•  Le traité d’Aix-La-Chapelle sera signé le 22 janvier dans la plus grande confusion

    Le 22 de ce mois, Macron et Angela Merkel doivent signer un nouveau traité dit traité d’Aix-La-Chapelle. Le choix de cette ville allemande a été du ressort d’Angela Merkel qui a avancé qu’elle se trouvait à mi-chemin entre Paris et Berlin. Mais d’autres se sont empressé d’y voir le symbole du Saint-Empire romain germanique. Il est complètement hallucinant que ce traité n’ait pas été discuté ni même présenté aux citoyens, comme si on craignait quelque chose. Jusqu’à ces jours derniers, on ne savait même pas de quoi il était fait. Evidemment nous étions une fois de plus occupés par les turpitudes de Macron qui baratinait derrière une armée de policiers des bienfaits du dialogue avec le peuple qui allait, n’en doutons pas, approuver ses réformes et y participer. Notez que ce traité va être signé par deux personnalités discréditées dans leurs pays respectifs. Merkel est sur le départ et une très large majorité de Français a rejeté les réformes brutales de Macron au service d’une caste. C’est le deuxième traité qui sera signé en moins d’un an, sans qu’on ne daigne en parler au peuple, sans doute trop idiot pour comprendre de quoi il retourne. Le premier traité est celui dit pacte de Marrakech de l’ONU pour reconnaitre les migrations comme un droit[1]. Ceci traité a été ratifié par 152 pays. Il a été dénoncé par beaucoup comme étant une porte ouverte pour une déferlante migratoire sur l’Europe. On a tenté de nous rassurer en nous disant qu’il n’en était rien, qu’il n’avait aucun contenu juridique, ni n’obligeait les pays à ouvrir leurs frontières. Soit, mais alors pour quelles raisons le signer ? De nombreux pays ont refusé de le signer : L'Autriche, l'Australie, l'Italie, la Bulgarie, le Chili, la Croatie, les Etats-Unis, Israël, la Hongrie, la Pologne, la Serbie, la Slovaquie, la République dominicaine, la République Tchèque, et la Suisse ne signent pas le pacte. L'Estonie, le Danemark et les Pays-Bas n'étaient pas présents à Marrakech. L’Algérie émet de sérieuses réserves. Si je compte bien cela fait 13 pays sur 27 de l’Union européenne, ce qui prouve une fois de plus que l’Union européenne n’a pas de colonne vertébrale et ne représente guère d’intérêts communs pour les pays qui en sont membres. Et donc de la même manière on nous dit que ce traité ne changera rien, et donc on se demande bien pourquoi on s’empresse de le signer en catimini !  

    Le traité d’Aix-La-Chapelle sera signé le 22 janvier dans la plus grande confusion

    Rappelons tout d’abord que ce traité est censé être le pendant ou le complément de celui qui avait été signé en 1963 entre la France représentée par Charles De Gaulle et l’Allemagne représentée par Conrad Adenauer. A cette époque-là, l’Allemagne était demandeuse de ce genre de traité pour tenter d’effacer ses années de honte qui avaient conduit l’Europe et le mode à la guerre. Si elle se redressait rapidement grâce à l’aide américaine et au fait que ses dettes furent annulées, l’Allemagne restait un nain politique, elle avait besoin de faire une percée diplomatique significative pour se normaliser. Elle avait donc besoin de la France. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, ainsi que l’a montré dans son dernier ouvrage Coralie Delaume, encore que la France peut l’aider à avoir plus de poids à l’ONU[2]. Par ailleurs, la France et l’Allemagne appartenant toutes les deux à l’Union européenne et à la zone euro, on ne comprend pas très bien l’idée et le but d’un traité spécifique entre la France et l’Allemagne. Au mieux cela voudrait dire que le couple franco-allemand est reconstitué au détriment des autres pays de la zone euro qu’il entend guidés.  

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    Qu’est-ce qui donc pose problème dans ce nouveau traité[3] ? Il y a d’abord cette idée que les normes d’une économie ouverte et mondialisée à la manière allemande doivent s’appliquer également à la France. Il y a ensuite le fait que la France et l’Allemagne sont associées pour mener une diplomatie commune. « L’admission de la République fédérale de l’Allemagne en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies est une priorité de la diplomatie franco-allemande. » est il écrit dans le chapitre 2. On voit bien l’avantage de l’Allemagne qui ne dispose pas d’un siège permanent au Conseil de sécurité. Par ce traité Macron s’engage à faire avancer les choses dans ce sens, sans toutefois pour l’instant partager son siège avec l’Allemagne. On sait que c’est une des revendications anciennes de l’Allemagne, il y a quelques mois, le vice-chancelier Olaf Scholz le demandait au nom de l’Europe[4]. Le but est de joindre la puissance économique à la force politique à laquelle elle aspire. Le faible Macron est clairement le Cheval de Troie de cette stratégie car le gain pour la France n’existe pas, une telle démarche ne profite qu’à l’Allemagne. La France accepte dans ce traité de perdre son autonomie et de passer sous les fourches caudines de l’Allemagne pour tout ce qui concerne la diplomatie internationale. Il est clair que Macron nous propose le rôle d’idiot utile. Plus européen que français, le petit président à l’aura bien écornée depuis la crise des gilets jaunes, rompt complètement avec l’idée gaulliste largement partagée en France d’une autonomie diplomatique. Certes il n’est pas certain que cela aboutisse à quelque chose d’autre que des déclarations d’intention, mais on ne voit pas du tout ce que la France y gagne à ce marché de dupes.

    Le second problème est celui des régions frontalières, autrement dit l’Alsace et la Lorraine. Voici que dans le traité qui sera signé le 22 janvier, on a pour objectif de créer une super région transfrontalière. Officiellement cela facilitera la vie des personnes qui vivent à cheval sur ces régions de part et d’autre du Rhin. Mais cette super région transfrontalière sera dotée de fonds supplémentaires et d’une large autonomie. Autrement elle va devenir une sorte de Land à la mode germanique. Si on ne peut pas tout à fait dire que l’Alsace et la Lorraine vont être cédées à l’Allemagne, il est clair que ces deux départements vont se détacher progressivement de l’Etat français, et plus le poids économique et politique de l’Allemagne sera important, et plus ces régions pencheront vers Berlin.  

    Le traité d’Aix-La-Chapelle sera signé le 22 janvier dans la plus grande confusion

    CNN ne s’y est pas trompé qui commence à parler de Strasbourg comme d’une ville allemande. Mais il y a encore autre chose. Le traité prévoit que dans cette nouvelle région, on y développe le bilinguisme. Et donc pour ce qui nous concerne en Alsace et en Lorraine, il faudra que les enfants apprennent l’allemand en première langue. Il y a au moins deux précédents à cette tentative de réintroduire l’allemand en France : entre 1870 et 1918, lorsque ces deux départements furent annexés par l’Allemagne, et entre 1940 et 1945 quand ils furent dotés d’une particularité par l’Allemagne nazie. Dans ce dernier cas, je rappelle que de nombreux Alsaciens avaient fui parce que cette annexion linguistique leur plaisait encore moins que l’annexion politique. Ils se revendiquaient français avant tout, et leur langage régional, l’alsacien, est considéré par eux comme très différent de l’allemand. Si formellement Macron ne vend pas encore tout à fait une partie de la France à l’Allemagne, il s’en rapproche un peu. Et en tous les cas cette démarche va tout à fait dans le sens d’une Europe fédérale qui redécouperait l’espace européen en régions plus ou moins autonomes et qui en finirait avec les nations et donc la nation française. Des mauvais esprits y verront facilement l’intérêt de l’Allemagne, en effet ce pays manque de main d’œuvre qualifiée et les migrants qui sont arrivés depuis 2015 sont plus un boulet qu’autre chose pour l’économie. Ils restent le plus souvent au chômage et doivent être pris en charge par l’Etat : ce qui coûte tout de même 20 milliards d’euros par an. Ils n’ont aucune utilité dans une économie industrielle sophistiquée comme l’Allemagne. Ce ne sera pas le cas des Français pour peu qu’on leur apprenne à parler allemand. On peut facilement anticiper que ce nouveau traité va entraîner une nouvelle forme de STO, les ouvriers qualifiés français seront les bienvenus en Allemagne, mais cela se fera au détriment de l’industrie française déjà mal en point. Mais dans me partage international du travail, Macron a fait une croix sur le développement industriel, pensant que le capitalisme financier à la française pouvait très bien s’en passer.  

