•  La chasse aux fauves et l’argent 

    La richesse rend con

    Les premiers économistes français, ceux d’avant Adam Smith, de la fin du XVIIème siècle stigmatisaient la richesse, définissant pour l’homme « un idéal de médiocrité de bien ». Car si la pauvreté n’est pas une bonne chose, évidemment, la surconsommation de richesses mène à l’ostentation et donc à la concurrence entre les riches eux-mêmes qui ne savent plus quoi faire pour dépenser l’argent qu’ils ont gagné plus ou moins frauduleusement. Car c’est ainsi, l’argent qu’on a gagné sans travailler, sans transpirer, nous brûle les doigts et on cherche à s’en débarrasser par tous les moyens en faisant n’importe quoi.

    Celui qui s’est fait méchamment épinglé ces derniers jours est un dentiste qui non seulement arrache des dents mais qui en plus assassine des animaux qui ne lui ont rien fait avec des complicités qu’il achète ici là. Cumulant de multiples handicaps, il est menteur comme un arracheur de dents, américain, il est en outre poursuivi pour harcèlement sexuel.

    La preuve qu’il gagne trop d’argent en arrachant des dents est qu’il a payé 50 000 $ pour avoir la peau du lion Cecil. L’individu était déjà connu pour mettre sur les réseaux sociaux des photos de sa triste figure accompagnée des dépouilles de bêtes sauvages qu’il a assassinées au cours de sa vie. Evidemment, s’il n’était pas trop payé, il n’aurait pas 50 000 $ à mettre dans une entreprise aussi débile que la destruction d’animaux sauvages. Mais James Palmer par son existence misérable et l’usage débile qu’il fait de l’argent montre que celui-ci est bien un agent de mort, la négation de la vie.

    La richesse rend con

    Depuis qu’il s’est fait remarquer par son attitude morbide, il aurait même décapité ce pauvre lion Cecil pour en faire un trophée, les réseaux sociaux sont partis en chasse après lui. Il se cache et a dû fermer son cabinet. Sa partie de chasse étant illégale, ses complices ont été arrêtés et seront jugés. En effet ils ont appâté ce malheureux lion pour le faire sortir de la réserve où il était protégé. Palmer dit qu’il ne savait pas que sa chasse était illégale, preuve que les arracheurs de dents sont toujours autant menteurs qu’au Moyen Âge. Beaucoup de monde s’active en ce moment pour lui pourrir la vie, ce qui est un juste retour des choses somme toute.

    On pourrait penser que ce fait divers ne concerne pas la lutte des classes, on aurait tort. Cet exemple répugnant montre à quoi sert l’argent qu’on extorque à ceux qu’on exploite : à avoir un pouvoir de vie et de mort sur les autres fussent-ils des bêtes sauvages en voie de disparition. On voit bien que le but du profit et de son accumulation n’est pas forcément d’investir et de créer des emplois comme nous le raconte Macron par exemple. Dans un de leur dernier ouvrage, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, dénonçaient en priorité le comportement prédateur des riches[1]. Cette grande violence qui s’abat sur les pauvres peut-être tout aussi bien transférer sur les bêtes ou sur l’environnement qu’ils aiment à détruire pour leur plaisir d’un moment. Mais en même temps elle les désigne aussi comme une classe sans avenir. 

    Jacques Séguéla devient très vieux  

    La richesse rend con 

    Jacques Séguéla a eu du succès en tant que publiciste, c’est lui qui aurait, dit-on, trouvé le slogan de la première campagne de François Mitterrand, « la force tranquille ». C’est depuis cette époque qui remonte à plus de trente ans qu’il se croit intelligent. Les journalistes qui aiment à l’interroger, font semblant de le croire aussi. Il a passé 80 ans, et ses implants capillaires ne tiennent plus vraiment sur le sommet de son crâne. Certes il n’a jamais été trop intelligent, ni même instruit, mais là il atteint des niveaux insondables de bêtise.

    C’est un spécialiste de la phrase provocatrice et imbécile. On se souvient qu’il s’était bêtement laissé aller à déconner sur les montres Rolex, nous expliquant que celui qui n’a pas de montre Rolex à 50 ans a raté sa vie. Cette phrase de « m’as-tu-vu » fraîchement converti à la philosophie sarkozienne de l’existence et du plaisir, expliquait en quelque sorte quel était le but de sa vie et de l’argent qu’il avait accumulé par ses pitreries : posséder des objets onéreux qui ne servent à rien d’autre qu’à paraître. On lui a donc 6 ans après demandé des explications sur cette première imbécilité. Mais sa justification l’a un peu plus enfoncé, le montrant comme un crétin intégral. Il a donc rappelé que s’il avait parlé de Rolex, c’est parce qu’il considérait la montre, non comme un objet de mesure du temps en tranches fines, mais comme un « rêve ». C’est le terme qu’il a employé le lundi 27 juillet 2015. Et c’est là qu’il ajouté en grand démocrate qu’il est que tout le monde a le droit de rêver et que même un clochard peut arriver à mettre 1500 euros de côté pour poursuivre son rêve.

    La richesse rend con  

    On peut tout de même rappeler à cet imbécile qu’il n’existe aucune montre Rolex à 1500 € et que les premiers prix tournent autour de 5000 €. Evidemment je n’insiste pas sur l’origine possible des 1500 € que pourrait économiser un clochard. C’est le terme qu’il a employé sans doute parce que cela fait plus poétique que SDF. Menteur de profession Séguéla avait fait étalage de sa bêtise au début de  l’année 2014 en affirmant que le salaire moyen des Chinois était de 10% du SMIC, et que cela ne les empêchaient pas d’être heureux, « de se battre et d’y croire ». Tout ça pour dire que les Français n’aiment pas travailler et que de là vient tout le mal – venant d’un feignant comme lui qui n’a jamais travaillé de sa vie, mais n’a vécu que de combines tordues, la remarques à tout son sel. 

