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    Ce n’est pas d’aujourd’hui que les socialistes tiennent avec une grande délectation le rôle des « social-traîtres ». C’est presque dans leur ADN. Et finalement c’est quand les « socialistes » sont vraiment de gauche que c’est très étonnant.

    L’ouvrage de Simonnot relate la grande grève des mineurs de 1948, et sa triste fin. 1948, c’est juste quelques années après la fin de la guerre. C’est cet épisode qui fera de Jules Moch, le ministre « socialiste » de l’intérieur, le symbole de cette collusion entre le patronat et les socialistes. Il faut dire que les années 1947-1953 sont des années particulièrement agitées sur le plan social. On est en pleine Guerre froide, les communistes ne veulent pas du plan Marshall, et les grèves sont nombreuses. Ces grèves ont de très nombreuses raisons. D’abord, elles sont le résultat d’une double déception : déception parce que les idéaux du CNR semblent avoir été trahis et qu’on a restauré le patronat dans toute sa puissance, mais déception aussi parce que l’ère des pénuries n’est pas encore passée. En outre les « socialistes » vont se ranger du côté des Américains, avec leur syndicat FO qui leur sert de courroie de transmission : ils sont une pièce importante dans le dispositif de lutte contre les communistes et l’URSS. Ils pensent qu’ils vont s’en tirer parce que Staline et la Russie sont des répousssoirs et que les « communistes » français – ou les staliniens  - sont trop rigidement leurs affidés.

    La grande grève des mineurs commence par une histoire de remise en cause des avantages acquis. Robert Lacoste, ministre de l’industrie, veut revenir sur un certain nombre d’avantage que les mineurs qui font un travail encore très dur et dangereux, ont obtenus au fil de leurs batailles. Il faut se souvenir que jusqu’à une date récente, le charbon est le principal de l’énergie de l’économie française, mais aussi que les mineurs du charbon ont toujours été le fer de lance des luttes sociales, en France mais aussi ailleurs en Grande-Bretagne ou en Allemagne. La répression sera d’autant plus féroce que le mouvement est très large et soutenu par la population. La situation dégénère, etla France st à deux doigts de la Grève générale. Mais le PCF et la CGT vont faire échouer l’extension de la lutte.

     

    Les conséquences de cette lutte sociale seront très lourdes. D’abord dans les régions minières les « socialistes » vont être longtemps disqualifiés au profit des communistes. Mais cette coupure des « socialistes » avec la classe ouvrière va les éloigner durablement du pouvoir, jusqu’en 1981 précisément, jusqu’à ce que les méfaits de la SFIO aient été oubliés et que Mitterrand tende la main aux communistes.

    L’ouvrage de Dominique Simonnot relate tout cela, mais plus encore les conséquences sur les mineurs eux-mêmes de ce mouvement. Car de nombreux mineurs vont être licenciés abusivement pour faits de grève, y perdant leur emploi, leur logement et le chauffage gratuit qui va avec. Ce sont des vies détruites, des travailleurs licenciés abusivement qui n’arriveront à faire reconnaître leurs droits que très tardivement, en 2009, et encore.  Il est remarquable que les « socialistes » aient mis ensuite autant d’acharnement et de constance à ne pas réparer ne serait-ce qu’un peu leurs torts vis-à-vis de ceux qui furent le fer de lance de la cause prolétarienne. Comme quoi, ce n’est pas à partir de 1983 que les socialistes ont abandonné la classe ouvrière. En fait c’est seulement quand les « socialistes » ont besoin de la gauche pour accéder au pouvoir, comme en 1936, comme en 1981, qu’ils s’en préoccupent.

     

    Liens

     

    http://www.le-blog-de-roger-colombier.com/page-4714337.html

    http://www.ihs.cgt.fr/IMG/pdf_DOSSIER-3.pdf

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    Frédéric Lordon vient de publier un ouvrage qui est une compilation de ses différents articles qu’il a produit pour Le Monde diplomatique ou pour son blog La pompe à phynance. Donc pour ceux qui connaissent déjà ses thèses, il n’y a pas de surprise. Le fait que ces différents chapitres aient été écrits à des dates différentes donne également un caractère un peu décousu à l’ensemble.

    Néanmoins cela reste cohérent et solide. Il a le mérite d’aborder de front des questions que très souvent on glisse sous le tapis, tant elles sont embarrassantes. Pourquoi en effet faire de l’Europe un combat nécessaire, alors que le bilan de la construction européenne est particulièrement négatif ? Après avoir développé largement les raisons qui font de l’euro un des instruments principaux de la faillite européenne, Lordon va aborder la question taboue de la nation. Enfin pourrait-on dire, quelqu’un qui à gauche n’a pas peur de se confronter à cette idée, voire d’en revendiquer la réappropriation. C’est un des points forts de son discours, c’est que si nous voulons retourner dans le giron de la nation, ce n’est pas parce que celle-ci est un horizon indépassable, ou parce qu’elle constitue une communauté sui generis, mais parce que c’est pour l’instant le niveau principal qu’on peut se réapproprier assez facilement, et le niveau où on peut réanimer un débat politique moribond. En effet l’Europe, et pas seulement l’euro, a mis en place des institutions, monétaires ou non, qui empêche toute alternance politique : seule la voie néolibérale est admise.

