•  Les foulards rouges, Macron et l’ultra-droite

    La manifestation pro-Macron avait été plusieurs fois déprogrammée, les LREM étant dans l’incapacité de réunir une foule qui soit un peu importante et qui puisse faire illusion au journal de 20 heures. Et puis finalement il fallu bien s’y résoudre et y aller. Selon Castaner ils étaient 10 500 à défiler de la Nation à Bastille. Evidemment ce chiffre était faux, comme chaque fois que communique la ministre de l’intérieur. Il avait avancé 10 500 parce que quelques minutes avant le départ du cortège un des organisateurs avait dit que son objectif était 10 000. En vérité les autres évaluations faisaient état d’un chiffre allant de 2 000 – selon RT – à 4 500 – selon BFM TV. Le syndicat policier France Police lui donnait le chiffre de 3 500, chiffre qui nous semble assez juste lorsqu’on regarde les images[1]. Il s’agissait d’une manifestation nationale, et certains foulards rouges venaient de province. Cette manifestation était encadrée par un cordon solide de policiers, sans doute parce qu’on craignait une attaque des gilets jaunes. La très faible participation à cette unique manifestation pro-Macron en dit long, à la fois sur le peu de soutien que Macron a encore dans l’opinion, sur la qualité de ces soutiens et sur l’amateurisme du gouvernement pour tenter d’organiser une contre-manifestation à la mobilisation des gilets jaunes. En Mai 68, le général De Gaulle avait pu réunir autour de sa personne 1 million de manifestants le 30 mai 1968 à la Concorde[2]. Cette manifestation des foulards rouges prouvait combien Macron était isolé finalement, et expliquait peut-être encore mieux pourquoi il avait besoin du Grand débat et du relais de la télévision pour tenter d’exister encore un peu.

    Les foulards rouges, Macron et l’ultra-droite

    Mais sans doute ce qui frappait le plus dans la manifestation du 27 janvier 2019, c’était la qualité des manifestants. C’était des vieux globalement et des riches qui manifestaient. Ils n’avaient pas grand-chose à dire sauf à avancer qu’ils défendaient eux aussi la République et la liberté. Des slogans incongrus comme « Mélenchon démission » étaient aussi criés, comme si Mélenchon avait quelque pouvoir en France, mais aussi sur les gilets jaunes. Même quand on est stupide comme un foulard rouge, on se rend compte que Mélenchon n’ayant qu’un mandat de député d’opposition, il n’a même pas les moyens de démissionner ! Mais je suppose que cette idée loufoque était destinée à faire le pendant aux « Macron démission » qu’on entend aux quatre coins de la France depuis presque trois mois maintenant. Contrairement aux manifestations des gilets jaunes, les foulards rouges avaient mis en avant des images de la diversité : quelques personnes originaires d’Afrique ou d’Asie, sans dire toutefois s’il s’agissait de leurs domestiques sommés d’aller faire nombre. On disait également qu’une vingtaine de parlementaires s‘y était retrouvés, ce chiffre oscillant entre 20 et 40 selon les sources. 

    Les foulards rouges, Macron et l’ultra-droite  

    Les foulards rouges après cette brève ballade entre Nation et Bastille où ils se firent copieusement injurier par une poignée de gilets jaunes regroupés sur les escaliers de l’Opéra-Bastille, se dispersèrent rapidement dans le calme, disant à qui voulait bien les entendre qu’eux au moins ils ne faisaient pas de dégât comme ces fainéants de gilets jaunes. Evidemment vu leur faible nombre et leur âge canonique ils ne risquaient pas de poser beaucoup de problème aux forces de l’ordre qui les encadraient de très près d’ailleurs. Cette manifestation fut clairement un fiasco. Cependant il était intéressant d’écouter ces gens qui sont maintenant le dernier carré de la Macronie en déroute. On se souvient que Macron avait fait sa campagne présidentielle sur l’idée qu’il n’était ni de droite, ni de gauche, sous-entendant par là qu’il prendrait le meilleur des uns et des autres, la droite pour bien gérer l’économie, la gauche pour travailler à réduire les inégalités et introduire un peu d’humanité. Mais après un peu plus d’un an et demi il ne reste rien de tout cela, et surtout plus personne pour y croire. Le soutien de la Macronie sont des rentiers, des grands bourgeois qui défendent leurs intérêts de classe, c’est-à-dire la baisse des impôts qui leur est favorable ou la détaxation des revenus des actions qu’ils ont achetées. 