    Conclusion 

    Dans l’éloge de la richesse alors que la pauvreté augmente de partout, de Sarkozy à Macron, en passant par l’idiot de service Séguéla, il y  a quelque chose qui ressemble à la fin d’une période, un peu comme quand Marie-Antoinette disait à propos de paysans qui n’avaient pas de pain : « Qu’ils mangent de la brioche ! »[2]. Mais on le voit bien que si la pauvreté est plus que difficile à vivre, elle aurait un impact négatif sur l’intelligence, la richesse ne protège en rien contre l’abrutissement. Remettons au centre de nos préoccupations « l’idéal de médiocrité des biens ».

    La richesse rend con


    [1] La violence des riches, Zones, 2013.

    [2] Cette phrase est sans doute apocryphe et provient en réalité des Confessions de Jean-Jacques Rousseau (1782).

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  • Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe 

    Depuis que Tsipras a consommé la trahison de ses électeurs – aussi bien ceux qui ont voté pour lui en janvier, que ceux qui ont voté « non » par référendum, de nouvelles raisons apparaissent de sortir de l’Europe. 

    Le plan B de Varoufakis 

     

    Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe 

    Le plan B de Varoufakis était là pour empêcher le pillage de la Grèce par la cellule de privatisation dirigée maintenant par Schaüble. Il montre deux choses : d’une part que les institutions européennes ont violé leurs propres traités pour étrangler la Grèce financièrement, et d’autre part qu’on ne peut à la fois satisfaire le peuple qui nous a élu – qu’on s’appelle Tsipras ou Hollande – et la dictature économique européenne.

    La preuve étant faite qu’on ne peut changer l’Europe de l’intérieur, il faut maintenant passer à autre chose. C’est quelque chose de compliqué pour les gens de gauche qui ont toujours pensé – à tort – que l’internationalisme était identique à la dissolution des nations dans des structures supra-nationales. Sans comprendre que celles-ci étaient d’abord faites pour se passer de la démocratie, ou encore de la remplacer par les lois du marché. Le PCF est l’exemple même de cet aveuglement. Son revirement européiste de 1983 – suivant en cela le PS – l’empêche de voir qu’à gauche en Grèce, à commencer par le KKE, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer que la Grèce sorte de l’euro. Or la sortie de l’euro et de l’Union européenne par suite est la seule chose qui pouvait empêcher le pillage organisé de la Grèce par les multinationales. Cet erreur stratégique se double d’une erreur tactique car c’est bien cet alignement européiste et l’idée loufoque selon laquelle on peut changer l’Europe de l’intérieur (la preuve du contraire vient d’être administrée de belle façon) qui explique que le PCF est aujourd’hui réduit à l’état de groupuscule sans importance et sans poids sur l’évolution politique.

    Le plan B de Varoufakis est très crédible. C’est une leçon que les prochains pays qui voudront aller un peu plus loin que des bombements de torse, doivent retenir. La première idée est que la souveraineté du peuple ne se négocie pas, et surtout pas avec l’Allemagne !

    Les précautions à prendre sont les suivantes :

    - préparer en secret le passage à une monnaie nationale, car les institutions bancaires sont infestés de trolls de la finance internationale ;

    - nationaliser d’un coup la banque centrale, et s’il le faut les banques de second rang et d’imposer une nouvelle monnaie nationale ;

    - de répudier évidemment la dette illégitime.

    Le monde qui devient une sorte de Pravda de Bruxelles qualifie le plan de Varoufakis de rocambolesque histoire de le discréditer. Je rappelle ici que le journal dont Le monde est issu s’appelait Le temps et qu’il se saborda en 1942 pour ne pas avoir a continué à faire la courte-échelle à la propagande allemande. Le monde devrait en faire autant. Les répugnants intitulés des articles sur la Grèce datant du 29 juillet 2015 en disent long sur la manière de ramper quand on est journaliste au Monde.

    Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe

    Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe  

    Les conséquences de ce plan B sont assez faciles à prévoir : outre un redémarrage de l’économie grecque, il ramènerait assez facilement l’équilibre de la balance commerciale de ce pays. Le P«C»F ne l’entend pas de cette oreille, et comme il a intégré le discours dominant de l’économie libérale, il pense qu’une dévaluation de la drachme équivaudrait à une perte analogue du pouvoir d’achat pour les Grecs. Ce raisonnement est plutôt débile. En effet même si la drachme nouvelle était dévaluée de 40% par rapport à l’euro, la perte du pouvoir d’achat des Grecs ne se réaliserait que sur les produits importés. Et en effet une dévaluation de la monnaie nationale est effectivement mauvaise pour les consommateurs. Mais la rhétorique libérale qui nous bassine depuis des années et des années avec l’avantage pour les consommateurs de prix bas fait semblant de croire que les consommateurs ne sont pas aussi autre chose que des consommateurs : ce sont tout aussi bien des travailleurs et qu’importe si les prix sont bas quand on n’a pas de travail. Le plus étrange est que le P«C»F soit disant d’inspiration marxiste s’appuie sur ce type d’imbécilité pour défendre le maintien dans l’euro. On ajoutera que pauvre pour pauvre il est évident qu’il est bien meilleur de ne pas dépendre de l’Allemagne pour manger. 

    La crise de l’agriculture européenne

     

     Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe

    La crise de l’agriculture européenne et plus particulièrement en France montre comment les effets pervers de l’Union européenne menace de détruire ce qui fait le substrat de la culture nationale. En effet l’Union européenne a accéléré sous les yeux émus des députés écologistes[1] la concurrence libre et non faussée dans le secteur agro-alimentaire. Le but est de faire chuter les prix – toujours pour les consommateurs – mais aussi de faciliter l’émergence d’une agriculture industrielle concentrée.

    Cette politique a trois effets négatifs :

    - d’abord une augmentation des quantités produites pour compenser la baisse des prix. Conduit naturellement à une dégradation de la qualité que tout le monde peut constater sur les marchés. Cette augmentation des quantités engendre de plus un gaspillage éhonté.

      Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe

    - ensuite cela donne le pouvoir de fait aux enseignes de la grande distribution qui fixent les prix et les marges ruinant les petits agriculteurs, amenant le gouvernement à prendre des mesures qui sont forcément un coût supplémentaire pour les contribuables.

    - enfin cela abouti à la destruction des spécificités agricoles des régions, en France et ailleurs. La conséquence en est l’accélération de la division du travail en Europe qui indique que l’Espagne sera le producteur à terme des primeurs, et l’Allemagne la dépositaire de la filière laitière. En France les agriculteurs qui restent seront soit de très grosses entreprises industrielles – voir la ferme des mille vaches – soit les gardiens du paysage et renforcera sa position uniquement dans le secteur touristique, avec tout ce que cela signifie en termes de domesticité et de pollution.

    Sortir de l’Europe et en renforçant le contrôle aux frontières du point de vue de la qualité – l’anti TAFTA quoi - aurait au moins trois effets positifs :

    - d’abord d’améliorer clairement la qualité de l’alimentation et par conséquent permettrait de défendre la cuisine française un des éléments clés de l’identité nationale. Je sais bien que la gauche, même celle qui aime bien manger rechigne à discuter de ce genre d’idée ;

    - ensuite créer des emplois en quantité. Le passage à une production agricole labélisée biologique devrait permettre de créer au moins deux millions d’emplois ;

    - enfin d’améliorer la balance commerciale française qui au fil de l’intégration européenne s’est fortement dégradée dans le secteur agro-alimentaire.

    La crise récente des petits agriculteurs qui se sont manifestés violemment, a aussi démontré la collusion qu’il y avait entre la logique européiste et le syndicat FNSEA dont le président Xavier Beulin qui aime à se donner des airs de chef d’entreprise, est aussi le président de grosses sociétés ancrées dans le développement des oléagineux et des agro-carburants. Il n’a évidemment rien à voir avec des paysans soucieux de la protection de la terre et à la recherche de la qualité. Il est seulement une sorte d’écran de fumée entre la colère des paysans et le gouvernement dont il a l’oreille quelle que soit sa couleur politique. Mais il n’est pas nouveau que ce sont les gros agriculteurs de la FNSEA qui profitent le plus des subventions et des aides induites par la PAC. Car il faut le répéter la PAC a été un instrument de destruction massive de l’agriculture locale, de la production des terroirs parce que l’aide a été distribuée non pas en fonction des besoins des paysans et de la qualité, mais en fonction de la taille de l’entreprise. Rappelons que Xavier Beulin exploite 500 hectares de terre agricole.

      Quelques raisons supplémentaires de sortir de l’Europe

    Evidemment une telle reprise en main de la filière agricole passerait par une mise au pas des grandes surfaces par exemple en en diminuant la taille maximale, et en réorganisant des circuits de distribution moins coûteux pour les producteurs et pour les consommateurs. En attendant et même si c’est difficile on peut toujours boycotter les enseignes de la grande distribution et s’intéresser même si ce n’est pas facile aux circuits plus courts qui favorisent les productions locales.

    Il est vrai également que les paysans ont cette image d’une profession quasiment subventionnée par l’Etat, protégée, une image de réactionnaires notoires votant pour le FN, et que la gauche par tradition ne s’intéresse guère à eux. C’est aussi à nous de changer notre regard sur cette profession. Même si les paysans ont de lourdes responsabilités en n’ayant que tardivement et timidement amorcé le virage vers une agriculture biologique moins polluante et plus respectueuse de environnement. 

    Liens 

    http://russeurope.hypotheses.org/4155

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/07/28/l-etrange-plan-de-varoufakis-pour-sauver-la-grece_4701958_3214.html

    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/07/28/que-reprochent-ses-detracteurs-au-patron-de-la-fnsea_4702196_4355770.html


    [1] Les députés écologistes en France comme à Bruxelles défendent l’Union européenne alors même que celle-ci s’applique à détruire l’environnement et à signer TAFTA qui va faire des ravages. 

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  •  Si la gauche a tendance à disparaître du paysage politique, alors même que la droite est en difficulté, c’est principalement à cause de ses reniements. Or celle-ci a pris presque partout l’image du tournant européiste et de l'abandon de l'idée de souveraineté des peuples. si elle est prompte en parole du moins à soutenir les luttes d'indépendance nationale ailleurs, elle peine à le faire en Europe où la situation a entraîné la colonisation et le pillage de la Grèce. 

    La défiance envers Tsipras

    La souveraineté ne se négocie pas

    Si on parle beaucoup de la Grèce ces derniers temps, ce n’est pas parce que ce malheureux pays est écrasé par une dictature qui ne dit pas son nom. C’est aussi parce que pour nous cet exemple indique la méthode sur laquelle nous devons nous appuyer. La première ligne à ne pas franchir est de négocier sa souveraineté surtout avec des banquiers ou des allemands, et plus encore des banquiers allemands. Imaginez De Gaulle en train de négocier avec Hitler en 1941 ou 1942 une remise sur les amendes que la Bochie nous avait infligées ? Non évidemment. Mais si on admet que l’ordre monétaire d’aujourd’hui est fascisant et procède du pillage organisé, on ne peut trouver qu’inconséquente la palinodie de Tsipras et de Varoufakis. Depuis le 10 juillet les manifestations en Grèce ont recommencé, mais cette fois ce n’est plus Samaras qui endosse l’habit du traitre, mais Tsipras. En ce mois de juillet la nouveauté tient d’abord au fait que les manifestations contre Tsipras vont monter en puissance. Et il aura du mal à leur envoyer la troupe comme le faisait le premier ministre qui l’a précédé. Le 15 juillet le syndicat des fonctionnaires appelle à une journée de Grève. Tsipras a même été jusqu’à abandonner l’idée de se faire rembourser par l’Allemagne le prêt forcé de 1943. Or c’est une question très sensible en Grèce

    Cette défiance du peuple envers Tsipras va s’accroître d’autant que pour faire approuver sa propre capitulation il va avoir besoin du PASOK et de ND. Il n’a pas le choix car l’aile gauche de Syriza l’a déjà lâché et le KKE l’avait dénoncé à l’avance comme un allié de la finance internationale. Buvant le calice jusqu’à la lie, Tsipras va demander au parlement d’accepter un plan bien plus dur que celui qu’avait tenté de faire passer Samaras. Pour le moins on peut s’attendre à de grosses défections. Le parti de Panos Kamennos qui représente 13 députés a déjà déclaré qu’il n’accepterait pas ce plan. Or la majorité au parlement grec est de 151 députés et Syriza n’en a que 149. Varoufakis qui n’a pas voté déjà lundi dernier, va sans doute faire encore la même chose. Tsipras va donc être obligé de s’allier avec ses ennemis d’hier, sans doute en les faisant entrer dans un gouvernement de coalition nationale.

      

    Mélenchon a dénoncé les pressions démesurées sur Tsipras. C’est une plaisanterie parce que Tsipras savait très bien ce qui l’attendait, tout le monde connaissait depuis longtemps la hargne de Schaüble et celle de Dijsselbloem. Mais Mélenchon préfère casser du sucre sur l’Allemagne – qui est certes un pays en voie de fascisation – que de s’interroger sur ses propres errements à propos de l’Europe. Son inconséquence sur l’Europe lui ayant coûté cher en 2012, comme elle coûte cher aujourd’hui à Tsipras, elle relève d’un tempérament social-démocrate borné. 

    Privatisations

    La souveraineté ne se négocie pas

      

    Déjà les vautours se précipitent pour piller la Grèce. Vinci, multinationale et racketteur bien connu des autoroutes et des parkings en France, se porte acquéreur des aéroports grecs comme il s’est déjà porté acquéreur des aéroports  portugais. Et bien évidemment Vinci investit pour faire des affaires, c’est-à-dire priver l’Etat des recettes potentielles qu’il aurait pu réaliser si ces biens étaient restés dans le giron national. Car le but final des privatisations, comme celui de l’Union européenne est de mettre les Etats sous la tutelle des marchés en les affamant. Vinci c’est 40 milliards d’euros de chiffre d’affaire : le plus gros provenant des rackets des passagers au bord des autoroutes ou dans les ombres des parkings. Un tel chiffre donne une idée de la puissance de ce groupe par rapport à un Etat français qui est endetté pour 2000 milliards d’euros.

    N’imaginez pas cependant que Vinci va sortir de l’argent de sa poche pour acheter ces aéroports : il va emprunter à un consortium de banques et il se paiera ensuite sur la bête – intérêts et principal. C’est donc une opération qui est toujours en défaveur de l’Etat, un simple transfert de droits de propriétés de la collectivité vers des intérêts privés. 

    La position de la France 

    L’UPR par la voix d’Asselineau a dénoncé dès le départ Tsipras comme le candidat de rechange des Américains et donc voué à se soumettre. Je n’irais pas jusque-là. Mais il est vrai que le revirement de Tsipras a été obtenu par Hollande qui lui joue carrément le jeu des Américains. Quand j’ai commencé à voir que Tsipras était conseillé par les conseillers de Hollande à l’Elysée, je me suis fait des soucis... pour la Grèce

      La souveraineté ne se négocie pas

    Il faut reconnaître qu’Hollande a très bien joué sa partition. En effet, il a dans ce jeu de rôles endossé l’habit du gentil policier, tandis que Schaüble tenait le rôle du féroce. Varoufakis a d’ailleurs souligné que bien que timide la position de la France était différente de celle de l’Allemagne et de celle de l’Eurogroupe. Mais quel est ce jeu ?

    D’un côté on voit assez bien le bénéfice que Hollande peut en tirer, surtout que cet imbécile de Sarkozy s’est encore ridiculisé en demandant le Grexit, puis en laissant entendre par la voix de l’ex mis en examen Woerth que c’était grâce à ses réseaux que l’accord avait pu avoir lieu. Il peut passer ainsi pour un homme de gauche à peu de frais en disant qu’il a bien été le seul à défendre la Grèce en Europe. Mais cela n’est qu’une apparence. En vérité Hollande vise autre chose. Il savait très bien que le Grexit allait avoir deux résultats terribles pour lui :

    - d’une part une remontée rapide des taux d’intérêt sur la dette française ;

    - et d’autre part une grande difficulté de faire adopter TAFTA en Europe. Car Hollande est un grand défenseur de TAFTA, pas seulement par conviction, mais parce que cela le place comme un allié privilégié des Etats-Unis. Or ces derniers ont poussé à un accord, en s’opposant aux Thénardier de l’Europe Merkel et Schaüble qui en veulent toujours plus.

    En prenant cette position atypique dans l’Eurogroupe, Hollande renforce la position des pays du Sud qui ne veulent pas que l’Allemagne leur impose encore de nouveaux tours de vis supplémentaires. 

    Enième plan d’austérité en Grèce et toujours pas de résultat

     

    L’euro a été sauvé, voilà ce que vont retenir les éditorialistes. C’est vrai à court terme. Mais valait-il mieux sauver l’euro, fétiche abstrait autant que malsain, ou le peuple grec ? On fait des moyens un but, sans vouloir voir que le sauvetage de l’euro c’est le renforcement du pouvoir de la banque sur l’économie. Au mieux la monnaie n’est pas une fin en soi, elle est seulement un moyen. Mais cette imbécilité éditoriale qui voudrait que grâce au sauvetage d’une monnaie mal foutue on ait préservé l’essentiel, masque en réalité le fait que la création monétaire c’est le pouvoir. Or évidemment si la création monétaire n’appartient plus à une nation, si elle est décidée dans des bureaux feutrés par des intérêts privés, alors elle détruit les nations qui s’y soumettent. On sait que dans les négociations qui ont amené la défaite de Tsipras, le fait que la BCE ait coupé unilatéralement l’accès aux liquidités des banques grecques a beaucoup joué pour la reddition de Tsipras. C’est d‘ailleurs cette guerre monétaire qui est le véritable enjeu des plans d’austérité. Mais c’est aussi une des meilleures des raisons pour vouloir en finir avec l’euro et au-delà l’indépendance des banques centrales.

     La souveraineté ne se négocie pas

     

    Les caricaturistes grecs célèbrent à leur manière l’amitié entre les peuples européens 

    Merkel a souligné que la capitulation de Tsipras, c’était un très bon accord, arguant qu’ainsi la Grèce allait pouvoir repartir vers la croissance. Evidemment elle ment. Car elle sait très bien que les mesures d’austérité accrues non seulement ne permettront pas de payer la dette, mais elles ne relanceront pas plus la croissance et l’emploi. Cela fait 5 ans maintenant que l’austérité aggrave la situation en Grèce. Et tout le monde le sait. Il n’existe pas d’exemple dans l’histoire d’une crise aussi longue, même les guerres ne durent pas aussi longtemps. L’impasse dans lequel Tsipras a conduit la Grèce va sans doute se voir encore plus facilement, et l’hypothèse Syriza ne pourra plus détourner les Grecs de la seule solution qui s’imposera : la sortie de l’Union européenne. C’est pourquoi dès à présent, l’aile gauche de Syriza est en train de se préparer à cela. 

    Conclusion 

    En attendant Tsipras ne sera pas le grand homme que la Grèce attendait mais seulement le gérant d’une colonie de l’Europe libérale. Il en a oublié jusqu’à remettre sur la table la question de la vieille dette allemande, pressé d’obtenir quitus de la canaille européiste. Cela n’empêchera pas les banquiers de l’Europe qui n’ont guère la reconnaissance du ventre, de le renverser une fois complètement usé et dévalorisé.

     

    Liens 

    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/20141011tribed427fc8e/vinci-candidat-au-rachat-de-14-aeroports-grecs.html 

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/07/13/grece-le-syndicat-des-fonctionnaires-appelle-a-une-greve-de-vingt-quatre-heures_4681837_3214.html

     

     

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  •  L’imposture économique

    La théorie économique dominante, qu’on appelle « néo-classique », « marginaliste » ou libérale est accusé d’être en rupture par rapport à la réalité qu’elle est censée représenter.  Suite aux débats qui ont eu lieu aux rencontres Déconnomiques, j’ai trouvé un certain nombre de livres qui traitent de cette question. Leur titre en général dépréciatif insiste sur le caractère faux des fondements de la théorie économique dominante, celle qui sert à justifier l’injustifiable, les inégalités comme les politiques d’austérité. Les titres que j’ai rassemblés emploient le mot « imposteur » ou « imposture ». Ce qui veut dire que non seulement ils dénient une quelconque scientificité aux travaux du Main Stream, mais qu’en outre ils veulent en dénoncer le caractère délibérément mensonger.

    Les accusations de tromperie en ce qui concerne la théorie économique dominante reviennent constamment. C’est sans doute Marx qui le premier a mis l’accent sur le caractère idéologique d’une telle discipline. Quelle soit mathématisée ou non, elle persiste dans l’erreur et surtout elle a les moyens de s’imposer. Steve Keen dans un récent entretien dans Marianne avançait que cette théorie serait emportée par la prochaine crise bancaire qui ne tardera pas.

    Il n’est pas sûr qu’il ait raison. En 2008, je pensais la même chose : il me semblait qu’une théorie qui venait d’être violemment démentie par les faits ne pouvait pas continuer bien longtemps. Je me suis trompé. Mais en réalité si je me suis trompé sur ce point, c’est essentiellement parce que le système économique que soutient la théorie économique dominante a pu, grâce à l’appui des Etats, se reconstruire. Ça n’a pas été le cas en 1929. La crise a amené au pouvoir Roosevelt et une forme d’organisation sociale et économique qui ne faisait plus confiance au marché. Les économistes qui jusqu’ici étaient plutôt du côté d’une régulation par le marché – aux Etats-Unis la grande majorité des économistes était contre le New Deal – se sont convertis. Autrement dit s’ils ne l’ont pas fait en 2008, c’est parce que les structures du pouvoir n’ont pas changé.

      L’imposture économique

    Il est vrai que cette science obscure autant qu’austère est maintenant très dépréciée et que quasiment personne en dehors des hommes politiques qui paraissent encore plus bêtes et corrompus que les économistes de profession, ne leur fait plus confiance. Mais ils conservent un pouvoir de nuisance très grand. C’est le sens de la bataille de l’AFEP qui tente d’imposer une lisibilité des économistes hétérodoxes dont les travaux sont masqués par l’hégémonie des orthodoxes dans les médias, mais aussi dans les universités ou au CNRS.

    L’imposture économique

    Car la bonne question qu’on doit se poser est la suivante : pourquoi une forme de pensée en faillite a-t-elle encore la capacité d’imposer ses canons théoriques ? La réponse est assez simple, s’ils ont ce pouvoir c’est parce qu’ils se sont rangés du côté des puissants. Contrairement à ce qu’on peut croire, l’exercice de la profession d’économiste peut être lucratif. Marianne  dans son numéro 950 du 3 juillet 2015 révèle que Jean Tirole sait faire fructifier son allégeance aux forces de l’argent. Les sources d’enrichissement pour un économiste un peu déluré sont très vastes, ça va des « ménages » qu’on peut faire pour telle ou telle entreprise, à des études commandées par les grands organismes internationaux. La Commission européenne a distribué beaucoup d’argent pour s’assurer la fidélité de ses propagandistes. On l’oublie trop souvent mais la conversion de nombreux économistes français – plus facilement keynésiens et marxistes dans les années 70 – aux vertus de l’ordre libéral provient de ce qu’ils ont travaillé pour la Commission européenne. C’était souvent des universitaires proches ou membre du PS. Cela s’est passé comme si les forces de l’argent les avaient acheté un à un. Et comme dans  le même temps, ils se sont débrouillé pour gérer les carrières des réfractaires, on comprend que leur pouvoir se soit démultiplié.

    Peu importe finalement que ce qu’ils racontent soit vrai ou faux. En 1988, la Commission européenne avait commandé un rapport, douze volumes, des dizaines d’économistes y avaient participé. Le résultat de ce rapport était que l’intégration européenne, le grand marché et la monnaie unique amènerait :

    - une croissance réelle et régulière de 4,5% sur l’ensemble de l’Union ;

    - une hausse des salaires ;

    - un excédent budgétaire ;

    - bien sûr la fin du chômage structurel et la nécessité de faire venir des millions d’immigrés pour occuper tous ces merveilleux emplois qui se profilaient à l’horizon.

    Plus d’un quart de siècle après, les résultats observés n’ont rien à voir avec ces prévisions qui promettaient « un avenir radieux ». La dette publique a explosé, les salaires sont à la traîne, le chômage est au plus haut et la croissance est en berne. Mais comme ces économistes ne chient pas la honte, ça ne les empêchent pas de continuer dans le même sens. Ils ne sont pas assez fous pour se remettre en question et avouer qu’ils se sont plantés. Ils vont toujours invoquer une raison extérieure à cette déconvenue : les réformes structurelles n’ont pas été menées jusqu’au bout, la crise de 2008 est passée par là, etc. Au fond ils sont payés pour expliquer que l’oligarchie fait la meilleure politique possible et que d’essayer de s’en échapper nous conduirait à la misère. Mais même bien payé un domestique reste un domestique.

    Tout ce long détour pour faire bien comprendre pourquoi ils s’accrochent à leur position hégémonique dans l’université. C’est parce qu’ils la contrôle par l’intermédiaire de la gestion des carrières et des revues, qu’ils conservent leur position matérielle dans le circuit. On comprend bien que toutes ces compromissions à la gloire de l’économie de marché, demandent de s’emparer du fonctionnement des structures bureaucratiques ! Et ce n’est pas le moindre des paradoxes que de voir ces fonctionnaires corrompus faire l’apologie de l’économie de marché et des risques inhérents qui vont avec !

    Il faut noter aussi que ces « mandarins » sont la caution scientifique des commentateurs professionnels qui sévissent à la télévision et à la radio. C’est en quelque sorte une forme de théorie du ruissellement : les professeurs adeptes du libéralisme pondent des articles dans les revues dites scientifiques, sur la base de ces articles ils obtiennent des contrats de recherche. Leurs conclusions sont alors reprises dans les médias. Enfin les commentateurs articulent là-dessus un discours politique que les différents partis reprendront sur le mode du « Il n’y a pas d’alternative ». Ce ne sont pas les professeurs d’université qui sont responsables directement du développement d’une idéologie, ils n’en sont que la caution académique qui laisse entendre que leur discours est politiquement neutre.

     

    Liens 

     

    http://www.marianne.net/L-imposture-economique-ca-continue%20_a242530.html 

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  • Le projet Européen est mort.

      L’EUROPE ALLEMANDE par Fabric Aubert

    Introduction : Le projet Européen est officiellement né en 1958, avec le « traité de Rome », encore que l’analyse historique montre les tentatives militaires successives d’imposer une autorité unique aux peuples du continent européens de Charlemagnes à Napoléon ou Hitler[1]. On voit ici, que la volonté de puissance s’oppose de fait aux désirs de coopération et de paix  des peuples.

    Derrière les apparences, des déclamations de l’époque, sur l’objectif de construire une « Europe de paix », il y avait déjà en sous terrain, les racines de ce que nous subissons aujourd’hui. Le « traité de Rome » ne fait que traduire en termes gouvernementaux, l’objectif de faire du charbon et de l’acier (C.E.C.A)[2], un marché, un « marché unique Européen ». Depuis cet acte fondateur, tout s’est poursuivi, en s’aggravant approfondissant la seule logique du marché. « Marché unique », « monnaie unique », « indépendance des banques centrales ». Le seul projet Européen aura donc été de « constitutionaliser le marché », constitution Européenne, instituant le « marché libre et non faussé » contre les peuples (Les Peuples qui ont eu à se prononcer par référendum, s’y sont opposés), mais les marchés ont poursuivi sur leur trajectoire, comme si de rien n’était. Le traité de Lisbonne, fut le plan B des marchés, et ce coup-ci sans référendum…

    Le peuple est si dangereux, que désormais on ne parlera plus de gouvernement, mais de « Gouvernance »[3], contraction de deux mots Gouvernement-Finance, révélant le coup d’Etat des marchés financiers, sur la démocratie. Le gouvernement est l’expression politique de la volonté du peuple, la gouvernance c’est le gouvernement par la règle dite technique, en fait financière. Puis vient le « problème grec » …. à l’origine « problème américain », on n’y reviendra.

     

    LE PROBLEME GREC : Comment peut-on oser parler de « problème grec », quand on sait que la Grèce pèse …. 2 % du P.I.B Européen et que la « crise des subprimes » a brûlé en 10 mois 25.000 milliards de dollars, selon le journal « le monde du 27 Octobre 2008 », mais on serait sans doute plus proche des 50.000 milliards de dollars. C’est de plus, une honte, une ignominie de parler de « problème grec », quand on sait ce que la Grèce a apporté à l’Humanité. Quand « Kaiser Franck » amenait ses canons, les grecs avaient depuis fort longtemps amené l’idée Européenne et de civilisation, au point que les élèves en histoire apprennent, que le « berceau des civilisations », c’est la Grèce. La Grèce, c’est la navigation des bateaux, ce sont les bateaux eux-mêmes, dont le cuirassé Bismarck, dont la conception doit à Archimède qui dans son bain a découvert le principe fondamental de la « poussée des corps plongés dans un liquide ». Toutes les marines nationales, y compris américaines sont endettées vis-à-vis de la Grèce. Mais il n’y a pas que la physique des fluides.

    L’EUROPE ALLEMANDE par Fabric Aubert

    La Une de Der Spiegel au printemps dernier où l’on voit Merkel sur la même photo que les nazis devant les ruines de l’Acropole 

    LA DRAMATURGIE : On doit aussi à la Grèce, la dramaturgie, et dieu sait si l’Allemagne à elle seule est une dramaturgie Européenne, et mondiale, vu les guerres et les massacres qu’elle a provoqué. Le théâtre est là encore, l’Allemagne et ses pleureuses sont bien placées. Mais il y aussi les philosophes de Diogène et « son tonneau » à  Platon et « sa caverne ». Le seul philosophe allemand du même acabit, porte le nom de Karl MARX, inconnu par la « panzer division Merkel »… et enfin le sublime, les fondements mêmes de la démocratie, fondateurs de la cité, de la citoyenneté, même en y intégrant toutes les limites de la démocratie athénienne, car il fallut plusieurs siècles pour que ce terme et sa démarche s’imposent, notamment par la révolution Française, mais que le royaume de Prusse et d’Autriche déjà, combattirent. Et l’Allemagne de Merkel continue de parler de « problème grec »…

     

    LA MONETISATION DES DETTES : Si la « grande main invisible » de l’humanité avait à convertir en termes financiers, l’ensemble de ces apports en monnaie sonnante et trébuchante, l’apport des grecs, une fois de plus[4], ce sont des siècles de remboursement que l’Europe et notamment l’Allemagne doivent aux grecs. Mais « l’Allemagne de Merkel » a une très mauvaise mémoire, elle raisonne à l’anglo-saxone… « give me my monney back »[5]. Le plus court terme du marché, dont elle est le porte-parole. Elle oublie qu’à deux reprises, son Pays, a bénéficié de remises de dettes, lui permettant de fait, de pouvoir ainsi sortir de ses crises, sans que le système ne s’écroule, bien au contraire, mais Merkel a une très mauvaise mémoire, oubliant de plus l’emprunt forcé aux grecs.

     

    DETTE ILLEGITIME : La dette grecque est pour l’essentielle illégitime, car celle-ci se développe après la crise des Subprimes, quand les marchés une fois sauvé par les Etats qui s’endettent, auprès des marchés, décident, de se refaire la cerise sur le dos des Etats et notamment les plus faibles en leur faisant payer….le risque d’emprunt, sans aucune solidarité entre les gouvernements européens. L’idée « d’Europe unie » est là, déjà morte. Observons au vu de ce graphique la débandade européenne, et dans cette débandade, seule l’Allemagne de Merkel la comptable, y gagne, augmentant son « poids politique ». Les marchés, qui imposent leur loi d’airain, aiment l’Allemagne qui le leur rend bien.

      L’EUROPE ALLEMANDE par Fabric Aubert

    FAIRE PAYER LES PAUVRES : Le capitalisme n’aime pas « faire payer les riches » pour leurs propres turpitudes, tellement plus simple de faire payer les pauvres, qui eux n’ont pas les moyens (cabinets juridico financier de conseil de type Sarkozy) de se faire conseiller. Ce n’est donc pas simplement la Grèce qui paye, mais tous les pays européens faibles et derrière les peuples qui souffrent (rigueur, austérité, chômage, précarité, suicides, décomposition des systèmes de protection sociale, etc…).

    TSIPRAS ET LA LUEUR DE STALINGRAD : A force de frapper les esclaves, on assiste parfois, comme avec Spartacus, à leur révolte et quand il s’agit de plus, du peuple grec…Tsipras, porteur du message des peuples « assez d’austérité » qui ne marche pas, gagne les élections et devient pour les « peuples qui souffrent » de la botte austéritaire, y compris en Allemagne (syndicat D.G.B), la flamme de Stalingrad qui renversa l’inéluctable défaite. Car pendant que les médias nous déclamaient la crise, les bourses du monde progressaient de plus de 18 % l’an, contre les salaires, contre les emplois, contre les entreprises, contre l’activité, contre le travail, contre la production, contre les services publics, car dans le capitalisme, ce qui va dans la poche de l’un (le Capital) se fait en prenant dans la poche de l’autre (le travail). Là est la nature profonde de la « lutte des classes ». Tsipras, c’est le Stalingrad de notre temps, mais la Grèce ne pèse que 2 %, et n’est pas l’U.R.S.S de Staline, ce qui explique ses reculs et non ses avancées, mais il résiste (référendum).

    L’EUROPE ALLEMANDE par Fabric Aubert 

    Image de la collaboration actuelle 

    ECRASER LA REBELLION : Pour l’Allemagne de Merkel, « porte-parole des marchés financiers », la rébellion grecque a assez duré et il faut écraser la rébellion anti-austéritaire, austérité, outil de la domination allemande en Europe. Le référendum qui fait appel au peuple, est une offense à kaiser MERKEL… Quoi, le peuple grec pourrait donner son avis sur les coups de fouet que nous « peuple allemand » supérieur, pourrions donner à ces malotrus impénitents…. Insupportable pour la « Chancelière de l’ordre financier »…Alors au-delà des concessions de Tsipras, MERKEL demande plus, car il faut définitivement mettre à genoux, ce peuple de résistants…et là d’un coup MERKEL retrouve la mémoire, car ce sont les résistants grecs communistes qui ont chassé l’armée nazie de la Grèce et il faudra attendre l’intervention anglo-américaine pour chasser les communistes du pouvoir en Grèce, avec l’accord de Staline, qui lui respecta le partage du monde, défini à Yalta…. 

    MEMOIRE D’ETUDIANT : J’ai eu la chance dans ma jeunesse d’étudiant de pouvoir faire un long voyage de découverte de la Grèce, en voiture pendant un mois et demi. Nous sommes partis de Manosque, et avons traversé l’Italie du Nord, longé toute la cote yougoslave, contourné l’Albanie, et avons atterri en Grèce. Toute la Grèce continentale fut faite, des sites historiques (Delphes, Olympie, Athènes, Epidaure…) mais aussi les petits villages côtiers de pêcheurs, au charme si particulier. Plusieurs choses me resteront éternellement gravées dans ma mémoire. C’était un peuple heureux de vivre, ils n’étaient pas riches, mais ils vivaient leur vie, c’était un peuple accueillant qui aimait les français et détestaient les allemands, à la fois pour des raisons historiques, mais aussi déjà pour des raisons de comportement, la puissance du mark transformaient les allemands (ceux qui pouvaient voyager), en colonisateurs (en Grèce et en Yougoslavie). On retrouve chez Merkel, ce comportement de colonisateur.

    LA GROSSE BERTHA MERKEL : Quoi que subisse le peuple allemand (mini jobs) et les autres peuples européens (Grecs, Espagnols, Portugais, Italiens, Français et la liste est sans fin), ce qui compte pour le gouvernement MERKEL, ce n’est pas l’intérêt de l’Europe, mais l’intérêt de l’Allemagne, des multinationales, et des retraités par capitalisation, d’où sa dépendance au marché. Il est de ce fait logique que le canon allemand tonne encore sur toute l’Europe, comme en 1914, et comme en 1940, mais la monnaie a remplacé le canon et semble plus efficace, car tout ceci se fait sans bruit de bottes, ou de chars. Historiquement les Gouvernements allemands se sont toujours battus pour la « Grande Allemagne », et au-delà l’idée d’Europe, pour ses Dirigeants, ne peut se concevoir que selon une vision Allemande des choses… 

    L’EUROPE ALLEMANDE : Dans cette perception des choses, le positionnement de MERKEL et ses ministres, vis-à-vis de la Grèce, ne fait que refléter ce point de vue. L’Allemagne ne participe à l’Europe que sous condition que celle-ci soit allemande[6]. Ce qui explique ses exigences, qu’elle a l’intelligence de transformer en « objectif européen », décliné en « pacte » successifs (T.S.C.G)[7]. En d’autres termes, l’Allemagne de MERKEL reprend sans le dire, la guerre de 1914 et de 1940 comme à chaque grande crise du capitalisme mondial.

      L’EUROPE ALLEMANDE par Fabric Aubert

    A L’ORIGINE UNE CRISE AMERICAINE : Ce que les médias oublient toujours de rappeler, car eux aussi ont « la mémoire qui flanche », c’est de rappeler qu’à l’origine de cette crise dite grecque, on trouve le « krach des subprimes », dont l’épicentre se trouve à « Wall-Street », New-York, comme en 1929. 25.000 à 50.000 milliards de dollars brûlés en dix mois, voilà les chiffres véridiques de la crise… qui veut encore parler de la crise grecque et de ses 320 Milliards de dette, soit 2,5 % du P.I.B Européen[8] ???

    LE PIRE EST A VENIR : On ne cesse de nous parler de « fin de crise », et de retour de croissance, mais le dernier « krach Chinois » est là pour nous rappeler et nous remettre les pieds sur terre. Aucun des problèmes posés par le Krach dit des subprimes, n’a été abordé et encore moins réglé. Toutes les données économiques actuelles sont des messages, d’apparence, qui cache le retour en pire de la crise de 2008. La Crise à venir est à mesurer entre l’évolution pharaonique des cours de bourse, qui s’opposent dans les faits, aux résultats chaotiques de l’économie mondiale. 

    LE PROJET EUROPEN EST MORT : Il ne s’agit pas d’une incantation, ni d’un désir ou d’une volonté personnelle, mais la matérialisation d’un fait. En admettant, que l’idée d’Europe ait pu exister chez les fondateurs, d’une Europe sociale, pacifique et solidaire, on peut constater, que la « crise grecque » et la manière de la régler, est à l’opposé de ces déclamations.

    L’Allemagne de MERKEL renouvelle les mêmes objectifs, que ceux de Bismarck, et d’Hitler, c’est vous dire le niveau de dangerosité de l’ange (Angela). L’Europe ne pouvait avoir de sens que dans la construction d’un projet politique, répondant aux besoins des peuples associés. Le social aurait dû être la priorité du projet Européen. C’est l’inverse qui fut imposé, la monnaie, au service exclusif des marchés, comme « outil de domination des peuples » et la compétitivité comme « le fouet permanent du travail »…. Ce projet renvoie plus aux pharaons d’Egypte et de leurs « pyramides tombeau » construits par des esclaves, qu’à un projet d’émancipation… 

    C’est pour toutes ces raisons, que le positionnement de l’Europe de Merkel, sur la « crise grecque », signifie de fait, que le projet Européen, quel que soit l’avenir de la Grèce, est mort. Un jour, en Europe, les esclaves du « marché libre et non faussé » se révolteront. 

    La Couronne le 13 Juillet 2015 

    P.S / L’accord dont parle l’Europe est une « mise en esclavage », qui sans régler le problème de la dette dite grecque, produira ses dégâts historiques. 


    [1] Il n'est pas très malin d'imaginer que dans un espace aussi peuplé que l'Europe, un ensemble de peuples puisse conserver si longtemps des systèmes juridiques et des législations distinctes. Adolphe HITLER

    [2] Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier.

    [3] Gouvernement de la Finance

    [4] Lire : « Ne touchez pas aux grecs » consultable sur Internet.

    [5] Margareth Thatcher

    [6] C’est pour cette raison que l’Allemagne est le seul pays où la constitution est supérieure aux traités européens.

    [7] « Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance », signé par Sarkozy, entériné par Hollande.

    [8] La dette dite grecque, c'est 320 milliards d'euros, à comparer aux dettes dites publiques des Etats de la zone Euro qui elle, pèse 12.500 milliards d'euros. En relatif la dette grecque pèse donc 2,5 % du total des dettes dites publiques

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