•  François Fillon s’enfonce, bientôt éliminé 

    Plus François Fillon se défend et plus il s’enfonce. En urgence il a convoqué un journaliste ami pour lui expliquer que ce sont ses adversaires politiques (un clan dit-il, une officine, enfin quelque chose de louche et de mal identifié) qui ont monté cette cabale de toutes pièces. Il a commencé par dire que l’attaquer par le biais de l’emploi fictif de sa femme était un acte misogyne, puis il a prétendu montrer des chèques. Mais dans un premier temps personne n’a nié qu’elle ait touché des chèques ! Le canard enchaîné nie qu’elle ait travaillé en contrepartie de ces émoluments. Il gémit encore un peu sur le fait que ses détracteurs mélangeraient pour lui nuire le but et le net ! Quelle belle défense !

    Même chose pour ce qui concerne le soi-disant travail de Pénélope à La revue des deux mondes. Dans le JDD, il avoue que sa femme « aurait bien aimé en faire un peu plus », mais « S’agissant du travail que mon épouse a effectué pour Marc Ladreit de Lacharrière, elle a souhaité arrêter. Elle aurait aimé en faire plus mais elle a bien senti l’hostilité du directeur de la revue ». [1]

    On comprend bien à le lire que ce serait Marc Crépu qui l’aurait empêchée de travailler et donc si en 18 mois d’émergement comme salariée de la revue elle n’a produit que deux notes, ce n’est pas sa faute. On n’a retrouvé trace du travail de son épouse que dans deux petites notes – assez illisibles d’ailleurs – qui comportent 3474 caractères et 1 faute d’orthographe[2] ! Elle signait ces notules Pauline Camille d’après ce que l’on sait. Non seulement Fillon est un menteur, mais il nous prend pour des imbéciles. Les Français ne s’y sont pas trompés, plus de 60% des Français ont maintenant une très mauvaise image de lui[3]. Et il ne s’en relèvera pas.

    François Fillon s’enfonce, bientôt éliminé 

     

    A cette occasion on a ressorti d’autres mensonges de l’homme aux gros sourcils. Ainsi il a prétendu que son livre – enfin le livre qu’il a signé, parce qu’on doute qu’il ait écrit – s’était très bien venu, plus de 50 000 exemplaires. Et puis patatras quelques jours plus tard, c’est le JDD, pourtant journal ami et complaisant, qui avançait qu’au mieux il s’était vendu à 17 000 exemplaires[4]. Péché véniel me direz-vous, il n’est pas le seul à faire ce genre de mensonge, pensant sans doute que le succès entraîne le succès. Mais c’est un signe que cet individu sans envergure est ancré dans un système de communication mensonger. 

    Détournements de fonds au Sénat, Fillon accusé 

    Mais voilà que derrière le Pénélope gate se profile une autre affaire de détournement de fonds. C’est une affaire assez ancienne dans laquelle on a pointé les sénateurs qui se partagent des fonds théoriquement destinés à leurs assistants. François Fillon, qui par ailleurs a rémunéré ses enfants pour des missions très imprécises, aurait ainsi touché 7 chèques d’environnement 3 000 € chacun entre 2005 et 2007. Soit 21 000 € en deux ans[5]. Pour Fillon 21 000 € ce n’est pas grand-chose, une goutte d’eau dans la mer de ses revenus tiré des fonds publics. Mais outre que cela choque l’opinion publique – 21 000 € c’est à peu près le salaire médian d’une année en France pour quelqu’un qui, contrairement à Fillon, travaille[6]. Gérard Larcher, le président actuel du Sénat, est un soutien très important de François Fillon, mais on sait aussi qu’il a été accusé de longue date d’utilisations plus ou moins douteuses des fonds publics[7]. 

    François Fillon s’enfonce, bientôt éliminé

    Fillon apparait ainsi pour ce qu’il est : un lobbyiste capable de faire de l’argent avec tout ce qui passe à sa portée. Il semble bien que cette fois il est cuit, lessivé et qu’il ne s’en relèvera pas. Mais comme le disait Jacques Sapir dans le commentaire qu’il faisait de cette affaire[8], le scandale du mode de vie et de fonctionnement ne doit pas faire oublier le petit Emmanuel Macron qui est lui aussi plongé jusqu’au coup dans la turpitude, non seulement il a fait des fausses déclarations de patrimoine[9], mais il a utilisé des fonds publics, ceux de Bercy[10], pour son usage personne, c’est-à-dire sa campagne pour les présidentielle. Il semble que la presse contrôlée par les oligarques ait maintenant choisi son camp : ce sera Macron-président. De toute façon, Fillon ou Macron ce sont juste des prête-noms différents pour un même programme : renforcer l’Europe et accélérer la déflation salariale. On ne peut pas dire que l’élimination de Fillon nous fasse de la peine, mais il ne faudrait pas en rester là et se contenter d’un autre menteur et tricheur, Emmanuel Macron.

     

     


    [2] https://www.actualitte.com/article/zone-51/les-notes-de-lecture-de-penelope-fillon-3474-caracteres-et-une-faute/69333

    [3] http://www.midilibre.fr/2017/01/27/sondage-odoxa-la-cote-de-popularite-de-francois-fillon-en-chute-libre,1458805.php

    [4] https://www.arretsurimages.net/articles/2015-10-11/Ventes-de-livres-derriere-les-classements-de-la-presse-id8105

    [6] http://www.leblogpatrimoine.com/bourse/statistique-sur-les-revenus-et-le-niveau-de-vie-des-francais-en-2016.html

    [7] http://www.europe1.fr/politique/senat-ce-documentaire-qui-agace-gerard-larcher-2357093

    [8] http://russeurope.hypotheses.org/5631

    [9] http://www.marianne.net/estimation-son-patrimoine-macron-rattrape-fisc-isf-100243313.html

    [10] http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170125.OBS4325/emmanuel-macron-accuse-d-avoir-utilise-les-fonds-de-bercy-pour-lancer-en-marche.html

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  •  Elections surprises et les déboires de François Fillon

    Décidément, à peine avons-nous tourné la page de l’élimination de Valls, et déjà se pose la question de l’effondrement de Fillon. Depuis plusieurs semaines François Fillon était assez mal embarqué. Il avait gagné haut main la primaire de la droite,  mais cette victoire lui était à vrai dire un peu montée à la tête. Confondant vitesse et précipitation, il avait trop rapidement dévoilé ses batteries et annoncé que lui président, il remettrait une partie du pactole de la Sécurité Sociale au lobby des assurances privées qui le soutient. Il avait donc du rétropédaler et dire que l’on s’était trompé que, non, il laisserait les choses comme avant. Ce baratin présenté avec une mine un peu constipée n’a pas convaincu l’opinion qui y a vu une manœuvre politicienne pour l’endormir. La dynamique n’était pas de son côté. Mais les mauvaises nouvelles et les mensonges se sont depuis accumulés et ont fait un effet boule de neige qui l’ont surexposé. C’est clairement ses affaires de famille qui ne passent pas. Derrière le portrait de l’homme de rigueur qu’il se plait à mettre en scène, on voit surgir un autre Fillon : un affairiste corrompu. 

    Une famille pas comme les autres 

    Les révélations sur cette famille pas comme les autres ont commencé doucement mais sûrement avec le frère, Pierre Fillon. Celui-ci, ophtalmologue de formation, qui a épousé la sœur de Pénélope Fillon, est un bénévole d’un genre très particulier. Il est rémunéré 12 337 € brut pour assure la présidence de ACO (Automobile Club de l’Ouest)[1]. Non seulement ce poste est plutôt honorifique, on dit qu’il ne lui demande même pas trois de jours de travail par semaine, mais il semble qu’il le doive d’abord à l’entregent de son frère. Mais on est passé sur cette salade. Par contre est revenu sur le devant de la scène le « manoir » que Fillon a acheté[2]. En vérité s’il a déclaré qu’il possédait bien une « maison », il s’est gardé de détailler dans un premier temps ce qu’elle était. 

    Elections surprises et les déboires de François Fillon 

    Cette petite chaumière ne comporte que quatorze chambres et se trouve adossée à un parc de plus de 6 hectares. Il faut  ce qu’il faut. Mais il y aussi une ferme qui est attenante et qui est la propriété de l’homme aux gros sourcils. Celle-ci fait 8 hectares et elle est travaillée par un paysan qui lui remet comme dans le temps à son seigneur une partie de la récolte de blé et une partie de sa production de viande. Voilà qui est curieux car François Fillon n’a jamais travaillé, après des études de droit plutôt médiocres, il est devenu attaché parlementaire de Joël Le Theule dont il va reprendre la multitude mandats à la mort de celui-ci. Rien ne pourrait expliquer qu’il ait les moyens financiers par un travail honnête de devenir un riche hobereau.

    On sentait bien que cette affaire de manoir n’était pas très claire. Mais voilà qu’après le frère c’est sa femme qui se fait agrafer : le discret François Fillon qui nous explique en long, en large et en travers qu’un président doit être quelqu’un d’honnête qui n’utilise pas les fonds publics à sa discrétion, a employé sa femme comme attachée parlementaire, et qu’ensuite, lorsqu’il a abandonné son poste de député, il a repassé sa femme comme attachée parlementaire à son ancien suppléant. Cela aurait coûté au contribuable la bagatelle de 500000 €. 

    Elections surprises et les déboires de François Fillon 

    Personne se souvient évidemment que Pénélope Fillon ait fourni un travail sérieux pour son mari, et surtout elle a répété plus de dix fois qu’elle ne se mêlait pas des affaires politiques de son mari, qu’elle préférait sa maison et élever ses enfants à l’agitation de la vie politique. Mais comme Fillon nous dit que non, qu’elle a toujours été son bras droit dans sa quête du pouvoir il faut bien que l’un des deux mente. Et contrairement à ce que Fillon avance pour sa défense, Le canard enchainé qui a levé le lièvre, n’est pas misogyne et n’accuse pas la châtelaine de travailler, mais d’avoir été rémunérée pour un travail qui n’existait pas[3] ! N’appuyons pas sur le fait que le mari manage sa femme pour qu’elle obtienne un emploi. Croyez-vous que ce soit tout ? Non, il se trouve que Pénélope Fillon a été rémunérée pour un autre travail pendant 20 mois par La revue des deux mondes, ce qui aurait représenté encore 100 000 €. On a trouvé très peu de traces de ce travail de 20 mois, à peine deux petites notes de lecture au total d’une cinquantaine de lignes[4]. C’est peu. Le problème est que La revue des deux mondes est une revue au tirage confidentiel qui ne fait pas d’argent, c’est le moins qu’on puisse dire. Elle tirerait à 8 000 exemplaires[5] et sert de relais au ban et à l’arrière ban de la réaction. Les coûts de fabrication étant ce qu’ils sont il apparait aisément que ce travail de Pénélope Fillon n’est qu’un emploi de complaisance qui s’apparente à un abus de biens sociaux. Cette revue donc très déficitaire ne doit sa survie qu’aux largesses de son propriétaire Marc Ladreit de Lacharrière, milliardaire. La famille Fillon apparait ainsi comme stipendiée du grand capital, en supposant que François Fillon une fois élu, il renverra l’ascenseur. Notez également que derrière Fillon, il y a aussi Henri de Castries PDG d’Axa qui milite de longue date pour la privatisation de la Sécurité Sociale. Cette proximité avec le monde des affaires montre qu’il n’y a pas que Macron qui a des relations. 

    Et les fils…

     Elections surprises et les déboires de François Fillon 

    Quand j’ai vu arriver cette déferlante de mauvaises nouvelles pour l’homme aux gros sourcils, je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison pour que les enfants ne soient pas impliqués dans ce mélange des genres. Je ne me suis pas trompé, François Fillon m’a entendu : anticipant que les journalistes allaient fatalement lui en causer, ou faire l’effort de chercher de ce côté, il a avoué aussi que deux de ses enfants – soi-disant avocats – avaient été rémunérés par lui quand il était sénateur pour des missions précises (on aimerait savoir lesquelles tiens). En vérité Fillon a encore aligné des mensonges car lorsqu’il était sénateur, ses aînés n’étaient pas encore avocats, ils le deviendront après qu’il ne soit plus sénateur. On admirera la réponse de l’entourage de Fillon quand on a soulevé ce énième mensonge : « Interrogé par l’Agence France Presse, l’entourage du candidat a expliqué qu’il avait eu « une imprécision de langage » et qu’il voulait dire « qui sont avocats » à l’heure actuelle et non qu’ils l’étaient à l’époque. »[6]. Plus il se défend, et plus il s’enfonce ! C’est magnifique !

    Attendons encore quelques jours et nous verrons peut être que la belle-sœur de François Fillon, ou sa mère, ou sa tante ou je ne sais qui, a également bénéficié de son entregent.

    Résumons : le père la rigueur qui veut serrer les couilles des prolos et faire la chasse aux assistés pour réduire la dette, use en abuse des deniers publics. Non seulement il y a du népotisme là-dessous, mais il y a aussi probablement de l’abus de biens publics. Alain Juppé s’est fait condamner pour bien moins que ça, et aujourd’hui il doit être encore plus amer que d’ordinaire. 

    Questions 

    La première est de savoir si Fillon est liquidé. La justice enquête paraît-il, et il a assuré que s’il était mis en examen, si son honneur était soupçonné (ne riez pas c’est ce qu’il a dit), alors il se retirerait de la course à l’Elysée. Par les temps qui courent il ne faut jurer de rien. D’où vient le coup ? Il est évident que le premier bénéficiaire de ce scandale est Macron. De là à soupçonner que les fuites viennent de Bercy où il a conservé des amitiés. Il semble qu’aujourd’hui Fillon soit incapable de se qualifier pour le second tour et que dans tous les cas de figures se sera Marine Le Pen qui arrivera en tête. Mélenchon et Macron luttant alors pour la seconde place. Le premier a comme handicap de ne pas avoir beaucoup de relais dans les médias de grande diffusion. Le second a d’autres handicaps : d’abord quelques petites bricoles qui font mauvais effet :

    1. il a embelli son CV, essayant de se faire passer pour l’assistant de Paul Ricœur, cette fable ayant sans doute été inventée pour faire croire à son intelligence[7] ;

    2. il a « oublié » de déclarer une partie de son patrimoine, évitant ainsi l’ISF. Question probité on repassera[8] ;

    3. enfin, il est accusé plus sérieusement d’avoir tapé dans la caisse quand il était à Bercy pour financer le lancement de son mouvement En marche. C’est même l’ineffable journal L’express qui pourtant le soutient qui le laisse entendre[9]. Comme quoi on n’a pas fini de rire avec ces candidats à moitié idiots qui s’éliminent tous seuls ! Mais s’il y a autant d’agitation et d’incertitude, ne faut-il pas y voir le signe d’une crise profonde du fonctionnement des institutions ? Moins le FN fait campagne et plus il progresse, tant les autres candidats ont cette capacité infernale de se tirer une balle dans le pied[10]. Dans ces conditions, un P « S » qui se déchire, LR qui est discrédité, il va être vraiment plus que difficile de construire en mai 2017 une majorité de gouvernement quel que soit le candidat qui l’emportera.

     



    [1] http://www.politique.net/2014090102-frere-francois-fillon-benevole-aco.htm

    [2] Hervé Liffran, "Un château et quelques oubliettes", Le Canard enchaîné n°5019, 04.01.2016

    [3] http://www.lci.fr/elections/penelope-gate-les-arguments-de-defense-parfois-contradictoires-du-camp-fillon-passes-au-crible-2023577.html

    [4] http://www.marianne.net/voici-les-2-notes-100000eu-penelope-fillon-revue-deux-mondes-100249455.html

    [5] En vérité en 2016 la revue aurait vendu 32 000 exemplaires pour 10 numéros, soit 3 000 numéros par mois. http://www.liberation.fr/france/2017/01/26/une-revue-des-deux-mondes-tres-filloniste_1544335

    [6] http://www.lemonde.fr/affaire-penelope-fillon/article/2017/01/27/fillon-pretend-avoir-employe-deux-de-ses-enfants-avocats-alors-qu-ils-ne-l-etaient-pas-encore_5070367_5070021.html

    [7] http://www.lexpress.fr/actualite/politique/macron-philosophe-ces-intellectuels-qui-n-y-croient-pas_1827700.html

    [8] https://www.les-crises.fr/macron-36-millions-deuros-de-revenus-cumules-patrimoine-negatif/

    [9] http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/macron-a-t-il-utilise-l-argent-de-bercy-pour-lancer-en-marche_1872320.html

    [10] Ceci dit, au second tour il semble que Marine Le Pen n’a aucune chance de l’emporter à cause de ce fameux plafond de verre qui fait que les deux tiezrs des Français s’en méfient.

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  • Entre 1945 et 1980 l’ordre politique mondial était assez bien établi sur les bases du développement d’une économie mixte dans laquelle l’Etat redistribuait les revenus. Puis entre 1980 et 2008, la révolution néo-conservatrice en entraîné le monde vers la mondialisation et la dérégulation des économies nationales. Cela a débouché sur des crises financières de plus en plus fortes, et nous ne sommes pas encore sortis de celle de 2008. Manifestement  cette année nous sommes entrés dans une nouvelle phase : celle de la démondialisation. Et c’est bien cette entrée turbulente dans une nouvelle ère qui engendre des turbulences sévères dans le monde politique. Trump n’est qu’un aspect de cette transformation. Mais le fait justement que ce soit lui qui en Amérique décide finalement de la fin de la mondialisation est porteur de nombreuses interrogations. Comme en Angleterre cette sortie aurait dû être portée par la gauche, parce que la mondialisation est mauvaise pour l’emploi et pour la tendance à l’égalité. L’arrivée de Trump et de May aux affaires c’est d’abord le résultat de l’incapacité de la gauche à penser le monde et à hiérarchiser les combats. 

    Des décrets en tout genre

    Les contradictions de Trump et l’affaiblissement programmé des Etats-Unis  

    On a mis en scène l’activisme de Trump depuis qu’il est devenu le 45ème président des Etats-Unis. On l’a vu ici et là signant pêle-mêle des décrets sur la limitation de l’IVG, sur la remise en question de l’Obamacare, ou encore sur la sortie du TPP. Cette rafale de décrets avait pour but de montrer que Trump allait tenir ses promesses de campagne et donc de rassurer son camp qui sait qu’il est un président minoritaire très mal élu et contesté dans les rues. Il est d’ailleurs plutôt rare qu’un président américain à peine élu soit aussi fortement contesté. Ce ne sont pas seulement les manifestations de rue qui doivent l’inquiéter, mais aussi les sondages désastreux qui les accompagnent. Seulement 40% des Américains lui font confiance, ce qui est le taux le plus bas pour un président qui vient juste d’être élu[1]. Nous sommes bien dans le monde de la post-démocratie. Cela ne laisse rien augurer de bon. En règle générale le pays a tendance à attendre de voir ce qui se passera avant de réagir. Aux Etats-Unis tout se passe comme si pour une partie de la population il fallait prioritairement chasser Trump en raison de son illégitimité. Le fait qu’il ait été élu avec près de trois millions de voix de moins que Clinton et que des tricheries importantes aient été constatées dans les swing-states[2] fait qu’il apparait aujourd’hui aux Américains comme un président illégitime. Ses attitudes provocatrices et vulgaires – c’est le Père Ubu à la Maison Blanche – font que les tensions ne peuvent qu’augmenter. Déjà le fait de s’attaquer ouvertement à IVG renvoie les Etats-Unis à un archaïsme désuet qui ne peut trouver d’assentiment dans une population bien éduquée. Seuls s’en réjouiront les bigots qu’ils soient chrétiens ou musulmans. 

    Les contradictions de Trump et l’affaiblissement programmé des Etats-Unis 

    Manifestations contre l’investiture de Trump 

    Parmi les décrets que le Père Ubu de Washington a signés en grande pompe, il y en a un qui relance les projets d’oléoducs massivement contestés sur le plan environnemental. Ce décret montre évidemment que Trump est déjà dans l’idée, comme tous les bons républicains, de faciliter la vie aux lobbies pétroliers qui se moquent des questions environnementales. Mais en même temps il crée un précédent puisqu’en effet il bafoue les droits des authentiques indigènes, les descendants de la grande nation sioux qui s’étaient fortement mobilisés contre cet immonde projet qui non seulement est une atteinte à l’environnement mais aussi une forme de destruction d’une culture, celle des amérindiens[3]. Sur ce point particulier, Trump vise tout de suite l’affrontement histoire d’asseoir une autorité chancelante sur le pays pour le reste des quatre ans à venir. 

    Les contradictions de Trump et l’affaiblissement programmé des Etats-Unis 

    Cette farce va très bien avec la nomination de Scott Pruitt à la tête de l’agence de protection de l’environnement[4]. Ce Scott Pruitt qui se présente comme climato-sceptique, histoire de faire croire qu’il aurait des idées, est en réalité un lobbyiste qui travaille depuis longtemps pour les compagnies pétrolières, c’est leur homme de main si on veut. C’est un peu comme si on avait nommé le renard pour surveiller le poulailler et faire attention que les poules ne s’égorgent pas entre elles ! Si on voulait voir la mise en œuvre d’un programme anti-élite dans les premières mesures de Trump, on repassera. Notez que Pruitt a été justement celui qui a combattu bec et ongles l’Agence à la tête de laquelle il vient d’être nommé. Il est facile de prévoir qu’il va s’occuper de la détruire dans les plus brefs délais. N’est-ce pas que cela est un signe selon lequel Trump va bientôt dénoncer les traités internationaux sur l’environnement comme la CPO21 ? En attendant, la guerre est déclarée entre l’équipe de Trump et justement cette agence pour la protection de l’environnement qui est entrée en sécession de fait en refusant de se plier aux injonctions de l’équipe de Trump[5]. 

