• Décidément au train où vont les choses, cette rubrique va être contrainte à devenir quotidienne. Le Brexit a exaspéré les tensions, mais a également permis de dévoiler les ressorts et les intentions souvent cachés de cette entreprise post-démocratique qu’on appelle la construction européenne. 

    Schaüble fait des siennes

     Chronique du Brexit V

     

    Une image dynamique de la jeunesse qui aime l’Europe 

    Après le vote du Brexit, les européistes se sont interrogés sur les réformes à entreprendre pour qu’enfin on aime l’Union européenne. Ils sont conscients de ce désamour. Dans un premier temps les ministres des affaires étrangères suggéraient que l’on lâche un peu de lest sur la question budgétaire, afin que la pression sur les peuples qui votent tout de même, même s’ils votent mal, se relâche un peu[1].  Ils envisageaient donc une plus grande bienveillance sur les budgets et les déficits, éventuellement une relance du type grands-travaux pour essayer de se donner un peu d’air. Mais voilà que le docteur Frankenstein de l’économie allemande est venu leur dire que la réforme devait au contraire aller vers plus d’austérité et plus de torture pour les peuples encore[2]. Avec comme arrière-pensée de se débarrasser des pays récalcitrants et au premier chef de la Grèce. On s’interroge sur les motivations profondes de ce genre d’attaque en règle : certes on comprend bien que le but est d’empêcher tout basculement de la politique macroéconomique de l’Union européenne. Cependant sachant qu’un des angles d’attaque contre l’Union européenne est justement cette politique austéritaire, on peut se demander ce que Schaüble vise exactement. On ne peut faire que deux hypothèses : la première est que Schaüble joue les méchants, de façon à déblayer le terrain pour Merkel qui pourra faire ainsi semblant de concéder quelque chose tout en conservant le principal qui lui va très bien. La seconde est que l’incorrigible Schaüble en fait veut en finir avec l’euro et préfère revenir à une zone mark jugée plus stable en forçant les pays à quitter l’Union les uns après les autres.  

     Chronique du Brexit V

    Même sur un plan étroitement économique, cette politique a échoué : la croissance est très faible dans la zone euro et le chômage est élevé. Mais comme le chômage est relativement bien contenu en Allemagne, il n’y a aucune raison pour que ce pays s’en préoccupe. Bien au contraire, il est même très probable que Schaüble ait tout à fait conscience que grâce à la monnaie unique et à sa faible démographie l’Allemagne se trouve pour un bon moment encore à l’abri de ce fléau, ce qui lui permet de donner des leçons de bonne gestion aux autres pays membres. Mais il y a aussi sans doute le fait que la CDU est sous le feu de la critique d’AfD, parti europhobe qui la menace sur sa droite.

     Chronique du Brexit V 

    Piketty faiblit 

    Devant un événement de l’ampleur du Brexit, qui d’une manière ou d’une autre est un tournant dans l’histoire de la construction européenne, tout le monde veut donner son avis… même si tout le monde n’en a pas. Dans un article sur son blog Piketty[3] avoue qu’il ne croyait pas au Brexit jusqu’au 24 juin au matin.       On s’étonnera de si peu de perspicacité, s’il avait lu mon blog plus réguliil aurait su qu’il s’agissait là au moins d’une éventualité étant donné la puissance ancienne et forte de l’euroscepticisme au Royaume Uni. Mais le voilà qu’il se croit obligé lui aussi de donner son avis sur la réforme de l’Union européenne. Ce qui veut dire qu’au fond il est une obligation absolue de faire l’Europe, parce qu’évidemment un machin comme ça qui ne marche pas et qui ne produit que des inconvénients, on pourrait tout aussi bien envisager de l’abandonner et de revenir à un état antérieur. Après tout de nombreux pays qui ne sont pas dans l’Union survivent très bien, près de chez nous la Suisse, mais plus loin le Japon[4] ou la Corée n’ont pas vraiment à se plaindre de ne pas être dans l’Union européenne.

     Chronique du Brexit V 

    Voilà ce qu’il avance : « Et ce n’est évidemment pas en se plaçant en dehors du seul cadre européen existant de délibération collective, aussi imparfait soit-il, que le Royaume-Uni va trouver sa voie. » Mais on ne saura pas « évidemment » pourquoi. La propagande européiste a tellement bien formaté les esprits des économistes qu’ils pensent tous comme si l’intégration européenne est posée comme la seule finalité de toute politique. Piketty avance cela alors même que les Britanniques viennent de remettre en cause cette logique tellement évidente. On voit par-là que Piketty n’est pas très en rupture avec le ronron habituel de la social-démocratie. Tant qu’il s’agit de critiquer l’économie de marché dérégulée, ça va, dès qu’il s’agit de spécifier cette critique à l’Union européenne, il perd complètement pied. Il attaque l’affaire par le petit bout de la lorgnette et se propose de réformer les institutions.

    Mais Piketty devrait avoir suffisamment de culture historique pour savoir qu’aucune forme institutionnelle ne dure si elle n’obtient pas de bons résultats. Et donc voilà ce bon Piketty qui avance ses solutions pour réparer ce qui ne marche pas, alors même que personne ne le lui a demandé. Mais ça ne fait rien, il essaie ainsi de trouver des solutions institutionnelles. Présentant que le fédéralisme intégral n’a pas d’avenir, et récusant l’Europe des nations à la sauce Chevènement, il s’essaie à définir une nouvelle sorte de bi-caméralisme qui tenterait de marier la carpe de la souveraineté nationale au lapin d’une Europe intégrée. Evidemment il retombe dans les complications et devient illisible, personne ne le suivra sur ce terrain. En effet, la souveraineté nationale cela a un sens, la construction des Etats-Unis d’Europe ça a aussi un sens, même si les peuples n’en veulent pas, le reste n’est qu’une dilution de la démocratie. 

    La palme de la bêtise 

    Facilement elle revient à Alain Minc qui s’abrite derrière ses diplômes pour faire comme s’il appartenait à l’élite, à la caste des gens intelligents. Lui qui s’est toujours trompé sur tout et en tout, lui dont le père juif émigré polonais et communiste aurait sans aucun doute honte d’avoir une telle progéniture, nous explique doctement dans un article du Figaro que si seuls les gens intelligents, les diplômés et les instruits avaient voté, le Royaume Uni serait resté dans cette merveilleuse Union européenne[5]. Pour quoi faire ? Il ne nous le dit pas. Mais dans son discours qui suinte la connerie satisfaite d’elle-même, il y a deux choses de choquantes, la première est que peut-être les pauvres et les riches instruits et diplômés n’ont pas les mêmes raisons de se plaindre que les pauvres. Ce sont en effet les pauvres qui sont les perdants de la mondialisation, toutes les statistiques l’apprendront à Minc pour peu qu’il se donne la peine de les consulter. Que cette idée selon laquelle une classe pense le monde à partir de sa position sociale et économique ne lui soit pas venue à l’esprit montre que c’est bien à un imbécile que nous avons à faire, à quelqu’un qui est incapable d’analyser un peu au-delà des dogmes. La seconde est que le mépris que cette canaille de Minc affiche à l’endroit des pauvres et des peu instruits lui reviendra forcément dans la gueule tôt ou tard.

     Chronique du Brexit V 

    Voici ce qu’il dit : "Ce vote pour le Brexit, c'est la victoire de 'Downton Abbey' sur les bobos, les créateurs d'entreprises et surtout les jeunes. Mais les aristocrates et la classe ouvrière n'avaient pas vu la conséquence du Brexit, c'est-à-dire l'éclatement possible du Royaume-Uni." Et encore "Ce référendum n'est pas la victoire des peuples sur les élites, mais des gens peu formés sur les gens éduqués".

     

    Pour dire à quel point la science de ce cuistre est très limitée – tout bardé de diplômes qu’il soit – il est bon de rappeler qu’il a été condamné par la justice pour plagiat en 2001 et en 2013[6]. Ce n’est donc pas à nous qu’il fera croire qu’il est instruit et éduqué. C’est juste un malappris doublé d’un faussaire. L’auteur de La mondialisation heureuse s’était fait remarquer par son idiotie en demandant que la loi de 1905 de la séparation de l’Eglise et de l’Etat ne s’applique pas aux musulmans pour leur permettre de mieux s’intégrer[7] ! Et c’est lui bien sûr qui vient nous faire part de son jugement sur les brexiters ! Comme on le voit sa parole est non seulement salissante, mais elle est en outre nulle.

     


    [1] http://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2016/06/25/brexit-les-pays-fondateurs-de-l-ue-reunis-a-berlin-pour-preparer-la-sortie-du-royaume-uni_4957982_4872498.html

    [2] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-wolfgang-schauble-contre-attaque-pour-empecher-plus-de-solidarite-dans-la-zone-euro-583173.html

    [3] http://piketty.blog.lemonde.fr/2016/06/28/reconstruire-leurope-apres-le-brexit/

    [4] C’était l’ineffable Bolkestein qui, en 2005, au moment de la campagne pour le TCE, avait pris l’exemple du Japon pour montrer jusqu’où l’Union européenne pouvait s’étendre !

    [5] http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/06/29/31001-20160629ARTFIG00037-alain-minc-paris-et-berlin-devraient-aider-londres-a-ne-pas-quitter-l-ue.php

    [6] http://www.acrimed.org/Alain-Minc-plagiaire-servile-en-1999-serial-plagiaire-en-2013

    [7] http://www.rtl.fr/actu/politique/alain-minc-il-faut-suspendre-la-loi-de-1905-7780124284

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  Un vote de classe ?

     

    Chronique du Brexit IV – Sondages sortie des urnes 

    Il est commun de dire que le Brexit représente un vote populiste, nationaliste, émanant principalement de personnes n’ayant que peu d’instruction et promptes à suivre n’importe qui pour manifester leur racisme. Mais peu regarde les résultats du point de vue des classes sociales. Or le sondage Ashcroft montre que le Brexit est aussi un vote de classe. En effet plus nous descendons l’échelle sociale, c’est-à-dire plus nous allons vers les classes maltraitées par la mondialisation et donc par l’Europe, et plus le rejet de l’Union européenne est fort. C’est ce que ne comprend pas la gauche et plus particulièrement le parti travailliste anglais qui, entraîné par un internationalisme de pacotille, passe à côté de ses devoirs qui devraient être de défendre d’abord les classes laborieuses. Corbyn est en train de payer le prix de ces errements. Expliquons les enjeux qu’il y a dans ce débat.

    Le premier point est celui qui est soulevé par Jacques Sapir dans son dernier billet[1] dans lequel il montre que la gauche ne sait plus aujourd’hui se positionner sur la question étatique. Il attribue à cela l’influence de Marx. En effet celui-ci analysait l’Etat comme essentiellement mauvais, et souvent il reprenait des critiques qui auraient pu venir des auteurs libéraux, y compris de Bastiat. Dans ses premiers écrits[2] il  considérait que l’Etat était une sorte de prédateur – la troisième classe parasite qui ne servait à rien – ensuite il reprendra l’idée que l’Etat corrompu est au service de la classe possédante et donc qu’il faut en finir avec lui. Cette idée qui circule en filigrane de ses travaux sur l’économie sera réaffirmée avec fermeté dans Critique du programme de Gotha, une critique en fait de la social-démocratie naissante qui date de 1875. Pourtant c’est en avançant à la conquête de l’Etat bourgeois pour le mettre au service des plus défavorisés que le progrès social avancera le plus rapidement : nationalisations, développement des services publics, etc. Et donc en ne comprenant pas le fonctionnement de l’Etat, la gauche ne comprend pas plus la question nationale, soit celle de la souveraineté.

    Le second point qui n’a été que soulevé par Moishe Postone[3], est que la gauche se dévoie le plus souvent en oubliant le combat présent et local pour se réfugier dans des combats lointains qui ne concernent pas ou peu les travailleurs. La gauche européenne a ainsi perdu un temps énorme à soutenir successivement la cause palestinienne, Hugo Chavez, comme autrefois elle soutenait la Chine ou le Vietnam. Très souvent elle n’y entend rien, et se réfugie dans des analystes simplistes séparant les « bons » (les Palestiniens, les Vietnamiens, les Chinois ou les Vénézuéliens) des « mauvais » (les Américains et les Israéliens). Cette lecture en termes assez vagues d’impérialisme n’intéresse pas les salariés, elle tourne en rond, se trompe en permanence, s’éloigne pour tout dire d’une lecture en termes de luttes des classes. L’évidence montre que si le Brexit n’est pas qu’un vote de classe, en ce sens qu’il a été utilisé manifestement pour affirmer un nationalisme un peu obtus aussi, il est aussi un vote de classe de la part de ceux qui considèrent que l’éloignement du pouvoir à Bruxelles laisse les coudées franches au patronat britannique. Car récupérer la souveraineté au détriment de l’Union européenne, c’est revenir à une responsabilité des politiques : ce que manifestement le parti travailliste façon Corbyn ne veut pas. Mais sans doute que Corbyn, issue de la petite bourgeoisie ne peut pas comprendre cela, il en est donc revenu à faire la propagande pour l’Union européenne de la même façon que Richard Branson le PDG de Virgin, au nom d’un internationalisme plutôt mal compris. Comme on le voit à force de s’éloigner d’une façon ou d’une autre des aspirations des salariés, la social-démocratie se condamne elle-même à disparaître.  

    Chronique du Brexit IV – Sondages sortie des urnes

    Du vote des jeunes 

    Parmi les manœuvres grossières visant à disqualifier le Brexit, il y a cette idée que ce sont les vieux qui ont, pour préserver leurs égoïsmes, voté pour et les jeunes qui ont voté contre. C’est une analyse qui tient un peu de la magie, d’abord parce que rien n’indique qu’il est plus ou moins égoïste de voter pour la souveraineté de la nation que pour un pouvoir diffus et opaque qui se trouve à Bruxelles. On a donc sorti un sondage arguant que les jeunes ont voté à 73% pour le maintien dans l’Union européenne. Et donc plus les électeurs sont âgés et plus ils voteraient pour la souveraineté de la nation. On pourrait dire aussi que cela provient de l’expérience et que les plus vieux se souviennent d’un temps où il était possible de faire de la politique parce qu’elle n’était pas bloquée par les règles souvent aberrantes de l’Union européenne. Mais laissons là ces disputes qui tiennent plus de l’interprétation que de la preuve et retournons  vers les sondages de sortie des urnes.

    Chronique du Brexit IV – Sondages sortie des urnes 

    Comme le signale Olivier Berruyer sur son blog[4], cette appréciation ne tient pas compte des abstentionnistes. Or ils sont bien plus nombreux parmi les jeunes que parmi les vieux. Et si on rapporte le nombre des jeunes qui ont voté pour le maintien dans l’UE au nombre d’électeurs, on se rend compte que les jeunes sont encore moins enclins que les vieux à voter pour le maintien ! Le pourcentage des électeurs jeunes qui ont voté pour le maintien tombe à 26%, alors que pour les plus vieux, il tourne entre 33 et 37%. On voit que l’enthousiasme des jeunes pour l’Europe institutionnelle est encore moins fort que pour les plus vieux ! Même Samuel Laurent du Monde s’en est aperçu[5]. On voit donc que quand ce même journal titre sur l’amertume de la jeunesse britannique à qui on confisquerait son avenir, il est plus dans la propagande européiste qui plait tant à Arnaud Leparmentier que dans l’information ou même l’analyse[6]. Au mieux les jeunes s’en foutent.

      

    Chronique du Brexit IV – Sondages sortie des urnes

    Cette analyse permet de mettre en doute l’idée selon laquelle les électeurs qui ont voté le Brexit sont seulement des nationalistes bornés. Comme on l’a dit au moins un tiers de l’électorat du labour a voté pour le Brexit, malgré les consignes de la bureaucratie syndicale. Et il est évident que si la gauche travailliste n’était pas venue au secours de Cameron, et indirectement de Juncker, la défaite eut été plus cuisante encore. Il semble que le Brexit a été soutenu par un électorat composite dans lequel se sont mêlées les voix des nationalistes intransigeants, les peurs engendrées par la montée en puissance de la communauté musulmane, mais aussi de ceux qui voient dans l’Union européenne juste un outil aux mains du grand capital.

     

    Leçon pour la France

     

    Si nous admettons que l’appartenance à l’Union européenne bloque toute alternance politique, on comprend que l’urgence est d’en sortir : c’est seulement en retrouvant notre souveraineté, qui n’est pas celle de la France, mais celle de son peuple, que nous pourrons refaire de la politique. Pour cela il est évident qu’il faut prendre conscience de plusieurs paramètres :

    - le premier est que pour en sortir il faut un vaste mouvement alliant dans un même combat l’ensemble des souverainistes, le blocage viendra probablement de la gauche qui ne soutiendra jamais un référendum initié par le FN et qui stigmatisera tous ceux qui seront séduits par cette idée de sortir. En refusant cette alliance ponctuelle, non seulement la gauche refuse de comprendre l’enjeu de la souveraineté, mais elle se coupe de son électorat naturel comme l’exemple britannique vient une fois de plus de le montrer ;

    - le second est qu’un référendum en France est aussi la seule manière de faire éclater la connivence entre le P « S » et Les Républicains. Ce n’est pas un hasard si à quelques heures d’intervalle, Juppé et Hollande ont souligné qu’il était irresponsable de soumettre l’Europe à un référendum[7]. Il ne faut pas oublier qu’historiquement la gauche est antieuropéenne, c’est seulement à partir de 1983 qu’elle s’est progressivement convertie à l’Europe[8]. Je rappelle qu’en 2005 les électeurs du P « S » ont voté massivement contre le TCE. Or ce parti en devenant de plus en plus européiste a perdu 75% de son électorat.

    Il apparait ainsi que le plus urgent n’est pas de faire un front républicain contre le FN, mais d’abord de faire un front républicain contre l’Europe ! Pour épuiser cette question lancinante du FN, je ferais deux remarques :

    - la première est que le FN n’était pas initialement sur le thème de la sortie de l’Europe. Jean-Marie Le Pen avait du reste fait en 2002 une campagne pour une France intégrée dans une Europe blanche sous domination germanique. C’est seulement en s’éloignant des thèses de celui-ci que la FN est devenu le champion de l’anti-européisme. En quelque sorte, il nous a rejoint sur ce terrain !

    - mais c’est aussi grâce à cela qu’il est devenu le premier parti ouvrier de France[9] ! Autrement dit, plus le PCF et le P « S » se sont éloignés de l’anti-européisme en réclamant stupidement une Europe sociale, une autre Europe, et plus leur électorat est parti vers le FN ! Il ressort clairement de cela que la montée du FN est d’abord de la responsabilité de la gauche qui a abandonné l’électorat ouvrier.

     

    Chronique du Brexit IV – Sondages sortie des urnes 

    Soyons clairs, je n’approuve ne rien le FN, mais pour moi c’est un parti hétéroclite, et si on encadrement reste encore marqué par un pétainisme ancien, il est évident, que la masse de son électorat n’est pas fasciste. Il n’est plus temps maintenant de discuter d’une autre Europe ou d’une Europe sociale, on a perdu trente années avec ce genre de fantaisie. Il faut terminer le travail commencé par les électeurs britanniques. Il va de soi que si Mélenchon ne s’empare pas de cette idée, il laissera une fois de plus le champ libre au FN et ne fera qu’un score assez médiocre.

     

     


    [1] http://russeurope.hypotheses.org/5059

    [2] Critique de la philosophie du droit de Hegel (1843) 

    [3] Critique du fétiche capital : Le capitalisme, l'antisémitisme et la gauche, PUF, 2013 

    [4] https://www.les-crises.fr/brexit-l-arnaque-du-vote-des-jeunes/

    [5] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/24/les-jeunes-britanniques-ont-ils-vraiment-massivement-vote-contre-le-brexit_4957395_4355770.html

    [6] http://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2016/06/25/vous-voulez-nous-confisquer-notre-futur-apres-le-brexit-l-amertume-des-jeunes-britanniques_4958027_4872498.html

    [7] http://www.lepoint.fr/politique/alain-juppe-juge-irresponsable-la-tenue-d-un-referendum-sur-l-europe-27-06-2016-2050025_20.php

    http://www.europe1.fr/politique/brexit-marine-le-pen-demande-un-referendum-francois-hollande-le-refuse-2782276

    [8] Avant l’européisme était porté par Valéry Giscard d’Estaing, représentant de la droite affairiste en France, et c’est pour ça que cette tendance était moquée, y compris par les socialistes.

    [9] http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/regionales-front-national-tete-chez-ouvriers-jeunes-1157186

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  Chronique du Brexit III

    Partons de ce tableau étrange qui montre ci-dessus que l’Union européenne et ses affidés n’acceptent pas les votes qui sont contraires à ce qu’ils attendent. Elle a une conception très limitée de la démocratie. C’est ce qu’on appelle la post-démocratie. L'UE ne sait pas trop ce que c'est que la démocratie. Elle pense que c'est voter uniquement pour elle, et jamais contre elle. Donc, soit on renonce à la démocratie, soit on renonce à l'Europe, c'est aussi simple que ça. Depuis quelques jours les journaux français laissent entendre que le vote « leave » est injuste, et que peut-être Cameron n’en tiendra pas compte.

     

    Disqualification

     

    Il se passe une chose étrange : la presse, les médias, mais aussi la masse indistincte des europhiles tentent de disqualifier le référendum et ce résultat qui ne leur plait pas. On a d’abord lancé l’idée d’une pétition qui aurait plus de 3 millions de signataires pour faire revoter les Britanniques qui ont mal voté, de façon à ce que la population se mette en conformité avec la doxa européiste. Malheureusement cette pétition est une manipulation grossière[1], et rappelle le triste précédent des référendums perdus par l’Union européenne qui consiste à faire revoter jusqu’à obtenir le vote conforme. Il semble en effet que les pétitionnaires qui pèsent tout de même moins que les 17 millions qui ont voté le Brexit veuillent faire revoter, mais ne disent, s’ils gagnaient, s’ils demanderaient un troisième vote ! Et comme ça jusqu’à quand[2].

     Chronique du Brexit III

     

    La pétition imbécile contre le résultat du référendum a donné l’occasion à Marion Maréchal Le Pen de se faire remarquer 

    Et puis on continue en avançant que les jeunes ont été sacrifiés aux égoïsmes des vieux et donc que, représentant l’avenir, ils auraient dû voir leurs voix compter double. La fraction européiste dissidente des nations est aux abois et cherche un argument majeur qui lui permette d’avoir raison, cela lui évitant de se poser la question de savoir pourquoi les gens du peuple justement détestent autant l’Union européenne  

    Chronique du Brexit III

    Parmi les éléments de propagande destinés à montrer que les électeurs du Brexit sont des sombres salopards d’extrême droite qu’il faudrait bannir, les journaux ont repris en cercle l’idée que depuis qu’on a voté pour le Brexit au Royaume Uni les actes et insultes racistes se multiplieraient[3]. C’est un peu comme si après le meurtre de la députée Jo Cox on avançait que le Brexit était soutenu principalement par des psychopathes ennemis du genre humain. Que l’extrême-droite s’agite, ça me semble très probable, mais celle-ci s’agite périodiquement, comme d’ailleurs les islamistes radicaux qui de temps à autre font des manifestations violentes en Angleterre pour réclamer l’application de la Charia. Mais ce qui me choque c’est cette manière d’utiliser l’information pour renvoyer dans le camp du  mal tous ceux qui ont voté « leave ». Or il va de soi que si des fascistes ont voté « leave » ils ne sont pas assez nombreux pour faire une majorité. On peut penser ce qu’on veut des Britanniques, mais de là à penser qu’ils y aurait 17 millions de fascistes cela me semble exagéré. C’est comme si nous avancions que tous ceux qui ont voté « remain » n’étaient que des banquiers de la City craignant pour leur argent et leurs placements boursiers. Egalement le tweet de Peter Sutherland, ancien commissaire européen, président de Goldman Sachs International, demandant à ce que le résultat du vote soit annulé, a fait couler beaucoup d’encre. Sutherland en représentant de la jeunesse cela peut faire aussi rire. Et pourquoi pas le loup en défenseur de l’intérêt des moutons ?

     Chronique du Brexit III 

    Les articles de journaux avancent aussi que le référendum n’étant que consultatif, peut-être, il se pourrait que Cameron finisse par décider qu’il vaut mieux pour le Royaume Uni de rester dans l’Union européenne. Décidemment les européistes n’aiment pas le peuple, mais c’est vrai dans l’autre sens : le peuple n’aime pas l’Union européenne. Chaque fois qu’il y a un référendum ils le perdent et font tout pour en contourner les conséquences, comme s’ils n’avaient jamais envisagé qu’un vote contraire puisse advenir. Et voilà que le sinistre Juppé qui prétende devenir président de la République affirme, après Hollande, qu’il est hors de question d’organiser un vote sur un sujet si sensible ; il affirme même que c’est « irresponsable » que de faire voter le peuple[4].

    Mauvais perdants les européistes affirment que beaucoup qui ont voté le Brexit n’ont pas fait exprès qu’ils le regrettent, qu’ils ne le referont plus. Au fond il faudrait leur donner une deuxième chance pour qu’ils se rachètent et réintégrent la communauté des gens civilisés, éduqués et pro-européens. Evidemment ce genre de bêtise est relayé dans Le monde[5] qui s’apparente de plus en plus à une Pravda bruxelloise. Je dois dire que c’est la première fois que je lis des inepties pareilles. Imaginez qu’on dise que les Français regrettent d’avoir voter Hollande et qu’il faille revoter pour Sarkozy étant donné le faible nombre de voix d’écart entre les deux candidats !

     Chronique du Brexit III 

    C’est donc une démocratie parlementaire très très limité qu’on nous propose, car la morale de l’histoire est qu’on ne peut pas faire confiance au peuple pour qu’il vote bien. Cela vient dans le contexte où Jacques Attali propose de sanctuarise ce qu’il appelle un progrès, et donc pour lui l’Union européenne est un progrès, il n’y a pas à y revenir. Mais nous qui sommes plus intelligents et plus instruits qu’Attali, nous savons bien que l’Union européenne est une régression dans tous les domaines. Tous ces gens qui se sont toujours trompés sur tout, viennent nous dire ce qu’on doit penser de l’Union européenne.

    Le peuple est con et pue un peu des pieds. Ce peuple a qui ont a octroyé le droit de vote pourrait être un peu reconnaissant et voter comme on le lui demande et non comme son humeur le lui dicte. On voit aussi cet imbécile de Laurent Joffrin qui fait un amalgame pour nous expliquer qu’en réalité l’Union européenne n’est pas libérale, qu’elle défend  le droit des travailleurs, et donc que ceux qui ont choisi le Brexit sont des abominables souverainistes, plus proches de la bête que de l’être humain, des fascistes en quelque sorte[6]. Il oublie pourtant qu’au moins un tiers des électeurs travaillistes ont eux aussi voté pour le Brexit. Seraient-ce des fascistes égarés au sein du beau parti du gentil Corbyn ? Le refrain de Joffrin est connu : tous ceux qui pensent différemment de lui sont des abrutis ou des crypto-nazis.

    Il apparait que les européistes sont d’abord des menteurs qui font semblant dans un amalgame honteux de nous faire croire que tout nationalisme est nécessairement de droite et fasciste. Ils oublient volontairement deux choses d’abord que la nation n’est pas une idée de droite, mais aussi qu’au moment de la Second Guerre mondiale le grand européen pourfendeur des égoïsmes nationaux c’était Hitler et sa clique ! Voici ce que l’européiste Joseph Goebbels écrivait en 1940 : « De mon point de vue, la conception qu'une nation se fait de sa liberté doit être accordée avec la réalité d'aujourd'hui et les questions d'efficacité... Nous ne demandons aux états européens que d'être des membres enthousiastes de l'Europe. »[7] Comme on dit, à fasciste, fasciste et demi.

     Chronique du Brexit III 

    Manœuvres

     

    Disqualifier le Brexit c’est une manœuvre pour tenter de peser sur la détermination de Cameron à poursuivre la séparation entre le Royaume Uni et l’Union européenne. Personne n’est à l’heure actuelle capable de dire ce que le Brexit engendrera pour l’économie britannique. Une des raisons essentielles est que cela va dépendre des négociations de sortie de l’Union européenne. Il est probable que cela n’aura aucune incidence en matière de droits de douane, comme je l’ai dit hier, et donc l’accès au marché intérieur restera le même. En outre le temps que les négociations se concrétisent, l’économie britannique aura eu le temps de se repositionner. Je passe évidemment sur le mensonge qui consiste à dire que le Royaume Uni serait plus touché que l’Union européenne, parce qu’en bonne logique si les échanges sont bons pour l’économie, ils ne sont pas bons que pour un côté. Et donc évidemment le Brexit serait coûteux aussi pour l’Union européenne.

    Cependant au-delà du coût économique ou de l’avantage matériel de la sortie, l’idée que les Britanniques veulent conserver leur souveraineté et ne pas dépendre des décisions obscures de commissaires obscurs européens est peut être encore plus importante. En effet on peut se dire aussi que même si cela a un coût monétaire, cela vaut le coup de retrouver sa souveraineté. Si on ne raisonnait qu’avec le coût plus ou moins imaginaire d’une action politique on viserait forcément à l’immobilité. Il va de soi que lorsque la Grande Bretagne a choisi en 1940 de continuer la guerre contre Hitler, alors que celui-ci pensait à un armistice, cela a eu un coût énorme pour son économie, mais aussi en vies humaines. Devait-on pour autant souscrire aux désidératas de l’Allemagne nazie ? Bien au contraire on a salué le courage de l’Angleterre, également le fait qu’elle permit au général De Gaulle de prendre la tête de la Résistance. C’est ici qu’on découvre qu’il y a aussi dans un vote bien autre chose que des calculs d’épicier. On remarque que ce sont les mêmes qui critiquent l’égoïsme borné des électeurs du « leave » qui avancent que la sortie de l’Union européenne aurait un coût énorme sur le plan monétaire.

     Chronique du Brexit III 

    Le processus de sortie n’est pourtant pas très clair. C’est le Royaume Uni qui doit déclencher la demande de sortie via l’article 50. On voit bien que Cameron traine les pieds, il semble qu’il veuille laisser cette lourde tâche à son successeur qui devrait être Boris Johnson en octobre. Donc le processus de sortie sera forcément long. Le camp européen se divise en deux : il y a ceux qui comme Hollande sont pressés, et donc veulent que cela se fasse vite. Ils pensent qu’ainsi ils vont pouvoir se débarrasser de l’Angleterre et aller vers plus de fédéralisme. Merkel au contraire semble vouloir faire trainer les choses sans doute parce qu’elle espère que le Royaume Uni va finir par rester. Cette espérance folle est alimentée par le fait qu’elle sait qu’elle ne peut pas aller dans le sens de plus de fédéralisme : la situation politique intérieure de l’Allemagne l’interdit.

    Mais il y a autre chose dans cette volonté de faire traîner les négociations avant même qu’elles aient démarré, c’est de dissuader les autres pays de suivre l’exemple britannique, en leur montrant combien serait longue et ruineuse une sortie de l’UE. Il y a donc une hésitation : doit-on faire payer très cher la sortie de façon à faire un exemple comme dit l’abominable Quatremer, punir les récalcitrants[8] ? Cependant dans ce cas l’UE apparaîtra bien trop facilement pour ce qu’elle est, à savoir une dictature en puissance. Doit-on aller vers plus de fédéralisme en restreignant la voilure de l’Union européenne ? Mais on a vu que l’Allemagne n’en voulait pas.

    Le plus probable est qu’on attende que les choses se décantent à l’automne avec la démission de Cameron. Bien que cela soit possible, je vois mal le Royaume Uni refuser d’entériner le résultat du référendum. A mon sens cela accélérerait la décomposition d’une Europe malade de la démocratie, mais cela renforcerait le camp du Brexit au Royaume Uni même. Le ministre britannique des affaires européennes a déjà répondu à ce type de démarche en disant que le référendum et sont résultats devraient être considérés comme des choix irréversibles[9].

     



    [1] http://www.journaldugeek.com/2016/06/27/petition-anti-brexit-hoax-4chan/

    [2] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/27/brexit-faut-il-douter-des-3-millions-de-soutiens-a-la-petition-pour-un-nouveau-vote_4959229_4355770.html

    [3] http://www.liberation.fr/planete/2016/06/27/les-insultes-racistes-et-xenophobes-se-multiplient-au-royaume-uni_1462337

    [4] http://www.lepoint.fr/politique/alain-juppe-juge-irresponsable-la-tenue-d-un-referendum-sur-l-europe-27-06-2016-2050025_20.php

    [5] http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/06/25/brexit-regret-des-britanniques-dechantent-et-regrettent-deja-d-avoir-vote-leave_4958123_4832693.html

    [6] http://www.liberation.fr/planete/2016/06/27/brexit-l-ecran-de-fumee-souverainiste_1462431

    [7] http://www4.dr-rath-foundation.org/brussels_eu/roots/08_goebbels_europe_future.html

    [8] Quatremer insiste pour encourager les Britanniques à ne pas déclencher l’article 50. Mais il est juste l’idiot utile de l’Union européenne, son porte coton, on ne croit guère que ses injonctions soient prises au sérieus à Londres. http://www.liberation.fr/planete/2016/06/27/londres-parti-pour-rester_1462481

    [9] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/londres-exclut-un-deuxieme-referendum-sur-le-brexit-582803.html

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  Chronique du Brexit (II) 

    Sur cette image on voit ici les ministres des affaires étrangères européens perdus dans la broussaille, en train de faire semblant de réfléchir à une solution pour sauver l’Europe

     

    C’est peu de dire que la confusion règne dans toute l’Europe depuis que le référendum a entériné le Brexit. Comme si cette option était inimaginable il y a encore quelques jours ! Or que l’on soit pour ou contre la sortie, la victoire du « leave » devait être envisagée sérieusement, le sentiment anti-européen des britanniques étant connu de très longue date. Ce résultat n’était donc pas une surprise. Pour l’instant les avis sont partagés, doit on accélérer les négociations avec le Royaume Uni pour se débarrasser du problème et passer à autre chose ? C’est ce que pense Hollande et les ministres des affaires étrangères des pays fondateurs. Mais ce n’est pas ce que pense forcément Merkel. D’ailleurs pour beaucoup la sortie doit être une torture pour faire réfléchir à deux fois ceux qui voudraient suivre la même voie que les Britanniques : c’est la méthode qui a été employée l’an dernier contre la Grèce quand Tsipras faisait mine de s’opposer aux désirs de la Troïka, les Grecs ont payé très cher l’image d’insoumission qu’ils avaient envoyé au reste de l’Europe. C’est cette opinion que défend le très vulgaire Juncker[1]. Cette expression est encore mieux formulée par le sinistre Jean Quatremer qui a une conception de la démocratie très particulière. C’est le même Quatremer qui s’offusque d’ailleurs qu’on stigmatise l’absence de démocratie dans l’Union européenne. Mais les européistes qui n’ont plus d’argument convaincant évident pour soutenir leur projet jouent maintenant uniquement sur la peur. Le message est le suivant : l’Europe c’est le chaos, en sortir c’est pire !

     Chronique du Brexit (II) 

    Démocratie et propagande 

    Tout est fait maintenant pour salir le résultat du vote des britanniques, voire le remettre en question. On a ainsi mis en scène dans Le monde l’idée que de nombreux britanniques regretteraient déjà d’être sortis[2] ! Ce journal devient de plus en plus une sorte de Pravda européiste qui va perdre le peu de lecteurs qui lui restent. Arnaud Leparmentier propagandiste zélé du nouvel ordre libéral européen, a ainsi fait campagne jusqu’au bout, à la veille du scrutin, il racontait de partout que le score serait fatalement en faveur du « remain » ! C’est dire la pertinence de ses analyses ! Pour lui le choix des Britanniques n’est pas rationnel. Autrement dit il refuse de comprendre tout ce qui le contrarie. Evidemment avec de telles idées on ne comprend d’ailleurs pas qu’on donne encore le droit de vote au peuple. Leparmentier et Quatremer sont intelligents et avertis, le peuple est un peu con. Mais même désavoués, ces deux imbéciles persistent à ne pas se remettre en question. Ils ont toujours raison, contre tout le monde.

     Chronique du Brexit (II) 

    On remarque que le tweet hors sujet de Leparmentier a été retweeté par son alter égo l’inénarrable Quatremer qui passe son temps à injurier ceux qui ont le malheur de voter contre l’Europe et de penser du mal de l’Union européenne. Mais Leparmentier n’en est pas resté là, une fois le vote acté, il est revenu pour dire que vote ou pas, le Royaume Uni resterait dans l’Union européenne[3] ! Si le ridicule tuait, Leparmentier serait mort depuis longtemps.

    De même on a mis en scène la pétition qui réclame un nouveau référendum[4]. Ce qui suppose que chaque fois qu’on vote mal il faut revoter, comme dans le cas Irlandais, ou comme dans le cas français et néerlandais, quand en 2008 on fait passer par la voie parlementaire ce qui avait été refusé par référendum. Certes on peut se poser la question de savoir à partir de quel seuil le référendum est valide. Mais pour l’instant, et tant qu’on se contente pour les élections législatives ou locales d’un seuil de 50% + 1 pour acter la victoire, il n’y a pas lieu d’en discuter. 

    Chronique du Brexit (II)  

    J’ai également quelques amis qui pensent que sur des sujets aussi engageants, il ne faut pas laisser le peuple s’exprimer. Ça rejoint l’idée d’Attali dont nous avons parlé[5] : lorsqu’il y a un progrès dit-il, il faut le sanctuariser. Le problème c’est que c’est lui, Attali, en tant que soi-disant expert, qui décide que l’Union européenne est un progrès. Si le peuple pense le contraire que doit-on faire ? La démocratie c’est sans doute d’abord la capacité à remettre en question les formes institutionnelles dans lesquelles nous vivons, et les idées que nous en avons. Un des arguments majeur de ceux qui sont opposés au référendum c’est de dire que certains droits fondamentaux doivent être exclus de toute discussion. Ils me renvoient souvent cette idée que la peine de mort serait rétablie si on pouvait faire un référendum là-dessus. Bien qu’étant contre la peine de mort, et bien que je ferais campagne contre dans le cas d’un référendum sur ce sujet, j’avoue que je comprends que l’on doive acter les volontés populaires puisqu’en effet je ne crois pas être meilleur que le peuple, et donc j’admets que c’est moi qui puisse avoir tort.

     Chronique du Brexit (II) 

     

    Les tendances d’une « petite » Europe

     Chronique du Brexit (II)

    La question qui se pose est de savoir si l’exemple britannique va ouvrir la voie à d’autres sorties, la Finlande, le Danemark, la Grèce sont des candidats naturels, mais il se pourrait aussi que la France les rejoigne plus rapidement que prévu. Les européistes pensent avoir trouvé la parade : aller vers plus d’intégration mais en réduisant la voilure de l’Union européenne à la seule zone euro, à dix-neuf pays donc. Manuel Valls, Hollande, Jean Quatremer et Sarkozy[6], ont tous la même idée : réécrire un traité qui irait dans le sens d’une plus forte intégration. Ils veulent aller vite disent-ils car l’Europe doit changer ou mourir. Mais l’Europe peut-elle changer ? Poser la question c’est déjà avouer que l’Europe a failli.

     Chronique du Brexit (II) 

    Refaire un traité, alors que comme le signale Quatremer nous en sommes déjà à 80 000 pages de traités divers et variés rien que pour le Royaume Uni ! Qu’y mettrait-on dans ce traité ? Valls suggère qu’on y mette la défense, la surveillance des frontières et Macron demande un ministère fédéré pour l’économie de la zone. Bien entendu une défense intégrée européenne ferait que notre souveraineté nous échapperait encore un peu plus. Espérons que cela ne se fasse pas, un Donald Tusk serait bien capable de nous entrainer dans une guerre avec la    Russie.

    Mais en réalité un nouveau traité ne changerait rien à l’affaire : la fuite en avant vers plus de fédéralisme ne masquerait pas longtemps les divergences entre les 19 justement. Donnons un seul exemple : la Finlande ne veut pas payer plus pour les dettes de l’eurozone et a déjà averti qu’elle voulait quitter la monnaie unique[7]. On ne voit pas comment elle signerait un tel traité. En outre les pays du sud de l’Europe sont lourdement déficitaires par rapport aux pays du Nord. Ils n’accepteraient ce nouveau traité que si l’Eurozone consentait à mutualiser l’ensemble des dettes des pays qui la composent. Je peux me tromper, mais je ne vois pas l’Allemagne se lancer dans cette aventure, sachant que le parti AfD ferait campagne avec de grandes chances de succès contre la ratification d’un tel abandon de souveraineté.

     

    On va voir les initiatives qui vont être entreprises dans les jours qui viennent, déjà on a vu que Merkel était très réticente pour laisser à la France l’initiative d’une refondation. Mais les divergences qui se sont fait jour montrent que, quelles que soient les bonnes volontés, les marges de manœuvre sont pour le moins limitées.  Certains font semblant de croire qu’un référendum sur la sortie ou le maintien de la France dans l’UE serait perdu par les anti-européens, rien n’est moins sûr. J’ai déjà souligné dans un précédent billet que l’enquête du Pew Research Center faisait état d’un écart de 13 points entre ceux qui sont satisfait de l’Europe et ceux qui ne le sont pas[8]. Ce n’est pas un hasard si Hollande a refusé tout net un référendum sur ce thème à Marine Le Pen, il pressent que cela serait perdu.

     



    [1] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/le-brexit-n-est-pas-un-divorce-a-l-amiable-previent-juncker-582178.html

    [2] http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/06/25/brexit-regret-des-britanniques-dechantent-et-regrettent-deja-d-avoir-vote-leave_4958123_4832693.html

    [3] https://www.franceinter.fr/emissions/une-histoire-dans-le-monde/une-histoire-dans-le-monde-24-juin-2016

    [4] http://tempsreel.nouvelobs.com/brexit/20160625.OBS3371/brexit-un-million-de-signatures-pour-un-nouveau-referendum-ils-ne-s-avouent-pas-vaincus.html

    [5] http://in-girum-imus.blogg.org/approfondissements-de-la-post-democratie-a126219140

    [6] http://www.lejdd.fr/International/Europe/DIRECT-Le-Brexit-l-emporte-la-livre-s-effondre-792395

    [7] http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/05/04/31002-20160504ARTFIG00108-sortie-de-l-euro-le-debat-dont-on-peut-parler-sereinement-en-finlande.php

    [8] http://in-girum-imus.blogg.org/chronique-de-la-sortie-du-royaume-uni-de-l-union-europeenne-a126244048

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  Chronique de la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne

    C’est sans doute l’événement politique le plus important de l’année. C’est un coup sévère, pour ne pas dire définitif, porté à l’Union européenne, la sanction d’une orientation politique anti-démocratique dont les résultats économiques et sociaux sont extrêmement mauvais. Car le cœur de l’affaire se situe ici : la campagne pour le « remain » a été organisée autour de l’idée que la sortie de l’UE serait une catastrophe sur le plan de l’économie. Il est pourtant très difficile, voire impossible de le démontrer, et les rares économistes qui se sont livrés à cet exercice arrivent à peine à démontrer une possible récession[1]. Mais sans doute les britanniques ont été persuadés de l’inverse et que le chaos ils l’avaient déjà, donc que la sortie ne pouvait pas être pire que le maintien. Cette évidence a sans doute échappé aux europhiles qui ont, faute d’arguments positifs, en ont été réduits à agiter des fantômes. La grossièreté de l’argumentaire de ceux qui voulaient le maintien sautait aux yeux. Par exemple, alors que le Royaume Uni verse une contribution nette de 6,7 milliards d’euros à l’UE, le peu crédible Osborne, chancelier de l’échiquier, avançait que la sortie engendrerait forcément l’austérité budgétaire ! Alors qu’évidemment les britanniques vont récupérer cette contribution pour leur propre usage.

     

    Le procès de la mondialisation

     

    En vérité cette volonté de sortir de l’Union européenne est une critique directe de la mondialisation. En effet depuis plusieurs décennies maintenant les peuples européens souffrent des effets de la mondialisation.  Il faut bien comprendre que la mondialisation est critiquée de deux points de vue bien différents qui se rejoignent et qui font d’ailleurs que la volonté de sortir de l’Union européenne transcende les clivages entre la droite et la gauche : la mondialisation détruit le lien politique à l’intérieur d’une nation, et a également un effet négatif sur le statut des travailleurs.

    Chronique de la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne

     

    Dans une enquête que j’ai commentée il n’y a pas si longtemps, il y avait un tableau qui mesure  le sentiment de la population vis-à-vis de l’Europe institutionnelle. Il y avait un écart de 4 points de pourcentage au Royaume Uni entre ceux qui ont une mauvaise opinion et ceux qui sont plus favorables à l’Union européenne, c’est cet écart de quatre points qui se retrouve dans le vote. Mais si on regarde bien, on voit que ce sentiment négatif face à l’Europe est encore plus fort en France (un écart de 23 points) et on se dit qu’évidemment la France pourrait être le prochain candidat à la sortie. J’avais souligné que le sentiment anti-européen gonflait depuis quelques années un peu partout, mais surtout en France. Parmi les faits qui expliquent pourquoi cette volonté de sortir maintenant de l’Europe devient aussi fort, il y a :

    - bien entendu la dégradation des conditions de vie depuis au moins la crise de 2008, l’absence de résultat sur le front des salaires et du chômage ;

    - mais il y aussi la question des migrants qui viennent bousculer d’une manière ou d’une autre les rapports sociaux antérieurs ;

    - mais il y a aussi des éléments comme les négociations de TAFTA qui ont également perturbé la vision qu’on pouvait avoir de l’Europe, ou encore la manière brutale dont a été traitée la question de la dette Grecque.

    Bien sûr la puissance que les lobbies étalent dans les décisions prises à Bruxelles rebute également les populations, par exemple celles prises en faveur de Monsanto, la firme multinationale corruptrice. Tout cet ensemble laisse entendre que la politique pourrait être mieux contrôlée par les citoyens si elle revenait dans le giron de la nation.

    Quand on regarde la carte des votes pour ou contre le Brexit, il y a deux catégories d’électeurs qui ont voté pour le maintien du RU dans l’Union européenne : d’abord les londoniens, cosmopolites et n’ayant que peu de problèmes d’emploi, ils sont les produits de la mondialisation, ils en vivent, ensuite les Ecossais et les Irlandais du nord qui considèrent que l’Europe institutionnelle les protège contre la volonté centralisatrice de l’Angleterre[2].

    Les régions où les votes sont les plus forts contre l’Europe sont logiquement les régions les plus pauvres qui cumulent toutes les inégalités. Les électeurs en appellent à l’inverse à un Etat protecteur. Il est d’ailleurs symptomatique que Nigel Farage, un des grands gagnants du scrutin, soit tout de suite revenu sur la promesse d’affecter les sommes que le Royaume Uni (20 milliards £ par an) ne verserait plus à l’UE au développement des systèmes d’éducation et de santé. C’était évidemment reconnaître que les électeurs demandent une plus grande implication de l’Etat national dans le développement d’une politique plus égalitaire[3].

     Chronique de la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne 

    Le parti travailliste à la ramasse 

    David Cameron est évidemment le grand perdant du scrutin, il devrait quitter rapidement son poste. Il avait pensé que les négociations qu’il avait menées avec Bruxelles lui permettraient de franchir l’obstacle. Mais justement, les Britanniques qui ont suivi les négociations avec la Grèce sont très méfiants pour ne pas dire plus en ce qui concerne les négociations avec la bureaucratie européenne. Le parti conservateur apparait très divisé puisqu’une partie de celui-ci a soutenu le Brexit. Cela entérine la montée en puissance du parti de Nigel Farage, l’UKIP, qui représente une droite très conservatrice, et les élections de novembre 2016 risquent d’être difficiles pour les Tories.

    Mais probablement le plus grand perdant est Corbyn qui, comme la quasi-totalité des partis sociaux-démocrates européens, commet cette erreur magistrale de croire que la souveraineté nationale est forcément une politique de droite : massivement les ouvriers ont voté pour le Brexit[4]. Une motion de défiance a été déposée contre Corbyn pour qu’il quitte la tête du Labour moins d’un an après en avoir pris la direction[5]. Cette motion a d’autant plus de chance d’être adoptée, que Corbyn a obtenu de très mauvais résultats aux dernières élections municipales, alors que son prédécesseur avait dû démissionner à cause de la débâcle du labour aux législatives de l’an dernier.

     

    Que va faire l’Europe ?

     

    Il fallait voir les tristes mines des politiciens au lendemain du vote pour la sortie. On dit qu’Angela Merkel ne s’attendait pas à une victoire du Brexit. Elle aurait donc été saisie de stupeur. Pourtant il ne fallait pas être très malin pour comprendre que c’était au minimum une possibilité sérieuse, et donc qu’il fallait l’envisager, la prévoir dans le détail même de sa mise en œuvre. A croire que les hommes et femmes politiques sont encore moins bien informés que nous !

     Chronique de la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne 

    Il y a une forte poussée pour que l’Union européenne se transforme, qu’elle s’amende, qu’elle prenne enfin conscience de la haine qu’elle suscite. Pour cela Hollande va rencontrer Merkel avec Renzi, ce sera la réunion de trois politiques très contestés chacun dans leur propre pays. L’idée sera de réclamer un approfondissement de l’Union européenne. Manuel Valls a parlé de refondation de l’Europe, rejoignant dans un même mouvement Jean-Pierre Chevènement qui tient très exactement le même discours[6].

    Décidément incorrigibles, les hommes politiques français entretiennent le mythe que la construction de l’Europe serait une nécessité. Merkel a repris à son compte l’antienne selon laquelle la construction européenne aurait empêché les guerres ou aurait facilité la paix. L’Allemagne est inquiète pour plusieurs raisons : d’abord parce qu’elle craint un effet de dominos, or c’est le seul pays qui sur le plan économique profite des institutions européennes et de la monnaie unique. Mais il y a autre chose à plus court terme : le Royaume Uni était pour l’Allemagne le contrepoids idéal par rapport à la France. Privé de cet appui, l’Allemagne aura un peu plus de mal à dominer l’Europe, car en effet si la France sortait à son tour de l’Union européenne – il ne fait aucun doute qu’un référendum provoquerait la sortie – l’Europe institutionnelle aurait cessé d’exister. En recevant Marine Le Pen, Hollande a déjà dit qu’il n’était pas question de céder au populisme et de donner sur ce sujet trop important la parole au peuple[7]. On sait que certains ont une vision sélective de la démocratie et considèrent que le peuple ne peut pas être consulté par référendum sur les sujets importants. Toujours dans le  mode drolatique, on a fait circuler au Royaume Uni une pétition pour faire un second référendum, au motif que les jeunes voyaient leur avenir sacrifié par les vieux[8] ! Autrement dit il faudrait voter autant de fois que nécessaire pour obtenir le bon résultat, mais ces bons apôtres ne  nous ont pas dit ce qui se passerait si le référendum donnait la victoire au « remain » ! Devrait-on voter une troisième fois ? Ou nous en tenir là ?

     Chronique de la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne 

    Tous les politiciens ont donc avancé que l’Europe doit changer, écouter d’avantage les peuples, etc. On connait la chanson. Cela fait trente ans qu’on nous la donne avec des accompagnements divers et variés. Hollande a déjà parlé d’approfondissement[9]. Oubliant volontairement que si l’Union européenne avait toujours préféré l’élargissement à l’approfondissement, c’est qu’il y avait une raison : son but étant de mettre les Etats en concurrence pour s’en débarrasser, le véhicule le plus simple était justement l’approfondissement, plus il y a de pays membre et plus le pouvoir des nations s’effiloche au profit de la bureaucratie européenne convaincue des bienfaits du modèle libéral. L’Europe peut-elle changer ? C’est la seule question valable. Mais la réponse est toujours la même, à 27 elle en est forcément incapable, prisonnière qu’elle est des traités qui ne peuvent être modifiés que suivant la règle de l’unanimité. Certes on peut écrire de nouveaux traités qui passent par-dessus les traités plus anciens, mais on se heurte alors à un autre problème, leur ratification. Les intérêts des 27 sont tellement divergents, qu’on ne voit pas comment pourrait se faire l’entente, et puis les peuples sont maintenant très chatouilleux et risqueraient de s’opposer à tel ou tel traité.

    Le plus probable est qu’on va se dépêcher de se débarrasser du Royaume Uni, c’est ce que veut Hollande, bien que Merkel prétende prendre son temps pour négocier la sortie. Et ensuite on fera quelques annonces cosmétiques destinées à masquer le vide du projet européen. Probablement on desserrera l’étau de l’austérité, un peu de relance style grands travaux, plus quelques privilèges accordés au parlement européen. Et puis on attendra de voir ce qui se passe au Royaume Uni. Car si les choses tournent mal dans ce pays, ce sera un argument fort pour renforcer l’Union européenne.

    Mais globalement les européistes ont très peu d’idées pour changer quoi que ce soit. Ils n’ont pas de plan B. Par exemple Françoise Grossetête, députée européenne LR, a commencé par dire qu’un référendum en France était complètement exclu, que cela ouvrirait la porte au populisme : demander son avis au peuple, vous n’y pensez pas ! La seule idée qu’elle a avancée c’est qu’il fallait mieux expliquer l’Europe ! Ce qui revient à dire que ceux qui n’en veulent pas sont des semi-imbéciles qui n’ont pas compris l’intérêt qu’il y avait à la chose ! D’une manière stupide elle renforce cette coupure qu’il y a entre une élite autoproclamée et le peuple[10]. 

    Conséquences géostratégiques

     Chronique de la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne 

    Du fait du poids du Royaume Uni, la logique politique de l’Union européenne va être un peu plus tirée vers les pays du Sud. En attendant, l’Union européenne perd un soutien de poids dans les sanctions qu’elle imposait à la Russie sur la question de la Crimée, en effet l’Espagne, la France et l’Italie, sans parler de la Grèce trainent les pieds et prônent au contraire une reprise du dialogue avec Moscou. Restant membre de l’OTAN, elle conservera cependant une influence décisive dans les conflits militaires qui pourraient se nouer dans les années à venir autour de la question russe. Mais le plus important est sans doute que le Royaume Uni en tant que tel risque de ne plus exister. Si on voit assez mal le pays de Galles quitter le Royaume Uni, il est possible par contre que l’Ecosse prenne le large et l’Irlande du Nord également. Certains avaient avancé cette décomposition du Royaume Uni comme un des arguments majeurs contre le Brexit. A mon sens c’était d’ailleurs le seul argument un peu sérieux. Mais quoi qu’il se passe, il faut bien avouer que les pays ou nations qui composent le Royaume Uni ont entre eux des liens très distendus et que cela tient au fait qu’historiquement l’Angleterre a plutôt maltraité ses voisins en manifestant des tendances centralisatrices fortes. Par ailleurs, à ceux que cela désole, on rappellera que l’Union européenne a encouragé de longue date la décentralisation des régions afin d’affaiblir les Etats nationaux entraînant à terme non pas une disparition du fait national, mais une recomposition des nations sur des bases plus étroites. On sait que la Catalogne devrait à moyen terme accéder à l’indépendance.

     Chronique de la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne 

    Le processus de sortie de l’Union européenne est engagé, on va en connaître les modalités probablement la semaine prochaine, mais cela prendra du temps, peut-être jusqu’à deux ans. Jusqu’à la mise en œuvre concrète du fameux article 50, le Royaume Uni reste encore dans l’UE. Cela va nous laisser le temps d’essayer de calculer les effets politiques et économiques de ce coup de tonnerre. Après tout la Suisse n’est pas dans l’Union européenne et encore moins dans la zone euro, et ses résultats économiques ne sont pas moins bons que ceux de la Grèce ou de l’Espagne !

     



    [1] http://www.liberation.fr/planete/2016/06/24/la-croissance-risque-de-chuter-de-pres-de-2-par-an_1461927

    [2] http://www.lefigaro.fr/international/2016/06/24/01003-20160624ARTFIG00345-brexit-qui-a-vote-pour-qui-a-vote-contre.php

    [3] http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/la-grande-bretagne-et-l-ue/systeme-de-sante-nigel-farage-retropedale-deja-sur-les-promesses-du-camp-pro-brexit_1515371.html

    [4] http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-pourquoi-les-ouvriers-anglais-detiennent-la-cle-du-vote-578339.html

    [5] http://www.liberation.fr/planete/2016/06/22/a-londres-apres-le-brexit-la-moitie-du-pays-est-tres-enervee_1461205

    [6] http://www.chevenement.fr/Le-Brexit-peut-etre-un-service-rendu-a-l-Europe_a1834.html

    [7] http://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2016/06/25/le-marathon-post-brexit-du-president-hollande_4958047_4872498.html

    [8] http://www.france24.com/fr/20160625-brexit-royaume-uni-million-second-vote-participation-union-europeenne-referendum

    [9] http://www.20minutes.fr/politique/1872523-20160624-brexit-choix-douloureux-francois-hollande-regrette-profondement

    [10] http://www.euractiv.fr/section/royaume-uni-en-europe/interview/il-faut-faire-preuve-de-fermete-envers-le-royaume-uni/

    Partager via Gmail

    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires