• L’énorme faute du CRIF

    Avant même la marche blanche du 28 mars, je signalais que le CRIF s’était trompé de cible en stigmatisant à la fois le FN et la FI de Mélenchon. La faute est multiple autant que grossière. Tout d’abord parce que face à l’islamisme agressif qui se propage en France et qui se traduit bien évidemment par des actes antisémites meurtriers, la France doit être rassemblée pour offrir un front unique. Et donc en semant la division le malheureux Francis Kalifat a quelque part encouragé les attentats antisémites. Cette faute est d’autant plus grave que le fils de Mireille Knoll avait annoncé que tout le monde était le bienvenu dans cette marche. La deuxième erreur est de ne pas comprendre qu’en désignant le FN et la FI comme des galeux infréquentables, il reproduit ce que les Juifs subissent depuis des siècles et des siècles, l’exclusion. Alors évidemment nous savons bien que des antisémites on en trouve aussi bien à la FI et au FN. Mais ce n’est pas en condamnant l’ensemble de ces deux partis que ceux-ci seront moins virulents. Bien au contraire. La position de Francis Kalifat suggère que la FI est mise au ban des accusés parce qu’elle critique Israël et pas les Juifs. C’est ce que disait l’hebdomadaire Politis, véritable ennemi d’Israël s’il en est[1]. C’est bien mal connaitre le FN et la FI que de penser que l’ensemble de ses membres et de leurs électeurs sont antisémites. Chacun sait que le FN a, en son sein, un grand nombre de défenseurs d’Israël, et qu’à l’intérieur de la FI les débats sont très violents entre ceux qui soutiennent la Palestine et l’Islam, les BDS, et les autres. Ne pas tenir compte de cette diversité qui se trouve dans les deux partis, est la preuve d’une imbécilité sans fond. Et cela d’autant plus que ces deux partis représentent plus de 40% de l’électorat. Francis Kalifat croit-il sérieusement que 40% de la population française est antisémite ? Je ne disputerais pas ici l’idée selon laquelle le FN serait naturellement antisémite et la FI seulement antisioniste comme certains éditorialistes l’ont fait[2]. J’ai suffisamment répété ici que pour moi c’était les deux termes d’une même équation. Il est évident qu’il faut lutter à la fois contre l’antisémitisme et l’antisionisme. Mais ce n’est certainement pas le lieu lorsqu’il s’agit d’honorer la mémoire d’une pauvre femme âgée dont le seul tort était d’être juive.

      L’énorme faute du CRIF

    Francis Kalifat soutient Macron, c’est son droit bien sûr. Mais il est bien moins pointilleux avec les turpitudes des élus et conseillers macroniens qui l’aident à définir une politique faiblement laïque et peu contraignante pour l’islam agressif. La liste est longue. Mais Francis Kalifat pour des raisons assez confuses croit qu’il est bon d’entraîner la communauté juive vers des délires communautaristes. S’il connaissait un peu l’histoire, il saurait que les Juifs de France ne sont jamais si bien défendus que quand on défend une laïcité un peu intransigeante. Et d’ailleurs les Juifs n’ont jamais remis en question les principes laïques de la Républiques, à part quelques extrémistes. La position de David Knoll était d’ailleurs une critique par avance de la tendance du CRIF à faire de la politique dans le plus mauvais sens du terme qui soit[3]. C’est de sa mère qu’il s’agissait, et non pas de celle de Francis Kalifat après tout, ce dernier aurait dû se taire.  

    L’énorme faute du CRIF

    De nombreux Juifs ont été indignés par les prises de position de Kalifat. Ils l’ont fait savoir sur les réseaux sociaux. Car en prenant position contre la FI et le FN, le CRIF a fait de la politique politicienne au plus mauvais moment. On ne peut pas demander en même temps que tout le monde soit solidaire de Mireille Knoll, et exclure ceux qui ne nous plaisent pas politiquement. La position de Kalifat a entraîné d’ailleurs des échauffourées et il a fallu que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon s’en aillent. Bel exemple de solidarité nationale ! Cette position négative du CRIF jurait avec les pancartes qui réclamaient une France unie contre l’antisémitisme[4]. Je comprends qu’on puisse et qu’on doive demander à la FI comme au FN de faire le ménage dans leurs rangs, et je le fais chaque fois que je le peux, mais ce n’était ni le lieu, ni l’heure. Cette façon de faire qui revient à punir ceux qui ne pensent pas comme nous, relève d’un esprit moderne, du politiquement correct qui nuit à tout débat politique sérieux. Ces louches compromissions ont fait que l’hommage à Mireille Knoll qui aurait dû être l’occasion d’un vrai rassemblement national a tourné à la confusion, déshonorant ceux qui se sont livré à cette pantalonnade, dissuadant sans doute pour longtemps les mouvements de solidarité envers la Juifs de France et d’ailleurs.  

    L’énorme faute du CRIF

    En toute chose, il faut savoir balayer devant sa porte, outre que les agressions physiques contre Mélenchon étaient plus que déplacées, le CRIF a plusieurs cailloux musulmans dans ses godasses. Ses représentants ne se gênent pas pour rencontrer la pire racaille islamiste qui font la profession de haïr principalement les Juifs. Dans les photos reproduites ci-dessous, on voit que le CRIF est bien plus tolérant avec ceux-ci. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se sont finalement moins compromis que certains représentants du CRIF.