    Les foulards rouges, Macron et l’ultra-droite 

    C’est l’ultra-droite, celle des beaux quartiers, les Versaillais, ceux qui dans le temps hurlaient : « Plutôt Hitler que le Front Populaire », tant ils craignaient qu’on s’attaque à leurs propriétés. Les interviews que nous avons entendus étaient assez édifiants : ils stigmatisaient généralement les gilets jaunes, leur demandant d’aller travailler et de cesser d’entraver les libertés, ils réclamaient moins de mansuétudes des forces de police à leur égard, ou encore qu’on cesse de les invités à animer des débats sur les chaînes de télévision. Également ils appelaient à la poursuite des réformes macroniennes. Seulement voilà, c’est là que le bat blesse, les réformes macroniennes sont massivement rejetées par la population. Si nous regardons le tableau suivant qui résume un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche, c’est toujours pratiquement 80% de la population qui est hostile à la fois à la personne de Macron, mais aussi à sa politique économique et sociale. Son bilan est très négatif, ce qui n’est pas une surprise, mais il y a en outre que de se positionner faussement en se disant ni de droite, ni de gauche ou à la fois de gauche et de droite, est un mensonge qu’on ne lui pardonne pas. Le public qui se reconnait en lui, c’est l’ultra-droite, cosmopolite, européiste et affairiste, dont la seule boussole est le compte en banque. C’est le peuple de la rente qui a mis un foulard rouge. Pour des raisons que nous n’avons pas à développer ici, le général De Gaulle conservait tout de même une base en dehors de la ploutocratie.

     Les foulards rouges, Macron et l’ultra-droite

    Les foulards rouges contestaient l’idée selon laquelle les gilets jaunes représentaient le peuple. Et ils pensaient qu’une majorité silencieuse sortir de sa réserve pour montrer qu’elle aussi était le peuple. C’est raté, le pari très naïf de Laurent Soulié est perdu. Seuls se sont déplacés des vieux bourgeois. Le fiasco de cette manifestation est un caillou de plus dans la chaussure de Macron, sa seule base, ce sont les très riches. Disons le fameux 1%, c’est à mon sens bien insuffisant pour retrouver ne serait-ce qu’un semblant de légitimité. Pour le reste il agrège les débris de ce que fut la droite sarkozyste en voie de disparition. Le but de cette manifestation était de montrer qu’on fond il y avait deux France opposées, que le pays était idéologiquement en deux : le parti de l’ordre et le parti du désordre. Mais tout ce qui a été démontré les 26 et 27 janvier 2019, c’est qu’il y a un soulèvement de la France pratiquement dans son entier contre l’oligarchie. Il est bien possible qu’avec l’aide de quelques transfuges des gilets jaunes et l’effondrement programmé du parti de Wauquiez, Macron arrive en tête aux élections européennes de ce printemps qui vient. Mais outre qu’il y aura une très forte abstention, parce qu’on sait que le parlement européen n’a strictement aucun pouvoir, il y a peu de chance que cela masque son isolement.



    [1] https://france-police.org/2019/01/27/3-500-foulards-rouges-a-15h30-selon-nos-estimations-actualisees-france-police-policiers-en-colere-denonce-lignoble-instrumentalisation-faite-par-ces-activistes-politiques-des-blesses-dans-nos-ra/

    [2] En vérité ils n’étaient que 300 à 400 000, mais les organisateurs parlaient d’1 million parce qu’un chiffre rond ça fait mieux.

    Partager via Gmail

    2 commentaires
  • Acte XI, les gilets jaunes ne faiblissent toujours pas 

    Dans les rues de Paris pour l’acte XI 

    Il semblait que les conditions étaient réunies pour que l’acte XI amorce une décrue : démonstration de la Macronie dans le Grand débat, monopolisation des chaînes de télévision. Et les journalistes se délectaient des dissensions qu’on voyait chez les gilets jaunes. Il y avait d’abord Ingrid Levavasseur qui prétendait monter une liste pour les élections au parlement européen, Rassemblement d’Initiative Citoyenne pour tenter de profiter de l’engouement pour le RIC, et on comprenait assez bien que cette liste était sponsorisée en sous-main par Macron et sa bande qui pensent qu’ainsi cette liste piquera des voix à la FI et au RN, et donc lui permettra de finir en tête pour peu que la liste de Wauquiez s’effondre, ce qui semble assez bien parti[1]. Dans la liste de 10 noms qui était avancée, on retrouvait par exemple Marc Doyer ancien candidat macroniste qui disait avoir fait son mea culpa et regretter ses anciennes accointances. On savait que depuis longtemps Hayc Shahinyan qu’on avait beaucoup vu sur les plateaux télévisés voulait construire un parti sur la base du mouvement des gilets jaunes[2]. Également Ingrid Levavasseur qui avait rencontré Emmanuelle Wargon au moment du lancement du show Macron dans l’Eure avait critiqué les propositions de Drouet et de Nicolle, les jugeant assez peu responsables selon elle.

    Et pourtant malgré tout, la onzième édition du samedi des gilets jaunes fut un nouveau succès pour le mouvement. Bien sûr comme à son habitude Castaner a raconté n’importe quoi, assurant que sur la France entière les gilets jaunes avaient rassemblé 69 000 personnes. Mais les foules étaient compactes à Bordeaux comme à Toulouse comme la semaine dernière. Le syndicat policier France Police estimait la participation à 330 000, soit 5 fois plus[3].

