•  Le cas Ferrand, contribution à l’anti-macronisme primaire

    Le gouvernement Philippe en voie de fillonisation accélérée

     

    Dans un billet récent, j’ai détaillé les tares cumulées du gouvernement Macron-Philippe[1]. Mais les choses vont très vite, on constate beaucoup de flottement d’ailleurs chez les journalistes de L’obs ou du Monde qui semble vouloir briser ce consensus plus ou moins imposé par leurs patrons de chanter jour après jour les louanges et l’intelligence de Macron et de son gouvernement. Comme s’ils avaient cru un temps à leurs propres mensonges. Il n’était pourtant pas difficile de prévoir que ce gouvernement d’affairistes n’existerait que dans l’apparence de la rénovation politique. Macron a poussé jusqu’à l’absurde la mise en spectacle de la politique, tout est dans la posture et cette capacité de se servir de la presse. Et donc pour passer pour un ennemi du système, Macron avait même signé un livre intitulé Révolution. Intoxiquant les électeurs de messages sur la moralisation de la vie politique, prétendant à l’efficacité et au pragmatisme, la déception des électeurs ne peut être que très grande. Le gouvernement dirigé par le lobbyiste du nucléaire, le discret Edouard Philippe, commence à accumuler les casseroles. Un jour c’est Ferrand qui s’englue dans ses affaires immobilières et qui redouble de mensonges – alors que l’exemple du malheureux Fillon aurait dû le dissuader – pour tenter de s’en sortir. L’autre jour c’est Marielle de Sarnez qui se retrouve piégée par des emplois plus ou moins fictifs d’assistant parlementaire de Philippine Laniesse. 

    Le cas Ferrand, contribution à l’anti-macronisme primaire 

    Richard Ferrand lui est soupçonné d’avoir facilité un montage financier entant que Directeur général des Mutuelles de Bretagne. Ce montage aurait permis à sa compagne Sandrine Doucen de mettre en place sans un seul centime avancé une SCI, d’obtenir un prêt immobilier à un taux avantageux et d’obtenir ainsi un marché locatif juteux pour un bien dont elle comptait rembourser le prêt avec les loyers versés par les Mutuelles de Bretagne. Il y a un parfum de conflit d’intérêts. Pour sa défense le social-traître Ferrand avance qu’il n’avait aucun lien avec la bénéficiaire de ce montage scabreux. Mais rapidement on s’est aperçu qu’il mentait et qu’en réalité il était pacsé avec celle-ci[2]. Si on a avancé pour la défense de ce cupide personnage qu’il ne s’agissait que d’argent privé et qu’il n’était pas intervenu, il est clair que Ferrand était tout à fait à l’origine de la manœuvre. D’autant que les parts que Ferrand détenait dans cette SCI ont été cédées à sa fille de 13 ans à l’époque ! C’est tout simplement fillonnesque !

    Mais la malhonnêteté de Ferrand, soutien de la première de Macron, ne s’arrête pas là. Comme Fillon il a embauché son fils, puis il a fait embaucher sa première femme par la SCI de sa concubine. Ça commence à faire beaucoup, peut-être pas encore pour s’acheter un manoir, mais tout de même à une époque où le sinistre macron prépare des tours de vis sur les salaires, sur les retraites et la protection sociale, c’est assez répugnant. 

    Le cas Ferrand, contribution à l’anti-macronisme primaire 

    Marielle de Sarnez, encore une vieille compagne de route de Bayrou qui prétend à la moralisation de la vie politique, est prise dans la nasse d’une enquête sur les emplois fictifs au parlement européen. On se souvient que durant la campagne présidentielle Marine le Pen avait été attaqué durement sur ce thème. Mais en réalité l’enquête du parlement européen vise une vingtaine de députés européens, et pas seulement la candidate du Front National[3]. C’est un thème sur lequel les Français sont très sensibles été qui a déjà coûté sa carrière politique à François Fillon. Massivement ils réclament la démission de ces deux ministres manifestement corrompus. 73% sont pour une démission de Ferrand et 62% pour une démission de de Sarnez[4]. La différence entre les deux ministres ne provient pas d’une plus grande mansuétude vis-à-vis de Marielle de Sarnez, mais tient plutôt au fait que son affaire est apparue un peu plus tardivement. C’est Sophie Montel, elle-même élue au parlement européen et poursuivie pour des emplois fictifs, qui a révélé la question de l’emploi fictif, et du moins l’enquête qui était en cours envers Marielle de Sarnez[5]. J’en profite au passage pour rappeler que le Parlement européen ne sert à rien, n’ayant strictement aucun pouvoir face à la Commission européenne, et coûte très cher. C’est essentiellement un lieu de farniente et de petites combines[6].

    Marielle de Sarnez a réagi à la manière de Fillon en avançant qu’elle allait porter plainte pour dénonciation calomnieuse. C’est un misérable contre-feu qui ne fait pas illusion[7].

     

    Les craintes du gouvernement Philippe

     

    Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour voir le gouvernement Philippe coincé dans ses contradictions. Il est vrai que de vouloir rénover la vie politique avec de tels vieux chevaux de retour était une sacrée gageure. Edouard Philippe est donc venu à la télévision[8] raconté à qui voulait bien l’écouter qu’il avait tout à fait confiance en Ferrand – il est bien le seul ! L’antipathique premier ministre qui pratique couramment la langue de bois s’est prêté à un exercice délicat. S’il ne défend pas Ferrand, il passe pour un imbécile parce qu’on lui reprochera de ne pas avoir été assez malin pour deviner que ce ministre aurait des problèmes, et s’il le défend il passe pour un politicard à l’ancienne qui couvre les canailleries de ses ministres. Il a donc répété les éléments de langage de la défense de Ferrand, c’est légal, c’est de l’argent privé. Cuistres parmi les cuistres, il a ajouté hypocritement que les électeurs trancheront aux législatives. On ne sait pas très bien s’il souhaite la victoire ou la défaite de son ministre. 

    Le cas Ferrand, contribution à l’anti-macronisme primaire 

    Déjà un nouveau sondage indique clairement que les Français se méfient de Macron et de Philippe et ne souhaitent pas que LREM ait la majorité à l’Assemblée nationale. Seulement 45% voudraient que Macron ait la majorité parlementaire. Il va falloir attendre les sondages de ces prochains jours, mais ça risque de décevoir Macron et Philippe. D’autant que les nouvelles circulent rapidement sur les intentions de Macron pour mettre en place une baisse des retraites, via une hausse de la CSG, mais aussi sur le gel programmée – en fait une baisse – des salaires, notamment du SMIC pour les trois prochaines années[9].

    On remarque que Macron qui pourtant a bénéficié jusqu’ici de la bienveillance, pour ne pas dire plus, des journalistes, commence à se plaindre d’eux ! Il reprend exactement les accents de Fillon pour dire que les journalistes ne doivent pas juger[10]. Autrement dit qu’ils doivent un peu mettre la pédale douce à leur velléité d’indépendance même si celle-ci n’est pas dans la tradition journalistique française.