      

    Je rappelle pour terminer que si Francis Kalifat s’est permis d’exclure la FI et le FN, il n’a strictement rien dit de la venue de Marwan Muhammad à la marche blanche. C’est pourtant un islamiste radical et un vrai antisémite. L’antisémitisme en France et dans toute l’Europe est en progression constante, lutter contre demande autre chose que l’amateurisme et la division prônée par le CRIF.



    [1] https://www.politis.fr/articles/2018/03/la-faute-morale-du-president-du-crif-38607/

    [2] https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-29-mars-2018

    [3] https://bellaciao.org/fr/spip.php?article159324

    [4] https://www.causeur.fr/melenchon-marine-le-pen-knoll-antisemitisme-150232

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  • Le retour des attentats terroristes en France 

    Contrairement à la manière dont les médias présentent les nouveaux meurtres qui sont commis ces jours-ci au nom d’Allah, le crime de Trèbes n’est pas isolé et ne se résume pas à la mort d’un gendarme courageux et de quelques autres otages. Il faut le relier à une offensive plus générale de l’Islam radical en France. Le 23 mars en effet, une vieille dame âgée était assassinée à Paris, et très certainement parce qu’elle était juive[1]. Cette fois on n’a pas attendu des mois pour qualifier ce nouveau crime d’antisémite, comme cela s’était passé pour Sarah Halimi qui avait été assassinée dans des conditions similaires. La juge d’instruction Anne Ihuellou avait en effet soutenu de façon aberrante et bornée pendant de long mois que le meurtrier, Kobili Traoré, étant donné ses déséquilibres mentaux, ne pouvait pas être qualifié d’antisémite[2] ! Evidemment assassiner une personne âgée en criant Allah Akbar est une preuve de grand déséquilibre. Mais à ce compte-là tous les islamistes qui prônent une culture de mort et commettent des attentats terroristes sont des déséquilibrés.

    Le monde qui est un journal de plus en plus indigne n’osait même pas mettre le nom en entier de Mireille Knoll lâchement assassinée, il parlait d’une certaine Mireille K., comme si les juifs devaient rester dans l’anonymat et s’y cacher. Pourquoi pas un numéro tant qu’on y est ! Mireille Knoll avait échappé à la rafle des Juifs de Paris en 1942, mais elle n’a pas échappé à l’islamisme radical.  

    Le retour des attentats terroristes en France 

    Les juifs de France en première ligne 

    Les assassinats de Mireille Knoll et de Sarah Halimi sont d’abord le signe d’une grande lâcheté : l’islamisme radical s’en prend aux femmes, aux femmes âgées et aux femmes âgées et handicapées. Mais ces assassinats sont aussi une manière de chasser les Juifs dans une volonté de les exterminer. Mireille Knoll a été assassinée dans des conditions répugnantes probablement par quelque voisin dont le parquet pour l’instant refuse de donner le nom, un certain Yacine M.. Cette vieille dame qui avait 85 ans vivait dans une HLM et ne possédait pas grand-chose, tout comme d’ailleurs Sarah Halimi qui habitait dans une HLM du Xième arrondissement. Tous les juifs ne sont pas riches ! Elle ne pouvait pas susciter l’envie ni la jalousie. La seule explication de ce meurtre est finalement de conquérir des territoires au nom de l’Islam, rien d’autre. Des pans entiers de nos territoires sont maintenant interdits aux Juifs, notamment en Seine-Saint-Denis, et les HLM sont interdites aux Juifs pauvres, elles deviennent le domaine réservé des populations islamisées. Plusieurs responsables politiques ont reconnu que les Juifs n’étaient plus en sécurité en France, parce que Juifs[3]. Mais que les non-juifs ne se fassent pas d’illusion, chasser les juifs n’est qu’une première étape, les autres blancs suivront. La logique est celle du nettoyage ethnique. C’est en masse maintenant que les Juifs quittent la France, leurs enfants ont de plus en plus de mal à fréquenter les écoles publiques. Ce qui n’empêchent pas les cuistres de continuer leur sempiternelle propagande selon laquelle le combat du jour est de lutter contre l’islamophobie. Il n’y a pas si longtemps un vieux couple Roger et Mireille Pinto et leur fils David étaient agressé sauvagement à Livry-Gargan, ils étaient visés essentiellement parce que juifs, et comme dans le cas d’Ilan Halimi, leurs agresseurs d’origine africaine pensaient qu’ils avaient de l’argent parce que juifs[4]. Alors que les Juifs de France s’en vont, alors qu’ils paient un lourd tribut à cette guerre de religion, voilà le propagandiste de l’Islam radical Marwan Muhammad qui dénonce avec beaucoup d’aigreur dans un même mouvement la laïcité et l’islamophobie, menaçant même la France qui dit-il va perdre toute la richesse de sa jeune population musulmane qui émigrera[5]. Vers où ? On se le demande. Fuyant déjà des pays islamisés, bloqués dans leur développement, on les voit assez mal retourner vers le Maghreb ou le Machrek.