      Acte XI, les gilets jaunes ne faiblissent toujours pas

    Les consignes aux policiers avaient encore semble-t-il changé. Alors que les deux derniers samedis avaient été plus paisibles, les forces de l’ordre firent un usage disproportionné de la violence contre les gilets jaunes. C’est ainsi que Jérôme Rodriguez, une des figures emblématiques du mouvement, qu’on dit proche de Drouet, reçu une flash-ball en pleine tête alors qu’il filmait la manifestation. Ce ne pouvait pas être un hasard puisqu’on sait que les LBD sont équipés d’une technologie de visée qui permet le tir de précision. Le préfet a signalé que cet acte grave allait être suivi par l’IGPN, alors que Castaner avait assuré quelques jours plus tôt qu’aucun policier n’avait usé à tort de flash-ball. Notez que cette agression intervient quasiment au moment même où Macron réclame, avec l’Allemagne et l’Espagne, à Maduro de ne pas s’opposer à son peuple par la violence et d’accéder à une nouvelle élection de l’assemblée dans la semaine qui suit. Il lance cet ultimatum en s’ingérant dans les affaires d’un pays étranger, soulignant le courage des manifestants[4]. Evidemment on comprend que cet alignement sur les positions de Trump fait de lui un soutien direct de l’impérialisme américain. Rappelons qu’il y a seulement quelques jours le ministre des affaires étrangères, Le Drian, convoquait l’ambassadrice d’Italie pour la sermonner et lui demander de ne pas faire la leçon à la France[5].  

    Acte XI, les gilets jaunes ne faiblissent toujours pas

    Mais le plus important était peut-être ailleurs. En effet, à Commercy dans la Meuse, une coordination nationale des gilets jaunes s’était réunie. 250 à 300 délégués y participaient, venant d’un peu de partout. La démarche était très différente de celle d’Ingrid Levavasseur qui fut très critiquée à Commercy pour son manque de légitimité dans le mouvement, faire de la politique autrement en visant une simple coordination de groupes autonomes pour sortir de la politique politicienne qui aboutit forcément à la sclérose partisane et à la professionnalisation des élus. L’assemblée était divisée quant à l’opportunité de prendre des décisions, une partie considérant que les gilets jaunes n’étaient pas suffisamment représentés à Commercy.

    Le fait que la mobilisation reste toujours aussi élevée au troisième mois de lutte montre qu’il y a un désir profond de changement dans notre pays. Mais le mouvement court le risque de la dispersion, il ne l’évitera qu’à la condition expresse de rester concentré sur les revendications emblématiques du mouvement :

    - hausse du SMIC et des pensions de retraite ;

    - abrogation du CICE et retour de l’ISF ;

    - mise en place du RIC ;

    - baisse des salaires des députés et en général des élus ;

    - et démission de Macron bien entendu.

     

    C’est donc une épreuve de force entre les gilets jaunes et le gouvernement qui mise sur un effritement à plus ou moins longue échéance. Il suppose qu’il a tous les atouts de son côté, la police, les institutions et les médias, et donc que la lassitude l’emportera, même si c’est au prix d’une grande rancœur. Macron parie sur le fait qu’il mobilisera suffisamment le noyau dur de la droite ordinaire en piquant des voix et des soutiens au parti de Wauquiez. Juppé montre la voix. Il sait très bien qu’il ne sera jamais majoritaire dans le pays, mais il pense que la balkanisation de l’opposition lui suffira pour se maintenir. Les gilets jaunes vont donc devoir faire preuve de beaucoup d’originalité pour surmonter ces obstacles.

    Le lendemain de l'acte XI une manifestation de soutien à Macron, manifestation dite des foulards rouges et qui avait été plusieurs fois reportée pour tenter de réunir un peu de monde, fut un fiasco complet, démontrant encore plus l'isolement dans lequel se trouvait le président des riches. Il y avait tellement peu de monde que la circulation n'avait même pas été interrompue. L'amateurisme de Macron est tel qu'il n'est même pas dans la capacité de mettre en place une manifestation qui puisse donner l'illusion que quelqu'un le soutient encore.

    Acte XI, les gilets jaunes ne faiblissent toujours pas



    [1] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2019/01/23/25001-20190123ARTFIG00274-europeennes-une-premiere-liste-gilets-jaunes-conduite-par-ingrid-levavasseur-presentee.php

    [2] https://www.liberation.fr/checknews/2019/01/24/marc-doyer-candidat-gilet-jaune-aux-europeennes-est-il-un-ancien-membre-d-en-marche_1705085

    [3] https://france-police.org/2019/01/26/estimation-de-la-participation-a-lacte-11-des-gilets-jaunes-a-19h30-330-000-manifestants-a-travers-toute-la-france/

    [4] https://francais.rt.com/international/58438-venezuela-macron-reconnaitra-guaido-maduro-elections-jours

    [5] https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/21/l-ambassadrice-d-italie-convoquee-au-ministere-des-affaires-etrangeres-francais-apres-des-propos-de-luigi-di-maio_5412430_3210.html

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •   Macron Cheval de Troie de l’Europe allemande

    En grande pompe et sous les huées des manifestants massés à l’extérieur, Macron a signé le 22 janvier un traité dit d’intégration entre la France et l’Allemagne. J’ai déjà dit à quel point ce traité était un symbole de l’allégeance de Macron à l’Allemagne[1]. Bien qu’il ait présenté cette infamie comme une avancée pour l’Europe, c’est bien d’autre chose qu’il s’agit puisque ce traité ne concerne que la soumission de la France à l’Allemagne, les autres pays européens étant exclus de cette mascarade. Dans le traité on parle clairement d’intégration entre la France et l’Allemagne et très peu d’Europe finalement. On voudrait démontrer par là que l’Europe est d’abord allemande qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Même si concrètement rien n’est précisé des obligations des uns et des autres, sauf une assistance mutuelle en cas de conflit – avec qui ? l’Italie ? – c’est bien cette allégeance qui est honteuse. Macron est toujours égal à lui-même : faible avec les forts, les milliardaires ou les Allemands, il se veut fort avec les faibles, il insulte les Français, les pauvres, les gilets jaunes ou encore les Italiens qu’il méprise tout autant qu’il nous crache dessus.