    Les errements de la politique économique de Trump 

    Parmi les décrets signés par Trump, il y en a un qui porte sur la sortie des Etats-Unis du Traité Trans-Pacifique (TPP), traité de libre-échange destiné à arrimer l’Asie aux Etats-Unis. Et ce n’est pas parce que Trump le signe que nous allons dire qu’il a tort sur ce point précisément. Après la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne, Trump met fin à l’ère des traités et donc il entérine la fin de la mondialisation. On sait que Trump veut également que l’Amérique sorte de l’OMC. Face à cela, il faut être sérieux. Dans un articulet récent le faible Sébastien Jean – directeur du CEPII – nous explique qu’il n’y a pas de salut dans le protectionnisme et que celui-ci bien au contraire risque de nous amener les pires calamités[6]. Joseph Stiglitz également y est allé de son couplet en défense du libre-échange[7]. Certes le prix Nobel n’est pas encore au niveau intellectuel extrêmement bas du pauvre Sébastien Jean, mais il se trompe tout autant sur ce point décisif.

    Pour comprendre l’enjeu de ce débat, il faut se souvenir de deux choses : la première est que la mise en place de politiques protectionnistes n’est pas la cause de la crise, mais seulement la conséquence de celle-ci. C’est en effet toujours le résultat d’une dégradation continue de la balance commerciale, c’était aussi déjà le cas dans les années trente. Le déficit commercial américain est colossal, il atteindra encore probablement en 2016 le chiffre de 500 milliards $. Or ce déficit est l’autre face de la désindustrialisation de l’Amérique et conséquemment une perte colossale d’emplois ouvriers. Un déficit commercial assumé est un renoncement non seulement à son industrie, mais aussi une foi inébranlable dans l’efficacité de la division du travail selon laquelle les emplois ouvriers perdus seraient compensés largement par des emplois haut de gamme dans les services. On est revenu de ces idées fausses depuis quelques années, et cela a ouvert la voie à une meilleure prise en compte de la question de la souveraineté économique d’une nation. 

    Les contradictions de Trump et l’affaiblissement programmé des Etats-Unis 

    Le second point est que la croissance n’est jamais aussi forte que lorsque le pays se trouve dans une situation de protectionnisme conscient. C’est bien ce qui s’est passé dans les Trente glorieuses. La raison est que c’est à l’échelle de la nation que la demande a le plus de facilité pour s’exprimer[8]. Or, nous sommes bel et bien dans une crise de la demande à l’échelle planétaire. Le libre-échange ça marche bien avec la politique de l’offre, mais en même temps justement c’est lui qui crée le déficit de demande par abaissement radical des coûts de production et donc par la baisse des salaires. C’est ce qui amène au bout du compte la baisse de la croissance sur le moyen et long terme. On note également que c’est seulement dans les périodes de protectionnisme que les inégalités de revenus sont contenues et que l’Etat est mieux à même de jouer son rôle de régulateur.

     Les contradictions de Trump et l’affaiblissement programmé des Etats-Unis 

    Il va donc de soi que le choix du protectionnisme selon Trump est une chose qu’on ne saurait désapprouver. On ne peut pas être à la fois contre le TFATA et en même temps contre le protectionnisme. Soyons cohérents. La question est de savoir maintenant si l’approche du protectionnisme selon Trump est juste ou fausse. Selon moi elle est fausse parce qu’elle aura pour contrepartie à l’intérieur des Etats-Unis une politique de déréglementation tout azimut qui va nécessairement tuer la demande. Autrement dit Trump est en train de transformer les Etats-Unis en une sorte d’Union européenne où les différents Etats seront en concurrence entre eux, que ce soit sur le plan de la fiscalité ou sur celui du marché du travail. Il a avancé qu’une croissance de 4% par an serait le résultat de sa politique. Pour tout un tas de raison ce chiffre paraît inatteignable[9]. Entre autre chose parce que on ne peut pas en même temps faire baisser les impôts massivement et financer des colossales dépenses d’infrastructures.

    Ce que Trump et ses conseillers issus tous de la boutique Goldman & Sachs ne comprennent pas, c’est que la réussite du protectionnisme – du point de vue de la croissance et de l’emploi – ne peut s’accompagner que d’un resserrement des inégalités et d’un renoncement au sacro-saint principe de la concurrence. Si en même temps qu’on élabore un protectionnisme fort on déréglemente à tout va, alors les salaires seront orientés à la baisse et ils ne pourront compenser les hausses des prix des produits importés. C’est évidemment là que se trouve l’échec programmé de Trump.

    Pour résumer, il y a deux politiques possibles qui sont cohérentes :

    1. la première est celle de la déréglementation tout azimut, baisse des salaires, baisses des dépenses publiques, elle a pour logique d’unifier le marché mondial, renvoyant aux calendes grecques les questions des inégalités. C’est celle que nous connaissons depuis la fin des années soixante-dix et qui a donné de si mauvais résultats dans la pratique ;

    2. la seconde est à l’inverse celle d’un capitalisme régulé où l’Etat intervient aussi bien pour protéger ses frontières et son économie que pour protéger les salariés contre les exigences du patronat. On ne peut pas faire du protectionnisme sans un Etat fort à l’extérieur et à l’intérieur. Cette approche va de pair avec des nationalisations que ce soit celles du crédit et de la monnaie et celles de certains secteurs stratégiques ou monopoles naturels.

    Le fait de ne pas trancher fermement entre l’une et l’autre de ces deux politiques est l’image d’un président faible, arrogant avec les faibles et faible avec les forts, Trump imposera peut-être sa loi au Mexique, mais il sera incapable de faire plier la finance internationale sur son propre sol. Il pense seulement que le renouveau de l’Amérique viendra d’un retour sur son sol des industries manufacturières. Or cette pratique ne peut amener que de l’inflation et creuser à terme à nouveau le déficit commercial. En effet, il est peu probable que les produits industriels des Etats-Unis redeviennent attractifs pour les autres marchés extérieurs. 

    Trump sur la scène internationale 

    Les contradictions de Trump et l’affaiblissement programmé des Etats-Unis 

    Pour l’instant Trump semble avoir décidé de montrer aux Américains qu’il est déterminé et que rien ne l’arrêtera dans sa révolution. Être minoritaire et détesté par plus de la moitié de son pays ne le dérange pas, du moins c’est ce qu’il essaie de montrer. On voit bien qu’une fois encore le grand changement est initié simultanément au Royaume Uni et aux Etats-Unis. Ce sera l’axe privilégié.  De même Trump va renouer plus directement avec Israël. Alors qu’Obama semblait s’être désintéressé de la question du Moyen Orient, Trump a choisi clairement son camp[10]. Il n’est pas certain d’ailleurs que cette posture puisse faire avancer les choses dans cette région. Mais comme simultanément Trump vise à la détente avec la Russie – contrairement à la présidence Obama – il est probable qu’il va se dessiner un nouvel axe USA – Royaume Uni – Israël – Russie qui vise à marginaliser la Chine aussi bien que l’Union européenne. C’est sans doute pour cette raison que la CIA a tout fait pour soutenir la candidature de Clinton qui est plus dans la tradition hégémonique américaine que Trump. L’opposition entre Trump et Clinton sur ce point est que le premier pense que les Etats-Unis peuvent se passer du cadre multilatéral pour imposer leur volonté au reste du monde.

    C’est ainsi que parallèlement à la signature de l’acte de décès du TPP, Trump a commencé à avancer qu’il allait sortir aussi de l’OTAN[11]. Le fera-t-il ? En effet, s’il en sortait, l’OTAN n’existerait plus mais si on peut considérer que cela serait une bonne chose pour la détente avec la Russie, cela aurait deux conséquences importantes :

    - la première est que privés du parapluie américain, les Européens voudraient accélérer la mise en place d’une défense commune et donc iraient dans le sens de plus de fédéralisme, plus d’Europe. C’est pour la poursuite de cette voie que se sont prononcés les européistes purs et durs, Attali, Macron et Fillon[12] qui est prêt à brader un nouvel élément de la souveraineté de la France au profit de l’Allemagne ;

    - la seconde est que les Etats-Unis se retrouveraient isolés sur les questions de défense et donc affaiblis car privé de leur rôle de gendarme du monde qui leur permettait jusqu’alors de bénéficier d’une position hégémonique sur le plan économique, à moins de relancer un vaste programme d’investissement militaire ce que leur dette publique leur interdit.

    Il se pourrait cependant que les nouvelles relations entre la Russie et les Etats-Unis aboutissent à une levée générale des sanctions et donc qu’une nouvelle ère s’ouvre qui apporterait au moins momentanément un répit sur le plan économique.

    Cependant la tendance générale est que les traités multilatéraux ne servent pas à grand-chose, du moins ils n’apportent rien de bon du point de vue de la croissance et de l’emploi. Pour cette raison Trump a avancé l’idée de sortir de l’OMC[13]. Il prétend pouvoir remplacer le rôle de gendarme tenu par un organisme bureaucratique par des traités bilatéraux. Car il est évident que le protectionnisme n’est pas, contrairement à ce que disent des imbéciles comme Macron, l’autarcie. Il laisse en effet la possibilité de commercer avec les autres pays en reconsidérant à chaque fois ses intérêts propres.

     

    Conclusion 

    Manifestement avec Trump et May, nous sommes entrés dans une voie de grande perturbation avec la fin de la mondialisation. De quoi accouchera cette nouvelle révolution ? On n’en sait encore rien. Tout dépendra du pragmatisme avec lequel ces nouveaux dirigeants vont s’adapter au terrain. Sans réussite économique en matière d’emploi et de croissance, on assistera à un retour en arrière vers encore plus de libéralisme. Il faut bien comprendre enfin que si l’Union européenne est de plus en plus rejetée, ce n’est pas par idéologie, mais c’est surtout parce qu’elle ne tient pas ses promesses et qu’elle obtient de très mauvais résultats sur le plan économique. Si la zone euro était une zone de prospérité et de plein emploi, alors tout le monde serait européen, mais comme elle ne profite qu’à une petite élite, alors elle est de plus en plus détestée. Il est tout à fait possible que May et Trump accélère le détricotage de l’Union européenne, même si l’on sait que les voix des européistes vont nous dire que face à Trump, à la Russie et à la Chine, il nous faut être encore plus unis[14]. Mais à contrario, l’indépendance retrouvée des Etats-Unis et du Royaume Uni vis-à-vis du multilatéralisme peut être aussi un exemple pour nous, sans pour autant qu’on copie leur politique. En tous les cas une des leçons de Trump c’est que si un traité a été signé, il peut tout aussi bien être dénoncé.

     

     


    [1] http://www.20minutes.fr/monde/1997559-20170117-popularite-plus-bas-sondages-trump-denonce-trucages

    [2] http://addictinginfo.org/2016/11/22/breaking-evidence-trump-cheated-leads-to-massive-move-for-three-state-audit/

    [3] http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-nation-sioux-gagne-une-bataille-187312

    [4] http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/12/08/etats-unis-un-climatosceptique-a-la-tete-de-l-agence-de-protection-de-l-environnement_5045253_3222.html

    [5] http://www.huffingtonpost.fr/2017/01/24/donald-trump-ordonne-un-black-out-mediatique-a-lagence-de-prote/?utm_hp_ref=fr-homepage

    [6] http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/faut-il-craindre-le-retour-du-protectionnisme-632931.html

    [7] http://affaires.lapresse.ca/economie/etats-unis/201701/17/01-5060300-la-politique-economique-de-trump-vouee-a-lechec-selon-stiglitz.php

    [8] http://russeurope.hypotheses.org/5604

    [9] http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/01/25/les-promesses-de-donald-trump-a-l-epreuve-de-l-augmentation-de-la-dette-americaine_5068540_3222.html

    [10] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/12/28/97001-20161228FILWWW00129-trump-appelle-israel-a-rester-fort.php

    [12] http://www.lemonde.fr/international/article/2017/01/22/francois-fillon-je-propose-une-alliance-europeenne-de-defense_5066975_3210.html. Les propositions de Fillon en matière de défense auraient de quoi décourager n’importe quel gaulliste d’ailleurs

    [14] https://www.euractiv.fr/section/l-europe-dans-le-monde/interview/attali-europe-is-worlds-biggest-power-but-does-not-recognise-it/

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  •  Les présidentielles en ordre de marche

    Il semble se dessiner pour la semaine prochaine une victoire nette de Benoît Hamon à la primaire organisée par la Parti « socialiste ». Celui-ci, avec 36,5% arrive en tête devant Valls avec 31% et Montebourg à moins de 18%. Ce dernier ayant appelé à voter au second tour pour Hamon, il devient quasiment impossible de penser que Valls pourra l’emporter et se qualifier pour la présidentielle. C’était la dernière inconnue de l’élection de 2017. On peut d’ores et déjà en tirer un certain nombre de conclusions.

     

    Jean-Luc Mélenchon ne sera pas présent au second tour

     

    La première conséquence est que cette élection est maintenant perdue pour la gauche. Même si Mélenchon fait un bon score et s’il finit devant le candidat « socialiste », le score d’Hamon, même s’il est de 6 ou 7 % l’empêchera de se qualifier. Sa seule chance était que le parti ultra libéral et pro-européen présente trois candidats – Valls, Macron et Fillon – et que les voix se dispersent sur leurs noms. La présence du trouble Benoît Hamon au contraire renforce à la fois Fillon et Macron, comme dans un système de vases communicants. Quelle que soit maintenant la surenchère droitière de Macron et de Fillon, et même si cela permet à la gauche de connaître un sursaut, Mélenchon ne pourra pas lutter à la fois contre l’idéologie libéral selon laquelle les forces productives du marché seraient entravées par un excès de régulation, et en même temps contre Hamon dont le programme est manifestement sur son terrain, même s’il est à l’évidence encore plus flou sur les points importants. Il est donc assez facile de prévoir que Marine Le Pen affrontera au second tour François Fillon ou peut-être Emmanuel Macron et qu’elle sera battue au nom du « front contre le fascisme ». François Fillon a déjà dit qu’il axerait en ce sens sa campagne du second tour. Et Macron en fera de même au nom de l’Europe et de l’ouverture de la France sur l’extérieur. Les difficultés que Mélenchon rencontre avec les cadres du PCF vont certainement s’accroître, certains militants de ce parti pousseront sans doute les votes vers Benoît Hamon au motif de préserver les alliances locales entre le PCF et le P « S ».

     

    Benoît Hamon sauve le P « S »

     

    Hamon, homme d’appareil, a été placé en tête parce qu’il connaissait mieux le parti que Montebourg. C’est aussi ce qu’avait fait Fillon : il a gagné la primaire des Républicains parce qu’il avait avec lui l’appareil. La candidature d’Hamon si elle élimine de fait Mélenchon et la gauche du second tour a aussi d’autres effets. D’abord l’élimination de Valls montre que les militants du P « S » ne sont pas proches du virage droitier que ce parti a opéré sous l’impulsion de l’élection de Hollande. Si on additionne les voix de Montebourg et de Hamon, c’est une très large majorité qui se dessine dans ce parti contre une politique libérale, une politique de l’offre ou pro-business. Comme en 2005, on constate que la base naturelle du P « S » est à gauche : comme elle avait largement désavoué son encadrement dans le vote du référendum sur le TCE, elle a désavoué toute la politique libérale de Hollande, Macron et Valls. La désignation de Benoît Hamon comme candidat à la présidentielle va ramener le P « S » vers une politique économique plus interventionniste… du moins dans les discours parce qu’une telle politique ne pourra jamais être mise en place dans le cadre européen. En quelque sorte la qualification d’Hamon est un désaveu de plus pour Hollande et les siens qui ont gouverné aussi bien contre le peuple que contre leurs électeurs.

      

    Les présidentielles en ordre de marche

    Une partie des cadres du P « S » s’est déjà ralliée à Macron[1], et cela va sans doute s’accélérer justement à cause de l’adoubement d’Hamon comme candidat. Parmi eux on compte des poids lourds comme on dit, Gérard Collomb, le maire de Lyon, et peut-être demain Ségolène Royal. On voit aujourd’hui qu’Alain Minc rejoint le camp Macron, ce qui est de mauvais augure pour faire pencher un peu (vraiment un peu) le candidat-banquier vers la gauche[2]. Mais c’est seulement un effet passager et cela ne concerne guère les militants ou même les sympathisants. La première raison c’est qu’En marche n’est pas un parti, c’est simplement un véhicule pour Macron, or les politiciens de profession ont besoin d’un parti pour se faire élire et obtenir des mandats rémunérateurs. Cambadelis a déjà prévenu que tous les « socialistes » qui ne soutiendront pas le candidat issu des primaires n’auront pas d’investiture. Ce qui veut dire en clair que ceux qui soutiendront Macron auront face à eux un candidat étiqueté P « S ». A la suite de l’auto-élimination de Hollande de cette course à la présidentielle, beaucoup ont anticipé la fin du P « S », le terme de « social-traître » lui collant à la peau. C’était aller un peu vite en besogne, en oubliant ce qu’on peut appeler les effets de structure. Or le P « S » est d’abord un parti de notables très structuré justement. Ce n’est pas le cas d’En marche, ni même de la France insoumise. Les cadres du P « S » vont vite comprendre que sans un virage à gauche, ils n’ont pas d’avenir professionnel. C’est en ce sens qu’Hamon va permettre à moyen terme au P « S » de revenir progressivement sur le devant de la scène en gauchissant son discours, surtout si Mélenchon ne se qualifie pas pour le second tour. Certes il va y avoir sans doute des défections du côté des soutiens de Macron, mais cela ne peut être que marginal et n’entraînera pas une scission au P « S ». La plupart des élus du P « S » savent que s’ils jouaient à fond le jeu de la rupture, leur avenir serait celui d’un MODEM, c’est-à-dire rien. Même Manuel Valls ne prendra pas le risque de s’éloigner du P « S ».

     

    L’avenir de Benoît Hamon

     

    Hamon fera un faible score à la présidentielle, non seulement parce qu’il a à sa gauche Mélenchon et qu’il est encore moins clair que lui sur la question de l’Europe, mais aussi parce que sur les problèmes dit de société – la place de l’Islam par exemple – il n’est pas très clair[3], sans parler des imbécilités sur la place des femmes dans les cafés dans l’ancien temps, une manière de relativiser en 2016 l’ostracisme dont les femmes sont victimes de la part de certains musulmans[4]. Ce qui fait apparaître souvent cette gauche communautariste comme archaïque et dépassée dans sa défense d’une religion rétrograde.

      

    Les présidentielles en ordre de marche

    Mais même en cas de défaite au premier tour de l’élection présidentielle de 2017, Benoît Hamon deviendra l’homme fort du P « S ». Là où il diffère de Ségolène Royal qui pensait pouvoir en 2007 s’emparer du parti, c’est qu’il est d’abord un homme d’appareil. Ensuite que ce soit Macron ou plus probablement Fillon qui soit élu, la politique libérale qui sera mise en place sous la houlette de Bruxelles va aviver les tensions et permettre au P « S » de se refaire une santé en tant que premier parti d’opposition. Il est assez facile de prévoir que les recettes libérales dans un cadre européiste sont incapables de répondre aux attentes du pays. Mélenchon ne sera pas en mesure de créer un parti de gauche puissant et organisé pour contrebalancer le poids du P « S », il faudrait en effet pour cela que le PCF accepte de disparaître et de se fondre dans un nouveau parti. Et cela d’autant que 2017 est sa dernière bataille politique d’envergure.

     

    Conclusion

     

    Reste que de jour en jour va devenir de plus en plus urgent de sortir d’une Europe en voie d’effondrement. Et dans le contexte d’une crise bancaire annoncée, on voit mal comment y faire face avec la généralisation du revenu universel, même si on démontre qu’il est possible de financer facilement ce revenu de substitution, ce que je crois possible mais sans avenir. L’inconnue reste encore à ce  jour l’attitude de Marine Le Pen dans cette campagne qui s’ouvre maintenant. Comme on l’a remarqué, elle n’est pas encore entrée dans la bataille, elle restée plutôt discrète. On sait que son parti est traversé par des tendances contradictoires, d’un côté une ligne plus sociale incarnée par Philippot et de l’autre une ligne plus dure et plus libérale, celle de Marion Maréchal-Le Pen. La seconde ligne est compatible avec une alliance avec Fillon, la première non. Mais le FN a-t-il vraiment l’intention de gouverner un jour ?

     

     


    [1] http://www.la-croix.com/France/Politique/Qui-soutient-Emmanuel-Macron-2016-12-12-1200809961

    [2] http://www.lejdd.fr/Politique/Le-soutien-d-Alain-Minc-a-Emmanuel-Macron-raille-de-toutes-parts-841918. Certains ont traité Minc d’opportunisme dans ce ralliement. C’est bien possible, mais en réalité il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre les idées de Minc et celles de Macron.

    [3] http://www.liberation.fr/france/2016/07/10/benoit-hamon-et-gerald-darmanin-sur-l-islam-une-hysterie-politique-tres-dangereuse_1465341

    [4] http://www.marianne.net/cafes-interdits-aux-femmes-france-benoit-hamon-relativise-100248717.html

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    « La solution de nos problèmes économiques... une union douanière, un marché libre, un système bancaire et des taux de change stables en Europe, vers une union monétaire européenne. » Herman Goering, juillet 1940

     Oliver Delorme, 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe, Olivier Delorme, H&0 

    C’est selon moi un ouvrage que tous les « gens de gauche » qui sont axés dans la lutte antifasciste et qui voient dans le FN le danger le plus immédiat devraient lire d’urgence, ils verraient que le fascisme n’est pas où on croit qu’il gîte et que l’ennemi principal n’est pas forcément le Front National[1]. La priorité avant de pouvoir faire de la politique, c’est de sortir de l’Union européenne et bien sûr de l’euro.

     

    Du IIIème Reich à l’Union européenne

     

    Bien que les intentions d’Olivier Delorme soient semblables à celles de Coralie Delaume et David Cayla[2] – il est urgent de sortir de l’Europe et de remettre tout à plat – son livre est très différent dans la forme. Il s’attaque d’abord à la formation du projet européen. Il montre clairement que ce projet mortifère a été concocté principalement par des hommes de droite, souvent proches de la collaboration, souvent aussi proches du Vatican qui a toujours vu d’un mauvais œil l’émancipation des nations dans un cadre laïque. Tous les pères fondateurs de l’Europe comme on les appelle bêtement ont été aussi les employés des Américains durant la Guerre froide et son soudés entre eux par un anticommunisme primaire autant que par leur goût de l’argent. Faut-il rappeler que Jean Monnet était banquier ? Bien avant le sinistre Barroso, ils ont appris à se recycler dans les boutiques louches qui sponsorisent pour leur profit le développement d’une Europe libérale. Aucun de ces hommes n’eut un rôle actif dans la Résistance de leur pays. Et pour cause ! Le IIIème Reich était déjà un projet européen supranational. Olivier Delorme va montrer d’une manière convaincante qu’il y a une continuité de Metternich à Jean-Claude Juncker pour créer une Europe supranationale sous domination germanique. Dans le même temps il montre assez facilement que ces projets n’ont jamais réussi à produire autre chose que le désordre à grande échelle, les entités nationales refusant de se laisser soumettre.

     Oliver Delorme, 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe, Olivier Delorme, H&0

    L'Union européenne comme le Vatican distribue des images pieuses 

    On sait le peu de goût que Jean Monnet et Robert Schuman[3] avaient pour la démocratie, et comment ils faisaient tout pour faire avancer leur projet dans l’ombre, jusqu’à ce que les citoyens soient mis devant le fait accompli et ne puissent plus revenir en arrière. C’est la deuxième caractéristique de l’Europe : démontrer qu’on peut se passer de la démocratie et remplacer celle-ci par un gouvernement d’experts – la fameuse gouvernance – qui nous indique la voie unique à suivre.  

    Pour Olivier Delorme il s’agit avec la construction de l’Union européenne de mettre en place une sorte de « fascisme mou », c’est le mot fort juste qu’il emploie, qui a remplacé les tanks par la maîtrise de la monnaie et de la construction des règles. L’Union européenne au fur et à mesure qu’elle perd de ses soutiens, devient de plus en plus autoritaire et punitive. Etant incapable de produire des résultats politiques et économiques positifs, elle désigne tel ou tel peuple, telle ou telle catégorie de la population comme coupable. Dernièrement ce furent les malheureux Grecs qui subirent les conséquences de cette tendance.

    Je propose pour ma part que quand nous sortirons de l’Union européenne on débaptise une fois pour toutes les rues et les lycées ou les institutions publiques qui portent le nom de Jean Monnet ou celui de Robert Schuman. Pour moi c’est un peu comme si un lycée s’appelait le lycée du Maréchal Pétain ou le lycée Adolf Hitler.

     Oliver Delorme, 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe, Olivier Delorme, H&0 

    Dissimuler et agir

     

    Les pères fondateurs de l’Europe moderne ont  toujours avancé masqués, sans dévoiler leurs véritables intentions parce qu’ils savaient que dans le conteste de la Libération ont les auraient cloués au pilori. Ils ont donc préféré les petites réunions furtives, déjà financées par le grand patronat, à la lumière du jour. Ils ont donc avancé à petits pas, en se débrouillant pour qu’on ne puisse revenir en arrière.

    Cette volonté de cacher ses intentions est d’ailleurs aujourd’hui encore la marque permanente de l’action des bureaucrates de l’Union européenne. Que ce soit dans la transformation de l’Union en un espace qui soit la pointe avancée du néo-libéralisme – les sociaux-démocrates ont couvert cette tendance au motif qu’après l’Europe économique on ferait l’Europe sociale – ou que ce soit dans les négociations de CETA et de TAFTA dont on cache le plus possible les enjeux véritables. En vérité le but était exactement le contraire de celui affiché : il s’agissait de détruire l’Etat providence comme l’avouera bien naïvement Hans Werner Sinn, le patron de l’IFO et le chantre d’un libéralisme autoritaire et sauvage[4]. Il fallait donc se voiler vraiment la face pour ne pas voir dès 2005 et le débat sur le TCE quel était le but ultime de l’UE. Dans cet article très éclairant Sinn déclarait d’ailleurs que les migrations étaient l’outil adéquat pour détruire définitivement l’Etat providence. Certes il parlait des migrations internes à l’Union européenne, mais on comprend bien que si celles-ci ne suffisent pas on peut en générer d’autres comme l’a assumé Merkel en 2015 sous le couvert de la générosité européiste.

     

    L’Europe c’est la paix

     

    Delorme va s’en prendre ensuite au misérable slogan l’Europe c’est la paix comme si cela justifiait tous les sacrifices et notre mise en esclavage progressive. S’il y a eu la paix en Europe pendant de longues années, ce n’est pas dû à l’institution européenne qui n’avait strictement aucune importance entre 1945 et 1983, mais à deux phénomènes conjoints :

    - d’abord chaque pays construisait son modèle de développement autonome, et la prospérité revenue, la guerre n’avait aucun sens. Dire que l’Europe serait facteur de paix c’est oublier que la guerre est presque toujours le résultat de difficultés économiques. Lorsqu’Hitler déclenche la guerre que l’on sait, c’est parce qu’il a dans l’idée – outre celle de faire l’Europe – de construire une économie de pillage pour satisfaire les besoins de son peuple[5] ;

    - ensuite parce que l’Union européenne est aussi un facteur de guerre dans ses marges, que ce soit en Ukraine ou dans l’ex-Yougoslavie, ou que ce soit dans ses velléités de construire une Europe de la défense au service de l’OTAN en désignant la Russie comme l’ennemi. L’Union européenne apparaît ainsi comme un facteur de Guerre froide à perpétuité. Mais n’est-ce pas le meilleur moyen d’affirmer son existence que de se créer un ennemi ? On note que les peuples européens sont cependant assez sceptiques face à la nécessité de partir en guerre contre Poutine, fusse au travers de sanctions économiques. C’est là une nouvelle divergence entre l’élite et le peuple[6].

     Oliver Delorme, 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe, Olivier Delorme, H&0 

    On peut ajouter que l’Europe est entrée aussi en guerre contre les pays du Sud, à commencer par la Grèce que l’Allemagne pille et torture allégrement avec la bénédiction de la France et des autres pays du Nord. Delorme laisse entendre d’ailleurs que l’Allemagne se venge des Grecs qui ont été un pays de Résistance au moment de la Seconde Guerre mondiale. Le résultat est que les Grecs sont devenus très anti-allemands et pour très longtemps.

     

    La sortie de l’euro et de l’Union européenne

     

    Delorme analyse aussi la possibilité de sortir de l’euro et de l’Union européenne, le Brexit, comme la possibilité pour le Danemark et la Suède de ne pas avoir à user de l’euro ne sont pas des handicaps, bien au contraire. En effet comme le savent les économistes depuis la fin du XVIIème siècle, la valeur de la monnaie s’ajuste en fonction des déséquilibres de la balance commerciale : si la balance commerciale est déficitaire, la valeur de la monnaie baisse, si elle est excédentaire la valeur de la monnaie augmente. Cela engendre des mouvements de prix sur les biens importés et exportés qui permettent de rééquilibrer le solde. Dans la mesure où l’euro gèle la parité des monnaies pour l’éternité entre les différents pays qui l’utilisent, les pays riches deviennent de plus en plus riches et les  pays pauvres de plus en plus pauvres. Une partie de la relative bonne santé de l’économie britannique provient d’ailleurs de la possibilité de dévaluer la livre lorsque le besoin s’en fait sentir.

    L’euro est devenu un carcan, sauf pour ceux qui se trouvent sur la bonne trajectoire ou qui ont su bien négocier le taux d’entrée dans l’euro, comme l’Allemagne. Sans l’euro l’Allemagne ne serait pas grand-chose. 

    Oliver Delorme, 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe, Olivier Delorme, H&0

    L'union européenne est censée représenter une nouvelle jeunesse 

    Evidemment si on est entré dans l’euro on peut en sortir contrairement à ce que nous affirme la propagande. C’est le principe même de la vie politique et de ses incertitudes de pouvoir être réversible. Si on s’est trompé avec l’euro, et bien il faut revenir en arrière sauf à démontrer qu’avec l’euro on vit mieux qu’avant, sauf si on a l’esprit borné et pour tout dire germanique de croire à l’éternité d’une règle en la matière. Mais après tout les Allemands pensaient que le IIIème Reich durerait 1000 ans. L’avantage de sortir de l’euro est que le pays qui en sort retrouve directement la maitrise de son destin, récupère les moyens politiques que sont le budget et l’émission de la monnaie. Mais il va voir aussi grâce à l’inflation ainsi générée ses dettes relibellées en monnaie nationale diminuer. Delorme rappelle d’ailleurs que toutes les dettes publiques se sont soldées aussi bien par de l’inflation que par de la croissance, et jamais par la potion amère de l’abominable docteur Schaüble qui propose année après année un tour de vis supplémentaire. On rappelle d’ailleurs que les purges ont commencé en Grèce en 2005 avec soi-disant pour but de retrouver la croissance et de faire baisser les dettes : dix ans après on n’a eu ni l’un ni l’autre et les Grecs sombrent dans la misère avec un pays qui est en train de se faire dépecer notamment par les prédateurs allemands qui bradent eux-mêmes et pour eux-mêmes les biens publics de la Grèce grâce à une succession de memoranda auxquels Tsipras n’a pas eu le courage de s’opposer.

    Bien entendu la sortie de l’Union européenne doit être maîtrisée : il faut évidemment pour cela mettre en place un système de contrôle des flux de capitaux, mais également renationaliser le crédit non seulement en reprenant le contrôle de la Banque de France, mais aussi en produisant une séparation effective entre banques d’affaire et banques de dépôt. Delorme pense également qu’une banque nationale serait nécessaire pour susciter des investissements dans des secteurs clés. On pourrait également proposer des mesures complémentaires comme la renationalisation des autoroutes, de la SNCF, de Gaz de France, etc. Toute ces choses qui vont redonner de la puissance à un Etat stratège au moment où il faut se poser la question non seulement d’une transition énergétique, mais d’une transition tout court vers un modèle différent où on ne vise plus la production pour la production, mais où on partirait de la satisfaction des besoins plutôt que de la nécessité d’       accumuler du profit.

     

    Conclusion

     

    Evidemment puisqu’en j’en partage la plupart des idées je dirais que c’est un très bon livre. Un livre très dense et utile en tous les cas pour accélérer le débat sur cette épineuse question. Le titre annonce qu’il y a en réalité trente courts chapitres, on aurait pu en ajouter encore plein d’autres, ou encore chacun  de ces chapitres aurait pu donner naissance à un ouvrage singulier. C’est bien rédigé, très clair, encore qu’on peut regretter que toutes les sources de l’auteur ne soient pas citées. Delorme revient sur ce secret de Polichinelle : les bureaucrates européens sont non seulement menteurs et lâches, mais aussi complètement corrompus, avec une mention spéciale pour les économistes qui ont été achetés par wagons entiers pour justifier de ce projet moisi. Quand on est économiste et qu’on travaille pour la Commission européenne, on peut gagner pas mal d’argent à l’instar de Jean Pisani-Ferry, économiste médiocre, mais habile à se promener dans les couloirs de Bruxelles.

    Il y a de la passion dans le texte et fort justement Delorme est scandalisé par le sort qu’on a fait aux Grecs dont le pays se trouve à l’agonie tandis que les européistes de profession prennent des gants pour négocier avec le maître chanteur d’Istanbul, alors même que l’opinion européenne est très majoritairement hostile à ce que les Turcs intègrent un jour l’Europe. Mais si les Européens sont si lâches avec la Turquie, c’est non seulement parce que les Américains veulent la conserver dans l’OTAN, mais encore parce que l’Allemagne a des liens anciens avec ce pays, tandis qu’elle a toujours méprisé la Grèce. Delorme décrit aussi très bien le processus de corruption généralisé de la Commission européenne en donnant des noms en citant des faits, il est d’ailleurs remarquable que la Commission européenne recycle de façon permanente des politicards qui se sont fait désavouer dans leur propre pays, c’est vrai pour Barroso, c’est vrai pour Tusk et aussi quelques autres.

     

     


    [1] Je précise pour pas qu’on vienne m’ennuyer avec ça que je ne vote pas FN, et que je ne préconise aucune alliance électorale avec lui.

    [2] http://in-girum-imus.blogg.org/coralie-delaume-et-david-cayla-michalon-la-fin-de-l-union-europeenne-2-a128021348

    [3] https://www.upr.fr/dossiers-de-fond/la-face-cachee-de-robert-schuman

    [4] Hans-Wemer Sinn, « Union sociale, migrations et constitution européenne », Commentaire, n° 109, 2005. 

    [5] Goetz Aly, Comment Hitler a acheté les Allemands, Flammarion, 2005.

    [6] http://www.toutdz.com/sanctions-contre-la-russie-americains-et-europeens-partages-sondage/

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