     

    Conclusion 

    Toutes ces affaires pourries montrent que faute de mieux Macron a synthétisé une fois pour toutes l’UMPS, LREM se voudrait le nouveau parti unique qui réunisse dans une même béatitude la droite, la vraie, et la fausse droite, la droite honteuse celle qui se dissimule encore pour un petit moment dans les résidus du P « S ». Mais pour le coup l’élection de Macron apparaît pour ce qu’il est, à peine une nouvelle couche de peinture sur des vieux meubles, une couche de peinture de mauvaise qualité qui se craquèle déjà. Toutes ces turpitudes ne peuvent s’effacer par les singeries de madame Macron qui exhibe à tout propos et hors de propos un sourire niais et des jambes bien maigres !

     

     


    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/le-gouvernement-macron-philippe-une-ethique-politique-douteuse-a130259298

    [2] http://www.ouest-france.fr/bretagne/carhaix-plouguer-29270/richard-ferrand-serait-bel-et-bien-pacse-contrairement-ce-qu-il-dit-5027853

    [3] http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/soupcons-d-emplois-fictifs-enquete-sur-une-vingtaine-d-eurodeputes-dont-marielle-de-sarnez-30-05-2017-6998769.php

    [4] http://www.sudouest.fr/2017/05/31/richard-ferrand-et-marielle-de-sarnez-doivent-demissionner-pour-une-majorite-de-francais-3492231-710.php

    [5] http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/politiquefranchecomte/2017/05/30/assistants-parlementaires-sophie-montel-fn-denonce-une-ministre-la-justice-ouvre-une-enquete.html

    [6] http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/03/28/nouvelle-accusation-de-corruption-au-parlement-europeen_1499824_3214.html

    [7] http://www.ledauphine.com/france-monde/2017/05/29/assistants-parlementaires-marielle-de-sarnez-visee-par-un-enquete

    [8] http://www.lefigaro.fr/elections/legislatives/2017/05/30/38001-20170530ARTFIG00349-l-executif-affronte-ses-premieres-difficultes.php

    [10] http://www.ouest-france.fr/politique/affaires/affaire-ferrand-la-presse-ne-doit-pas-devenir-juge-selon-macron-5030116

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  La macromania et la liberté de la presse

    J’ai eu plusieurs fois l’occasion de signaler le grotesque soutien de l’ensemble de la presse à la personne de Macron et à la mise en scène de son couple ridicule. Je ne suis pas le seul à m’en être indigné. Mais il semble que ces derniers temps il y ait encore eu une accélération de ce côté-là. Sans doute cela provient il du fait que les législatives à l’issue incertaine sont la ligne de mire.

    Le couple Macron s’est déjà largement mis en scène dans les magazines people, Closer, Gala, Ici Paris. J’en passe été des meilleures. Cette campagne de presse agressive qui ne cesse pas depuis plus d’un an est à la fois indécente et vulgaire. Même Sarkozy n’avait pas été si loin. C’est ce qui explique d’ailleurs que Brigitte Trogneux épouse Macron est prise pour cible à cause de son âge et donc de son physique.

    Mais en attendant l’exposition médiatique de Macron fait qu’on ne parle que de lui. Ça vaut des millions d’euros en termes de publicité. Depuis plus d’un an Macron est sur tous les murs de nos villes via la publicité pour les magazines qui en font la promotion. Malgré cela le résultat n’est pas très bon, 23% au premier tour des présidentielles et 66% au second, alors que 100% des médias ont fait campagne pour lui pour faire barrage au fascisme, et que Marine Le Pen avait été jugée mauvaise lors du débat du 3 mai dernier. Je rappelle qu’en 2002 Chirac avait obtenu 82% des voix et un taux d’abstention bien moindre. 

    La macromania et la liberté de la presse 

    En vérité cette campagne médiatique qui tourne à la monomanie organisée est organisée de manière systématique, de façon professionnelle pour lasser tous les opposants aux réformes à venir. Il y a une raison à cela c’est que derrière les images promotionnées, il y a la même politique antisociale de Hollande et de Sarkozy, sans doute encore plus à droite dans les semaines à venir. Il est de plus en plus évident que la presse française n’est pas indépendante. Le constat a été fait par d’autres : en France la presse et les médias sont largement sous contrôle[1]. Cela devient de plus en plus visible avec l’élection de Macron qui est un pur produit d’une campagne de presse massive et orientée. Marianne s’est aussi laissé convertir à la macromania. Si au départ ce journal qui passait encore il n’y a guère pour irrévérencieux affichait une nette méfiance pour Macron, le voyant à juste titre comme un continuateur de Hollande, voilà que maintenant il souhaite son succès, sans trop se poser de questions sur ce que serait justement son succès. 

    La macromania et la liberté de la presse 

    Vous remarquerez que tous ces magazines qui sont soi-disant là pour commenter l’actualité politique semaine après semaine, recycle tous les mêmes éléments de langage, sans doute fournis par les mêmes attachées de presse du clan Macron. On parle de bombe, de dynamite, de fusée, de jeune homme pressé. Derrière ces clichés et les sourires artificiels du nouveau président, il y a en fait un matraquage pour une idéologie bien particulière, celle des vainqueurs, de la concurrence, comme si devenir riche était une question d’énergie et de talent. Evidemment ce n’est pas une telle attitude qui va ramener les lecteurs vers cette presse soumise à l’impératif politique de ceux qui la possède.

    Challenges qui est un des torchons appartenant à Claude Perdriel, déjà propriétaire de L’Obs, a fait l’objet d’une analyse plus poussée de la façon dont les communicants de Macron sont intervenus pour modérer un article critique (un peu, pas beaucoup) sur Macron[2]. Cela a entraîné un article embarrassé de Maurice Szafran – anciennement journaliste à Marianne – pour expliquer pourquoi ils en faisaient autant sur Macron, l’idée générale est qu’en quelque sorte si Macron a une aussi large couverture de presse, ce serait parce que le peuple le réclame ! C’est la preuve par le pudding. On pourrait ajouter si on était aussi cuistre que ce malheureux Maurice Szafran que la preuve que le peuple réclame Macron, c’est qu’il a été élu avec 66% des voix ! 

    La macromania et la liberté de la presse 

    La macromania touche aussi un journal qui avait dans le temps – mais c’était il y a longtemps – une certaine réputation de sérieux. En effet, si on savait que Le monde était un journal bourgeois modéré, il ne pratiquait pas le bourrage de crâne tout azimut. Sans doute cela est-il la conséquence de sa perte régulière d’audience. En quelque sorte il vend son indépendance financière en donnant des gages aux puissants. Il est facile de rappeler que les principaux actionnaires du Monde, Bergé, Niel et Pigasse, sont des soutiens sans complexe de Macron. Le programme libéral et européiste de Macron convient très bien à ce journal, et il le fait savoir. On ne compte plus les articles sans queue ni tête qui dans Le monde flatte les bas instincts ce ceux qui lisent encore ce canard sans tête. Par exemple ce journal s’obstine à faire comme si la droite était encore représentée par Les Républicains et donc que En Marche c’était quelque chose de différent été de nouveau. Pourquoi ? On ne le saura pas[3]. 

