rien, mais derrière il y a forcément une bonne petite promotion immobilière qui se profile forcément, vu le prix du mètre carré dans la ville. Il est à peu près certain que la ville jouera un rôle décisif dans les orientations futures de ce petit îlot. 

    Nouvelles de l’affairisme immobilier en région PACA

    A l'école primaire Perrin, dans le XVe arrondissement de Marseille

    A Marseille les écoles dont la ville a la charge sont connues pour être en très mauvais état : murs délabrés, rats, cafards. C’est la le résultat de l’inaction en la matière de Jean-Claude Gaudin depuis qu’il est maire. Face aux multiples difficultés, le maire de Marseille avait décidé d’un plan d’investissement colossal qui aurait coûté 1 milliard d’euros. Une telle somme aurait aggravé la dette de la ville qui est déjà très élevée. Mais ce n’était pas ces sommes qui étaient en jeu, ni même, contrairement à ce que dira Gaudin, l’idée d’investir dans la rénovation des écoles que tout le monde reconnait comme nécessaire. Ce qui était contesté c’était d’utiliser une méthode particulière de financement, dite PPP – Partenariat Public Privé – cette méthode est très onéreuse et frise constamment le détournement de fonds. On l’avait vu avec le financement de la réfection du Stade Vélodrome : son coût avait dépassé largement le coût de construction d’un stade complètement neuf. Ces contrats PPP sont toujours très juteux et d’un bon bénéfice pour le secteur privé. Des hommes politiques, des associations, avec lesquelles j’ai travaillé sur ce projet, ont, soutenus par la population, porté plainte devant le tribunal administratif de Marseille pour demander l’annulation pure et simple de ce projet. Et ils ont gagné ! Bravo donc à eux et aux avocats[1] ! Devant la bronca qu’avait soulevée le projet de Gaudin et de son équipe d’affairistes, la plupart des hommes politiques ont pris leurs distances avec le PPP. Même Bruno Gilles qui se voudrait le successeur de Gaudin dit que le financement privé est une mauvaise solution pour un tel problème, et même les LREM[2]. C’est donc une belle victoire qui dépasse et de très loin la critique de Jean-Claude Gaudin, maire haï littéralement depuis l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne. En effet elle popularise l’idée que le financement privé de la chose publique ne profite finalement qu’à des entreprises privées qui sont choisies par le maire sur des critères très douteux et opaques.

    Nouvelles de l’affairisme immobilier en région PACA

    Que ce soit à Marseille ou à Aix-en-Provence, le délabrement gagne du terrain, et les responsables politiques ne semblent pas au niveau pour enrayer cette spirale malheureuse. Est-ce un reflet de la situation politique délétère au niveau national ? c’est difficile à dire, mais en tous les cas plus rien ne semble tenir debout et fonctionner normalement en France.



    [1] http://www.leparisien.fr/societe/ecoles-de-marseille-la-justice-annule-le-partenariat-public-prive-12-02-2019-8009913.php

    [2] http://www.lamarseillaise.fr/marseille/flash/74952-le-tribunal-administratif-de-marseille-annule-le-ppp-a-un-milliard-pour-les-ecoles?fbclid=IwAR0Pml5dvYCL3CAMWyW1_mmuJhdFXUZTvv4pyYgE9CqHnVeOZ8vAfybXM94

    Partager via Gmail

    2 commentaires