    Le retour des attentats terroristes en France

    Au-delà de l’indignation et du ressentiment, les attentats terroristes doivent être maintenant compris comme un instrument de conquête des territoires, une technique d’islamisation graduelle de la France. A Trèbes Radouane Lakdim a assassiné plusieurs personnes et égorgé le gendarme Arnaud Beltrame qui s’était courageusement porté volontaire pour être échangé contre un otage lors de l’attaque terroriste contre le Super U de cette petite ville de l’Aude qui a fait en tout quatre victimes. Cette attaque a choqué l’opinion, non seulement parce que Radouane Lakdim était fiché S, mais parce que les jeunes de la cité où il vivait non seulement l’ont soutenu comme un héros tombé au combat, mais parce qu’ils ont montré aux journalistes qui s’approchaient que ce territoire leur appartenait maintenant, ils les ont insulté et menacé. La plupart des médias ont minimisé ce genre d’incident, on y trouve une allusion que dans Le Parisien. Même Libération, pourtant journal plutôt complaisant avec l’islamisation des territoires, est en train de découvrir que la cité Ozanam où logeait Radouane Lakdim était devenu un foyer terroriste difficile à pénétrer pour tous ceux qui étaient considérés comme des étrangers[6]. Radouane Lakdim, petit délinquant sans culture ni religieuse, ni autre, fréquentait la mosquée du quartier, et il est à peu près certain que l’idée de commettre des crimes ne lui est pas venue toute seule. Il y a une ambiance de sécession dans ces quartiers. Comme il y a un fonds d’antisémitisme dans la culture musulmane. Ne pas le voir relève du déni et ne permet pas de prendre des mesures justes : la France, et l’Europe, ont maintenant à faire face à une guerre de religion, que les petits délinquants des quartiers soient ou non manipulés. On ne peut pas ne pas relier ces attentats terroristes à l’Islam et ensuite à l’immigration. Si on ne le fait pas, la guerre sera perdue et la régression de la civilisation s’accélèrera. Mais combien y a-t-il de cités Ozanam en France ? Probablement des centaines.

      Le retour des attentats terroristes en France

    Des populations en voie de sécession 

    Nous avons maintenant sur notre propre territoire une population qui pèse peut-être 8 ou 10% de l’ensemble et qui est clairement hostile à ce que nous sommes, c’est-à-dire à ce que nous a légué notre propre histoire en terme de liberté. Cette population est dans une logique de conquête et d’éviction ainsi que le montre les nombreux ouvrages qui traitent sérieusement de la question. Je pense ici à l’ouvrage publié sous la direction d’Emmanuel Brenner, Les territoires perdus de la République[7], ou encore à celui publié sous la direction de Georges Bensoussan, Une France soumise[8]. Comme on le voit dans le cas de la cité Ozanam de Trèbes, les crimes de Radouane Lakdim ont emmené la population islamisée de ce quartier à se refermer, à se souder sur elle-même. La compagne de Radouane Lakdim a été arrêtée, elle aussi était fichée S. mais le pire est qu’elle cautionne les actions terroristes en affirmant qu’il faut punir la France comme un pays mécréant[9]. Elle se range donc officiellement dans une logique de sécession et de reconquête de la France par l’Islam. Ils sont très nombreux comme cela. Longtemps ces thèses ont été marginalisées, on les regardait comme seulement une extension d’une pensée fascisante, d’extrême droite. La gauche a toujours répugné à s’emparer de cette question. On a d’ailleurs vu un crétin de compétition, Stéphane Poussier, un représentant de la France Insoumise, se réjouir de la mort du gendarme Beltrame. Certes la France Insoumise et Mélenchon ont réagi très vivement à cette provocation imbécile[10]. Mais le mal était fait. On commence à voir qu’au sein de la France Insoumise il y a toute une frange complètement gangrenée par l’islamisation rampante des esprits, de Poussier à Obono, en passant par Clémentine Autain. Je ne vais pas en faire la liste ici, cela me prendrait trop de temps. De même le président de la République ne parait pas le mieux placé pour faire avancer des solutions. On sait qu’il considère l’immigration comme une chance pour notre économie[11] et l’islam comme une religion française[12]. De nombreux conseillers de son entourage sont très proches d’un Islam agressif et intolérant, que ce soit le « comique » Yassine Bellatar, bombardé conseiller pour la politique de la ville, Hakim El Karoui, ou encore Rokhaya Diallo qui avait été intégrée au conseil national du numérique. Communautariste, Macron est le partisan d’une laïcité très limité et dit se méfier du « laïcisme » dans un langage qui est pratiquement celui des islamistes qui militent ouvertement pour la sécession et pour un Islam politique.

    Bien que ce soit un sujet très difficile car il est la rançon de quarante années de laxisme migratoire et communautariste, il n’est pas vrai qu’il n’y a pas de solutions pour avancer vers le règlement de cette crise de civilisation en Europe. On peut en avancer plusieurs, si on ne veut pas voir l’Europe totalement islamisée. D’abord en finir avec l’immigration de masse. Il est évident qu’elle alimente directement l’islamisation latente. Evidemment pour stopper l’immigration il faut sortir de l’Union européenne et de ses règlements idiots qui à l’inverse veulent construire une Europe communautariste en dehors des entités nationales, donc commencer par retrouver notre souveraineté. Certains avancent toujours que l’immigration est incontrôlable et qu’il faut s’y faire. On a vu récemment un écrivain, Stephen Smith, soi-disant spécialiste des migrations et de l’Afrique se répandre dans les médias sur ce thème[13]. Il recopie la posture libérale : nous devons nous adapter aux changements du monde, et non adapter le monde à ce que nous sommes. Parmi les idées radicalement fausses qu’il a répandues, il a avancé que c’était bien la preuve du développement de l’Afrique si elle engendrait autant de migrants[14]. C’est le genre de discours qui plait à cette fausse intelligentsia qui ne rêve que de nous livrer à la mondialisation et de voir nos cultures spécifiques disparaître. Mais ce journaliste semi-instruit fait semblant d’ignorer que dans certains pays, il y a une immigration proche de zéro, par exemple au Japon, ou en Corée du Sud et que ces pays ont finalement moins de problèmes économiques que nous : le niveau de richesse est élevé, le chômage très faible. Donc oui, l’immigration peut être enrayée d’autant qu’ainsi que le confirme indirectement Stephen Smith, le principal de cette immigration – environ 85% en 2015, sans doute moins aujourd’hui – ce ne sont pas des réfugiés qui fuient les guerres, mais comme on dit des « migrants économiques » qui viennent chercher fortune dans nos pays.

      Le retour des attentats terroristes en France

    Autre embryon de solution, interdire les prêches radicaux dans les mosquées, il n’y a pas besoin de voter des lois nouvelles, il suffit d’invoquer l’appel au désordre public et à la haine. Il est également possible d’interdire du territoire des imans étrangers qui prônent des valeurs hostiles à la République et à la laïcité. Alors que cela va être bientôt la période du ramadan, l’Algérie s’apprête à nous envoyer 150 imans en Europe et 100 en France « pour diriger les prières »[15]. Il est possible de les contrôler et d’interdire ceux dont les discours ne sont pas conformes à nos lois. L’étape suivante est de fermer les mosquées qui tolèrent les discours de rupture et de subversion. Ce motif a déjà été utilisé pour fermer une mosquée très importante à Marseille[16]. Bien entendu le danger est le développement de mosquées radicales et clandestines.

    Le retour des attentats terroristes en France

    Il faut réagir au coup par coup à toutes les avancées de l’islamisation rampante. Par exemple, interdire les prières de rue qui sont trop souvent tolérées et qui ne sont qu’un instrument de chantage aux mains d’associations musulmanes pour obtenir de nouveaux avantages[17], tout en se présentant comme une population maltraitée et stigmatisée. Trop d’élus de droite ou de gauche tolèrent cet état de fait, mais plus encore, avec la transformation de la population de la France, il y a de plus en plus d’élus issus de l’immigration et qui par nature se transforment facilement – pour des raisons clientélistes – en porte-parole de l’Islam politique.

    Il faut renforcer de partout la laïcité, et notamment à l’école où par exemple on doit tenir complètement à l’écart les enfants de l’enseignements des religions et de l’Islam en particulier. L’Islam est complétement à part de la pensée rationnelle et donc doit être banni de l’espace public[18]. L’islamisation des esprits a détruit dans les pays musulmans les progrès de l’éducation pour longtemps, et est responsable pour une large part de l’absence de développement économique dans ces pays, comme de leur régression rapide et de leur instabilité chronique. Ce n’est pas un hasard si les pays musulmans où l’enseignement du Coran est important, sont en même temps des pays très inégalitaires. On voit des pays pauvres comme l’Algérie dépenser des fortunes dans la construction des mosquées, mais faire peu d’effort pour développer un enseignement digne de ce nom[19], mais c’est aussi le cas du Maroc, un pays qui compte 50 000 mosquées[20]. Il faut également que l’Etat soit plus sévère et rigoureux en ce qui concerne les écoles privées islamiques. De partout celles-ci posent des problèmes, en Angleterre, en Belgique, mais aussi en France où les scandales sont nombreux[21].

    Toutes les autres grimaces qui visent à faire semblant de vouloir faire émerger un islam modéré et compatible avec les lois de la République sont vouées à l’échec. Je crains que ce ne soit cette voie que va suivre Macron dans les mois à venir, on l’a vu récemment recevoir à l’Elysée une femme imam et danoise, Sheryn Khankan, comme si celle-ci allait lui donner des conseils pour faire évoluer le communautarisme musulman dans le bon sens[22]. Il est apparu plus prompt à recevoir cette religieuse, caution d’un Islamisme modéré qui n’a aucune chance de séduire la grande masse des musulmans, qu’à s’intéresser aux assassinats de Trèbes.

      Le retour des attentats terroristes en France

    Les attentats terroristes récents, à Trèbes et à Paris, ont atteint un autre but : ils ont semé la division entre les Français. On l’a vu avec la réaction de l’ignoble Stéphane Poussier, mais cela est confirmé par l’attitude inconséquente du CRIF qui a avancé que le FN et la France Insoumise n’étaient pas les bienvenus à la marche blanche organisée le 28 mars 2018[23]. De nombreux politicards de droite et de gauche y seront, alors qu’ils sont responsables de cette situation qui dégénère de jour en jour. Le CRIF préfère favoriser le parti européiste, le ventre mou du libéralisme que tout ce qui peut lui rappeler la souveraineté nationale. Ils toléreront près d’eux la mouvance macronienne qui est pourtant très fournie en militants de l’islamisme politique comme nous l’avons souligné plus haut.



    [1] http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/03/26/un-homme-en-garde-a-vue-apres-la-mort-d-une-octogenaire-juive-dans-un-incendie_5276252_3224.html

    [2] http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/01/30/affaire-sarah-halimi-il-n-y-aura-pas-de-reconstitution_5249383_3224.html

    [3] http://www.liberation.fr/france/2018/03/27/boutih-ps-les-juifs-ne-sont-pas-en-securite-en-france_1639168 et https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/tout-est-politique/tout-est-politique-les-juifs-ne-sont-pas-en-securite-en-france-s-il-y-a-ce-ressenti-c-est-que-la-republique-echoue-estime-la-depute-lrem-cecile-muschotti_2653706.html

    [4] http://www.leparisien.fr/livry-gargan-93190/seine-saint-denis-une-famille-juive-sequestree-et-agressee-a-livry-gargan-10-09-2017-7249908.php

    [5] https://ripostelaique.com/grave-menace-du-ccif-si-lislamophobie-progresse-les-musulmans-vont-quitter-la-france.html

    [6] http://www.liberation.fr/france/2018/03/25/le-quartier-de-l-ozanam-a-son-tour-catalogue-foyer-terroriste_1638790

    [7] Fayard, 2015.

