•  L’impopularité et l’incompétence de Monsieur Macron

    La chute de la popularité de Macron dans les sondages semble avoir surpris la sphère médiatique[1]. Nous avons signalé pourtant de longue date que Macron serait sans doute le président le plus impopulaire de la Vème République[2]. Plusieurs signes avant-coureurs l’attestaient : d’abord le fait que l’abstention avait été massive aussi bien pour les présidentielles que pour les législatives, mais ensuite aussi le fait que l’exécutif n’arrivait pas à décoller aussi bien avec le discours du président devant le Congrès, que le discours de politique générale du premier ministre[3]. La base électorale du couple Macron-Philippe est très étroite, elle tourne autour de 25%, c’est-à-dire les électeurs qui se sont dérangés pour voter Macron au premier tour de la présidentielle, et encore il bénéfice pour l’instant de la bienveillance des Français ! 

    Antipathie 

    Que ce soit le couple que Macron forme avec Philippe ou celui qu’il met en scène avec son épouse légitime, il apparaît comme très antipathique, loin devant tout ce qu’on a connu jusqu’ici.  

    L’impopularité et l’incompétence de Monsieur Macron  

    Très mauvais communicant, il multiplie les déclarations à l’emporte-pièce qui dénote un mépris de classe, mais aussi une arrogance stupide. Faisant preuve de peu d’intelligence, sans parler d’empathie, un jour il s’en prend aux chômeurs qui n’ont pas de costume, l’autre jour c’est après les femmes ouvrières qu’il humilie en les traitant d’illettrées, ou encore dans son infinie bêtise, il affirme que le sort des patrons est bien plus dur que celui des salariés. Je passe sur les alcooliques,  Bref c’est un banquier ! Habité de pulsions infantile, il s’autoproclame chef des armées, rabaissant volontairement et en public le chef d’Etat-major. Cette démarche bouffonne rappelle Sarkozy, première manière, en pire. Sarkozy comme Hollande, étaient cependant plus intelligent que lui, et leur sens politique leur indiquait les terrains sur lesquels ils ne devaient pas s’aventurer. Il semble que Macron n’ait pas de frein. 

    Réforme fiscale et baisse de l’APL  

    L’impopularité et l’incompétence de Monsieur Macron  

    Très mauvais communicant, voilà que Macron avance deux réformes en même temps qui accentue le caractère bourgeois de l’exécutif. La première est la suppression de l’ISF qui à l’heure actuelle rapporte à l’Etat un peu plus de 5 milliards d’euros par an[4]. 300 000 personnes sont concernées par cet impôt, dont Emmanuel Macron et Edouard Philippe, ce sont essentiellement des personnes très riches. Hollande et Sarkozy ne s’étaient pas risqués à cette fantaisie impopulaire. Mais comme l’intelligence politique de Macron est très limitée, il annonce dans le même temps une baisse de l’APL. Il présente cela comme une baisse modérée de 5 € par mois par personne éligible[5].

    L’APL et l’AL concerne 6,5 millions de personnes, et le montant raboté par Macron et ses sbires est de 32,5 millions environ par mois et 390 millions par an. Autrement dit les pauvres sont taxés de 60 € par an et les riches détaxés de 17 000 € par an ! Il est facile de faire le rapprochement entre les deux mesures, et on ne s’en prive pas sur les réseaux sociaux. 

    Ajouter le mensonge à l’ignominie

    L’impopularité et l’incompétence de Monsieur Macron 

    Macron est un menteur et Philippe aussi. Dès qu’ils ont compris qu’ils s’étaient mis dans l’embarras en rabotant d’une manière mesquine l’APL, ils ont tenté de mettre cela sur le compte du gouvernement précédent… auquel Macron appartenait, rappelons-le. Cette mesure n’aurait pas été appliquée selon Jacques Mézard, obscur ministre de Philippe, mais décidée cependant par le précédent gouvernement. Le mensonge est grossier. Nous connaissons assez bien Hollande et les différents gouvernements qui l’ont servi pour savoir que si une telle mesure avait été décidée, elle aurait été appliquée sans état d’âme, Hollande n’étant pas spécialement l’ami des « sans-dents ». Malheureusement pour cette équipe d’amateurs qui se trouve à la tête du pays, le mensonge a été dénoncé par Christian Eckert, ancien ministre du budget de François Hollande[6]. 

    Supprimer les APL 

    L’impopularité et l’incompétence de Monsieur Macron

    Les APL coûtent en gros 18 milliards d’euros à l’Etat. On voit tout de suite qu’un coup de rabot de 390 millions d’euros relève plus de la mesquinerie que d’une logique comptable ou d’une politique du logement, c’est 2,16% du total. Pour ma part je suis pour la suppression totale des APL, et je vais dire pourquoi, mais aussi comment il faut s’y prendre.

    Les APL ont été inventées par un gouvernement de droite, sous Giscard précisément, et portées par Raymond Barre. La logique était – sous la pression du lobby de l’immobilier qui est très puissant en France – de libérer les prix, de faire jouer la loi de l’offre et de la demande dans le secteur locatif. Pour sortir des loyers réglementés, on proposait alors une compensation monétaire. Mais en vérité ces APL sont passées directement dans la poche des propriétaires qui en ont profité pour augmenter les loyers ! Mais ce n’est pas tout, en faisant grimper les loyers, on faisait aussi grimper le prix de l’immobilier, ce qui était le but. L’immobilier devint alors un placement de plus en plus rentable et tranquille.  

