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    Il n’est pas toujours très facile de parler de la culture et du livre dans un monde généralement en décomposition. La marchandise s’est emparé de ce secteur jusque là plutôt géré de façon artisanale, le façonnant selon ses goûts et selon ses intérêts, mais aussi en le détruisant peu à peu. Il en va de la musique comme de la lecture ou du cinéma. Longtemps ces produits ont été délaissés par les grandes firmes, ce n’est plus le cas aujorud’hui où on voit bien que l’excédent de capital ne trouve plus guère de raison de s’employer. Mais évidememnt le fait que le capital s’intéresse particulièrement à la culture en change forcément les formes et les usages.

    Mazuet part du principe que le livre est un outil d’émancipation, donc un créateur de lien social, avant d’être une marchandise. Il est libraire à Paris dans le 14ème, et c’est aussi un défenseur de la filière du livre, rappelant quel rôle peut jouer celui-ci dans la formation du lien social. Il conteste aussi bien les formes de distribution impersonnelles du livre par Amazon, que les possibilités de téléchargement gratuit de textes à l’origine fait pour l’imprimerie. Il souligne à juste titre que la loi sur le prix unique du livre a été un facteur décisif pour maintenir le nombre de librairie en France, tandis que leur nombre s’amenuisait de joru en jour aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne. Il aurait pu ajouter ce qui est important et décisif, que en France la lecture a moins reculé que dans les autres pays. Preuve s’il en est besoin que la façon dont est diffusé le livre a une incidence sur la pratique de la lecture.

      

    L’intérêt théorique de cet ouvrage est d’analyser la crise du livre à travers la transformation des modes de production de la valeur, donc de la circulation du produit. Il en appelle aussi bien à Marx dont curieusement il ne cite pas le nom, qu’à Guy Debord. Il rappelle que cette transformation du circuit du livre se réalise au nom de la compétitivité, et donc en dévalotrisant continuellement le produit. C’est la rançon de la concurrence par les prix, c’est pourquoi la loi sur le prix unique du livre a été aussi efficace : elle freine en effet le travail de mort de la concurrence. Petite parenthèse sur la concurrence libre et non faussée, celle-ci n’existe que parce qu’elle est une manière finalement assez simple d’éviter la question qui dérange, à savoir : tôt ou tard la croissance s’arrétera et le monde sera obligé d’organiser un paratage plus équitable de la richesse.

      

    Depuis quelques années, il semble que la disparition du livre soit programmée. On suppose que les techniques modernes de diffusion de contenus vont nous faire oublier le livre papier. C’est du moins le rêve moisi des bureaucrates de tout poil qui visent à soutenir la transition vers le numérique pourtant malgré l’appui des corps étatiques, le téléchargement de texte ne décolle pas et son chiffre d’affaire est dérisoire. De même, si Amazon s’est taillé un joli succès en détruisant un certain nombre de librairies, cette boutique a connu un échec retentissant en ce qui concerne la vente des liseuses. D’ailleurs ce dernier produit semble être devenu obsolète bien avant qu’il ait atteint une maturité sur le marché.

    Mazuet a beau jeu de moquer l’imbécillité de l’administration qui développe des soit-disant actions pour faciliter la lecture et fait la promotion des tablettes. Mais au fonds, c’est la logique de cette nouvelle culture du numérique qui n’a de gratuit que les apparences. Certes on trouvera honteux les subventions qui ont été données pour le développement d’une librairie en ligne.

    En tant que libraire et défenseur de la culture du livre-papier, Mazuet va proposer un plan destiné à protéger le livre contre la spirale de la concurrence effrénée. Je ne dirais pas grand-chose sur ce plan que je trouve cohérent et bon, notamment avec l’idée d’un développement coopératif du’n service de livraison ultra rapide qui puisse faire pièce à Amazon. Par parenthèse, il souligne que les boutique comme Amazon ne créent jamais d’emplois, elles en détruisent en captant le marché, si dans le développement des grandes surfaces 1 emploi créé correspond à 5 emplois détruits dans le commerce, 1 emploi créé équivaut à la destruction de 18 emplois dans la librairie.

    Par contre il me semble qu’il y a des oublis de taille dans son ouvrage. Je pense en effet comme lui que les librairies ne vont pas  disparaître, et que le livre papier a sûrement encore un long avenir. Mais la dégradation et la viabilité du secteur qui emploie 150 000 personnes ne me semble pas être le seul fait d’Amazon, ni non plus des pratiques d’achat des bibliothèques qui privilégient les gros distributeurs plutôt que les libraires de proximité qui vivent aussi de ça. En vérité le livre souffre plus géénralement de l’impact du numérique en ce sens que celui-ci a acccentué la concurrence intense entre les différentes formes de loisir. Or évidemment, le temps qu’on passe sur Facebook ou à surfer bêtement sur Internet, c’est autant de temps de volé au livre. Cette exacerbation de la concurrence entre loisisrs de contenu différent va automatiquement générer une culture à double vitesse : d’un côté ceux qui lisent beaucoup et qui ont la volonté de s’instruire, et de l’autre ceux qui se saisissent seulement de contenu, qui ont une vision de la lecture du point de vue de la rentabilité à court terme. Il me semble que c’est là que ce trouve le clivage le plus difficile à surmonter pour le futur. Enfin, concluons par le fait que ce qui fait vivre les librairies c’est tout de même principalement des ouvrages nuls et sans contenu. Par contre les ouvrages à fort contenu, ont l’avenir devant eux, même si il sera de plus en plus difficiles aux auteurs de trouver là un revenu suffisant.

     

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    On attendait la percée du Front National pour les élections européennes, et la déculottée promise au PS aussi pour cette date. Beaucoup pensaient que l’implantation locale du PS les protégeraient un minimum. Il n’en est rien, le calendrier est en avance. Il est probable d’ailleurs que c’est la conversion de Hollande au libéralisme à tout crin de la Commission européenne qui a accéléré cette débandade.

    Des résultats assez spectaculaires, il y en a eu pas mal dimanche dernier. Sans revenir à l’élection dès le premier tour du FN à Hénin Beaumont où le sortant était un socialiste, on remarquera le cas emblématique de Marseille. Voilà une ville qui semblait promise à une maire de gauche. Jean-Claude Gaudin est en effet vieux et son bilan municipal est mauvais dans tous les domaines. Or, il fait exactement le double de son adversaire : 40% contre 20%. Pire encore, le FN est passé devant le PS et devient la deuxième force électorale à Marseille.

     

    On pourra s’étonner aussi de la réelection de Patrick Balkany à Levallois- Perret, escroc notoire, de multiple fois condamné, il est pourtant redevenu maire dès le premier tour. La nouveauté de ce scrutin municipale, c’est d’abord qu’il a été une claire sanction de la politique erratique de François Hollande.

    Moralité, Hollande n’arrive pas à séduire la droite en se raliant au programme économique de la droite – il semble trop libéral sur le plan des mœurs – et bien sûr les gens de gauche ne sont pas contents de ses orientations économiques et sociales, le chômage augmente, les inégalités aussi, la durée de la vie active s’allonge et les droits sociaux sont rognés – les mesures libérales sur le plan des mœurs ne les intéressent guère.

    Deux tendances lourdes sont à retenir : d’abord le fait que les électeurs ayant une sensibilité de gauche se sont massivement abstenus, ensuite que le FN est maintenant implanté dans toutes les régions de France, il fait par exemple une percée significative dans le Sud Ouest.

    Tout cela annonce un effondrement du PS pour les élections européennes où là encore l’abstention profitera au FN. Mon prononstic est que le FN va être à ce moment-là le premier parti de France, probablement à 35%, loin devant l’UMP, aux alentours de 20% et du PS aux environ de 15%, soit la base presqu’irréductible du soutien des Français à François Hollande.

    Le FN, maître du jeu

    La crédibilité du PS est vraiment en cause. Durablement ringardisé, il apparait comme un parti éloigné de toute réalité sociale. Et Hollande est vraiment coupable d’avoir avalisé l’idée d’un Etat UMPS. Ce qui laisse apparaître le FN comme seule force d’opposition véritable au « système ».

