•   Macron aggrave son cas

    Un manque de consistance certain 

    Au fur et à mesure que le temps passe, Emmanuel Macron aggrave son cas. Le voilà donc l’autre jour sur TF1 pour nous expliquer que sa parole est rare parce qu’il a conscience de la solennité de celle-ci en tant que président des Français. Aidé par des journalistes plutôt complaisants, il était censé nous expliquer pourquoi sa politique est excellente. Le résultat de cet exercice calamiteux a été traduit dans un sondage : Macron n’a pas convaincu pour 61% des malheureux qui ont suivi ce triste spectacle[1]. Le voilà qu’il réclame du temps pour démontrer le bienfondé de sa démarche. Comme il est aussi un très grand menteur, il fait semblant de ne conduire la politique économique de la France que depuis son élection. En réalité, il est le principal artisan de la mauvaise pente que suit l’économie française depuis 2012. En effet, il a été le conseiller du président Hollande pour la politique libérale qu’il a menée et qui lui a fait terminer son mandat sous les quolibets. Puis il a été ministre de l’économie. C’est lui qui est à l’origine du CICE et de la loi El Khomri. Je rappelle que le CICE devait créer 1 million d’emplois selon le MEDEF, qu’en réalité il aurait peut-être préservé 50 000 emplois pour un coût estimé à environ 20 milliards d’euros par an depuis 2014[2]. L’idée du CICE était qu’en augmentant les marges des entreprises, cela se traduirait par des investissements qui stimuleraient la croissance et l’emploi. Macron en est resté au théorème de Schmidt (du nom du chancelier allemand qui engagea la social-démocratie sur la pente douteuse qu’on connait) selon lequel les profits d’aujourd’hui sont « les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». La démonstration de la fausseté de ce théorème n’est plus à faire au bout de 40 années d’application[3]. En vérité ce théorème est faux parce que les entrepreneurs n’ont aucune raison d’investir si la demande stagne. C’est pourquoi depuis la mise ne place du CICE et de la loi El Khomri le chômage ne recule pas et a même encore augmenté en juillet et août 2017[4].

    Macron aggrave son cas

     Sondage LCI 

    Mais Macron qui confond volonté politique et entêtement imbécile veut croire que sa politique est bonne, bien qu’elle n’ait jamais réussi nulle part. et donc il suggère de l’approfondir encore. Menteur comme un arracheur de dent, il prétend que du reste sa politique serait approuvée par les Français qui l’ont élu. En vérité son socle électoral c’est 18% des électeurs inscrits au premier tour, et au deuxième tour 43% des électeurs inscrits ont voté pour lui, et encore 43% de ces mêmes 43% ont voté pour lui par peur de Marine Le Pen et des hordes fascistes[5]. Un rapide calcul nous montre que Macron n’a été élu sur son programme au second tour que par 18% du corps électoral. Il est donc indécent de dire que les Français ont approuvé son programme économique mortifère. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’il soit autant détesté.

     

    L’arrogance d’un domestique proche de son patron  

    Macron aggrave son cas

    Macron a pris l’habitude d’injurier les Français, surtout quand il est à l’étranger. Un jour il admoneste les chômeurs qui n’ont pas de costume aussi beau que le sien, un autre jour ce sont « les gens qui ne sont rien », ou encore « les fainéants, les cyniques et les extrêmes ». Vulgaire et bouffon, pire encore que Sarkozy, le voilà aussi qu’il s’en prend à ceux qui protestent contre la fermeture de leur entreprise et qui « foutent le bordel ». Interrogé sur cette incontinence verbale, il ne regrette rien et trouve cela très bien.  

    Je me suis posé la question d’une telle attitude, en dehors du fait qu’il doit prendre sans doute des stimulants plus ou moins licites pour dormir si peu. Je crois qu’elles sont multiples. Il y a d’abord dans ce comportement l’arrogance d’un domestique très proche de son patron. Bien payé, il moque les salariés qui sont proches de la misère : dans une formule pour semi-débiles dont il a le secret nous dit qu'il ne cèdera pas «au triste réflexe de la jalousie française »[6]. Pour parler de cette manière, il faut croire que lui-même n’est pas français puisqu’il dit qu’il n’est pas jaloux. Donc les salariés qui n’aiment pas leur patron, qui râlent contre l’exploitation seraient seulement des incapables envieux. Grand défenseur des inégalités sociales en bon porte-parole de la droite affairiste, il fait semblant de croire que les riches doivent être riches pour donner du travail aux pauvres. En vérité les riches ne sont riches que parce qu’il y a des pauvres qui travaillent pour eux. L’imbécilité de la théorie du ruissellement – fondement théorique de la pensée libérale – ressort du fait qu’elle présuppose la richesse au travail. C’est évidemment l’inverse, les riches ne peuvent être riches que parce qu’ils ont cette capacité de détourner pour leur profit la richesse sociale produite par du travail.

    Mais il y a aussi autre chose, Macron est un président qui a peur du peuple qu’il ne comprend pas et qu’il déteste, et pour croire qu’il existe sur le plan politique, il utilise une parole forte et tranchée destinée à masquer cette faiblesse. Il ne sait pas que politiquement il est déjà mort. Cynique et fainéant, il illustre l’adage, faible avec les forts et fort avec les faibles. D’une manière qui en dit long sur ses limites intellectuelles, il a révélé qu’avant de prononcer son discours sur l’Europe à la Sorbonne, il en avait envoyé une copie pour approbation à Merkel[7] dont manifestement il cherche à s’attirer les bonnes grâces tandis que celle-ci lui a déjà signifié d’une manière indirecte que de ses propositions de réforme pour l’Union européenne, elle n’en voulait pas avant de connaitre d’ailleurs les résultats des élections au Bundestag[8]. On n’avait pas vu une telle veulerie depuis l’Occupation.  

    Macron aggrave son cas

    Il est probable que l’incorrigible Macron va devenir de plus en plus odieux dans la présentation de lui-même, la raison en est qu’il ne comprend pas d’une manière intime pourquoi la très grande majorité des Français le rejette et le méprise à son tour. Il ne suffit pas de piquer des colères et de taper du poing sur la table pour qu’on vous reconnaisse de l’autorité. Cet homme n’est pas adapté à la fonction. Pusillanime et buté, il parait à mille lieux des problèmes des Français, et surtout il ne parait vouloir faire aucun effort pour les comprendre. Il est normal que les Français ne veuillent faire aucun effort pour lui trouver quelque qualité. Ayant pris dès le départ un mauvais pli, il lui sera impossible maintenant de remonter la pente savonneuse sur laquelle il se trouve. Sa survie politique ne tient pour l’instant qu’à la balkanisation de l’opposition. En attendant, il continue à perdre ses cheveux à grande vitesse, ce qui sans doute va lui pourrir un peu plus le caractère qu’il a naturellement mauvais.

     

     


    [1] http://www.latribune.fr/economie/france/pour-60-des-sondes-emmanuel-macron-n-a-pas-convaincu-a-la-tele-754287.html

    [2] http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2016/09/29/le-cice-a-ameliore-les-marges-des-entreprises-et-a-eu-un-effet-probable-sur-l-emploi_5005134_1656968.html

    [3] https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-144421-les-profits-daujourdhui-ne-sont-pas-les-investissements-et-les-emplois-du-futur-1177711.php

    [4] http://www.lemonde.fr/emploi/article/2017/08/24/le-chomage-augmente-de-1-en-juillet_5176154_1698637.html et http://www.lefigaro.fr/social/2017/09/26/20011-20170926ARTFIG00248-le-chomage-a-poursuivi-sa-hausse-en-aout.php

    [5] https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Presidentielles/elecresult__presidentielle-2017/(path)/presidentielle-2017/FE.html

    [6] http://www.lefigaro.fr/international/2017/10/13/01003-20171013ARTFIG00355-quand-macron-denonce-cette-jalousie-qui-paralyse-la-france.php

    [7] https://francais.rt.com/international/44548-macron-a-fait-lire-son-discours-europeen-sorbonne-merkel

    [8] https://www.ouest-france.fr/europe/allemagne/angela-merkel/entretien-exclusif-merkel-aider-les-citoyens-retrouver-le-gout-de-l-europe-5250808

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  •  L’indépendance de la Catalogne et la main de l’étranger

    Qui soutient les Catalans ? 

    Quand il y a un mouvement politique qui échappe à notre entendement, en général on commence par accuser « la main de l’étranger ». C’est une manière comme une autre de dénier toute fondement sérieux à ces mouvements. Récemment c’est devenu une manie que de voir la main de la Russie derrière tout ce qui contrarie le raisonnement libéral qui nous mènerait vers un avenir radieux. On a ainsi dénoncé les manœuvres de la Russie derrière l’élection de Trump, on ne se contente pas de dire que Poutine souhaiterait qu’Hillary Clinton soit battue comme Le monde[1], on avance que les Russes auraient manipulé l’opinion américaine par l’infiltration des réseaux qui l’opinion[2]. Mais aussi qu’ils seraient intervenus pour infléchir le référendum britannique dans le sens d’un Brexit qui les favoriserait[3]. On a vu également la main de Moscou dans la montée du Front National[4]. Avançant même que c’était Poutine qui le finançait. L’humanité, journal officiellement communiste, longtemps financé par Moscou, semblait jaloux de cette sollicitude[5]. Voilà maintenant que le site très peu sérieux Atlantico nous explique aussi que la Russie est derrière le mouvement d’indépendance catalan[6]. 

    L’indépendance de la Catalogne et la main de l’étranger 

    Pour soutenir ce raisonnement, l’auteur – l’obscur Laurent Chalard qui travaille pour un think tank européen, mondialiste et européiste European Center for International Affairs – exhibe une carte qui a été produite par le site Suptnik & pogrom. Ce site est ouvertement anti-poutinien, mais Chalard suppose que les sbires de Poutine utilisent cette carte pour comprendre et accentuer la confusion en Europe. L’intérêt de la Russie serait de diviser l’Europe dans un morcellement de régions ingouvernables pour éviter que les sanctions économiques continuent de peser sur elle. On retrouve la même idée dans le journal espagnol El pais qui laisse entendre que sans l’ingérence russe le mouvement indépendantiste catalan n’existerait pas[7] ! Les Russes qui sont des experts en informatiques diffuseraient des fausses informations sur les réseaux sociaux et fausseraient les résultats électoraux. Je passe sur le fait que Chalard croit que tous ces mouvements indépendantistes sont d’une importance plus ou moins égale. Le mouvement occitan en France n’a aucune prise sur le sud de la France et n’a aucune chance de devenir un parti important dans le futur.

    Plus récemment c’est Israël qui est dénoncé comme à l’origine des désordres politiques de la planète. Certes les Juifs ont l’habitude d’être dans cette position, mais là ils le sont à propos de la Catalogne. Cette thèse est développée par Alain Soral toujours à la recherche d’un complot juif[8], et aussi par des mouvements pro-palestiniens[9]. L’extrême droite dure avance que c’est le milliardaire George Soros qui est derrière le mouvement d’indépendance catalan[10]. Etant juif et financier, il a évidemment tout le profil d’un bouc émissaire. Mais ceux qui le dénoncent oublient qu’auparavant Soros soutenait Hillary Clinton, on le dénonçait comme un financier du mouvement anti-Trump[11] ! On ne voit pas très bien la logique géopolitique dans tout cela. Puisque s’il y a une alliance entre les Catalans, les Juifs, Trump et Poutine, on ne voit pas pourquoi elle fonctionnerait en Catalogne et pas pendant les présidentielles aux Etats-Unis, d’autant qu’Israël est en même temps accusée de soutenir Trump[12].  

    L’indépendance de la Catalogne et la main de l’étranger

    Certains souverainistes comme François Asselineau considèrent que le mouvement indépendantiste catalan est au contraire mené de longue main par l’Union européenne pour affaiblir les Etats nationaux et avancer vers la constitution d’une Europe des régions où les nations n’existeraient plus[13]. C’est attribué plus d’intelligence à la Commission européenne qu’elle n’en a. L’Europe n’a pas besoin d’une Europe des régions, elle préfère certainement une Europe des Etats, à condition que ceux-ci soient vidés de leur substance et que les vraies décisions économiques et politiques soient prises par Bruxelles ou par Berlin. C’est d’ailleurs le sens des propositions de Macron[14] que les Allemands ont déjà rejetées. Mais la bureaucratie européiste s’est déjà rangée derrière Madrid, contre Barcelone et l’a fait savoir. Le terne Moscovici a relayé les propos de Macron[15], s’il a fait l’impasse sur les violences du gouvernement de Rajoy, il ne s’est pas privé de reprendre l’idée que la Catalogne n’existait pas. Du reste dans la logique pos-démocratique de l’Union européenne, les référendums ne servent à rien. 

    Paresse intellectuelle 

    En vérité, si on va chercher des explications aussi contradictoires à un mouvement populaire, c‘est à la fois parce qu’on veut en minimiser la portée, et parce qu’on ne sait pas l’analyser. L’analyse politique commande d’abord de comprendre les motivations d’un mouvement. Si le séparatisme semble l’emporter en Catalogne, c’est d’abord la conséquence d’une crise économique mondiale qui n’a jamais été résolue. En effet, si la situation économique de l’Espagne était très prospère le « vivre ensemble » serait plus facile à construire, même si je n’ignore pas que la culture, la langue catalane et l’histoire sont aussi des facteurs qui poussent vers la dissolution de l’Espagne. C’est bien parce que la situation économique s’est aussi détériorée en Catalogne que d’être rattaché à l’Espagne est considéré aussi comme un boulet. C’est ce qu’on appelle hâtivement « l’égoïsme catalan »[16]. Pourtant cet égoïsme catalan ne saurait être comparé à l’égoïsme allemand qui refuse toutes les formes de transferts quelles qu’elles soient, aussi bien vers les Landers de l’Est que vers les pays du sud de l’Europe et qui s’appuie au contraire sur une croissance solide et un faible chômage.

    L’indépendance de la Catalogne et la main de l’étranger 

    La question de l’indépendance catalane met le doigt d’abord sur la faillite de l’Union européenne et son projet libéral. Et cela pour deux raisons. La première est anecdotique. Juncker en tant que président de la Commission européenne a annoncé qu’il reconnaitrait les résultats du référendum quels qu’ils soient[17]. Mais quelques jours après la Commission par la voix de Moscovici semblait indiquer le contraire[18]. Au-delà de cette cacophonie, finalement assez habituelle quand il s’agit des institutions européennes, il y a quelque chose de bien plus grave. C’est qu’elles ont, par leur action, déconsidéré les Etats membres en les dépossédant de toute autorité réelle. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que la Catalogne s’engouffre dans cette brèche. Et c’est sans doute aussi ce défaut d’autorité qui encline l’Etat espagnol à user de la violence pour masquer son impuissance à gouverner pour le bien des Espagnols. Au fond les tendances indépendantistes qu’on rencontre un peu partout en Europe sont la conséquence de l’échec de la politique intégrationniste qui a conduit à la décomposition des économies européennes et de leur tissu social.

    Mais l’Union européenne ne va pas pouvoir toujours jouer les Ponce Pilate en s’abritant derrière un juridisme pointilleux qui pour l’instant la fait se ranger derrière Rajoy. En effet, non seulement il va bien falloir qu’elle dise quelques choses si la violence gouvernementale continue de l’appliquer, soit en envoyant la Guardia civile, soit en asphyxiant la région sur le plan financier, ou encore en procédant à la dissolution du parlement catalan. Car au juridisme de Madrid s’oppose un autre principe juridique, celui définit par la Charte des Nations Unies qui définit clairement le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais qui ne dit pas ce qui se passe si ce principe une puissance tutélaire refuse de l’appliquer.  Si on ne veut pas subir de nouveau une dictature en Europe, il

      

    Mais l’Union européenne est défaillante aussi quand elle dit refuser de s’immiscer dans les affaires espagnoles, alors même que la Catalogne demandait une médiation de l’Union européenne. Elle entérine de ce fait sa détestation des consultations populaires et particulièrement des référendums. En persistance dans la voie d’un modèle libéral qui ne profite finalement qu’à la seule Allemagne, l’Union européenne continue de se vautrer dans la crise économique, mais la double d’une crise institutionnelle sans précédent. Il n’y a finalement que des mauvaises solutions : si la Catalogne gagne son indépendance, les difficultés commenceront pour l’Europe qui devra examiner sa demande d’adhésion, si au contraire elle n’aboutit pas à fonder sa république et qu’elle doive subir le joug de la monarchie de Madrid, ce sera pire encore car les Catalans n’auront plus rien à attendre de l’Europe et risquent d’être tentés par l’aventure à laquelle Madrid cherche manifestement à les pousser.

    L’indépendance de la Catalogne et la main de l’étranger

     

     


    [1] http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/11/05/les-russes-choisissent-donald-trump-candidat-de-la-paix_5025991_829254.html

    [2] http://www.huffingtonpost.fr/2016/12/10/la-russie-a-aide-donald-trump-a-gagner-lelection-avec-laide-de-wikileaks_a_21624762/

    [3] http://www.lejdd.fr/International/Europe/Brexit-Moscou-se-frotte-les-mains-793145

    [4] http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/24/marine-le-pen-recue-par-vladimir-poutine-a-moscou_5100247_4854003.html

    [5] https://www.humanite.fr/les-dessous-de-largent-russe-du-front-national-570375

    [7] https://politica.elpais.com/politica/2017/09/22/actualidad/1506101626_670033.html

    [8] https://www.egaliteetreconciliation.fr/La-Catalogne-se-tourne-vers-Israel-pour-preparer-son-independance-47925.html

    [9] http://soutien-palestine.blogspot.fr/2017/10/israel-va-t-il-aider-la-catalogne.html

    [10] http://reseauinternational.net/george-soros-finance-lindependantisme-catalan/

    [11] https://www.egaliteetreconciliation.fr/La-tactique-de-George-Soros-pour-contrer-Trump-38320.html

    [12] http://www.lepoint.fr/monde/pour-israel-l-election-de-donald-trump-est-une-bonne-nouvelle-10-11-2016-2082160_24.php

    [13] https://www.upr.fr/actualite/entretien-n49-partie-2-referendum-lindependance-de-catalogne-questions-diverses

    [14] http://in-girum-imus.blogg.org/les-propositions-de-macron-pour-relancer-l-europe-a131937298

    [15] http://www.francetvinfo.fr/monde/espagne/referendum-en-catalogne/catalogne-l-union-europeenne-ne-connait-qu-un-etat-membre-qui-est-l-espagne-rappelle-pierre-moscovici_2404364.html et aussi http://www.leparisien.fr/politique/referendum-en-catalogne-macron-soutient-le-gouvernement-espagnol-02-10-2017-7302768.php

    [16] https://www.la-croix.com/Monde/Europe/Catalogne-legoisme-economique-sajoute-lenvie-liberte-2017-10-02-1200881373

    [17] https://www.euractiv.fr/section/politique/news/catalonian-independence-juncker-ventures-into-unchartered-waters/

    [18] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/10/05/pierre-moscovici-la-catalogne-independante-ne-serait-pas-membre-de-l-union-europeenne_5196695_823448.html

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  •  Macron injurie les chômeurs

    Ça devient une mauvaise habitude. A chacun de ses déplacements Macron ne peut s’empêcher d’injurier les Français. Hier, ce sont les chômeurs qui en ont pris pour leur grade. Ce grossier personnage est en train de sombrer dans une vulgarité arrogante et sans retour. Il affiche de plus en plus souvent cette morgue des domestiques qui se croient protégés parce qu’ils sont proches de leur employeur. Venons-en aux faits. Le 4 octobre 2017, Macron a été tester sa popularité en Corrèze. Evidemment il a été plutôt mal accueilli. On a dû faire appel à la police pour calmer les manifestants, avec des tirs de grenades lacrymogènes[1]. Pour se venger il a sorti une petite phrase dont il a le secret visant à stigmatiser les protestataires.

     

    « Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder là où ils pourraient avoir des places. »

     

    On notera le français approximatif employé ici qui nous rappelle les fautes de goût récurrentes de Nicolas Sarkozy auquel le jeune président ressemble de plus en plus, mais en pire ! Mais ce n’est pas là l’essentiel. Car en vérité cette sortie méprisante ne fait que masquer l’échec programmé de toute la politique économique de Macron. En aout, le chômage a encore augmenté. Selon l’INSEE, il est passé de 6 327 900 à 6 366 700[2], soit une augmentation de près de 40 000 unités.

     

    Macron injurie les chômeurs

    C’est évidemment le résultat de la politique dite de l’offre qui a été continue depuis l’élection de Sarkozy. C’est également de la responsabilité de Macron qui a été l’inspirateur de la politique de Hollande, d’abord comme conseiller, ensuite comme ministre de l’économie. Macron est celui qui a imposé le CICE – un transfert de 20 milliards d’euros de crédit d’impôt par an pour compenser les cotisations sociales qui devait créer un million d’emploi selon le MEDEF et Macron son porte-voix. Il est aussi à l’origine de la loi El Khomri qui devait débloquer les créations d’emplois. Mais avant de se faire apostropher en Corrèze, il avait été aussi mal accueilli la veille à Amiens par les ouvriers de Whirpool appuyés pour la circonstance par François Ruffin. Il avait avoué son impuissance, renvoyant les solutions concrètes à la réussite supposée de sa politique dans les mois à venir[3].  

    Macron injurie les chômeurs

    Le mépris marqué de Macron à l’endroit de la classe ouvrière lui évite ainsi de réfléchir sérieusement à la montée irrésistible du chômage. En Corrèze il a fait un discours sur la formation et l’apprentissage[4], renvoyant la résolution du problème de l’emploi à plus tard, quand aura réussi la politique de formation ! C’est une manière de déresponsabiliser le patronat. En effet dire qu’une politique de formation va résoudre le problème du chômage cela signifie clairement qu’il y aurait des emplois potentiels qui ne peuvent être pourvus parce que :

    - les chômeurs sont mal formés ;

    - les chômeurs ne sont pas assez mobiles ;

    - les chômeurs sont trop bien rémunérés.

    Jamais il n’est envisagé que les entreprises sont responsables de ne pas créer assez d’emplois parce qu’elles mènent une politique de court terme à la recherche d’un profit immédiat. Pourtant un calcul très simple montre que l’approche de Macron, commune à tous les politiciens de droite, est fausse et mensongère. En effet nous avons un chômage évalué à plus de 6,3 millions, toutes catégories confondues, et à plus de 3,5 millions pour la seule catégorie A[5]. Face à ce chômage massif, les offres d’emplois non pourvues sont inférieures à 300 000[6]. Je vois donc que si je fais tous les efforts possibles et imaginables pour mieux former les chômeurs, pour les rendre plus mobiles, je reste avec à peu près le même niveau de chômage.  

    Macron injurie les chômeurs

    Ce décompte rapide et approximatif suffit pourtant à saisir l’ampleur du problème et la cuistrerie du jeune président. Non monsieur Macron quels que soient les efforts que feront les salariés pour trouver un emploi, la plupart ne pourront pas en trouver, surtout s’ils sont dans la Creuse !  C’est pour cette raison que la sortie de Macron est insultante et inappropriée, mais en outre elle n’a aucun fondement logique sur le plan économique, mais on sait qu’on ne comprend pas tout ce que Macron dit.

     

    Macron injurie les chômeurs

    Ça n’a pas raté encore avec cette phrase. Chaque fois que Macron injurie les Français il fait marche arrière par la voix d’un lèche-cul de service. Cette fois ce n’est pas Castaner qui s’y est collé, mais l’obséquieux Bruno Roger-Petit, larbin stipendié du domestique du grand capital, soi-disant journaliste, et engagé à grands frais pour faire de la publicité à l’incorrigible Macron. Mais non, il n’a pas insulté les Français et encore moi les chômeurs, il parlait d’autre chose, et seuls les médisants l’ont mal compris… comme d’habitude. On retiendra que Macron a été bien mal éduqué, non seulement il ne connait pas grand-chose à l’économie et à la diplomatie, mais en outre ses parents ne lui ont inculqué aucun élément de savoir-vivre.

     Macron injurie les chômeurs

     

     

     


    [1] http://www.lamontagne.fr/egletons/politique/correze/2017/10/04/emmanuel-macron-en-correze-du-gaz-lacrymogene-utilise-contre-des-manifestants_12575008.html

    [2] https://www.insee.fr/fr/statistiques/serie/001572362

    [3] http://www.rtl.fr/actu/politique/video-macron-interpelle-par-ruffin-sur-le-cas-des-interimaires-de-whirlpool-7790351510

    [4] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/10/04/en-correze-macron-lance-le-chantier-de-la-formation-et-de-l-apprentissage_5196251_823448.html

    [5] http://statistiques.pole-emploi.org/stmt/publication

    [6] C’est un chiffre qui est difficile à saisir parce qu’il vient de sources diverses et variées. 

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  •  Le référendum en Catalogne et après ?

    Un premier ministre espagnol complètement discrédité 

    On a déjà dit ici que le référendum catalan allait être une source de problèmes d’une gravité exceptionnelle, aussi bien pour l’Espagne que pour l’Union européenne, mais le référendum a eu lieu[1]. Avec une participation de 43% et 90% de oui, le référendum catalan s’est finalement tenu malgré les violences policières et l’obstination du gouvernement de Madrid. Le gouvernement espagnol par la voix de son Premier ministre a affirmé que le référendum d’autodétermination n’avait pas eu lieu[2] ! Mariano Rajoy, premier ministre sans majorité véritable qui tient son pouvoir uniquement de la veulerie du PSOE, est considéré comme un homme politique fini. Non seulement il traîne des casseroles en grande quantité pour des malversations financières diverses et variées, mais en outre il a fait preuve d’une telle brutalité qu’on se serait cru revenu aux temps maudits de Franco-la-muerte !

    Plusieurs points doivent être soulignés. D’abord il est difficile de refuser à une région autonome qui possède de surcroît une langue, une culture propre et une histoire singulière de décider de son avenir. C’est ce qu’on appelle le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce droit est affirmé, à défaut d’être garanti, par l’article 1 du chapitre 1 de la Charte des Nations Unies[3]. Ce qui est vrai pour la Crimée, pour le Royaume Uni ou demain pour le Kurdistan ne peut être que vrai aussi pour la Catalogne. Je conçois que l’on défende l’idée d’une Espagne qui conserve la Catalogne, mais ce que je ne conçois pas c’est que l’on s’acharne à nier aux Catalans le droit à l’autodétermination. Personnellement n’étant ni Catalan, ni Espagnol, je n’ai pas d’avis tranché sur la question de savoir si la Catalogne doit être indépendante ou non. C’est le problème des Catalans. Evoquer des arguties juridiques pour dire que le référendum n’est pas légal parce qu’il n’est pas autorisé par le pouvoir central est ridicule. Il va en effet de soi que la partie la plus puissante refusera toujours de se laisser amputer d’une partie de son territoire, et donc niera cette volonté d’autonomie, et que l’indépendance d’une nation procède toujours d’un affrontement plus ou moins violent avec le pouvoir de tutelle.

    Eu égard à ces principes qu’on vient de rappeler, il est inconséquent comme le fait Le monde de renvoyer dos à dos Madrid et Barcelone[4]. Ce journal qui soutient régulièrement le droit des Palestiniens à avoir un Etat bien à eux, ou encore les Kurdes, et qui dans le temps s’est rangé contre l’Algérie française, semble considérer que les Catalans sont peu matures pour accéder à l’indépendance. Pourtant s’il y a un principe qui ne devrait plus être discuté depuis le début des années soixante, c’est bien celui de l’autodétermination des peuples. 

    Le référendum en Catalogne et après ?

    Mariano Rajoy a donc envoyé la police pour confisquer des urnes, bloquer des bureaux de vote, bref pour interdire au peuple de s’exprimer démocratiquement ! Dans un pays longtemps marqué par la dictature franquiste, cela rappelle forcément des souvenirs douloureux. Il est très difficile de dire si sans cette intervention brutale d’un autre temps le résultat du référendum eut été différent. La violence policière a empêché certainement de nombreux Catalans d’aller voter, mais d’un autre côté, elle les a radicalisés et beaucoup qui ne voulaient pas voter « oui » l’on finalement fait pour marquer leur désaccord avec le gouvernement et ses pratiques antidémocratiques. En tous les cas, en confisquant les urnes et les listes d’émargement, le gouvernement central a fortement abaissé la participation. Le premier ministre espagnol a justifié sa brutalité au nom du respect de la démocratie et « du vivre ensemble » selon les propres mots employés par le premier ministre espagnol ! Le journal El Pais, journal conservateur, considérait que le référendum était pratiquement monté de toutes pièces par… les Russes qui après avoir truqué les élections aux Etats-Unis et en France, auraient jeté leurs forces maléfiques dans le but de détruire l’Espagne [5] ! 

    L’avenir de la Catalogne et celui de l’Europe 

    Le référendum en Catalogne et après ?

    On entend ici et là des voix un peu fausses s’élever pour demander, comme vient de le faire l’hypocrite PSOE, que le dialogue reprenne entre Madrid et Barcelone. Même son de cloche du côté de la Commission européenne. Mais la communauté internationale est plutôt inquiète. Seul Macron, comme à son ordinaire, a osé prendre une position aussi ferme que stupide en annonçant à Tallin qu’il ne reconnaitrait pas la Catalogne indépendante, avançant que son seul interlocuteur était Rajoy. Il a bien fait de le dire vite, car il se pourrait bien que celui-ci ne reste pas très longtemps en fonction[6]. « J’ai un principe extrêmement simple, a-t-il dit, : entre Etats membres, nous n’avons pas de leçons à nous donner. Je ne connais qu’un interlocuteur à la table du Conseil européen, c’est Mariano Rajoy, je sais qu’il gère au mieux les affaires intérieures. J’ai confiance dans sa détermination à défendre les intérêts de toute l’Espagne. » Cela a sans doute fait rigoler les Espagnols et encore plus les Catalans. Mais on sait que Macron n’est pas très doué pour les relations diplomatiques, il ne se rend pas compte qu’en affichant ce type de position, il insulte l’avenir.

    Le référendum en Catalogne et après ? 

    Juncker après avoir dit qu’il reconnaitrait le résultat du référendum catalan, semble avoir fait machine arrière[7]. Cependant les positions ne sont pas claires. En effet, si l’Union européenne reconnait l’indépendance de la Catalogne, on ne sait pas si ce sera sous la forme d’une nouvelle nation, avec un Etat, ou d’une simple région. C’est important parce que le projet fédéraliste européiste – que Macron n’a manifestement pas eu le temps d’approfondir – est une fédération de régions et non de nations. C’est pour cette raison que beaucoup pensent que l’indépendance de la Catalogne accélérerait un projet d’Europe fédérale des régions et donc la destruction des nations[8]. Mais en vérité rien n’est sûr, région indépendante ou nation indépendante au cœur de l’Europe, on ne peut pas trancher d’une manière définitive. 

    Sorties de crise 

    L’attitude cynique de Mariano Rajoy, outre qu’elle risque de lui coûter son poste, a renforcé les indépendantistes catalans dans leur détermination. Si le bras de fer entre la Catalogne et le pouvoir madrilène persiste, cela pourrait avoir des conséquences sur l’économie espagnole, mais aussi sur l’Union européenne. Il existe plusieurs solutions de sortie de crise.

    1. Maintenir au pouvoir Rajoy et agir avec brutalité encore pour ramener l’ordre en Catalogne, avec par exemple une mise sous tutelle de l’administration catalane. Si cette option renforcerait manifestement la nation espagnole, elle laisserait en l’état les tensions entre les deux parties. En outre il est probable que le gouvernement espagnol serait désavoué par l’Union européenne, mais aussi par le PSOE qui tient entre ses mains le sort de Rajoy et qui appelle à une reprise du dialogue.

    Le référendum en Catalogne et après ?

     2. La reprise du dialogue signifierait que les deux parties tombent d’accord sur un compromis. Par exemple si le gouvernement de Madrid accorde une plus large autonomie à la Catalogne, en échange d’un maintien ferme de celle-ci dans la nation. Cette solution qui pourtant semble la plus logique puisqu’elle permettrait d’éviter un affrontement long et ruineux, pose deux problèmes. Le premier est celui d’un médiateur. Certains pensent à la Commission européenne qui jusqu’ici ne veut pas se mêler des affaires internes d’un pays membre. La France aurait pu jouer ce rôle si Macron n’avait pas fait, comme à son ordinaire, des déclarations intempestives en se rangeant du côté de Rajoy. La Catalogne est en effet l’interface entre la France et le reste de l’Espagne. Le second problème sera que les eux parties risquent de jouer la montre : les Catalans peuvent être tentés par le compromis qui renforcerait à terme leur velléité d’indépendance ; et Madrid peut penser sournoisement que le temps dissoudra avec quelque effort le tropisme indépendantiste.

    3. Les Catalans profitent de leur position favorable aujourd’hui face à la communauté internationale pour aller jusqu’au bout et revendiquer un Etat souverain de plein exercice. Cette position ne peut aboutir qu’à un affrontement direct avec Madrid. Les journaux catalans du lundi 2 octobre 2017 avançaient que c’est cette solution que choisirait au moins provisoirement Puigdemont et qu’il prononcerait l’indépendance de la Catalogne dans les jours qui viennent[9]. Si cela devait se faire, l’Union européenne serait en première ligne pour une crise majeure. Elle ne pourrait en effet jouer les Ponce Pilate et devrait prendre position, soit pour reconnaitre le résultat, mais alors ce serait considéré comme une offense par Madrid, soit donner raison à Madrid, mais dans ce cas-là ce serait entériner le fait que la bureaucratie européenne n’aime pas les référendums. Une solution intermédiaire pourrait être trouvée en demandant que le référendum ait lieu sur de nouvelles bases, et en faisant pression pour que Madrid en accepte le résultat.  

    Le référendum en Catalogne et après ?

    Il est facile de voir qu’aucune de ces solutions n’est satisfaisante. On peut dire sans grand risque de se tromper que la crise catalane ne fait que commencer. Plus généralement il faut réfléchir à ce phénomène qui voit les mouvements indépendantistes se développer un peu partout dans le monde. C’est à la fois la conséquence de la crise de 2008, et une remise en question de la mondialisation. Les Catalans au fond prennent le contre-pied de l’idéologie européiste qui nous demande de croire que plus nous sommes nombreux dans un grand ensemble plus ou moins flou, et plus nous sommes heureux.

     

     


    [1] http://in-girum-imus.blogg.org/l-europe-et-l-independance-de-la-catalogne-a131714346

    [2] http://www.liberation.fr/planete/2017/10/01/catalogne-844-personnes-ont-sollicite-une-assistance-medicale_1600074

    [3] http://www.un.org/fr/sections/un-charter/chapter-i/index.html

    [4] http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/02/l-espagne-et-la-catalogne-plongent-dans-l-inconnu_5194775_3214.html

    [5] https://politica.elpais.com/politica/2017/10/01/actualidad/1506885911_363023.html

    [6] http://www.lemonde.fr/international/article/2017/09/29/l-europe-tendue-avant-le-vote-en-catalogne_5193812_3210.html

    [7] https://www.euractiv.fr/section/politique/news/catalonian-independence-juncker-ventures-into-unchartered-waters/

    [8] http://www.liberation.fr/debats/2017/09/26/l-avenir-de-l-europe-se-joue-bien-en-catalogne_1599099

    [9] http://www.elperiodico.cat/ca/politica/20171001/puigdemont-anuncia-el-cami-cap-a-la-independencia-6324898

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  • L’industrie et le multiplicateur d’emploi 

    Sous Macron la braderie de l’industrie française continue

    L’industrie, d’une manière ou d’une autre est importante du point de vue de la souveraineté d’un pays. Mais depuis quelques années, les capitalistes français obsédés par la finance ont décidé de s’en débarrasser. Ce mouvement tout à fait conscient a été encouragé par les hommes politiques français. L’industrie représente aujourd’hui environ 12% du PIB français quand elle est de plus de 21% en Allemagne. Or le développement industriel est important dans la création d’emplois. Dans le graphique ci-dessous, on voit que la France perd d’une manière continue dans emploi dans ce secteur d’activité. C’est d’autant plus dramatique que cela a un effet direct sur la balance commerciale. Moins un pays est industrialisé dans une économie mondialisée, et plus il aura une balance commerciale déficitaire. Ajoutons qu’un emploi créé dans l’industrie a plus d’importance pour lutter contre le chômage qu’un emploi dans le secteur des services. C’est ce qu’on appelle le multiplicateur d’emploi. Le multiplicateur d’emplois se calcule par branche à partir du fait qu’un emploi créé dans une industrie génère des emplois en amont et en aval de la filière, mais aussi des emplois indirects par le fait qu’un emploi crée un salaire qui sera ensuite dépensé. Pour obtenir le multiplicateur d’emploi, on additionne ensuite les emplois créés directement par l’activité de la filière et ceux qui sont générés indirectement par les revenus distribués[1]. Par exemple dans les services informatiques, 1 emploi créé engendre 1,1 emplois. Mais dans les chantiers navals ou la sidérurgie, 1 emploi créé peut engendrer jusqu’à 8 ou 9 emplois ! C’est d’ailleurs l’importance de la valeur de ce multiplicateur qui pendant longtemps justifiait que l’Etat subventionne des activités comme les chantiers navals ou la sidérurgie, jusqu’à ce que Laurent Fabius en tant que ministre de l’industrie, puis en tant que premier ministre commence à lâcher l’industrie lourde de la France au début des années quatre-vingt. Les autres suivront cette malencontreuse initiative qui fut prise au nom de l’Europe et de la logique du marché. 

    Deux affaires en cours qui en disent long 

    Sous Macron la braderie de l’industrie française continue 

    Le gouvernement Macron-Philippe n’aime pas l’industrie et le fait savoir, il n’aime pas non plus les prolétaires qui vont avec. Avant même que ne s’engage les grandes soldes des privatisations, le voilà qu’il vient de décider de l’avenir de deux entreprises importantes de l’industrie française. Le premier projet est celui de la vente des chantiers navals STX au groupe italien Fincantieri. L’idée que le journal Le monde qui a toujours le mot pour rire est ce qu’on appelle un montage subtil[2]. L’italien Fincantieri possédera 50% du capital. Mais comme il veut avoir la mainmise sur l’ensemble de l’entreprise, l’Etat français, c’est-à-dire le couple infernal Macron-Philippe, va lui prêter 1% du capital ! Comme on sait que l’opinion publique française n’appréciera guère, on a trouvé cette astuce qui n’abusera que les imbéciles. En effet, c’est une première étape, mais si Ficantieri prend la maitrise des chantiers navals STX, il va vite les couler pour ne plus avoir de concurrent, au passage il est probable qu’il pillera le savoir-faire et aussi le fond de roulement. On connaît ce genre de montage. 

    Sous Macron la braderie de l’industrie française continue 

    Plus dramatique est la vente annoncée d’Alstom, disons sa partie ferroviaire, celle qui permettait de fabriquer les TGV et qui longtemps a été un fleuron de l’industrie française. Le dépeçage d’Alstom ne date pas d’aujourd’hui. On sait qu’une partie, celle qui concerne la fabrique des turbines pour les centrales nucléaires, a été vendue dans des conditions douteuses en 2015 à l’américain General Electric[3]. Sans doute Macron en tant que ministre de l’économie a joué un rôle là-dedans. Mais il y avait en France même tout un groupe de personnes représentant le capitalisme financier qui poussait dans ce sens. On peut lire sur ce sujet l’article ignoble de l’ignoble Edouard Tétreau[4] qui se félicite de ce qui devait arriver.

    Aujourd’hui Macron et le lobbyiste Philippe qui à mi-temps est aussi premier ministre, vendent par l’intermédiaire du groupe Bouygues Alstom ferroviaire à Siemens. Le motif invoqué est d’augmenter le poids de l’entreprise européenne pour concurrencer les Chinois par exemple[5]. C’est toujours un peu la même chanson on fait semblant de croire qu’on sera plus fort alors même que la France va perdre un peu plus de son autonomie.

    En échange Siemens s’est engagé à maintenir l’emploi et les sites français…  sur 4 ans. Mais 4 ans c’est vite passé. Ensuite tout le monde aura oublié, et nous irons acheter nos rames de TGV à l’Allemagne qui rapatriera les unités de production chez elle. Ce qui alourdira un peu plus le déficit commercial et qui engendrera une nouvelle hémorragie d’emplois qualifiés. En vendant Alstom aux Allemands, on renforce la puissance industrielle de l’Allemagne, et on s’affaiblit. 

    La France sous la tutelle du capitalisme financier 

    Le couple Macron-Philippe apparaît ainsi comme les porte-parole du capitalisme financier français. Je ne suis pas le premier à avoir remarqué que dans la division internationale du travail, l’Allemagne tend à devenir un capitalisme industriel haut de gamme, tandis que la France devient un capitalisme financier, affairiste et cosmopolite. On trouve une analyse de ce type chez Duménil et Lévy[6] ou encore chez Cédric Durand[7]. C’est la recherche de l’accumulation du profit en dehors de l’industrie et donc de la production de valeur qui fait que la France en perdant son industrie perd aussi ses capacités à créer des emplois en quantité suffisante.

    Le capitalisme à la sauce Macron-Philippe nous inflige une double peine, non seulement il détruit les possibilités d’emploi et prend appui sur le chômage de masse pour défaire le droit du travail au profit des riches, mais en outre, il rend la France de plus en plus dépendante des marchés extérieurs et plus particulièrement vassale de la puissance allemande. Mais comme ils sont d’abord européistes avant que d’être français comme l’a bien précisé le discours de la Sorbonne[8] c’est le cadet de leur souci. C et inflexion du capitalisme français vers la finance se traduit dans l’évolution de la fiscalité. En effet la prochaine loi des finances va avantager particulièrement les gros contribuables, sauf ceux qui ont des placements dans l’immobilier, et donc les détenteurs d’actions, ceux qui tirent leurs revenus de la finance justement[9]. Malgré le caractère amateur du gouvernement et ses foucades, il y a bien un but qui est assumé : détruire l’industrie et favoriser le capitalisme financier.

     

    Ces deux affaires en tous les cas montrent que le gouvernement actuel s’il met en place une politique orientée vers la défense du capitalisme financier n’a strictement aucune idée en ce qui concerne la politique industrielle. Jeudi soir, dans l'émission politique de France 2, la prestation du premier ministre Edouard Philippe masquait derrière l'obsession de défendre les riches et de réduire les déficits un vide abyssal en la matière.

     

     


    [1] Voir Wasilly Leontief & F aye Duchin, The future impact of automation workers, Oxford University Press, 1986.

    [2] http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/09/27/stx-macron-invente-la-privatisation-a-l-elastique_5192124_3234.html

    [3] https://www.la-croix.com/Culture/TV-Radio/dessous-vente-dAlstom-General-Electric-2017-09-25-1200879439

    [4] https://www.lesechos.fr/30/04/2014/LesEchos/21679-043-ECH_pourquoi-vendre-alstom-serait-une-double-bonne-nouvelle.htm

    [5] https://www.lesechos.fr/30/04/2014/LesEchos/21679-043-ECH_pourquoi-vendre-alstom-serait-une-double-bonne-nouvelle.htm

    [6] Gérard Duménil et Dominique Lévy, La grande bifurcation. En finir avec le néolibéralisme, Paris, Éditions La Découverte, 2014

    [7] Le capital fictif, Les prairies ordinaires, 2014.

    [8] http://in-girum-imus.blogg.org/les-propositions-de-macron-pour-relancer-l-europe-a131937298

    [9] http://mobile.francetvinfo.fr/economie/impots/reforme-fiscale/reforme-fiscale-les-plus-riches-beneficieront-d-une-hausse-de-revenus-18-fois-plus-importante-que-les-plus-pauvres-note-oxfam_2388414.html#xtref=acc_dir

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