    La macromania et la liberté de la presse 

    Voilà ce qu’on a pu lire sur Macron le 27 mai dernier. Il aurait fait un sans-faute en allant au G7 se faire serrer la main par Trump. L’article est on ne peut plus creux, il nous apprend que Macron aurait résisté à la pression de la main de Trump, qu’il s’y était préparé. La preuve ? C’est lui qui le dit[4]. En fait il faudra attendre les autres articles du Monde pour apprendre que le G7 a été complètement inutile et que l’opposition de Trump sur la question climatique a provoqué un fiasco de ce raout[5]. L’article de Bastien Bonnefous nous dit que le succès de Macron ne tient pas à ce qu’il a obtenu, il n’a en effet rien obtenu, mais au fait que ses semblables, Juncker, Merkel et autres ont été contents de lui !! En somme ce qu’on loue, ce ne sont pas les résultats, mais la mise en scène de la poignée de main ! La encore nous sommes en pleine politique spectacle, avec des journalistes sans recul, complètement vendus qui mettent en scène des détails insignifiants. Le monde avait eu quelques velléités de faire des articles (2 en tout) critiques sur le gouvernement Philippe en le désignant comme un lobbyiste du nucléaire[6] et comme un député peu préoccupé par son travail de député[7]. Cela m’avait un peu étonné tout de même un tel désir d’indépendance. Mais cela a été vite étouffé et Le monde a repris très vite son rôle de propagandiste macronien.  Je rappelle tout de même que Le monde a réussi cet exploit de nous dire qu’il fallait voter au deuxième tour pour Macron même si on n’était pas d’accord avec lui pour faire barrages aux hordes fascistes emmenées par Marine Le Pen, pour ensuite nous expliquer que puisque les deux tiers des Français avaient voter pour Macron c’est bien qu’ils approuvaient son programme[8] ! 

    La macromania et la liberté de la presse 

    Macron a cette manie de s’immiscer de partout, même si on ne veut pas de lui. Cette présence encombrante est pourtant louangée. Ainsi on retrouve une publicité gratuite pour Macron, et donc indirectement pour son parti La République En Marche, dans le journal L’Equipe du 29 mai 2017. Le samedi précédent Macron avait assisté à la piètre finale de la Coupe de France entre Angers et le Paris Saint-Germain. Mais deux jours après L’Equipe va chercher un vague plumitif pour en faire un article centré sur Macron. On nous a épargné cette fois sa bonne femme, c’est déjà ça. Une page entière est consacrée à l’événement, pour dire que Macron a été charmant, que Macron a plu à tout le monde. Mais l’article passe sous silence que le nouveau président a été copieusement sifflé par le public dès qu’il s’est montré.

     

    Conclusion

     

    Il y a donc bien un culte de la personnalité qui se met en place autour du nouveau président, avec de gros moyens financiers. Personne avant Macron n’avait eu une telle unanimité de la presse. Sa grande réussite est donc d’avoir su faire l’unanimité auprès des milliardaires français qui possèdent la quasi-totalité des médias. Certes il reste encore un peu de presse libre et d’opinion Le canard enchaîné, Politis, L’Humanité. C’est peu de chose en termes de tirages. En outre 100% des chaînes de télévision sont aux mains des amis de Macron.

    Comment se défendre contre cet envahissement au quotidien, contre cette promotion du culte de la personnalité ? Il n’y a pas trente-six façons de s’y prendre, il faut répondre en développant un Macron bashing quotidien qui mette l’accent sur le programme rétrograde du nouveau président, mais aussi en dénigrant et en dévalorisant les images obscènes de son couple. L’anti-macronisme primaire doit être la prière du matin de l’homme moderne, jusqu’à ce qu’on s’en débarrasse.

     

     


    [1] http://www.20minutes.fr/medias/2057319-20170426-liberte-presse-france-situation-jamais-aussi-mauvaise-depuis-2013

    [2] https://francais.rt.com/france/36167-challenges-roule-t-il-pour-macron-sdj

    [3] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/05/29/decapitee-et-divisee-la-droite-traverse-une-crise-profonde_5135223_823448.html

    [4] http://television.telerama.fr/television/la-fatale-erreur-de-l-incroyable-emmanuel-macron,158775.php

    [5] http://www.lemonde.fr/climat/article/2017/05/29/apres-un-g7-houleux-bataille-climatique-entre-les-etats-unis-et-leurs-allies-occidentaux_5135386_1652612.html

    [7] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/05/16/votes-assiduite-qui-etait-le-depute-edouard-philippe-nouveau-premier-ministre_5128601_4355770.html

    [8] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/10/l-etrange-proces-fait-a-emmanuel-macron_5125432_3232.html

    Partager via Gmail

    5 commentaires
  •  Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse

    Macron et son nouveau parti de la droite ordinaire sont de très bon communicants. Voilà un mouvement qui rassemble en une manière de synthèse toutes les tares des anciens partis qui gouvernent depuis trente ans, mais qui arrive à se faire passer pour neuf et innovant ! Le programme est tout à fait dans la continuité européiste de Sarkozy et Hollande, deux présidents qui ont été chassé pour cause d’impopularité. Par exemple, Macron met en scène à la manière des politiciens réactionnaires du XIXème siècle la nécessité de réformer le marché du travail pour le rendre plus flexible. Or non seulement il n’existe aucune étude sérieuse qui permette de faire le lien entre flexibilité du marché du travail et création d’emplois, mais en outre, la France a subi depuis 1983 17 réformes du marché du travail qui vont toutes dans le même sens d’une diminution des droits des travailleurs. Et c’est la même chose de partout en Europe, alors que le marché du travail a été flexibilisé à outrance, le chômage a continué de grimper. D’ailleurs, s’il y avait une relation entre flexibilité du marché du travail et création d’emplois, la Grèce et l’Espagne dont la protection sociale a été détruite méthodiquement depuis la crise de 2008 n’auraient plus de chômeurs du tout. La thèse de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) est à l’inverse que la protection sociale est sur le long terme un facteur d’amélioration de la productivité du travail, parce qu’elle améliore la qualité du capital humain[1]. 

     

     Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse

    Mais ce n’est pas tout à fait des projets de Macron et de son équipe dont je voudrais parler aujourd’hui, projets qui n’appartiennent pas à l’extrême droite politique, mais à la droite extrême assurément. Je voudrais revenir sur les hommes et les femmes qui font ce gouvernement et leurs liaisons dangereuses avec le monde des affaires.