      Macron Cheval de Troie de l’Europe allemande

    Coutumier des provocations imbéciles derrière son sourire très niais et ses mouvements de bras précipités, Macron a laissé parler son inconscient : « La part que je ne comprends en allemand a un charme romantique que parfois le français ne m’apporte plus » Cette phrase, en dit plus long sur ce qu’il est que mille discours. C’est la posture de la collaboration ou de la capitulation. Comprenez qu’étant sous le charme de la langue allemande, il fera tout pour lui plaire. Mais il nous avait déjà prévenu durant la campagne des présidentielle, la culture française n’existant pas selon lui, il n’y a pas lieu de la défendre : la France est un territoire à géométrie variable qui contient des cultures diverses et variées[2].

     

     

    Evidemment les grincheux se rappelleront que l’Allemand ne fut pas toujours une langue très appréciée, par exemple quand on avait réécrit dans le Paris de l’Occupation les panneaux de signalisation dans une autre langue que le Français, une langue qu’on trouvait tout de même un peu barbare et envahissante. Les Parisiens trouvaient cela moins romantiques, sauf les Drieu La Rochelle, les Rebatet ou les Céline. Va-t-on réécrire tous nos panneaux Français en Boche moderne ? Ce n‘est pas encore dans le traité.

    Macron Cheval de Troie de l’Europe allemande 

    Le traité semble là à la fois pour rappeler l’importance du couple franco-allemand, et le bienfait des réformes ordolibérales que le zélé domestique Macron met en œuvre pour le grand plaisir de la Commission européenne et de ses commanditaires. Les plus anciens, ou ceux qui ont le goût pour l’histoire, se souviendront pourtant que sur le fronton des camps de concentration il était écrit Arbeit macht frei. N’est-ce pas un peu comme si ce slogan que les déportés juifs pouvaient lire à l’entrée de Dachau, anticipait de ce que serait les réformes du droit du travail de Macron ? Les européistes vont me dire que j’exagère, que le temps a passé et que l’Allemagne n’est plus nazie. Et c’est bien vrai, elle n’est plus nazie, ce qui veut dire qu’elle conduit son expansion par d’autres moyens que les armes. D’ailleurs en matière d’armée, elle est plutôt faible, et c’est sans doute pour cela qu’elle a besoin d’un collaborateur comme Macron, parce que notre armée par le biais d’un traité d’assistance mutuelle, peut lui apporter une aide précieuse, notamment dans ses visées expansionnistes vers l’Est. Que gagne la France dans ce traité ? Personne n’est capable de le dire, sauf sans doute le mépris que les maîtres accordent à leur domesticité. 

    Macron Cheval de Troie de l’Europe allemande

    Dehors les foules conjointement hostiles à Merkel et Macron les conspuaient avec beaucoup d’ardeur, les Allemands ayant appris un peu de français pour l’occasion afin de crier à l’unisson des gilets jaunes français « Macron démission ». Notez que ces bons Allemands avaient assimilés suffisamment la culture française de la rébellion et enfilé un gilet jaune pour l’occasion ! Mais le projet d’une intégration de la France à l’Allemagne, fut-ce par le biais de l’intégration de l’Alsace et la Lorraine à une super-région allemande est-il vraiment sérieux ? Si les Français n’en veulent pas, les Allemands en veulent-ils ? Il y a clairement dans la signature de ce traité qui peut-être ne servira jamais à rien, une forme d’impérialisme à l’œuvre, un peu comme si l’Allemagne après avoir annexé l’ancienne RDA voulait étendre son emprise à l’Ouest avant d’intégrer des territoires plus faibles comme la République Tchèque, l’Autriche ou une partie de la Pologne. L’histoire se répète, et comme le disait Marx souvent comme une farce. Macron s’est habillé depuis ses débuts de président du costume de traître de comédie. On l’a vu avec son mouvement En Marche qui rappelait les slogans d’un autre traitre, le Maréchal Pétain. « La menace ne vient plus du voisin. Elle vient de l’extérieur de l’Europe et de l’intérieur de nos sociétés, si nous ne sommes pas capables de répondre à la colère qui gronde », a souligné M. Macron, en faisant semblant que sa phrase pouvait avoir un sens, car en effet, si l’ennemi vient à la fois de l’extérieur et de l’intérieur et pas de nos voisins, cela devient plutôt étrange : qui pourra soutenir encore un tel pouvoir contesté urbi et orbi, si ce ne sont des ectoplasmes ? Le monde dans son édition du 24 janvier 2019, signalait tout de même que Macron était très gêné de signer ce traité