    [8] Albin Michel, 2017.

    [9] https://www.lci.fr/faits-divers/info-lci-attentats-dans-l-aude-les-propos-glacants-de-la-compagne-de-radouane-lakdim-2082738.html

    [10] https://www.huffingtonpost.fr/2018/03/26/stephane-poussier-un-abruti-qui-nous-porte-un-dommage-terrible-pour-melenchon_a_23395794/

    [11] http://www.valeursactuelles.com/politique/pour-macron-limmigration-se-revele-une-chance-pour-la-france-70488

    [12] C’est le mot d’un proche conseiller de Macron, Hakim El Haroui. https://lemuslimpost.com/hakim-karoui-train-devenir-monsieur-islam-demmanuel-macron.html

    [13] http://rmc.bfmtv.com/emission/jusqu-en-2050-l-europe-va-s-africaniser-c-est-inevitable-1379850.html

    [14] La ruée vers l'Europe - La jeune Afrique en route pour le Vieux Continent, éd. Grasset, 2018

    [15] http://www.atlantico.fr/decryptage/100-imams-envoyes-algerie-pour-diriger-prieres-en-france-faut-croire-aux-promesses-islam-cordoue-promu-alger-alexandre-del-valle-3345603.html

    [16] http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/01/31/la-fermeture-d-une-mosquee-salafiste-marseillaise-confirmee-par-le-conseil-d-etat_5249810_1653578.html

    [17] http://www.lepoint.fr/societe/a-clichy-les-prieres-de-rue-symptome-d-un-conflit-mairie-associations-21-11-2017-2174083_23.php

    [18] https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/faouzia-charfi-l-islam-politique-ne-reconnait-pas-la-pensee-rationnelle_122272

    [19] http://afrique.le360.ma/algerie/economie/2017/11/08/16336-mosquee-dalger-le-gouffre-financier-pourrait-engloutir-2-milliards-de-dollars-de-plus-16336

    [20] https://www.medias24.com/SOCIETE/150900-Le-Maroc-compte-50.000-mosquees-dont-le-budget-est-de-2-milliards-de-DH/an.html

    [21] https://www.nouvelobs.com/societe/20170118.OBS4012/ces-ecoles-privees-musulmanes-qui-inquietent-la-republique.html

    [22] https://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/macron-recoit-l-imame-danoise-sherin-khankan-a-l-elysee_1995409.html

    [23] http://www.sudouest.fr/2018/03/27/meurtre-de-mireille-knoll-le-crif-ne-veut-ni-du-fn-ni-de-la-france-insoumise-a-la-marche-blanche-4319755-7.php

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     Le retour du fascisme en Espagne

    Des élus en prison, d’autres en exil, cette fois il n’y a plus de doute, le fascisme s’installe en Espagne, et l’Allemagne aide cette entreprise comme au bon vieux temps. C’est en effet la police allemande qui a remis Puigdemont aux autorités de Madrid. Le mouvement indépendantiste catalan est décapité, laminé, ses représentants embastillés[1]. L’arrestation des leaders indépendantistes a commencé la semaine dernière, et se poursuit avec l’arrestation dimanche de Puigdemont[2]. On peut habiller cet arbitraire de tous les artifices oratoires, voire s’en réjouir comme le fait Le monde, mais le résultat est bien là : l’Union européenne devient une zone d’absence de démocratie.

    On peut penser ce qu’on veut de la démarche de Puigdemont, mais le mettre en prison relève directement du délit d’opinion. Non seulement les Européens violent directement le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes comme c’est inscrit dans la Charte de l’ONU, mais ils se soutiennent entre eux. On remarquera que les politiciens européens, Macron en tête, sont plus prompts à faire les gros yeux à Poutine, à embastiller ceux qui ont osé remettre en question l’unité de l’Espagne, qu’à empêcher le dictateur Erdogan de massacrer les Kurdes à Afrin. Gageons que ni Macron, ni Juncker et encore moins Merkel dont la police collabore avec les barbouzes espagnoles, ne feront une quelconque objection à cette infamie. Certains ont rappelé comment en 1940 les autorités nazies avaient livré Companys à Franco à fin d’être torturé puis exécuté.

      Le retour du fascisme en Espagne

    Les autorités espagnoles ont choisi la répression plutôt que l’apaisement. En effet, elles auraient pu se contenter de déclarer le référendum anticonstitutionnel et tenter de rassembler le peuple espagnol pour refaire l’unité du pays. Evidemment, les Catalans sont tout de suite descendus dans la rue pour crier leur colère face à un pouvoir complètement corrompu[3] et une justice à géométrie variable. Cela augure très mal de l’avenir de la Catalogne dont le parlement est aujourd’hui mis sous-tutelle prolongée par Madrid – c’était le but sans doute de toutes ces arrestations. Il est impossible dans ces conditions d’élire un président pour la Catalogne. Puigdemont a été démis de ses fonctions, puis poursuivi et enfin arrêté. Pourquoi ? Essentiellement pour avoir organisé un référendum d’autodétermination de la Catalogne.  

    Le retour du fascisme en Espagne

    A l’heure actuelle, force est de constater une dérive des « démocraties » parlementaires européennes, vers une sorte de fascisme larvé, et l’Espagne de Rajoy est à la pointe de cette tendance. Plus les Macron, les Merkel, les Juncker dénoncent les mouvements populistes du Front National à la Lega en passant par le FPÖ autrichien, comme le retour du fascisme, moins ils sont crédibles, et plus nous voyons que c’est bien ces partis européistes corrompus, affairistes, qui au contraire imposent une évolution dictatoriale contre la volonté même des populations. Certes le franquisme était bien plus sanglant qu’aujourd’hui ne le sont les pitreries de Rajoy. Mais on peut se demander si tout cela ne va pas dans le sens d’un nouveau tour de vis pour empêcher les peuples de s’exprimer et de revendiquer quoi que ce soit.

    Sans doute Puigdemont ne restera pas longtemps en prison, mais la volonté d’intimidation violente est bel et bien présente. Il va de soi qu’il faut soutenir les Catalans et leurs représentants élus, même s’ils ne nous plaisent pas et si nous ne partageons pas leurs idées, c’est un minimum et d’abord une question de principe.



    [1] http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/03/23/cinq-independantistes-catalans-places-en-detention-provisoire_5275703_3214.html

    [2] http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/03/25/l-ex-president-catalan-carles-puigdemont-arrete-en-allemagne_5276114_3214.html

    [3] http://www.rfi.fr/europe/20170830-espagne-mariano-rajoy-attaque-deputes-concernant-affaires-parti-populaire

     

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  •  Thomas Guénolé, Antisocial, la guerre sociale est déclarée, Plon, 2018 

    C’est une sorte de guide et de manuel sur les dégâts que les orientations récentes du capitalisme mondialisé ont engendré sur la vie quotidienne des populations les moins protégées. En quelque sorte, il s’agit d’un argumentaire raisonné sur la nécessité de se débarrasser d’un capitalisme prédateur et sans scrupules. Thomas Guénolé s’appuie sur une littérature économique solide pour démontrer que la quasi-totalité des arguments de la bourgeoisie pour consolider son pouvoir et imposer sa manière de voir sont à la fois erronés et mensonger. Je dirais que c’est la partie la plus facile de l’ouvrage : démonter les lieux communs répercutés ad nauseum par les médias main stream : par exemple l’idée que la France serait un pays quasi-socialiste qui empêcherait les investisseurs étrangers de venir dans notre beau pays, ou encore cette autre idée fausse selon laquelle les prélèvements obligatoires seraient tellement élevés que cela paralyserait toute envie d’entreprendre en France. De même il montre assez clairement que la déformation du partage des revenus s’est faite au détriment de ceux qui travaillent et au profit de ceux qui détiennent le capital. Les passages les plus intéressants sont sans doute sur la description de la dégradation continue des services publics qui renforcent les inégalités entre les classes et produit une pauvreté de plus en plus difficile à enrayer. Il montre également que la privatisation des services publics ne peut pas augmenter la qualité de ces mêmes services, ne serait-ce que parce qu’il faut rémunérer les actionnaires. C’est bien documenté et étayé par des sources sûres et récentes. Donc on peut dire que cet ouvrage est utile et mérite d’être lu, et même qu’il doit être conseillé à tous les étudiants de sciences économiques ou de sciences po. Globalement le diagnostic posé sur l’impasse du capitalisme dérégulé est très bien et très clairement posé.

      Thomas Guénolé, Antisocial, la guerre sociale est déclarée, Plon, 2018

    Ceci étant dit, il y a beaucoup de lacunes qui ressortent d’un manque de théorisation. Et en cela c’est représentatif d’une certaine gauche qui voudrait bien se démarquer de la social-démocratie, mais qui n’y arrive pas tout à fait. Le premier point contestable a trait à la question de la mondialisation. Certes, Guénolé démontre et insiste sur tout ce que la déréglementation des marchés a pu amener comme chaos, notamment avec la montée en puissance des crises financières récurrentes, et il est clair que pour lui les flux de capitaux doivent être contrôlés : ce n’est pas moins qui lui donnerait tort sur ce point. Cependant, il ne dit rien sur le fait que pour cela il faut dénoncer l’ensemble des traités de libre-échange, que ce soit ceux qui ont assuré le verrouillage de l’Union européenne, ou ceux qui sont portés par l’OMC. Et les dénoncer, c’est bien évidemment remettre au centre du débat la question de la souveraineté des nations.

    En filigrane de son réquisitoire contre ce capitalisme prédateur qui pourrit non seulement la vie des pauvres gens, mais qui détruit ouvertement la planète, il y a l’idée d’une autre politique plus égalitaire, plus redistributive, plus axée sue les services publics et la solidarité. Mais le point aveugle du discours de Guénolé c’est qu’une politique, quelle qu’elle soit, n’existe que dans un cadre institutionnel précis. Par exemple, le keynésianisme ne marche que si les Etats nationaux ont le contrôle de leurs relations internationales et de leur monnaie. Il ne fonctionne pas en économie ouverte. Et c’est bien pour ça que toutes les réformes libérales visent d’abord à faire tomber les barrières, c’est-à-dire le contrôle du politique sur l’économique. Les attaques contre les droits des travailleurs ont été amenées en même temps que la déréglementation financière qui met en concurrence les travailleurs du monde entier entre eux. Pour dire les choses plus clairement, les politiques suggérées par Guénolé pour améliorer le sort des plus pauvres passent clairement par une sortie de l’Union européenne et de l’euro. Mais Guénolé ne vient jamais sur ce terrain, comme Mélenchon, il hésite, craignant sans doute que cela l’amène sur le terrain de l’extrême droite. S’il voit bien la nécessité de sortir de l’OTAN, il est moins ferme sur la question européenne. A moins que peut-être il adhère aux douces lubies d’ATTAC qui suppose que les choses changeront et que l’Europe changera lorsque les peuples européens seront unis dans un grand élan de fraternité pour imposer des réformes allant dans le bon sens.

    Il faut le reconnaitre, la gauche est victime de ses propres peurs : elle pense sans doute que faire l’Europe est la marque d’un progressisme assumé. Et donc il faut s’en tenir à la vieille idée rebattue que l’idée d’une Europe unie est excellente, que ce serait seulement la manière dont elle est mise en œuvre qui n’est pas bonne. C’est ce qu’avait l’air de dire Mélenchon lorsque durant la campagne présidentielle il proposait de sortir des traités si la France n’était pas écoutée. En vérité il n’y a pas et il ne peut pas y avoir d’autre Europe. Elle n’a été faite que pour unifier les marchés et servir les intérêts du capital.  

    Thomas Guénolé, Antisocial, la guerre sociale est déclarée, Plon, 2018

    La même absence d’analyse se trouve sur la question des migrants. Guénolé fait une erreur : il avance que les migrants sont principalement des réfugiés. Il suffit de regarder les origines géographiques des migrants pour comprendre que les réfugiés sont forcément minoritaires. Mais plus encore Guénolé ne tient pas compte du fait que la France et l’Europe n’ont pas forcément les capacités d’accueillir toutes les demandes, et en outre que ce brassage incessant des populations est aussi un idéal de la droite cosmopolite et affairiste : l’apport démographique des migrants c’est la certitude de maintenir la pression à la baisse sur les salaires, et également d’élever le coefficient d’hétérogénéité ethnique qui empêche la solidarité et donc la lutte des classes. Si cette question est aussi importante, c’est parce que Mélenchon, seul candidat de gauche un peu sérieux est arrivé seulement quatrième du premier tour, derrière même François Fillon qui avait la réputation d’être un escroc ! Or si on veut gouverner au nom du peuple, il faut peut-être commencer par l’écouter, et prendre sa parole au sérieux. Et les classes populaires, sans être forcément racistes ne sont pas favorables aux migrations de masse qui transforment leur environnement contre leur gré et qui du même coup les privent de leur passé et de leurs racines.

      Thomas Guénolé, Antisocial, la guerre sociale est déclarée, Plon, 2018

    Parmi les autres sujets assez peu abordés, il y a la question de la propriété privée des moyens de production. Ce n’est pas un sujet distinct de celui de la mondialisation. Guénolé ne l’aborde que dans la question de ses conséquences sur le délitement des services publics et des privatisations rampantes. Si bien évidemment les privatisations du patrimoine commun sont toujours un scandale et donc de juteuses affaires pour les amis du pouvoir en place – voir le cas de la rente autoroutière – la question de la privatisation des moyens de production est une affaire bien plus importante que cela. En effet, si tout le monde est convaincu que le mode de production et de consommation actuel n’est pas tenable sur le moyen terme, il faut bien partir du fait que c’est bien la propriété privée des moyens de production qui bloque la transition vers un mode de production et de consommation plus sobre.

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  • La chute d’Afrin et l’élection de Poutine en Russie 

    Le monde journal officiel de Macron faisait lundi matin sa une sur l’élection de Poutine à la présidence de la Russie. Le titre était évocateur : Le nouveau sacre de Vladimir Poutine. Tous les articles de ce torchon tendaient à démontrer que Poutine n’était pas un démocrate, qu’il avait truqué les élections et qu’il avait empêché cette canaille de Navalny qui aurait pu peut-être contester le pouvoir de Poutine. Tout cela est évidemment faux. Les Russes pour des raisons diverses et variées sont très largement derrière Poutine, même s’ils contestent sa politique intérieure. Et du reste Isabelle Mandraud, soi-disant spécialiste de la Russie pour Le monde finit d’ailleurs par l’avouer[1]. Dès lors la simple idée que les élections aient été truquées ne tient pas debout. Certes on a vu des cas où il y a eu des tricheries. Mais celles-ci sont complètement marginales. Il est vrai que Poutine avait derrière lui l’appareil d’Etat et la presse. Mais c’était le cas aussi de Macron qui avait avec lui tous les médias et une partie de l’appareil d’Etat puisqu’il s’est servi des fonds de Bercy pour lancer sa campagne présidentielle du temps qu’il était encore ministre de l’économie[2].  

    La chute d’Afrin et l’élection de Poutine en Russie

    Navalny dont on discute ici ou là l’empêchement de se présenter contre Poutine n’avait aucune chance : il est vu en Russie comme l’homme des Américains, et un ami de l’Ukraine de Porochenko, ce qui est rédhibitoire en Russie. Il a en outre été condamné pour des détournements de fonds très importants. Le présenter comme un opposant sérieux n’a guère de sens, et s’il avait pu se présenter contre Poutine, il aurait fait sans doute un score aux alentours de 1 ou 2%. La seule opposition un peu sérieuse à Poutine est le Parti communiste de Pavel Groudinine qui plafonne à 12%. Mais les médias occidentaux ne veulent pas entendre parler des communistes : en effet ils font l’impasse sur le fait qu’entre Poutine et Groudinine il y a une opposition frontale sur presque tous les plans, et notamment sur les questions économiques. Nous sommes en effet revenus aux schémas mentaux de la Guerre froide. Donc Poutine et Groudinine c’est « communistes et compagnie », les deux faces d’une même pièce, qui menacent la paix du monde. En vérité, pour les Russes il n’y a pas de vraie opposition à Poutine, et même quand les Russes le critiquent, ils ne voient pas très bien l’alternative pour eux. 