    Lordon pourrait d’ailleurs être plus clair : en effet l’Europe ne souffre pas seulement de l’euro, même si cette monnaie est une des pièces fondamentales du processus, elle souffre à tous les niveaux d’une absence de contrôle démocratique, d’une souveraineté confisquée. Et donc si la sortie de l’euro est plus que nécessaire, celle de l’Union européenne l’est finalement tout autant, car ce sont bien les mécanismes institutionnels de l’Union qui ont produit cette horreur économique qu’est l’euro.

    Si je le suivrais facilement sur cette idée que l’Europe est dans l’impossibilité de générer un peuple européen et donc une souveraineté européenne, je ferais plusieurs remarques sur sa démonstration.

    - globalement on peut dire qu’elle est satisfaisante, cependant il faudrait un peu plus insister selon moi sur le fait que le but de l’Union européenne n’est pas de créer un Etat, fut-il des Etats-Unis d’Europe. La meilleure des preuves est que son projet n’est pas défini géographiquement, certains y intégrerait la Turquie, d’autres le Maroc. Son but est d’abord de détruire les Etats nations et la protection qu’ils offrent à leurs sujets, pour les remplacer par les lois du marché. Il y a un côté expérimental dans cette démarche.

    - il y a un point aussi qu’il faudrait un peu plus développer, c’est que la construction européenne est une calamité pour l’environnement. Ça saute aux yeux puisque l’ouverture sans limites des frontières engendre nécessairement une concentration des sites de production, au nom des économies d’échelle, et par suite allonge les trajets. Lordon est ouvertement protectionniste, et il rappelle que le protectionnisme n’est pas l’autarcie[1], pourtant il oublie de rappeler que le protectionnisme a un impact très sûr sur l’environnement. Outre qu’il limite les déplacements et favorise les productions locales, il permet de mieux contrôler la qualité des produits de l’industrie et de l’agriculture. Et puis, ce qui fait l’unité et l’équilibre d’un territoire c’est cet équilibre entre les différents secteurs de l’économie. En effet on ne peut pas militer pour le développement local à l’intérieur d’un pays ouvert aux quatre vents, où rien n’est sous contrôle.

    Un point intéressant du propos de Lordon est qu’il ne craint pas de parler de nationalisation. Voilà encore un mot tabou qui a disparu du vocabulaire de la gauche. Mais il faut savoir ce que l’on veut, soit un contrôle, une régulation, par les marchés, et plus particulièrement par les marchés financiers, soit un contrôle par l’Etat, et pour que cet Etat soit reconnu, il faut bien qu’il exprime une collectivité, un destin commun. Où trouver celui-ci en dehors de la nation ?

    Si Lordon ne craint pas d’aborder l’épineuse question de l’immigration, il n’hésite pas à pointer du doigt que celle-ci est aussi le fer de lance de la concurrence entre les travailleurs et donc de la baisse programmée des salaires. Cependant, il peine tout de même à donner une ligne générale pour une politique d’immigration cohérente. C’est un point important sur lequel nous devons travailler un peu plus, car c’est bien aussi de cette lancinante question que se nourrit le FN. Justement ce FN qui sert de repoussoir pour toute réflexion fusse-t-elle timide sur la question de la nation et de la citoyenneté.

    Qu’est-ce qu’il reste à l’Europe institutionnelle pour faire sa réclame ? Rabâcher l’idée débile selon laquelle elle aurait permis la paix ? Alors même qu’elle ne fait que semer la discorde entre les peuples : l’Allemagne est devenue un pays autant détesté qu’au moment de la guerre de 39-45, alors qu’elle met tout en mouvement pour générer des conflits incertains à ses frontières comme le montre la crise ukrainienne, alors que les politiques autéritaires mettent les peuples à genoux et les conduisent au bord de la guerre civile. Cela relève aujourd’hui de la plaisanterie.

    C’est au final un ouvrage très intéressant dont je partage largement les analyses, et Lordon précise bien que si la sortie de l’euro est une étape politique nécessaire, elle ne sera pas suffisante, et que cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir à un modèle de société pour le futur. La sortie de l’Union européenne est un préalable à une politique de gauche, c’est-à-dire une politique qui vise à combattre les inégalités. Car quoi qu’on fasse, quoi qu’on pense, l’Union européenne est de droite, conçue par des hommes politiques de droite, elle n’a aucune vocation à produire une Europe sociale et du reste elle s’en garde bien. Faisons quelques petites réserves tout de même. Si le livre est bien écrit, il dérape parfois dans le jargon un peu précieux. Or un  tel livre n’est pas fait pour une élite plus ou moins éclairée, mais plutôt me semble-t-il pour le peuple, car c’est lui qui vote n’est-ce pas, et sans sa participation active il est impossible de réinventer la démocratie. On relève aussi quelques passages incongrus comme celui qui tend à dire que le tourisme est admissible dans le cadre d’un protectionnisme raisonné, le tourisme est une activité très destructrice pour l’environnement, et elle pousse les villes à s’aménager en fonction de ses recettes. En outre, elle tend à développer les activités de domesticité, ce qui va à l’encontre des principes de l’émancipation sociale.