     Macron Cheval de Troie de l’Europe allemande



    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/le-traite-d-aix-la-chapelle-sera-signe-le-22-janvier-dans-la-plus-gran-a158416964

    [2] https://francais.rt.com/france/33569-il-n-a-pas-culture-francaise-macron-attire-foudres-droite

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  Le traité d’Aix-La-Chapelle sera signé le 22 janvier dans la plus grande confusion

    Le 22 de ce mois, Macron et Angela Merkel doivent signer un nouveau traité dit traité d’Aix-La-Chapelle. Le choix de cette ville allemande a été du ressort d’Angela Merkel qui a avancé qu’elle se trouvait à mi-chemin entre Paris et Berlin. Mais d’autres se sont empressé d’y voir le symbole du Saint-Empire romain germanique. Il est complètement hallucinant que ce traité n’ait pas été discuté ni même présenté aux citoyens, comme si on craignait quelque chose. Jusqu’à ces jours derniers, on ne savait même pas de quoi il était fait. Evidemment nous étions une fois de plus occupés par les turpitudes de Macron qui baratinait derrière une armée de policiers des bienfaits du dialogue avec le peuple qui allait, n’en doutons pas, approuver ses réformes et y participer. Notez que ce traité va être signé par deux personnalités discréditées dans leurs pays respectifs. Merkel est sur le départ et une très large majorité de Français a rejeté les réformes brutales de Macron au service d’une caste. C’est le deuxième traité qui sera signé en moins d’un an, sans qu’on ne daigne en parler au peuple, sans doute trop idiot pour comprendre de quoi il retourne. Le premier traité est celui dit pacte de Marrakech de l’ONU pour reconnaitre les migrations comme un droit[1]. Ceci traité a été ratifié par 152 pays. Il a été dénoncé par beaucoup comme étant une porte ouverte pour une déferlante migratoire sur l’Europe. On a tenté de nous rassurer en nous disant qu’il n’en était rien, qu’il n’avait aucun contenu juridique, ni n’obligeait les pays à ouvrir leurs frontières. Soit, mais alors pour quelles raisons le signer ? De nombreux pays ont refusé de le signer : L'Autriche, l'Australie, l'Italie, la Bulgarie, le Chili, la Croatie, les Etats-Unis, Israël, la Hongrie, la Pologne, la Serbie, la Slovaquie, la République dominicaine, la République Tchèque, et la Suisse ne signent pas le pacte. L'Estonie, le Danemark et les Pays-Bas n'étaient pas présents à Marrakech. L’Algérie émet de sérieuses réserves. Si je compte bien cela fait 13 pays sur 27 de l’Union européenne, ce qui prouve une fois de plus que l’Union européenne n’a pas de colonne vertébrale et ne représente guère d’intérêts communs pour les pays qui en sont membres. Et donc de la même manière on nous dit que ce traité ne changera rien, et donc on se demande bien pourquoi on s’empresse de le signer en catimini !  

    Le traité d’Aix-La-Chapelle sera signé le 22 janvier dans la plus grande confusion

    Rappelons tout d’abord que ce traité est censé être le pendant ou le complément de celui qui avait été signé en 1963 entre la France représentée par Charles De Gaulle et l’Allemagne représentée par Conrad Adenauer. A cette époque-là, l’Allemagne était demandeuse de ce genre de traité pour tenter d’effacer ses années de honte qui avaient conduit l’Europe et le mode à la guerre. Si elle se redressait rapidement grâce à l’aide américaine et au fait que ses dettes furent annulées, l’Allemagne restait un nain politique, elle avait besoin de faire une percée diplomatique significative pour se normaliser. Elle avait donc besoin de la France. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, ainsi que l’a montré dans son dernier ouvrage Coralie Delaume, encore que la France peut l’aider à avoir plus de poids à l’ONU[2]. Par ailleurs, la France et l’Allemagne appartenant toutes les deux à l’Union européenne et à la zone euro, on ne comprend pas très bien l’idée et le but d’un traité spécifique entre la France et l’Allemagne. Au mieux cela voudrait dire que le couple franco-allemand est reconstitué au détriment des autres pays de la zone euro qu’il entend guidés.  

    Le traité d’Aix-La-Chapelle sera signé le 22 janvier dans la plus grande confusion

    Qu’est-ce qui donc pose problème dans ce nouveau traité[3] ? Il y a d’abord cette idée que les normes d’une économie ouverte et mondialisée à la manière allemande doivent s’appliquer également à la France. Il y a ensuite le fait que la France et l’Allemagne sont associées pour mener une diplomatie commune. « L’admission de la République fédérale de l’Allemagne en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies est une priorité de la diplomatie franco-allemande. » est il écrit dans le chapitre 2. On voit bien l’avantage de l’Allemagne qui ne dispose pas d’un siège permanent au Conseil de sécurité. Par ce traité Macron s’engage à faire avancer les choses dans ce sens, sans toutefois pour l’instant partager son siège avec l’Allemagne. On sait que c’est une des revendications anciennes de l’Allemagne, il y a quelques mois, le vice-chancelier Olaf Scholz le demandait au nom de l’Europe[4]. Le but est de joindre la puissance économique à la force politique à laquelle elle aspire. Le faible Macron est clairement le Cheval de Troie de cette stratégie car le gain pour la France n’existe pas, une telle démarche ne profite qu’à l’Allemagne. La France accepte dans ce traité de perdre son autonomie et de passer sous les fourches caudines de l’Allemagne pour tout ce qui concerne la diplomatie internationale. Il est clair que Macron nous propose le rôle d’idiot utile. Plus européen que français, le petit président à l’aura bien écornée depuis la crise des gilets jaunes, rompt complètement avec l’idée gaulliste largement partagée en France d’une autonomie diplomatique. Certes il n’est pas certain que cela aboutisse à quelque chose d’autre que des déclarations d’intention, mais on ne voit pas du tout ce que la France y gagne à ce marché de dupes.

    Le second problème est celui des régions frontalières, autrement dit l’Alsace et la Lorraine. Voici que dans le traité qui sera signé le 22 janvier, on a pour objectif de créer une super région transfrontalière. Officiellement cela facilitera la vie des personnes qui vivent à cheval sur ces régions de part et d’autre du Rhin. Mais cette super région transfrontalière sera dotée de fonds supplémentaires et d’une large autonomie. Autrement elle va devenir une sorte de Land à la mode germanique. Si on ne peut pas tout à fait dire que l’Alsace et la Lorraine vont être cédées à l’Allemagne, il est clair que ces deux départements vont se détacher progressivement de l’Etat français, et plus le poids économique et politique de l’Allemagne sera important, et plus ces régions pencheront vers Berlin.  

    Le traité d’Aix-La-Chapelle sera signé le 22 janvier dans la plus grande confusion

    CNN ne s’y est pas trompé qui commence à parler de Strasbourg comme d’une ville allemande. Mais il y a encore autre chose. Le traité prévoit que dans cette nouvelle région, on y développe le bilinguisme. Et donc pour ce qui nous concerne en Alsace et en Lorraine, il faudra que les enfants apprennent l’allemand en première langue. Il y a au moins deux précédents à cette tentative de réintroduire l’allemand en France : entre 1870 et 1918, lorsque ces deux départements furent annexés par l’Allemagne, et entre 1940 et 1945 quand ils furent dotés d’une particularité par l’Allemagne nazie. Dans ce dernier cas, je rappelle que de nombreux Alsaciens avaient fui parce que cette annexion linguistique leur plaisait encore moins que l’annexion politique. Ils se revendiquaient français avant tout, et leur langage régional, l’alsacien, est considéré par eux comme très différent de l’allemand. Si formellement Macron ne vend pas encore tout à fait une partie de la France à l’Allemagne, il s’en rapproche un peu. Et en tous les cas cette démarche va tout à fait dans le sens d’une Europe fédérale qui redécouperait l’espace européen en régions plus ou moins autonomes et qui en finirait avec les nations et donc la nation française. Des mauvais esprits y verront facilement l’intérêt de l’Allemagne, en effet ce pays manque de main d’œuvre qualifiée et les migrants qui sont arrivés depuis 2015 sont plus un boulet qu’autre chose pour l’économie. Ils restent le plus souvent au chômage et doivent être pris en charge par l’Etat : ce qui coûte tout de même 20 milliards d’euros par an. Ils n’ont aucune utilité dans une économie industrielle sophistiquée comme l’Allemagne. Ce ne sera pas le cas des Français pour peu qu’on leur apprenne à parler allemand. On peut facilement anticiper que ce nouveau traité va entraîner une nouvelle forme de STO, les ouvriers qualifiés français seront les bienvenus en Allemagne, mais cela se fera au détriment de l’industrie française déjà mal en point. Mais dans me partage international du travail, Macron a fait une croix sur le développement industriel, pensant que le capitalisme financier à la française pouvait très bien s’en passer.  

    Le traité d’Aix-La-Chapelle sera signé le 22 janvier dans la plus grande confusion

    On remarque que ce traité prévoit aussi qu’un Allemand participera au moins une fois par trimestre au conseil des ministres français. Comme si nous n’étions pas assez surveillés par l’Europe allemande, nous voilà maintenant directement sous sa tutelle. Certes, on nous dira que les Allemands admettent la réciprocité et qu’un ministre français sera autorisé à visiter lui aussi une fois par trimestre le conseil des ministres allemands, mais nous savons que le patriotisme allemand est plus solide que le patriotisme français, surtout si on parle des ministres macroniens toujours prêts à se vendre au plus offrant.  Il y a d’autres points très discutables et discutés d’ailleurs par les Français qui s’inquiètent à juste titre d’une tendance à vouloir fusionner l’armée française avec l’armée allemande qui lui est très inférieure sur tous les plans bien que l’Allemagne soit plus riche que la France. Quid de la bombe nucléaire à laquelle l’Allemagne n’a pas accès ? C’est sans doute pour apaiser ces craintes que Macron n’a présenté ses vœux aux corps constitués cette année qu’en direction des Armées. Les militaires qui n’ont pas beaucoup de sympathie pour Macron vont sûrement se cabrer un peu plus à la lecture de ce traité. 

    Le traité d’Aix-La-Chapelle sera signé le 22 janvier dans la plus grande confusion

    Il existe déjà une brigade franco-allemande, celle-ci préfigure-t-elle une armée commune ? 

    Dans la mesure où le contenu concret de ce traité n’est pas précisé, il appartiendra à la France et à l’Allemagne de valider des avancées réelles. Il se pourrait que ce traité reste lettre morte, d’une part parce qu’une grande partie de l’Allemagne commence à douter de l’avenir de la zone euro, mais d’autre part parce qu’un changement de gouvernement en France pourrait conduire à son abandon réel en l’oubliant au fond d’un tiroir. Mais on peut compter sur Macron pour donner des gages de plus en plus forts à l’Allemagne quant à la dissolution de notre nation. Merkel est finie, mais Macron pas tout à fait encore. Si ce traité n’est pas encore une trahison totale, son application pourrait bien le devenir. C’est évidemment une raison de plus pour écarter Macron le plus rapidement possible du pouvoir. Certains députés LREM veulent y croire : « On peut critiquer le manque d’éléments concrets, mais ce texte est un traité, il est fait pour durer des dizaines d’années, ce n’est pas un décret » souligne de son côté Christophe Arend, député LREM de Moselle et président du groupe d’amitié franco-allemand de l’Assemblée nationale[5], et c’est bien ce qui au fond fait peur, même s’il est clair qu’un traité est aussi fait pour être dénoncé.



    [1] https://www.lemonde.fr/international/article/2018/12/19/le-pacte-de-marrakech-sur-les-migrations-ratifie-largement-a-l-onu_5400008_3210.html

    [2] Coralie Delaume, Le couple franco-allemand n’existe pas, Michalon, 2018.

    [3] On trouvera le texte en suivant le lien suivant, avec un commentaire dont je ne partage pas tout à fait l’analyse.

    [4] https://www.lepoint.fr/europe/onu-l-allemagne-veut-que-la-france-cede-son-siege-au-conseil-de-securite-30-11-2018-2275513_2626.php

    [5] https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/france-et-allemagne-enterinent-une-vision-desenchantee-de-leur-relation-dans-un-nouveau-traite/

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    Nous sommes maintenant, avec l’acte X, au troisième mois de la contestation des gilets jaunes. Et malgré le battage fait autour du Grand débat, la mobilisation reste étonnement à peu près constante. Selon le site du syndicat de la police, il y avait le 19 janvier 2019, 350 000 manifestants contre 360 000 la semaine dernière, malgré le froid[1]. Evidemment Castaner-le-menteur a avancé imprudemment le chiffre de 27 000, alors que les chiffres des différentes préfectures donnaient 7000 à Paris, 7000 à Bordeaux, 10 000 à Toulouse. Rien que ces trois villes arrivaient officiellement au chiffre de Castaner-le-menteur. Mais il y avait Marseille, Rouen, Lyon, Nantes, etc… Et même à Forcalquier les gilets jaunes ont manifesté par dizaines devant la maison de Castaner-le-menteur qui fut un temps leur maire. Les manifestants ont déployé des nouveaux panneaux pour dénoncer en même temps la répression des gilets, notamment à cause des tirs de flash-ball, et l’impunité dont bénéficient les amis très riches de Macron. Les manifestants ont tout fait pour éviter les heurts, mais on s’est rendu compte que les policiers avaient des consignes très strictes pour disperser rapidement et brutalement les rassemblements, utilisant à Paris les canons à eau sans raison valable, ce qui a entraîné des heurts, semble-t-il assez peu violents. Le ridicule de Castaner-le-menteur se dévoilait facilement dans le fait que 80 000 policiers avaient été mobilisés. Il y aurait eu encore une fois plus de policiers que de manifestants ! Voilà qui serait original et nouveau !  

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    Le monde s’est encore distingué par sa sournoiserie macronienne. Il a répété les chiffres faux de Castaner-le-menteur, parlant de près de 27 000, ce qui veut dire, un peu moins de 27000. Pourtant même que dans le corps du texte on pouvait se rendre compte que les 27000 manifestants étaient très largement dépassés. Mais ainsi va la vie, ce journal est devenu depuis au moins 2016 le bastion de la réaction macronienne. Je me souviens qu’en Mai 68, Le monde critiquait d’une manière assez objective les dérives de la répression gaulliste au nom d’un certain humanisme un peu cureton. Mais aujourd’hui, c’est plutôt le point de vue macronien qui domine et presqu’un appel à durcir la répression. Il aura fallut à ce journal près de deux mois de violences hebdomadaires pour ce rendre compte du caractère inédit de la répression des gilets jaunes. Quand on lit les commentaires des abonnés à ce torchon numérique, on se demande ce qui s’est passé en cinquante ans. Certes en Mai 68, bien que de droite modérée, ce journal était indépendant, et depuis, il a été acheté et vendu plusieurs fois, finissant par tamiser ses journalistes pour n’en garder que les plus médiocres. Mais ceci n’explique pas tout. Les professions semi-éduquées sont maintenant du côté du manche, du côté de Vichy et de la répression féroce. Ce sont des platitudes féroces qui sont énoncées par les lecteurs, et d’un conservatisme que même Le Figaro ne se permet plus. Ils ont intégré les vieux réflexes pavloviens de la bourgeoisie satisfaite du XIXème siècle : salaud de pauvres qui réclament toujours plus ! Ces médiocres petits-bourgeois se gargarisaient du chiffre de 27 000, arguant qu’ils ne comprenaient pas pourquoi on faisait tout un plat d’une si faible mobilisation. Ils avançaient d’ailleurs que les manifestations CGT-FO, c’était vraiment beaucoup mieux, et puis un défilé Bastille-Nation, de temps en temps, ça ne peut pas faire de mal si ensuite on retourne à sa place pour ne pas emmerder ceux qui font des affaires et qui savent comment un pays doit être conduit. Finalement Castaner-le-menteur admettra qu’il y avait pour l’acte X autant de monde que pour l’acte IX, 84 000 manifestants dans toute la France selon lui. Mais il confirmait indirectement ce que nous avons dit au début de notre billet : la mobilisation ne faiblit toujours pas.  

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    Mais laissons là ses péripéties ordinaires. Il est clair que la bourgeoisie va se regrouper autour de Macron, autrement dit que celui-ci va reconstruire un parti clairement de droite en absorbant avec l’aide de Juppé et d’autres guignols comme Xavier Bertrand ou Pécresse, les débris du parti de Sarkozy, Les Républicains. Déjà on commence à voir les commentateurs nous expliquer que si Macron remonte très légèrement dans les sondages, c’est parce qu’il est en train de récupérer une partie de cet électorat qui adore la répression ferme et résolue de ces salauds de pauvres[2]. On va peut êtrte enfin sortir de la fable selon laquelle Macron n’était ni de droite, ni de gauche, et enfin assumer qu’il est le représentant de la droite extrême, européiste et affairiste.

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas ! 

    Manifestation à Marseille, le 19 janvier 2019 

    Malgré ce regroupement des forces réactionnaires autour de Macron – qui est un peu, eu égard sa folie, notre Trump à nous – on ne voit pas bien les issues possibles. Manifestement le Grand débat est déjà un échec, car s’il a permis à Macron de refaire l’unité autour de la droite ordinaire, il n’a pas décidé les Français à la démobilisation. Et cela malgré tout le travail énorme de la police pour dégager les ronds-points et les péages. Certains, dans son propre camp, commencent à murmurer que Macron doit démissionner, lui-même semble d’ailleurs assez pessimiste et il aurait fait des confidences allant dans ce sens. Il est vrai que si cette farce dure encore une dizaine de samedis, jusqu’au printemps, il n’aura plus que la solution du coup d’Etat ou de la démission. Pour le coup d’Etat, il lui sera difficile de s’appuyer sur les militaires, s’il devait y en avoir un, je pense que les généraux déposeraient plutôt Macron et demanderaient de nouvelles élections présidentielles et législatives. En attendant, le soutien aux gilets jaunes ne faiblit pas, il est même légèrement en hausse, à 56% selon un sondage Opinion way publié par LCI le 19 janvier 2019, et 70% des Français ajoutent qu'ils ne croient pas à l'intérêt du Grand débat.

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas ! 

    Manifestation à Bordeaux le 19 janvier 2019 

    Quant aux revendications des Gilets jaunes, elles sont très claires et restent les mêmes : hausse du SMIC et des pensions de retraites, rétablissement de l’ISF, abrogation du CICE et bien sûr mise en place du RIC, avec en arrière-plan la démission de Macron qui leur parait maintenant inéluctable. Cette fois les cortèges étaient mieux encadrés, avec un début de service d’ordre. Il semble également que la police ait reçu des consignes pour utiliser un peu moins les flash-ball. Car même si Castaner défend ce procédé honteux, ça commence tout de même à jaser, non seulement en France où les journaux nationaux ont repris à leur compte le débat sur la répression disproportionnée, mais aussi à l’étranger, car ne l’oublions pas, plus Macron est déstabilisé en France, et plus il sera regardé de plus en plus de travers par ses collègues européistes. Un autre point important c’est la lassitude de la police, jusqu’à quand supportera-t-elle d’endosser le costume des milices patronales ? Ne va-t-il pas y avoir un moment où ils de désolidariseront des consignes de leur hiérarchie ? Enfin, il y a le fait que cette semaine Macron doit signer le traité d’Aix-la-Chapelle avec Angela Merkel, traité qui est vu par beaucoup comme une capitulation de Macron face aux exigences de l’Allemagne, et par certains européistes comme un traité qui ne brade rien du tout de la souveraineté nationale. Mais si ce traité ne sert à rien, pourquoi le signer ? 

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    Manifestations à Paris, le 19 janvier 2019 

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    A Toulouse des slogans anti-européens et et anti-OTAN on fait leur apparition

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    A la Tour-du-Pin en Isère, les manifestants étaient conduits par un cavalier !



    [1] https://france-police.org/2019/01/19/estimation-de-la-participation-a-lacte-10-des-gilets-jaunes-a-16h-350-000-manifestants-selon-le-syndicat-france-police-policiers-en-colere/

    [2] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/18/l-electorat-de-droite-constitue-la-principale-reserve-de-voix-d-emmanuel-macron_5410935_823448.html et https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/18/crise-sociale-emmanuel-macron-cherche-la-sortie-par-la-droite_5410933_823448.html

    Partager via Gmail

    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires