•  Juan Branco, Contre Macron, Divergences, 2019

    Voilà un petit ouvrage qui tombe à pic et qui explique pourquoi finalement le gouvernement et le président ne s’en sortent pas. C’est un écrit au vitriol comme on dit. Il présente plusieurs aspects différents. Il reprend et détaille tout d’abord comment Macron a été fabriqué de toutes pièces par les grands milliardaires, Niel et Arnault principalement. Ensuite se sont joints à eux Bolloré, puis Lagardère. Ces quatre milliardaires détiennent la quasi-totalité de la presse et des médias. Ce qui explique comment Macron a pu faire l’objet d’une couverture médiatique sans précédent dans notre pays. Cette épisode, détaillé par Branco, appelle deux remarques :

    - la première est que la France est un pays où la quasi-totalité des médias est sous-contrôle, et on comprend mieux pourquoi les milliardaires investissent dans ce secteur peu rentable en apparence. Si la politique macronienne a été faite pour les riches, c’est parce que ceux sont eux qui ont mis en place cette marionnette ;

    - la seconde remarque porte sur le rôle inattendu de Mimi Marchand, la sulfureuse dealeuse qui aurait rencontré Niel en prison – celui-ci y purgeant une peine pour proxénétisme[1]. On voit apparaître là une curieuse collusion entre l’oligarchie financière et une sorte de pègre qui ne dit pas son nom. Cette Mimi Marchand est le chef d’orchestre de la mise en scène du couple Macron. Branco signale au passage que Paris Match qui appartient à Lagardère ne consacra pas moins de 29 couvertures à Macron !  

    Juan Branco, Contre Macron, Divergences, 2019

    D’autres avaient détaillé cette collusion, comptabilisant les unes de journaux qui aidèrent considérablement Macron dans son ascension, alors même qu’il n’était rien[2]. Mais tous s’y sont mis, Libération de Drahi, L’obs d’Henry Hermand. Ce dernier assurant le train de vie fastueux du couple Macron le temps qu’on le formate pour devenir président. Le fait que Macron soit un produit fabriqué par les milliardaires, explique finalement une grande partie de l’échec du petit banquier devenu président. Il n’a en effet aucune culture politique, ne comprend rien à la démocratie et agit à partir de schémas aussi ridicules qu’obsessionnels. Le pire est sans doute que les journalistes n’aient pas un minimum de lucidité sur ce qu’ils sont devenus, des larbins attitrés du pouvoir. La France est maintenant classée au 33ème rang en ce qui concerne la liberté de la presse, loin derrière le Ghana, la Namibie ou l’Afrique du Sud. Cela explique indirectement pourquoi les gilets jaunes crachent régulièrement sur les journalistes. L’ouvrage n’épargne rien ni personne et dénonce même les étranges collusion d’Edwy Plenel, trop condescendant avec le président. Juan Branco étend son analyse d’ailleurs aussi au monde de l’édition et montre assez bien comment celui-ci est également tenu par des milliardaires.

     Juan Branco, Contre Macron, Divergences, 2019 

    La délinquante Mimi Marchand posant dans le bureau de Macron 

    Branco effectue aussi une analyse de la sociologie du couple Macron. Il montre que l’ambitieuse épouse du petit président enseignait dans un lycée privé très huppé, et que c’est par là qu’elle rentra en contact avec la famille Arnault. Il y a donc bien une collusion entre les milliardaires et ceux qui aspirent à les servir pour mieux se servir eux-mêmes. On l’a dit plusieurs fois ici, Macron n’a strictement aucune idée politique, juste abaisser les impôts pour les plus riches et suivre les recommandations de Bruxelles. Branco, comme moi, doute d’ailleurs de l’intelligence et de la culture de Macron, n’a-t-il pas échoué deux fois au concours de l’ENS ?

    La dernière partie de l’ouvrage est consacrée à Gabriel Attal. C’est passionnant. En effet Attal n’est rien, rien du tout, il n’a jamais travaillé et n’a aucune compétence en rien. Arriviste aux dents qui rayent le parquet, il est passé de la droite dure sarkozyste – droite décomplexée disait-on en ce temps – au socialisme hollandais en devenant un obscur quelque chose auprès de Marisol Touraine, puis en virant de bord pour rejoindre Macron. Fils de bonne famille, il revendiqua même un instant une particule, il représente parfaitement l’arrogance des macroniens : bons à rien mauvais à tout, ils sont là pour se servir. Au passage Branco décrit comment les formes de la scolarisation à la française – pour le médiocre Attal c’est le passage par l’Ecole Alsacienne – travaillent à la reproduction d’une élite préformatée. C’est justement dans ces formes de scolarisation réservées aux enfants de la haute bourgeoisie que les réseaux se constituent. Macron est lui aussi un enfant de la haute bourgeoisie passé par La Providence, une école gérée par les jésuites, mais réservée aux bonnes familles de la province. Il y a donc une sorte d’endogamie dans l’élevage de ces individus qui explique pour partie la dégénérescence de ce personnel politique absolument nihiliste qui ne croit à rien d’autre qu’en lui-même. 

    Juan Branco, Contre Macron, Divergences, 2019 

    Une belle brochette d’incapables 

    Branco dévoile non seulement ce qu’on savait déjà mais le jeu des compromissions et des apparentements de cette caste sans honneur et aussi cupide qu’arrogante. Ces gens là n’ont aucun sens de l’Etat bien évidemment et quand on leur donne des postes de responsabilité ils ne savent qu’en faire, se reposant sur leurs collaborateurs qui sont pourtant aussi incompétents et arrivistes qu’eux-mêmes ! Branco n’épargne personne et révèle les mœurs étranges de la Macronie, notamment sur les couples homosexuels qui entourent le président de la République. Si on était méchant, on se demanderait bien pourquoi ce lobby homosexuel est autant surreprésenté ! On verra bien les réactions à ces révélations, mais il ne m’étonnerait pas que Branco soit taxé d’homophobe assez rapidement ! Le plus probable est que les journaux mis en cause par Branco feront le silence sur son livre. C’est que Branco connait très bien le petit monde dont il parle : il en a fait lui-même partie, il a été de l’Ecole Alsacienne et de Sciences Po, comme Gabriel Attal qui a été diplômé de cette boutique que par la complaisance de Richard Descoings[3]

    L’ensemble donne l’image de la Macronie qui fonctionne comme un gang, une sorte de mafia au service de l’oligarchie. Attal, Griveaux et d’autres comme Castaner et même le petit président viennent du PS, mais d’autres comme Attal – qui a eu les deux casquette – Darmanin ou Philippe viennent de l’UMP. C’est comme si la Macronie avait ramassé tout ce qu’il y a de plus pourri dans l’UMPS pour construire le parti de la dernière chance pour sauver l’oligarchie. C’est bien pour cela que la décomposition de l’Etat a atteint un degré inattendu sous Macron : plus rien ne fonctionne. En lisant Branco on pourrait se dire que ce qui se passe depuis le début du mois de novembre, ce n’est pas une crise des gilets jaunes, mais une décomposition accélérée du système. Certes la France n’est pas le seul pays atteint de ce syndrome, et il est probable que cela est l’ultime conséquence de la crise de 2008 qui n’a jamais été résolue autrement que dans une fuite en avant. On aurait tort de regarder la décomposition du système politique seulement du point de vue français. C’est seulement que chez nous le processus est juste un peu plus avancé.  

    Juan Branco, Contre Macron, Divergences, 2019

    Pour terminer on fera deux petits reproches à Juan Branco : d’abord il n’explore pas le passage de Macron chez les Youngs leaders, comme Philippe et comme Juppé par exemple. Cela a une signification. Le second est que sa plume s’égare un peu parfois et qu’on s’y perd dans la description de ses réseaux qui mettent la France en coupe réglée. Mais l’ensemble, difficilement réfutable, est très riche d’enseignements, de quoi nourrir le combat contre cette oligarchie prédatrice qui détruit tout sur son passage et qui nous mène tout droit à la guerre civile. L’ouvrage a du souffle et décrit clairement ce qu’est la lutte des classes quand elle est menée par l’oligarchie, mais en creux il montre aussi quelles sont les limites de cette stratégie. On conclura en disant que Macron et sa bande n’ont pas les moyens intellectuels de leur projet. 

    Juan Branco, Contre Macron, Divergences, 2019

     



    [2] http://lvsl.fr/medias-ont-fabrique-candidat-macron

    [3] On apprendra grâce à Branco que Descoings le sulfureux patron de Sciences Po était aussi l’amant de Guillaume Pepy, président de la SNCF. Richard Descoings avait été marié avec Nadia Marik divorcée de Georges Ghosn frère de Carlos Ghosn qui fait en ce moment même un petit séjour en prison au Japon. Le monde est petit.

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  • ACTE XV, mobilisation en hausse, des gilets jaunes inoxydables

    Belfort, mobilisation soutenue 

    Franchement je tire mon chapeau à tous les gilets jaunes qui font preuve d’un courage et d’une détermination sans faille pour tenir tête à Macron et à sa volonté de détruire la spécificité du modèle français pour nous aligner sur Bruxelles. Malgré les mensonges répétés de Castaner, il lui a bien fallu admettre que la mobilisation des gilets jaunes était en hausse sur toute la France pour la XVème acte : il donnait une hausse de 25%. C’est inédit dans l’histoire de la France un mouvement qui dure aussi longtemps, sauf pendant l’occupation quand il fallait résister. Et au fond c’est bien ce qui se passe aujourd’hui : nos gilets jaunes sont des résistants. Inoxydables ils résistent d’abord à la dictature néo-libérale dont Macron est le représentant pour Bruxelles, avec ses milices et sa justice instrumentalisée. Je pensais qu’aujourd’hui, avec les tonnes de haine et d’injures qui s’étaient abattues sur eux, les gilets jaunes marqueraient un peu le pas. Il n’en a rien été. Cette ténacité remarquable se déploie dans toute la France, pas une seule ville n’est épargnée par cette vague. Les médias n’arrêtent pas de leur cracher dessus : ils seraient antisémites, idiots, homophobes, néo-nazis et j’en passe. On a essayé de les entraîner vers des formes politiques, par exemple en prenant en charge le conflit israélo-palestinien, qu’ils réfutent. L’antisémitisme n’est pas leur problème, faire croire l’inverse, c’est tenter une diversion malheureuse.  Mais ils sont toujours aussi nombreux et ils sont toujours là. Ils prennent goût au combat, malgré les arrestations, les matraquages, les gazages. Le site France Police donnait 200 000 manifestants à 15 heures[1]. C’était probablement un peu plus cette fois. Certes le mouvement était très éclaté, une manifestation à Clermont-Ferrand, un pique-nique à Chambord, et pas moins de 5 manifestations à Paris, et puis les traditionnels défiles à Bordeaux, Toulouse et Marseille.

     ACTE XV, mobilisation en hausse, des gilets jaunes inoxydables

    Clermont-Ferrand 

    Qu’on soit pour ou contre les gilets jaunes, moi j’ai choisi mon camp, celui du progrès et des gilets jaunes, contre Macron et la régression, il faut que ce gouvernement soit d’une incompétence rare pour qu’aucune avancée en quatre mois n’ait pu être signalée. Je rappelle que le mouvement de Mai 68, mouvement social puissant, rentré dans l’histoire, n’a duré qu’un seul petit mois, et au bout de trois semaines Pompidou avait trouvé des pistes de sortie pour remettre la société en route. Aujourd’hui, on n’en voit pas. Il est vrai qu’en 68, il y avait encore des syndicats puissants qui, s’ils freinaient la révolution défendaient l’ouvrier. Aujourd’hui on chercherait en vain une initiative syndicale intéressante depuis le 17 novembre 2018. C’est même plus de l’incompétence, c’est un abandon. En jouant le pourrissement jusqu’au bout Macron fait la preuve de son imbécilité. Il tuera peut-être le mouvement des gilets jaunes au bout du compte, mais il se sera définitivement discrédité. Il ne peut pas être en permanence dans la représentation. Pour ce samedi de manifestation, il avait été bouffonner sous une impressionnante escorte policière – il ne peut plus sortir sans ça – au Salon de l’agriculture. Là encore il a des difficultés : alors que tout le monde sait que la reconversion de l’agriculture conventionnelle en bio est une nécessité impérative à la fois pour le bien-être des citoyens et la protection de l’environnement, le gouvernement a gelé les aides à la reconversion, des paysans ont porté plainte[2]. Il est vrai que Macron-Philippe s’en foutent un peu de l’environnement, que ce soit pour la fin du glyphosate ou en ce qui concerne les fermes industrielles : ils n’ont pas de politique agricole, ils font ce que leur demande de faire la FNSEA. On eut également au Salon de l’agriculture des images détonantes : un agriculteur à la retraite qui demandait à Macron comment il pouvait vivre avec moins de 700 € de pension par mois, il lui montra ses papiers, Macron se contentant de paroles lénifiantes, expliquant en gros que si le retraité touchait si peu c’était un peu de sa faute tout de même puisqu’il n’avait pas fait les démarches nécessaires pour toucher le minimum vieillesse[3]. Le but était clairement de faire des jolies images pour le journal télévisé, en filtrant les soutiens de Macron à l’entrée de façon à ce qu’il n’y ait pas de vagues. Le monde qui est en train de devenir le journal qui rampe le mieux dans l’étroit milieux du journalisme, put déclarer ainsi que Macron avait pu visiter le Salon de l’agriculture sans se faire insulter[4]. Sans rien connaitre du dossier, il fit un discours des plus creux pour défendre la PAC, comme s’il était encore en campagne pour les élections au parlement européen. Mais justement l’Europe et la PAC ont poussé l’agriculture française à la ruine et à la concentration. La disparition des paysans en France qui procède de la destruction de la culture française, c’est aussi le résultat de l’Europe qui a fait évoluer l’agriculture de tout le continent vers l’intensif avec non seulement l’abaissement de la qualité, la destruction de l’environnement, mais aussi la baisse des revenus des petits agriculteurs. La situation des agriculteurs est très difficile, certes cela ne date pas d’aujourd’hui, mais cela prend maintenant une tournure dramatique[5]. La concurrence des pays européens, l’Espagne, l’Allemagne, la Pologne, etc. plombe l’agriculture française, la nécessité de tirer les coûts vers le bas aboutit à ce que nous connaissons aujourd’hui, les fermes usines qui sont une insulte à une vie normale, à la nature, et à nos traditions culinaires, mais aussi à une dégradation accélérée de la qualité des produits etd onc par suite du paysage de la France. Il semble aussi que l’Union européenne doive encore modifier les normes de l’agriculture biologique, histoire de donner leurs chances aux multinationales qui veulent gagner de l’argent dans ce secteur. Mais de tout cela Macron qui ne le sait peut-être pas, ne dira rien.  

    ACTE XV, mobilisation en hausse, des gilets jaunes inoxydables

    Evidemment Macron étant toujours en campagne électorale pour répéter les mêmes slogans creux, entre contrition, disant qu’il avait été toujours mauvais, comme ses collègues avant lui, et affirmation d’un cap à tenir pour redresser la France, il ne peut pas avoir le temps de travailler les dossiers. Il est donc incapable de trouver des portes de sortie. Ministre de la parole à temps plein, toujours en représentation, il n’a que des idées de communication au sens faible du terme. Rien pour tempérer les passions, il exaspère les Français de plus en plus, et les développements de l’affaire Benalla ne vont sûrement pas arranger les choses. La nomination de Juppé au Conseil constitutionnel l’a montré dans la peau d’un vieux politicard qui tente de protéger ses arrières pour éviter l’effondrement de sa liste aux européennes. Bref pour dire les choses autrement, les gilets montrent que le modèle politique auquel se cramponne Macron – sa fameuse verticalité – est complètement dépassé. Cette idée avait été déjà avancé par Laurent Chalard sur Figaro-Vox, à propos de la question européenne, de la nation ou des migrations[6]. Mais en y regardant de plus près, les idées de Macron sont aussi dépassées en ce qui concerne les inégalités et l’environnement. Le FMI et l’OCDE suggèrent depuis plusieurs années que la stabilité de la croissance ne sera pas possible sans une lutte plus forte contre les inégalités. En vérité, ce n’est pas seulement Macron qui a du retard sur le plan des idées, mais c’est bien l’échelon supérieur, la Commission européenne. Les gilets jaunes en font la démonstration tous les samedis. 

    ACTE XV, mobilisation en hausse, des gilets jaunes inoxydables

    Marseille encore beaucoup de monde 

    Le succès de cette nouvelle mobilisation des gilets jaunes va obliger Macron à sortir de l’expectative parce que sa clientèle elle-même va lui demander des comptes et que les élections européennes approchent. Que fait-il pour que cette rébellion cesse ? Il n’a pas beaucoup de solutions : soit il suit les recommandations de Valls, ancien socialiste et franquiste assumé, qui suggère d’interdire les manifestations des gilets jaunes[7]. C’est en effet une solution, mais ce serait donner encore du grain à moudre à ceux qui en France et à l’étranger l’accusent d’une dérive fascisante, soit il donne quelque chose d’un peu consistant aux gilets jaunes. Mais on ne voit pas quoi. Il aurait lâché du lest sérieusement au début décembre qu’on n’en serait pas là dans cette situation de blocage quasiment insoluble, son entêtement imbécile lui a fermé beaucoup de portes, et ça va rapidement se voir, si le mois de février a vu une sorte d’accalmie dans la haine que les Français portent à son endroit, cela ne va pas durer.



    [1] https://france-police.org/2019/02/23/gilets-jaunes-acte-15-200-000-manifestants-a-15h30-selon-les-estimations-du-syndicat-france-police-policiers-en-colere-cinquieme-puissance-professionnelle-du-ministere-de-linterieur-et-premiere/

    [2] https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/retard-de-paiements-trois-agriculteurs-bio-portent-plainte-contre-l-etat-6234565

    [3] https://www.bfmtv.com/politique/salon-de-l-agriculture-un-retraite-fond-en-larmes-dans-les-bras-de-macron-1638420.html

    [4] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/02/23/bravo-ne-lachez-rien-au-salon-de-l-agriculture-macron-s-offre-un-bain-de-foule-sans-chahut-ni-insultes_5427438_823448.html

    [5] https://www.franceculture.fr/societe/suicides-dagriculteurs-le-phenomene-est-ancien-mais-son-entree-dans-le-champ-mediatique-est-recente

    [6] http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/12/06/31001-20181206ARTFIG00189--europe-liberalisme-immigration-l-ideologie-de-macron-est-celle-des-annees-1990.php

    [7] http://www.revolutionpermanente.fr/Afin-de-lutter-contre-l-antisemitisme-Manuel-Valls-veut-interdire-les-manifestations-Gilets-Jaunes

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  •  Aix-en-Provence change, et pas en bien

    Depuis des années la ville d’Aix-en-Provence est en chantier. Ça ressemble depuis trois ans un peu à Beyrouth. Le but nous dit-on est de la rendre moderne et donc que les vieux touristes qui encombrent nos rues ne s’y sentent pas dépaysés, qu’ils s’y sentent comme chez eux. A force la ville ne ressemble à plus rien. Il y a deux gros chantiers pour un coût d’environ 100 millions d’euros. Le premier porte sur la mise en place d’un BHNS – dans le langage des aménageurs, lisez Bus à Haut Niveau de Service – ce chantier coûte 80 millions d’euros, il a nécessité de refaire encore la place de la Rotonde alors qu’elle avait déjà été refaite deux fois en dix ans. Mais le plus gros chantier en termes de durée et d’occupation de l’espace ce n’est pas celui-là, c’est celui qui se trouve sur les trois places, la place de Verdun, la place de la Madeleine et la place des Prêcheurs. Ce second chantier dure déjà depuis 2 ans et demi, et ce n’est pas fini. Le réaménagement de ces trois places devrait coûter 15 millions d’euros. Mais pour quoi faire ? On n’en sait pas grand-chose. Ce qui est sûr, c’est qu’on a débarrassé le grand marché qui se tenait depuis des lustres sur ces trois places les mardis, jeudi et samedi. C’était très animé et convivial. Tous les marchands de fringues, de fruits et de légumes et autres produits alimentaires ont été éparpillés dans la ville, un peu du côté de la Rotonde, un peu sur le cours Mirabeau, et le reste sur le cours Sextius. Beaucoup de forains ont été découragés de continuer leurs activités.  

    Aix-en-Provence change, et pas en bien

    Le réaménagement de la ville est fait dans de la qualité bas de gamme, comme on le voit ci-dessus. Ces photos ont été prises sur le cours Mirabeau, des morceaux de trottoirs s’effondrent, alors que c’est encore relativement neuf. Ces effondrements sont dus évidemment à la médiocrité des matériaux utilisés et au peu de soin que les entreprises prestataires ont mis à ce travail. Ce que vont devenir les trois places en voie de réaffectation, est très incertain, il ne semble pas que le marché y revienne. Ce qui veut dire que les divers réaménagements de l’espace urbain en rationalisant les places auront eu la peau de cette activité. La ville est rendue toujours plus laide par ce souci de lui donner un air propre et hygiénique, germanique on pourrait dire. Ce faisant elle perd son caractère propre et provençal, pour ce qu’il en restait. Cette transformation est sans doute la rançon de la mondialisation. On se demande pourquoi les touristes se déplacent encore vers chez nous, vu que ce qu’ils y trouveront ce sera encore les mêmes marchandises que chez eux. Leur idée n’est pas de voir et connaître une ville,  mais de prendre juste quelques photos des vieux bâtiments, histoire de voir si ces photos sont aussi bonnes que celles qu’on peut trouver sur Internet. La photo ci-dessous nous montre comment la place des prêcheurs a été provisoirement réaménagé. Ça s’appelle sans rire un jardin d’hiver. Même en s’appliquant il est difficile de faire plus laid : quelques plantes malades en pot et un peu de sable. Il va de soi qu’une entreprise a été grassement payée pour produire cette ignominie.  

    Aix-en-Provence change, et pas en bien

    J’ai parlé tout à l’heure de la fin programmée du marché en plein air. C’est en vérité le complément de la disparition des commerces de bouches en centre-ville. Ceux-ci ont été remplacés physiquement par une multiplication hallucinante des magasins de fringues de plus ou moins bonne qualité. Cette transformation de la ville est aussi en partie le résultat de la hausse continue des loyers pour les commerces. Ils atteignent maintenant des niveaux complètement extravagants sur Aix, rendant l’ouverture de cette activité très aventureuse. En tous les cas, le centre-ville est en train de se transformer petit à petit en un grand centre commercial, un peu comme Plan de Campagne, tout aussi vulgaire, mais en un peu plus prétentieux cependant. On y trouve les mêmes sortes de franchises. Les populations changent évidemment, et des vrais aixois, c’est bien difficile d’en trouver encore. D’ailleurs la ville n’a plus du tout son accent très particulier qu’on pouvait entendre il y a une cinquantaine, ou même encore une quarantaine d’années. Ça parle bêtement pointu[1]. Evidemment si la ville perd son accent, c’est parce qu’elle perd sa culture et ses racines paysannes. Vers la fin des années soixante le marché en plein air était alimenté pour une très large part par des produits locaux qui venaient des alentours de la ville. Aujourd’hui on y voit massivement des produits venus de n’importe où, de l’Espagne ou de la Pologne, de l’Allemagne ou du Portugal, et les quelques producteurs locaux qui travaillent proprement en bio ou en agriculture raisonnée sont très peu nombreux. Mais de toute façon le nombre de forains s’amenuise année après année. 

    Aix-en-Provence change, et pas en bien

    Une des conséquences de ces transformations est la fermeture des quelques librairies qui restaient encore sur le centre-ville. En quelques années, Vents du sud, Makaire, la Librairie de l’Université, la librairie des Prêcheurs et Harmonia Mundi ont mis la clé sous la porte. Et voilà qu’on annonce sur la ville la fermeture de La librairie de Provence pour la fin du mois de mars. Cette librairie est très ancienne, entreprise familiale, elle avait été reprise par le groupe Eyrolles. La raison de la fermeture n’est pas dans le fait que cette librairie ne faisait pas assez de bénéfices, mais plutôt qu’elle n’en faisait pas assez, et qu’une sombre histoire de hausse des loyers allait encore diminuer sa rentabilité. De plus en plus de villes moyennes sont ainsi dépossédées de la possibilité pour le public de rencontrer des livres. Vous me direz qu’on peut toujours se fournir chez Amazon où le choix est très large. Mais cela ne peut pas remplacer la rencontre entre le lecteur et le livre qui se découvre, comme ça, à l’occasion d’une visite à la librairie la plus proche. Si le commerce du livre n’avait pas été défendu clairement par le grand nombre de petites librairies qu’on peut trouver en France, il est probablement qu’il se serait effondré un peu plus tôt. Là nous suivons clairement la voie américaine. Il n’est guère probable que le livre papier disparaisse, mais ce qui se dessine, c’est une fréquentation du livre à deux vitesses : les gros lecteurs qui ont le temps de trouver ce qu’ils cherchent sur Internet, et les lecteurs moyens ou petits qui vont abandonner cette forme particulière de loisir.

    Pour ce qui concerne la Librairie de Provence, ce sont 21 salariés qui vont être laissés sur le carreau. Et ces salariés sont très en colère. Non seulement la librairie était rentable, mais en outre, les conditions de licenciements vont être réalisées au minimum de la loi. Ils se sont donc mis en grève sur le cours Mirabeau. En même temps ils accusent le syndicat jaune, la CFDT pour ne pas le nommer, de ne pas les avoir soutenus comme un syndicat est sensé le faire pour ses adhérents qui payent leur cotisation te qui permettent par là aux bureaucrates un peu fainéants d’avoir un salaire sans vraiment travailler. Il ne restera sur la ville, en dehors de l’immonde FNAC, qu’une seule librairie généraliste, Goulard, mais celle-ci est déjà à l’étroit, elle absorbera très difficilement un surplus de clientèle. On voudrait décourager le commerce du livre sur la ville qu’on ne s’y prendrait pas autrement. L’effondrement du commerce du livre sur Aix-en-Provence a quelque chose d’anormal, car la ville est dotée d’une très large population universitaire : il y aurait un peu plus de 40 000 étudiants, dont environ 15000 en lettres et sciences humaines. Mais en outre, la population aixoise est d’un niveau d’éducation supérieur à la moyenne, et les professions intellectuelles y sont très largement représentées. Tout cela montre que le public du livre existe sur la ville.  

    Aix-en-Provence change, et pas en bien

    Voir aussi http://ilcourtmirabeau.fr/librairie-de-provence-la-fin-dune-institution-aixoise/?fbclid=IwAR2cZjQjy4rjCcgnjow6XZJzJ3CQh3NopChXcuP3RCcvAOXP3gaEOt1uaNk

     



    [1] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/02/14/01016-20160214ARTFIG00176-vers-la-disparition-de-nos-accents-regionaux-mal-aimes.php

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  • Macron sans boussole diplomatique 

    Macron n’est pas seulement un amateur sur le plan de la politique intérieure, il l’est aussi en ce qui concerne les relations internationales. Les nouvelles de la politique étrangère macronienne sont mauvaises, très mauvaises quel que soit l’angle sous lequel on les regarde. Dans l’affaire vénézuélienne, il a choisi la reconnaissance d’un coup d’Etat, mettant ses pas directement dans ceux de Trump. Envoyant un ultimatum à Maduro, le sommant d’organiser des élections dans la semaine suivante, faute de quoi Macron, comme Trump, reconnaitra Juan Gaido comme le président légitime[1]. Comme on s’y attendait, Maduro a rejeté cet ultimatum. Le problème n’est pas de savoir si Maduro doit partir ou non. En effet, la cote de popularité de Macron étant très basse, on pourrait également lui demander de partir et d’organiser de nouvelles élections dans la semaine qui suit ! Maduro est peut-être illégitime, mais Macron ne l’est certainement pas moins. Ce qui pose problème ce n’est pas cela : Macron passe par-dessus les organismes internationaux. L’ONU n’a pas reconnu Juan Gaido, malgré les injonctions des Etats-Unis qui ont avancé l’hypothèse d’une intervention militaire[2]. Mais pire encore l’Union européenne n’a pas reconnu non plus Juan Gaido comme nouveau président. En effet le Parlement européen qui n’a strictement aucun pouvoir a reconnu Juan Gaido, mais Morgherini, la chef de de la diplomatie européenne, ne l’a pas fait. Et pour cause, plusieurs pays membre de l’Union européenne ne veulent pas en entendre parler, notamment l’Italie. Seuls 7 pays européens sur 28 se sont alignés sur la position de Macron et de Trump[3]. Par la suite 3 autres pays se joindront à ce groupe. C’est bien peu. Ce qui pose problème, au-delà de ce qu’on peut penser du régime de Maduro, c’est que Macron a voulu se poser en leader et entraîner derrière lui toute l’Union européenne. Cette outrecuidance va laisser des traces, car beaucoup n’apprécieront pas qu’on ait voulu leur forcer la main. La majorité des pays de l’Union européenne n’a pas la même lecture que lui de la légitimité de Maduro. En outre, dans cette affaire Macron apparait comme le relais de la politique étrangère de Trump. Cette position pro-américaine fait apparaître les pseudo-querelles de Macron avec Trump, comme de simples palinodies sans intérêt autre qu’une mise en spectacle de deux clowns sans boussole, aussi versatiles qu’arrogants. 

    Macron sans boussole diplomatique 

    Le fait que l’Italie ne se soit pas alignée sur la position trumpiste fait ressortir que ce pays, qui se refuse à reconnaître un coup d’Etat, est finalement bien moins fasciste qu’on ne le dit : une nouvelle preuve que tous les populistes ne sauraient être rangé dans la même catégorie. Macron qui se dispute avec tout le monde, avec Trump comme avec Poutine, tout en ayant des relations exécrables avec les Britanniques pour lesquels il a réclamé un Brexit dur qui les punissent lourdement, et d’abord et principalement avec les Français, cherche querelle aussi en permanence aux Italiens. Leur faisant la leçon a tout bout de champ, il n’apprécie pas que le gouvernement de Conte le critique régulièrement pour sa sauvagerie dans la répression des gilets jaunes. Le dernier épisode de cette querelle est bien entendu le fait que Di Maio se soit entretenu en France avec des gilets jaunes[4]. Cet affront a amené Macron à rappeler son ambassadeur. Mais il faut rappeler que cela intervient aussi à la suite du refus de l’Italie de reconnaitre Juan Gaido comme président. Au-delà de la susceptibilité de Macron, il y a que la France et l’Italie sont proches non seulement géographiquement et culturellement, mais qu’elles sont aussi deux des cinq fondateurs de l’Union européenne. Le gouvernement italien qui est désigné très souvent par Macron comme illibéral, bénéficie d’un soutien toujours très fort des Italiens. Si les élections en Italie avaient lieu aujourd’hui, M5S et la Lega l’emporteraient largement et augmenteraient même leur score par rapport aux dernières élections législatives[5]. De quoi rendre jaloux Macron et son parti croupion. Dans ces conditions, il est évident que Macron ne puisse supporter qu’on lui fasse la leçon. Car le gouvernement italien non seulement est populaire en Italie, mais il bénéficie d’un a priori favorable dans toute l’Europe et particulièrement en France où il est présenté comme un modèle pour le Rassemblement National. Mais si les relations entre la France et l’Italie sont devenues si froides, c’est bien aussi parce que Macron a signé à la hâte un traité franco-allemand qui non seulement abaissait un peu plus la France[6] par rapport au leadership allemand en Europe, mais qui marginalisait un peu plus l’Italie. Les Italiens ont très mal pris cette mauvaise manière qui fait apparaitre clairement l’Union européenne comme un canard sans tête, ou chacun s’arrange comme il le peut pour préserver les intérêts de son pays. Il serait trop long de rappeler la liste des mauvaises manières que Macron a faites à l’Italie. Par exemple au mois d’octobre 2018, Salvini critiquait le clip que Macron avait fait produire pour les élections européennes, clip qui utilisait la tête de Salvini comme repoussoir pour les électeurs, c’était censé inciter les Français à faire barrage au fascisme qui risquait de prendre pied au Parlement européen[7]. Le moins qu’on puisse dire c’était le manque d’élégance de Macron était évident, c’était bel et bien un affront. Même chose quand Macron a parlé « de la lèpre qui monte », une litote pour stigmatiser la politique italienne d’immigration[8]. Il n’est pas certain que dans cette querelle Macron n’ait pas plus de choses à se reprocher que Salvini et Di Maio.  Il est tout à fait possible que Macron se croit malin et qu’il tente d’utiliser sa querelle avec Di Maio pour susciter un soutien des Français qui y verraient une ingérence d’un pays voisin. Mais le sentiment national sera nécessairement mis en balance avec la détestation des Français pour le petit président, et cette balance ne penchera pas forcément en sa faveur, car en matière de défense des intérêts de la France sur la scène internationale, Macron semble avoir énormément de retard.  

    Macron sans boussole diplomatique

    Le monde toujours à côté de la plaque analyse la crise franco-italienne comme émanant seulement de M5S, parce que ce parti serait en perdition sur le plan électoral, il consacre à cette affaire un éditorial à charge contre Di Maio, notamment parce que celui-ci soutiendrait les gilets jaunes, plus un « chat » sensé éclairer les lecteurs, mais on n’y trouve qu’une défense de Macron, reconnaissant toutefois de la part du président français à peine des maladresses[9].  Marc Semo parle à propos de Di Maio de « fuite en avant », d’un ministre « complètement dépassé », comme si Macron n’était pas du tout dépassé par la crise des gilets jaunes. Mais il ne relève pas le fait suivant : si Di Maio se mêle de ce qui ne le regarde pas en allant voir les gilets jaunes, que fait Macron lorsqu’il condamne la politique migratoire italienne et qu’il dénonce le traitement de l’Aquarius et des migrants par Rome[10] ? Que fait-il quand il exige de Maduro des élections dans la semaine qui suit ? Si on voulait une preuve que l’Europe n’existe pas en dehors des intérêts des multinationales et des banques, en voilà une de première grandeur. Après avoir fait la leçon à l’Italie, à la Russie, à la Hongrie, à Maduro, et j’en passe, voilà maintenant que Macron se brouille avec Merkel. En apparence la signature du traité ignoble d’Aix-la-Chapelle, pourtant largement à l’avantage de l’Allemagne, n’a pas rapproché les deux pays. A la mi-février Macron devait se rendre à Munich pour une Conférence sur la sécurité[11]. Officiellement, Macron fait savoir qu’il n’ira pas, qu’il se consacre à une tâche bien plus importante, le Grand débat. Mais en réalité tout le monde sait qu’il boude dans son coin, et que le différend porte sur la question de l’approvisionnement en gaz de l’Europe. Les Allemands parlent de revirement de la France[12]. Revirement, cela voudrait dire que Macron n’est pas un partenaire fiable, qu’auparavant la France soutenait la proposition de Merkel de sécuriser les approvisionnements en gaz en provenance de la Russie à travers la construction d’un gazoduc, projet Nord Stream 2, et que maintenant Macron aurait changé d’avis. Officiellement Macron s’opposerait à une plus grande dépendance de l’Union européenne au gaz russe. Mais les Russes pensent que cette querelle provoquée par Macron est artificielle et seulement le résultat d’une marginalisation de Macron par rapport à ce projet qu’il ne peut pas maitriser. Ils croient savoir qu’il rentrera rapidement dans le rang, qu’il ait ou non obtenu quelque concession de Berlin[13]. Le plus probable est qu’en réalité il va fatiguer les Allemands qui l’appréciaient tant qu’ils pouvaient se servir de lui, mais depuis quelques mois, et bien avant la crise des gilets jaunes, son étoile a beaucoup pali. Ils vont tout faire pour le marginaliser un peu plus sur la scène internationale. Cependant cette querelle entre la France et l’Allemagne pose la question de savoir avec qui l’Europe peut continuer à se faire. Que l’Allemagne en ait le leadership personne ne le conteste, mais il faut encore qu’elle puisse s’appuyer sur des alliés bienveillants qui épaulent ses projets hégémoniques. Or elle ne peut plus compter depuis longtemps sur l’Italie, le Royaume Uni est sur le départ, et si la France devient à son tour incontrôlable, on ne voit pas ce que ce bateau ivre pourra bien devenir.  

    Macron sans boussole diplomatique

    Nous sommes bien sûr trop loin de ces négociations pour trancher dans ces querelles. Les échos que nous avons par la presse de ces querelles ne reflètent pas toujours la réalité. Par contre nous pouvons en tirer plusieurs conclusions en ce qui concerne le comportement de la diplomatie française. La première est d’abord qu’à quelques mois des élections au Parlement européen, le couple franco-allemand est plus que jamais une fiction. Mais aussi que l’Union européenne est minée de querelles intestines, la France avec l’Italie, l’Italie avec l’Allemagne, l’Allemagne avec la France, et que ces querelles ne permettent aucunement d’envisager un approfondissement de l’Europe vers une plus large intégration. L’idée selon laquelle l’Union européenne représente l’amitié entre les peuples va être difficile à soutenir. La seconde est que la diplomatie française n’a pas de colonne vertébrale et cela vient probablement plus de Macron que de Le Drian qui a toujours été un homme prudent. Quelles que soient les dissensions que la France peut manifester avec l’Italie, ce n’est pas comme ça qu’on doit se comporter avec un pays voisin. Ces foucades rappellent tout à fait l’irrésolution de Trump et de son mur. Macron ne se sent à son aise que dans les rapports de brutalité, mais il n’est pas un chef de guerre et cette brutalité ne peut pas fonctionner avec des pays comme l’Allemagne ou l’Italie, et encore moins dans le cadre de l’Union européenne qui fonctionne plutôt sur le mode du consensus que sur celui de l’affrontement. 



    [1] https://www.lemonde.fr/international/article/2019/02/04/venezuela-nicolas-maduro-rejette-l-ultimatum-europeen_5418702_3210.html

    [2] https://blogs.mediapart.fr/morvan56/blog/020219/antonio-guterres-l-onu-ne-reconnait-que-maduro-comme-president-legitime

    [3] https://www.lejdd.fr/International/venezuela-les-pays-qui-reconnaissent-guaido-ceux-qui-soutiennent-encore-maduro-3851438

    [4] https://www.francetvinfo.fr/monde/italie/tensions-diplomatiques-entre-paris-et-rome-la-france-renvoie-une-image-arrogante-en-italie_3179823.html

    [5] https://www.tpi.it/2019/02/01/ultimi-sondaggi-politici-oggi-1-febbraio/

    [6] http://in-girum-imus.blogg.org/macron-cheval-de-troie-de-l-europe-allemande-a158435150

    [7] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/02/09/ingrid-levavasseur-a-l-epreuve-du-feu-politique_5421409_823448.html

    [8] https://www.lepoint.fr/politique/migrants-macron-contre-la-lepre-qui-monte-et-les-donneurs-de-lecons-22-06-2018-2229629_20.php

    [9] https://www.lemonde.fr/international/article/2019/02/08/crise-entre-la-france-et-l-italie-le-mouvement-5-etoiles-est-totalement-depasse-d-ou-cette-fuite-en-avant_5421227_3210.html

    [10] https://www.europe1.fr/politique/aquarius-macron-appelle-a-ne-pas-ceder-a-lemotion-et-assure-travailler-avec-litalie-3680510

    [11] https://fr.sputniknews.com/international/201902071039945277-Macron-Allemagne-gazoduc-NordStream2/

    [12] https://www.sueddeutsche.de/wirtschaft/nord-stream-frankreich-russland-1.4318851

    [13] https://fr.sputniknews.com/international/201902081039958142-allemagne-france-nord-stream/

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  •  Echec des rassemblements contre l’antisémitisme 

    Manifestation à Paris

    Les manifestations contre l’antisémitisme qui devaient avoir lieu un peu partout en France le 19 février sont un échec. Nous n’avons guère de chiffres, mais il est clair que ces rassemblements pourtant annoncés comme œcuméniques n’ont pas obtenus le succès espéré, et cela malgré la participation d’un certain nombre de gilets jaunes. A Paris la foule pouvait faire un peu illusion, mais pas trop longtemps, et seulement parce que les partis et les élus avaient mis le paquet sur la Place de la République. Nous n’avons pas encore de chiffres, mais les cortèges étaient assez peu fournis. Il serait stupide évidemment d’attribuer cet échec à une pseudo montée de l’antisémitisme en France qui comme nous l’avons montré avant-hier est très relatif[1].

    Les raisons de cet échec doivent être recherchées principalement dans cette volonté d’instrumentaliser des chiffres – on parlait d’une montée de 74% des actes antisémites – au profit d’une politique. Dans cette affaire, les partis on fait bloc pour exclure de cette manifestation aussi bien le Rassemblement National que la France Insoumise, les deux principaux partis d’opposition, le reste n’existant plus. Ces deux partis qui rassemblaient aux dernières élections présidentielles plus de 40 % des voix, devaient forcément y figurer, sous peine de présenter cette manifestation comme une volonté partisane de manipulation. Marine Le Pen rendra hommage à Ilan Halimi à Bagneux[2], et Mélenchon après avoir hésité se rendre à cette manifestation. Défiler avec la canaille LREM était en effet quelque chose de décoiffant, sachant que ce parti soutien la politique fascisante de Macron. Insulter Finkielkraut serait-il plus grave que d’éborgner ou d’amputer des manifestants ? Mais à travers cette volonté il y avait un autre parti qui était clairement ciblé, celui des gilets jaunes, surtout depuis l’agression verbale qui avait visé Alain Finkielkraut. Ce dernier avait d’ailleurs minimisé l’importance de cette affaire, à l’inverse de l’ignoble BHL qui s’entêtait toujours à identifier les gilets jaunes à d’affreux antisémites, fascistes pour tout dire. Les Français sont donc tout naturellement restés très à l’écart de ces rassemblements. On avait compris que Macron qui se voit parfois en Machiavel, cherchait à se servir de cela pour diviser le mouvement des gilets jaunes. Il a fait savoir – comme tous ces prédécesseurs – qu’il était déterminé à agir. Sachant qu’il était plutôt vu comme un soutien de l’islam en France, il s’est empressé de se rendre au Mémorial de la Shoah pour y dire des banalités[3]. Le CRIF par la voix de Francis Kalifa, son président de plus en plus contesté par les Juifs de France eux-mêmes, a tenté d’une manière stupide de se faire remarquer en venant indirectement au secours de Macron. « Le droit de manifester est constitutionnel, mais il faut trouver le moyen de les faire cesser, en tout cas de les canaliser. » a –t-il dit à la manière d’un idiot de village tendant de faire un amalgame des plus douteurs entre gilets jaunes et antisémitisme[4]. Cet angle d’attaque est très mauvais, et on a vu dans les rassemblements d’hier que de nombreux juifs, comme Alain Finkielkraut d’ailleurs, se réclamaient à la fois des gilets jaunes et de la lutte contre l’antisémitisme.

    Echec des rassemblements contre l’antisémitisme 

    Manifestation contre l’antisémitisme à Gérardmer 

    En dehors de cette manipulation, il y avait une autre question : à quoi servent concrètement les manifestations ? Cela fait en effet trente ans et plus qu’on manifeste contre l’antisémitisme, sans effet. Edouard Philippe, à la suite de Macron, a avancé qu’il allait faire une nouvelle loi, comme après chaque manifestation. Mais la question réside-t-elle dans l’insuffisance de l’arsenal législatif ? Il nous semble que non. Des lois nous en avons des quantités industrielles, et pourtant cela ne change pas grand-chose. Il faudrait peut-être commencer par pointer ce qui est aujourd’hui le terreau de l’antisémitisme en France. Contrairement à ce que les médias et les politicards tentent de faire croire, l’antisémitisme à la papa, façon extrême-droite Dieudonné-Soral, est aujourd’hui résiduel. Il existe bien sûr, mais il est une toute petite part de ce phénomène. Le gros de l’antisémitisme en France, soyons clairs, provient d’abord de l’islamisation du pays. Si notre pays est un de ceux qui en Europe concentre le plus d’actes antisémites, c’est parce que la population musulmane est très nombreuse. Les départements comme la Seine-Saint-Denis qui sont le plus islamisés sont aussi ceux d’où les juifs s’en vont en masse. C’est le nœud de l’affaire. Car aujourd’hui, le terreau sur lequel prospère l’antisémitisme est bien l’antisionisme, douteuse reconversion de l’antisémitisme à l’ancienne. Du reste quand Finkielkraut s’est fait injurier, c’est un islamiste qui s’en est chargé, en le traitant d’abord de sioniste. C’est évidemment là que les gauchistes ordinaires interviennent, en faisant de la cause palestinienne un des marqueurs essentiels de leur politique, ils dédouanent l’Islam de toute idée hégémonique et donc antisémite aussi, en espérant que cela leur amènera quelques troupes. Mais si les gilets jaunes à quelques exceptions près n’ont pas été marqués par la présence d’immigrés ou de descendants d’immigrés dans leur rang, il est difficile de croire qu’ils seraient gangrenés par une forme insidieuse d’antisémitisme.

    Echec des rassemblements contre l’antisémitisme 

    Manifestation contre l’antisémitisme à Angers 

    Comme nous le voyons ce qui est la cause principale de l’échec des manifestations du 19 février, c’est d’abord l’incapacité (ou le manque de volonté) des politiques d’identifier clairement le mal à l’origine de la persistance de l’antisémitisme en France. Comment peut on accorder quelque crédibilité à l’exécutif Macron-Philippe, quand on sait qu’il peine à remettre un peu d’ordre dans les quartiers islamisés de la périphérie de Paris, et qu’il préfère matraquer les gilets jaunes ? Comment peut-on croire que et étrange attelage va agir contre l’antisémitisme quand on sait que la justice va remettre en circulation des dizaines de terroristes arrivés en fin de peine, et que la France s’apprête à accueillir des dizaines de djihadistes de retour de Syrie et qui risquent la peine de mort dans ce pays pour les crimes qu’ils y ont commis, le chiffre de 130 est avancé[5]. Tant qu’on se contentera de défilés sans importance et d’allumer des bougies, les choses n’avanceront pas. Il faut s’attaquer au mal à la racine et parmi les choses qu’on peut faire, il faut renforcer la laïcité sans besoin de changer la loi. Déjà on pourrait donner un signal fort en fermant L’observatoire de la laïcité. Bref il faut faire exactement l’inverse de ce qu’ont proposé Sarkozy et maintenant Macron.



    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/l-antisemitisme-le-retour-a159202164

    [2] https://www.lci.fr/politique/marine-le-pen-rend-hommage-a-ilan-halimi-2113412.html

    [3] https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Contre-l-antisemitisme-Emmanuel-Macron-se-recueille-au-Memorial-de-la-Shoah-1606793

    [4] https://francais.rt.com/france/59268-antisemitisme-il-faut-faire-cesser-les-manifestations-des-gilets-jaunes-reclame-le-crif

    [5] http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2019/01/30/31001-20190130ARTFIG00108-avons-nous-vraiment-les-moyens-de-rapatrier-130-djihadistes-en-france.php

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