    Il est probable qu’Hollande va produire un remaniement ministériel, avec l’antienne selon laquelle il a entendu le message du peuple. IL est probable aussi qu’il va dès la semaine prochaine resserrer le gouvernement en éliminant quelques ministres gênants. Mais peut-il changer fondamentalement de politique ? Personnellement je ne le pense pas. Il n’a déjà plus le choix : soit en effet on continue à s’égarer dans la rigueur mortifère européiste, soit on commence par sortir de l’euro. Or Hollande est, contrairement à l’image qu’on en répand, un homme politique plutôt ferme,  issu de la deuxième gauche, cette fraction pourrie de la droite qui se prétend parfois de gauche, qui croit aux lois du marché comme immanente, et qui pense en terme de compétitivité. Même s’il n’a pas l’arrogance enfantine de son prédécesseur, il confond entêtement imbécile et volonté. Donc il va continuer la même politique, qui est d’ailleurs celle de son prédéésseur, n’en corrigeant que les effets les plus négatifs à la marge. Comme les imbéciles de Bruxelles, il ne doit pas croire qu’il ait besoin de l’assentiment du peuple pour en faire le bonheur.

    Mais au-delà du PS, qui est probablement promis à l’éclatement rapidempent après les élections de 2017, Hollande a entraîné avec lui toute la gauche. Car c’est la gauche qui se trouve ringardisée dans son sillage. Mélenchon, du fait d’un positionnement peu ferme sur l’Europe est inaudible, même quand il avance quelques idées de bon sens. Le PCF, maintenant coupé des syndiocats, n’a plus d’importance dans le jeu électoral.

    A droite le dilemme de l’UMP est le suivant, en s’alliant avec le FN, elle passera sous sa coupe. Plus homogène et mieux structuré, le FN sera facilement dominant, d’autant qu’en avalidant un tel choix l’UMP donnerait l’occasion à ses électeurs de la fuir ! Mais si à l’inverse l’UMP ne s’allie pas avec le FN ils vont finir par se marginaliser, d’autant que cette UMP est déjà mal calibrée avec des centristes qui refuseront de toute façon toute alliance avec le FN et des nouvelles droites qui sont dans le fond encore plus fachos que le FN.

    A plus long terme

    Comme il est probable que la situation économique se dégrade de plus en plus en France, mais aussi de partout en Europe, sous l’effet conjugué des problèmes bancaires qui se profilent et de la difficile résolution de l’affaire ukrainienne, les affaires du PS ne vont pas s’arranger.

    Réfléchir à un nouveau programme pour la gauche doit partir de l’idée que c’est d’abord la question économique qui est fondamentale. La crise sociale, politique et économique dans laquelle nous nous vautrons est le résultat de la contre-révolution libérale du début des années quatre-vingts et du développement de la logique de l’Union européenne qui y a adhéré en bloc, sans demander son avis au peuple, y soumettant au passage tous les partis qui se prétendent sociaux-démocrates et qui pour cela sont maintenant en voie de disparition un peu partout.

    Rompre avec la logique libérale c’est d’abord rompre avec la mondialisation. Puisque c’est en effet seulement dans un cadre national qu’on peut en finir avec la logique destructrice de l’austérité et de la course à la compétitivité. En outre c’est seulement de cette manière que nous pouvons réfléchir à un nouveau modèle orienté vers le partage aussi bien de la richesse que du travail. Pour moi la conclusion logique est que la mère des batailles est de sortir de l’Europe et de l’euro pour retrouver une autonomie politique. 

     

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  • L’Ukraine donne à méditer sur les dérives modernes de la politique. L’annexion facile de la Crimée par la Russie, et les conséquences qui s’annoncent inéluctables en Transnistrie, va entraîner au mieux et à moyen terme la partition de l’Ukraine, au pire un conflit militaire de longue durée. Les Américains et l’Union européenne, dépendance du grand Empire, ont effectivement poussé les Ukrainiens à se rattacher à la sphère de l’OTAN, et à s’éloigner de la Russie. Je ne vais pas revenir sur les origines de l’explosion de l’Ukraine, à l’évidence Ianoukovitch était un homme peu fiable, et on se demande bien pourquoi les Russes lui ont fait confiance. Mais il était évident que dès lors que l’Ukraine changeait de régime politique suite à un coup d’Etat – ou une Révolution – que la Russie n’abandonnerait pas les populations russes et russophones. Les raisons de cette réaction sont nombreuses :

    Cette carte montre que l’espace d’influence de la Russie en Europe s’est considérablement restreint depuis la chute de l’URSS

     

    - d’abord le fait que la Russie ne peut pas se permettre de rester encerclée par les forces militaires de l’OTAN qui campent à ses portes, ils doivent garder ouvert l’accès à la mer Noire ;

    - ensuite, on l’a rappelé ici et là, les Russes sont eux aussi très nationalistes, et certainement bien plus encore que les Ukrainiens. Or, ils ont été maltraités, humiliés lors de l’effondrement de l’URSS, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas encore encaissé leur diminution sur la scène politique internationale ;

    - enfin, il y a le contrôle de la route des échanges économiques avec l’Europe.

    Vers la guerre

    La question qu’on peut se poser est la suivante : pourquoi les Américains et les Européens poussent-ils au conflit ? Qu’en attendent-ils ? A première vue, on a l’impression que les Européens comme les Américains improvisent en inscrivant leur stratégie dans les anciens schémas de la Guerre froide. Or, la mondialisation est passée par là, et il est difficile de faire passer la Russie, pays ultra-capitaliste aujourd’hui, avec ses pauvres et ses milionnaires, pour l’Empire du mal. Dans les années cinquante les Américains désignaient la Russie comme un pays mauvais essentiellement parce qu’il bafouait les droits sacrés de la propriété privée. Aujroud’hui le combat est plus obscur, et les Occidentaux ont bien du mal à faire passer leurs ambitions louches pour lé défense de la démocratie. En effet, quand on voit comment les institutions européennes s’affranchissent si facilement de la démocratie quand cela les arrange – cela va du référendum de 2005, à cette fameuse troika qui ravage la Grèce par ses exactions, ou encore en passant par Hollande recevant à l’Elysée un oligarque ukrainien et un ancien boxeur, sans mandat de personne – il est difficile de refuser aux Criméens l’idée de s’émancipé de l’Ukraine où sont représentés au gouvernement la pire racaille néo-nazie. On a vu aussi récemment l’Union européenne proposer des sanctions contre les Suisses qui avaient mal voté.

    Evidemment les Américains poussent les Européens qui sont en première ligne aux sanctions économiques contre la Russie. Mais les Européens sont comme d’habitude divisés. Un peu comme lors de la Guerre en Yougoslvie. Les Polonais, les Lettons, ou les Littuaniens semblent avoir une revanche à prendre sur la Russie. Les pays du Sud, l’Espagne, l’Italie, sont hostiles à tout ce qui pourrait envenimer le conflit. Même l’Allemagne freine des quatre fers, probablement parce qu’elle ne sent pas forte militairement, mais aussi parce qu’elle sent que la prise en charge par l’Europe de l’Ukraine va être un fardeau. Hollande semble aussi hésiter, d’un côté par l’intermédiaire de Fabius, il semble soutenir le nouveau pouvoir en Ukraine, mais de l’autre il a invité Poutine pour fêter le 70ème anniversaire du débarquement, palrant maintenant de ne pas couper les ponts avec la Russie. Quant à la Chine et l’Inde, ces deux pays semblent pour l’instant compter les points.

    Les Américains par ailleurs prétendent qu’on peut se passer du gaz russe, et qu’ils sont prêts à ce que les Européens leur achètent du gaz de schiste qu’ils produisent en abondancer pour le remplacer. Espèrent-ils ainsi rétablir leur leadership sur l’Occident ? Leur idée serait qu’un affrontement économique avec la Russie qu’ils croient à l’agonie, entrainerait un effondrement du soutien populaire dont bénéficie Poutine. S’il semble bien qu’on s’achemine vers un affrontement de longue durée, il ne paraît pas que la stratégie ait été bien conçue. Que feront les Russes si les difficultés économiques devenaient effectives chez eux ? Personne n’est capable de le dire aujorud’hui.

    On peut s’attendre à très court terme à la multiplication des provocations des nouveaux pouvoirs ukrainiens. Un jour ce sera la bataille pour la Transnistrie, un autre ce sera la volonté d’imposer la langue russe sur l’ensemble de ce qui reste de l’Ukraine. Déjà la propagande guerrière se déploie dans ce pays, rappelant le passé guerrier plus ou moins glorieux de ce pays. On en est à essayer de mobiliser une armée, sachant pourtant très bien qu’un conflit militaire ouvert avec la Russie obligeraient les Occidentaux à intervenir d’une manière ou d’une autre. Pour l’instant les populations russophones ne choment pas et sont en train de récupérer des bases militaires à Belbek et Novofedorivka. Si c’était là le but des Occidentaux, on peut dire que c’est réussi, en quelques semaines, ils ont renforcé les positions militaires de la Russie !

    De la mondialisation à un retour des nations

    On peut aussi voir la situation ukrainienne comme un erzats des difficultés de la mondialisation à s’imposer comme un ordre relativement stables au dessus des logiques nationales. Les déboires économiques de ce mouvement engendre focément une fuite en avant qui est porteuse de gros risques pour la paix. Car il est bien connu que la paix est presque toujours le résultat de la prospérité économique et non pas l’invderse.

    Le projet européen a été construit pour se débarrasser des Etats nationaux, et plus généralement de l’idée de nation. Les accords Transatlantiques qu’on prétend signer vont aussi dans ce sens. Mais pourtant cette mondialisation qu’on nous prédisait heureuse, achoppe sur la question nationale. En effet dans le soutien à l’Ukraine, les tenants d’un affrontement avec Poutine mettent en avant qu’ l’Ukraine est une vraie nation une et indivisble. Or la réalité nous rappelle qu’au contraire l’Ukraine est un patchwork d’identités disparâtes dans lequel les Ukrainiens qui parlent ukrainien sont minoritaire. Certes une guerre est souvent l’occasion de tremper et de forger un caractère national, mais ici les bases semblent manquer. On se retrouve dans le schéma yougoslave quand on prétendait maintenir en l’état une nation faite de bric et de broc, reposant seulement sur le centralisme d’un régime autoritaire. Mais c’est aussi un avertissement direct à l’Union européenne, ou plutôt à ceux qui rèvent d’une Europe fédérée autour d’un destin commun. Les nations qui compose l’Union européenne ont une trop longue hsitoire derrières elles, des trajectoires multi-séculaires complètement différentes pour que cela puisse se faire – sans parler comme le disait Sapir du coût exhorbitant d’un tel projet.

    A l’inverse les tendances récentes montrent un regain de l’idée nationale. Parfois d’ailleurs – pour avoir été trop longtemps bridée – sous la forme la plus obtuse qui soit dans ses versions d’extrême-droite. Un peu de partout les peuples essaient de retrouver une communauté de destin, c’est le sens aussi des mouvements qui se sont produits dans les pays arabes.

    Dans le cas de l’UKrtaine, il semble qu’il soit déjà trop tard pour la diplomatie internationale : les nouvelles nations qui vont émerger vont le faire dans la douleur.

    Bien que beaucoup de commentateurs aieznt parié qu’il n’y aurait pas de vrai confmlit militaire dans cette région, la situation est pour le coup très préoccupante. Et il est probable que l’Ukraine reste un sujet brulant d’actulaité dans les semaines et les mois à venir.

     

    Liens

    http://russeurope.hypotheses.org/2126

    http://russeurope.hypotheses.org/2116

    http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/03/21/pourquoi-lukraine-et-dautres-endroits-ont-besoin-des-fascistes-lukraine-reduit-ses-depenses-sociales-pour-obtenir-un-pret-du-fmi/

    http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/03/20/de-notre-amie-marianne-epuration-ethnique-en-ukraine-la-minorite-tcheque-de-volynie/

    http://www.huffingtonpost.fr/2014/03/22/crimee-bases-ukraine-attaquees-belbek-novofedorivka_n_5013074.html?utm_hp_ref=france

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  • François Hollande a précisé que le référendum en Crimée prévu pour le 16 mars n’était pas légitime car celui-ci devait être organisé par l’Ukraine elle-même. Mais cela ne l’empêche pas de recevoir le président non-élu de ce même pays. Petro Porochenko est une sorte de Berlusconi ukrainien, qui s’est enrichi dans tout un tas de magouille liées à sa proximité avec les nouveaux pouvoirs lors de la chute du régime soviétique. Cet oligarque est considéré par Hollande comme un grand démocrate. Petro Porochenco est arrivé au pouvoir en Ukraine à la suite d’un coup d’Etat, et son gouvernement – un rien bancal tout de même – compte au moins quatre ministres ouvertement nazis.

    Sur la photo qu’on voit ci-dessus, on reconnait un ancien boxeur, un oligarque au passé douteux et sulfureux, un homme politique français qui cherche une ligne de conduite qui le fasse remarquer positivement à l’opinion, et un médiatique qui tantôt se prend pour un journaliste, tantôt pour un philosophe. On ne comprend pas pourquoi il est reçu à l’Elysée. Ce sinistre BHL ne semble pas avoir compris que les Ukrainiens qui ont pris le pouvoir sont ultra-minoritaires dans le pays et surtout sont nettement à la droite de Marine Le Pen. Quel est le statut de BHL auprès de Hollande ? C’est tout de même troublant qu’Hollande recycle les anciens conseillers de Sarkozy, Attali pour l’économie, BHL pour la politique étrangère poussant au conflit.

    Comme je l’ai dit la confusion est totale. On a vu par exemple l’ex-secrétaire d’Etat Henry Kissinger soutenir Poutine et dénoncer l’escalade verbale d’Obama et de l’Union européenne. L’Inde et la Chine, les deux pays émergents qui comptent le plus, se sont rangées presque naturellement du côté de la Russie. Tout cela sans trop que les médias français en parlent.

    L’Union européenne est partagée en trois :

    - Les durs, la Pologne et la Lettonie

    - Les pays qui s’engagent mollement comme la France et l’Allemagne, mais qui veulent bien faire quelque chose

    - Et puis les pays comme l’Espagne, l’Italie et même la Grande-Bretagne qui veulent à tout prix évioter l’escalade.

     La Pologne et la Lettonie poussent à une confrontation directe avec la Russie. C’est surtout l’attitude de la Pologne qui est préoccupante. Il semble que ce pays ait une revanche à prendre sur la Russie qui, il est vrai, l’a souvent maltraitée. L’analyse des Polonias est que l’armée russe est très faible et que la leur est au contraire performante. Ils pensent que le rapport de forces leur est favorable en ce moment et qu’il convient d’en profiter. Pour cette raison ils multiplient les provocations, pour l’instant verbalement. C’est sans doute de ce côté qu’il faut se méfier le plus.

    C’est bien sûr le référendum en Crimée dont l’issue ne fait aucun doute qui va redistribuer les cartes. On sait déjà qu’on va ressasser l’idée que ce référendum n’est pas légitime et qu’il faut préserver l’unité de l’Ukraine, mais en même temps il est difficile de tenir de tels propos qui sont en contradiction directe avec le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est un peu comme si l’Union européenne interdisait à la France de s’extraire du piège européen au prétexte qu’il lui faudrait l’aval des autres pays européens. Cette propagande ne durera pas très longtemps. L’opinion française est très partagée, presque à a égalité, les uns pensants que Poutine a envahi la Crimée, les autres que les Occidentaux font n’importe quoi. Pour cette raison la tension dans cette région ne pourra guère profiter à redresser la popularité d’Hollande.

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    L’Ukraine préoccupe l’opinion à juste titre, petit pays déchiré, on ne sait pas de quoi son avenir sera fait. Les grands médias ont réveillés sans grande imagination le spectre de la Guerre froide, assimilant sans trop de précaution Poutine à ses prédécesseurs du Kremlin du temps du communisme. Mais évidemment la Russie d’aujourd’hui n’est pas communiste, elle serait même plus proche que nos pays occidentaux d’un capitalisme sauvage tel que le souhaitaient les chantres de la révolution libérale comme Friedman ou Hayeck.

    La situation en Ukraine révèle également le manque de cohésion pour ne pas dire plus de l’Union européenne. Si les instances de cette curieuse boutique ont soutenu les « révoltés » de Maidan, elle ne semble plus quoi faire face au risque d’éclatement. Comme les Etats-Unis qui eux aussi ont jeté de l’huile sur le feu, l’Europe agit sans plan d’ensemble, sans vision à long terme. Mais comment en serait-il autrement ?

     

    L’origine du chaos

     

    L’Ukraine est un pays très pauvre, profondément divisé du point de vue économique comme du point de vue linguistique. Pour aller vite, disons que l’Est et le Sud sont russophones et ont l’habitude de travailler avec la Russie. L’Ouest dans sa pointe extrême retient le principal des vrais Ukrainiens, c’est-à-dire ceux qui parlent cette langue. Plus on va vers l’Est plus le pays est pauvre, et ce n’est pas un hasard si c’est d’ici que sont partis les mouvements pro-européens. Là on espère recevoir le prix de cette allégeance et bénéficier de la prospérité de l’Europe. A la base il y a la stagnation économique de l’Ukraine et l’explosion des inégalités dans ce pays.

    Evidemment le président Ianoukovitch était un très mauvais président, corrompu et incapable de diriger le pays vers la voie de la prospérité. Et c’est probablement cela qui a incité les Ukrainiens à la révolte encore plus que la volonté de rejoindre le bateau ivre de l’Union européenne. A partir de ce moment-là, ce mouvement de contestation a été débordé par les mouvements pro-nazis – plus que nationalistes puisque ces mouvements sont les descendants des collaborateurs de l’Allemagne lorsque celle-ci organisa la destruction et le pillage systématique de l’Ukraine. Le pouvoir a alors géré l’insoumission d’une manière désordonnée, alliant la répression féroce à l’irrésolution, pour finir par s’évaporer.

     

    Les partis nazis, souvent soutenus par l’UE et par les Etats-Unis, ont commencé à montrer leur véritable visage. D’abord en déployant toute ;la panoplie du parfait petit nazi, croix gammées, poursuite des Juifs qui sont encore nombreux en Ukraine. Puis en présentant Pourine comme l’instrument de la juiverie internationale et l’affublant d’une étoile de David.et encore en formulant l’idée d’obliger tous les Ukrainiens à adopter l’ukrainien pour bannir la langue russe.

    Cette évolution inquiète un peu partout. Israël en a profité pour demander aux Juifs ukrainiens de rejoindre la mère patrie. Mais les populations russophones se sont soulevées : on a vu de très nombreuses mairies hisser le drapeau russe comme un appel à une protection de la part de Poutine. Les grands médias comme Le Monde font semblant de croire que ce mouvement est téléguidé par Poutine. C’est une erreur car évidemment le spopulations russophones ne veulent pas se détacher de la Russie et craignent l’évolution des événements. Egalement on a présenté Poutine comme un envahisseur, mais c’est ne pas tenir compte de la diversité de la population ukrainienne que de tenir de pareils propos.

    Depuis quelques jours des informations circulent sur le fait que la révolte de Maidan a été manipulée pour en faire un coup d’Etat, par exemple en multipliant les provocation : des tireurs d’élite s’en prenant simultanément aux forces de l’ordre et aux manifestants pour faire monter la tension. Mais ceux qui ont ajouter cette tension quels buts poursuivent-ils ? Forcer les Américains et les Européens à prendre fait et cause pour les révoltés ? Aboutir à la partition rapide de l’Ukraine ?

     

    Vers la partition de l’Ukraine

     

    L’Ukraine semble aujourd’hui au bord de l’éclatement. Cela nous rappelle la guerre en Yougoslavie. Cette guerre qui dura dix – de 1991 à 2001 – se passait aux portes de l’Union européenne. Et les diplomates européens ont cherché pendant dix à préserver l’unité de la Yougoslavie – je me souviens encore d’Hubert Védrine, le ministre des affaires étrangères de Mitterrand répétant jour après jour qu’il n’y avait pas de solution militaire, ni de solution dans la partition – jusqu’à ce que les Etats-Unis interviennent et admettent la partition entre des nations aux frontières délimitées par les positions militaires des uns et des autres. 

     

    Le sort de la Crimée semble aujourd’hui scellé. Il devrait y avoir un référendum à la mi-mars pour lui assurer une autonomie entière par rapport à tout ce qui peut se passer ailleurs dans le pays. Reste l’ensemble du pays. Qui a intérêt à la partition ? Jacques Sapir dont par ailleurs je partage très souvent les analyses pense qu’il faut préserver l’unité de l’Ukraine. Oui, mais au nom de quoi ? On voit bien, que selon les cartes mêmes que Sapir utilise que l’Ukraine est profondément divisée. Or une nation c’est aussi bien une langue qu’une culture commune qu’un avenir commun.

    A l’évidence l’Ouest du pays n’a pas intérêt à la partition parce que ce pays nouveau hériterait de la pauvreté de l’Ukraine et serait privé de la possibilité de travailler avec les Russes, l’ultra-droite apparaîtrait très rapidement pour ce qu’elle est. L’Union européenne n’a pas non plus intérêt à cette partition, elle n’a pas les moyens financiers de soutenir l’Ukraine.

    Les Américains et le gouvernement français auquel l’ineffable Alain Juppé emboîte le pas, veulent d’une confrontation avec la Russie de Poutine présenté comme le fauteur de troubles, mais une confrontation purement économique. On voit bien que ni les USA ni les pays européens qui ont une armée comme la France et le Royaume Uni ne sont prêts à une aventure militaire. A l’évidence l’OTAN aimerait bien poursuivre l’encerclement et l’isolation de la Russie en construisant des bases militaires qui restreignent sa puissance militaire. Tout semble montrer que le soutien des Américains et de l’Union européenne aux révoltés ukrainiens s’est fait dans une improvisation totale – preuve supplémentaire de la décomposition du personnel politique en Occident.

    Les sanctions économiques proposées par les Occidentaux – même Jean-Marc Ayrault a haussé le ton fasse à Poutine,  ce qui fait bien rigoler – ont-elles quelque chance de succès ? C’est-à-dire sont-elles suscpetibles de faire plier Poutine ? Non seulement ça ne semble pas le cas, mais les sanctions économiques contre la Russie se retourneraient contre les pays occidentaux. Ces sanctions seraient un refus d’acheter du gaz russe. Mais le problème est :

    1. que ce gaz manquerait rapidement aux Occidentaux

    2. qu’en retour les Russes refuseraient de rembourser les crédits contractés ce qui plongerait tout de suite l’Occident dans une tourmente financière dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’en a pas besoin.

    Il est envisagé de geler les capitaux russes placés à l’étranger, mais aussi de refuser des visas aux citoyens russes. Si la seconde mesure n’a guère de sens, la première mettrait du temps à se mettre en place.

    Le dernier point mais qui est important, c’est le coût de la recontruction de l’Ukraine. L’Union européenne se propose d’aider ce pays à hauteur de 11 milliards d’euros, crédit étalé jusqu’en 2020. Or, financièrement au bord du gouffre, les calculs indiquent qu’il en faudrait au bas mot trois fois plus pour le renflouer. Mais comment agir dans un pays aux frontières incertaines ?

     

    Issues

     

    Pour l’instant un conflit militaire semble exclu avec la Russie. Mais rien ne dit que cela ne changera pas si une partie extrêmiste des nouveaux partis au gouvernement en Ukraine cherche le rapport de force à l’intérieur du pays. Les Européens semblent viser une voir diplomatique, des négociations. Mais sur quoi porteraient-elles ? Quelles concessions faire aux populations russophones pour les rassurer ? Sur qui s’appuyer dans la nouvelle Ukraine où le pouvoir paraît plutôt instable ?

    En France les ractions ont été sans surprise, d’un côté le bloc libéral UMPS qui dénonce Poutine comme le faiseur de guerre, et de l’autre Mélenchon et Marine Le Pen prenant une position plus claire en mettant en avant les intérêts géostratégique de la Russie.

    Evidemment ce n’est pas parce qu’on se méfie de Poutine qu’il faut se ranger directement du côté du bloc ultranationaliste ukrainien. Il est probablement encore trop tôt pour se faire une idée précise de l’évolution de la situation, mais à moins d’un conflit militaire de grande ampleur que les Occidentaux ne semblent pas vouloir entamer, on ne voit pas très bien ce qui permettrait à la Russie de sortir vainqueur de cette crise majeure.

     

    Conclusion

     

    L’Union européenne évidemment va avoir du mal à faire la preuve de son unité. Mais au-delà deux questions se posent :

    - Comment faire pour éviter un long conflit du type de celui qui a sévi pendant dix ans en Yougoslavie ?

    - L’Union européenne qui a l’ambition de devenir une puissance politique ne doit elle pas tirer les leçons de ce rassemblement de populations culturellement, socialement et économiquement hétéroclites qui finti toujours par se défaire ?

     

    Liens

    http://russeurope.hypotheses.org/2039 

    http://russeurope.hypotheses.org/2045

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/03/05/bruxelles-promet-11-milliards-d-euros-pour-l-ukraine_4378274_3214.html

    http://www.globalresearch.ca/the-big-lie-of-the-maidan-revolution-the-organizers-of-the-coup-detat-hired-the-snipers/5372048

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