    L’impopularité et l’incompétence de Monsieur Macron 

    Poids du logement dans le budget des ménages en France 

    On a souvent signalé que les loyers en Allemagne sont très inférieurs à ce qui se pratique en France, et évidemment si on baissait les loyers jusqu’à atteindre le niveau de l’Allemagne, on dégagerait instantanément du pouvoir d’achat pour les plus pauvres[7]. Evidemment on ne peut pas supprimer les APL sans précaution, pour ce faire, il faut bloquer les loyers, susciter une baisse équivalente des loyers pour compenser les APL perdues. Parallèlement, on peut utiliser ces 18 milliards pour mettre en place une vraie politique du logement. Autrement dit l’Etat pourrait produire lui-même des logements sociaux ce qui ferait instantanément baisser à la fois les loyers et le prix d’achat des logements et donc contribuerait à désendetter les Français. Ce serait une vraie réforme. Certes ce sont les rentiers qui en souffriraient, mais est-ce que l’Etat a vocation à financer sur fonds publics les rentes immobilières ? On connait tout cela, Marie-Noëlle Liennemann qui est à ma connaissance, bien que socialiste, une des rares ministres du logement à connaitre son sujet avait dénoncé les ravages de ce système dans un ouvrage remarquable[8].

    On peut effectivement supprimer les APL, c’est souhaitable, mais à condition de revenir à une politique stricte d’encadrement des loyers. Mais avec le couple infernal Macron-Philippe on n’en est pas là. L’imagination n’est pas au pouvoir, on reste dans la mesquinerie saugrenue de toujours taxer les pauvres sou prétexte de mettre en place une politique de l’offre. 

    Conclusion 

    La chronique du quinquennat Macron s’annonce comme celle d’une série de bévues dans un contexte d’impréparation total. Soutenue par un manque de réflexion, la politique macronienne, sans colonne vertébrale autre que de rendre la vie plus difficile aux plus pauvres, tire à hue et à dia. Les prochains sondages vont encore montrer l’impopularité de ce gouvernement et du président, les déguisements successifs qu’il endosse, loin de le sauver, vont un peu plus enfoncer Macron. Déjà on annonce un recul de l’exécutif sur le budget des armées[9], on s’attend aussi dans les jours qui viennent à une reculade de même ampleur sur les APL.

     

     


    [1] http://www.huffingtonpost.fr/2017/07/23/la-popularite-demmanuel-macron-et-douard-philippe-chute-brutalement_a_23043451/

    [2] http://in-girum-imus.blogg.org/macron-l-americain-un-homme-peu-sur-de-lui-a130677760

    [3] http://www.lepoint.fr/politique/sondage-macron-et-philippe-n-ont-pas-convaincu-les-francais-07-07-2017-2141254_20.php

    [4] http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/06/09/en-2015-l-isf-a-rapporte-5-224-milliards-d-euros_4944270_823448.html

    [5] http://www.ledauphine.com/france-monde/2017/07/22/l-apl-va-baisser-de-5-euros-par-mois-des-la-rentree

    [6] http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Baisse-des-APL-l-ancien-ministre-charge-du-Budget-Christian-Eckert-dement-1315337

    [7] http://www.latribune.fr/vos-finances/immobilier/pourquoi-l-immobilier-en-l-allemagne-est-moins-cher-486584.html

    [8] Le Scandale du logement. En finir avec l’indignité de la République, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2005 

    [9] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/07/23/la-defense-obtient-le-degel-de-1-2-milliard-d-euros-de-credits_5163956_823448.html

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  •  De quelques raisons de boycotter l’Allemagne et ses produits

    Des déficits commerciaux aux déficits budgétaires 

    Si les institutions européennes n’étaient pas clairement dominées par l’Allemagne, celle-ci devrait faire l’objet de poursuites pour ses excédents commerciaux excessifs[1]. Pour cette raison, et afin de faire rentrer ce pays dans les clous, il faut absolument boycotter les produits allemands. Cela leur rendra service. Mais cela rendra aussi service à toute l’Europe parce que les autres pays seront plus facilement à l’équilibre.

    Le modèle allemand est un modèle dit mercantiliste, c’est-à-dire qu’il se développe sur les déficits des autres pays[2]. Les institutions européennes, faites par les Allemands et pour les Allemands, mettent l’accent sur les déficits budgétaires au motif que l’Etat ne doit pas dépenser plus qu’il n’a de recettes. Pourquoi pas. Mais cette logique se heurte à au moins deux problèmes :

    1. On pourrait appliquer cette notion d’équilibre au commerce extérieur, au motif qu’une nation ne doit pas dépenser plus qu’elle ne gagne. Et évidemment cela mettrait fin immédiatement au mercantilisme allemand.

    2. L’équilibre budgétaire dépend dans la réalité de l’équilibre commercial. Car le plus souvent lorsque le déficit commercial est récurrent et relativement élevé, il est compensé par des dépenses publiques. C’est ce qu’on appelle les déficits jumeaux, une sorte de double peine. On comprend que si on améliore le déficit commercial, on améliorera aussi le déficit public.

    Ces déficits jumeaux ont commencé à être étudiés au début des années quatre-vingts, c’est-à-dire dans le contexte de la libéralisation forcenée de Ronald Reagan qui a sans doute été le président américain le plus mauvais de toute l’histoire américaine : au déficit commercial que les Américains connaissaient depuis des années, Ronald Reagan a ajouté un déficit public de plus en plus important en abaissant les taux d’imposition particulièrement sur les riches, en coupant dans les dépenses sociales et en accroissant les dépenses militaires de manière saugrenue.   

    De quelques raisons de boycotter l’Allemagne et ses produits 

    Cette politique de l’offre reaganienne fut un désastre, non seulement pour les Etats-Unis, mais aussi pour le reste du monde. Elle engendra une croissance de plus en plus faible – c’est d’ailleurs durant cette période que la Chine entrepris de rattraper les Etats-Unis. Ce sont seulement avec les années Clinton que les Etats Unis retrouvèrent un peu de tonus. Mais le mal avait été fait et l’accélération de la mondialisation allait entraîner l’économie mondiale dans une évolution chaotique, avec des crises financières à répétition à partir de la fin des années quatre-vingt-dix. Les Etats-Unis ont été le premier pays à être étudié du point de vue des déficits jumeaux. En effet, ces déficits jumeaux entraînent forcément des niveaux d’endettement de plus en plus élevés, aussi bien de l’Etat que des ménages et des entreprises. 

    De quelques raisons de boycotter l’Allemagne et ses produits 

    Les nécessités du protectionnisme 

    Le protectionnisme est le b-a-ba de la pensée mercantiliste, au motif très simple que le commerce international est un jeu à somme nulle. Evidemment le protectionnisme ne signifie pas qu’on ne commerce plus avec nos voisins, mais plutôt qu’on ne s’endette pas en commerçant avec eux. Outre des raisons comptables, il y a de nombreuses raisons d’être protectionniste, et nous y reviendrons d’une manière obligatoire. Par exemple l’Etat peut refuser de laisser entrer sur son territoire des produits alimentaires dangereux pour la santé publique. La corruption de la Commission européenne donne tous les jours des raisons nouvelles de braver les traités de libre-échange sur le marché. Récemment elle a eu l’idée criminelle de continuer à autoriser pour 10 ans encore le glyphosate[3]. Le glyphosate, c’est le Round up, une production de Monsanto qui comme par hasard vient d’être racheté par Bayer[4]. La liberté de circulation sans contrôle des produits alimentaires au sein du grand marché encourage évidemment la production agro-alimentaire de mauvaise qualité et ruineuse pour la santé. Le premier ministre de la Slovaquie a annoncé qu’il prendrait des mesures protectionnistes unilatérale en la matière[5]. 

    De quelques raisons de boycotter l’Allemagne et ses produits 

    Mais laissons pour l’instant toutes ces raisons, et revenons à la logique macro-économique. Comme le montre le graphique ci-dessus, la balance commerciale de la France se dégrade tous les ans un peu plus, tandis que celle de l’Allemagne s’améliore de manière continue. On remarque facilement que cela est principalement dû à l’entrée en vigueur de la monnaie unique, et non pas à l’amélioration intrinsèque de la compétitivité allemande. Les fameuses lois Hartz qui sont le leurre qu’on met en avant pour faire croire que la compétitivité de l’Allemagne provient d’une réforme du marché du travail, ne sont votés qu’en 2005 et ne rentrent en vigueur qu’en 2010. C’est donc bien l’euro qui a permis à l’Allemagne de construire des excédents commerciaux extravagants qui ruinent ses voisins et détruisent peu à peu l’Union européenne : pour dire les choses un peu rapidement, c’est comme si lors de l’entrée en vigueur de l’euro, le mark avait été dévalué et le franc réévalué. Ce ciseau mortel qu’on doit à la politique stupide du très médiocre ministre de l’économie français de l’époque, Dominique Strauss-Kahn, a littéralement ruiné l’industrie française.

    La France importe 103 milliards de produits allemands – des voitures, de la bière, des vêtements, des outils, des machines-outils, mais aussi ce qui est encore plus saugrenu, de la viande porc et du lait. L’Allemagne importe par ailleurs 67 milliards de produits français, des voitures, des vêtements, du vin, des fruits et des légumes, etc. La différence est donc de 36 milliards d’euros[6]. C’est quasiment les trois quarts du déficit commercial français[7] ! 

    Les effets sur l’emploi 

    L’emploi est la première préoccupation des Français. Depuis trente ans la France joue le jeu de la compétitivité – donc met en place une politique de l’offre – avec très peu de succès en matière de croissance et d’emploi. Plus la mondialisation s’est accélérée, et plus le chômage a été élevé, plus l’Union européenne s’est intégrée et plus le chômage a continué de grimpé. C’est la faillite de la politique de l’offre depuis plus de trente ans.

    De quelques raisons de boycotter l’Allemagne et ses produits  

    Or le déficit commercial français est, parce qu’il est récurrent, une source de chômage. Il est assez facile calculer, même si c’est d’une manière un peu imprécise, l’impact du déficit commercial avec l’Allemagne sur l’emploi. Sur la base d’un salaire mensuel moyen de 2200 € net (c’est le salaire médian), on peut supposer qu’un emploi de perdu équivaut à 40 000 €. Si nous divisons notre déficit commercial avec l’Allemagne par 40 000 €, nous trouvons le nombre d’emplois que globalement il nous coûte. On divise 36 milliards d’euros par 40 000 €. On voit que si nous n’importions pas plus que nous exportions vers l’Allemagne, si notre déficit commercial avec ce pays était égal à zéro, nous aurions 900 000 emplois de plus. En entrant dans la zone euro, et en négligeant l’équilibre du commerce extérieur avec l’Allemagne, c’est comme si nous avions transféré depuis 2002 900 000 emplois de la France vers ce pays. Une sorte de STO qui ne veut pas dire son nom en quelque sorte ! On voit donc clairement que notre intérêt est de boycotter les produits allemands qui, notamment dans l’agriculture, mais aussi dans l’automobile[8], sont d’une qualité douteuse. L’idée d’une qualité est seulement un argument de marketing qui ne repose plus sur rien. Les tricheries de Volkswagen risquent d’ailleurs de lui coûter une amende record de près de 20 milliards d’euros[9]. Depuis quelques années, le capitalisme financier et industriel allemand collectionne les amendes pour ses méthodes qui s’apparentent à du banditisme[10]. 

    D’autres raisons de boycotter les produits allemands 

    De quelques raisons de boycotter l’Allemagne et ses produits 

    Ajoutons un peu de morale à l’analyse économique. Parmi les autres raisons qu’il y a de boycotter les produits allemands, il y a la manière dont ce pays s’est comporté vis-à-vis de la Grèce : à la façon d’un prédateur. L’Allemagne n’a jamais remboursé ses dettes de guerre, et donc non plus l’emprunt forcé qu’elle avait souscrit vis-à-vis de la Grèce. Cet emprunt représenterait aujourd’hui, contenu des intérêts, environ 162 milliards d’euros, soit de quoi rembourser la moitié de la dette grecque[11]. Ce que doit l’Allemagne à la Grèce, c’est bien moins que les colossaux excédents que ce pays engrange sur le pauvre monde (253 milliards d’euros). Mais voilà, l’Allemagne ne veut rien savoir, ni rembourser ses dettes, ni dépenser son tas d’or sur lequel elle est assise. Pire encore, ce pays qui a fait de l’immoralité politique une façon d’exister depuis des siècles, refuse que la dette de la Grèce soit un peu allégée, contre l’avis du FMI qui pourtant ne peut pas être confondu avec une boutique de propagande gauchiste[12]. C’est que la dette grecque rapporte pas mal d’argent à l’Allemagne, et ce pays d’avares et de rentiers n’en a jamais assez. On a calculé que la gestion de la dette avait rapporté à l’Allemagne 1,34 milliards d’euros[13]. Il n’y a pas de petits profits pour cette nation de boutiquiers, je passe aussi évidemment sur la manière dont l’abominable Docteur Schaüble a géré la structure de défaisance des biens publics grecs[14] et qui a permis à certains de ses amis de s’enrichir en pillant ce malheureux pays. Sur ce terrain bourbeux, l’Eurogroupe et la Commission européenne suivent bêtement l’Allemagne, collaborant donc au pillage d’un pays pauvre et désarmé.

    On voit que nous avons toutes les raisons de boycotter les produits allemands. Seuls nos hommes politiques corrompus ne veulent pas le comprendre. Mais il ne faudrait pas croire que seule la France a des problèmes avec l’Allemagne. Les Etats-Unis aussi, Trump l’a fait savoir sans détour[15]. Les Etats Unis sont en effet maintenant les premiers clients de l’Allemagne devant la France, et le déficit avec ce pays est de 64 milliards de dollars. On a avancé que Trump représentait un retour au protectionnisme. C’est du moins ce que ses discours laissent entendre, dans la réalité il est très hésitant, pris en étau entre les impératifs des Etats-Unis dont les déficits publics et commerciaux atteignent des sommets, et de l’autre les exigences des lobbies industriels qui eux sont pour une perpétuation des traités de libre-échange. Mais le ver est dans le fruit, le discours contre le libre-échange est de plus en plus populaire comme le montre les manifestations contre le TAFTA ou contre le CETA des deux côtés de l’Atlantique. 

    De quelques raisons de boycotter l’Allemagne et ses produits

     

     


    [1] http://www.huffingtonpost.fr/2013/11/12/excedents-allemands-europe-merkel-balance-commerciale-exportations_n_4259558.html

    [2] http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/11/13/l-allemagne-n-a-aucune-raison-de-changer-son-modele_3512831_3234.html

    [3] http://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/lue-propose-de-renouveler-la-licence-du-glyphosate-pour-10-ans/

    [4] Bayer est une firme allemande criminelle qui non seulement a collaboré avec les nazis, mais qui a acheté par le passé des lots de femmes pour procéder à des expérimentations des plus douteuses. http://www4.dr-rath-foundation.org/PHARMACEUTICAL_BUSINESS/history_of_the_pharmaceutical_industry.htm#experiments

    [5] http://www.euractiv.fr/section/alimentation/news/slovakia-threatens-unilateral-action-over-food-quality-crisis/

    [6] http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/03/02/20002-20160302ARTFIG00114-la-france-n-est-plus-le-premier-partenaire-commercial-de-l-allemagne.php

    [7] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/02/07/97002-20170207FILWWW00046-le-deficit-commercial-s-est-creuse-en-decembre.php

    [8] http://www.lemonde.fr/automobile/article/2016/03/24/volkswagen-rappelle-plus-de-800-000-voitures-dans-le-monde-pour-un-possible-probleme-de-pedale_4889742_1654940.html

    [9] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/05/23/97002-20170523FILWWW00177-dieselgate-volkswagen-risque-une-amende-de-197mds-d-euros.php

    [10] http://www.lefigaro.fr/societes/2016/12/23/20005-20161223ARTFIG00120-deutsche-bank-et-credit-suisse-vont-payer-72-milliards-et-52-milliards-de-dollars-d-amendes-aux-etats-unis.php

    [11] http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/02/17/l-allemagne-a-t-elle-une-dette-de-guerre-envers-la-grece_1644633_3214.html

    [12] https://www.euractiv.fr/section/economie/news/imf-insists-that-greece-needs-a-debt-restructuring/

    [13] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-crise-grecque-a-rapporte-plus-de-1-milliard-d-euros-aux-finances-allemandes-743874.html

    [14] http://www.humanite.fr/grece-connivences-bourgeoises-autour-du-magot-579589

    [15] http://www.lemonde.fr/international/article/2017/05/30/trump-accuse-l-allemagne-d-etre-tres-mauvaise-pour-les-etats-unis-sur-le-plan-commercial_5136036_3210.html

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  • Complément sur Macron et les affaires internationales : l’Afrique

    Dans mon dernier billet, j’ai détaillé tout le mal qu’on peut penser de la démarche diplomatique de Macron. Mais je n’ai pas abordé la question des rapports compliqués qu’il entretient lui-même avec le continent africain. Sa dernière réflexion a déclenché une polémique qui va lui coller à la peau pendant longtemps. On croirait Sarkozy et son discours de Dakar qui avait enclenché une polémique de longue durée[1]. Cette fois Macron a avancé comme une évidence que les problèmes de développement liés à l’Afrique provenaient de la trop forte fécondité des femmes, et donc que tant que ce taux ne baisserait pas, le développement ne pourrait pas se faire[2]. Lors du dernier G20 que l’aide au développement sera inefficace si dans le même temps les femmes africaines continuent à faire « 7 ou 8 enfants » chacune ! Cet incident diplomatique démontre encore une fois la faiblesse de la pensée de Macron. 

    « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. » 

    Partons de ce que l’on sait. Il y a un lien négatif entre fécondité et développement. Quel que soit l’échantillon que l’on prendra, on aura le même type de relation. Cette approche statistique est sûre et ne saurait être remise en question. De même qu'on ne saurait négliger l'importance de la surpopulation dans le monde. Mais c’est à partir de là que commence l’analyse. Pour Macron il suppose que c’est la fécondité des femmes qui est responsable du sous-développement en Afrique. Pour les démographes, c’est au contraire l’inverse : c’est parce que le développement est en marche que le taux de fécondité baisse ! C’est ce qu’on appelle la transition démographique. 

    Complément sur Macron et les affaires internationales : l’Afrique  

    Éclairons un peu Macron sur cette question, cela lui évitera de parler sans savoir. Le premier point est que l’Afrique, comme les autres régions en voie de développement a vu son ISF baisser depuis une bonne quarantaine d’année. C’est aussi le cas des pays de l’Afrique sub-saharienne. On peut juger que cette baisse n’est pas assez forte, mais elle est incontestable. Globalement l’Afrique sub-saharienne n’en est plus à 7 ou 8 enfants, mais nettement moins. Sur ce point on peut déjà corriger Macron. Mais il est plus intéressant de développer pourquoi l’ISF a baissé dans cette région du monde. En vérité dans toutes les régions du monde, c’est toujours une intervention extérieure au marché qui met en route cette transition : soit l’Etat comme en Chine et dans l’ensemble des pays asiatiques, soit l’aide au développement qui est distribuée vers l’éducation et principalement l’éducation des filles.  

    Complément sur Macron et les affaires internationales : l’Afrique  

    La clé de la baisse de l’ISF est d’abord la scolarisation massive des filles dans l’enseignement secondaire. La raison en est simple : les filles retardent le moment d’être enceintes, et leur implication dans l’éducation, les conduits à accélérer leur entrée dans le monde du travail, ce qui leur donne un peu plus d’autonomie par rapport aux hommes. On pourrait dire que l’éducation des filles entraine à la fois la baisse de la fécondité et le développement économique. C’est au moins une des rares choses sur lesquelles sont d’accord les économistes, dans la lignée du prix Nobel d’économie Amartya Sen. Si Macron avait étudié un peu l’économie, il saurait que les grands organismes internationaux, notamment la Banque mondiale, accordent de l’aide dans les investissements en infrastructures, c’est-à-dire la santé et l’éducation, en supposant que ces investissements auront un effet sur le long terme à la fois sur la fécondité et sur le développement[3]. Si l’aide internationale au développement se justifie c’est au moins pour ces raisons.

     Complément sur Macron et les affaires internationales : l’Afrique 

    Macron s’est une fois de plus fait remarquer pour son incompétence, aussi bien parce qu’il a parlé d’un sujet qu’il ne connaissait pas, que parce qu’il a commis un impair diplomatique vis-à-vis des pays africains[4]. Bien sûr au-delà de tout cela et malgré son multiculturalisme affiché, Macron est clairement raciste, mais son racisme est le reflet de son mépris pour les pauvres. Il laisse en effet entendre que les Africains sont seuls responsables de leur sort en tant qu’ils sont une somme d’individus, et que lui-même, s’il est arrivé où il est arrivé, c’est bien grâce à son talent incomparable. Mais la logique du sous-développement est complexe et ne peut s’accommoder de slogans politiques simplistes. Par exemple, la mondialisation en s’accélérant a contraint les pays africains à jouer le jeu de la division internationale du travail qui ne peut pas leur être favorable parce que selon la logique des avantages comparatifs, ils sont contraints de se spécialiser sur des segments inférieurs du marché : le commerce des matières premières, ou l’industrie manufacturière appuyée sur un faible coût du travail.

     

     


    [1] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2007/11/09/le-discours-de-dakar_976786_3212.html

    [2] http://www.20minutes.fr/politique/2103371-20170712-propos-emmanuel-macron-afrique-suscitent-polemique

    [3] http://www.worldbank.org/en/news/press-release/2016/04/13/world-bank-group-to-invest-25-billion-in-education-projects-benefiting-adolescent-girls

    [4] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/macron-et-l-afrique_1926810.html

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  •  L’amateurisme de Monsieur Macron

    Plus les jours passent, et plus le nouveau président qui confond communication, propagande et action politique, démontre que manifestement il n’était absolument pas prêt à assumer cette charge, contrairement à Hollande ou à Sarkozy qui avaient certes une politique des plus critiquable, mais qui, élevés dans le sérail, savaient naviguer au cœur des institutions de la république. J’ai déjà souligné le caractère incertain et hésitant de Macron[1], mais ces derniers jours, il a apporté de nouvelles preuves accablantes de son amateurisme. C’est en réalité assez difficile à comprendre parce que l’assise politique de son parti est étroite et que sa cote de popularité est plutôt faible pour un président fraîchement élu. 

    L’armée contre Macron 

    Le fonds de l’affrontement entre l’armée et Macron vient de la misérable gestion des déficits par le médiocre Darmanin, ministre du budget. Celui-ci a en effet proposé une coupe de 850 millions d’euros dans les dépenses militaires si l’armée voulait continuer à assumer les opérations extérieures. Le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers a dénoncé un revirement brutal : en effet Macron avait assuré qu’il augmenterait au contraire le budget des armées pour le porter à 2% du PIB[2]. C’est donc le mensonge politicien plus que la philosophie sous-jacente qui est en cause. Le général de Villiers a bien entendu pris la mouche en tant que garant de l’efficacité militaire et l’a fait savoir. Le président a mal pris qu’on remette en question son expertise aussi bien que sa stature de chef des armées. Mais au lieu d’étouffer cette querelle d’épicier, il l’a montée en épingle, en faisant un sujet de communication. Il est rapidement apparu que le chef de l’Etat avait menti. Il a voulu cependant tiré de cet incident une satisfaction, il a fait une phrase bouffonne et la diffusée : 

    « Je considère pour ma part qu'il n'est pas digne d'étaler des débats sur la place publique. J'ai pris des engagements, je suis votre chef. Les engagements que je prends devant les concitoyens, devant les armées, je sais les tenir et je n'ai à cet égard besoin de nulle pression, de nul commentaire. » 

    Evidemment quand on est obligé de rappeler qui est le chef, c’est ceci n’est pas vraiment évident pour celui qui le dit. Mais pour Macron, trop jeune et trop tendre par rapport au général de Villiers, c’était une manière de se rassurer comme il peut. Cette démonstration d’autoritarisme infantile engendre un divorce quasi-total entre Macron et l’armée. Le limogeage de de Villiers risque dans ces conditions d’apparaître comme un aveu de faiblesse, et une attaque inconsidérée contre un des derniers piliers qui restent encore debout de la souveraineté nationale. Il faut dire que les deux nominations au poste de ministre des armées ont été reçues très fraichement par les militaires. D’abord Sylvie Goulard qui n’est restée à ce poste que quelques jours avant de démissionner pour cause de future mise en examen, passait son temps à se revendiquer européenne et ne parlait jamais de la France. Ensuite Florence Parly, ancienne militante du P « S », elle est surtout connue pour avoir pantouflé dans le privé, et donc elle a fait craindre aux militaires un excès de technique managériale dans leurs affaires. Mais elle ne dit rien, c’est à peine si on a remarqué sa silhouette au défilé du 14 juillet. La querelle entre de Villiers et Macron lui passe manifestement au-dessus de la tête. Déjà au moment de sa nomination elle n’était guère appréciée, mais le fait qu’elle n’ait pas défendu le budget des armées face à Damarnin, laissant faire le boulot par de Villiers n’a pas arrangé les choses. Bref, comme dit Le monde qui de temps en temps se pose des questions sur le président qu’il a pourtant soutenu, on se dirige vers une crise majeure 

    L’amateurisme de Monsieur Macron 

    La diplomatie bredouillante de Macron 

    Officiellement Macron affiche un européisme au-dessus de tout soupçon et affirme qu’il marche la main dans la main avec Merkel pour recréer un couple aussi solide que celui de Mitterrand et Kohl en leur temps.  Il a donné une interview assez bouffonne qui va dans ce sens[3]. Le monde considère que Macron mène une « diplomatie créative »[4]. On ne sait pas très bien en quoi, mais notre président serait, pour un très vague plumitif de L’Obs une sorte de nouveau Machiavel[5]. Et pourtant le jeu en triangle que Macron parait mené avec Trump et Merkel, ne convainc pas vraiment. Le premier point est que dans un premier temps Macron s’est opposé symboliquement à Trump, en se flattant d’une poignée de main virile, mais surtout en dénonçant l’immobilisme du président américain sur la question du réchauffement climatique[6]. 

    L’amateurisme de Monsieur Macron 

    C’était au mois de juin. Revirement spectaculaire, le 14 juillet Macron invite Trump en grande pompe pour le défilé, il met en scène un diner entre son couple et celui du président américain. A cette occasion il a tenté de faire oublier la désastreuse promotion de son idée loufoque selon laquelle il y aurait un lien entre terrorisme et réchauffement climatique[7], en avançant que Trump partageait cette idée. Il saute tout de suite aux yeux que pour Macron c’est une façon misérable de détourner la question : quel est le rôle de l’Islam dans le développement du terrorisme ? On doit donc nécessairement se demander pourquoi Macron a invité un président en perdition aux Etats-Unis, alors qu’il est menacé d’une destitution et que sa cote de popularité est au plus bas[8], pour lui offrir une telle promotion ? Il semble qu’à travers ce rapprochement avec Trump, Macron vise à « tordre le bras » de Merkel pour lui faire accepter l’idée que l’Allemagne travaille avec lui à une réforme de l’Union européenne et plus particulièrement de la zone euro, et aussi qu’elle accepte de relancer l’économie européenne languissante en « dépensant plus ». Il y a en effet depuis plusieurs mois une campagne intense contre la logique d’accumulation des excédents commerciaux allemands – on a parlé d’excédents excessifs. Le FMI, l’OCDE, mais aussi Martin Schulz le candidat social-démocrate à la chancellerie[9], tous vont dans le même sens. Macron essaie manifestement de surfer sur cette ligne anti-allemande, renforcée par les annonces sur les profits que l’Allemagne a engrangés sur le compte de la Grèce : le chiffre de plus d’1,3 milliards d’euros a été avancé[10].

    En vérité la position de Macron sur l’Europe risque au contraire de crisper encore un peu plus les Allemands. Contrairement à notre exécutif, Merkel et Schaüble sont très attachés à la souveraineté de leur pays. Or les avancées vers plus d’intégration auxquelles prétend Macron, sont des deux côtés du Rhin des abandons de souveraineté. Une des raisons qui font que Macron n’obtiendra rien de Merkel, c’est qu’il n’a rien à offrir, il n’a ni l’envie, ni le courage pour imposer ses vues en menaçant de sortir de l’Union européenne. Il n’est même pas Tsipras qui déjà n’est pas grand-chose. La seule chose qui pourrait remettre en question l’hégémonie de l’Allemagne, c’est une dissolution de fait de la zone euro. Tant que cette arme n’est pas utilisée, l’Allemagne n’a rien à craindre. 

    Du mauvais usage de la Shoah à des fins publicitaires 

    L’amateurisme de Monsieur Macron 

    Cette diplomatie de Gribouille a été encore plus mise en évidence avec la venue du Premier ministre israélien. Je ne suis pas de ceux qui vont critiquer le fait que Macron prenne langue avec Netanyahu. En effet quel que soit l’avis qu’on a sur ce personnage, une diplomatie digne de ce nom et qui vise à faire avancer la paix, passe nécessairement par des discussions avec les belligérants. Il est donc normal de recevoir le Premier ministre israélien, comme pour moi il était normal de recevoir Arafat en son temps, malgré tout le sang qu’il pouvait avoir sur les mains. Par contre la pompe dans laquelle il a été reçu, et les excès de langage, sont très discutables[11].

    Le comble a été atteint lorsque le jeune Macron y est allé de sa leçon d’histoire, lui qui ne sait rien sur rien, et encore moins sur le reste. Dans son étrange discours, il y a deux fautes majeures. La première est de s’inscrire dans la lignée des discours de repentance, quand ce n’est pas en ce qui concerne la colonisation, c’est en ce qui concerne la Shoah. Cette logique est odieuse, d’abord parce qu’elle fait litière du fait que les nouvelles générations ne peuvent pas être comptables de ce qui s’est passé dans le processus de rafle des Juifs en France. Mais ensuite, elle suppose contre les analyses du général De Gaulle, que Vichy c’était la France. Or le combat de la Résistance fondait sa légitimité justement sur l’idée contraire : Vichy, ce n’est pas la France, c’est juste le gouvernement mis en place sous la tutelle de l’armée d’occupation allemande[12]. Que des Français aient participé à cette ignominie est un fait. Mais si Macron avait été un peu instruit, il aurait su qu’au moment de la Rafle du Vel’d’Hiv, et selon des analyses des autorités allemandes, Vichy n’avait plus d’assise populaire, s’il en a jamais eu. 

    L’amateurisme de Monsieur Macron 

    Rafle des Juifs à Marseille en 1943 

    Disons les choses d’une manière plus claire : si ce sont bien des Français qui ont participé à la rafle des Juifs à Paris comme à Marseille, et si cela est bien un crime, il est évident que cela n’aurait pas pu se faire sans l’approbation des autorités d’occupation, or il n’est pas venu à l’idée du malheureux Macron de mettre en cause l’Allemagne. Il fait comme si la rafle des Juifs et leur déportation n’avait pas de rapport avec la défaite de 1940 et donc avec l’agression de la France par l’Allemagne. Là où se situe l’ignominie macronienne c’est dans ce grand écart qu’il tente de réaliser entre une allégeance prononcée à l’hégémonie de l’Allemagne, et une détestation sans fin de la France. Ce discours honteux de Macron à propos de la Rafle du Vel’d’Hiv doit être rapproché de ce qu’il a dit de la colonisation qu’il a qualifié de « crime contre l’humanité »[13]. Il avait fait cette déclaration un peu légère somme toute lors d’un voyage en Algérie au moment de sa campagne présidentielle. Tout cela donne l’impression d’une détermination sans force : il n’y a pas de ligne claire sur la position de la France sur tous les dossiers internationaux, il y a juste des déclarations intempestives et mal calibrées qui cherchent à se mettre l’interlocuteur dans la poche. Mais il ne semble pas que cela sera suffisant, et si les succès sont inexistants, il est presque certain que les déconvenues seront nombreuses.

     

     


    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/macron-l-americain-un-homme-peu-sur-de-lui-a130677760

    [2] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/07/17/une-crise-majeure-ouverte-entre-macron-et-l-armee_5161378_823448.html

    [3] http://www.lejdd.fr/politique/exclusif-ce-quemmanuel-macron-a-dit-a-donald-trump-3390056

    [4] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/07/17/la-diplomatie-creative-du-president-macron_5161483_3232.html

    [5] http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20170712.OBS2012/ce-que-macron-doit-a-machiavel-par-patrick-boucheron.html

    [6] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/macron-n-aurait-pas-du-se-vanter-de-sa-poignee-de-main-virile-avec-trump_1914119.html

    [7] http://www.20minutes.fr/politique/2102423-20170710-rechauffement-climatique-terrorisme-impossible-faire-lien

    [8] http://www.telegraph.co.uk/news/0/donald-trump-latest-approval-rating-impeachment-odds/

    [9] http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/07/16/en-allemagne-les-sociaux-democrates-promettent-que-l-etat-continuera-de-depenser_5161168_3214.html

    [10] https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030443643863-lallemagne-a-engrange-plus-dun-milliard-de-profits-sur-la-grece-2101705.php

    [11] http://www.sudouest.fr/2017/07/16/un-geste-tres-fort-ce-qu-il-faut-retenir-de-la-rencontre-entre-macron-et-netanyahu-3622092-4803.php

    [12] https://russeurope.hypotheses.org/6148

    [13] http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/16/pour-macron-la-colonisation-fut-un-crime-contre-l-humanite_5080621_4854003.html

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  •  La lutte contre le tabagisme : une affaire de bobos

    Surveiller et punir 

    Pour bien comprendre ce qui va suivre, je tiens à préciser que je ne fume pas et que je ne vends pas de tabac. Parmi la kyrielle de mesures annoncées par le lobbyiste Edouard Philippe, il y en a une presque traditionnelle qui consiste à taper sur les fumeurs. C’est le genre de mesure qui ne coûte rien, et qui rapporte beaucoup. Donc le premier ministre annonce que le prix du paquet de cigarettes passera de 7 € à 10 €, soit une surtaxe de 42%. « Le tabac en France entraîne plus de 80 000 décès par an. C’est la première cause de mortalité évitable, et la consommation quotidienne de tabac augmente chez les adolescents. Ne rien faire est exclu », a dit Philippe. Bien entendu, quand on fait de la politique il est important de définir les actions prioritaires, on ne peut pas faire tout en même temps.  Et donc on peut se poser la question de savoir pourquoi une telle mesure est une priorité. Le chiffre de 80 000 décès est sans doute très exagéré, mais peu importe : le tabac est considéré comme le risque de décès prématuré le plus important, devant l’alcool et la pollution atmosphérique. Mais on ne décrète pas la lutte contre l’alcoolisme et encore moins contre la pollution atmosphérique. La lutte contre le tabagisme est un véhicule commode pour faire avancer deux idées : d’abord celle que si vous fumez c’est vous qui choisissez de le faire. Vous êtes donc responsable individuellement contre la société elle-même. Mais comme en fumant vous provoquez des dégâts collatéraux, la société doit lutter contre vous : ces dégâts collatéraux sont de deux ordres, en fumant vous coûtez cher à la Sécurité sociale, et en fumant vous transmettez votre vice à ceux qui vous côtoient. La loi doit vous contraindre en vous interdisant votre passion dans les cafés, les lieux de travail et tous les lieux publics. Des amendes à l’encontre des fumeurs dans les lieux publics, allant jusqu’à 450 €[1], peuvent vous être administrées.

    Pour vous empêcher de nuire, à vous-même et à ceux qui vous fréquentent, il faut limiter votre liberté. En vérité cette deuxième approche est décisive : elle accompagne la fin des libertés individuelles un peu partout, c’est le contrepoint des radars au bord des routes, des parcomètres que vous devez payer quand vous avez le malheur d’user de votre voiture et de vouloir la garer, de toutes les interdictions qui se multiplient sans cesse. Il y a donc un apprentissage de la servitude à travers l’ensemble de ces interdictions. Je crois que nous n’avons jamais atteint un tel niveau de contrôle social dans les conduites humaines. 

    La lutte contre le tabagisme : une affaire de bobos 

    Frapper les pauvres et les chômeurs au portefeuille 

    L’idée est d’abord de faire grimper régulièrement le prix des cigarettes. Le gouvernement veut donc punir ceux qui fument en les frappant au portefeuille. Et ça marche assez bien, en 17 ans, comme le montre le graphique ci-dessous la consommation de cigarettes à diminuer officiellement de 47% environ. Evidemment dans le même temps que les prix du tabac s’envolent, se développent à la fois la vente de cigarettes dans les pays comme le Luxembourg ou Andorre où les taxes sont minorées, la vente des cigarettes dans les Duty free, et enfin la contrebande qui représenterait plus de 10% de la vente officielle de cigarettes[2]. Ce qui veut dire que la hausse des prix du tabac est un succès moins important que ce qu’on en dit.

     La lutte contre le tabagisme : une affaire de bobos 

    Mais cette hausse des prix se fait par le biais des taxes en augmentant les droits à la consommation, ce qui veut dire que quand le gouvernement se présente comme vertueux en défendant la société contre elle-même, il vise aussi – et peut-être avant tout – une hausse des rentrées fiscales. Les taxes sur le tabac rapportent environ 14 milliards d’euros par an. C’est une somme importante dans les périodes de faible croissance quand l’Etat doit trouver toujours plus d’argent pour financer le remboursement de la dette. On peut déjà trouver un intérêt à ne pas fumer à la manière des anarchistes du début du XXème siècle qui soulignaient que de boire c’était apporter de l’argent à l’Etat qui s’en servait pour alimenter la lutte des classes.

     La lutte contre le tabagisme : une affaire de bobos 

    Mais tout impôt n’est pas payé par tout le monde, et évidemment les non-fumeurs sont exonérés de cette taxe. Ils sont récompensés en quelque sorte de leur bonne conduite. Pour ce qui concerne le tabac, les études sont plutôt précises, les fumeurs se sont avant tout les pauvres, les chômeurs et ceux qui n’ont que peu d’instruction[3]. Autrement dit les fumeurs sont d’abord des populations mal intégrées et peu satisfaits de ce qu’ils sont. Et comme il y a une relation évidente entre faible instruction et pauvreté, il vient que les taxes sur le tabac sont d’abord un impôt sur les pauvres[4]. Mieux encore, la consommation de tabac a augmenté entre 2005 et 2010, et pour beaucoup c’est la conséquence de la crise de 2008[5]. Cela ne nous surprendra pas non plus de voir que les chômeurs sont des sur-consommateurs de tabac[6]. La raison en est simple : le tabac est une sorte d’antidépresseur, et les chômeurs ont plus de raisons que les autres de se sentir stressés[7], contrairement à ce que peuvent croire les politiciens qui ne savent pas grand-chose, la situation de chômeur n’est pas une sinécure. Autrement dit les chômeurs sont surtaxés parce qu’ils fument consécutivement à la politique inepte du gouvernement en matière d’emploi ! 

    La moralisation de la vie publique 

    On a intégré comme allant de soi cette répression des fumeurs, que ce soit par les interdictions qui les excluent, ou par les taxes qui les appauvrissent. Les lois sur le tabac et sur l’alcool ont un effet très fort sur le nombre de débits de boisson, ce n’est évidemment pas les seules causes à cette diminution. Il y a aussi le fait que les logements se sont améliorés et l’hygiène aussi, et donc on prend un peu plus soin de son corps. Mais cette moralisation de la vie publique se paye aussi de la disparition des lieux naturels de convivialité et d’échange. Ce qui augmente le contrôle sociale en segmentant les populations, en coupant les individus de leur collectivité. Cette « hygiénisation » de la vie publique se remarque d’ailleurs dans la disparition des bars de quartiers qui sont remplacés, quand ils le sont, par des brasseries et des commerces sans caractère, qui ne sont là que pour vendre des marchandises. 

    La lutte contre le tabagisme : une affaire de bobos

     

    Désigner le fumeur comme l'ennemi prioritaire, ce n'est pas seulement manquer d'idée sur ce qu'il faudrait faire pour améliorer la société, c'est également détourner les populations des questions importantes comme le chômage ou les inégalités sociales.


    [1] https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F160

    [2] http://kpmg.co.uk/creategraphics/2015/06_2015/CRT026736/files/assets/basic-html/index.html#1

    [4] http://piketty.pse.ens.fr/files/DeaGodefroy2003.pdf

    [5] https://www.lesechos.fr/18/10/2010/lesechos.fr/020869923153_sante---la-crise-fait-fumer-les-francais.htm

    [6] http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-nos-vies-connectees/20101020.RUE9050/tabac-un-chomeur-sur-deux-fume-malgre-les-hausses-de-prix.html

    [7] http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/le-tabac-antidepresseur_492449.html

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