    La chute d’Afrin et l’élection de Poutine en Russie

    Mais pendant qu’on disserte sur les élections en Russie et sur le « dictateur » Poutine, on en oublie le principal. Comme je l’ai dit en tête de ce billet, la chute d’Afrin est présentée par Le monde comme quelque chose d’anecdotique et de marginal. Or ce n’est pas le cas. L’Armée turque est entrée en Syrie et procède à un nettoyage ethnique dans l’enclave d’Afrin. Cela permet au dictateur Erdogan de renforcer son pouvoir. Pire encore c’est le panislamisme turc qui se trouve validé. Les rares supplétifs syriens qui ont aidé l’armée turque dans cette entreprise de mort sont des islamistes radicaux et à ce titre des ennemis furieux de Bachar El Assad[3]. Une de leur première action « culturelle » en entrant dans Afrin a été de de détruire une statue qui ne leur plaisait pas. C’est donc Erdogan, un vrai dictateur celui-là, que Macron a décidé de soutenir. En effet, tandis que l’armée Turque viole les frontières de la Syrie et se prépare au grand génocide, le président français a fait savoir … qu’il frapperait la Syrie ! Il a fait cette annonce par l’intermédiaire du général Lecointre[4]. C’est un alignement très clair sur les positions non pas des Etats-Unis qui ne savent pas trop en ce moment ce qu’il faut faire dans la région, mais plutôt sur la doctrine de l’OTAN : les Russes sont en Syrie, la Turquie nous protège des Russes, donc nous sommes aux côtés de la Turquie, même si ce pays ne rêve que de reconstruire l’Empire Ottoman et de laisser libre cours à son panislamisme en Europe. Il va de soi qu’en faisant de la Russie une obsession malheureuse, les Occidentaux ont renforcé les capacités de nuisances de l’Islam radical. C’est bien ce qu’on retient de tout ce qui s’est passé en Iran à la fin des années soixante-dix, en Afghanistan au début des années quatre-vingt-dix quand les Américains soutenaient Ben Laden et ses sbires dans ce pays, et puis ensuite en Irak et maintenant en Syrie.  

    La chute d’Afrin et l’élection de Poutine en Russie

    Pendant que Macron et les européens tergiversent, font semblant de ne pas voir ce qui se passe à Afrin, tout à leur obsession anti-russe, un ministre turc a été on ne peut plus clair : il menace l’Europe d’une guerre de religions[5]. Il est curieux que personne n’ait remarqué que la normalisation de la Turquie s’est réalisée en quelques années dans le sens d’une islamisation croissante de ce pays, au détriment des forces démocratiques turques. Mais les Européens ne sont pas prêts à mettre en demeure les exactions du dictature Erdogan qui, de coup d’Etat en répression des intellectuels turcs, fait exactement ce qu’il veut. Macron n’a guère eut de honte à serrer la main du Hitler du Moyen-Orient tout en s’en prenant aux Kurdes pour les qualifier de « potentiels terroristes »[6]. Il était évident que le dictateur Erdogan était venu chercher le 31 janvier 2018 à l’Elysée le feu vert de Macron pour massacrer les Kurdes. On ne sait d’ailleurs pas trop à quoi correspond cette attitude de fait pro-turque de Macron. On sait qu’il est assez peu instruit des considérations géostratégiques au Moyen-Orient. Il est probable qu’il soit influencé aussi bien par la doctrine de l’OTAN que par le tropisme islamiste du quai d’Orsay. Le fait qu’il fasse de la Russie son ennemi personnel et privilégié non seulement est une preuve d’imbécillité, mais également le résultat d’une méconnaissance de l’histoire. En 1774 il est probable que ce soit la défaite de la Turquie en Méditerranée face à la flotte russe de Catherine II qui ait évité à l’Europe un envahissement plus complet de l’Islam[7].

    La solution pour les Kurdes, tout le monde la connait : construire un Etat kurde, indépendant et sécurisé. Mais alors que les Occidentaux pensent à la création d'un Etat palestinien, ils sont encore un peu timides sur cette question.



    [1] http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/03/19/dans-un-regime-autoritaire-comme-en-russie-chacun-redoute-un-changement-non-prepare_5273175_3214.html

    [2] https://www.20minutes.fr/politique/2001999-20170124-macron-utilise-fonds-bercy-lancer-campagne

    [3] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/03/19/en-syrie-la-ville-d-afrin-tombe-aux-mains-des-turcs_5272940_3218.html

    [4] https://fr.sputniknews.com/france/201803161035518649-france-syrie-usa-intervention/

    [5] http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/3106520/2017/03/16/Un-ministre-turc-Bientot-des-guerres-de-religion-vont-commencer-en-Europe.dhtml

    [6] http://www.rtl.fr/actu/politique/macron-qualifie-de-potentiels-terroristes-les-kurdes-vises-par-la-turquie-en-syrie-7792074967

    [7]  Ferenc Tóth, Mémoires du baron Tott sur les Turcs et les Tartares, Honoré Champion, 2004.

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