    Il est réjouissant qu’il y ait maintenant à gauche un large catalogue d’ouvrages qui prônent la disparition de l’euro tout en multipliant les points de vue et qui ne craignent plus de revendiquer un destin national construit autour des idées de partage et de solidarité. Frédéric Lordon rejoint ainsi Jacques Sapir et Aurélien Bernier.

     

    Liens 

    http://www.les-europes.org/article.php3?id_article=12



    [1] Encore que pour les auteurs mercantilistes, l’autarcie était cette capacité des nations à satisfaire leur besoin d’indépendance, et pas forcément une fermeture à toute forme d’échange commercial.

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    Voilà une nouvelle analyse de la crise du modèle libéral. C’est un ouvrage qui possède deux aspects assez distincts. D’une part on y rencontre la critique habituelle du libéralisme et de ses dégats, notamment dans le déploiement d’une industrie financière qui ruine la planète et impose un modèle social et économique régressif dont on voit tous les jours le résultat en termes de croissance et d’emplois. D’autre part, c’est une analyse qui se veut théorique dans une logique de dépassement à la fois de Marx et de Keynes. De Marx, les auteurs en retiendront la nécessité de périodiser la transformation du mode de production et d’analyser cette transformation en terme de luttes des classes. De Keynes, ils reprennent l’approche macroéconomique comme une nécessité de dépasser la logique des marchés.

    Passons sur le jargon parfois légèrement incongru, le « cadrisme », le « néomanagerialisme », j’en passe et des meilleures. Duménil et Lévy ne sont pas des poètes ! Restons en à leur interprétation de la crise et aux conséquences qu’ils en tirent. D’abord ils retiennent que la mise en place d’une forme d’économie mixte, comme conséquence à la fois de la Crise et de la Seconde Guerre mondiale ne doit pas être analysée simplement comme une forme de restauration et de sauvetage d’un capitalisme peu régulé. Sur ce point nous leur donnons raison, à l’opposé des marxistes « purs » qui ne voient l’Etat et ses interventions comme un simple moyen de reculer les échéances d’une fin brutale du capitalisme. En effet, cette économie mixte, que par extension on nomme à tort keynésianisme, modifie les contours de la propriété privée des moyens de production, et donc fait évoluer le système économique vers quelque chose de nouveau, amenant une amélioration générale des conditions de vie des classes les plus défavorisées.

    Leur analyse des luttes des classes pose cependant problème. Ils supposent que ce sont les cadres – notion finalement très vague mais qui suggère que ce sont eux qui ont et qui auront à terme un rôle central – qui détiennent la clé de l’évolution vers des formes plus collectives d’organisation économique, politique et sociale. Ils se réfèrent pour cela au rôle que les cadres auraient joué dans la mise en place du keynésianisme d’après-guerre. Ceux-ci se seraient alliés alors avec les classes populaires pour imposer des choix en faveur de plus d’égalité sociale aux détenteurs de capitaux, leur imposant un resserrement des inégalités et une amélioration générale des conditions de vie des classes les plus pauvres. Cette analyse nous paraît assez intelelctuelle, et ne tient pas compte de deux phénomènes importants : d’une part les syndicats ouvriers étaient puissants, et d’autre part les cadres en voie d’expansion avaient des racines directes dans les classes inférieures, ils en étaient issus par un système de promotion sociale. C’est une vision assez bureaucratique de ce que sont les classes sociales et cela ne tient pas compte de l’émergence d’une nouvelle classe, ou sous-classe comme on veut, qui a des formes de vie prolétarisées et en même temps qui n’appartient pas au domaine de la production de marchandises. Or ce groupe social est en expansion très forte dans les pays les plus développés. Il n’a pas les mêmes réflexes de classe que le prolétariat traditionnel et donc ne s’occupe pas de la question centrale qui est celle de la propriété des moyens de production. On voit bien que ce groupe est très insatisfait, aigri, mais il n’est pas combattif, souvent peu syndicalisé, il n’a pas pour l’instant trouvé des formes adéquate d’expression. Il ressemble par son absence de conscience de classe et par son faible niveau d’instruction à une sorte de lumpen-prolétariat qui subit plus qu’il ne revendique. Il n’est pas porteur d’une nouvelle logique sociale qui peu à peu s’imposerait. Les cadres sont d’ailleurs très loin de ce qu’ils sont et de ce qu’ils pensent. Il y a une coupure très nette entre les cadres et ce nouveau prolétariat, aucune continuité comme il pouvait y en avoir une entre les cadres et les prolétaires dans la période de l’industrialisation ascendante.

    De cette erreur d’analyse, les auteurs en déduisent des solutions qui me paraissent complètement erronées. Ils pensent que la mondialisation doit s’accélérer, que c’est une bonne chose, et que celle-ci peut être maîtrisée. Il y a une naïveté confondante à opposer « une bonne mondialisation » à une mauvaise mondialisation imposée par la finance, sans même se poser la question de qui a imposé une mondialisation aussi mauvaise pour tout le monde.

    C’est ainsi qu’ils pensent que la sortie de l’Europe et de l’euro serait une catastrophe, toutefois sans avancer des arguments convaincants, ni même chiffrés d’ailleurs. Ils laissent entendre que la solution pourrait venir d’une maîtrise démocratique des institutions européennes. Mais est-ce possible ? Comment cela pourrait-il se faire ? Ils ne donnent aucune indication, ils supposent que les traités peuvent être révisés. Cette position vient probablement de leur passé gauchiste et de leur mauvaise analyse de ce qu’est la nation. Ils ne comprennent pas que la nation est autre chose qu’une forme droitière d’organisation sociale et économique. C’est une unité culturelle avant tout qui rend compréhensible les formes du pouvoir politique et qui ouvre un horizon facilement lisible vers ce que pourrait être une forme plus juste et plus fraternelle de société. Cela revient à laisser croire que finalement la construction européenne était à l’origine autre chose que ce sur quoi elle a débouché. C’est une erreur de méthode, car en suivant Marx, ce ne sont pas par leurs intentions qu’on doit juger les systèmes, mais par leurs aboutissements, et donc l’Union européenne doit être analysée dans ses résultats concrets qui sont une forme particulière de régression sociale. Les auteurs mettent en avant la nécessité de se réapproprier l’appareil d’Etat, mais comment cela est-il possible à l’intérieur du système des institutions européennes qui au contraire ont pour but de détruire d’abord les Etats nationaux ?

    Plus généralement ce qu’on contestera dans cette approche c’est justement son manque de lien direct avec les luttes sociales. Que veulent nos auteurs ? Que le changement viennent par en haut ? Dans une sorte de sursaut éthique et politique des cadres ?

    Il y a bien évidemment des passages intéressants dans ce livre, notamment sur les différences entre les formes divergentes de l’évolution du capitalisme français et du capitalisme allemand, l’un se trnasformant rapidement en une forme anglo-saxonne et financiarisée, l’autre conservant tout de même des bases industrielles importantes. Mais dans l’ensemble cela reste très confus à la fois sur le plan théorique et sur le plan des issues politiques. 

     

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    C’est un ouvrage sérieux et qui fait assez bien le tour de la question de l’ensemble des défauts des institutions européennes. Il commence par une description des institutions européennes, celles-ci ont défini comme lieu de pouvoir trois blocs : la Commission européenne, la Banque centrale européenne et la Cour de justice européenne. Ces trois boutiques ont en commun leur indépendance, c’est-à-dire qu’elles n’ont de compte à rendre à personne et donc n’ont pas de responsabilité devant des électeurs. Evidemment la contrepartie est une perte de démocratie dans tous les domaines. Celle-ci n’est pas au programme de l’Union puisque non seulement les trois piliers qui la composent ne sont pas concernés par elle, mais en outre on ne tient plus compte du vote des électeurs dès lors qu’ils votent mal. Les référendums de 2005 en France et aux Pays-Bas ont été volés, comme le dit Coralie Delaume. En Irlande on a fait revoter le peuple jusqu’à ce que le résultat soit conforme aux attentes de nos dirigeants. Elle rappelle à juste titre que dans ce dénis de démocratie il y a pour une part une explication à la montée du vote pour les partis d’extrême-droite. En effet comment critiquer le Front National du point de vue de la démocratie quand celle-ci est violée quotidiennenement.

      

    Coralie Delaume alerte aussi sur un point à mon sens fondamental : c’est que ce « césarisme bureaucratique » - terme qu’elle emprunte à Cédric Durand – s’il aide puissamment les multinationales prédatrices, contient en lui-même sa propre logique. Mario Draghi est un des hommes qui ont le plus de pouvoir en Europe. Comment et pourquoi l’abandonnerait-il ? Cela rend d’ailleurs illusoire que la Banque centrale européenne reconnaisse un jour ses erreurs et surtout guide elle-même une sortie de l’euro, même si c’est une nécessité qui commence à apparaître comme une évidence. En effet, sans l’euro, Mario Draghi ne sera plus rien et ses semblables non plus. Il y a donc la formation d’un capitalisme d’une nouvelle forme, une bureaucratie qui se sert de l’Etat et de ses structures pour mieux le piller. Cette dérive qui s’est déjà mise largement en place aux Etats-Unis se développe de plus en plus vite à l’échelle de l’Union européenne dont les structures l’y encourage.

    La partie sur la question de l’euro et la gestion des dettes publiques va occuper naturellement le cœur de l’ouvrage parce que c’est bien cela qui est central et qui définit l’étendue des dégâts commis au nom des équilibres du marché par les différentes annexes de l’Union. La politique monétaire est du ressort de la BCE « indépendante », et les budgets publics sont encadrés par Bruxelles, privant du même coup les Etats de mettre en place une politique répondant aux aspîrations des citoyens. Car en gravant dans le marbre des principes pointus d’une politique économique libérale, elle confisque l’idée même de politique : que vous votiez à droite ou à gauche, le programme est le même. Et bien sûr l’Union européenne n’est pas un Etat, n’en a pas, n’en aura jamais la légitimité démocratique.

    Coralie Delaume rappelle d’ailleurs que dans le projet de Jean Monnet, il n’y avait aucune place pour le « patriotisme européen », on voit mal dans ces conditions sur quoi pourrait se fonder une nation européenne. Ce qui veut dire fort justement que le projet européen n’est pas de créer un Etat supranational et uni par des valeurs communes, mais de détruire plutôt ceux qui existent déjà pour laisser la place à la logique des marchés. En effet, les vrais libéraux se méfient de l’Etat et suppose que la meilleure manière de gouverner est de laisser faire les lois naturelles du marché. Mais d’un point de vue pratique, il est impossible qu’un Etat digne de ce nom émergence sur les décombres de l’Union européenne. Les arguments sont ici les mêmes que nous avons développés et que Sapir aussi a développés longuement.

    Les analyses de Coralie Delaume sur la Cour de Justice Européenne sont plus que pertinentes. Voilà une boutique qui obscure et peu conneu, qui crée ses propres lois « hors-sol ». sans aucun mandat du peuple et bien sûr sans aucun contrôle du parlement européen, ses règles sont toutes issues de la jurisprudence et ont force de loi. Cependant, elles vont toutes dans le même sens : un soutien sans faille à l’idéologie du marché et au droit de propriété sans aucune jsutification. Mais évidemment cela n’aurait pas été possible sans une adhésion des « élites » qu’elles soient de droite, ou qu’elles se disent de gauche. C’est probablement cet alignement qui a entraîné la fin des partis sociaux-démocrates de partout en Europe : soit ils disparaissent comme force de gouvernement, soit ils ne se distinguent plus de la droite libérale.   

    La crise de l’Europe n’est pas une simple crise économique ou une crise du dysfonctionnement des institutions, mais c’est plus généralement une crise du modèle libéral. On voit d’ailleurs que les partis européistes, en France l’UMP et le PS, sont punis chacun à leur tour de la même manière lors des élections. Les réformes structurelles que l’Europe nous presse de mettre ne place depuis un peu plus de vingt ans n’amènent rien de bon, et plongent l’Europe dans le chaos.

    Globalement la critique qu’elle fait de l’Europe telle qu’elle fonctionne est très juste et solidement argumentée. L’ouvrage est bien écrit et enlevé. On sera par contre en désaccord avec ses conclusions. Elle pense tout de même que l’idée d’Europe est bonne, mais qu’il faut la reprendre de fond en comble, elle ne voit donc pas la situation actuelle comme une étape transitoire qui promettrait des améliorations ultérieures. Elle énonce simplement qu’il y a quelque chose de bon là-dedans, au moins dans les intentions. Mais là encore aucune raison valable n’est avancée. L’Europe pour quoi faire ? En quoi et pourquoi serait-elle un idéal à atteindre ? J’ai rappelé les sondages qui à l’échelle du continent européen montre que les peuples n’y croient plus et ne sont pas prêts à se mobiliser pour une autre europe. Il y a de la timidité défensive chez Coralie Delaume. Elle n’ose pas aller au bout de son raisonnement. Mais c’est aussi sans doute parce qu’elle n’a pas une idée très claire de ce qu’est la nation et de ce qu’est un Etat national qui un peu partout est présenté comme le Diable.

     

    Coralie Delaume tient aussi un blog fort intéressant à l’adresse suivante

    http://l-arene-nue.blogspot.fr/

     

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  • Depuis quelques jours, il y a une offensive contre le SMIC. C’est une très vieille bataille, traditionnelle emmenée par les libéraux quine supportent pas que des règles puissent encadrer leurs petites affaires. C’est évidemment une offensive concertée. Parmi les tenants d’une abolition plus ou moins partielle de cette attaque en règle, on retrouve le patron du MEDEF Pierre Gattaz, mais plus inattendu, des tenants de la deuxième gauche comme Pascal Lamy, ancien patron de l’OMC – fer de lance de l’offensive libérale à l’échelle planétaire – ou encore Hubert Védrine, ancien Ministre des Affaires étrangères de François Mitterand, et encore des économistes comme Philippe Aghion, Elie Cohen et Gilbert Cette qui viennent de publier un ouvrage intitulé Changer de modèle chez Odile Jacob. Ces trois économistes sont réputés proches de François Hollande, Pascal Lamy est qualifié de strausskhanien car partisan d’une concurrence débridée et d’une mondialisation heuereuse. Les trois économistes cités ci-dessus sont cependant rusés, du moins le pensent-ils, puisqu’ils supposent que cette rupture avec le SMIC ne peut pas se faire de manière brutale. Il faudrait selon eux engager cette réforme en deux étapes : la première serait de geler le SMIC dans un premier temps, ensuite à produire un SMIC différencié en fonction des différences d’âge et de statut. Et pourquoi pas de couleur de peau tant qu’on y est !

    C’est une très vieille idée de droite. Plus proche de nous on trouve cette tentative du côté d’Edouard Balladur il y a vingt ans qui voulait mettre en place un SMIC « jeune », et puis Dominique de Villepin, qui en 2006 faisait voter un CPE (Contrat Première Embauche) qui fut abrogé à cause des mouveemnts sociaux que cela engendra. Dans les deux cas cela fut leur tombeau politique, le premier perdit les élections présidentielles face à Jacques Chirac qui avançait alors que la « feuille de paie n’est pas l’ennemi de l’emploi », et le second fut balayé du paysage politique.

    Philosophie

    Probablement la droite pense qu’en temps de crise il est possible de faire passer des réformes qui ne seraient pas approuvées en temps normal. Il  est également assez amusant de voir trois médiocres économistes, Aghion, Cette et Cohen, présenter cette lumineuse idée comme une nouveauté. Je ne sais pas où ils ont fait leurs études, en tous les cas, elles se révèlent pour le moins très incomplètes. En effet, qu’ils représentent les intérêts du patronat, ou qu’ils couvrent directement leur propos d’une approche soi-disant scientifique, ils postulent tous ensemble que le salaire est un coût, et que dans un monde de plus en plus compétitif, il faut réduire ce coût. Cette idée est très ancienne et remonte au XIXème siècle. Elle ne veut donc pas voir :

    1. que le salaire est un vecteur de la demande, et donc que quand la part des salaires diminue dans la valeur ajoutée, la demande se contracte et elle entraîne inmanquablement toute l’économie d’une nation dans une spirale dépressive. C’est la première leçon qu’on avait tirée de la Grande crise des années trente. Nos économistes qui furent des soutiens de Hollan de lors de sa campagne de 2012, couvrent aujourd’hui leur approche du salaire de l’idée que le monde est vaste, interconnecté, et qu’en abaissant le coût du travail d’une manière ou d’une autre on va conquérir inmanquablement de nouvelles parts de marché. Quoi qu’on ne sache pas très bien où exactement se trouve ces mirifiques débouchés.

    2. que le salaire est aussi et avant tout un moyen d’existence pour ceux qui le perçoivent. Et vous remarquerez que ceux qui prônent la baisse directe ou indirecte des salaires sont toujours des individus qui touchent bien plus que le SMIC. Le sinistre Pascal Lamy gagnait en tant que directeur de l’OMC un salaire de 316000 € par an, plus un bonus de 15% pour financer son plan de retraite. Bien entendu comme Pascal Lamy est un fonctionnaire international, son salaire n’est pas soumis à l’impôt. Ajoutons pour bien compléter le tableau qu’il avait demandé en 2009 une augmentation de salaire de 32% à l’OMC avec l’argument qu’il fallait qu’il finance son plan de retraite. Cette demande fut tout de même rejetée. L’indécence de ces gens n’a pas de limites, le salaire d’un an de Pascal Lamy représente environ une trentaine d’années de travail pour un smicard.


    Au-delà de cette indignation légitime qui ne peut que détourner durablement les militants socialistes de ce parti lorsqu’ils se sentent encore de gauche, il y a cependant une autre erreur de logique dans ce raisonnement. En effet, tous ces gens supposent que le chômage est de la responsabilité de l’Etat et des salariés qui demandent finalement bien plus que leur productivité marginale. Ils n’imaginent pas une seconde que les entreprises sont responsables du manque de création d’emplois par leur manque de dynamisme. Le chômeur est trop jeune, ou alors il est trop vieux, pas assez mobile, pas bien formé, etc.

    Cette chanson est assez connue, elle date du moment du premier choc pétrolier. Il y a quarante ans, on a commencé cette longue lutte d’une austérité qui ne veut pas dire son nom. Depuis, les efforts ont été continus, et sans grand-résultat par rapport aux buts affichés. Le refrain est qu’il vaut mieux avoir un petit salaire, que pas d’emploi du tout. Baissons les salaires et les emplois réapparaitront comme par magie. Quels emplois ? Dans quels secteurs ? Personne n’est capable de le dire. Le MEDEF aime souvent avancer des chiffres fantaisistes sur le sujet. Il nous parle de centaines de miliers d’emplois potentiels, voire de millions. Mais aucune sérieuse n’est capable de calculer cela. En 1988, Gary S. Becker, prix Nobel ultra-libéral dans un aricle du Monde souliganit que même si aucune étude ne venait démontrer que la baisse du SMIC générait des emplois, il fallait y croire tout de même !!

    Théorie

    Ce débat est très ancien, comme je l’ai dit, il date de l’époque du capitalisme sauvage. D’un côté il y a les tenants de la thèse selon laquelle le salaire est un coût et donc que celui-ci doit être ajusté à la productivité marginale ainsi que l’exige le marché. Autrement dit on ne peut pas payer plus que ce que le salarié produit « à la marge ». comme lemontre le graphique suivant, on voit que depuis 1980 le salaire évolue moins vite que la productivité, ce qui veut dire deux choses :

    1. d’une part que le salaire n’est pas le reflet de la productivité marginale – on s’en serait douté bien sûr. En vérité ce décrochage date du milieu des années soixante-dix. Ainsi que le montre le graphique qui présente le cas américain. Si en effet le salaire reflétait la productivité marginale du travail, les deux courbes devraient évoluer de la même manière, et la part des salaires dans la valeur ajoutée devrait rester stable dans le etemps. Or, comme on le sait elle a beaucoup chuté. Quelles que soient les mesures de ce partage entre salaires et profits – qui est toujours difficile à mesurer de façon précise – la chute est avérée depuis le milieu des années soixante-dix, un peu partout dans le monde, et en France celle-ci fut retardée à cause des élections de 1981 qui virent les socialistes – qui à l’époque n’avaient pas encore fait leur coming out libéral – mettre en place une politique économique et sociale véritablement de gauche. Il ne faut pas être très malin pour se rendre compte que ce mouvement date justement de l’accélération d’une forme libérale d’économie, fondée sur la concurrence et qui se défaitpeu à peu de tout encadrement de l’Etat. Ce qui veut dire que quand l’économie n’est pas un minimum encadrée, le patronat profite d’une force de travail excédentaire et paie le travail en dessous de sa valeur.

    2. d’autre part que le partage de la valeur entre salaires et profits ne se fait pas d’une manière « scientifique » sur la base des saintes lois du marché, mais dans la construction d’un rapport de force. Ce rapport de force se construit sur le fait qu’il y a à un moment donné, compte tenu du système productif, un excédent de main d’œuvre, et donc évidemment il y a une autre partie de la loi de l’offre et de la demande que les libéraux oublient : c’est que sur le marché du travail si la main d’œuvre est en excédent, alors le salaire baisse « naturellement ». Les moments où le travail est payé à sa valeur – son augmentation suit alors la hausse de la productivité, sont les moments où les travailleurs sont organisés, mais aussi où l’Etat est de leur côté. A l’inverse, si l’Etat se range ouvertement du côté du patronat, c’est la porte ouverte à la baisse relative des salaires, à la baisse de la demande et in fine à la crise économique.


    On pourrait dire que contrairement à Aghion, Cette et Cohen, cette triplette d’économistes très mal informée, le SMIC n’est pas la cause de la crise, mais c’est bien l’inverse. Dans années soixante-dix, alors que les mouvements contestataires ont échoué, on commence à avancer que la crise est la cause du chômage et de la trop grande valeur accordée aux salaires – directs et indirects, car on s’attaque aussi dans un deuxième temps aux dépenses de Sécurité Sociale. Mais en réalité, il est facile de voir que c’est à l’inverse, à partir du moment où les Etats se mettent à appuyer le patronat dans sa course au profit – « les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et l’emploi d’après-demain », ce slogan attribué au social-démocrate Helmut Schmidt est répété depuis 40 ans, et il est évidemment faux – la croissance plonge sérieusement et le chômage s’envole, et les crises deviennent de plus en plus sévère, avec le point culminant pour l’instant de la crise de 2008. Pourquoi cela ? Parce que lorsque les salaires sont bas, quand ils décrochent de la productivité marginale, la demande n’a plus la même dynamique et les profits n’ont pas de raison de s’investir. Ils s’en vont gonfler la bulle spéculative qui va bien un jour exploser. Comme disait Marriner Eccles, le président de la Réserve fédérale nommé par Roosevelt  à propos de la Grande Dépression : « trop de profit tue le profit ». Voilà un banquier dont Aghion, Cette et Cohen devraient s’inspirer. Mais peut-être ne connaissent-ils pas son œuvre ?


    Conséquences

    La multiplication des mini-jobs, des salariés qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts parce qu’ils ont un salaire faible, parce qu’ils n’ont que des temps partiels à se mettre sous la dent, non  seulement n’alimentent plus la demande face à une offre surabondnate, mais cela entraîne une déquamlification en chaîne du travail. Les données de la DARES que nous reproduisons ci-dessus montre que la part des travailleurs payés au SMIC augmente régulièrement au fur et à mesure que la mondialisation s’avance. Bien évidemment le SMIC est un frein puissant à la baisse des salaires. Sans cette disposition réglementaire, il est à parier qu’ils baisseraient bien plus vite au nom de la compétitivité. Mais le SMIC c’est aussi un frein à l’accroissement des inégalités.

    Comme on le voit le nombre des salariés payés au SMIC est en augmentation permanente, mais le SMIC touche indirectement de nombreux salarais dont la grille indiciaire est fournie par les conventions collectives qui souvent s’appuiient sur le SMIC. Or par défintion les salariés payés au SMIC et ceux qui gravitent autour  ne forment pas d’épargne. Et toute hausse du SMIC sera immédiatement transférée à la consommation. Ils ont une propension marginale à consommer qui est proche de 1.  C’est pour cette raison que la croissance continue de l’économie durant les Trente glorieuses s’est toujours accompagnée d’une hausse régulière du SMIC initiée par l’Etat. Bien entendu, nous ne sommes plus dans le même monde, maintenant la concurrence se fait entre les pays, et donc le marché du travail est global. Mais justement c’est dans sa fin que se révèle le but : la mondialisation est d’abord une manière de faire baisser les salaires et rien d’autre. C’est bien pour ça que les années soixante-dix sont les débuts de ce qu’il faut bien appeler la contre-révolution conservatrice. Les raisons ne sont pas seulement techniques, elles sont idéologiques. Le but est de remettre les salariés à leur place, dans une relation de dépendance, comme si maintenant le travail dépendait du bon-vouloir du capital, alors qu’au  tout début des années soixante-dix on chantait aux contraire les vertus d’une siane alliance entre le capital et le travail. Mais il faut dire qu’à la fin des années soixante les « capitalistes »  avaient eu très peur et ils surent faire payer le prix de leurs frayeurs.

    On comprend mieux en ce sens comment l’Union européenne qui met au cœur de sa philosophie la concurrence libre et non faussée est devenu le fer de lance de cette lutte des classes à l’envers. En effet, ce n’est pas pour demain que l’Union européenne adoptera un salaire minimum commun, ou alors il sera aux alentours de 300 €.

    Conclusions

    Il est curieux que l’offensive contre le SMIC se manifeste aujourd’hui en France, alors que l’Allemagne au contraire met en place, certes en gémissant un brin, un salaire minimum. Mais c’est d’autant plus curieux de de nombreux organismes internationaux commencent à s’inquiéter de la croissance des travailleurs pauvres. L’OIT (Organistion Internationale du Travail) défend clairement les avantages positifs à la fois pour les salariés et les économies d’un salaire minimum et milite pour son élargissement. Il faut croire que les têtes pensantes du PS sont maintenant clairement bien plus à droite que cette boutique, et même que l’OCDE.

    Le PS est très mal en point aujourd’hui et sans doute promis à l’éclatement. On peut se dire qu’il est très curieux qu’Hollande laisse faire et encourage cette offensive par « économistes » interposés – il a fait savoir qu’il avait déjeuné avec Aghion, Cette et Elie Cohen. Il devrait pourtant savoir que c’est cette démarche qui a été le tombeau politique d’Edouard Balladur et Dominique de Villepin. Il se comporte comme s’il était infiltré dans un parti de gauche – certes une gauche un peu molle – pour mieux le liquider. C’est également parce que le SPD en Allemagne et le Parti travailliste en Angleterre sont maintenant des partis moribonds, éloignés durablement du pouvoir et qui ne comptent que sur les phénomènes de sociétés pour se qualifier encore un peu de moderne et de gauche. Pour le reste ils sont à la remorque de la pensée conservatrice, celle du XIXème siècle.

    Il va de soi qu’il faut se battre autant qu’on le peut sur la question du SMIC – rappelons que Hollande, contrairement à Jospin a refusé de donner un coup de pouce au SMIC depuis son arrivée au pouvoir. Il faut défendre le SMIC, non seulement parce que le salaire c’est un peu plus que le coût du travail, c’est un élément essentiel de la vie, mais aussi parce que ce n’est pas en baissant celui-ci qu’on crée des emplois. Il est probable que ce coup de sonde ne remettra pas en cause le SMIC dans l’immédiat. La levée des boucliers est trop forte, on a vu Laurence Parisot, ancienne dirigeante du MEDEF avancer qu’un démantèlement du SMIC était scandaleus et nous ramènerait à l’esclavage[1]. Mais sans doute le gouvernement de Manuel Valls va s’employer à pousser dans le sens de la déflation salariale en gelant le point d’indice des fonctionnaires, en tardant à augmentant le SMIC horaire, ou en alourdissant la TVA puisqu’on sait que ceux qui souffrent le plus de la hausse de la TVA sont d’abord les plus pauvres, ceux qui n’épargnent pas.

    Liens

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/04/02/pascal-lamy-evoque-des-boulots-pas-forcement-payes-au-smic_4394559_823448.html

    http://tempsreel.nouvelobs.com/social/20140415.OBS3963/gattaz-veut-en-finir-avec-le-smic-et-il-n-est-pas-tout-seul.html

    [1] Quand on voit les positions ultra-conservatrices de Pierre Gattaz, on peut s’interroger sur le concubinage que François Hollande entretient avec cet individu. Quel malheur pour le PS d’avoir un tel représentant à l’Elysée !

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