•  Philippe Vilain, La littérature sans idéal, Grasset, 2017

    Malaise dans la littérature française contemporaine 

    Comme Vilain le rappelle lui-même, de temps à autre on trouve un écrivain qui se met à disserter sur la littérature. Vilain cite parmi ses prédécesseurs illustres Sartre et son Qu’est-ce que la littérature ?[1], Gracq avec La littérature à l’estomac[2]. Cet ouvrage part évidemment d’un malaise assez évident, la littérature française, du moins celle qui se donne des airs, est assez insipide et cela se traduit finalement dans une désaffection du public. Si le livre résiste assez bien en France, le roman se vend de plus en plus difficilement. On a mis cela sur le compte de la trop grande abondance de titres publiés, comme si la médiocrité de l’ensemble cachait aux lecteurs la nécessité de lire des auteurs de qualité. C’est selon moi une idée un peu toute faite et rassurante qui n’interroge guère la façon dont les grandes maisons d’édition sélectionnent et soutiennent leurs auteurs. Car si le public est de moins en moins cultivé, les directeurs des maisons le sont aussi et les écrivains également, il n’y a aucune raison que les littérateurs échappent à l’effondrement de la culture ! Philippe Vilain incrimine aussi le développement d’une critique non professionnelle qui s’épanche sur les réseaux sociaux et qui empêchent les critiques de profession. Il est vrai que ceux-ci ne sont quasiment lus par plus personnes et pèsent peu en termes de prescription, moins finalement que les prescriptions qui se développent sur Internet !

    Philippe Vilain commence à trouver des arguments plus pertinents quand il en vient à la question du marché, mais c’est pour se rabattre immédiatement sur le fait que finalement les grandes maisons d’édition n’assument pas le fait que le livre soit un produit commercial comme un autre. Mais on ne peut pas demander au marché sa protection et en même temps n’avoir que des faibles ventes ! C’est d’ailleurs pourquoi les soi-disant écrivains comme Yann Moix ou Frédéric Begbeider s’en vont faire des piges à  la télévision ou dans les pages culturelles des magazines people. 

    Proust contre Céline  

    Philippe Vilain, La littérature sans idéal, Grasset, 2017

    Le cœur de sa diatribe est cependant la question du style. Selon lui les écrivains contemporains sont devenus plutôt fainéants et ne travaille plus « le bien écrire ». En outre il s’adapte platement aux exigences du marché et répondent à la demande en cherchant leur sujet dans des faits divers retentissants ou dans un style simple pour qu’il soit accessible à tous. A la lecture des écrivains que Philippe Vilain lit et cite, on comprend bien que l’envie de mourir lui vienne, et qu’il croie que la littérature disparaisse, de mémoire, il cite pêle-mêle Yann Moix, Frédéric Begbeider, Bernard Henry-Lévy ou encore Foenkinos, évidemment si tu lis de tels auteurs, tu finis par sentir mauvais de la bouche ! La médiocrité de cette engeance n’est en effet plus à démontrer, sacrifiant à la marchandisation d’une fausse culture, reposant surtout sur beaucoup d’ignorance.

    Philippe Vilain suppose qu’ils ne travaillent pas assez leur style – au passage il épargne pourtant Houellebecq qui en matière de style se trouve au dernier sous-sol – ce qui est assez juste. A l’inverse il pense que lui en possède un ! C’est discutable tant la définition d’un beau style est aléatoire. Mais pour Vilain, le style c’est Proust, et le voilà à se lamenter que les masses ne se prennent pas plus la tête avec A la recherche du temps perdu. Pour lui Proust n’a pas eu de descendants. Les écrivains contemporains s’étant plutôt inscrit dans les pas de Céline et de son écriture orale. C’est donc de Céline que viendrait tout le mal. Au passage, il s’attaque au style de Céline qui, pour être très travaillé n’en est pas moins médiocre. Je souligne ce point parce que très souvent on critique Céline comme un salopard de nazi[3], tout en lui reconnaissant un style singulier et puissant. Vilain me rejoint au moins sur ce point en montrant comment ce style est artificiel et fabriqué, reposant sur des aigreurs recuites. Il s’aperçoit même que le populisme de Céline n’a pas de base sérieuse.

     

    « Le projet célinien échoue, cependant, dans son ambition de démocratiser la langue, dans cette même populiste revendication « antibourgeoise », qui soucieuse – ou  feignant de l’être – de donner la parole au peuple jugé habituellement indigne de figurer en littérature, ne fait, en réalité, que conforter les valeurs de l’idéologie bourgeoise dominante, dans la mesure où Céline ne cesse de déprésenter et caricaturer l’homme du peuple, de le montrer dans sa dimension la plus avilissante et haïssable, comme un misanthrope, raciste vulgaire et lâche ; Céline fait de l’homme du peuple un homo demens condamné à délirer dans un argot parisien ringard, à déparler dans une langue décultivée, abjecte, qui exprime sa propre faillite, la défaite de sa raison, son impossible transcendance, son inconcevable élévation. Céline ne réhabilite personne, il laisse ses personnages dans l’égoût et le dégoût où il les a trouvés, dans l’aliénation où il les admet : point de rémission par la morale, de rédemption par le style, de salut par la poétique dont l’oralité régressive dégrade et déshumanise, se soumet à la dictée de son nihilisme, de son racisme social, de sa détestation du peuple »

     

    C’est un peu ampoulé mais c’est très juste. Cependant Vilain défend le « bien écrire ». C’est très hasardeux, comme de dire que tout ce qui procède de l’oralité est forcément dénué de réflexion et d’universalité. Philippe Vilain aurait dû lire Henry Poulaille, non seulement ses romans, mais aussi son essai Nouvel âge littéraire[4] qui explique pourquoi non seulement le « bien écrire » est une notion historiquement dépassée, mais aussi comment à chaque période de l’histoire la littérature a de nouvelles fonctions. Défendre platement le style pour lui-même est devenu la seule ambition de la littérature bourgeoise, et il n’est pas certain qu’elle puisse un jour l’atteindre, voire même que Proust soit convaincant en la matière.

    Car la qualité du style, si elle importe, n’est pas dépendante du temps qu’on y a passé à le peaufiner, ni non plus que de méthodes certifiées de production. C’est tout de même l’intérêt de la littérature que de concéder cet espace de liberté. Au passage Vilain s’en prend à la littérature américaine avec condescendance. Un peu comme si cette littérature n’ayant pas d’histoire, elle était forcément sans style. Soit il s’agit là d’un manque de culture de la part de Vilain, soit un dénigrement sans fondement à des fins obscures. On peut le renvoyer à John Dos Passos et à sa trilogie USA, il y apprendra beaucoup[5]. Mais au bout de son ouvrage, on ne comprend pas trop à quoi il aspire, ni ce qu’est pour lui La littérature littéraire. Certes poétiser la France pourquoi pas, mais après tout n’est-ce pas aussi la petite musique revendiquée par Céline ? 

    Philippe Vilain, La littérature sans idéal, Grasset, 2017 

    Opposer Proust et Céline n’est pas une nouveauté, c’est même ce que Céline revendiquait, arguant qu’en dehors de lui-même, seul Proust avait créé quelque chose, ce qui ne l’empêchait pas de le vomir comme le représentant d’une littérature castrée et bourgeoise, « enjuivée » aussi. Mais nous qui avons été éduqués à de meilleures écoles, nous pensons qu’on peut éviter de choisir entre ces deux solutions aussi médiocres l’une que l’autre et préférer une troisième voie, justement celle par exemple de la littérature prolétarienne telle que l’a définie Henry Poulaille.

    Pour le reste justement Philippe Vilain écrit avec un style peut- être travaillé, mais dans le mauvais sens du terme. Il mélange allégrement des références universitaires sans en maîtriser toujours le vocabulaire, avec des néologismes qui n’impressionneront que des âmes simples. On note aussi que si ses références en ce qui concerne la littérature contemporaine sont plutôt étriquées – il a une dent contre ce pauvre Jean Teulé. Il ressort de tout cela une volonté élitiste confrontée à l’impuissance d’en être. Ce n’est pas parce que seulement deux pelés et trois tondus s’extasient sur la littérature germanopratine que celle-ci a une quelconque importance. On a bien compris que la littérature d’aujourd’hui manque de style malgré sa volonté déconstructive, mais il ne semble guère que Vilain ait les moyens de combler ce vide. Il serait peut-être temps de se poser la question de l’innocuité de la littérature française contemporaine.

     



    [1] Gallimard, 1948.

    [2] José Corti, 1950.

    [3] Ce qui a été très bien fait par Annick Dufour et Pierre-André Taguieff, Céline, la race, le juif, Fayard, 2017. http://in-girum-imus.blogg.org/annick-duraffour-et-pierre-andre-taguieff-celine-la-race-le-juif-fayar-a129787492

    [4] Valois, 1930.

    [5] http://in-girum-imus.blogg.org/john-dos-passos-usa-gallimard-quarto-2003-a117198228

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  •  Macron, la mise en scène permanente

    En dehors des insultes qu’il envoie maintenant de façon périodique aux Français, surtout s’ils sont pauvres et dans la difficulté, Macron excelle dans la mise en scène de lui-même. Il n’est pas certain qu’il sache faire autre chose d’ailleurs. Un jour on le voit en train de se déguiser en sous-marinier, une autre fois en footballeur. En visite à Saint-Martin durement touché par l’ouragan, tentant de faire oublier l’accueil plutôt frais des habitants, il s’est déguisé quasiment en naufragé[1]. Il a fait savoir qu’il avait dormi sur un lit de camp, qu’il s’était lavé avec un seau d’eau, bref qu’il avait vécu à la dure, un peu comme quand il racontait qu’il avait connu la misère étudiant avec 1000 € par mois[2]. Et puis, cerise sur le gâteau, il aurait patrouillé nuitamment avec les gendarmes histoire d’empêcher les pillages sans doute. Ce président transformiste est le premier du genre a changer d’identité et de costume en permanence, hésitant sur tout, il prend des airs arrogants et autoritaires pour masquer son désarroi de ne pas être aimé par les Français. Mais cette utilisation des apparences va très loin, au point qu’il a besoin de trafiquer en permanence les images de son règne pour essayer de leur donner un peu de consistance. Le 11 septembre 2017, il se trouvait à Toulouse. La presse aux ordres avançant qu’il s’était payé un long bain de foule, juste avant la manifestation du lendemain[3]. La supercherie a été dévoilée. Regardons les deux images ci-dessous, la première en plan resserrée nous montre un Macron un peu adulé, entouré de personnes souriantes et chaleureuses. Mais la réalité de cette mise en scène saute aux yeux dès lors qu’on regarde la même scène en plan large. On voit que cet immense bain de foule, est pour moitié composé de journalistes et de photographes, le reste étant une population de groupies triées sur le volet.  

    Macron, la mise en scène permanente

    Il faut aller sur le site russe rt (Russia Today) pour connaître la vérité[4]. Ce qui par parenthèse en dit long sur la soumission des médias français dont Macron fait mine de se plaindre. On y apprend par exemple que si le petit président a été si bien reçu, c’est non seulement parce que le public destiné à serrer la main auguste avait été choisi, mais aussi parce que les opposants avaient été tenus à l’écart grâce à des cordons de gendarmes mobiles ! Il y a quelques mois, Macron faisait la leçon à Poutine qu’il recevait à Versailles sur la nécessaire indépendance de la presse comme garantissant la démocratie, et donc qu’il fallait que les médias russes qui opèrent en France soient un peu plus objectifs. On sait que depuis ces derniers sont bannis des conférences de presse du jeune monarque capricieux. Mais nous, ce que nous retenons, c’est que pour avoir des informations fiables sur ce que fait réellement le président, et surtout comment cela est reçu, il nous faut aller justement sur les sites russes !!  

    Macron, la mise en scène permanente

    Mentir et tricher est le propre des hommes politiques qui cherchent à passer pour ce qu’ils ne sont pas. Mais Macron a atteint des sommets dans cet exercice. Rappelez-vous son défilé sur les Champs Elysées lorsqu’il fut intronisé président par son prédécesseur. Là encore les médias français s’étaient surpassés pour tenter de donner une image de liesse à ce non-événement. La technique est bien rodée. On regroupe les groupies en un endroit où ils peuvent donner une impression de masse… à condition de les filmer en plan rapproché. Et puis on élimine les plans trop larges qui auraient montré que ce jour-là les Champs Elysées étaient quasiment déserts[5]. C’est ce que nous voyons dans les deux photos ci-dessous. Le plus drôle étant sans doute de voir Macron saluer tout sourire des platanes et des bancs, des espaces vides comme s’il répondait aux acclamations d’une foule en liesse. C’est assez pathétique de voir à quel point ce président haï aimerait être aimé. On avait déjà connu ça avec Sarkozy, mais sur le mode mineur. La technique est ici reprise en profondeur et devient système. Il n’est pas certain que cela puisse durer tout le quinquennat et que cela suffise à enrayer l’effondrement d’une popularité branlante. 

    Macron, la mise en scène permanente

    Macron, la mise en scène permanente

     

     

     

     


    [1] http://lelab.europe1.fr/la-mise-en-scene-demmanuel-macron-a-saint-martin-qui-dort-sur-un-lit-de-camp-et-se-lave-au-seau-3434648

    [2] http://www.valeursactuelles.com/politique/quand-emmanuel-macron-avait-une-fin-de-mois-difficile-74496

    [3] http://www.europe1.fr/politique/bain-de-foule-et-manifestation-pour-la-venue-de-macron-a-toulouse-3433265

    [4] https://francais.rt.com/france/43039-toulouse-emmanuel-macron-bain-de-foule-logement-manifestations

    [5] https://francais.rt.com/france/38327-pluie-french-cancan-champs-elysees-vides-investiture-insolite-emmanuel-macron

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  •  La manifestation anti-Macron du 12 septembre 2017 

    Manifestation unitaire à Nantes 

    La contestation divisée 

    La première manifestation contre la politique ultra-droitière de Macron a été un demi-succès pour les travailleurs. Malgré les comptes-rendus très hostiles des journaux préposés à la propagande macronienne comme Le monde par exemple qui essaie de mettre en lumière les divisions du Front syndical[1], ou qui par l’intermédiaire du sinistre Michel Noblecourt tente de faire croire que la CGT est isolée, la mobilisation a été au rendez-vous. Les manifestations du 12 septembre ont été moins nombreuses que celles contre la loi El Khomri. Mais elles ont été très suivies comme par exemple à Nantes ou à Marseille. Il est évident que les hiérarques de FO ou de la CFDT qui ont été vendus au gouvernement pour peser contre le mouvement social ont eu un poids certain dans la démobilisation. Mailly et Berger ont entretenu une confusion qui profite manifestement à Macron qui s’annonce comme le président le plus anti-social de toute la Vème République. La division ne vient pas seulement de Mailly et de Berger, elle vient aussi de l’incapacité de la CGT et de la France Insoumise à s’entendre, les passes d’arme entre Martinez et Mélenchon ont trop alimenté la chronique. En effet ces deux boutiques tentent de s’approprier le leadership du mouvement, et cela se voit. Le succès d’un mouvement anti-macron ne peut venir que d’un front syndical élargi. Comme toujours la base a des problèmes avec ses dirigeants 

    La manifestation anti-Macron du 12 septembre 2017 

    Mais ces éléments de division ne doivent pas masquer le fait que dans de nombreuses villes non seulement Force Ouvrière a défilé avec la CGT, mais aussi que certaines sections de la CFDT ont fait de même[2] ! Plus de la moitié des sections FO ont appelé à la manifestation. Et de nombreux syndicalistes de la CFDT ont mêlé les drapeaux orange aux drapeaux rouges de la CGT. C’est la bonne nouvelle. On a même vu Benoît Hamon le candidat malheureux du P « S » venir soutenir le mouvement, dans l’indifférence générale. Le P « S » a été remarqué pour sa valse-hésitation. Olivier Faure qui fait office de porte-parole de ce petit parti croupion avait critiqué violemment les ordonnances – qui pourtant sont dans la lignée de ce que Hollande et le P « S » avaient imposé l’an dernier – a refusé de rejoindre la manifestation[3]. C’est assez pathétique de voir un parti politique qui fut important couler toujours plus profond. Si c’est comme ça qu’il compte se refaire une santé, c’est raté. 

    La manifestation anti-Macron du 12 septembre 2017 

    L’avenir du mouvement 

    Un tel mouvement ne peut avoir de sens – c’est-à-dire faire reculer le gouvernement – que s’il s’installe dans la durée. Et donc ce qui va compter c’est plus encore que le nombre des manifestants d’hier, c’est la détermination des travailleurs. On sait qu’une ou deux manifestations, quelque massives qu’elles soient ne suffiront pas à faire reculer l’arrogant président français déterminer à faire appliquer les directives de Bruxelles. Les semaines à venir vont nous faire savoir si le mouvement s’enracine ou s’effrite. Mais il est évident que ce mouvement encore timide doit être appuyé par toutes les autres victimes de la politique anti-sociale macronienne : les retraités qui sont loin d’être tous des nantis, les étudiants qui travaillent dans des conditions de plus en plus difficiles, et plus généralement tous les Français qui commencent à en avoir assez de se faire injurier par un jeune cuistre qui doit au hasard conjugué au soutien du grand capital de se trouver à la tête du pays.  J’ajoute que les projets de Macron, concernant les privatisations et le démantèlement des systèmes de retraite des fonctionnaires devraient apporter encore de l’eau à notre moulin.

    Deux manifestations sont prévues, celle du 21 septembre à l’initiative de la CGT et celle du 23 septembre à l’initiative de la France Insoumise. Il me paraît évident que, même si on considère que cette dispersion est néfaste, il faille participer aux deux pour donner une unité au mouvement social par-delà les querelles d’appareils.

     

     


    [1] http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/09/12/manifestation-contre-la-reforme-du-code-du-travail-les-opposants-en-ordre-disperses_5184170_823448.html

    [2] http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20170912.OBS4554/code-du-travail-une-premiere-manifestation-qui-rassemble-cgt-et-invites-surprise.html

     

    [3] http://www.liberation.fr/france/2017/09/03/manifestations-contre-les-ordonnances-le-ps-encore-et-toujours-divise_1593899

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  •  De quoi l’ouragan est-il le nom ?

    L’ouragan appelé José s’est abattu sur les îles Saint-Martin et Saint-Barthélemy, causant plusieurs morts et des dégâts matériels considérables qui ne se répareront pas de si tôt. La première erreur serait de croire que cet événement est naturel, on sait que la multiplication de ce type de catastrophes est la conséquence du réchauffement climatique et que celui-ci est bien aussi la conséquence de l’activité humaine complètement désordonnée et non maîtrisée[1]. Les Etats-Unis en payent aujourd’hui le prix fort avec Harvey et Irma. Leur coût estimé, sans compter les vies humaines, serait selon les premières estimations, de près de 300 milliards de dollars[2], soit environ 1,5% du PIB. Harvey aurait déjà fait une trentaine de victimes et Irma autant. Le bilan humain ne sera connu que dans quelques jours. Il est possible que cela engendre des épidémies qu’on avait cru disparues. Ce sont des scènes apocalyptiques qui nous ont été retransmises par les télévisions. Aux Etats Unis on s’est mobilisé pour venir en aide aux victimes, Trump a annoncé qu’il donnerait 1 million de dollars de sa poche, d’autres artistes ont fait de même, par exemple Sandra Bullock. Tout cela est un scénario bien rôdé, on constate et on compatie. Trump ne semble pas toutefois vouloir changer sa position climatosceptique, malgré la pression de l’opinion[3]. Après cette répétition du scénario bien rodé de Katrina, il se pourrait cependant que cela amène à un tournant, et d’autant plus que Trump est un président très impopulaire, presqu’autant que Macron en France. 

    Le retrait de l’Etat français 

    De quoi l’ouragan est-il le nom ? 

    Pour la France, les ravages de l’ouragan on mis en avant une fois de plus l’amateurisme de Macron et de ses ministres dans la conduite de l’Etat. On peut parler de véritable défaillance des services de l’Etat. Comme on sait, l’île de Saint-Martin est divisée en deux, une partie est néerlandaise et l’autre française. Or dans la partie néerlandaise, tout le monde à remarquer que l’Etat hollandais est intervenu en amont et a anticipé la violence de l’ouragan, même Le monde s’en est aperçu[4]. Les autorités ont pris des mesures pour assurer la sécurité des biens et des personnes, notamment en envoyant des militaires. En France rien de tel, non seulement le président Macron n’a rien dit de cette catastrophe, mais il n’a réagi que tardivement en disant qu’il se rendrait sur place le 12 septembre.

    Le désordre dans les îles Saint-Martin et Saint-Barthélemy que la préfète Anne Laubies est déclarée en état de choc et certains ont avancé qu’elle s’était évacuée, abandonnant la place[5]. Le monde a mollement démenti, sans convaincre. De fait on ne la voit plus. Il s’en est suivi des scènes de pillage et de guerre civile, les gendarmes débordés ont conseillé aux habitants de se défendre avec leur moyen, autrement dit d’ouvrir le feu contre les pillards. C’est seulement après la catastrophe qu’Edouard Philippe, un autre amateur au gouvernement, a annoncé qu’il allait envoyer des renforts pour sécuriser les îles[6]. Cette décomposition de l’Etat est bien la conséquence d’une logique politique particulière. Les désordres sont aussi le résultat d’un manque de conscience professionnelles des hauts fonctionnaires dont Anne Laubies est l’exemple caricatural. Du haut en bas de la hiérarchie de l’Etat la démission est à son comble. Pendant ce temps le président Macron, arrogant comme à l’ordinaire, nous explique qu’il ne regrette pas de nous avoir traité de fainéants[7], avançant que si on l’a mal pris c’est qu’on est vraiment stupides de ne pas comprendre la finesse de ses discours qu’il prononce depuis l’étranger. On admirera au passage le courage du président français qui se rend dans les îles une fois que le danger est passé, mais peut-être ne sait-il pas où elles se trouvent ? On se souvient que pendant la campagne présidentielle il croyait que la Guyane était une île[8] et que Villeurbanne se trouvait dans la banlieue de Lille[9]. Il devient de plus en plus évident qu’avec Emmanuel Macron nous avons hérité d’un président très incompétent, mais aussi que son élection a accéléré la décomposition de l’Etat français. 

    De quoi l’ouragan est-il le nom ?

     

     


    [1] http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/08/30/01008-20170830ARTFIG00272-rechauffement-climatique-une-catastrophe-globale-est-garantie-pour-nos-enfants.php

    [2] http://www.europe1.fr/international/etats-unis-irma-et-harvey-vont-couter-290-milliards-de-dollars-3432539

    [3] http://edition.cnn.com/2017/08/25/opinions/trump-response-hurricane-harvey-opinion-kayyem/index.html

    [4] http://www.lemonde.fr/climat/article/2017/09/11/dans-la-partie-neerlandaise-de-saint-martin-une-intervention-jugee-a-la-hauteur_5183836_1652612.html

    [5] http://www.liberation.fr/societe/2017/09/09/saint-martin-la-prefete-deleguee-et-son-equipe-en-etat-de-choc_1595244

    [6] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/09/08/01016-20170908ARTFIG00160-irma-200-gendarmes-attendus-en-renfort-pour-securiser-saint-martin-theatre-de-pillages.php

    [7] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2017/09/11/25001-20170911ARTFIG00120-macron-ne-regrette-absolument-pas-d-avoir-parle-de-faineants.php

    [8] http://www.lci.fr/elections/la-guyane-une-ile-selon-emmanuel-macron-la-bourde-qui-fait-rire-internet-2030368.html

    [9] https://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Actualites/Pour-Emmanuel-Macron-Villeurbanne-se-situe-dans-la-banlieue-de-Lille

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  • Emmanuel Macron, président de l’anti-France, insulte les Français

    Injurier les Français comme mode de gouvernement 

    Sous prétexte que Macron a remporté l’élection présidentielle, sans toutefois remporté l’adhésion, d’aucun le pense intelligent. Il démontre jour après jour qu’il est tout le contraire, et qu’il est bien là par hasard, parce qu’il a bénéficié d’un soutien sans faille de l’oligarchie financière. Un petit article qui a fait grand bruit dans le New York Times du 8 septembre, s’est attaché à montrer pourquoi ce président élu par hasard était d’ores et déjà le plus impopulaire de la Vème République[1].

    Macron suppose que tous ceux qui ne pensent pas comme lui, « les Français », sont des imbéciles. Déjà à Bucarest, il avait annoncé que les Français sont inréformables[2], alors même que les Français subissent année après année des réformes qui vont toutes dans le même sens : libéraliser le marché du travail, accroître la répartition de valeur en faveur des plus riches. Depuis 1983, les Français ont subi, au nom de la lutte contre le chômage 17 réformes, celle de Macron-Philippe-Pénicaud sera la 18ème. C’est beaucoup, et surtout peu efficace, mais on note que les Français ont été extrêmement patients avec leurs hommes politiques qui dans tous les domaines, depuis qu’ils se sont alignés sur les positions de la Commission européenne, ont fait preuve d’une grande inefficacité. 

    Emmanuel Macron, président de l’anti-France, insulte les Français 

    L’arrogance de Macron qui sans doute se désole d’être autant haï, s’étale chaque fois qu’il est à l’étranger. Rappelons qu’avant son élection ce menteur avait annoncé qu’il ne ferait aucune déclaration sur la politique intérieure française depuis l’étranger. Mais il n’a pas pu s’en empêcher et cela a un sens comme on va le voir. Le voilà qui, depuis la Grèce martyrisée par l’Union européenne, injurie le peuple qu’il est sensé présidé. C’est du jamais vu. Certes on sait que les derniers présidents ont présenté des marques de mépris à l’endroit du peuple, on se souvient du « Casse toi pauvre con de Sarkozy ! », mais c’était en France ; et quand Hollande moquait les pauvres en les assimilant à des sans-dents, il ne le faisait pas publiquement. Alors que d’un côté Macron fait semblant de prôner le dialogue social – seuls semblent y croire Mailly et Berger – il désigne les opposants à sa méthode de « Fainéants, cyniques et extrêmes », annonçant qu’il ira jusqu’au bout quoi que l’on dise et quoi que l’on fasse[3]. 

    De quoi Macron est-il le nom ? 

    Certains voient dans cette attitude bouffonne qui met en scène sa détestation des Français, la conséquence d’une arrogance naturelle, d’autres un comportement de classe[4]. Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas suffisant. En vérité ces insultes sont tout à fait en phase avec la ligne politique de Macron. On peut résumer celle-ci en quelques mots : il rêve de dissoudre la France dans une Europe fédérale sous domination allemande. Tout ce qu’il fait va dans ce sens.

    Emmanuel Macron, président de l’anti-France, insulte les Français 

    On se souvient qu’en meeting à Lyon au mois de février 2017, il avait affirmé que la culture française n’existait pas[5]. Puis devant le tollé que ses propos avaient suscité, il avait tenté de faire machine arrière avec des arguties qui n’avaient pas convaincu. Cela est passé sur le compte d’une mauvaise éducation, d’une culture générale un peu maigre. Et puis, on s’est dit que la question de la culture n’était pas aussi importante que cela. Pourtant on aurait dû s’y attarder un peu plus parce que la culture, c’est bien ce qui fonde une nation, et c’est bien pour ça que l’Europe ne sera jamais une nation, parce que ses peuples ne partagent pas la même culture.

    Et puis plus récemment, Macron en signe de soumission à Madame Merkel, a invité au Conseil des ministres, un allemand, Sigmar Gabriel, afin que celui valide la réforme du droit du travail présentée par la sinistre Pénicaud[6]. Ce qu’il s’est empressé de faire. Certains ont voulu voir dans cette extravagance inédite depuis l’époque de l’Occupation, la volonté de Macron de renforcer le couple franco-allemand. En vérité ce sont des gages de bonne volonté destinés à faire avancer l’idée d’une Europe fédérale et ultra-libérale dans laquelle toute souveraineté française serait annihilée. Pour avancer dans cette voie-là, il faut en effet comme le demande Macron, que la France abandonne la maîtrise de son budget, et que le budget européen s’accroisse dans de grandes proportions. Il propose même qu’on crée un poste de ministre de l’économie pour la zone euro[7]. Etant donné que si ce cas de figure advenait la France passerait obligatoirement sous les fourches caudines de l’Allemagne, puisque ce serait elle qui devrait financer les transferts vers les pays les plus pauvres[8].

    Pour l’instant on n’a pas pris cette menace au sérieux, pensant que l’Allemagne n’accepterait jamais un tel compromis qui l’obligerait à abaisser le niveau de vie de ses citoyens. Mais il est possible qu’après les élections du 24 septembre 2017 en Allemagne, la musique change, et que l’objectif de dissolution des nations européennes reprenne de la vigueur, notamment par le biais d’une accélération de la politique migratoire. 

    La cohérence européiste de Monsieur Macron  

    Emmanuel Macron, président de l’anti-France, insulte les Français

    Quelle que soit l’antipathie que l’on ressente vis-à-vis de Monsieur Macron, il ne faut pas oublier que sa politique est cohérente. Il s’est toujours défini en effet comme ultra-européen. Il avance que pour mieux défendre la France et l’intérêt des Français, il faut renforcer l’Europe. C’est un mensonge éhonté puisque de nombreux pays qui ne sont pas dans l’Union européenne et qui maintienne une souveraineté presqu’intacte obtiennent de très bons résultats, je pense au Japon, à la Corée du Sud, ou encore, plus proche de nous, à la Suisse. C’est bien cette politique du toujours plus d’Europe qu’il faut combattre, que ce soit en manifestant contre les ordonnances, que ce soit contre le CETA ou encore contre le TAFTA. On n’a guère de choix, soit on est pour une Europe de plus en plus intégrée, et on dit adieu à la France et à La Marseillaise, soit on veut défendre la souveraineté de la France, et alors il faut être clair : nous devons sortir de l’Europe et de l’euro. Que Macron aille faire la réclame d’une Union européenne renforcée en Grèce sous le sourire imbécile de Tsípras, politicien totalement discrédité aujourd’hui, ne manque pas de sel, la Grèce est en effet bien payée pour savoir ce qu’il en coûte que de vouloir rester à tout pris dans l’Europe et dans l’euro. Non seulement la Grèce a perdu toute sa souveraineté, mais en outre ce pauvre petit pays est soumis au pillage incessant de l’Allemagne, des banques et des multinationales[9]. J’ajouterais que les réformes du marché du travail que propose Monsieur Macron ont été appliquées en Grèce, en Espagne et en Italie, et que ces réformes n’ont en rien permis au chômage de redescendre significativement, et en tout cas le chômage reste dans ces pays bien plus élevé qu’en France. 

    Emmanuel Macron, président de l’anti-France, insulte les Français 

    On disait Nicolas Sarkozy trop clivant, et bien on a trouvé encore pire avec Monsieur Macron ! Celui-ci a remonté tout le monde contre lui. Très mauvais tacticien, Macron a cru qu’en achetant Jean-Claude Mailly par le biais du recrutement de Stéphane Lardy, il entraverait la mobilisation contre ses ordonnances. Il s’est trompé, car en pratiquant ce type de corruption directe d’un dirigeant syndical, non seulement il a réarmé la base de FO qui a discrédité son secrétaire général, mais il a contraint la CFDT à prendre ses distances avec lui ! Or c’était le principal syndicat sur lequel il pouvait vraiment compter[10].

    La conclusion de tout cela ce n’est pas seulement que nous devons manifester le 12 septembre, le 21 septembre et le 23 septembre notre indignation contre l’arrogance et le mépris de Monsieur Macron, et que ces journées soient un grand succès, mais nous devons commencer aussi à réfléchir à ce par quoi on peut le remplacer. Pour ma part je pense que la première étape est de rassembler tous les souverainistes, de droite comme de gauche, qui veulent faire sortir la France de la tutelle de la bureaucratie européiste, car sans émancipation des traités européens, aucune politique économique alternative n’est possible. 

    Emmanuel Macron, président de l’anti-France, insulte les Français 

     


    [1] https://www.nytimes.com/2017/09/07/opinion/emmanuel-macron-popularity.html?_r=0

    [2] http://www.lalsace.fr/actualite/2017/08/24/selon-macron-les-francais-detestent-les-reformes

    [3] http://www.lefigaro.fr/politique/2017/09/08/01002-20170908ARTFIG00154-reformes-macron-ne-veut-rien-ceder-aux-faineants-aux-cyniques-et-aux-extremes.php

    [4] http://russeurope.hypotheses.org/6264

    [5] https://francais.rt.com/france/33569-il-n-a-pas-culture-francaise-macron-attire-foudres-droite

    [6] http://www.liberation.fr/france/2017/08/30/travail-le-vice-chancelier-allemand-impressionne-par-la-reforme-francaise_1592945

    [7] http://www.france24.com/fr/20170713-merkel-macron-ministre-finances-commun-zone-euro-economie-ue

    [8] https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201510051018604987-europe-zone-euro/

    [9] http://www.cadtm.org/Biens-communs-Le-pillage-grec

    [10] http://www.liberation.fr/futurs/2017/08/31/la-cfdt-ressent-une-profonde-deception-face-aux-ordonnances_1593246

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