    Le traité d’Aix-La-Chapelle sera signé le 22 janvier dans la plus grande confusion

    On remarque que ce traité prévoit aussi qu’un Allemand participera au moins une fois par trimestre au conseil des ministres français. Comme si nous n’étions pas assez surveillés par l’Europe allemande, nous voilà maintenant directement sous sa tutelle. Certes, on nous dira que les Allemands admettent la réciprocité et qu’un ministre français sera autorisé à visiter lui aussi une fois par trimestre le conseil des ministres allemands, mais nous savons que le patriotisme allemand est plus solide que le patriotisme français, surtout si on parle des ministres macroniens toujours prêts à se vendre au plus offrant.  Il y a d’autres points très discutables et discutés d’ailleurs par les Français qui s’inquiètent à juste titre d’une tendance à vouloir fusionner l’armée française avec l’armée allemande qui lui est très inférieure sur tous les plans bien que l’Allemagne soit plus riche que la France. Quid de la bombe nucléaire à laquelle l’Allemagne n’a pas accès ? C’est sans doute pour apaiser ces craintes que Macron n’a présenté ses vœux aux corps constitués cette année qu’en direction des Armées. Les militaires qui n’ont pas beaucoup de sympathie pour Macron vont sûrement se cabrer un peu plus à la lecture de ce traité. 

    Le traité d’Aix-La-Chapelle sera signé le 22 janvier dans la plus grande confusion

    Il existe déjà une brigade franco-allemande, celle-ci préfigure-t-elle une armée commune ? 

    Dans la mesure où le contenu concret de ce traité n’est pas précisé, il appartiendra à la France et à l’Allemagne de valider des avancées réelles. Il se pourrait que ce traité reste lettre morte, d’une part parce qu’une grande partie de l’Allemagne commence à douter de l’avenir de la zone euro, mais d’autre part parce qu’un changement de gouvernement en France pourrait conduire à son abandon réel en l’oubliant au fond d’un tiroir. Mais on peut compter sur Macron pour donner des gages de plus en plus forts à l’Allemagne quant à la dissolution de notre nation. Merkel est finie, mais Macron pas tout à fait encore. Si ce traité n’est pas encore une trahison totale, son application pourrait bien le devenir. C’est évidemment une raison de plus pour écarter Macron le plus rapidement possible du pouvoir. Certains députés LREM veulent y croire : « On peut critiquer le manque d’éléments concrets, mais ce texte est un traité, il est fait pour durer des dizaines d’années, ce n’est pas un décret » souligne de son côté Christophe Arend, député LREM de Moselle et président du groupe d’amitié franco-allemand de l’Assemblée nationale[5], et c’est bien ce qui au fond fait peur, même s’il est clair qu’un traité est aussi fait pour être dénoncé.



    [1] https://www.lemonde.fr/international/article/2018/12/19/le-pacte-de-marrakech-sur-les-migrations-ratifie-largement-a-l-onu_5400008_3210.html

    [2] Coralie Delaume, Le couple franco-allemand n’existe pas, Michalon, 2018.

    [3] On trouvera le texte en suivant le lien suivant, avec un commentaire dont je ne partage pas tout à fait l’analyse.

    [4] https://www.lepoint.fr/europe/onu-l-allemagne-veut-que-la-france-cede-son-siege-au-conseil-de-securite-30-11-2018-2275513_2626.php

    [5] https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/france-et-allemagne-enterinent-une-vision-desenchantee-de-leur-relation-dans-un-nouveau-traite/

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  • Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    Nous sommes maintenant, avec l’acte X, au troisième mois de la contestation des gilets jaunes. Et malgré le battage fait autour du Grand débat, la mobilisation reste étonnement à peu près constante. Selon le site du syndicat de la police, il y avait le 19 janvier 2019, 350 000 manifestants contre 360 000 la semaine dernière, malgré le froid[1]. Evidemment Castaner-le-menteur a avancé imprudemment le chiffre de 27 000, alors que les chiffres des différentes préfectures donnaient 7000 à Paris, 7000 à Bordeaux, 10 000 à Toulouse. Rien que ces trois villes arrivaient officiellement au chiffre de Castaner-le-menteur. Mais il y avait Marseille, Rouen, Lyon, Nantes, etc… Et même à Forcalquier les gilets jaunes ont manifesté par dizaines devant la maison de Castaner-le-menteur qui fut un temps leur maire. Les manifestants ont déployé des nouveaux panneaux pour dénoncer en même temps la répression des gilets, notamment à cause des tirs de flash-ball, et l’impunité dont bénéficient les amis très riches de Macron. Les manifestants ont tout fait pour éviter les heurts, mais on s’est rendu compte que les policiers avaient des consignes très strictes pour disperser rapidement et brutalement les rassemblements, utilisant à Paris les canons à eau sans raison valable, ce qui a entraîné des heurts, semble-t-il assez peu violents. Le ridicule de Castaner-le-menteur se dévoilait facilement dans le fait que 80 000 policiers avaient été mobilisés. Il y aurait eu encore une fois plus de policiers que de manifestants ! Voilà qui serait original et nouveau !  

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    Le monde s’est encore distingué par sa sournoiserie macronienne. Il a répété les chiffres faux de Castaner-le-menteur, parlant de près de 27 000, ce qui veut dire, un peu moins de 27000. Pourtant même que dans le corps du texte on pouvait se rendre compte que les 27000 manifestants étaient très largement dépassés. Mais ainsi va la vie, ce journal est devenu depuis au moins 2016 le bastion de la réaction macronienne. Je me souviens qu’en Mai 68, Le monde critiquait d’une manière assez objective les dérives de la répression gaulliste au nom d’un certain humanisme un peu cureton. Mais aujourd’hui, c’est plutôt le point de vue macronien qui domine et presqu’un appel à durcir la répression. Il aura fallut à ce journal près de deux mois de violences hebdomadaires pour ce rendre compte du caractère inédit de la répression des gilets jaunes. Quand on lit les commentaires des abonnés à ce torchon numérique, on se demande ce qui s’est passé en cinquante ans. Certes en Mai 68, bien que de droite modérée, ce journal était indépendant, et depuis, il a été acheté et vendu plusieurs fois, finissant par tamiser ses journalistes pour n’en garder que les plus médiocres. Mais ceci n’explique pas tout. Les professions semi-éduquées sont maintenant du côté du manche, du côté de Vichy et de la répression féroce. Ce sont des platitudes féroces qui sont énoncées par les lecteurs, et d’un conservatisme que même Le Figaro ne se permet plus. Ils ont intégré les vieux réflexes pavloviens de la bourgeoisie satisfaite du XIXème siècle : salaud de pauvres qui réclament toujours plus ! Ces médiocres petits-bourgeois se gargarisaient du chiffre de 27 000, arguant qu’ils ne comprenaient pas pourquoi on faisait tout un plat d’une si faible mobilisation. Ils avançaient d’ailleurs que les manifestations CGT-FO, c’était vraiment beaucoup mieux, et puis un défilé Bastille-Nation, de temps en temps, ça ne peut pas faire de mal si ensuite on retourne à sa place pour ne pas emmerder ceux qui font des affaires et qui savent comment un pays doit être conduit. Finalement Castaner-le-menteur admettra qu’il y avait pour l’acte X autant de monde que pour l’acte IX, 84 000 manifestants dans toute la France selon lui. Mais il confirmait indirectement ce que nous avons dit au début de notre billet : la mobilisation ne faiblit toujours pas.  

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    Mais laissons là ses péripéties ordinaires. Il est clair que la bourgeoisie va se regrouper autour de Macron, autrement dit que celui-ci va reconstruire un parti clairement de droite en absorbant avec l’aide de Juppé et d’autres guignols comme Xavier Bertrand ou Pécresse, les débris du parti de Sarkozy, Les Républicains. Déjà on commence à voir les commentateurs nous expliquer que si Macron remonte très légèrement dans les sondages, c’est parce qu’il est en train de récupérer une partie de cet électorat qui adore la répression ferme et résolue de ces salauds de pauvres[2]. On va peut êtrte enfin sortir de la fable selon laquelle Macron n’était ni de droite, ni de gauche, et enfin assumer qu’il est le représentant de la droite extrême, européiste et affairiste.

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas ! 

    Manifestation à Marseille, le 19 janvier 2019 

    Malgré ce regroupement des forces réactionnaires autour de Macron – qui est un peu, eu égard sa folie, notre Trump à nous – on ne voit pas bien les issues possibles. Manifestement le Grand débat est déjà un échec, car s’il a permis à Macron de refaire l’unité autour de la droite ordinaire, il n’a pas décidé les Français à la démobilisation. Et cela malgré tout le travail énorme de la police pour dégager les ronds-points et les péages. Certains, dans son propre camp, commencent à murmurer que Macron doit démissionner, lui-même semble d’ailleurs assez pessimiste et il aurait fait des confidences allant dans ce sens. Il est vrai que si cette farce dure encore une dizaine de samedis, jusqu’au printemps, il n’aura plus que la solution du coup d’Etat ou de la démission. Pour le coup d’Etat, il lui sera difficile de s’appuyer sur les militaires, s’il devait y en avoir un, je pense que les généraux déposeraient plutôt Macron et demanderaient de nouvelles élections présidentielles et législatives. En attendant, le soutien aux gilets jaunes ne faiblit pas, il est même légèrement en hausse, à 56% selon un sondage Opinion way publié par LCI le 19 janvier 2019, et 70% des Français ajoutent qu'ils ne croient pas à l'intérêt du Grand débat.

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas ! 

    Manifestation à Bordeaux le 19 janvier 2019 

    Quant aux revendications des Gilets jaunes, elles sont très claires et restent les mêmes : hausse du SMIC et des pensions de retraites, rétablissement de l’ISF, abrogation du CICE et bien sûr mise en place du RIC, avec en arrière-plan la démission de Macron qui leur parait maintenant inéluctable. Cette fois les cortèges étaient mieux encadrés, avec un début de service d’ordre. Il semble également que la police ait reçu des consignes pour utiliser un peu moins les flash-ball. Car même si Castaner défend ce procédé honteux, ça commence tout de même à jaser, non seulement en France où les journaux nationaux ont repris à leur compte le débat sur la répression disproportionnée, mais aussi à l’étranger, car ne l’oublions pas, plus Macron est déstabilisé en France, et plus il sera regardé de plus en plus de travers par ses collègues européistes. Un autre point important c’est la lassitude de la police, jusqu’à quand supportera-t-elle d’endosser le costume des milices patronales ? Ne va-t-il pas y avoir un moment où ils de désolidariseront des consignes de leur hiérarchie ? Enfin, il y a le fait que cette semaine Macron doit signer le traité d’Aix-la-Chapelle avec Angela Merkel, traité qui est vu par beaucoup comme une capitulation de Macron face aux exigences de l’Allemagne, et par certains européistes comme un traité qui ne brade rien du tout de la souveraineté nationale. Mais si ce traité ne sert à rien, pourquoi le signer ? 

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    Manifestations à Paris, le 19 janvier 2019 

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    A Toulouse des slogans anti-européens et et anti-OTAN on fait leur apparition

    Acte X, la mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas !

    A la Tour-du-Pin en Isère, les manifestants étaient conduits par un cavalier !



    [1] https://france-police.org/2019/01/19/estimation-de-la-participation-a-lacte-10-des-gilets-jaunes-a-16h-350-000-manifestants-selon-le-syndicat-france-police-policiers-en-colere/

    [2] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/18/l-electorat-de-droite-constitue-la-principale-reserve-de-voix-d-emmanuel-macron_5410935_823448.html et https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/18/crise-sociale-emmanuel-macron-cherche-la-sortie-par-la-droite_5410933_823448.html

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  •  Grand débat des problèmes qui n’en finissent pas

    Le moins qu’on puisse dire est que la lettre de Macron aux Français a été mal reçue sauf par ce qui reste des soutiens LREM au président. La plupart des commentateurs ont souligné que les thèmes du Grand débat et les questions étaient quasiment prédéfinis. Coralie Delaume pointait que par exemple on ne parlerait pas de l’Union européenne[1]. C’est pourtant un sujet décisif puisque la quasi-totalité de la politique macronienne est déterminée à Bruxelles par les GOPEs. On sait que Macron a commencé à se faire taper sur les doigts par les Allemands parce qu’il dépasserait le déficit admis par la Commission. Suite aux annonces faites par le gouvernement de procéder à la hausse de la prime d’activité, Günther Oettinger, commissaire au budget a demandé que la France soit sanctionnée pour ses dépassements excessifs. Sachant que Macron est bien ennuyé avec la crise des gilets jaunes, on se demande qu’elle est la finalité de ce coup de pied à l’âne : rappeler qui est le maître ? Pousser les Français a détesté encore un peu plus si c’est possible l’Europe[2] ? Cependant il ne faudrait pas croire que les questions européennes et budgétaires – Macron ne veut parler ni des unes, ni des autres – ne sont pas liées. En effet si d’un côté Macron s’abrite derrière Bruxelles pour exiger un déficit budgétaire réduit, il ne faudrait pas oublier que ce déficit qui dépassera sans doute les 100 milliards d’euros en 2019 eut été moindre sans le doublement du CICE – 40 milliards d’euros en 2019 – et la suppression de l’ISF, de l’Exit tax et d’autres menus impôts qui visaient les personnes les plus riches[3]. On voit qu’en réalité sans ces largesses, Europe ou pas, gilets jaunes ou non, le déficit budgétaire en 2019 aurait été quasiment diminué de moitié par rapport aux prévisions. Macron ne veut pas qu’on remette en question son projet fiscal digne d’un pays du tiers-monde qui veut tout faire pour plaire aux investisseurs étrangers, or c’est bien sur cette question que les gilets jaunes sont en guerre avec lui. On voit bien le but de la manœuvre : elle est clairement indiquée dans la lettre de Macron, en ne remettant pas en cause le CICE, l’ISF et les autres arrangements, cela justifie la baisse des dépenses publiques. Et donc il demande à ce qu’on l’aide à faire des choix qui aillent dans ce sens. Il écrit :

    Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? A l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

    Autrement dit il nous demande de saboter nous-mêmes nos services publics ! Annonçant que de toute façon il faudra baisser les dépenses. Il viendra ensuite que la baisse des financements publics rendra ces services publics moins performants et qu’ensuite, au nom de l’efficacité on les privatisera à tour de bras. Mais en vérité les gilets jaunes et l’ensemble des Français ne sont pas hostiles à une hausse de la fiscalité sur les plus fortunés ou sur les GAFA, ils ne sont pas hostiles non plus au démantèlement des niches fiscales[4]. Or celles-ci représentent encore une centaine de milliards d’euros : sans niches fiscales, pas de déficit budgétaire !  

    Grand débat des problèmes qui n’en finissent pas

    On a vu que Macron avait prévenu que de toute façon la parole des Français était libre, mais qu’il ne s’agissait pas d’un référendum, ni d’élection, et donc que quoi qu’ils disent, la politique sociale et économique resterait la même. Cette volonté est clairement perçue par les Français comme une manière de détourner l’attention. Si 70% des Français considéraient que le Grand débat ne servirait à rien avant la lettre de Macron, plus de la moitié ne veulent pas y participer[5]. Et encore ce sondage a eu lieu à chaud, c’est-à-dire avant même que la lettre soit décortiquée dans ses passages les plus douteux. Il est probable que ce chiffre va augmenter. C’est que l’organisation même du Grand débat fait polémique. Chantal Jouanno a fin par s’expliquer sur son lâchage. Au départ, ce devait être la CNDP – Commission Nationale des Débats Publics – qui organise cela. Mais si elle a abandonné c’est parce que Macron et son gouvernement ne respectaient pas un minimum de neutralité, par exemple en définissant par avance les thèmes à débattre et en annonçant que de toute façon rien ne changerait quelle que soit l’issue de ce Grand débat[6]. Ce sera donc un débat animé par le gouvernement et non par la CNDP, et la défection de Jouanno n’est pas liée au dévoilement de son salaire, mais bien à des divergences de fond et à un refus de la part de celle-ci de se laisser manipuler.  

    Grand débat des problèmes qui n’en finissent pas

    Dans le même ordre d’idée, les commentateurs ont beaucoup critiqué la nomination de deux sous-ministres très controversés pour encadrer le Grand débat. Rappelons-le, le premier est l’ancien sarkozyste Sébastien Lecornu, vague ministre des collectivités territoriales, qui a pour particularité d’être le supérieur d’Alexandre Benalla dans la gendarmerie de réserve, ce qui est déjà un grand titre de gloire, mais il fut également le directeur de campagne adjoint de Fillon ! Et la seconde est Emmanuelle Wargon, ancienne lobbyiste de Danone, grande défenderesse de l’utilisation de l’huile de palme, et pourtant secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire ! Ces deux personnages ne peuvent pas être neutres évidemment, et au contraire, ils appartiennent à la pire forme de la politicaillerie, ayant avant tout l’affairisme comme objectif premier. Pour l’éthique on repassera. Voyant enfin le danger, Edouard Philippe a dit qu’il allait donc nommer 5 personnalités indépendantes.

    Deux de ces cinq personnes seront désignées par le gouvernement, tandis que les trois autres seront nommés respectivement par le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM), le président du Sénat Gérard Larcher (LR) et celui du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Patrick Bernasconi, a fait savoir le cabinet du premier ministre, sans pour autant dévoiler de noms. Donc parmi ces cinq personnes « indépendantes » les deux premières seront nommées par le gouvernement, la troisième par le très macronien Richard Ferrand, la quatrième par Larcher et enfin la dernière par un ancien membre du MEDEF ! On voit que les garants, les sages comme les appelle Edouard Philippe vont se retrouver en famille. Il ne semble pas que la Macronie ait pris à l’occasion de la crise des gilets jaunes la mesure du rejet dont elle faisait l’objet, justement parce qu’elle se livre à ce genre d’entourloupe honteuse !

    Contrairement à ce qui avait été annoncé il semblerait que la très controversée Nicole Notat, fausse syndicaliste, mais vraie patronne, ait finalement décliné l’invitation. En tous les cas, alors que le débat doit commencer le 15 janvier pour durer jusqu’au 15 mars, ces cinq garants « indépendants » ne seront finalement nommés que le 19 janvier ! De l’improvisation on passe à l’amateurisme !

    Un nouveau sondage BFM TV annonce deux nouvelles édifiantes : le chiffre de la participation annoncée au Grand débat est en baisse, il tombe à 40%, donc une baisse de 7 points. Mais il y a pire : après la lettre de Macron, le soutien des Français aux gilets jaunes augmente de 7 points et passe de 60 à 67 %, retrouvant pratiquement son plus au niveau du début décembre 2018[7]. Si on lit ce dernier sondage correctement on se rend compte que les électeurs de Mélenchon et de Marine Le Pen vont participer massivement au débat. Cela peut paraître absurde, mais ça ne l’est pas. En effet face au Grand débat montré de bric et de broc par la bande à Macron, il y a deux attitudes :

    - soit le boycott complet, en disant que finalement ce débat est pipé et qu’il ne servira à rien, et donc continuer comme avant jusqu’au départ de Macron ;

    - soit participer massivement au débat pour en détourner le sens, mettre en avant les revendications que Macron espère passer sous silence et montrer ainsi qu’il est dans l’immobilisme complet.  

    Grand débat des problèmes qui n’en finissent pas

    Personnellement je suis pour le boycott de cette pantalonnade, même si je comprends bien que ceux qui veulent y participer le font dans le sens du détournement de ce que voulait en faire Macron. Et de fait si ce sont les mélenchonistes et les lepénistes qui se précipitent massivement pour animer le Grand débat, les résultats conforteront la position des Gilets jaunes dans l’opinion. Remarquez encore que 25% des Français sont hostiles aux Gilets jaunes, c’est le socle électoral de Macron, mais c’est aussi la preuve que ce pouvoir est très minoritaire. Dans un pays comme les Etats-Unis Trump est à 37% d’opinion favorables après le shutdown[8]. Et déjà il est dans la difficulté. Avec un ratio de 25/67, Macron n’a plus que la solution de démissionner. 

    Grand débat des problèmes qui n’en finissent pas 

    A Bordeaux, place Pey Berland, Benjamin a été victime d’un tir de flash-ball dans la tête et se trouve dans le coma

    En bon représentant de commerce, Macron est retourné sur le terrain pour vendre le Grand débat. Il a donc réuni 600 maires de villages pour faire la claque, les chiffres varient selon les sources, certains parlent de 650. Il y avait du monde, mais la moitié de la salle était faite par les accompagnateurs de Macron dont le ministre Bruno Le Maire qui s’est endormi assez rapidement. D’entrée il s’est fait remarquer par des saillies peu appropriées surtout quand on prétend vouloir produire un nouveau contrat social.

    « Les gens en difficulté, il y en a qui font bien, et il y en a qui déconnent »

    « Il ne faut pas raconter des craques : c'est pas parce qu'on remettra l'ISF comme il était il y a un an et demi que la situation d'un seul gilet jaune s'améliorera. Ça, c'est de la pipe »

    Voilà comment parle le président Macron censé lancer un débat qui renouerait le lien avec les Français. Face à cette vulgarité malvenue, on se demande s’il est fou à lier, et jusqu’où il descendra encore la prochaine fois. Il ne maîtrise plus le langage ordinaire des Français et se vautre dans le caniveau sans dignité aucune, aucun président avant lui n’avait atteint une telle vulgarité, même pas Sarkozy. Il devient maintenant une sorte d’amuseur ridicule qui tente de saouler ses interlocuteurs par une incontinence verbale qui frise l’indécence. Seul cet imbécile de Legendre a trouvé ce manque de dignité très bien. Macron confirme clairement les intuitions de Todd en ce qui concerne « la crétinisation des mieux éduqués »[9].  

    Grand débat des problèmes qui n’en finissent pas

    Certes on peut toujours dire que là n’est pas l’essentiel. Alors venons en à la tonalité du discours qui a duré tout de même 7 heures ! Seules les démocraties populaires comme Cuba du temps de Castro ou la Roumanie du temps de Ceausescu osaient ce genre de performance.  Cette prestation qui s’apparentait à un meeting de campagne électorale, se voulait à deux faces : d’un côté on nous affirmait qu’on pourrait parler de tout sans tabou, mais de l’autre on nous expliquait qu’il n’était pas question de revenir sur les mesures fiscales qui pourtant sont le cœur de la colère des gilets jaunes. Et donc bien sûr il venait tout de suite à l’esprit que le Grand débat ne servait qu’à gagner du temps. Mais le président par accident nous disait qu’on pourrait très bien parler du vote blanc ou de la vitesse sur des routes secondaires, pour le reste, pas touche au pognon ! En fait il nous demandait de nous suicider, par exemple on devait l’aider à choisir les coupes dans les dépenses publiques, il sera près à nous suivre. On a donc le choix entre fermer un hôpital ou fermer des écoles. Également on l’a vu défendre bien maladroitement l’ISF arguant que si on rétablissait cet impôt ça ne changerait rien à la situation des pauvres. Ces arguments sont toujours les mêmes : quand on réclame plus d’égalité, les riches nous disent que le partage n’augmenterait que trop marginalement le bien-être des pauvres, mais que cela plomberait l’investissement. C’était d’ailleurs le discours de l’Ancien Régime, plus précisément celui de Turgot lorsqu’il était contrôleur des finances du Roy sous Louis XVI. L’idée est que partager c’est pas beau, c’est de la jalousie, une passion triste, et donc que pour sortir les pauvres de la pauvreté, la seule solution c’est d’accroitre le gâteau sans se préoccuper de son partage. Ce discours libéral est d’autant plus faux que depuis une bonne trentaine d’années les inégalités augmentent dans le monde, sans que le sort des plus pauvres s’améliorent, ni même que le chômage diminue. Mais évidemment Macron a tenu à revenir sur son idée imbécile selon laquelle le chômage est de la responsabilité des chômeurs. Quand on lui a reparlé de traverser la rue pour trouver un emploi, la salle a rigolé, mais Macron ‘a pas compris qu’on se moquait de lui. Il en a même rajouté, affirmant que chez lui – mais où est-ce chez lui ? – il pouvait trouver du travail à n’importe qui ! Macron mentait une fois de plus parce que si on fait le compte, nous avons plus de 6 millions de chômeurs dont la moitié en catégorie A, et que nous avons au plus 200 000 offres d’emplois non satisfaites. Une simple soustraction montre l’ineptie de ce discours. Mais les maires de la région ne semblait pas avoir compris cela. Ça se passait à la mairie de Grand Bourgtheroulde.  

    Grand débat des problèmes qui n’en finissent pas

    Pendant ce temps-là, les gilets jaunes à l’extérieur étaient tenus très éloignés de cette mascarade. Ils étaient plusieurs centaines eux-aussi, mais les gueux sont éloignés par le guet des édiles qu’il faut protéger. Un dispositif de sécurité démesuré avait été mis en place, des centaines de gendarmes ratissaient le terrain, mettant non seulement des amendes à ceux qui portaient des gilets jaunes et refusaient de l’enlever, mais aussi en fichant les manifestants dont ils photographiaient au mépris de la loi les cartes d’identité. Et bien sûr les gueux, pourtant très pacifiques ont eu droit à leur lot de grenades lacrymogènes. Les grandes chaînes de télévisions ont évidemment préféré s’attarder sur les discours creux de Macron que sur les violences de la répression policières, ou encore soulignait simplement la cuistrerie du président par accident avec ses saillies ridicules. Le Grand débat semble très mal parti. Dans le même temps, alors que quasiment tout le monde est au courant de cette lettre inepte, et que probablement plus de la moitié des Français ne la liront pas, on apprenait que Macron allait la faire expédier par la poste : coût 5 à 10 millions d’euros ! Mais aussi que le site Internet qui devait enregistrer les doléances du bas-peuple était géré par une entreprise privée ! Décidemment ce type nous coûte un pognon de dingue ! Beaucoup ont décidé de renvoyer cette lettre sans l’ouvrir à l’Elysée. La guerre sociale n'est pas terminée ! 

    Grand débat des problèmes qui n’en finissent pas



    [1] http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2019/01/14/31001-20190114ARTFIG00262-coralie-delaume-l-union-europeenne-sera-le-sujet-tabou-du-grand-debat.php

    [2] https://www.euractiv.fr/section/economie/news/le-commissaire-europeen-allemand-veut-sanctionner-la-france-pour-son-budget/

    [3] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/12/16/97002-20181216FILWWW00044-france-un-deficit-public-sans-doute-a-34-du-pib-en-2019.php

    [4] http://www.lefigaro.fr/impots/2018/03/26/05003-20180326ARTFIG00273-peut-on-supprimer-les-niches-fiscales-en-france.php

    [5] https://www.publicsenat.fr/article/politique/sondage-52-des-francais-n-ont-pas-l-intention-de-participer-au-grand-debat

    [6] https://www.liberation.fr/france/2019/01/14/grand-debat-le-testament-sans-concession-de-chantal-jouanno_1702838

    [7] https://www.bfmtv.com/politique/sondage-bfmtv-40percent-des-francais-veulent-participer-au-grand-debat-1611332.html

    [8] https://news.gallup.com/poll/245990/trump-congress-job-approval-mostly-steady-amid-shutdown.aspx?g_source=link_NEWSV9&g_medium=NEWSFEED&g_campaign=item_&g_content=Trump%2c%2520Congress%2520Job%2520Approval%2520Mostly%2520Steady%2520Amid%2520Shutdown

    [9] https://www.liberation.fr/debats/2017/09/06/emmanuel-todd-la-cretinisation-des-mieux-eduques-est-extraordinaire_1594601

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  •  Le « Grand » débat : quand Macron écrit aux Français…

    Macron autocrate médiocre et sans envergure vient d’écrire aux Français[1]. Cette lettre est censée clore la crise des gilets en invitant les Français à prendre la parole dans un cadre bien défini, sur des questions bien définies, dans le cadre d’un Grand débat. Cette parodie de dialogue, les Français l’ont déjà anticipée comme inutile parce que biaisée : si 85% des Français ont bien pris connaissance de la mise en place du Grand débat, 70% considèrent qu’il ne changera strictement rien à la situation[2]. Et donc il s’ensuit que seuls 15% des Français considèrent l’exercice comme utile pour la démocratie. Ce même sondage disait que 77% des Français – ce qui correspond à peu de choses près au niveau d’impopularité du président – pensaient que ce débat ne serait pas libre et serait donc sous le contrôle du pouvoir. Le contenu de cette très longue lettre confirme ce jugement.  

    Le « Grand » débat : quand Macron écrit aux Français…

    Dans cette lettre de 2338 mots, il y a des questions de forme et des questions de fond. La forme c’est le balancement entre une justification de son action erratique qui a mis le feu aux poudres et qui l’a entraîné à l’abime et la définition a priori des thèmes abordés par le Grand débat. On ne sait pas trop si Macron se relit, mais la contradiction apparait rapidement entre « Pour moi, il n’y a pas de questions interdites » et le fait que les thèmes du débat sont prédéfinis et les questions biaisées. « Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin. » Or évidemment ce qui pose problème – en dehors de sa personne – c’est bien les mesures qu’il a faites voter et qui ont entraîné son rejet massif par l’opinion. Pour comprendre cette impasse, il faut partir du fait que Macron est un président élu minoritaire : son élection est légale, mais il n’a jamais trouvé et prouvé sa légitimité. 

    Un président sans légitimité qui défend son programme 

    Entêté comme 36 bourriques, il fait semblant de croire qu’il a été élu pour mettre en œuvre un projet, alors qu’au mieux il a été élu parce que les électeurs craignaient l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen présentée comme fasciste : 66% des suffrages exprimés se sont portés sur sa candidature. Mais l’abstention a été de 25% et 11% ont voté « blanc », en tout, ce sont 34% des électeurs qui ont refusé de choisir entre Macron et Marine Le Pen. Et donc il vient que ce sont 66% des 66% restant qui ont élu Macron, soit 43% des électeurs inscrits. Mais il y a pire encore selon un rapport du Sénat, 43% des électeurs qui ont voté Macron l’ont fait seulement pour faire barrage à Marine Le Pen[3]. Seuls 57% des 43% des inscrits ont voté pour son programme, soit 24,5% des électeurs inscrits ! On se souvient qu’entre les deux tours Philippe Martinez, le patron de la CGT avait appelé à la fois à voter Macron pour « faire barrage au fascisme », et en même temps à se préparer à combattre les réformes qu’il allait mettre en œuvre[4]. Quoi qu’on en pense des errements des syndicalistes ou des représentants du peuple de gauche qui ont appelé à voter Macron par défaut, il est clair que son projet électoral n’a jamais été approuvé par les Français. On voit donc déjà que si le Grand débat ne peut pas déboucher sur une remise en question des réformes haïes par les Français, ce Grand débat n’a pas lieu d’être. Dans le passage de la lettre cité ci-dessus, nous voyons qu’il entend continuer à transférer des richesses vers les entreprises et les plus riches, pas question donc de revenir sur l’abrogation de l’ISF ou sur le CICE. Cette politique de transfert de richesses des plus pauvres vers les entreprises et les plus riches pose deux problèmes :

    - le premier est que ni la mise en place du CICE, ni l’abolition de l’ISF n’ont obtenu des bons résultats en termes d’investissements ou d’emploi[5], or le CICE c’est cette année 40 milliards d’euros qui manqueront dans les caisses de l’Etat pour boucler le budget ;

    - le second est que cet assistanat aux premiers de cordée est en contradiction avec la doxa libérale qui nous explique que les entreprises doivent trouver en elles-mêmes leur propre justification. « L’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer. » nous dit Macron, mais si c’est l’Etat qui donne les moyens aux entreprises de se développer, nous sommes clairement dans un système étatiste, sauf à dire qu’il faut baisser les impôts et la dépense publique.

    A partir de là tout le Grand débat est biaisé : 77% des Français sont pour le rétablissement de l’ISF[6] qu’ils considèrent comme inégalitaire, Macron et sa caste, non. Or dans la même lettre Macron nous dit qu’il est attaché à l’idée d’égalité. L’OFCE avait dénoncé dès l’automne 2017 une fiscalité qui aggravait les inégalités au lieu de les combattre[7]. C’est ce qu’ont très bien compris les Français : en décembre 2018, les deux tiers des Français considéraient que la fiscalité réformée par Macron était favorable d’abord aux très riches[8]. C’est d’ailleurs pour une grande partie cette réforme fiscale qui a mis le feu aux poudres, or Macron nous dit que quelle que soit l’issue du Grand débat, il ne reviendra pas là-dessus, confirmant que tout cela ne servira à rien.

    Autrement dit on ne posera pas des questions sur la façon dont est réparti l’impôt mais seulement sur les dépenses publiques qu’il faudrait réduire. « Nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique. » Evidemment c’est un mensonge de plus, tout le monde sait très bien que ce n’est jamais le volume de l’impôt qui fait problème, mais la répartition de la charge. Or les gilets jaunes, et l’ensemble des Français, conteste les cadeaux fiscaux aux très riches[9].  

    Le « Grand » débat : quand Macron écrit aux Français…

    Dans cette manière de faire, il y a deux idées en arrière-plan :

    - la première est que certains sujets ne sont pas de la compétence des citoyens eux-mêmes, ils sont trop peu instruits pour comprendre la complexité de la pensée présidentielle, donc ils ne peuvent pas juger de la pertinence de la réforme fiscale. Mais dira-t-on s’ils sont trop nuls pour comprendre l’économie, pourquoi ne le serait-il pas pour le reste, pour leur demander leur avis ?

    - la seconde idée est que le Grand débat ne peut avoir lieu que sur des thèmes choisis par le gouvernement et pas sur autre chose. On retombe sur cette séparation entre ceux qui savent et ceux qui ne sont rien et pas très instruits et donc qu’il faut bien laisser s’exprimer parce que c’est la mode, mais à condition d’encadrer leur parole pour pas que cela ne dérape. Bref les citoyens ne sont pas tout à fait majeurs. Un exemple en est donné dans la lettre que Macron nous écrit, c’est celui difficile de l’immigration. Regardons le sondage ci-dessous effectué en février 2018. Le résultat est édifiant, si les Français veulent bien être compatissant pour aider les réfugiés qui fuient la guerre, ils trouvent qu’il y a bien trop d’immigrés. Ces résultats sont les mêmes dans tous les pays européens. 

    Le « Grand » débat : quand Macron écrit aux Français…

    Mais dans la logique macronienne, la question épineuse de l’immigration ne sera pas débattue sur le fond, et d’ailleurs au départ ce thème ne devait pas être abordé, considéré comme trop sulfureux. L’immigration vers notre pays n’est pas un choix politique, mais une donnée de base avec laquelle nous devons faire. « Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur : c’est comme cela qu’elle s’est aussi construite. » C’est très clair, pour lui l’immigration est une chance pour la France, même si les deux tiers des Français pensent exactement le contraire[10]. Cependant comme il faut bien débattre de quoi on va débattre ? Seulement des conditions d’intégration des immigrés et non pas de leur nombre. « Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? » Il est probable d’ailleurs que la façon de réintroduire la question de l’immigration dans le Grand débat soit d’abord une tentative de diviser l’opposition. Evidemment ce n’est pas avec cette approche que Macron bâtira un nouveau contrat social avec les Français.

    C’est aussi la même chose pour ce qui concerne la transition écologique : déjà rien que de parler de transition écologique est hors-sujet parce que ce terme clôt le débat, et ne remet pas en question nos orientations productivistes et consuméristes. « Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ? » dit-il ce qui sous-entend que le système de production doit seulement remplacer des techniques obsolètes par des techniques plus modernes et que cela doit être financé par la collectivité publique. Et évidemment ce serait encore l’Etat – donc les contribuables – qui au nom de la transition écologique, mettrait la main à la poche pour assister les entreprises. Comme on le voit, c’est encore une fois l’idée selon laquelle ce ne sont pas les pauvres qui doivent être assistés et aidés, mais les riches et les entreprises. Année après année, on constate que les profits des entreprises du CAC40 sont en hausse. En 2018, ils seront de 100 milliards d’euros[11]. On se demande alors pourquoi elles auraient besoin d’être soutenue. C’est qu’en vérité la majeure partie de ces profits ne servent pas à l’investissement, ils servent à accroître la fortune des actionnaires, ces mêmes actionnaires qui ont vu les taxes sur les profits des actions baisser radicalement, soi-disant pour stimuler l’investissement[12]. Dans ces conditions on ne voit pas pourquoi l’Etat devrait encore aider les entreprises pour effectuer une transition écologique douteuse. En vérité ce passage de la lettre de Macron est là pour justifier ex-post l’immonde taxe qu’il avait décidée sur les carburants et à laquelle il dut renoncer.

    Le « Grand » débat : quand Macron écrit aux Français…

    Certes il est plus prudent sur la question des réformes des institutions. « Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ? » Une question oiseuse et sans importance. Mais il espère également que cette approche lui permettra de noyer le poisson du RIC. Hypocritement il pose la question du recours au référendum : « Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ? » Il connait très bien la réponse : 80% des Français y sont favorables[13]. Mais le RIC c’est malheureusement pour Macron la possibilité de mettre fin à un mandat présidentiel ou autre avant le terme. Dans sa proposition de loi Mélenchon indique que le mandat pourrait être remis en question au tiers de son déroulement. Si cette proposition était acceptée, mais on ne voit pas comment, elle serait en contradiction avec le fait que Macron entend poursuivre sa politique décriée envers et contre tout. 

    Grand débat et grand cafouillage 

    Le « Grand » débat : quand Macron écrit aux Français… 

    Ce Grand débat comme tout ce que touche Macron est en train de prendre un tour ubuesque. A l’origine il devait être piloté par Chantal Jouanno soit la présidente de la CNDP – Commission Nationale des Débats Publics – puis celle-ci y a renoncé, arguant que son salaire faisait polémique. Evidemment on peut se demander à quoi elle sert et aussi à quoi sert la CNDP, sachant que des débats publics il n’y en a jamais, sans doute Chantal Jouanno ne voulait pas se mettre en avant pour ne pas prendre des coups. Donc fébrilement l’exécutif est parti en quête de « personnalités » pour encadrer le Grand débat. Après la défection de Jouanno, ils ont donc sorti du chapeau un lapin nommé Yolaine de Courson de Hautecloque qui est née à Neully. Elle est aussi députée depuis 2017, et anciennement chef d’entreprise en faillite. Cette femme avec son nom à rallonge était censée pouvoir encadrer le débat sur les thèmes traitant de la vie quotidienne. On se demande si l’exécutif l’a fait exprès, mais en tous les cas l’opinion l’a très mal pris. Sa défense ressemblait un peu à ce’ que disait Valéry Giscard d’Estaing à Mitterrand : « vous n’avez pas le monopole du cœur ». Les riches ont aussi un cœur et savent souffrir comme les pauvres. Pour tenter de donner un air de sérieux à cette mascarade, on a décidé d’encadrer ce débat de deux sous-ministres quasi-inexistants, Sébastien Lecornu, ancien sarkozyste, ministre des collectivité territoriales, et Emmanuelle Wargon qui est la fille de Lionel Stoléru, ancien ministre giscardien, elle aussi née à Neuilly. Elle est une vague secrétaire d’Etat à la transition écologique. Notez qu’elle fut comme Pénicaud sa copine du gouvernement lobbyiste chez Danone. Elle a fréquenté les trois Ecoles les plus pourries de Paris, l’ENA, l’IEP et HEC ! Lecornu est aussi réserviste dans la gendarmerie et à ce titre il est le supérieur de Benalla ! Comme quoi le monde est petit.  

    Le « Grand » débat : quand Macron écrit aux Français…

    Ils seront épaulés nous dit on par deux experts du dialogue social, Jean-Paul Bailly, qui a dirigé la Poste et qui l’a laissée dans l’état qu’on sait, c’est-à-dire qu’il l’a transformé en une simple entreprise de service en détruisant l’aspect service public, notamment en fermant de nombreux guichets dans les zones rurales. On suppose que c’est lui qui sera le superviseur du débat en ce qui concerne la rénovation des services publics voulue par Macron. A ses côtés, il y aura probablement Nicole Notat. Ancienne secrétaire générale de la CFDT, c’est elle qui a entraîné ce syndicat-jaune vers l’acceptation du libéralisme et la casse de l’Etat-Providence. Elle est ne quelque sorte le modèle de l’ignoble Laurent Berger. Après avoir quitté le syndicalisme – même à l’intérieur de la CFDT dont les militants sont peu regardant, elle était assez décriée – elle se mit à faire des affaires de consulting, elle devint aussi présidente d’une think tank, Le siècle, qui est un organisme de propagande ultra-libéral, l’un de ses présidents fut Denis Kessler. C’est donc cette social-traitre doublée d’une affairiste qui est considérée comme une femme de dialogue social. C’est en réalité une canaille ordinaire qui a compris très tôt que c’était avec les très riches qu’on faisait de l’argent et certainement pas en défendant l’ouvrier. Rappelons qu’elle fut violemment prise à partie par les membres de son propre syndicat pour le soutien qu’elle avait manifesté au plan Juppé de réforme des retraites en 1995. Quand on lit son CV, on est impressionné par les bandes et prébendes qu’elle a accumulées pour faire de l’argent[14]. Notez qu’elle avait été fort naturellement approchée par Macron pour rejoindre son gouvernement, à moins que ce soit l’inverse et que ce soit elle qui ait fait des offres de services, ce serait bien le genre de cette femme. En 2000 son salaire était évalué à 17 000 € par mois[15]. Il y aurait un roman à écrire sur cette femme qui représente tout ce qu’il y a de pire du point de vue de la cupidité et de l’arrivisme. Mais oublions la pour un moment. Cet ensemble de personnalités aux dents très longues laisse très mal augurer de la tenue du Grand débat. Laurent Berger a souligné que les personnalités qui allaient gérer le Grand débat devaient être indépendantes du gouvernement, de ce côté-là, le pari est déjà perdu, il a même été plus loin en posant la question des raisons qui avaient poussé l’exécutif à écarté la question du pouvoir d’achat[16]. 

    Conclusion 

    Comme nous le voyons les dés sont clairement pipés. Macron nous dit quels thèmes doivent être abordés et comment. La plupart des réponses sont déjà contenues dans les questions. Bonimenteur de profession, il a l’habitude des enfumages, c’est ce qu’il avait fait le 10 décembre en laissant croire qu’il allait augmenter le SMIC. Ici c’est plus flagrant encore comme nous venons de le montrer. Le ton de la lettre est également discutable. Cette lettre est très longue, la raison réside d’abord dans la volonté de noyer le poisson et de fixer le périmètre de la discussion. Mais on notera aussi qu’elle est condescendante, elle s’adresse manifestement à des mal-comprenants. Sera-t-elle lu par les Français en colère ? On ne le sait pas. Le style est lourd, pompeux, rébarbatif, c’est très mal écrit. L’opposition a déjà souligné à quel point cette démarche n’était pas adéquate avec la Fronde des Français, qu’elle enfermait les récalcitrants dans des questions oiseuses.

    Le « Grand » débat : quand Macron écrit aux Français… 

    Extrait d’un cahier de doléances 

    Les gilets jaunes ont souligné que les débats avaient déjà eu lieu sur les ronds-points, ils savent très bien ce qu’ils veulent, contrairement à ce que disent les journalistes ou les semi-intellectuels comme Luc Ferry et BHL :

    - hausse des salaires et des pensions ;

    - rétablissement de l’ISF ;

    - lutte contre les inégalités ;

    - Référendum d’Initiative Citoyenne ;

    - diminution des salaires des élus autour du salaire médian ;

    - lutte contre la fraude fiscale et les paradis fiscaux.

    Dans ces conditions, le Grand débat apparait comme une manœuvre dilatoire, une perte de temps, une manière de sauver les apparences pour ne rien faire et continuer comme si de rien n’était. Il y a un divorce radical entre ce que demande clairement les gilets jaunes depuis deux mois, et que les Français approuvent très largement, et les thèmes développés par le Grand débat sous la houlette de l’Etat.

    Le débat doit se tenir entre le 15 janvier et le 15 mars : deux petits mois. Il devrait être organisé à l’échelon local par les maires eux-mêmes. Mais ils sont très réticents[17]. Non seulement pare que Macron les a plus que négligés et que maintenant il vient leur demander de l’aide, mais aussi parce qu’ils risquent de faire dériver le débat vers bien d‘autres sujets que ceux imposer par Macron. Celui-ci avance qu’il veut grâce à ce débat retrouver l’esprit de la grande marche de la présidentielle. Mais il n’est pas très au courant que cette grande marche n’a jamais eu lieu, et que l’enthousiasme autour de sa candidature n’a jamais existé, la preuve ? Au premier tour il n’a recueilli que moins d’un quart des votants.

     

    Pour une autre critique de cette lettre voir le lien suivant :

     

    https://www.huffingtonpost.fr/djordje-kuzmanovic/la-lettre-de-macron-aux-francais-est-un-chef-doeuvre-dentourloupes_a_23641784/?fbclid=IwAR3S8uNEhu3oTu3BzGOe7_M5DgqvFa-Lq5j-tU48E1EStZWqOH3Beg2Pl0U&ec_carp=1781491357972657498



    [1] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/13/document-la-lettre-d-emmanuel-macron-aux-francais_5408564_823448.html

    [2] http://www.lefigaro.fr/politique/2019/01/10/01002-20190110ARTFIG00331-grand-debat-national-les-francais-sont-sceptiques.php

    [3] https://www.publicsenat.fr/article/politique/sondage-43-des-electeurs-de-macron-ont-vote-en-opposition-a-le-pen-60193

    [4] https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/05/05/martinez-souhaite-que-macron-fasse-le-score-le-plus-haut-possible_5123118_4854003.html

    [5] https://www.fondationconcorde.com/pacte-de-responsabilite-cice-lechec-programme-dune-fausse-politique-de-loffre/

    [6] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/01/06/97001-20190106FILWWW00007-les-francais-favorables-au-retablissement-de-l-isf-sondage.php

    [7] https://www.nouvelobs.com/economie/20170712.OBS2008/selon-l-ofce-macron-va-aggraver-les-inegalites.html

    [8] https://www.challenges.fr/economie/deux-francais-sur-trois-contre-politique-fiscale-de-macron_627727

    [9] https://www.marianne.net/economie/127-milliard-pour-les-001-les-plus-riches-le-gros-cadeau-de-macron-enfin-chiffre

    [10] https://www.valeursactuelles.com/politique/pour-macron-limmigration-se-revele-une-chance-pour-la-france-70488

    [11] https://www.capital.fr/entreprises-marches/cac-40-les-benefices-des-societes-pourraient-depasser-100-milliards-deuros-en-2018-pwc-1306679

    [12] https://www.lerevenu.com/impots-et-droits/fiscalite-des-placements/plf-2018-la-nouvelle-taxation-des-gains-boursiers-exemple

    [13] https://www.bfmtv.com/politique/ric-78percent-des-francais-plebiscitent-le-referendum-populaire-1593514.html

    [14] https://blogs.mediapart.fr/jean-bachelerie/blog/310113/une-reconversion-exemplaire-nicole-notat-du-syndicalisme-courageux-la-fondation-d-une-multinati

    [15] https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/enquete-sur-une-femme-exceptionnelle_494286.html

    [16] https://www.latribune.fr/economie/france/grand-debat-ni-une-election-ni-un-referendum-macron-fixe-le-cadre-803687.html

    [17] https://www.publicsenat.fr/article/politique/grand-debat-les-maires-ne-seront-ni-les-greffiers-ni-les-petits-telegraphistes-de

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  •  Acte IX mobilisation en hausse dans toute la France

    La guerre des chiffres 

    L’acte IX a été un succès pour les gilets jaunes, et une défaite pour Macron. Et cela malgré la kyrielle d’interdictions de manifester qui avaient été lancées, notamment à Bourges. C’est le refus de dialoguer et donc de négocier qui est en cause. Si le gouvernement joue le pourrissement, c’est raté. Castaner-le-menteur faisait dire par ses services qu’il y avait eu le 12 janvier 2019 seulement 32000 manifestants. En fin de soirée, il avança le chiffre de 84 000, mais il était encore faux. Cette ineptie doit être une nouvelle fois dénoncée. D’abord on remarquera que BFM TV a annoncé toute la journée que la mobilisation était en hausse de partout. Et la 2 a repris cette idée qui confirme en janvier le rebond des mobilisations des gilets jaunes. La Provence faisait le même constat pour Marseille et la région, la mobilisation était en forte hausse. Or la semaine dernière Castaner-le-menteur avouait 50000 manifestants dans toute la France. Le samedi 12 janvier toujours avec l’espoir de faire croire que le mouvement s’effrite, il annonçait 32000. Mais ses services ne savent pas faire l’addition de leurs propres mensonges. A Paris la préfecture avouait 8000, à Bordeaux la préfecture disait 6000, pour Bourges le chiffre officiel était 6000. Rien qu’avec ces trois villes nous sommes à 20000. Et puis il y avait Marseille au moins 5000, et puis Nantes, officiellement 2600, à Rouen, le chiffre avancé était de 5000. A Bar-le-Duc, ville de 15000 habitants, la préfecture avançait le chiffre de 4500. A Saint-Brieuc, selon la police il y avait 2300 manifestants, c’est une petite ville qui compte seulement 45000 habitants. Et puis Toulouse et puis Rennes, et même à Aix-en-Provence. Il y a eu au moins 150 manifestations, si seulement je prends une moyenne de 2000 manifestants, j’arrive à un minimum de 300000, sans compter ceux qui étaient sur les ronds-points ou qui étaient aux péages pour les rendre gratuits, et donc il est probable que le chiffre soit aux alentours des 350 000 ou des 400 000. Les services de police s’attendaient d’ailleurs à une mobilisation en hausse, c’est pourquoi 80000 policiers avaient été mobilisés, contre 50000 la semaine dernière. Il est inconcevable, même si nous jugeons Castaner et Nuñez complètement incompétent qu’il y ait eu sur le terrain plus d’un policier par manifestant. Même dans les régimes officiellement fascistes ça n’a jamais existé. La raison est très simple : les policiers sont suréquipés alors que les gilets jaunes ne sont pas armés. Ma propre estimation rejoint une fois de plus celle du syndicat de la police France Police-Policiers en colère qui arrive à 360 000 et qui apparait comme le site le plus fiable en termes d’évaluation[1]. Cette bataille autour des chiffres est importante pour au moins deux raisons : la première est de montrer qu’à part les lecteurs du Monde personne ne croit à la démobilisation des gilets jaunes, la seconde est que ce gouvernement passe son temps à mentir. Evidemment si les journalistes faisaient leur travail on aurait des chiffres de meilleure qualité. Il y a donc bien une volonté des journalistes des médias dominants de soutenir le gouvernement en mentant éhontément pour tenter de montrer que les dernières manifestations ne sont qu’un baroud d’honneur. Certes Macron n’a pas inventé le mensonge en politique, mais il est clair que chez lui tout est mensonge, du début jusqu’à la fin, que ce soit dans ses intentions, comme dans sa conduite des affaires. Nous avons encore en mémoire un mois après l’enfumage sur la hausse du SMIC qui n’en était pas une. A Rouen des journalistes de LCI ont été frappés, une manière de dénoncer les mensonges de cette chaîne de désinformation, même si on peut regretter les violences. 

    La pugnacité des gilets jaunes 

    Acte IX mobilisation en hausse dans toute la France

    A Paris un défile imposant qui est remonté jusqu’à l’Arc de Triomphe 

    Le premier constat que nous pouvons dresser c’est d’abord la pugnacité des gilets jaunes, il est vrai qu’ils sont surmotivés par les provocations incessantes de Macron dont ils veulent la démission, et il est probable qu’ils ne s’arrêteront que quand ils l’auront obtenue. Cette mobilisation est très étonnante après deux mois de lutte âpre. Le Grand débat est maintenant enterré et personne n’y croit plus[2], même si on trouve quelqu’un de particulièrement accommodant pour prendre la suite de Chantal Jouanno qui a rendu son tablier, la raison principale est que d’une manière stupide Macron a annoncé et à fait dire que de toute façon il continuerait ses réformes, Grand débat ou pas. Ce qui veut dire que de l’aveu même de Macron ce débat ne sert à rien. Pensait-il que ce soit seulement un exutoire pour la colère populaire ? Edouard Philippe en visite en Allemagne a annoncé que de toute façon on allait accélérer encore les réformes[3]. Les journalistes qui n’ont peur de rien avouaient que le but était de rassurer les Allemands. Dans cette honteuse manière de brader la souveraineté nationale, on voit bien qui est le patron en Europe et qui joue le rôle du domestique ! Il n’est pas sûr que ce genre de facétie plaise beaucoup aux Français qui justement défilent avec des drapeaux tricolores, ni des drapeaux rouges, ni des drapeaux européens, mais des drapeaux tricolores, comme si leur but réel était de défendre d’abord la souveraineté et l’unité de la nation contre ceux qui veulent la voir disparaître[4]. Tôt ou tard se reposera la question de l’appartenance à l’Union européenne, surtout quand Macron viendra défendre sa politique au nom de la nécessaire intégration européenne pour les élections au parlement européen… s’il est encore en poste à ce moment-là !

    Acte IX mobilisation en hausse dans toute la France 

    Ils étaient de milliers à Rouen 

    La répression policière n’est pas une politique 

    La police a été bien docile une fois de plus, c’est-à-dire qu’elle s’est laissé une fois de plus détourner de ses missions officielles de défense de la république pour se mettre au service d’une politique voulue seulement par une minorité. Bien évidemment elle commencé par arrêté préventivement ceux qui voulaient rejoindre la manifestation parisienne, elle a fait la même chose à Bourges. Mais ensuite on l’a vue déclencher la violence autour de l’Arc de Triomphe. Alors que les manifestants étaient dans une position très pacifique, les policiers ont commencé à balancer des grenades lacrymogènes sans raison, puis ils ont tiré des flash-ball. Le tout sous la caméra de BFM TV. Il était très clair que les policiers agissaient violemment pour terroriser les manifestants. J’ai vu un gilet jaune recevoir en pleine tête un tir de flash-ball et s’écrouler : c’est formellement interdit par la loi. Ce qui veut dire que ce gouvernement aux abois procède à une escalade de la violence pour se maintenir au pouvoir. On ne sait pas jusqu’à quand cette politique sera tenable. Si une partie des policiers prend manifestement du plaisir à la répression des gilets jaunes, une autre partie commence à en avoir marre. Certes ils ont été regonflés avec la large audience qu’on a donné à l’affaire Dettinger, mais cela ne semble pas suffisant pour s’installer dans la durée. Cette répression policière annonce la seconde étape que Macron va tenter de développer pour l’acte X : l’interdiction effective de manifester. Il sortirait enfin de l’entre-deux et avouerait ainsi implicitement son dessein illibéral. Et en effet plus le temps passe, plus les gilets jeunes s’activent, et moins les solutions sont évidentes pour Macron. Soit il démissionne, soit il se lance dans une répression de type fasciste. On ne le voit pas revenir en arrière et reconnaître qu’il est mauvais et que maintenant il va négocier sérieusement. Mais quoi ? 

    Acte IX mobilisation en hausse dans toute la France 

    A Paris les gilets jaunes se défendent contre la violence policière

    Acte IX mobilisation en hausse dans toute la France

    Tir de flash-ball illégal en pleine tête à Paris le 12 janvier 2019



    [1] https://france-police.org/2019/01/12/estimation-de-la-participation-a-lacte-9-des-gilets-jaunes-a-17h-360-000-manifestants-a-travers-toute-la-france-selon-le-syndicat-france-police-policiers-en-colere/

    [2] https://www.valeursactuelles.com/politique/70-des-francais-jugent-le-grand-debat-inutile-102792

    [3] https://www.ouest-france.fr/societe/gilets-jaunes/gilets-jaunes-edouard-philippe-en-visite-en-allemagne-tente-de-rassurer-l-europe-6166437

    [4] Aurélien Tâché, jeune député LREM, l’avait avoué en disant vouloir transférer un maximum de compétence à l’Union européenne : https://www.marianne.net/politique/c8-les-terriens-du-dimanche-aurelien-tache-souverainete-europe

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