     

    Le lobbyiste d’Areva est un « Young Leader »

     

    Le louche Edouard Philippe a été nommé Premier Ministre. Inconnu du grand public, il pouvait apparaître comme un homme neuf. En vérité il a un CV très chargé qui penche du côté de la ploutocratie. D’abord, comme Macron, Hollande et Juppé, Philippe est un Young leader. Le programme des Young leaders est financé par les Etats-Unis et se présente comme une entreprise de recrutement de jeunes Américains et Français dans le but d’échanger et d’améliorer les relations entre les deux pays. Mais en vérité, c’est aussi un programme de formation. C’est dans cette officine qu’on y apprend non seulement les vertus de la mondialisation heureuse, mais aussi quelles sont les bonnes réformes à mettre en place[2]. Tout ce que le P « S » compte de droitisants y passé : Fleur Pellerin, Najat Vallaud-Belkacem, etc. On pourrait dire que la French-American Foundation c’est le moule de l’UMPS qui va bientôt s’appeler LR-LREM. C’est la porte d’entrée vers Bilderberg. 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse

    Philippe comme on le sait a refusé de révéler ses revenus et son patrimoine, jugeant que c’était une intrusion dans sa vie privée. Evidemment s’il était SMICARD, il n’aurait pas de ces pudeurs[3]. Se faisant passer tantôt pour un avocat, tantôt pour un député, Philippe est un lobbyiste grassement rémunéré indirectement par Areva[4]. Certes il est peu probable que Philippe ait joué un rôle direct dans le pillage de l’uranium du Niger. Mais il est là en couverture, pour faciliter le travail d’Areva dont les débordements en Afrique sont bien connus. Philippe est tellement obnubilé par son rôle qui consiste à aider les industriels à dégrader l’environnement qu’il a voté contre la loi de transition énergétique, contre la loi pour la bio-diversité, et pour l’aéroport de Notre Dame des Landes. Il a également soutenu Areva lorsque cette boutique voulait s’implantait au large du Havre, ville dont il est le maire. Opportuniste consciencieux, Philippe est passé par le P « S » tendance Rocard (pro-business) puis il s’est tourné vers l’UMP (maintenant LR) pour se faire donner par Rufenacht la mairie du Havre[5]. 

    La ministre de la santé, son mari et les laboratoires 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse

    Agnès Buzyn vient de la HAS (Haute Autorité de la Santé). Un premier problème apparait parce que son mari, Yves Levy, qui est directeur de l’ISERM et qui à ce titre est sous sa tutelle. Mais à mon avis ce n’est pas le problème le plus important, en effet, la HAS étant l’autorité chargée de contrôler la mise sur le marché des médicaments, et aussi leur possible remboursement, Agnès Buzyn a défendu l’idée selon laquelle les experts qualifiés pour ce travail pourraient venir directement des laboratoires eux-mêmes[6]. On note que dans le même sens, Agnès Buzyn dénonçait une loi sur la transparence trop handicapante pour les laboratoires[7] ! Il ne faut pas être bien malin pour voir que cette attitude est typique des lobbyistes qui défendent les compétences des industriels pour orienter les décisions des autorités publiques. C’est le langage courant de la bureaucratie européenne[8]. 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse

    Mais les compromissions de la nouvelle ministre de la Santé avec les lobbies du secteur privé ne s’arrête pas là. Buzyn vient de nommer Gilles de Margerie comme directeur de cabinet. C’est un assureur qui vient de chez Humanis, groupe qui vise à mettre la main sur un morceau du pactole de la Sécurité sociale. Pour ce groupe l’extension des complémentaires santé voulue par Hollande fut une aubaine. En effet, cela signifie que de fait une partie des dépenses de santé obligatoires est privatisée. Evidemment si Gille de Margerie quitte son poste de DGA grassement rémunéré pour un poste de directeur de cabinet au maigre salaire, ce n’est pas pour l’amour de l’art. C’est qu’en vérité il est en mission commandée pour faire avancer les dossiers de la privatisation rampante de la Sécurité sociale. Cette nomination désigne clairement les intentions des ultra-libéraux Macron et Philippe de privatisation accélérée de la santé. 

    Le ministère du travail et ses nouvelles lois 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse 

    Pour remplacer la sinistre El Khomri, Macron a choisi Muriel Pénicaud. Il n’y a que Jean-Claude Mailly et L’Obs pour s’en réjouir. En effet, si elle a une compétence en la matière puisqu’elle a travaillé au cabinet de Martine Aubry lorsque celle-ci a été ministre du travail, elle a ensuite bifurqué vers le secteur privé et s’est retrouvé DRH chez Danone. Avant cela elle avait fait des médiocres études, diplômée de Sciences de l’éducation, autant dire rien, elle avait traficoté dans la Formation professionnelle où les prébendes sont nombreuses. Mais par la suite elle a travaillé pour des grands groupes internationaux, se retrouvant au conseil d’administration d’Orange, mais aussi à celui de la SNCF. Ses casquettes ne se comptent plus, elle cumule les fonctions dans des boutiques qui sont finalement le lieu de rencontre entre les grands groupes financiers et les décideurs publics. Elle faisait partie du cercle de François Hollande. C’est donc cette femme louvoyante qui va être chargée de mener la réforme du droit du travail. Ça veut dire qu’elle sera chargée de la faire avaler aux syndicats, si elle peut déjà compter sur la CFDT elle a reçu un soutien plus inattendu de FO[9]. On sait très bien que le contenu de la réforme à venir est déjà écrit et pensé, et que les rencontres avec les syndicats ne changeront rien. Seul comptera le rapport de force dans la rue. Ajoutons que Pénicaud lorsqu’elle était DRH chez Danone a mis au point et exécuté le plan de licenciements prévue par cette boîte qui pourtant engendre des profits importants. Elle a détruit 900 emplois, dont 200 sur le sol français[10].

    La nomination d’Antoine Foucher, un ancien cadre du MEDEF a également donné lieu à des discussions. Antoine Foucher n’est pas un patron, c’est une sorte de technicien au service du patronat. Plutôt proche de Gattaz, il aurait quitté le MEDEF sous la pression des patrons qui veulent plus de brutalité dans les relations sociales. Il s’est alors rabattu sur Schneider Electrics France pour en gérer les relations sociales. C’est un ancien du cabinet de Xavier Bertrand lorsque celui-ci était ministre du travail sous Sarkozy. Comme Pénicaud, c’est quelqu’un qui passe facilement du public dans les ministères au contact des grandes entreprises, au privé. Evidemment ces personnes qui sont capables de ce type de glissement ne peuvent pas être proches des salariés, mais sont toujours plus près des patrons qui les font vivre et les récupèrent lorsqu’ils se retrouvent au chômage pour changement de majorité politique[11].

    L’attelage Pénicaud-Foucher au ministère du travail reconstitue très facilement l’unité de pensée de l’UMPS. Il y a donc une réelle continuité qui doit inquiéter justement les salariés et les syndicats sensés les représenter. Le choix de ces deux habitués de la négociation avec les syndicats montre que Macron va tenter d’éviter l’affrontement direct sur le code du travail. Foucher a déjà les faveurs de Mailly, on voit que la manœuvre va être de tenter d’isoler la CGT sur le front des luttes et de faire en sorte que FO et la CFDT au moyen de quelques petits aménagements mineurs aillent dans le « bon » sens[12]. 

    Richard Ferrand, son fils et ses affaires immobilières 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse 

    Richard Ferrand est l’arrogant social-traître opportuniste qui s’est très tôt rangé du côté de la Macronie, abandonnant son parti pour aller servir la soupe d’un nouveau maître. Ce bouffon hollandiste démontre toute l’étendue de sa cuistrerie avec au moins deux affaires.

    La première concerne son fils. S’étant fait épinglé sur le fait que, comme un vulgaire Fillon, il ait employé son fils comme collaborateur parlementaire[13], il s’est justifié en avançant que les Bretons étaient quasi-illettrés.

    "Je vous invite à aller faire un tour en Centre-Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet."

    Contrairement à ce qu’on dit les médias, ce n’est pas une bourde. C’est en effet exactement ce que pense l’oligarchie, ceux qui ne sont pas comme eux et qui ne magouillent pas pour trouver une rémunération sont considérés comme des moins que rien. On se souvient de la sortie indécente de Macron traitant les ouvriers de Gad d’illettrés[14], ou encore l’arrogance de ce même Macron en face de travailleurs qui l’interpelait, leur lançant à la figure son costume comme une marque de supériorité intellectuelle et morale. Il n’a évité ce jour-là de se faire gifler que grâce au sang-froid des travailleurs, mais il l’aurait bien mérité[15]

    Richard Ferrand, homme de peu, se retrouve embourbé, toujours suivant le schéma fillonesque dans des affaires familiales. Le canard enchaîné a révélé qu’il avait facilité les affaires immobilières de sa femme via Les mutuelles de Bretagne[16]. Certes, il n’y aurait rien d’illégal, comme pour Fillon d’ailleurs lorsqu’il employait sensément sa femme comme attaché parlementaire. Benjamin Griveaux, crétin de service[17], et accessoirement porte-parole de LREM, a dit que tout cela était sans intérêt parce qu’il s’agissait d’argent privé et non d’argent public. Mais on peut lui rappeler que Madame Fillon est aussi poursuivie pour avoir touché de l’argent privé émanant de Marc Ladreit de Lacharrière, ce qu’on appelle détournement de fonds sociaux.

    Marine Le Pen a réclamé la démission de Ferrand et celui-ci s’est défendu de la même manière que Fillon dont il semble avoir fait son modèle, en disant que ce n’était là que des calomnies, et en refusant de répondre aux questions des journalistes. Pour la moralisation de la vie politique, on repassera.

     

    François Bayrou au ministère de la justice 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse 

    Bayrou doit une partie de sa maigre popularité au fait qu’il ait mis en avant la nécessaire intégrité des hommes politiques. Soutien de Macron après l’avoir vigoureusement critiqué comme un clone de Sarkozy, il a été bien récompensé puisqu’on lui a donné le ministère de la justice, poste en général plus honorifique qu’autre chose.

    Malheureusement pour lui, il a aussi ses casseroles. Il y en a une vieille qui porte sur les costumes – décidemment le costume est la plaie de l’homme politique – il aurait tenté de se faire rembourser en 2002 plus de 42 000 euros de frais d’habillement[18] ! ça vaut Fillon, n’est-ce pas ?

    La nouvelle affaire qui agite le microcosme est la suivante : Bayrou étant poursuivi deux fois pour diffamation, peut-il continuer à être ministre de la justice[19] ? En effet dans la mesure où il supervise le ministère public, il peut apparaître comme juge et partie. Dans l’affaire des plaintes pour diffamation, il est opposé à une association El Sistema qui s’est installé sur le créneau de l’éducation des enfants, association qu’il accuse d’être une pompe à fric public.

     

    Françoise Nyssen et les anthroposophes 

    Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse 

    Françoise Nyssen qui a pris la suite de son père à la tête des éditions Actes Sud passe pour une éditrice compétente qui a su prolonger l’aura de cette maison au-delà de la disparition de son fondateur. Elle a été choisie par Macron pour représenter la culture. Je ne vais rentrer dans le détail de ses compétences, mais il va de soi qu’un bon professionnel du livre, du cinéma ou de la musique, n’est pas forcément capable de définir et de guider une politique culturelle novatrice et efficace. Ce qui nous intéresse ici c’est ses relations avec les écoles Waldorf-Steiner. En effet, à la suite du décès d’un de ses enfants, Françoise Nyssen s’est investie dans un projet éducatif destiné à accueillir les enfants qui ont des difficultés avec la discipline traditionnelle[20]. C’est une vieille idée qui est à l’origine par exemple des écoles Freinet. Mais outre qu’il n’est pas certain que cela soit efficace, beaucoup d’officines louches se sont engouffrées dans cette brèche. C’est le cas des écoles Waldorf-Steiner qui sont considérées comme des lieux à surveiller car ouvrant sur les sectes anthroposophes.

    L’école fondée par Nyssen est insérée dans les réseaux Waldorf-Steiner, mais aussi elle se revendique de Pierre Rabhi qui est aussi publié pour partie par Françoise Nyssen, le gourou à la mode. Rudolf Steiner est un penseur connu pour ses positions racistes comme pour ses analyses scientifiques farfelues. Certes ces sectes et ses gourous ont du succès parce qu’ils pointent du doigt les dérives techniciennes et modernistes de nos sociétés, et ils s’appuient souvent sur des prémisses très justes, mais par la suite ils visent à récupérer une clientèle captive pour leur juteux business[21]. 

    Les paillettes de Nicolas Hulot 

    On a tous rapidement compris que la nomination de Nicolas Hulot était un simple coup de pub, histoire de faire oublier que le gouvernement Philippe est un gouvernement pro-nucléaire dont l’environnement est le cadet de ses soucis. En vérité le médiatique Nicolas Hulot a créé une fondation qui ramasse beaucoup d’argent et qui est financée par des entreprises particulièrement polluantes, comme EDF, Autoroutes du Sud de la France, Lafarge, j’en passe est des meilleures[22]. C’est sans doute par l’intermédiaire de ces grandes entreprises qui le financent qu’Hulot a été approché par la Macronie. Passons sur le fait que Hulot il y a quelques temps encore dénonçait le libéralisme comme « climaticide », et qu’il rentre finalement dans le gouvernement le plus libéral de l’après-guerre. On savait bien qu’il n’était pas sérieux, mais il est vrai que les écologistes sont rarement sérieux et qu’ils défendent très mal l’environnement : soit ils sont européistes comme EEVL, or l’Europe est libérale et multiplie les dégâts sur l’environnement ne serait-ce qu’en concentrant le capital et en allongeant les temps de déplacement, soit ils sont comme Nicolas Hulot, ils font allégeance aux multinationales en pensant que peut être à terme, ils auront quelque influence.

     Le gouvernement Macron-Philippe, une éthique politique douteuse 

    Mais la Fondation Nicolas Hulot est aussi connue de longue date pour les libertés qu’elle prend avec l’utilisation des fonds qu’elle reçoit. Ses frais de personnel sont très élevés pour une association de ce type, supérieurs à 60%. Un rapport parlementaire révélait aussi que les mécènes de cette boutique, en gros des multinationales, avaient des relations trop influentes dans les orientations de l’association[23]. Bref si cette association n’a que très peu d’influence sur les orientations politiques des gouvernements successifs, elle se révèle d’abord comme une entreprise prospère surfant sur les angoisses des Français face à la dégradation continue de l’environnement.

     

    Conclusion 

    Le gouvernement Philippe c'est une collection d'antipathiques qui combine toutes les tares des derniers gouvernements, sous Sarkozy et sous Hollande. Sa proximité avec le grand capital en fait un ennemi de classe : ce gouvernement ne peut pas prétendre à parler dans l’intérêt général. Il ne représente que la ploutocratie. Mais ses multiples liaisons affairistes avec le grand capital en fait un gouvernement tout aussi immoral si ce n’est plus que les précédents gouvernements. D’une manière ou d’une autre, les ministres du gouvernement Philippe sont tous impliqués dans des combines louches.

     

     


    [1] http://ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_244896/lang--fr/index.htm

    [2] http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/hollande-et-sa-clique-de-young-138241

    [3] http://www.rtl.fr/actu/politique/edouard-philippe-ses-nebuleuses-declarations-de-patrimoine-et-interets-7788544879

    [4] http://www.sortirdunucleaire.org/Le-lobbying-d-Areva-pour-l-uranium

    [5] https://reporterre.net/Le-Premier-ministre-Edouard-Philippe-vient-d-Areva-et-n-a-pas-la-fibre-ecolo

    [6] http://www.la-croix.com/France/Politique/Agnes-Buzyn-nouvelle-ministre-sante-conflit-dinterets-mari-2017-05-18-1200848216

    [7] https://www.mediapart.fr/journal/france/070316/les-petits-arrangements-de-la-nouvelle-presidente-de-la-haute-autorite-de-sante

    [8] http://www.lelibrepenseur.org/quand-la-nouvelle-ministre-de-la-sante-agnes-buzyn-justifiait-les-conflits-dinterets-entre-medecins-experts-et-laboratoires-pharmaceutiques/

    [9] http://www.francetvinfo.fr/politique/gouvernement-d-edouard-philippe/jean-claude-mailly-la-nomination-de-muriel-penicaud-au-ministere-du-travail-est-plutot-rassurante_2195258.html

    [10] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/05/18/97002-20170518FILWWW00157-travail-penicaud-dans-la-droite-ligne-des-politiques-antisociales-federation-cgt.php

    [11] https://www.politis.fr/articles/2017/05/un-ancien-cadre-du-medef-nomme-directeur-de-cabinet-du-ministere-du-travail-36983/

    [12] http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/mailly-fo-apprecie-le-directeur-de-cabinet-ex-medef-de-muriel-penicaud-1167966.html

    [13] http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/emploi-du-fils-richard-ferrand-tres-maladroite-justification-du-cabinet-du-ministre-1260419.html

    [14] http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/emmanuel-macron-traite-les-ouvriers-de-lusine-gad-dillettres/

    [15] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2016/05/27/25001-20160527ARTFIG00392-emmanuel-macron-le-meilleur-moyen-de-se-payer-un-costard-c-est-de-travailler.php

    [16] http://www.francetvinfo.fr/politique/gouvernement-d-edouard-philippe/petits-arrangements-de-richard-ferrand-quelle-est-la-saga-immobiliere-du-ministre-de-la-cohesion-des-territoires_2204230.html

    [17] Ce n’est pas seulement un crétin, c’est aussi un lobbyiste pour l’immobilier des hyper-marchés. http://transports.blog.lemonde.fr/2017/05/22/lettre-ouverte-griveaux/

    [18] http://www.valeursactuelles.com/politique/quand-francois-bayrou-se-payait-pour-42-566-euros-de-costumes-en-2002-74166

    [19] http://www.sudouest.fr/2017/05/22/el-sistema-pas-une-mais-deux-plaintes-en-diffamation-3466582-4344.php

    [20] http://etudiant.lefigaro.fr/article/a-arles-dans-l-ecole-creee-par-francoise-nuyssen-la-ministre-de-la-culture_b66ef26c-3cb5-11e7-8018-1134ab7dd4db/

    [21] https://veritesteiner.wordpress.com/2017/05/17/francoise-nyssen-les-anthroposophes-entrent-au-gouvernement/

    [22] http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nicolas-hulot-la-finance-au-193384

    [23] http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3142.asp#P390_135935

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  Retour à la politique ordinaire

    La politique cependant impose son calendrier. Macron doit nommer un premier ministre qui sera capable de réunir une majorité afin de pouvoir gouverner comme il l’entend. Bien que les sondages donnent une majorité possible pour le mouvement En Marche, il n’est pas du tout assuré que l’Assemblée lui soit acquise[1]. En effet si les Français sont légitimistes, ils ne sont que 22% à vouloir voter pour un candidat de La République En Marche. Ce n’est pas un raz de marée, c’est à peine si LREM arrive en tête devant les autres partis. Au passage on remarquera que LREM, nouvelle coquille pour un nouveau parti destiné à produire une nouvelle majorité, reprend deux éléments de marketing politique : les deux premières lettres (LR) sont volées au parti de la droite traditionnelle, et les deux autres sont les initiales du président lui-même ! Le culte de la personnalité qui repose évidemment sur la gestion des images n’est pas près de s’arrêter !

    Revenons au sondage qui circule. En vérité il indique que le paysage politique est largement éclaté : on aurait à peu près les résultats suivants :

    1. En Marche avec 22% ;

    2. Les Républicains avec 20% ;

    3. Le Front National aussi avec 20% ;

    4. La France Insoumise avec 19%.

    Le P « S » étant quasiment condamné à la disparition. Ces chiffres ont à peu près les mêmes que lors du premier tour des élections présidentielles. Mais à partir d’eux il est très difficile d’en tirer des conclusions sur ce que sera l’Assemblée Nationale le 18 juin, après le deuxième tour. D’abord parce que c’est un scrutin à deux tours qui peut démultiplier les triangulaires dans un système politique en voie de recomposition. Ensuite parce que ce sondage a eu lieu juste après l’élection de Macron. Or, depuis le 7 mai, l’image du nouveau président se dégrade tous les jours un peu plus et le ramène à un politicien ordinaire qui magouille d’un côté à l’autre. L’épisode où on l’a vu tenter de tuer définitivement Manuel Valls qui est pourtant exactement sur la même ligne politique, est assez symptomatique de son caractère rancunier[2]. 

     Retour à la politique ordinaire

    Les contours d’une majorité ne peuvent pas encore émerger aujourd’hui, ni même d’ici au 18 juin. En effet non seulement il semble que Les Républicains soit plus solide que prévu, mais les candidats LREM risquent d’avoir du mal à s’imposer quand ils ne sont pas des vieux chevaux de retour. Bayrou est monté au créneau pour rappeler à Macron ce qu’il lui devait et donc de réclamer des circonscriptions pour son parti, le MODEM. Pour calmer la colère de Bayrou on a donc fait des entorses à la soi-disant règle édictée par Macron, on ne donnerait pas d’investiture à ceux qui avaient exercé trois mandats. Ainsi Marielle de Sarnez a été sauvée au prix de circonvolutions lexicales : comme elle se présente à la députation pour l’Assemblée Nationale on dit que les mandats de député européen ça ne compte pas ! Donc avec Macron si on veut faire une carrière politique, il faut savoir changer de mandat en cours de route ! 

    La farce de la société civile 

    Retour à la politique ordinaire 

    Histoire de moraliser la vie publique Macron promettait d’investir des personnalités issues de « la vie civile ». Comme on le voit, ce concept est flou quand il est mis en œuvre. L’exemple de Gaspard Gantzer est éloquent. Il devait être investi au nom de la cette fumeuse société civile en Île-et-Villaine. Mais devant le tôlé engendré par une telle annonce, il a dû renoncer. C’est qu’en effet il était surtout connu comme le grand communiquant de François Hollande à l’Elysée. Outre qu’on ne peut pas dire que dans cette fonction il ait fait preuve d’une grande compétence – à moins que son but ait été de plomber l’ancien président, il aurait été en effet présenté à Hollande par Macron – il est difficile de le faire passer pour autre chose qu’un politicard qui vit de la politique et qui s’en sert. 

    Retour à la politique ordinaire 

    Les candidatures dites de la société civile tournent rapidement à la peopolisation – ce qui semble être le mot d’ordre de Macron pour tout son quinquennat. On va trouver par exemple Cédric Villani, un mathématicien habitué des plateaux télévisés où il revend en tranches successives sa médaille Fields[3]. Ou encore Marie Sara, une grande habituée de la tauromachie, ce qui ne va pas faire plaisir à ceux qui défendent la cause animale. Cette farce de la société civile à mon avis va vite retomber une fois les élections passées, entre autres choses parce que Macron va comprendre que pour faire de la politique comme il l’entend, c’est-à-dire pour avoir une majorité de godillot à l’Assemblée, il a besoin des pros de la politique. Et du reste c’est ce que nous allons voir avec la nomination du premier ministre Edouard Philippe. 

    Un barbu à Matignon, pour quoi faire ?  

    Retour à la politique ordinaire

    La nomination d’Edouard Philippe, le maire du Havre, peut étonner. En effet, on peut se demander à quoi servira ce médiocre politicard issu des rangs de LR. On sait qu’en tant que député il a été plutôt absent que présent[4], et que par ailleurs il est dans des relations d’affaires assez compliquées avec Areva, au point d’être accusé de participer au pillage de l’uranium en Afrique[5]. Venant de la mouvance rocardienne, il a suivi le programme de décervelage des Youngs leaders. Mais surtout quelques mois plus tôt dans un article publié par Libération, il crachait son venin sur… Macron[6]. Je passe sur le fait que Macron racontait à qui voulait l’entendre qu’il voulait nommer une femme premier ministre. Le journal Les Inrockuptibles se délectait de cette bonne nouvelle[7]. C’est tellement moderne ! C’est pour cela qu’on appelle Edouard Phillipe la femme à barbe, et Macron le mari de la femme à barbe. Macron ajoutait cependant – pour ne pas passer pour un menteur intégral – qu’il privilégierait la compétence. Soit, il n’y aurait donc pas de femme compétente dans son entourage. Il serait bien mal entouré, ou encore on pourrait dire que les femmes compétentes désertent son entourage ! 

    Retour à la politique ordinaire 

    Rapidement les informations sur Edouard Philippe ont commencé de circuler. On l’a décrit comme un parlementaire absent, sans envergure, un mauvais écrivain, mais aussi comme un anti-écologiste et surtout avec des problèmes de déclaration de patrimoine[8]. Bref pour le renouvellement et la moralisation de la vie politique on repassera. Les Français ne semblent pas convaincus par cette nomination, c’est le moins qu’on puisse dire[9]. Mais il y a pire, c’est que des journaux comme Le monde ou L’Obs semblent très déçus par cette orientation très droitière, affairiste et anti-écologiste. Le monde vient de sortir deux articles ravageurs sur Edouard Philippe, le premier sur le peu d’appétence de Philippe pour la transparence[10], et le second sure les accointances du nouveau premier ministre avec le lobby du nucléaire[11].

    Cette nomination semble déjà ratée parce qu’elle est un repoussoir assez facile pour l’opposition à Macron qui va s’organiser. Le but avoué de Macron est d’utiliser Philippe non pas pour ses compétences de premier ministre, mais plutôt pour briser la droite. C’est du moins ce que vendent les journaux qui le soutiennent[12]. Deux remarques doivent être faites à ce sujet : le première est que Macron ne veut pas briser la droite, mais la reconstruire autour de son parti LREM. Cette droite serait la même que l’autre sur le plan économique et social, mais elle valoriserait un peu plus le libéralisme intellectuel, le cosmopolitisme et l’européisme ; la seconde est qu’il n’est pas certain que ce pari aboutisse et que Edouard Philippe soit le bon homme au bon endroit. Je pense pour ma part qu’il s’agit clairement de la fin de l’UMP devenu LR, dont l’ambition était de créer un parti unique de droite. On va donc s’acheminer sans doute vers une droite dure – tendance Wauquiez qui va tenter de récupérer des voix sur le FN – et une droite dite molle comme l’était dans le temps la droite giscardienne qui sera incarnée par LREM, le MODEM et l’UDI disparaissant purement et simplement. Le temps presse, et il n’est pas certain que cette recomposition se fasse d’ici le mois de juin, auquel cas, LR pourrait avoir suffisamment de députés pour contrarier l’ambition de Macron.

    En tous les cas on peut parier que cette tambouille électorale à l’ancienne va refroidir les enthousiasmes pour le nouveau président, et celui-ci va vite apparaître comme un candidat élu par défaut. Les pitreries de sa femme qui aime afficher ses toilettes ridicules, ne suffiront pas longtemps à masquer tout ça.

     

     


    [1] http://www.francesoir.fr/politique-france/macron-legislatives-en-marche-aurait-une-majorite-avec-une-courte-avance-selon-un-sondage-sondages-assemblee-nationale-deputes-resultat-legislative

    [2] http://www.lepoint.fr/legislatives/pour-valls-macron-est-mechant-et-n-a-pas-de-limites-14-05-2017-2127245_3408.php

    [3] Villani est impliqué depuis plusieurs années dans le think tank pro-européen Europa-Nova, boutique de propagande financée par l’Union européenne, il a fait aussi partie de la promotion 2012 des Youngs leaders financés par la French-American Foundation.

    [4] https://www.marianne.net/politique/edouard-philippe-premier-ministre-un-cancre-de-l-assemblee-pour-diriger-la-majorite-de

    [5] http://laminedinfos.fr/2017/05/16/declaration-de-patrimoine-lobbying-chez-areva-absenteisme-les-casseroles-dedouard-philippe/

    [6] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/05/15/ce-qu-edouard-philippe-ecrivait-sur-macron_5128029_823448.html

    [7] http://www.lesinrocks.com/2017/03/news/emmanuel-macron-veut-nommer-une-femme-premier-ministre-sil-est-elu/

    [8] https://francais.rt.com/france/38360-declaration-patrimoine-lobbying-chez-areva-absenteisme-casseroles-edouard-philippe

    [9] http://www.ouest-france.fr/politique/edouard-philippe/un-francais-sur-trois-approuve-la-nomination-d-edouard-philippe-4994760

    [10] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/05/16/le-peu-d-appetence-d-edouard-philippe-pour-la-transparence-de-la-vie-publique_5128676_823448.html

    [11] http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/05/16/edouard-philippe-un-chef-de-gouvernement-pas-tres-vert_5128693_3244.html

    [12] https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/edouard-philippe-premier-ministre-comment-emmanuel-macron-veut-fracturer-la-droite_473551

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  Retour sur La sociale, film de Gilles Perret

    J’ai déjà dit tout le bien qu’il fallait penser du film de Gilles Perret en tant qu’instrument de réflexion et support de la mémoire de l’histoire sociale[1]. Depuis cette date le temps a passé, les élections présidentielles aussi. Le film a connu un beau succès un peu partout en France, et moi-même je l’ai accompagné en animant des débats dans les cinémas du Sud Est qui le projetaient. Le public a été nombreux, très motivé, posant des questions pertinentes, avançant des idées de solution pour résoudre l’épineux problème du financement de la Sécurité Sociale. Sa carrière en salle touche un peu à sa fin maintenant, mais le DVD qui va sortir ces jours-ci va permettre d’en continuer la diffusion.

    La première évidence est que ce film touche un public très large, au-delà des habituelles divisions qui traversent le peuple de gauche. J’ai en effet présenté ce film devant des publics de syndicalistes cégétistes – très fier que la CGT ait été le premier syndicat à soutenir le développement de la Sécurité Sociale et à la mettre en place, des militants mutualistes, des associations de citoyens, des mélenchonistes et même devant des publics de lycéens ! Chaque fois le public était assez ému de découvrir ces héros très particuliers de la lutte des classes, Ambroise Croizat qui fut le ministre communiste qui travailla à la mise en place effective de ce grand projet, ou Jolfred Fragonara qui fut le premier dirigeant de la Sécurité Sociale dans le département de la Savoie. Je crois qu’une des images les plus émouvantes de ce film est l’enterrement de Croizat suivi par une foule considérable et émue.  

     Retour sur La sociale, film de Gilles Perret

    On peut penser aussi que si le film a eu un aussi bon accueil c’est également à cause des projets des candidats de la droite, Fillon et Macron, qui menacent directement ce système auquel le peuple français est très attaché au nom d’une logique économique et comptable assez peu claire. En vérité le plan de déconstruction de la Sécurité Sociale qui a commencé en 1967 avec les ordonnances Pompidou, est un des axes de la politique européenne. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, l’a répété encore il y a quelques jours, les dépenses publiques sont trop élevées en France[2]. Mais ce qui déplait au patronat dans ce système c’est que la Sécurité Sociale c’est d’abord une sorte de gestion collective d’une partie du salaire, ces cotisations que Macron, en bon porte-parole de la droite affairiste, appelle « charges sociales », comme si elles pesaient indûment sur les seules épaules des chefs d’entreprises ! C’est toujours au nom de la compétitivité et de l’emploi qu’on refuse les lois sociales : si on avait écouté ses mauvaises sirènes, aucune loi sociale n’aurait été votée depuis 1848 ! Il faut inlassablement rappeler que si ces « charges sociales » étaient privatisées pour le plus grand bonheur des groupes d’assurances privées, Juncker ne trouverait rien à redire à leur niveau élevé. Mais il faut rappeler que globalement la Sécurité Sociale est très efficace et ses frais de gestion sont peu élevés.

    Ce n’est pas dans un but d’efficacité économique et sociale[3] que la droite vise une privatisation latente de la Sécurité Sociale, son but est double :

    1. Pour les grands groupes d’assurances privées mettre la main sur une partie du pactole de la Sécurité Sociale ;

    2. Faire baisser les salaires par le biais de la baisse des « charges ».

    Si je rappelle cela c’est que probablement Macron va prononcer des ordonnances qui iront dans le sens d’abord de la baisse des charges, celle-ci étant compensée par une hausse la TVA « sociale » qu’on essaie d’imposer maintenant depuis 10 ans. Il s’agirait alors d’un transfert des entreprises vers les ménages donc d’une baisse réelle et certaine de deux ou trois points de pouvoir d’achat. Macron présentera cela sans doute comme une nécessité d’efficacité pour à la fois assurer la couverture sociale, mais aussi pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises.

     Retour sur La sociale, film de Gilles Perret

    L’autre aspect positif du film de Gilles Perret et de montrer concrètement ce qu’est un syndicalisme offensif et créatif. Evidemment au moment de la création de la Sécurité Sociale, nous sommes en 1945-1946 dans un contexte favorable. Mais aujourd’hui la CGT ne représente plus que 650 000 adhérents, contre 10 fois plus en 1946. Aujourd’hui les syndicats – je ne parle pas bien entendu du syndicat jaune CFDT – sont plutôt sur la défensive, dans un contexte de défense des acquis. Pourtant lorsqu’il s’agit de défendre le droit du travail ou la Sécurité Sociale, les manifestations sont massives, et les sondages montrent un fort taux d’adhésion. Il y a donc à mener une réflexion sur ce que doit être le syndicalisme aujourd’hui dans un contexte d’attaques répétées contre le monde du travail, mais aussi dans ce contexte particulier de désindustrialisation accélérée.  

    Retour sur La sociale, film de Gilles Perret

    Je profite de ce petit billet pour rappeler la qualité des intervenants dans le film de Gilles Perret. Bien sûr Fregonara dont j’ai déjà parlé, et qui est malheureusement décédé depuis la fin du film, mais aussi Michel Etievent qui a écrit un très beau livre sur Ambroise Croizat qu’on peut se procurer aujourd’hui dans une nouvelle version. Les autres universitaires sont aussi très bien, et démontrent qu’on peut faire ce curieux métier tout en conservant une conscience de classe : Colette Bec qui a écrit un passionnant ouvrage sur la Sécurité Sociale qui introduit l’idée que celle-ci introduit dans l’entreprise la démocratie, soit qu’elle est un complément nécessaire à la démocratie politique. Egalement on notera les interventions très pertinentes de Frédéric Pierru et de Bernard Friot qui rappelle utilement comment dans la lutte des classes la bourgeoisie tente de voler la mémoire des luttes, notamment, ici, en faisant presque disparaître Ambroise Croizat de l’histoire sociale, mais aussi les capacités créatrices de la classe ouvrière lorsqu’elle décide de prendre son destin en main.    

    Retour sur La sociale, film de Gilles Perret

    C’est un film que j’ai vu et revu avec plaisir, une belle œuvre de cinéma politique et dont le succès sera selon moi durable. Il me reste plus qu’à vous donner le lien pour l’achat du DVD qui devrait être disponible à partir du 15mai. C’est ici :

    http://www.cp-productions.fr/boutique/?fond=produit&id_produit=30&id_rubrique=5#.WRfqIuvyiUn

     Retour sur La sociale, film de Gilles Perret

     

     


    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/la-sociale-gilles-perret-2016-a127265540

    [2] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/juncker-a-macron-les-francais-depensent-trop-707861.html

    [3] Le système de Sécurité Sociale français est sans doute l’un des plus efficace au monde comme le soulignait Paul Krugman dans son ouvrage L’Amérique que nous voulons, Le Seuil, 2008

    Partager via Gmail

    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires